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Today — June 2nd 2020Your RSS feeds

Revue de presse de l'April pour la semaine 22 de l'année 2020

By: echarp · Ysabeau

Cette revue de presse sur Internet fait partie du travail de veille mené par l’April dans le cadre de son action de défense et de promotion du logiciel libre. Les positions exposées dans les articles sont celles de leurs auteurs et ne rejoignent pas forcément celles de l’April.

[ZDNet France] Les eurodéputés votent un amendement en faveur du logiciel libre au Parlement

✍ Thierry Noisette, le vendredi 29 mai 2020.

Le Parlement européen recommande que tout logiciel développé pour lui soit mis sous licence libre.

[Reporterre] Imaginons que les alternatives prennent le pouvoir

✍ Lorène Lavocat, le jeudi 28 mai 2020.

La pandémie du Covid-19 a multiplié les initiatives pour le « monde d’après ». Parmi elles, « Et si… ? », du mouvement Alternatiba, à laquelle ont contribué notamment Alain Damasio, Fatima Ouassak, Cédric Herrou… Une exploration jubilatoire et vivifiante de l’avenir.

[The Conversation] Travail à distance : cinq bonnes pratiques à emprunter au développement «open source»

✍ Kiane Goudarzi, le mercredi 27 mai 2020.

La crise sanitaire a démontré la nécessité de mettre en place des processus de développement ouverts et distribués déjà à l’œuvre depuis 25 ans dans le monde du logiciel.

[LeMagIT] Alternatives open source et sécurisées de visioconférence : Jitsi

✍ Gaétan Raoul,, le mardi 26 mai 2020.

Jitsi paraît bien petit à côté de Zoom, le service de visioconférence qui rassemble plus de 300 millions de participants au quotidien. Pourtant, ce projet open source est utilisé par environ 10 millions de personnes mensuellement. Il propose des fonctionnalités intéressantes pour celui qui veut héberger sa propre application de communication.

[20minutes.fr] Coronavirus : dévoiler le code de l’appli de traçage StopCovid résout-il tous les risques de dérives ?

✍ Laure Beaudonnet, le mardi 26 mai 2020.

L’application de traçage StopCovid, destinée à repérer la propagation du coronavirus, pourrait être disponible dès le week-end prochain

[The Conversation] Données de santé : l’arbre StopCovid qui cache la forêt Health Data Hub

✍ Bernard Fallery, le lundi 25 mai 2020.

Coup de projecteur sur Health Data Hub, un projet national français fondé sur le recours à l’intelligence artificielle… et à certains géants mondiaux du numérique, ce qui pose divers problèmes.

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44 Tours Records : un nouvel EP 100% nantais !

Confrérie, Pactole & Dividende, voilà comment se prénomme le nouveau bébé de notre bar musical, disquaire nantais et label adoré, le 44 Tours ! Un EP de 4 titres signé par des artistes 100% nantais et produit par le label du disquaire de Nantes : 44 Tours Records. L’EP sortira le 12 juin 2020. On vous en dit plus juste en dessous 😉 

Confrérie, Pactole & Dividendes : electro robotique à la sauce nantaise !  

Des notes futuristiques dans un univers robotisé, voici ce qui caractérise le mieux le nouvel EP produit par le label 44 Tours Records. Intitulé Confrérie, Pactole & Dividendes, l’EP se compose de 4 titres réalisés par des artistes nantais. Ce second EP produit par 44 Tours Records est 100% local. De la jaquette à la production, le made in Nantes est à l’honneur dans ce projet.

On retrouve ainsi les univers electro, groovy ou encore minimaliste de Alder, Same O, Marino et Berg Jaär tous réunis sous un même son de cloche : « combattre un futur mené par des confréries de riches humanoïdes capitalistes« . L’EP sortira le 12 juin sur le site de 44 Tours Records, mais vous pouvez déjà écouter un aperçu juste au dessus ! 

On sait pas vous, mais nous on a hâte de s’ambiancer là-dessus 😉

Plus d’infos ! 

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Voyage à Nantes 2020 : une géante paire de bottes dans le Potager de la Cantine

Le Voyage à Nantes commence à attirer notre curiosité ! Avec cette édition 2020 reportée du samedi 8 août au dimanche 27 septembre 2020, une œuvre est déjà visible à partir de ce mardi 2 juin 2020. Celle-ci est installée au quai des Antilles, sur l’Île de Nantes. D’ailleurs, on dirait bien qu’un géant a oublié ses bottes dans le potager de la CantineBig City Life vous en dit plus juste en dessous. 😉

De gigantesques bottes oubliées dans le Potager de la Cantine

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© DR

À partir du mardi 2 juin, en vous promenant sur le quai des Antilles, peut être allez-vous apercevoir une géante paire de bottes installée dans le potager de la Cantine. Oui oui, vous avez bien lu ! C’est un coup du Voyage à Nantes, qui continue d’attirer notre curiosité dans les rues de la cité des Ducs. Cette année fait place à une œuvre intitulée Invendus, réalisée par l’artiste Lilian Bourgeat. Vous ne pourrez pas la manquer, les bottes mesures près de 3 mètres de haut ! On dirait bien qu’un géant est passé par là…

Crée il y a cinq ans, le Potager du Voyage à Nantes a rassemblé de nombreux acteurs locaux pour sa conception, son entretien ainsi que ses récoltes. L’œuvre de Lilian Bourgeat vous invite donc à venir découvrir cet espace agricole, qui réinvente le maraîchage nantais en milieu urbain. En effet, la représentation des bottes géantes nous laisse libre court à notre imagination, tel un maraîcher qui aurait laissé ses souliers après une longue journée de labeur.

Mais pourquoi des bottes ?

Si vous êtes curieux comme nous de savoir ce que font deux pieds gauches dans le potager du Voyage à Nantes, voici quelques explications. 😉

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L’artiste Lilian Bourgeat nous interroge sur le lien de l’art au monde, en déstabilisant nos repères avec son travail sur l’agrandissement des objets. Il met en lien des sujets du quotidien avec des situations singulières. Cette interrogation s’est déjà portée sur d’autres œuvres telles que Mètre ruban, installée sur le parcours de l’Estuaire. Ses objets hyperréalistes se situent entre fonctionnalisme possible et démesure. Les gigantesques bottes apparaissent donc comme un monument dédié à la simplicité de l’outil, mais à son importance à construire notre imagination. 

Si vous souhaitez en savoir plus sur les œuvres de cette édition 2020 du Voyage à Nantes, rendez-vous sur notre article sur le rideau d’eau de la façade du théâtre Graslin 😉

Plus d’infos !

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L’Onirium Nantes : des escape game en extérieur et à domicile !

Avis aux amateurs d’escape game, après 3 mois de fermeture pour cause de crise sanitaire, l’Onirium a enfin rouvert les portes de sa machine à rêves ! Au programme : 3 mission d’escape game en extérieur ! Pour ceux qui préfèrent encore attendre un peu pour les activités en plein air, vous pouvez toujours vous occuper avec les 2 missions à domicile proposées depuis le confinement. Big City Life vous en dit plus juste en dessous ! 😉 

Les escape game en extérieur sont de retours ! 

C’est officiel, l’Onirium a enfin rouvert ses portes le samedi 23 mai 2020 ! Par précaution, uniquement les missions en extérieur sont réalisables pour le moment. Des mesures sanitaires telles que le port du masque obligatoire ou encore la limite de 3 à 10 joueurs maximum ont été mises en place. Les 3 missions en réalité augmentée disponibles en extérieur sont : Opération Mindfall, Opération Mindfall des Machines de l’Île et le Portail Magique.. L’une d’entre elles propose aux joueurs de déjouer les plans d’une organisation malsaine en répandant l’antidote du virus qui sévit sur la cité des Ducs. Ça nous rappelle un sujet d’actualité…

Les 2 missions à domicile toujours disponibles ! 

escape game domicile onirium nantes

Pour ceux qui ne seraient pas encore partant pour reprendre les activités en extérieur, vous pouvez toujours compter sur les 2 missions à domicile ! Proposées depuis le confinement, ces missions sont les mêmes que celles en extérieur (Portail Magique et Mindfall). La seule différence, c’est que vous effectuez ces missions à la maison. Tout le matériel nécessaire est livré chez vous. Un chronomètre est même mit en route pour être en immersion totale (et ne pas tricher !). Il est nécessaire de réserver un créneau et d’habiter dans un rayon de 10 km autour de l’Onirium pour pouvoir y jouer.

Une manière originale de s’évader et de se divertir à la maison, en toute sécurité ! 😉 

Plus d’infos !

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Réouverture de la Cantine du Voyage à Nantes

Avec le confinement et la fermeture forcée de tous les bars et restaurants, la Cantine du Voyage à Nantes n’a pas pu ouvrir début avril comme initialement prévu. Après avoir pris son mal en patience, c’est officiel, le lieu atypique rouvre ce mardi 2 juin 2020. Cerise sur le gâteau, des nouveautés sont à découvrir ! Big City Life vous en dit plus juste en dessous. 😉

La Cantine du Voyage à Nantes rouvre ce mardi 2 juin 2020 !

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© Philippe Piron

La Cantine du Voyage à Nantes est devenue au fil des étés un lieu incontournable de la cité des Ducs. Entre son restaurant, son bar, son potager, sa colline et sa librairie on apprécie toujours autant prendre un verre et chiller sur le Quai des Antilles

Pour cette édition 2020, la Cantine du VAN accueille quelques nouveautés. La signalétique du Collectif Appelle-moi Papa a été réactualisé pour cette nouvelle saison du lieu et surtout le potager accueille une œuvre pas comme les autres…

Au cœur de cet îlot nourricier qu’est le potager du maraîcher Olivier Durand, Lilian Bourgeat projette la vision drôle et allégorique du maraîcher qui y aurait laissé un de ses outils de travail après sa journée de labeur : une paire de bottes en plastique. Cet exemplaire inédit réalisé pour Nantes, représente deux pieds gauches dépréciés, de trois mètres de haut et de pointure 2000, au destin inévitable d’invendus. Un géant vert les aurait-il laissé là ? Vous allez pouvoir vous raconter des histoires 😉 

Plus d’infos ! 

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«Faites entrer l'accusé», une certaine idée du fait divers

Voilà vingt ans que «FELA» retrace les grandes affaires criminelles françaises. Son producteur Christian Gerin et son réalisateur Bernard Faroux reviennent sur les fondements de l'émission.

Temps de lecture: 7 min

Cet article est publié à l'occasion d'un partenariat Slate x Binge Audio pour les 20 ans de «Faites entrer l'accusé». Retrouvez quatre épisodes de Programme B consacrés à l'émission culte de faits divers de France 2 en vous abonnant ici, et rendez-vous à la fin de l'article pour les écouter en avant-première.

Le dimanche soir, sur nos canapés, nous étions entre 1,5 et 2 millions devant notre télé à nous faire peur. Avant d'aborder la réalité du lundi, une réalité simple et prosaïque (se lever pour aller travailler), nous faisions place à un grand frisson: l'émission de faits divers «Faites entrer l'accusé», diffusée sur France 2.

Certain·es préféraient ne pas la regarder seul·es, d'autres vérifiaient par la suite que leur porte était bien fermée, le sommeil peinant à arriver. C'était une époque où le replay n'existait pas, où nous ne pouvions décider du moment opportun pour rattraper une émission.

Il y avait ainsi un avant et un après «Faites entrer l'accusé» dans notre emploi du temps, tout comme il y aura un avant et un après «Faites entrer l'accusé» à la télévision française.

Document intemporel

«Christian Gerin me dit qu'il a cette idée: “Le fait divers marche très bien en presse écrite, pourquoi pas le faire à la télé?”», se souvient Bernard Faroux, le réalisateur de «Faites entrer l'accusé» depuis 2000, première année de diffusion.

Son dernier grand frisson à lui, c'est le cinéma de Jean-Pierre Melville –notamment Le Samouraï, «un chef-d'œuvre du cinéma français», assure-t-il, «sa référence» avec la série Les Soprano.

Mais avant de s'inspirer de la chambre d'Alain Delon dans le Samouraï, il pense d'abord à Deux hommes dans Manhattan, sorti en 1958, où les protagonistes se baladent en bagnole à travers la ville.

L'idée de raconter le fait divers en mouvement ne tiendra pas longtemps. Un loft d'architecte est vite découvert à Ivry, en banlieue parisienne, et deviendra le décor emblématique de l'émission. Avec l'énorme radiateur à la peinture écaillée («Je n'ai jamais voulu qu'on le repeigne», précise Bernard Faroux), la verrière longeant une allée d'anciens ateliers, toujours filmée de nuit, et la veste en cuir négligemment posée sur le canapé.

Ce dernier détail est une idée de Christophe Hondelatte, le premier présentateur de l'émission. «C'était génial et brillant. L'imper à la Melville était trop codifié. La veste en cuir, ça m'a rappelé de suite Jean Gabin dans Le jour se lève. C'est marqué années 1950, mais le porter aujourd'hui, c'est pas ringard», précise le réalisateur.

Bernard Faroux s'éloigne volontairement des plateaux télé avec table triangulaire et public. Il veut raconter en paix. «On traîne un boulet à la télévision française, c'est le public. Pendant le confinement, on mettait même une poupée gonflable pour qu'il y ait une présence! Pfff. Donc [à «Faites entrer l'accusé»], surtout pas de public.»

L'idée, c'est de créer un document intemporel, à l'image du crime, qui ne connaît ni siècle ni saison.

Niveau décor, le mobilier des années 1940 et 1950 «vieillit moins», explique Faroux. «Ce sont les codes du polar, du 36 quai des Orfèvres.» Quand le public connaît l'univers, son regard se perd moins à l'arrière-plan; il se concentre sur le propos. Le réalisateur veut que ce soit réfléchi. «Dans Le Samouraï ou Le Cercle rouge, il y a une retenue. C'est pas hystérique. C'est pas bavard.» Il cite son ami marseillais, qui un jour lui a dit: «Bernard, faut pas mettre les sabots. Faut mettre les tongs.»

De l'écrit à l'écran

«Est melvillien ce qui se conte dans la nuit, dans le bleu de la nuit, entre hommes de loi et hommes de désordre, à coups de regards et de gestes, de trahisons et d'amitiés données sans paroles, dans un luxe glacé qui n'exclut pas la tendresse, ou dans un anonymat grisâtre qui ne rejette pas la poésie.»

Philippe Labro, Le cinéma selon Melville, 1996

*

Le fait divers est d'abord littéraire. En décembre 1954, Maurice Merleau-Ponty écrivait: «Le fait divers est plus vrai parce qu'il blesse et qu'il n'est pas beau. Ils ne se rejoignent que chez les plus grands, qui trouvent [...] la poésie du vrai.»

Guy de Maupassant, André Gide, Jean Giono, Emmanuel Carrère, Philippe Jaenada, Laurence Lacour... la liste des écrivain·es et journalistes français·es ayant façonné le genre au cours de l'histoire contemporaine est forcément longue.

«L'écriture doit beaucoup à Hondelatte, qui vient de la radio, mais [Dominique] Rizet, Fred [Lantieri] et moi, on vient de l'écrit, c'est vrai», convient Christian Gerin.

Après avoir été journaliste au Quotidien de Paris, où il fera embaucher Frédérique Lantieri, la deuxième présentatrice de «Faites entrer l'accusé» (entre 2010 et 2020), Christian Gerin a été rédacteur en chef au Matin de Paris, puis directeur des informations à France Soir.

En 1992, il monte une agence de presse audiovisuelle, 17 juin Média. C'est ainsi qu'il deviendra le producteur de «Faites entrer l'accusé» en 2000. «Mais la référence, c'est le roman noir, indique-t-il au téléphone. Car le fait divers, qu'est-ce que c'est d'autre qu'une nouvelle?»

Juste les faits

«Dans cinquante ans [...], quand on verra tous mes films en trois jours, il faut que l'on se dise que le premier de ces films et le dernier ont incontestablement quelque chose en commun, soit au niveau du langage, soit au niveau du propos, et qu'à travers des histoires inventées, l'on retrouve toujours le même auteur, toujours le même bonhomme, avec toujours les mêmes couleurs sur sa palette. Il est essentiel que le dernier film ressemble au premier, absolument... Le créateur idéal est celui qui a forgé une œuvre exemplaire, une œuvre qui sert d'exemple. Non pas d'exemple de vertu ou seulement de qualité, non pas dans le sens où l'on dit quelqu'un exemplaire parce que tout ce qu'il fait est admirable, mais dans ce sens où ce qui est exemplaire pour un créateur, c'est que tout ce qu'il a conçu soit condensable en dix lignes de vingt-cinq mots chacune, qui suffisent à expliquer ce qu'il a fait et ce qu'il était.»

Jean-Pierre Melville

*

«Aujourd'hui, on essaie de rentrer dans la tête des gens. Après, je vais dire un gros mot, mais après on frôle la pornographie, quoi.» Bernard Faroux n'aime ni Grégory, la série documentaire de Netflix, ni les reconstitutions bon marché qui emplissent le vide des nouvelles émissions criminelles: «Ils en font des caisses. La référence, ce sont les documentaires true crime américains: c'est crapoteux, ça empêche aux gens de faire le film dans leur tête. Nous, on suggérait. Je militais pour les subjectifs des actions, des points de vue différents.» Et d'ajouter: «Ce n'est pas un show. Il faut savoir rester sur le pas de la porte.»

Christian Gerin confirme: «On s'est interdit de faire des reconstitutions.» Bernard Faroux se rappelle Christophe Hondelatte martelant: «Moi, je suis journaliste, je ne veux pas refaire l'histoire!» «Et il avait raison, appuie le réalisateur de “Faites entrer l'accusé”. Dans tous les faits divers, il y a des parts d'ombre. On ne peut pas tout donner. C'est au spectateur de choisir qui il veut croire ou ne pas croire.»

Au bout du fil, Bernard Faroux insiste: «C'est une manière de raconter les choses. L'erreur, c'est de chercher à savoir si [untel est] coupable, pas coupable. Non: juste les faits, et les gens se font leur opinion.» La temporalité est cruciale: six mois de préparation par épisode, des affaires traitées uniquement une fois jugées.

Le réalisateur a un souvenir très clair en tête. Pour l'épisode sur Patrick Dils, sa mère, madame Dils, est interviewée chez elle. «Quand j'ai vu les images, j'étais furieux. Derrière elle, il y a un buffet Henri III, avec des bibelots dessus. C'est un univers dont on pourrait se moquer, là où elle vit… Qui me dit que madame Dils aime son buffet Henri III? Peut-être qu'elle l'a parce que c'était à la mode, je ne sais pas. Ce que je veux dire, c'est que le buffet, il me raconte une histoire, et je perds le fil de ce qu'elle raconte. Ce qu'elle a à me dire, ça me suffit pour la comprendre.»

Format ad hoc

Bernard Faroux y tient: «Chacun a sa place.» Hors de question de laisser des juges s'asseoir dans le même fauteuil que celui de la mère d'une victime pour l'interview. De même, lors des entretiens avec les flics, cela se passe à un bureau, face au présentateur Christophe Hondelatte: «Ce n'était pas un interrogatoire, mais dans l'esprit des gens, inconsciemment, cela rappelait cette ambiance.»

«L'émission a très peu évolué, admet le producteur Christian Gerin. La structure, la mécanique n'ont jamais bougé. Ce qui a bougé, c'est la société autour» –les progrès de la police technique et scientifique en témoignent.

En vingt ans, les données de téléphonie mobile, la recherche ADN, les expertises balistiques ont changé la donne. «Au départ, on était sur des filatures, des écoutes téléphoniques, et on est passé au tout informatique. Les fausses pistes ont été réduites.» «Faites entrer l'accusé» n'a pas cédé aux reconstitutions avec silhouettes pour autant. «Ça nous a permis de nous concentrer sur les expertises psychologiques», avance Christian Gerin.

Le but de l'émission n'est pas de coller à tout prix au format de 90 minutes. «Gerin m'a dit: “On a un contrat de 90 minutes.” J'ai répondu: “Écoute, je vais le monter avec une durée qui me semble idéale, et on verra bien.” On s'est battus, on s'est engueulés, hein! Bon, et selon les épisodes, ça faisait 72, 75 ou 82 minutes… Il fallait que ça maintienne la tension, que ce soit comme un élastique tendu, que les gens ne lâchent pas! C'est resté, relate Bernard Faroux. Si vous regardez Netflix, leurs docs n'ont pas toujours les mêmes durées, ils ne s'emmerdent pas avec un format. Le format, ça tue la télé, c'est la plaie de la télé!»

Il y a évidemment plusieurs façons de traiter le fait divers: la première consiste à s'intéresser aux simples détails du crime, «le sang, le corps, le linge, l'intérieur des maisons et des vies», comme détaillait Merleau-Ponty, pour susciter l'indignation horrifiée; la seconde apporte une révélation sur qui nous sommes.

À la fin de «Faites entrer l'accusé», Christophe Hondelatte quitte le loft d'Ivry, sa veste en cuir sur les épaules, et se retourne une dernière fois, «comme pour vérifier qu'il n'est pas suivi», fait remarquer Bernard Faroux. À moins que cet ultime regard ne cherche à briser le quatrième mur. Car qui sait si nous autres, devant notre écran, sommes aussi innocent·es que nous le prétendons?

Écoutez en avant-première les quatre épisodes inédits de Programme B consacrés par Thomas Rozec et Marion Lefèvre à «Faites entrer l'accusé»:

StopCovid en retard : l’app catalane du même nom massivement téléchargée en France

La publication de l'application StopCovid devait avoir lieu à 12h le 2 juin 2020. L'application est en retard, ce qui occasionne un plan de communication légèrement absurde.

L’application StopCovid devait sortir à midi le 2 juin 2020, pour accompagner le déconfinement. D’après nos constatations et celles de plusieurs internautes sur les réseaux sociaux, l’application n’est toujours pas disponible à 12h40. Entre temps, de nombreux médias, institutions et femmes et hommes politiques avaient planifié leur communication sur le sujet, inondant l’espace médiatique avec l’annonce de la sortie de l’app.

Sur Twitter, des médias comme WeDemain ou la députée Christine Cloarec-Le Nabour avaient visiblement fait une planification automatique de leurs interventions. Le Journal des femmes avait même anticipé la sortie, avec un dossier publié à 10h30 et lié directement depuis la page d’accueil du site. En clair, tout devait être prêt pour l’heure dite.

⏰Il est 12h ! Vous pouvez télécharger 📲 #StopCovid

Pourquoi 🤔
👉Parce que le virus circule toujours
👉Parce qu’il est un outil complémentaire pour combattre sa propagation
👉Parce qu’il nous faut être le + nombreux possible à l’utiliser

➕ d’infos ⤵️https://t.co/TkMUdhLRXz

— Christine Cloarec-Le Nabour (@ChrisCloarec) June 2, 2020

Ce couac, qui est loin d’être le premier pour l’application, a entraîné une vague de téléchargement en France sur iOS pour… l’application catalane du même nom. À 12h45, elle était top 2 des téléchargements sur l’App Store d’Apple sur iPhone en France. Des centaines de Françaises et de Français ont donc téléchargé la mauvaise application.  D’après nos constations, un phénomène similaire ne s’est pas produit sur Android, où le top des applications gratuites est très classique. Au journaliste de RTL Benjamin Hue, le cabinet de Cédric O minimise ce retard et évoque un « petit contretemps ».

L’application StopCovid catalane est Top 2 du classement des téléchargements de l’App Store ce 2 juin 2020 // Source : capture d’écran Numerama

C’est un problème de plus pour StopCovid qui cherche à gagner la confiance des citoyens et n’a fait, jusqu’à présent, que cristalliser les critiques : les questions liées à son utilité réelle, sa pertinence en pratique, son bon fonctionnement en l’absence d’utilisation des outils proposés par Apple et Google, sa compatibilité avec les apps des autres pays européens ou encore, le principe même de son usage dans ce cas de figure sont autant de problèmes individuels qui n’ont pas trouvé de réponse aujourd’hui.

Le racisme étouffe l'Amérique

Depuis le meurtre de George Floyd, les États-Unis ont pris feu. Récit, jour après jour, d'un incendie qui ne s'éteindra pas jusqu'à ce que le pays apprenne à se regarder en face.

Temps de lecture: 20 min

Lundi 25 mai

Ce plan-séquence, filmé sur un téléphone portable, c'est le prologue d'une tragédie en temps réel et d'envergure nationale. Au moment où la vidéo commence, les trois coups du brigadier viennent de frapper le plancher américain.

Pour le contexte de la discorde sur le point d'éclater et un résumé factuel de ce qui s'est passé avant que la caméra se mette à enregistrer, on se reportera à cet article. La transcription intégrale du dialogue et ses didascalies sont à lire ici.

La scène est au Ramble, une partie de Central Park très prisée des ornithologues et des adeptes d'oiseaux. Il y a deux personnages: comme il s'agit d'une tragédie contemporaine, ils portent le même nom, Cooper, mais n'ont aucun lien de parenté.

Elle s'appelle Amy et elle est blanche. Lui, on ne le voit pas. Il reste derrière la caméra durant tout leur échange. On apprendra bientôt qu'il s'appelle Christian et qu'il est noir.

Que se passe-t-il dans la tête d'Amy Cooper au moment où elle prononce, trois fois pour le désigner, les mots «African-American man»?

Ce que ces mots font remonter à la surface, c'est un préjugé vieux comme le Nouveau Monde, solidement enraciné dans l'imaginaire blanc américain: une femme «caucasienne» seule avec un homme noir court un grave danger.

L'incident n'est qu'un remake d'épisodes raciaux qui ont souvent eu, à l'ère de Jim Crow, des conséquences fatales pour l'homme noir qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment (Emmett Till, en 1955), voire pour la communauté à laquelle il appartenait (le massacre de Black Wall Street, à Tulsa en 1921).

Peu importe qu'Amy Cooper, comme elle l'a clamé dans ses excuses, ne soit pas raciste. Ce qu'on entend dans ses paroles, dans cette détresse qu'elle surjoue, c'est qu'elle porte en elle le racisme, comme on est dépositaire d'un héritage, un patrimoine culturel.

Sait-elle ce qu'elle fait, cette femme, derrière ses pleurs de demoiselle en détresse? Criminalise-t-elle consciemment son «agresseur» en activant les préjugés institutionnels de la police dans l'espoir de provoquer une justice expéditive? Espère-t-elle que l'homme qui la filme connaîtra la même fin qu'Ahmaud Arbery, Michael Brown, Trayvon Martin et tant d'Afro-Américains lynchés ou abattus sans sommation, tantôt par les forces de l'ordre, tantôt par des quidams-justiciers?

La question de ses intentions, me semble-t-il, n'est pas pertinente: elle individualise un réflexe collectif, ancré dans une très longue histoire et déclenché en même temps par l'ignorance de cette histoire. Les «Karen», ces femmes blanches aveuglées par le privilège dont Amy Cooper est devenue l'incarnation en soixante-neuf secondes, ne sont de ce point de vue que les avatars 3.0 de ce que James Baldwin appelait les «innocents»: les progressistes blancs d'accord pour envisager le racisme comme un mal extérieur, mais qui ne sauraient remettre en question le bien-fondé de leur propre conduite.

Faire face au mal comme une partie de moi-même? Impensable. Le privilège blanc d'Amy Cooper tient tout entier dans cet angle mort, bloc d'antimatière historique assez dense pour annihiler les facultés rationnelles, les conventions sociales, la morale individuelle et les opinions politiques.

La tragédie s'arrête là pour Christian Cooper, qui le doit en partie à sa présence d'esprit. Mais, douze heures après l'incident de Central Park, George Floyd est interpellé dans une rue de Minneapolis par quatre officiers de la police municipale.

Contrairement à Christian Cooper, la présence d'une caméra (plusieurs, en fait) ne lui sera d'aucun secours.

Mardi 26 mai

Je découvre la vidéo de Minneapolis, devenue virale dans la nuit de lundi à mardi. Son contenu visible, désormais connu dans le monde entier, se passe de commentaire.

Ce qui m'intéresse ici, c'est son contenu latent, sa relation avec la vidéo de Christian Cooper et le fait que la présence de la caméra ne semble nullement altérer le comportement de Derek Chauvin, l'officier qui appuie son genou sur la nuque de la victime.

Si Amy Cooper personnifie le racisme conjugué avec le verbe avoir, Derek Chauvin, lui, nous le donne à voir avec le verbe être. Le policier ne réagit pas: il applique ce qu'il considère être la loi. Il fait son devoir de flic en mettant au supplice, puis à mort, un homme qui aurait utilisé un faux billet de 20 dollars dans une épicerie de quartier.

Pendant d'interminables minutes, avant de perdre connaissance, George Floyd implore. Dans la journée de mardi, au cours des jours suivants, ses derniers mots d'homme à terre deviendront un cri de ralliement et un appel à la compassion –l'extrême faiblesse et l'agonie renversées en mobilisation collective et en puissance de vie.

«Please I can't breathe», une plainte qu'avait déjà émis dans un souffle Eric Garner, un Noir étranglé par un policier blanc après l'avoir plaqué au sol. | Julien Suaudeau

Mais Derek Chauvin, au moment où il empêche George Floyd de respirer, ne sait pas que son nom va devenir encore plus viral que celui d'Amy Cooper. Il n'a aucune idée qu'un tsunami protestataire va soulever les rues américaines d'un côte à l'autre du pays et les réseaux sociaux. Le policier, à ce moment-là, appartient corps et âme à un seul sentiment, une seule sensation: l'impunité et la disproportion de la force.

Son impunité est souveraine. Si elle ne l'avait pas été, la conscience d'être filmé aurait influé sur les actes de Derek Chauvin. Tou·tes les documentaristes savent que la caméra modifie ce qu'elle filme et que n'importe quel tournage est une interaction, pas seulement un enregistrement par l'œil de la ou du cinéaste de la personne qui se sait filmée. Dans ce cas précis, comme d'ailleurs à Central Park, la règle ne s'applique pas: le policier agit et la promeneuse parle comme si la caméra n'était pas là.

Ce phénomène hallucinant met en scène la cohérence organique du racisme américain. Les comportements de Derek Chauvin et d'Amy Cooper sont en fait le pendant l'un de l'autre, les deux visages d'une même maladie mortelle. Le racisme politiquement correct, celui qu'on a et dont on peut se défendre en présentant des excuses, appartient au même système de domination que le racisme de l'être. Le racisme des innocent·es aux mains toujours propres rend possible et institutionnalise l'immunité des racistes qui se rendent coupables d'un usage excessif de la force.

Derek Chauvin a fait ce qu'il a fait, de sang-froid, il ne s'est pas arrêté parce que les préjugés de toutes les Amy Cooper légitiment cette absence de limites, cette toute-puissance dans laquelle les idées de protection et de service de la communauté censées être les piliers de l'action policière n'ont plus aucun sens. Les crimes passés, la domination, la violence et l'injustice se perpétuent grâce à un cercle vicieux, une complicité de fait entre les innocent·es qui ne veulent pas voir et les coupables qui se moquent d'être vus.

Face à ce système, tou·tes les Afro-Américain·es ne sont pas sur un pied d'égalité: tandis que le New-Yorkais à la caméra, calme et conscient des codes, garde le contrôle de son destin, le hustler de Minneapolis crève face contre le goudron en disant «Momma» dans un dernier râle.

Mercredi 27 mai

À Minneapolis, les manifestations ont pris de l'ampleur et ont fait place à des émeutes dans la soirée de mardi, tandis qu'on apprenait le renvoi des quatre officiers ayant participé à l'arrestation de George Floyd.

Mercredi matin, le hashtag #BlackLivesMatter se répand sur Twitter, comme à chaque fois qu'une vidéo de brutalité policière contre un·e Afro-Américain·e est diffusée. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, #AllLivesMatter et #BlueLivesMatter (en référence à l'uniforme bleu des agents de police) se mettent à leur tour à tourner.

Les arguments repris sur les comptes où ces hashtags circulent ont toujours l'apparence du bon sens: toutes les vies méritent d'être protégées, y compris celles des force de police. En réalité, cette évacuation du contexte particulier (la mise à mort d'un homme noir par un policier blanc) et général (la victimisation des minorités par l'État, les groupes suprémacistes blancs et des individus lambda) s'appuie sur les mêmes postulats que les larmes d'Amy Cooper: l'ignorance et le déni de l'histoire.

Cette riposte médiatique est foncièrement obscène: il s'agit, sous couvert de fausse équité, d'un universalisme perverti qui a aussi cours en France, de minimiser la mort de George Floyd, ainsi transformée en fait divers.

Depuis quelques jours, je vois circuler partout des fascicules de comportement à l’usage des Blancs, en réaction à un tragique fait divers aux États-Unis. La totalité des personnes que j’ai vu diffuser ces « manuels » sont Blancs, bourgeois et français. Étrange. https://t.co/DEF13fRFpP

— Hadrien Mathoux (@hadrienmathoux) May 31, 2020

Imagine-t-on que quelqu'un s'incruste dans des funérailles avec le portrait d'une personne disparue et le pose devant la photo de celui ou celle qu'on honore ce jour-là? #AllLivesMatter, de ce point de vue, c'est la version américaine du refrain hexagonal sur le racisme anti-Blanc·hes, cette supercherie intellectuelle consistant à remplacer le constat d'un système de domination qui dure depuis des siècles par l'énumération d'exemples individuels auxquels on donne l'allure inoffensive d'une vérité générale.

Plus tard dans la journée, le hashtag #Icantbreathe prend le relais de #BlackLivesMatter: le calvaire de George Floyd, par cette subjectivation, devient l'expérience collective de l'ensemble des Afro-Américain·es, asphyxié·es dans les vapeurs du racisme invisible dont parlera si bien l'ex-basketteur Kareem Abdul-Jabbar dans une tribune publiée dimanche 31 mai par le Los Angeles Times:

«Le racisme en Amérique est comme la poussière dans l'air. Il semble invisible, même s'il empêche de respirer, jusqu'à ce qu'on laisse entrer le soleil. Alors, on voit qu'il est partout.»

Au même moment, alors qu'il a ignoré la veille ce qui se passait à Minneapolis pour publier une rafale de tweets en défense de sa gestion de la crise sanitaire, Donald Trump réagit à «la très triste et très tragique mort de George Floyd»: justice sera faite, annonce le président, avant de ridiculiser le masque noir affiché par Joe Biden sur le profil de son compte Twitter?

S'il est commode de juger insignifiantes les outrances de Trump, que dire du malaise provoqué le 22 mai par son futur adversaire à l'élection présidentielle pendant une interview avec l'influenceur Charlamagne Tha God?

«Si tu as du mal à décider si tu es pour moi ou pour Trump, dit Biden au moment de prendre congé, t'es pas noir.» Ici encore, on touche à une évidence toxique du progressisme blanc: le vote des Noir·es, par nature, serait acquis au Parti démocrate –comme le vote ouvrier était censé l'être en 2016. Non seulement Biden n'hésite pas à dire à son interlocuteur ce qui est bon pour celui-ci, mais le sous-entendu de sa blague est qu'il s'imagine pouvoir distinguer entre véritables et fausses ou faux Noir·es.

En novembre 2020, comme l'écrit Astead W. Herndon dans le New York Times, ne pas être Trump (et avoir été le vice-président d'Obama) ne suffira pas à conquérir les voix des Afro-Américain·es.

Jeudi 28 mai

Après deux nuits de violences à Minneapolis et alors que la pression s'accentue sur l'institution judiciaire pour que Derek Chauvin et ses collègues soient inculpés, une autre rengaine se fait jour: celle des «tensions raciales» de l'Amérique.

Sur les radios françaises, j'entends l'expression ou une de ses variantes («fractures raciales», «démons raciaux», «frontière raciale») une douzaine de fois en moins d'une heure. Je lis les mêmes mots dans les journaux et sur les réseaux sociaux, en français comme en anglais.

Cette présentation des faits me fait penser à la page Wikipedia sur le massacre de Tulsa, rebaptisée «émeute raciale», comme si les torts avaient été partagés.

Il faut faire un peu attention à ce qu'on dit: quand il y a des tensions, c'est entre deux individus ou deux groupes dont l'un n'a pas nécessairement raison ni l'autre tort. Si les tensions débouchent sur un conflit ouvert, guerre ou bagarre, les deux parties y ont généralement consenti et la violence n'est pas à sens unique. Et, lorsque l'antagonisme est résolu, il y a un vainqueur et un vaincu, plus rarement un match nul; c'est ensuite aux historien·nes (ou aux piliers de comptoir) de démêler les responsabilités et d'analyser le processus qui a produit le nouveau rapport de forces.

Les manifestations et les émeutes déclenchées par la mort de George Floyd ne s'inscrivent pas dans ce schéma: il y a une victime et un bourreau, déjà connus au moment où elles éclatent. Envisager la colère qui embrase l'Amérique comme le symptôme de tensions raciales est une falsification de l'histoire en train de se faire, un contresens qui valide non seulement le storytelling mis en place par Trump et signalé par Twitter pour glorification de la violence, mais aussi le eux-contre-nous des suprémacistes blancs qui sont les plus fervents soutiens du président.

«Quand les pillages commencent, les tirs commencent», tweete Trump en faisant l'apologie de la violence, estime Twitter. | Capture d'écran via Twitter

Oui, il y a parmi les gens qui affrontent la police et la Garde nationale des éléments radicalisés, des casseurs, des pillards –et aussi nombre d'agents provocateurs de la droite alternative. Aucun mouvement social n'est unidimensionnel.

Non, se trouver dans la rue quand ces violences se produisent, se défendre comme on peut contre la charge des forces de l'ordre, ce n'est pas la marque des seul·es anarchistes, de l'extrême gauche, des ennemi·es de l'État, d'une menace pour la société, d'un anti-américanisme primaire.

Et ce n'est pas non plus un cri de vengeance, mais une volonté d'honorer la mémoire de George Floyd, conjuguée à une exigence de justice qui transcende les lignes raciales: l'État de droit doit être respecté en toutes circonstances, quelle que soit la couleur de peau du suspect ou du justiciable.

Il y a là une conséquence indirecte de la pandémie et des mesures de confinement décidées pour enrayer la contagion: le deux poids-deux mesures qui conditionne la perception policière des Noir·es et des Blanc·hes crève désormais les yeux de l'opinion publique. D'un côté, des Blanc·hes veulent retourner chez le coiffeur. De l'autre, les Noir·es voudraient sortir dans la rue sans avoir la peur de mourir chevillée au corps.

Cela ne s'appelle pas une fracture raciale, mais une inégalité qui n'a plus rien de soutenable maintenant qu'elle est exposée au grand jour.

Jeudi soir, deux nouveaux hashtags font leur apparition sur Twitter: #LouisXVI et #Madonna. Au grand désespoir du duc d'Anjou, héritier du trône de France, la main droite de la statue de Louis XVI a été amputée par un manifestant noir à Louisville (Kentucky). Rassuré que la tête du souverain soit toujours sur ses épaules, je découvre la vidéo du fils adoptif de Madonna, originaire du Malawi, qui exécute une danse en hommage à George Floyd.

Je vais me coucher avec un sentiment de gêne comparable à celle ressentie devant la plaisanterie de Joe Biden.

Vendredi 29 mai

Les événements se précipitent au Minnesota.

Au petit matin, peu après 5h, le reporter de CNN Oscar Jimenez et deux membres de son équipe sont arrêtés à Minneapolis avant d'être relâchés une heure plus tard. Jimenez est noir et latino.

À 10h30, le gouverneur de l'état, Tim Walz, donne une conférence de presse qui est un modèle d'appel au calme. Il trouve les mots justes, disant notamment que les renforts déployés pour rétablir l'ordre portent le même uniforme que les bourreaux de George Floyd et qu'il a conscience que leur présence sera difficile à vivre pour les habitant·es de Minneapolis et de Saint-Paul. Il ajoute qu'en tant que Blanc, il n'a aucune idée de ce qu'est l'expérience de redouter la police.

Ce désir d'apaisement n'est pas sur l'agenda de Donald Trump. Dans sa posture caractéristique du «Arrêtez-moi ou je fais un malheur», il s'en prend au maire de Minneapolis et menace de déployer la Garde nationale si celui-ci ne fait pas son boulot.

I can’t stand back & watch this happen to a great American City, Minneapolis. A total lack of leadership. Either the very weak Radical Left Mayor, Jacob Frey, get his act together and bring the City under control, or I will send in the National Guard & get the job done right.....

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) May 29, 2020

«Ou bien le maire de gauche radicale Jacob Frey remet la ville sous contrôle ou bien j'envoie la Garde nationale pour faire le boulot correctement.»

Léger problème constitutionnel: la Garde nationale est sous l'autorité des gouverneur·es, sauf à Washington D.C. Le déploiement ordonné par le gouverneur Walz n'empêche pas Trump, quelques heures plus tard, de relayer un tweet qui incrimine les principaux élus locaux, tous Démocrates, pour ce qui se passe depuis mardi.

À 12h09, Barack Obama publie un communiqué, dans lequel il écrit que «ça ne devrait pas être normal en 2020 aux États-Unis». Un peu plus tard dans l'après-midi, Joe Biden se fend d'une vidéo sur «la situation au Minnesota et le meurtre de George Floyd».

Mais la partie ne se joue plus seulement dans l'arène politique. À 13h30, l'officier de police Derek Chauvin a été inculpé pour homicide involontaire; ses trois collègues restent libres. Comment analyser cette décision sans conclure que l'institution judiciaire, elle aussi, a intériorisé l'injustice et contribue à la perpétuation du racisme américain?

À l'annonce de la décision, les protestations repartent de plus belle à Minneapolis et l'incendie se propage dans plusieurs grandes villes, Dallas, Houston, Los Angeles, Chicago, New York et à Atlanta notamment, où l'entrée du quartier général de CNN est vandalisée par les manifestant·es.

Le scénario est le même partout: marche pacifique, renforcement du dispositif policier, provocations d'agitateurs et agitatrices, affrontements avec les forces de l'ordre, pillages de magasins, mise à sac de la voie publique.

Pour le fils de Martin Luther King, «le feu couve depuis des générations». Même si les innocents de Baldwin aiment à voir en lui un adepte de la non-violence, une figure antinomique de Malcolm X, n'est-ce pas MLK qui expliquait il y a cinquante-trois ans que l'émeute est le langage de celles et ceux «qui ne sont pas entendu·es»?

“In the final analysis, a riot is the language of the unheard. And what is it that America has failed to hear?” pic.twitter.com/Als3jhxaGH

— The Martin Luther King, Jr. Center (@TheKingCenter) May 28, 2020

Ce n'est pas le problème de Donald Trump: depuis la Maison-Blanche, bunker pris d'assaut, il joue les Néron et appelle à une «MAGA NIGHT» pour samedi soir.

Samedi 30 mai

À Philadelphie, le rassemblement devant City Hall a commencé sur les coups de 11h30. J'arrive sur place vers midi. La police se tient à distance. L'ambiance est calme, les slogans de ces derniers jours s'enchaînent: «Black Lives Matter», «I Can't Breathe», «Not One More».

City Hall, Philadelphie. | Julien Suaudeau

Le cortège se met en route à Philadelphie. | Julien Suaudeau

Dans la foule encore clairsemée, j'aperçois la haute silhouette de Norman Ajari, qui enseigne la philosophie à Villanova, université voisine de la mienne dans la banlieue ouest. Le speaker demande à l'assemblée de s'agenouiller en silence.

Le cortège prend ensuite la direction du Philadelphia Museum of Art, à l'autre bout du Parkway. Norman et moi faisons le chemin ensemble. Je repense à une de ses réflexions, en octobre 2019 dans un débat du Monde Festival, sur la représentation et la perception des corps noirs: ce n'est pas une question d'esthétique, mais de vie ou de mort.

Dans le regard de Derek Chauvin, aux yeux de la police américaine, il y a l'idée que le corps d'un George Floyd ne mérite pas d'être traité à l'égal d'un corps blanc –et peut-être même qu'il est possible de le violenter sans avoir à rendre des comptes.

La police philadelphienne s'y connaît en impunité, elle qui en 1985 a bombardé une maison où vivaient cinq enfants et rasé le pâté de maisons alentour. La population n'a pas oublié.

L'impunité dont jouissent les forces de police est ancrée dans la culture du pays. | Julien Suaudeau

Sur les marches iconiques où Rocky finissait son footing, si la foule reprend les mêmes slogans avec plus de vigueur, la manifestation reste non violente. La majorité des gens ont entre 20 et 30 ans, mais je croise aussi des vétérans du combat pour les droits civiques et quelques enfants.

Philadelphie. | Julien Suaudeau

C'est durant le retour vers le point de départ que les choses vont dégénérer. Dans la chimie complexe et volatile d'une manif, il est toujours difficile d'identifier où, comment et pourquoi la violence surgit. Des facteurs multiples interagissent; établir des liens de causalité est souvent un exercice artificiel –ou biaisé.

Mon impression, dans ce cas précis, est que la transformation de la présence policière, beaucoup plus militarisée qu'au début, s'est combinée à l'irruption de perturbateurs et perturbatrices pour créer une tension inexistante jusque-là. Il n'est pas impossible non plus qu'après deux mois et demi d'un confinement plutôt bien respecté à Philadelphie, certain·es aient eu besoin d'un défouloir.

Il doit être 15h30 ou 16h. Le cortège se retrouve bloqué à quelques centaines de mètres de City Hall. Les gens s'énervent, des insultes fusent. Quelqu'un met le feu à une voiture de police. La suite, une fois franchi ce point de non-retour, est écrite d'avance; elle n'est que la version locale du film qui s'est joué dans toutes les grandes villes américaines ces derniers jours.

Philadelphie souffrant d'un éternel complexe d'infériorité vis-à-vis de New York, Batman en personne fera son apparition au milieu de l'émeute. Un couvre-feu sera décrété un peu avant 20h. En écoutant les hélicos de la police tourner dans le ciel noir jusque vers 1h du matin, je relirai ces lignes de James Baldwin, dans La prochaine fois, le feu: «Le pays des innocents nous installe dans un ghetto où, en fait, il est prévu que nous périssions.»

Je pense à la différence entre le taux d'incarcération des Noir·es et des Blanc·hes aux États-Unis.

Le feu, à Philly et partout en Amérique, c'est maintenant.

Dimanche 31 mai

Vers 9h, je marche jusqu'à l'épicentre des pillages de la veille. Sur Walnut Street, entre la 16e et la 19e rue, toutes les vitrines des magasins (Urban Outfitters, Apple Store, H&M) ont volé en éclats et les façades sont couvertes de graffitis. Un camion de pompiers continue à asperger l'immeuble encore fumant d'une agence Wells Fargo.

Une saine colère agite Philadelphie comme d'autres grandes villes aux États-Unis. Julien Suaudeau

Une étincelle suffit à perturber les manifestations. | Julien Suaudeau

En rentrant chez moi, je repense à la question de Cornel West, vendredi soir sur CNN face à Anderson Cooper: «Je remercie Dieu que les gens soient dans la rue. Vous imaginez si ce type de lynchage avait lieu et si les gens y étaient indifférents?»

Être en colère à cause de ce qui est arrivé à George Floyd, se laisser submerger par cette colère, c'est normal et légitime. C'est l'absence de colère et l'indifférence qui ne le sont pas.

Me revient aussi en mémoire ce thread de Nicole Hannah Jones, reporter au New York Times Magazine et animatrice du podcast 1619: «La destruction me fait souffrir comme tout un chacun. Mais le fait historique est que la contestation non violente n'est pas efficace pour les Noirs américains.»

Si la non-violence du mouvement pour les droits civiques était une stratégie visant à provoquer la brutalité policière et retourner l'opinion blanche, cette stratégie a montré ses limites et n'est plus à l'ordre du jour. Quand la violence de la rue répond à la violence institutionnelle, cela signifie que l'État n'est plus légitime aux yeux de la société et qu'on est entré, sur les différents fronts entre police et manifestant·es, dans un processus insurrectionnel.

Pour en sortir à court terme, il n'y a qu'une seule issue: la justice. Je ne suis pas certain, à ce titre, que le double transfert de Derek Chauvin pour «raisons sanitaires» et le report de sa première comparution au 8 juin envoient le bon message.

Et quand bien même justice serait faite? Même si le crime de l'officier était requalifié en homicide volontaire, si ses collègues étaient inculpés eux aussi pour complicité de meurtre, si tous étaient condamnés, le problème serait-il réglé pour autant?

Rappelons-nous, en mars 1991, le passage à tabac de Rodney King par quatre officiers du LAPD, d'abord acquittés par un tribunal de Californie avant que deux d'entre eux soient condamnés à trente mois de prison par une cour fédérale.

À l'annonce du premier verdict le 29 avril 1992, des émeutes avaient éclaté à Los Angeles puis dans d'autres villes, poussant le chef de la police locale à la démission, entraînant une vague de réformes au sein des forces l'ordre et mettant la pression sur le département de la Justice pour que le procès fédéral ait lieu dans des délais raisonnables. Mais que reste-t-il aujourd'hui de ce soulèvement et de cette décision judiciaire, quand les manifestant·es de 1992 expliquent que rien n'a changé?

Marsha Steinberg, 76, who described herself as a longtime activist, was among those who came out for the rally.https://t.co/ERJQoxR6yn pic.twitter.com/Sah1HhAo4t

— Los Angeles Times (@latimes) May 31, 2020

«Ces gens ne peuvent rien attendre de la justice.»

À long terme, les Noir·es américain·es ne pourront pas respirer tant que les Blanc·hes continueront à ignorer le racisme et à le porter en elles et eux comme Amy Cooper. Pour reprendre les mots de Toni Morrison, «les Blancs ont un très, très sérieux problème et ils devraient commencer à se demander comment ils peuvent le résoudre. Laissez-moi en-dehors de ça».

À l'heure où j'écris ces dernières lignes, je suis partagé entre espoir et pessimisme.

D'un côté, j'ai vu ce dimanche que la police de Camden, voisine de Philadelphie éreintée par la pauvreté et le trafic de drogues, avait marché main dans la main avec les manifestant·es, comme d'autres unités à travers le pays. J'ai vu des visages d'enfants qui sont à la fois notre avenir et la raison pour laquelle il faut se battre contre l'injustice aujourd'hui. J'ai vu qu'à West Philly des manifestant·es avaient protégé des commerces que d'autres manifestant·es s'apprêtaient à piller ou détruire, en leur disant que ce n'était pas le bon chemin.

De l'autre, Donald Trump ne trouve rien de mieux à faire que de classer les Antifas (dont ses supporters pensent qu'ils sont organisés et financés en sous-main par George Soros) au nombre des organisations terroristes. Pour rappel, le KKK n'en fait pas partie.

Est-ce que ce sera «l'Amérique ou Trump», comme Twitter se le demande lundi matin après la diffusion d'une vidéo par le think tank conservateur The Lincoln Project?

Je n'y crois pas une seconde: Trump, comme Derek Chauvin, comme Amy Cooper, n'est que le produit individuel et le symptôme d'un système multiséculaire. L'alternative n'est pas d'ordre politique (si elle l'était, les deux mandats d'un président afro-américain auraient modifié les données du problème); elle est culturelle et historique.

L'Amérique a le choix entre deux versions d'elle-même: la version décrite par un D.H Lawrence («L'âme américaine est dure, solitaire, stoïque: c'est une tueuse»).

Ou celle d'un Childish Gambino, dans laquelle le génocide des Amérindien·nes, l'esclavage et les persécutions contre les minorités ont fait loi et où la domination blanche doit être garantie envers et contre tout; une version nouvelle, dans laquelle le lien entre les violences passées et celles d'aujourd'hui serait mis au jour, compris, assumé.

La continuation de la première version est un suicide, une asphyxie au ralenti. L'avènement de la seconde serait une prise de conscience et l'invention d'un avenir commun.

J'espère de tout mon cœur que la mort de George Floyd sera historique. Cela signifiera, contrairement à toutes les autres morts d'Afro-Américain·es aux mains de la police et de «justiciers» blancs, qu'elle fut le moment où nous aurons ouvert les yeux sur le racisme dont ce pays, en victimisant les Noir·es, crève depuis qu'il est né.

iOS 13.5.1 : Apple corrige déjà la faille liée à un jailbreak historique

Apple a vite déployé la mise à jour iOS 13.5.1, en raison d'une faille dans 13.5 qui permet un jailbreak.

La semaine dernière, le groupe unc0verTeam mettait en ligne un nouveau jailbreak ayant la particularité de fonctionner sous iOS 13.5, version qui venait à peine d’être mise en ligne. Dans la communauté du jailbreaking, il s’agissait d’un « événement majeur », lié à une faille exploitable tout de suite — soit du jamais vu depuis 2014.

Naturellement, Apple n’a pas tardé à réagir et, aujourd’hui, il est possible — et même vivement encouragé — de télécharger et installer iOS 13.5.1. Cette nouvelle déclinaison retire la possibilité à « une application d’exécuter du code avec les privilèges du noyau du système d’exploitation ». Notez que ce correctif vaut aussi pour iPadOS 13.5.1.

Apple iOS 13.5.1 // Source : Capture d’écran

Apple rectifie le tir avec le récent jailbreak historique

Sur l’iPhone, la description d’iOS 13.5.1, qui pèse un peu plus de 400 Mo, précise simplement : «  iOS 13.5.1 apporte d’importantes mises à jour en matière de sécurité. Cette version est recommandée à tous les utilisateurs. » Il faut se rendre sur la page Apple security updates pour comprendre qu’elle s’attaque à la faille permettant au jailbreak de fonctionner sans problème. Le nom ‘unc0ver’ est d’ailleurs clairement mentionné dans la courte note.

En quelque sorte, le jailbreak a permis à Apple de prendre connaissance d’une vulnérabilité logicielle dite ‘jour zéro’ dans iOS 13.5, mise en avant par la prouesse de l’unc0verTeam. En mettant moins d’une semaine à réagir, les ingénieurs de la firme de Cupertino prouvent qu’ils savent y faire quand il est nécessaire de colmater des brèches. Nul doute que les hackers ont aidé Apple dans cette tâche, en rendant la faille publique très vite.

Bien évidemment, celles et ceux qui souhaitent profiter du jailbreak sur leur iPhone doivent rester sous iOS 13.5 (en désactivant les mises à jour automatiques s’il le faut). Pour rappel, le jailbreak offre un accès à des fonctionnalités impossibles dans l’écosystème d’Apple. Cette opportunité n’est pas sans risque.

 

Île de Pâques : la civilisation qui a bâti les moaï ne s’est pas forcément « effondrée » sur elle-même

La thèse d'un effondrement de cette ancienne civilisation bât de l'aile en archéologie. Elle aurait peut-être été plus résiliente que le veut le récit habituel, et ce jusqu'à la colonisation européenne.

Tout le monde connaît les gigantesques statues moaï de l’île de Pâques (Polynésie), placées sur des plateformes cérémonielles appelées ahu ou marae. Ces visages monumentaux, faits de roche volcanique et allant jusqu’à 9 mètres de haut, ont été bâtis entre le XIIIe et le XVe siècle. Il est souvent expliqué que les ancêtres des Rapa Nui, les premiers habitants de l’île de Pâques, ont vu leur civilisation s’effondrer au XVIIe siècle, autour de l’année 1600. En cause : une succession de catastrophes écologiques, démographiques, culturelles. Un exemple d’« effondrement ».

Mais dans les disciplines archéologique et anthropologique, ce récit a commencé à battre de l’aile, moins envers la spirale de catastrophes qu’envers l’issue qu’aurait été un effondrement irrémédiable sans plus de renouveau de la part de cette société, alors éteinte d’elle-même. En 2018, l’archéologue Catrine Jarman écrivait que cette « société durable a été faussement accusée de sa propre disparition ». Selon elle, il faut « démystifier les Rapa Nui » : contrairement au récit popularisé autour d’un effondrement total, « plus de 60 ans de recherches archéologiques brossent en fait un tableau très différent », indiquait Catrine Jarman.

Une nouvelle publication, parue en avril 2020 dans Journal of Archaeological Science, va dans le sens de cette idée que le destin des premiers habitants de l’Île est plus nuancé qu’un effondrement de civilisation, provoqué par un effet papillon de dysfonctionnements internes et à l’issue définitivement fatale autour de 1600.

La civilisation des Rapa Nui a construit les monumentaux moaï sur l’île de Pâques. // Source : Wikimedia / Yves Picq

Repenser l’impact des colons européens

Les auteurs de ce travail de recherche ont appliqué une méthode scientifique appelée statistique bayésienne, laquelle vise à reconstruire une chronologie d’événements. En archéologie, ce modèle d’analyse permet d’inclure à la fois les datations radiocarbone et les connaissances historiques, afin de donner du sens à une chronologie. C’est exactement ce qu’ont fait ces archéologues pour l’île de Pâques : ils ont impliqué les datations radiocarbones de 11 sites excavés, les différents types d’architectures découvertes sur l’île, ainsi que les connaissances ethnohistoriques.

À partir de cette reconstruction chronologique plus précise, les auteurs en concluent que la civilisation a perduré bien après 1600. Elle a même réussi à maintenir sa culture quelques temps après la colonisation européenne de 1722 — et en dépit de celle-ci. Les archéologues écrivent que les résultats « démontrent un manque de preuves d’un ‘effondrement’ pré-contact et offrent au contraire un soutien fort à un nouveau modèle émergent de communautés résilientes qui ont continué leurs traditions à long terme malgré les impacts de l’arrivée des Européens ».

Contrairement à l’image d’une société qui n’aurait pas su affronter une spirale de catastrophes, la civilisation des Rapa Nui apparaît inversement dans cette étude comme tout particulièrement résiliente : elle a longtemps perduré, malgré les menaces internes et externes ayant pesé sur cette société. Dans le magazine spécialisé Sapiens, le co-auteur de l’étude Robert DiNapoli regrette que «  ce degré de résilience a été négligé en raison du récit d’effondrement, et il mérite une reconnaissance ». Le rôle de la colonisation européenne dans l’extinction des Rapa Nui serait également à revoir : la chronologie pourrait être plutôt similaire à ce qu’il s’est passé pour d’autres peuples indigènes.

Sans trancher le débat en confirmant ou infirmant définitivement un récit plutôt qu’un autre, cette étude vient surtout rappeler que la chronologie des événements de l’île de Pâques est encore irrésolue. En tout cas, la thèse de l’effondrement total et interne en 1600 tient de moins en moins, et la réalité est probablement plus complexe que cela. «  Leur travail s’ajoute à la masse croissante de preuves accumulées au cours des dix dernières années, selon lesquelles les récits précédents d’effondrement sur l’île de Pâques ne sont pas corrects et doivent être repensés », confirme un archéologue indépendant de cette étude à Sapiens.

Android 11 : les nouveautés qui arrivent avec la première bêta

La première bêta d'Android 11 est sortie plus tôt que prévu. Google devait en parler le 3 juin, mais l'entreprise a décidé de décaler l'évènement.

C’est en fin d’année que doit sortir Android 11, mais Google n’attendra pas le jour J pour présenter la nouvelle version de son système d’exploitation. En fait, l’entreprise américaine a déjà commencé à en faire la promotion en début d’année, avec la mise en lumière d’une série de nouveautés qui accompagneront l’OS : nouveau mode avion, enregistrement de l’écran ou bien les autorisations à usage unique.

Tout ceci répond à un tempo bien précis, mais une fausse note s’est glissée dans la partition jouée par la firme de Mountain View : comme le signale Frandroid, la première bêta d’Android 11 est arrivée un peu plus tôt que prévu. Des mobinautes ont pu ainsi la récupérer et partager dans la foulée des captures d’écran permettant de connaître les nouveautés additionnelles prévues dans Android 11.

Quoi de neuf dans Android 11 bêta 1 ?

Dans le détail, Android 11 apportera un nouveau lecteur multimédia, sous la forme d’un widget prenant place dans les paramètres rapides du panneau de notification. L’OS se permettra aussi de suggérer des applications pour remplir la barre inférieure de l’écran, le « dock », si celle-ci n’est pas pleine — par exemple, les autres applications de Google (Gmail, Meet, YouTube, etc.).

Android 11 Bêta 1Android 11 Bêta 1
Dans Android 11 Bêta 1, un nouveau lecteur multimédia sous forme de widget est à signaler, ainsi qu’un utilitaire de suggestion d’applications pour le dock. Plusieurs designs d’icônes pour les applications sont aussi au programme.

Android 11 fournira aussi un nouveau menu, atteignable par une pression longue sur le bouton d’alimentation du smartphone. On y trouvera les instructions d’extinction ou de redémarrage de l’appareil, mais aussi les cartes bancaires enregistrées pour le paiement sans contact et certains widgets utiles pour la domotique. Des améliorations sont aussi à noter en matière d’accessibilité.

Ces captures donnent un aperçu vraisemblablement incomplet de ce que recèle la bêta 1 d’Android 11, qui devait faire ses premiers pas il y a un mois, avant que la crise sanitaire n’en décide autrement. D’ailleurs, un nouveau report est à signaler : Google renonce à la date du 3 juin pour communiquer sur cette bêta, du fait des circonstances aux États-Unis avec le décès de George Floyd, tué par un policier.

Tesla en Autopilote : une vidéo d’un choc violent rappelle qu’il faut rester vigilant

La vidéo d'un accident impressionnant, survenu sur une autoroute taïwanaise et impliquant une Model 3, rappelle qu'il faut toujours rester vigilant derrière son volant. Même quand c'est la voiture qui prend l'essentiel de la conduite en charge.

Le propriétaire d’une Tesla a visiblement un peu trop fait confiance à l’Autopilote. Depuis quelques heures, une vidéo virale circule sur internet : elle montre une Model 3 s’encastrer violemment dans un camion renversé sur la route, en tirant tout droit sur une autoroute. L’accident est survenu à Taïwan et, fort heureusement, n’a fait aucun mort.

La séquence est impressionnante : on voit une Model 3 foncer à vive allure vers le camion immobile, qui bloquait le passage. Normalement, le conducteur avait largement le temps de se déporter ou de freiner pour éviter le crash. D’après les premiers résultats de l’enquête, précisés par le média CNA dans un article publié le 1er juin, l’Autopilote était bel et bien activé au moment des faits.

Non, l’Autopilote n’est pas de la conduite autonome

Sur la vidéo, on peut voir de la fumée blanche émaner des roues peu avant le choc. Cela prouve qu’il y a eu une tentative de freinage d’urgence, qu’elle ait été à l’initiative du conducteur ou de la voiture. Dans son témoignage accordé à la police, le propriétaire de la Model 3 a confié qu’il pensait que la voiture, réglée sur la vitesse de 110 km/h, détecterait l’obstacle et freinerait d’elle-même pour l’éviter. On peut dès lors comprendre qu’il a un peu trop misé sur la technologie, sachant qu’il n’était pas sous l’emprise de l’alcool.

Accident Tesla Model 3 et camion // Source : Capture YouTube

Deux choses à retenir de cet accident :

  • La conception de la Model 3 assure une vraie protection en cas d’impact. Au regard de la violence du choc, le fait que le conducteur s’en sorte indemne est miraculeux. Il s’agit d’une preuve que la sécurité est assurément un pilier de Tesla ;
  • L’Autopilote n’est pas infaillible et ne doit pas être considéré comme de la conduite autonome. Cette super aide au pilotage nécessite une vigilance constante, comme le stipule le configurateur des voitures Tesla sur l’onglet dédié à l’option.

Pour la défense du conducteur, clairement en faute dans cette situation, Elon Musk a tendance à un peu trop vanter les bénéfices de l’Autopilote. Encore récemment, il a annoncé que les Tesla pourront devenir des taxis autonomes à la fin de cette année. Cette communication enthousiaste, qui ne tient même pas compte du cadre législatif, sème le trouble dans les esprits. Par le passé, elle a forcé le constructeur à retirer une option beaucoup trop confuse.

Le halo de la Voie lactée serait plus chaud que prévu

Le halo entourant notre galaxie pourrait être plus chaud qu'on le pensait. Une équipe de scientifiques a utilisé l'observatoire XMM-Newton pour étudier cette région, qui fait le lien entre la Voie lactée et l'univers dans lequel elle évolue.

La Voie lactée est entourée d’un halo galactique, probablement constitué d’étoiles, de gaz et de matière noire. Des parties de ce halo pourraient être bien plus chaudes que ce que l’on pensait. Des scientifiques se sont penchés sur la question et ont présenté leurs travaux lors d’un événement en ligne organisé par l’Union américaine d’astronomie du 1er au 3 juin 2020. Une étude avait préalablement été déposée sur la plateforme arXiv.

« Le milieu circumgalactique est le halo de gaz et de poussières multiphase qui entoure le disque stellaire et le milieu interstellaire des galaxies […]. Le milieu circumgalactique joue un rôle important dans l’évolution d’une galaxie », écrivent les auteurs dans cette étude. Les températures extrêmes identifiées dans certaines parties du halo pourraient exister dans le halo entier, soupçonnent ces scientifiques.

Réplique de l’observatoire WMM-Newton. // Source : Wikimedia/CC/Mike Peel (photo recadrée)

Mieux comprendre les caractéristiques du halo galactique permet d’en savoir plus sur la manière dont les galaxies se forment et comment elles évoluent en interagissant avec le milieu circumgalactique. Puisque le halo est en quelque sorte le dernier lien entre une galaxie et l’univers plus large dans lequel elle est intégrée, son étude peut s’avérer utile pour cerner plus précisément les changements connus par la galaxie au cours du temps.

Deux observatoires mobilisés

Pour en savoir plus sur la température de ce halo, les auteurs ont utilisé les données de l’observatoire spatial XMM-Newton, un télescope de l’Agence spatiale européenne (ESA) destiné à l’étude des rayons X mous. L’observatoire était tourné dans une seule direction (vers le blazar 1ES1553+113). Les auteurs ont constaté que le halo était plus chaud qu’attendu dans la zone observée, mais il n’était pas possible d’en déduire si cette chaleur était répandue dans le reste du halo. De plus amples observations, menées à l’aide du télescope spatial à rayons X Suzaku de l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA), dans quatre directions différentes, ont montré que d’autres parties du halo semblaient elles aussi bien plus chaudes.

Qu’en est-il des autres galaxies ? Pourrait-on retrouver des températures similaires dans d’autres halos galactiques ? Pour le savoir, les auteurs se sont intéressés à une autre galaxie, NGC 3221. Leur analyse a montré que le halo de cette galaxie, située à 200 millions d’années-lumière, paraissait aussi chaud que celui de la Voie lactée.

D’autres observations seront nécessaires pour caractériser la température du halo entier qui entoure la Voie lactée. Les scientifiques espèrent que les missions en développement XRISM (un télescope spatial à rayons X mous de la JAXA), ATHENA (un télescope spatial à rayons X, développé par l’ESA et la JAXA) ou encore Lynx (un observatoire de la Nasa) pourront permettre de mieux cerner les liens entre les galaxies et leurs halos.

PeerTube v3 : Framasoft détaille les nouveautés à venir, au-delà des directs en pair-à-pair

Accès libre
image dediée
Streaming

L'un des grands projets de Framasoft pour 2020 est la v3 de PeerTube. Comme prévu, elle apportera le direct et en pair-à-pair, mais aussi d'autres améliorations. L'association dévoile aujourd'hui ses plans, financiers et techniques.

La crise sanitaire, la fermeture des écoles avec la continuité pédagogique et le confinement ont contraint Framasoft à s’adapter et à revoir une bonne partie de ses plans prévus pour l’année 2020. Parmi les changements, le financement de la v3 de PeerTube passant par des dons perlés sur six mois, plutôt qu'une campagne participative.

L’association met aujourd'hui en ligne sa feuille de route pour les six mois à venir avec, comme prévu, quatre paliers correspondant à des domaines spécifiques de PeerTube, pour un total de 60 000 euros à récolter sur six mois.

1er palier (10 000 euros) : index globalisé et paramétrable

La première étape se déroulera en juin et coûtera 10 000 euros. Elle correspond à la mise en place d’un « index globalisé des vidéos, pour faciliter la recherche de contenus au travers de toute la fédération », et non pas dans une instance. 

L’association va donc « créer un serveur indexant la globalité des vidéos et des chaînes de toutes les instances PeerTube qui sont inscrites sur l'annuaire public ». Le code « sera conçu de façon à être facilement reproductible et paramétrable pour que quiconque puisse proposer son propre index, avec ses propres règles d’admissibilité ».

Parmi les possibilités évoquées, Framasoft s’attend à la création d’index répertoriant des vidéos parlant de jeux vidéo ou bien regroupant des contenus dépourvus de contenus pour adultes par exemple. Il est aussi question de « messages d'information [qui] permettront aux administrateurs d'une instance d'afficher une information aux personnes qui la visitent ».

Un « travail de fond » sur l’expérience et l’interface utilisateur sera aussi lancé dès le mois de juin, sans plus de détails. Il se déroulera sur l’ensemble de la période de développement de la v3 : « Nous choisissons de ne rien annoncer de spécifique à ce sujet, pour laisser aux personnes qui vont travailler sur ces points toute la liberté d’améliorer PeerTube de la manière qui leur semblera la plus pertinente ».

2e palier (10 000 euros) : la modération

En juillet, et là encore pour un montant de 10 000 euros « nous allons donc consacrer un mois à développer et améliorer les outils de modération » annonce l'équipe. Pêle-mêle il est question du suivi des signalements, d’un historique de modération, de la modération des commentaires, de rapports de modération liés à un compte, etc.

Framasoft évoque également le retour des actions engagées (ou non) suite à un signalement, la lutte contre les spams, le partage de listes noires d'instances, de comptes, de contenus… « Notre liste est déjà bien remplie et nous la prioriserons en fonction des retours que nous avons reçus ».

3e palier : intégration des listes de lecture et des plugins

En août et septembre, la troisième étape sera un plus gros morceau – pour un coût estimé de 20 000 euros – avec l’amélioration de l’ergonomie et de l’affichage des listes de lecture : « L’objectif est de permettre aux vidéastes d’intégrer des playlists directement dans leurs sites web ainsi que dans leurs fils de médias sociaux ». 

« Nous souhaitons aussi permettre l'affichage de deux extraits d'une même vidéo dans une liste de lecture. Associée à la possibilité d'extraire un bout de vidéo précis dans une liste de lecture, les playlists pourront ainsi devenir des outils de remix très utiles, par exemple pour des usages pédagogiques », ajoute l’association.

Framasoft prévoit également d’« améliorer le système de plugins qui permet d’ajouter une nouvelle fonctionnalité à PeerTube sans toucher au cœur du code », le but étant de faciliter les contributions externes. L’association développera en interne un outil d’annotation de vidéos, qui lui permettra notamment de « mieux comprendre comment faciliter et mettre en valeur le travail des personnes qui contribuent à PeerTube en créant des plugins ».

Une sélection de plugins sera mise en avant sur le site de PeerTube.

4e palier : direct en pair-à-pair, avec un décalage de 30 à 60s

Enfin, la quatrième étape se déroulera sur octobre et novembre, avec la part la plus importante de cette v3 : la diffusion de vidéos en direct et en pair-à-pair. Une fois le live terminé, la vidéo sera « traitée et ajoutée à la chaîne du vidéaste, ce en respectant les impératifs pour que tout soit correctement fédéré ». Une demande récurrente de la communauté.

Un concurrent décentralisé à ce que propose YouTube/Twitch/Facebook, mais avec une intégration « minimaliste » pour le moment. Réaliste, l’association prévient qu'« avec un seul développeur à plein temps sur le projet, nous n’allons pas coder en deux mois le twitch-killer avec tout le fun des insta lives. Si vous vous attendez à des modules de tchat en direct, à des gifs rigolos qui s’animent lorsque Karen42 fait un don ou encore à des cœurs et des pouces qui poppent autour de l’écran, vous allez être très déçu·e⋅s ! ».

Quelques détails techniques : « En utilisant le lecteur vidéo "HLS" [HTTP Live Streaming, ndlr] mis en place depuis la version 1.3 de PeerTube, nous pensons pouvoir réaliser un direct avec un décalage d’une minute (voire 30 secondes dans les situations optimales) entre les vidéastes et les spectatrices ».

Ce décalage permettra de partager le flux entre les appareils qui afficheront le direct. De leur côté, les streameurs devront faire « certains efforts […] comme celui de passer par le logiciel libre OBS pour capter vos flux audio et vidéo ».

 la v3 en novembre, financée sur fonds propres si besoin

La sortie de la v3 de PeerTube est ainsi prévue pour novembre 2020. Vous pouvez suivre l’avancement du financement de ce projet ici.  Framasoft avait déjà annoncé la couleur : « que les dons couvrent le coût de l’étape ou non, nous poursuivrons ce développement… quitte à ce que ce soit sur nos fonds propres (comme nous l’avons fait pour développer la v2) ». 

L’association se porte donc caution, car elle estime que cette v3 de PeerTube est « d’autant plus importante lorsque nous imaginons un monde où l’on doit parfois rester chez soi, diffuser des cours et conférences en live et à distance, ou filmer en direct une manifestation ».  Elle a pour le moment reçu près de 89 000 euros de dons sur les cinq premiers mois de l’année (hors campagne pour PeerTube v3), soit un peu plus qu’en mai 2019.

C'était pourtant une année « record » avec 284 000 euros au total ; Première fois que Framasoft dépassait les 200 000 euros. « les gens [avaient] été généreux » nous expliquait Pouhiou.

Il faudra attendre encore plusieurs mois afin de voir ce qu’il en est pour 2021.

Microsoft retarde la mise à jour de mai 2020 si votre PC n’est pas prêt

La mise à jour du mois de mai 2020 est sortie il y a quelques jours, mais Microsoft peut la retenir pour votre PC si celui-ci n'est pas encore prêt à la recevoir.

Baptisée mise à jour du mois de mai, la toute nouvelle mouture de Windows 10 (qui est numérotée version 2004) aura pour une poignée d’utilisateurs des allures de mise à jour du mois de juin. En effet, Microsoft a dû en retarder la disponibilité dans certains cas, à cause d’une série d’incompatibilités matérielles ou logicielles, dont la description figure dans une page dédiée de l’éditeur américain.

Il est possible de savoir facilement si son poste informatique est concerné ou non par ces difficultés passagères. En ouvrant l’utilitaire de mise à jour Windows Update, un message peut s’afficher pour indiquer un retard dans la sortie de Windows 10 version 2004. Un lien est disponible, qui mène vers le récapitulatif des soucis de compatibilité. Onze soucis sont recensés, dont un est partiellement résolu.

Windows Update mai 2020Windows Update mai 2020
Si votre configuration pose une difficulté, Microsoft retardera la sortie de la mise à jour.

Il est possible de passer outre ce blocage par quelques manipulations et en mobilisant l’assistant de mise à jour de Windows 10. Cependant, on ne saurait trop vous conseiller de vous abstenir si vous n’avez pas un bon bagage informatique vous permettant de retourner en arrière en cas de pépin ou de vous débrouiller en cas d’incident sur votre poste, à cause de cette mise à jour.

Ces incompatibilités peuvent avoir des conséquences très fâcheuses. À titre d’exemple, fin 2018, la mise à jour d’octobre de Windows 10 avait été perturbée par un bug qui avait égaré des fichiers. L’entreprise américaine avait réglé le souci, mais admis que dans quelques cas certains documents ne pourraient pas être récupérés. C’est ce genre d’incident qui incite le groupe à avancer prudemment, aujourd’hui.

Quoi de neuf dans la mise à jour de mai ?

La mise à jour de mai 2020 a été présentée officiellement le 27 mai, date à laquelle elle a commencé à être déployée pour le grand public.

Elle inclut des améliorations pour l’usage du Bluetooth (configuration et appairage), une meilleure prise en charge des smartphones avec Android sur l’application Votre Téléphone, la deuxième version du sous-système Linux dans Windows 10, des smileys japonais en plus (les kaomojis), l’arrivée de DirectX 12 Ultimate, l’usage de Windows Hello sans utiliser de mot de passe ou encore une meilleure accessibilité.

Microsoft annonce aussi des améliorations techniques pour son navigateur web Edge, avec une gestion plus fine de la mémoire vive, des modifications pour l’assistant virtuel Cortana, avec la possibilité d’interagir avec par écrit en langage naturel (le français n’est pas encore pris en charge), la faculté de renommer des bureaux virtuels et une meilleure synergie entre la recherche de Windows 10 et l’explorateur de fichiers.

Sony, Google et EA annulent leurs conférences : « des voix plus importantes ont besoin d’être entendues »

Plusieurs multinationales ont décidé de revoir leur plan de communication en raison de la haine raciale qui sévit aux États-Unis.

Depuis quelques jours, le monde suit de près les événements tragiques qui émaillent les États-Unis : la mort de George Floyd, tué par un policier, a malheureusement remis en lumière le racisme systémique qui sévit dans le pays. La colère exprimée par les manifestants a entraîné une vague de violence policière dans certaines villes du pays et plusieurs voix s’élèvent pour les dénoncer et faire valoir les droits des Noirs américains. Le tout, dans un contexte ou le président américain lui-même attise les braises.

Dans cette situation, des multinationales ont décidé d’annuler des événements qui auraient dû avoir lieu cette semaine. C’est par exemple le cas de Sony, qui préfère décaler sa conférence centrée sur les jeux PS5 jusqu’à nouvel ordre. Elle était initialement prévue pour ce jeudi 4 juin, à 22h, heure française.

PS5 // Source : Sony

Sony, Google et EA repoussent leurs événements

« Bien que nous comprenions que vous êtes impatients de voir les jeux PS5, nous pensons que ce n’est pas le bon moment pour ça. Pour l’instant, nous prenons du recul pour permettre à des voix plus importantes d’être entendues », justifie Sony dans un tweet publié le 1er juin. La firme nippone considère que les gens ont, à juste titre, autre chose à penser et que le jeu vidéo est loin d’être essentiel en ces temps troubles. Elle a raison, même si le retard va compliquer un peu plus sa communication autour de la PS5, pas aidée par la crise du coronavirus. 

Sony n’est pas le seul acteur du marché du jeu vidéo à avoir pris cette décision. Dans un tweet diffusé le 31 mai, Electronic Arts a annoncé le report d’une présentation dédiée à Madden NFL 21 — simulation de football américain. «  Nous trouverons un autre moment pour parler de football avec vous. Car c’est plus important qu’un match, que le sport, et que cela nécessite qu’on reste tous ensemble pour changer », révèle l’entreprise. 

We are excited to tell you more about Android 11, but now is not the time to celebrate. We are postponing the June 3rd event and beta release. We'll be back with more on Android 11, soon.

— Android Developers (@AndroidDev) May 30, 2020

Google, de son côté, a dégainé très vite sa communication en repoussant sa conférence articulée autour de son système d’exploitation Android 11. « Nous serons de retour avec plus d’informations sur Android 11 très bientôt », indique la firme de Mountain View. La date de l’événement était fixée au 3 juin.

Faut-il s'inquiéter de la sécurité de StopCovid ?

Autour des nombreux questionnements autour de l'application française de contact tracing StopCovid, la sécurité apparaît comme un des pans les plus solides du projet.

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Développement accéléré, gestion du projet critiquée, controverses sur des choix techniques… De nombreux éléments ont engendré une véritable inquiétude autour de la sécurité de StopCovid. Mais l’équipe du projet, menée par des chercheurs de l’Inria, est parvenue à offrir de nombreuses garanties, contrôlées par plusieurs experts français. Résultat : l’application qui sort à midi ce mardi 2 juin aura un niveau de sécurité plus que satisfaisant.

L’imprécision du Bluetooth est un des principaux problèmes de l’app. // Source : Louise Audry pour Numerama

Reste que le risque zéro n’existe pas en cybersécurité, et qu’il existe donc des scénarios d’attaque contre l’app. Mais ils requièrent soit une force de frappe et des compétences techniques de très haut niveau, soit des manœuvres d’espionnage avancées. Sauf que même dans le cas où un scénario catastrophe se réaliserait, les dégâts seraient limités pour les utilisateurs, puisque StopCovid ne récolte que le strict minimum de données nécessaire à son fonctionnement.

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Si la sécurité de StopCovid est satisfaisante, elle ne balaie pas les doutes sur son efficacité et son usage, alimentés par des questions à la fois techniques et éthiques.

Peu de données exposées sur StopCovid

Pour évaluer le risque, il faut savoir quelles données sont exposées dans l’application :

  • Un identifiant unique, attribué à chaque utilisateur par un serveur central contrôlé par l’État, qui est lié à l’adresse IP du smartphone. Cet identifiant est protégé par un algorithme de chiffrement, qui lui donne une autre apparence (un ensemble de chiffres et de lettres) à intervalles réguliers. Les smartphones disposant de StopCovid vont s’échanger les identifiants chiffrés, qui seront eux-mêmes conservés pendant une durée limitée après avoir été remontés au serveur central. Seul le serveur central dispose de la clé de déchiffrement.
  • Le contrôle positif à StopCovid. Après avoir été testées positives, les personnes atteintes de Covid-19 recevront un code à entrer dans l’app. Il existe un chemin pour remonter à l’identité des personnes malades, mais il est protégé par de très nombreuses couches de sécurité. C’est la donnée qui pourrait attirer la convoitise : des personnes malintentionnées pourraient s’en servir pour faire du chantage par exemple.
  • Un historique des interactions entre les téléphones, et donc entre les personnes, gardé pendant une durée limitée. Un groupe de hacker qui aurait réalisé la prouesse de casser le chiffrement pourrait créer des cartes d’interactions, qui lui permettrait d’identifier certaines personnes.

Et c’est tout. StopCovid ne récolte pas de données personnelles ni de données de géolocalisation. Résultat : même si des hackers parvenaient à compromettre l’application, ils n’auraient pas directement accès à l’identité des utilisateurs. Il leur faudrait encore faire des efforts supplémentaires, recouper avec toutes sortes de données pour lier une identité (et un éventuel statut positif à la Covid-19) à une personne.

En plus d’être compliquée à lancer, la cyberattaque ne mènerait donc qu’à peu d’informations. Il existe des milliers d’applications bien moins sécurisés, qui exposent bien plus de données, si les hackers ne veulent pas se compliquer la tâche.

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La sécurité de StopCovid a été amplement testée

Malgré son développement rapide, StopCovid est passé par toutes les étapes d’un processus de sécurisation.

StopCovid a une sécurité imparfaite, mais suffisante

Les critiques les plus pointus pourront tout de même questionner le choix français d’une approche centralisée pour StopCovid : il suffit aux hackers de compromettre un seul serveur central, contrôlé par l’État, pour compromettre l’application. Cette particularité nécessite aussi d’accorder une certaine confiance à l’administration et aux fonctionnaires garants des serveurs.

Quoiqu’il en soit, le gouvernement a avancé suffisamment de garanties pour que la sécurité ne soit pas un élément discriminant du choix de l’installation de StopCovid. C’est le point défendu par SaxX. L’application protège correctement l’utilisateur, mais il ne l’installera pas pour d’autres raisons.

Crédit photo de la une : Louis Audry pour Numerama

À propos d'ExpressVPN

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#LeBrief : StopCovid à midi, iOS 13.5.1, Linux 5.7, tourmente interne chez Facebook

C'est l'heure de #LeBrief, notre bilan de l'actualité dans le domaine des nouvelles technologies. Il contient toutes les informations qu'il ne faut pas manquer pour bien commencer la journée. Il est diffusé en accès libre.


C’est aujourd’hui, 2 juin à midi, que l’application de suivi de contacts sera disponible sur Android et iOS. Le principe ? « Prévenir les personnes qui ont été à proximité d’une personne testée positive, afin que celles-ci puissent être prises en charge le plus tôt possible », explique le secrétariat d’État au Numérique.

Dans un arrêté publié au Journal officiel, Bercy et le ministère de la Santé ont quantifié les critères de distance et de durée du contact : ce sont ceux permettant de considérer que « deux téléphones mobiles se trouvent, au regard du risque de contamination par le virus du covid-19, à une proximité suffisante l'un de l'autre ». 

À savoir, un « contact à moins d'un mètre pendant au moins 15 minutes entre les utilisateurs de l'application ». Cela supposera donc que l’un et l’autre disposent d’une application installée et active, la solution (gratuite et reposant sur le Bluetooth) étant tributaire du consentement.

Dans un décret publié le 30 mai, les mêmes services ont encadré le traitement de données derrière l’app. On retrouve les quatre finalités précédemment auscultées par la CNIL :

  • Informer les personnes utilisatrices de l'application qu'il existe un risque qu'elles aient été contaminées par le virus du covid-19
  • Sensibiliser les personnes utilisatrices de l'application sur les symptômes de ce virus, les gestes barrières et la conduite à adopter pour lutter contre sa propagation 
  • Recommander aux contacts à risque de contamination de s'orienter vers les acteurs de santé 
  • Adapter, le cas échéant, la définition des paramètres de l'application permettant d'identifier les contacts à risque de contamination grâce à l'utilisation de données statistiques anonymes au niveau national

Dans ce texte, le gouvernement s’est par ailleurs engagé à rendre public le code source mis en œuvre.  Les périodes d'exposition des utilisateurs à des personnes diagnostiquées ou dépistées positives au virus du covid-19 sont stockées sur un serveur central. 

« Ces données sont collectées et enregistrées par l'application sur le téléphone mobile de l'utilisateur et stockées sur le serveur central en cas de partage par l'utilisateur de l'historique de proximité des contacts à risque de contamination par le virus du Covid-19 » 

Le traitement est mis en œuvre pour une durée maximale de six mois après la cessation de l'état d'urgence sanitaire. Un rapport public sur le fonctionnement de StopCovid sera ensuite publié, dans les trente jours suivant ce terme et au plus tard le 30 janvier 2021.


Après Google qui a décidé de repousser sa conférence de lancement de la bêta d’Android 11, c’est au tour du constructeur japonais de faire de même avec les annonces autour de sa prochaine console de salon.

Les raisons avancées par le fabricant sont les mêmes : « nous pensons que ce n’est pas le moment des festivités, nous voulons prendre du recul et permettre à des voix plus importantes d'être entendues ». Aucune nouvelle date n’est annoncée.

Même si ce n’est pas précisé, on comprend qu’il s’agit de la suite des scènes de protestation et de violence dans plusieurs villes des États-Unis. 

PlayStation 5 : Sony repousse à son tour ses annonces

Il mesure pour rappel 500 mètres de diamètre et il est installé à Guizhou en Chine. Sa construction s’est achevée en juillet 2016, il a été mis en service en septembre de la même année. Il a par contre fallu attendre début 2020 pour qu’il soit pleinement opérationnel.

Comme le rapporte Engadget, FAST se prépare désormais à chercher des traces de vie extraterrestre, à partir de septembre. Selon le responsable scientifique Zhang Tongjie, cela ne devrait pas interférer avec les autres missions du télescope.

Bien  qu’il y ait « de potentiels signaux extraterrestres intéressants », il ne pense pas qu’ils proviennent d’une vie intelligente. Il s’agit généralement de pulsars ou de « sursauts radio rapides ».

Le télescope géant FAST va chercher des traces de vies extraterrestres

Après les échanges houleux de ce week-end, Octave Klaba a joué l'apaisement. Dans une série de tweets, il est revenu sur les explications qui lui ont été données, notamment sur le fait qu'aux débuts du projet en 2018, il n'était pas certifié pour l'hébergement de données de santé pour des services bare metal exploitant le GPU. Ce qui est le cas depuis 2019.

En fin d'année dernière, 18 services manquants auraient été identifiés. « J’ai eu un engagement que cette liste sera publiée prochainement et dispo à tous » précise-t-il, regrettant le manque de transparence du projet.

Notamment « l'absence du cahier de charge avec toute la liste de service tech qui sont nécessaires au projet. Il n’y a pas qu’OVHcloud sur le marché ! ». La volonté d'une approche « multi-cloud » plutôt que concentrée autour d'un acteur unique, partagée par Scaleway.

C'était le sens de l'intervention de Yann Lechelle dimanche, renforcée par Arnaud de Bermingham hier. Pour lui, il faut aboutir à « un modèle complet, innovant et ouvert », et si « personne ne sait répondre à tout avec tous les enjeux. La clef est le multi-cloud, souverain, [...] k8s élargi à tous les étages. Pas la vision “le cloud européen, c’est moi” ».

« Pour moi, le cloud du futur c’est un écosystème composé de centaines d'hyper-spécialistes. Nos clients font des choses incroyablement pointues. La vision monolithe oligarchique et monopolistique, et horriblement cher ne va durer qu’un temps » conclue-t-il. 


La date était connue depuis début février, mais quelques ajustements ont dû être faits.

« On n'a pas ouvert la phase de tests au public car avec l'arrêt des tournages, des post-productions et la suspension des doublages pour les programmes étrangers, nous n'étions plus en mesure de proposer dès le 3 juin l'offre riche et diversifiée attendue », indique Thomas Follin (directeur général de Salto) à l’AFP 

La plateforme de streaming confirme par contre être « dans les startings-blocks pour le lancement de l'automne ». Le prix de l’abonnement reste encore à fixer, mais il sera entre 5 et 10 euros.

Salto (France Télévisions, TF1 et M6) commencera ses tests demain

C’est la drôle d’histoire racontée par Ice universe sur Twitter. Le souci a depuis été confirmé par plusieurs de nos confrères qui ont tenté l’expérience, notamment 9to5Google

Une fois l'image mise en place, l’écran du smartphone passe son temps à s’allumer et s’éteindre. Tous les téléphones ne sont pas concernés.

Comme le rapportent nos confrères, le problème viendrait du traitement des couleurs. L’image serait avec un espace colorimétrique en RGB alors qu’Android utilise principalement le sRGB. Android 11 ne semble pas affecté car il convertit automatiquement les images dans un espace colorimétrique supporté.

Si vous êtes touchés, vous pouvez démarrer en mode sans échec et supprimer l’image de votre smartphone… ou passer par la case restauration des paramètres d‘usine. 

Quand un fond d’écran fait planter des smartphones Android

Le Code pénal en son article 227‑24 sanctionne de 3 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende le fait de fabriquer, transporter, diffuser « un message à caractère violent, incitant au terrorisme, pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine ou à inciter des mineurs à se livrer à des jeux les mettant physiquement en danger »

Pour que l’infraction soit constituée, il suffit que ce message soit simplement « susceptible d'être vu ou perçu par un mineur ». Dans la loi contre la haine en ligne, de la députée LREM Laetitia Avia, il est prévu que les plateformes et moteurs devront supprimer en 24 h ces contenus pornographiques, ceux donc « susceptibles d'être vus ou perçus par un mineur ». Le texte est actuellement examiné au Conseil constitutionnel. 

Désormais en séance le 9 juin au Sénat, la proposition de loi contre les violences conjugales, portée par la députée LREM Bérangère Couillard, prévoit que ces infractions seront constituées « y compris si l’accès d’un mineur aux messages mentionnés au premier alinéa résulte d’une simple déclaration de celui-ci indiquant qu’il est âgé d’au moins dix-huit ans. »

L’idée ? Faire condamner tous les sites, notamment pornographiques, qui se limiteraient à apposer un message d’avertissement, où l’internaute affirme être majeur. 

En creux, la disposition inscrite à l’article 11 de la proposition offre un pont d’or aux services payants comme ceux de Dorcel ou encore Jacquie et Michel, tout en plaçant les « YouPorn-Like » dans une situation à haut risque. 

« Il n’est pas erroné de parler dorénavant de « génération Youporn », car les adolescents de la décennie 2010 ont découvert la sexualité avec un accès illimité et gratuit à ces vidéos pornographiques » écrit Bérangère Couillard dans son rapport en commission des lois. « Les conséquences sur les pratiques sexuelles considérées comme normales, sur les rapports entre les femmes et les hommes, sur la notion de consentement, ont forcément été nombreuses ». 

La proposition de loi Couillard se garde bien de préciser quels seront à l’avenir les moyens efficaces pour contrôler l’âge de l’internaute. La problématique est gérée par une pirouette : « Il revient aux éditeurs de sites de s’assurer que leurs contenus ne sont pas susceptibles d’être consultés par des mineurs. La liberté des moyens leur est laissée pour ce faire, sans résultat concret cependant depuis 2006 ».

En somme, libre à chaque éditeur de plateforme pornographique de trouver une solution pour à la fois dépasser la simple vérification d’âge par déclaration, tout en n’étant plus accessibles aux mineurs. Bon courage. 


Les trois systèmes ont été mis à jour hier soir pour éradiquer plusieurs vulnérabilités. Elles ne s’occupent que de ça et n’ont d’ailleurs pas fait l’objet d'une phase bêta.

Selon l’appareil, iOS 13.5.1 ne pèse que 60 à 80 Mo. Comme toutes les mises à jour de sécurité, il est recommandé bien sûr de les installer rapidement. 

Dans le cas cependant d’iOS, il y a une mauvaise nouvelle associée, du moins pour une partie des utilisateurs : le jailbreak unc0ver pour la version 13.5 ne fonctionne plus. Même si Apple ne détaille pas les failles corrigées, on sait donc au moins que celle autorisant ce jailbreak, située dans le noyau, a été bouchée.

Notez que macOS a droit aussi à une mise à jour de sécurité, mais sans changement de version. Le système prévient simplement de la présence d’une « mise à jour supplémentaire de macOS Catalina 10.15.5 », pesant quand même 1,6 Go environ.

Enfin, Apple a lâché hier soir les premières bêtas des versions suivantes de ses systèmes, notamment iOS 13.5.5 et macOS 10.15.6. On ne connaît pas encore leurs nouveautés. Au vu de la nomenclature, les améliorations sont très probablement mineures.

iOS 13.5.1, tvOS 13.4.6 et watchOS 6.2.6 disponibles, fin du jailbreak unc0ver

Pour rappel, il est proposé à 39,99 euros par mois, avec un engagement de deux ans, mais uniquement pour les clients éligibles à la fibre. Cette offre vous permet d’acheter une télévision Samsung de 43", 55", ou 65" à tarif réduit, pour respectivement 49, 199 et 349 euros.

Nous l’avons ajouté à notre comparateur Les Offres Internet. SFR proposera lui aussi une télévision Samsung à tarif réduit la semaine prochaine (mardi 9 juin), mais les détails de cette offre manquent cruellement à l'heure actuelle.

L’abonnement Bbox Smart TV de Bouygues Telecom est disponible

La startup américaine est accusée par l’organisation d’avoir collecté des milliards de visages à partir des sources ouvertes sur le Web, dont les réseaux sociaux.

Elle a utilisé tout ce qui lui passait par la main, estime l’American Civil Liberties Union, « des selfies occasionnels aux photos de fêtes d'anniversaire, de diplômes universitaires, de mariages, et bien plus encore ».

La base de données, fruit de ce chalutage, est proposée aux autorités, aux agences fédérales, à la police et possiblement à des entités privées, qui peuvent alors utiliser au besoin un système de reconnaissance faciale. 

La procédure a été lancée avec la Chicago Alliance Against Sexual Exploitation, le Sex Workers Outreach Project Chicago, l’Illinois State Public Interest Research Group et Mujeres Latinas en Acción. Elle s’appuie sur le Biometric Information Privacy Act (BIPA) qui exige information et consentement préalables à de tels traitements.

Les requérants réclament la suppression de l’ensemble des données biométriques collectées et stockées en contradiction avec cette loi ou encore l’information des personnes concernées par cette base de données.

Cette technologie de reconnaissance faciale « offre une capacité de surveillance qui ne ressemble à aucune autre. Il est dangereusement facile de nous identifier, de nous suivre lors de manifestations, de réunions, de rassemblements politiques ou religieux » écrit l’ACLU. 

En créant une telle base de données à l’insu des individus, « Clearview a créé un scénario cauchemardesque que nous craignions depuis longtemps (…) Ni le gouvernement des États-Unis ni aucune entreprise américaine ne sont connus pour avoir compilé un aussi grand nombre de données biométriques ».

Si Clearview est légitimée dans son action, l’ACLU prédit la fin de l’anonymat et de la vie privée. « Les gens peuvent changer leurs noms et adresses (…) mais ils ne peuvent pas changer de visage ».


C'est donc en partenariat avec la filiale de Bouygues, pour une durée de quatre ans, que le géant espagnol du sport débarque chez nous. À la manière de ce qui avait été fait avec Mediawan pour Auto-Moto

Dans un communiqué, les deux entreprises détaillent le dispositif. Il s'articule autour d'une licence de marque, de moyens éditoriaux et de production et de « talents », Mediapro apportant ses droits acquis (voir ici et ). Alors que RMC Sport News ferme, la chaîne Téléfoot voit le jour, consacrée uniquement au ballon rond.

Elle « proposera en direct et en exclusivité l’essentiel et le meilleur de la Ligue 1 : plus de 80% des matchs, dont les dix plus grandes affiches et le match du dimanche soir, une offre magazine étoffée et unique, en semaine et le week-end, incluant le grand magazine du dimanche soir et l’éclairage des plus grands experts » précise le communiqué.

Elle diffusera également « huit rencontres par journée de Ligue 2 ». Les détails quant à la distribution et commercialisation de cette chaîne ou son tarif n'ont pas été dévoilés.

Aux dernières nouvelles, elle était attendue le 25 juillet pour un tarif aux alentours de 25 euros par mois.

Mediapro s'associe avec TF1 en France et crée la chaîne Téléfoot

La nouvelle version du noyau est disponible depuis ce week-end. À son bord, une longue liste d’améliorations, tout particulièrement sur la gestion du matériel.

On y retrouve, pêlemêle, l’activation du support pour la partie graphique des puces Intel Tiger Lake « Gen12 », une prise en charge améliorée de la partie graphique Renoir des Ryzen 4000, le support de l’USB Fast Charge d’Apple ou encore du Snapdragon 865.

Parmi les autres nouveautés, signalons un changement important pour le pilote ExFAT. Depuis que les spécifications étaient devenues publiques, un pilote était présent dans le noyau Linux. Il est remplacé par celui développé par Samsung, jugé meilleur.

On note également le support de la compression Zstd pour le système de fichier F2FS, différentes améliorations de performances (/dev/random et SELinux notamment) ou encore une meilleure détection des processus pouvant poser problème par leur consommation des ressources.

Comme toujours avec les noyaux Linux, les sources sont disponibles sur le site officiel. L’installation réelle dans une distribution peut prendre cependant du temps. La majorité des distributions préfèrent rester sur une branche spécifique du noyau et la maintenir, gardant les nouveaux pour les prochaines versions. 

Le noyau Linux 5.7 disponible, encore une foule d’améliorations

Avant d’entrer dans le vif du sujet, le géant de la recherche explique avoir remarqué une augmentation significative des demandes sur les insomnies et les difficultés à s’endormir en avril et mai, en pleine période de confinement.

Depuis 2018, Google propose une application pour tenter d’améliorer son « bien-être numérique », notamment avec la fonctionnalité « Wind Down » qui doit encourager à aller dormir. Elle s’appelle désormais Bedtime, ou « mode Coucher » en français.

Plusieurs nouveautés sont de la partie, permettant par exemple de l’activer automatiquement avec une programmation quotidienne ou lorsque votre téléphone est en charge à l'heure du coucher.

Vous pouvez suspendre ce mode si vous avez besoin de plus de temps avant d'aller dormir ou le désactiver d’une « pression du doigt dans la fenêtre de configuration rapide ».

Dans l’application Horloge, un nouvel onglet Bedtime permet de caler les heures de coucher/réveil sur votre rythme biologique. Un quart d’heure avant de sonner, l’écran du téléphone peut commencer par s’allumer. Les Pixel peuvent profiter de cette fonctionnalité dès maintenant, les autres smartphones durant l’été.

Pour le reste, il est aussi question de rappel de l’heure du coucher dans l’application YouTube. Dans Family Link (contrôle parental) vous pouvez définir des heures où le smartphone est bloqué, sauf pour les appels en cas de problème. 


Comme prévu, après environ trois semaines de phase alpha pour collecter des retours sur les principaux bugs (179 éliminés), la bêta publique est lancée.

Les nouveautés de LibreOffice 7.0 sont très nombreuses, réparties entre toutes les applications. Mais les apports fonctionnels ne doivent pas masquer un important effort technique sous-jacent, justifiant à lui seul le passage à une nouvelle version majeure.

Le plus gros changement est sans conteste le remplacement de Cairo par Skia pour le rendu graphique (vectoriel). Skia est une bibliothèque open source de Google, considérée comme plus moderne et mieux maintenue. Elle permet notamment de déporter des calculs vers le GPU via Vulkan, entrainant une hausse visible des performances, par exemple dans le défilement du contenu.

Les développeurs ont également continué le ménage dans le code, supprimant les dernières traces de GTK2. Le passage à Qt5 permet enfin un premier support du HiDPI. La compilation du code se fait en outre désormais via LLVM Clang. Sous Windows, Clang est même désormais obligatoire pour ceux souhaitant compiler eux-mêmes le code.

La phase bêta durera environ deux mois. Comme pour l’alpha, la bêta de LibreOffice 7.0 s’installe séparément et n’empiète donc pas sur la branche stable.

LibreOffice 7.0 : la bêta est là

« Les abonnés à Canal+ et BeIN Sports se sont vus privés des matches de Ligue 1 et de Ligue 2, qui auraient dû être diffusés entre le 14 mars et la fin du mois de mai, sans qu’aucune compensation financière ne leur soit proposée ». 

Voilà la mèche qui a allumé une nouvelle action collective lancée par le site V pour Verdict

 « Les diffuseurs ont refusé dans un premier temps de solder les droits TV avant de négocier récemment leur montant fortement à la baisse. D’un autre côté, ils n’ont toujours pas accordé de remise ou avoir à leurs abonnés ».

L’initiative réclame le remboursement des abonnements de mars, avril et mai « puisque les programmes en considération desquels ils avaient contracté, ont été supprimés ».

En cas de victoire, les participants peuvent choisir de conserver la somme récupérée, « soit d’en faire don au club de Ligue 1 ou de Ligue 2 de leurs choix ».

L’action collective est portée par les cabinets Active Avocats à Lyon et Artemia à Paris.

Chaînes de sports sans match L1 ou L2 : action collective contre Canal+ et BeIN Sports

Rébellion au sein du réseau social, ou « plusieurs milliers » d’employés réclameraient de leur direction qu’elle prenne des mesures équivalentes à Twitter sur les publications enflammées de Donald Trump.

Pour rappel, Twitter s’est fait remarquer à deux reprises contre le président américain récemment. Une première fois, pour avoir pointé sur deux tweets qu’il était préférable de contrôler les sources de ces déclarations, suggérant des « fake news ». Hurlements de Trump, qui a crié à l’ingérence dans la campagne présidentielle et promet la fin de l’immunité des plateformes par décret.

La seconde fois, Trump s’en est pris aux « racailles » de Minneapolis, la ville connaissant de nombreux évènements violents depuis la mort de George Floyd. Il prévenait que des tirs allaient suivre, critiquait le manque de fermeté du maire et rugissait sur la nécessaire répression.

Cette fois, le tweet a été masqué pour « apologie de la violence ». Il fallait donc cliquer dessus pour l’afficher, coupant du même coup les capacités de réponse, like et retweet. Nouvelle explosion de colère.

Mais le réseau social en est ressorti « grandi » par une réputation nouvelle d’absence de favoritisme. Les tweets ne seront pas supprimés, Twitter ayant copieusement expliqué par le passé que les messages de personnalités publiques doivent rester, de par leur position unique et leur caractère informatif primordial. Mais que cela n’empêche pas la modération.

Face à Twitter, Facebook fait grise mine. Mark Zuckerberg a expliqué en effet qu’en dépit d’une « réaction [personnelle] viscéralement négative à ce genre de rhétorique incendiaire qui divise », il n’appartenait pas à Facebook d’être « l'arbitre de la vérité de tout ce que disent les gens en ligne ».

Position difficile à tenir après avoir longtemps claironné que la lutte contre les fake news et les différentes apologies étaient une priorité. En interne, les explications du fondateur et PDG passent mal.

Ryan Freitas, directeur du design des produits chez Facebook, en a annoncé la couleur hier sur Twitter : « Mark a tort, et j’insisterai le plus lourdement possible pour le faire changer d’avis ». Il aurait rassemblé une « cinquantaine de personnes » partageant cette opinion afin de militer pour une sérieuse révision de la politique maison.

Selon Reuters, des milliers d’employés se prépareraient à manifester aujourd’hui, un porte-parole de Facebook ayant même confirmé que cette journée ne serait pas décomptée des vacances. 

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