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Pourquoi tout le monde veut viser la Lune?

Les planètes sont alignées pour un retour en force de notre satellite.

Temps de lecture: 7 min

Cet article est publié en partenariat avec l'hebdomadaire Stylist, distribué gratuitement à Paris et dans une dizaine de grandes villes de France. Pour accéder à l'intégralité du numéro en ligne, c'est par ici.

Vous faisiez quoi le 21 janvier de 3h30 à 6h? Pas la peine de checker votre Google Agenda. On sait très bien où vous étiez. En pyjama, les yeux collés entre eux et à la fenêtre de votre chambre, en train d’essayer d’apercevoir l’éclipse totale de Lune.

À Paris, pas de bol, non seulement vous n’aviez alors eu droit qu’à quelque trente minutes de soleil depuis le début de l’année, mais en plus, le brouillard vous a fait confondre l’éclipse avec le lampadaire du bout de la rue.

En quelques années, la Lune est passée d’un astre un peu poussiéreux sur lequel nos grands-parents s’extasiaient –ils venaient d’avoir la télé quand on lui a marché dessus– à une icône qu’il faut suivre de près. On vous explique pourquoi tout le monde s’est mis à faire comme Amel Bent: viser la Lune sans avoir peur.

Course à l’espace

On a longtemps eu l’impression qu’on avait tout vu d’elle. Qu’après le passage de ceux qui l’avaient foulée entre 1969 et 1972, laissant derrière eux un bordel sans nom (des sondes, une photo de famille, une plaque commémorative, mais aussi deux balles de golf, un javelot, une paire de tongs et des sacs à vomi), elle n’avait plus grand-chose à nous apprendre.

Buzz Aldrin et le drapeau américain sur la surface de la Lune pendant la mission Apollo 11, le 20 juillet 1969 | NASA / AFP

Clairement, depuis la fin du programme Apollo, la Lune a connu une chute de hype aussi bien auprès du grand public que des grandes puissances. «Dans les années 1960, la Lune était l’objectif numéro 1 de la course à l’espace, explique Olivier Sanguy, médiateur de la Cité de l’espace. Après le succès des missions Apollo, une fois que les États-Unis avaient gagné par K.O., les budgets se sont effondrés. La course à l’espace est tributaire du bon vouloir des dirigeants. Or ils ne voient pas toujours l’intérêt de financer des missions qui, potentiellement, ne seront pas réalisables durant leur mandat.»

Alors que l’on fête cette année les cinquante ans de la mission Apollo 11 et que Buzz Aldrin a pris un sacré coup de vieux, la Lune semble pourtant en train de redevenir un objet de convoitise.

Début 2019, la Chine a réalisé un alunissage réussi sur sa face cachée. Israël, avec l’organisation SpaceIL, a envoyé en février son engin spatial Beresheet, pour mesurer le champ magnétique lunaire en emportant une petite capsule temporelle. L’Inde s’apprête à lancer Chandrayaan-2, sa sonde spatiale lunaire.

Trump est lui tout à fait décidé à «Make the Moon Great Again» avec sa «Space Force», ordonnant par décret à la Nasa de relancer les vols habités vers la Lune, afin d’en faire une base arrière de Mars (Sky is the limit). Quant au Japon, il prévoit d’y envoyer un engin en 2021 pour étudier un sol volcanique.

«De nos jours, l’hypothèse la plus communément admise est qu’un astéroïde de la taille de Mars a percuté la Terre il y a des milliards d’années, avance Olivier Sanguy. Un morceau de celle-ci se serait décroché et il aurait formé la Lune, qui est alors comme un échantillon de la Terre que l’on aurait mis au frigo. La Lune a donc un véritable intérêt scientifique: plus on l’étudie, plus on comprend notre planète et notre système solaire.»

«La Lune est le 8e continent de la Terre à explorer et à utiliser, poursuit Bernard Foing, directeur du groupe international d’exploration lunaire au Centre de recherche et technologie (Estec) de l’Agence spatiale européenne. D’ici à 2030, on peut s’attendre à la création d’une véritable base lunaire durable. D’ici à 2039, on peut espérer cent habitants sur la Lune, et peut-être y voir naître le premier bébé.»

Moonwalk of fame

D’ici à ce que l’on soit en mesure d’aller coloniser une autre dimension, le premier touriste lunaire qui ira faire un selfie sur un cratère sombre s’appelle Yusaku Maezawa. Ce milliardaire japonais devrait survoler la Lune dans la Big Falcon Rocket de SpaceX, d’ici 2023.

Yusaku Maezawa au siège de SpaceX à Hawthorne, en Californie, le 17 septembre 2018 | David McNew / AFP

Alors que l’horizon d’une balade sur la Lune se rapproche de plus en plus, des sociétés privées veulent leur part de l’exploration lunaire, comme Blue Origin de Jeff Bezos, SpaceX ou Astrobotic. Ici, pas question de planter son drapeau, mais bien un véritable marché, rendant l’espoir d’un tourisme lunaire de plus en plus plausible.

Des projets qui n’ont fait qu’attiser un peu plus l’intérêt du grand public, pour qui la Lune n’est plus la frontière ultime et inatteignable. «Il y a dix ans à peine, on disait dans les médias qu’un sujet sur la conquête spatiale était le meilleur moyen de planter un audimat, ironise Olivier Sanguy. Mais les choses ont changé. D’une part, parce que les enfants qui ont rêvé devant les images des missions Apollo sont les adultes d’aujourd’hui. Jeff Bezos, par exemple, est avant tout un ingénieur marqué par les premiers pas de l’homme sur la Lune et qui investit aujourd’hui ses propres fonds dans Blue Origin. D’autre part, parce que la communication de la Nasa ou d’un Thomas Pesquet a rendu ces sujets plus accessibles, plus concernants.»

Résultat, en janvier dernier, Arte consacre à la Lune une série thématique, Winter of Moon. Au même moment, le centre Pompidou ouvre sa programmation 2019 avec Hors Pistes, un festival sur la Lune, sujet scientifique et imaginaire. Et à partir du 3 avril prochain, le Grand Palais proposera une exposition intitulée «La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires», rappelant le pouvoir de fascination de cet astre sur les êtres humains.

Un pouvoir de fascination qui en fait un véritable objet de self care, dans une époque que le site américain Well+Good qualifie «d’ère du tout lunaire», inspirant notamment l’industrie cosmétique. Organic Pharmacy lançait l’an dernier son programme de soin detox Lunar Cleanse, Fig+Yarrow propose un Moon mist à vaporiser sur son oreiller. Et des firmes comme Weleda se réfèrent même au Calendrier des semis biodynamiques de Maria Thun, première chercheuse à avoir publié un calendrier précisant les jours favorables aux cultures en fonction des cycles de lune.

Par cycles, comme à l’époque du New Age mais aussi cinquante ans plus tard, la Lune devient la nouvelle star du développement personnel. Un peu partout dans le monde, vous trouverez des centres où réénergiser votre corps lors d’un bain sonore de la nouvelle lune (notamment au centre Élément, à Paris), des cérémonies de nouvelle lune pendant lesquelles poser vos intentions, des séances d’astro-yoga comme au centre de yoga Le Tigre, dans le Marais.

Des pratiques parfois ancestrales qui retrouvent un véritable succès aujourd’hui, comme en témoigne notamment celui du dernier livre de Ruby Warrington, Material Girl, Mystical World, adapté en français à l’automne dernier chez Marabout. Aux États-Unis, l’auteure a même lancé son Moon Club, un groupe de coaching aligné sur les cycles lunaires.

Femmes qui courent avec les loups

Ce grand retour en force de la Lune serait-il un simple hasard astrologique? Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y a pas que dans la conquête spatiale qu’elle redevient un enjeu de pouvoir. C’est le cas aussi chez les femmes qui, grâce à la Lune, se réapproprient leur nature cyclique.

Pour les masculinistes du fond de la salle, non, ce n'est pas pour se dédouaner de faire chier à intervalles réguliers, mais surtout pour respecter un calendrier qui leur est propre –pas celui de l’urgence et du patriarcat.

«Dans la mythologie, la Lune et la femme ont toujours été intimement liées, explique Camille Sfez, psychologue et autrice de La puissance du féminin. Dans les civilisations très anciennes, par exemple les Sumériens, les déesses étaient avant tout solaires. Mais avec l’arrivée du monothéisme, le Soleil a été paré de valeurs masculines, comme la puissance, la fougue, et la Lune assimilée à une symbolique féminine. Une distinction que l’on retrouve notamment dans la pensée de Jung, et donc dans toute la psychologie moderne.»

Quatre phases de lune, comme les quatre phases du cycle féminin (et les quatre couleurs primaires, hurlerait sûrement Bruno Vandelli): la corrélation entre révolutions lunaires et physiologie féminine existe depuis la nuit des temps, et en l’occurrence la préhistoire. «Au début du XXe siècle, on a retrouvé une Vénus datant de 30.000 ans. Dans sa main, elle tient une corne avec treize encoches pour les treize mers lunaires. Son autre main est posée sur son bas-ventre, laissant l’hypothèse d’un lien déjà très fort entre cycles féminins et cycles de lune», raconte Camille Sfez.

Pour faire revivre l’époque où les femmes avaient toutes leurs règles en même temps –une sombre histoire d’ovulation synchronisée, déclenchée par la lumière très forte des pleines lunes– et se retrouvaient dans des huttes de menstruations, notamment tout autour du bassin méditerranéen, on assiste aujourd’hui au renouveau des tentes rouges.

Inspirées du best-seller La Tente rouge d’Anita Diamant, paru en 1997 et en bonne place dans les clubs de lecture des Américaines, les Red Tents, ces cercles de femme qui se réunissent à chaque nouvelle lune, réapparaissent aujourd’hui –Camille Sfez a lancé la version française en 2010.

Réunion de tente rouge initiée par Camille Sfez | DR

Un mysticisme moderne, que l’on retrouve dans la figure de la sorcière, attentive aux cycles lunaires. Comme celles qui, depuis la prise de fonction de Trump en janvier 2017, se réunissent à la lune décroissante pour jeter un sort au président. Ça ne coûte rien d’essayer.

Les convives au grand débat à l'Élysée, accessoires à la mise en scène de Macron

La rencontre organisée par le président rappelle les entretiens entre Diderot et Catherine de Russie où le penseur ne servait que de caution à une souveraine déterminée à n'en faire qu'à sa tête.

Temps de lecture: 5 min

Au soir du 18 mars, plusieurs dizaines d'intellectuelles et d'intellectuels, invités par le président Emmanuel Macron, se sont rassemblés à l'Élysée. Il s'agissait de l'épisode final du grand débat national lancé par le président français au début de l'année, conçu comme une réponse aux crises sociale, politique et économique qui agitent le pays. Après les maires, les élues et les élus locaux qu'il avait déjà fait monter sur scène à ses côtés, voilà que le président invitait les cerveaux les plus brillants, les intellos de France, sous le grand chapiteau.

Fasciné, j'ai suivi la retransmission de l'événement filmé sur France Culture. Mais à peine avais-je eu le temps de plonger la main dans mon cornet de pop-corn que l'un des invités, le sociologue Michel Wieviorka, lançait malicieusement: «On imagine mal une telle rencontre à la Maison-Blanche».

Comme c'est vrai. En tant qu'Américain, je ne pouvais qu'opiner du bonnet. Oui, difficile d'imaginer une situation de ce genre dans notre Maison-Blanche.

Converser avec franchise

En tant qu'historien spécialiste de l'époque moderne en France en revanche, j'ai opiné avec un peu plus de retenue. Après tout, on peut établir quelques parallèles entre l'occupant de la Maison-Blanche et ceux de l'Élysée. Je n'ai pas de mal à imaginer à l'Élysée un président servant un régime autoritaire et antisémite et maintenant des liens étroits avec des collabos, ou des présidents frayant avec des dictateurs sanguinaires ou encore, plus prosaïquement, impliqués dans des financements de campagnes un peu louches.

D'ailleurs, je n'ai aucune difficulté non plus à imaginer à l'Élysée un président semblant avoir tenté de protéger un proche collaborateur pour lui éviter de faire l'objet d'une enquête criminelle.

Mais en tant qu'historien des Lumières françaises, je n'ai pas non plus de mal à me représenter un spectacle comme celui du 18 mars. Il suffit simplement de changer de décor, de passer du Paris et de l'Élysée d'aujourd'hui au Saint-Pétersbourg du XVIIIe siècle et à l'Ermitage, pour constater que ce qui s'est produit ce lundi soir n'était pas aussi «inédit» que France Culture semblait le croire.

Comme Diderot le dit à plusieurs reprises, il souhaitait être «utile à l'humanité»

Demandez à Denis Diderot. Fin 1773, l'éditeur et coauteur de l'Encyclopédie s'extirpa d'une calèche à Saint-Pétersbourg –«plus mort que vivant», selon ses propres termes– après un éprouvant voyage depuis Paris. Son encyclopédie achevée et sa fille mariée, le philosophe n'avait plus d'excuse pour éviter les invitations répétées de Catherine la Grande à venir lui rendre visite. Et c'était d'autant plus le cas que quelques années auparavant, l'impératrice lui avait acheté sa bibliothèque dont elle lui avait laissé l'usufruit jusqu'à sa mort, tout en lui versant une somme princière pour en être le conservateur.

Mais Diderot avait un motif très particulier pour rendre visite à Catherine. En effet, avait-il écrit un jour, avec qui un philosophe pouvait-il converser avec franchise, si ce n'était avec un souverain? Il était on ne peut plus sincère. Précurseurs de nos penseurs et penseuses, les philosophes du XVIIIe siècle pensaient avoir un rôle crucial à jouer dans la société et qu'il leur revenait de travailler à la rendre meilleure. Comme Diderot le dit à plusieurs reprises, il souhaitait être «utile à l'humanité».

Rencontre entre Diderot et Catherine II | Hispalois via Wikimedia Commons

Mais à l'instar de ses confrères, Diderot n'était pas, en tout cas pas encore, un démocrate ou un républicain. Il comprenait que si son rôle était de proposer, c'était au souverain de disposer. En 1773, Catherine était le dernier grand espoir de Diderot et de sa bande. Peu de temps après son accession, n'avait-elle pas appelé dans son traité de philosophie politique, le Nakaz, ou Instruction, inspiré par De l'esprit des lois de Montesquieu, à une révision éclairée de la loi russe?

Lamentable échec

Aussi, lorsque Diderot fut présenté à sa mécène lors d'un bal masqué, ses attentes étaient-elles de taille. Si sa redingote noire déclencha les railleries chez les courtisans de l'impératrice, ceux-ci ne tardèrent pas à fulminer lorsque que la souveraine invita le philosophe à venir lui rendre visite chaque après-midi à l'Ermitage. Au cours des trois mois qui suivirent, il s'y rendit à peu près tous les trois jours et rencontra Catherine souvent très simplement vêtue, aiguilles à tricoter en main. Les deux se lançaient dans des conversations qui bien souvent duraient presque tout l'après-midi, basées sur un sujet dont les grandes lignes avaient été préparées à l'avance par Diderot.

Les lettres qu'il envoyait à Paris révèlent que lors de ses tête-à-tête avec Catherine, le philosophe était dévoré d'enthousiasme, quasiment fiévreux. Si les anecdotes qui le décrivent en train de lancer sa perruque à l'impératrice sont sans fondement, il n'était cependant pas rare qu'il donne un coup dans la jambe de l'impératrice ou qu'il lui serre le bras pour ponctuer ses dires. Catherine II rapporta en plaisantant à moitié qu'elle devait placer une table entre elle et «cet homme des plus extraordinaires, pour me protéger et protéger mes membres».

«Vous, vous ne travaillez que sur le papier, qui souffre tout; il est uni, souple, et n'offre d'obstacles ni à votre imagination ni à votre plume»

Catherine II à Diderot

Mais Diderot n'oubliait jamais que les mains qui faisaient cliqueter les aiguilles étaient aussi celles qui portaient le sceptre royal. Si leurs conversations balayaient une très vaste gamme de sujets, il était un thème que Diderot poursuivait avec obstination: il voulait convaincre Catherine de devenir une monarque constitutionnelle. Effrayé à l'idée qu'elle se transforme en despote, à l'image de Frédéric de Prusse, Diderot dénonçait les tyrans modernes et de jadis et chantait les louanges de l'empire de la raison. Il s'était imposé la tâche magistrale de convaincre Catherine d'améliorer le sort des serfs, de cultiver l'art de la paix et non de la guerre et de s'attacher à l'État de droit.

Diderot échoua lamentablement. Catherine lâcha ses armées sur l'Europe de l'Est, garda les serfs enchaînés à la terre et relégua tranquillement le Nakaz aux oubliettes. Comment aurait-il pu en être autrement? Bien qu'elle fût éblouie par l'intellect de Diderot, ses propositions ne provoquaient chez elle qu'indifférence ou impatience, surtout celles qui concernaient la nature de son règne. «Vous, vous ne travaillez que sur le papier, qui souffre tout; il est uni, souple, et n'offre d'obstacles ni à votre imagination ni à votre plume; tandis que moi, pauvre impératrice, je travaille sur la peau humaine, qui est bien autrement irritable et chatouilleuse.»

Comme Frédéric de Prusse, Catherine avait saisi l'utilité des philosophes longtemps avant avoir rencontré Diderot, vérité que le penseur ne comprit que trop tard. Lorsqu'il quitta Saint-Pétersbourg, il s'était rendu compte qu'aux yeux de l'impératrice, il ne servait à guère plus qu'à promouvoir sa campagne de relations publiques à destination des habitués des salons parisiens. Avant d'avoir rencontré Catherine, raconta-t-il à un ami, il n'avait vu que des tigres représentés en peinture. En voir un en vrai, avait ajouté un Diderot désabusé, était une tout autre histoire.

Pendant son débat avec les intellectuelles et les intellectuels français, malgré un occasionnel appel à moins de «verticalité» –euphémisme pour désigner l'abandon de certains des pouvoirs de la monarchie républicaine– pour Macron, il n'était pas davantage question d'y renoncer qu'il ne l'avait été à l'époque pour Catherine. Le président français a plutôt insisté sur la nécessité, plus impérieuse aujourd'hui que jamais, de l'autorité présidentielle. Même s'il prenait des notes, Macron avait des réponses toutes prêtes avant même que les questions ne soient posées. Son attitude rappelait celle de Catherine vis-à-vis de Diderot: vous ne travaillez que sur le papier, moi je travaille sur la peau humaine. Quant aux personnes invitées à débattre, à l'instar de Diderot plus de deux siècles avant, elles ont rempli leur office. Il ne s'agissait pas d'être utiles à l'humanité, mais de servir d'accessoires à la mise en scène d'un chef d'État.

L'Union européenne sera-t-elle la grande gagnante du Brexit? (C'est bien possible)

La Grande-Bretagne est en train de perdre la bataille idéologique et économique contre une Europe qui ne s'est jamais sentie aussi forte.

Temps de lecture: 8 min

Le 21 février 1947. Pour certains spécialistes de l'histoire, cette date marque la fin de la grande puissance britannique. Dans un télégramme, Londres fait savoir à Washington que la Grande-Bretagne ne peut plus se permettre de défendre la Grèce contre l’influence soviétique –et qu’elle se retire également de Turquie, autre pays menacé par les communistes. «C’en est fini des Britanniques», déclare Dean Acheson, qui deviendra bientôt le secrétaire d’État du président américain Harry Truman. C’est ainsi que le flambeau passa de main en main: l’ancien rôle impérial de la Grande-Bretagne reviendrait désormais aux États-Unis, qui deviendraient le principal pouvoir occidental, force dominante et stabilisatrice.

Cette semaine, qui a vu Theresa May partir discrètement pour Bruxelles afin d’y demander plus de temps pour se tirer de l’inextricable sac de nœuds du Brexit, est sans doute un jalon tout aussi important dans l’histoire du déclin –relatif– de la Grande-Bretagne. En 1947, c’était les États-Unis qui lui avaient succédé sur le trône géopolitique; aujourd’hui, la grande gagnante est clairement l’Union européenne (UE). Pas l’institution en tant que telle –mais une certaine idée de l’Union européenne. Le message est clair comme de l’eau de roche: l’UE se portera comme un charme sans la Grande-Bretagne, mais la Grande-Bretagne ne pourra probablement pas se passer de l’UE. Il n’existe aucun plan de sortie viable, même si de nombreux membres du Parlement britannique aiment à prétendre le contraire. Pendant longtemps, Bruxelles n’a été qu’un épithète; elle est désormais l’épicentre du pouvoir. Game over.

Le Royaume-Uni en pleine crise constitutionnelle

Il pourrait sembler étrange de dire du bien de l’UE à ce stade de son histoire. Depuis sa création en 1992, cette confédération aux contours mal définis souffre de doutes existentiels chroniques; elle est moquée outre-Atlantique, et fait souvent figure de bouc émissaire bien pratique au sein de ses vingt-huit pays membres. Par ailleurs, l’UE –une fois de plus– fait face à des forces populistes d’extrême droite qui menacent de la diviser de nouveau lors des élections européennes du mois de mai prochain.

Mais la débâcle du Brexit a changé la donne. En échouant dans sa tentative de négocier un accord acceptable, Theresa May n’a pas seulement fracturé son gouvernement: elle a redoré le blason de Michel Barnier (négociateur en chef de l’UE) et d’autres bureaucrates européens de premier plan. Ce sont eux qui mènent la danse, à présent. Mardi dernier, Barnier a affirmé que l’UE n’accorderait un report de la date de sortie (fixée au 29 mars) qu’à une condition: le gouvernement du Royaume-Uni devait lui présenter un «plan concret» détaillant l’utilisation qu’il ferait de ce sursis. Il a également laissé entendre que la Grande-Bretagne ferait peut-être bien d’abandonner ses projets de Brexit purement et simplement –en restant dans l’UE.

Le Parlement britannique demeure paralysé face à la résistance de l’UE. Suite à une rare manœuvre parlementaire du président de la Chambre des communes John Bercow, Theresa May pourrait se trouver dans l’incapacité de soumettre son accord de sortie (qui a échoué par deux fois) à un nouveau vote sans le modifier en profondeur. Mais elle sait qu’elle a peu de chances de convaincre Bruxelles de faire les concessions nécessaires à la mise en œuvre de ces modifications. Sa crédibilité s’est donc presque entièrement évanouie, et les Britanniques sont désormais en proie à une «crise constitutionnelle», pour reprendre les mots de l’Avocat général Robert Buckland.

L'Europe attire les partis vers le centre

«Le Parti conservateur et le Parti travailliste sont tous deux profondément divisés», explique Harold James, spécialiste de l’histoire britannique à l’université de Princeton.

Chez les populistes et les nationalistes les plus virulents de l’UE, l’humiliation de la Grande-Bretagne a marqué les esprits: une sortie complète de l’Union est désormais considérée comme une option inimaginable, une dangereuse impasse politique.

Au regard des nombreuses déconvenues accumulées au fil des années, force est d’admettre que Bruxelles vient de remporter une importante victoire.

«La tendance générale, c’est que l’Europe continue d’exercer une attraction magnétique qui attire tous les partis vers le centre, même les plus extrémistes.»

Charles Kupchan, chercheur en relations internationales spécialiste de l’Europe

Et cette victoire s’inscrit dans une dynamique remarquable: depuis la crise financière grecque –il y a près de dix ans– le centre bruxellois tient bon, contre toute attente, et ce sont les hommes et les femmes politiques rebelles de la périphérie qui se voient contraints d’ajuster leurs approches.

«La tendance générale, c’est que l’Europe continue d’exercer une attraction magnétique qui attire tous les partis vers le centre, même les plus extrémistes», explique Charles Kupchan, spécialiste de l’Europe et chercheur en relations internationales à l’université de Georgetown. «À quoi cela est-il dû? Aux marchés. À l’ordre fondé sur des règles. À l’alliance des influences politiques et géopolitiques. Au sentiment de sécurité. À l’ouverture des frontières.»

L'Europe ne s'était pas sentie aussi forte depuis des années

Et à la viabilité économique. Kupchan (entre autres spécialistes) souligne l’impressionnante transformation de Syriza, parti au pouvoir en Grèce. Depuis la première victoire électorale de Syriza (en 2015), le premier ministre Alexis Tsipras, agitateur de gauche et populiste anti-austérité, est devenu «le premier ministre grec le plus américano-compatible et le plus UE-orienté depuis Costas Simitis, dans les années 1990», résume le journaliste Yiannis Baoulias –mais aussi «le meilleur maître d’œuvre de la rigueur financière européenne depuis le début de la crise grecque». D’autres populistes ont eux aussi renoncé à leurs positions les plus extrêmes. Pendant la campagne des élections générales italiennes de l’an dernier, la Ligue du nord (parti populiste de droite) a laissé entendre qu’elle était prête à quitter l’UE si Bruxelles refusait de renégocier ses politiques fiscales et migratoires. «C’est du passé, désormais», explique Kupchan. «Ce sont les Italiens qui sont sortis perdants du duel Rome-Bruxelles, pas l’UE.»

La Grande-Bretagne, puissance de second ordre particulièrement affaiblie, s’oriente vers le Brexit en chancelant; tout le contraire de l’Europe.

Les élections européennes du mois de mai seront certainement le théâtre d’une lutte sans merci entre les forces libérales pro-UE et les eurosceptiques –mais chez ces derniers, rares sont celles et ceux qui évoquent encore un retrait pur et simple de l’UE. Marine Le Pen, principale figure de la droite française qui appelait ouvertement à une sortie de l’UE pendant la campagne présidentielle de 2017, désirerait aujourd’hui réformer l’union de l’intérieur. Matteo Salvini, premier ministre italien d’extrême droite, a formé une alliance eurosceptique avec Haroslaw Kaczynski, chef du parti polonais au pouvoir –mais cette entité cherche elle aussi à créer un bloc réformiste au sein (et non à l’extérieur) des institutions de Bruxelles.

Charles Powell, directeur du think tank espagnol Real Instituto Elcano, estime que la sortie de la Grande-Bretagne –et la posture (anormalement) ferme et unifiée de Bruxelles pendant ces deux années de négociations avec Londres– laisse entrevoir la naissance d’une nouvelle image: la Grande-Bretagne, puissance de second ordre particulièrement affaiblie, s’oriente vers le Brexit en chancelant; tout le contraire de l’Europe, qui ne s’était pas sentie aussi forte et unie depuis des années.

Le Brexit qui cache les extrémismes

«Maintenant que la Grande-Bretagne est hors course, l’UE a la vie plus facile», explique Powell. L’Europe souffre certes encore de multiples divisions internes –les pays dissidents (Hongrie, Pologne), la fracture nord-sud– mais selon lui, «le Brexit nous a rapprochés, il est désormais potentiellement plus facile de parvenir à un consensus» sur certains sujets délicats comme l’immigration.

Il est vrai que de nombreuses menaces planent sur cette union toujours orageuse. La chancelière allemande Angela Merkel est sur le point de se retirer, et l’avenir politique de son pays est incertain. L’Espagne semble elle aussi s’orienter vers le nationalisme. Si le nouveau Parlement européen confie des portefeuilles à des commissaires de droite, la structure extrêmement centralisée de l’UE pourrait commencer à se fissurer, explique Heather Conley du Center for Strategic and International Studies: «Le Brexit fut un rare moment unificateur –mais à bien des égards, il a également dissimulé tous ces défis.»

Harold James nous met en garde: certes, les eurosceptiques ont intégré le fait «qu’il est complètement contre-productif d’essayer de sortir de l’UE –mais le gouvernement italien et les populistes d’Europe de l’Est ont désormais pour projet d’obtenir une majorité (ou du moins une minorité de blocage conséquente) au Parlement [européen]. Ils n’auront pas assez de sièges pour former un groupe majoritaire, mais ils auront un pouvoir de nuisance». «Les populistes eurosceptiques formeront un quorum important au Parlement», prédit Kupchan. «Ce problème n’est pas près d’être réglé.»

Par ailleurs, comme l’explique Powell, ce n’est pas parce que Royaume-Uni est sur la touche que les rêves d’une plus grande intégration européenne se réaliseront comme par magie. La vision britannique (favorable aux marchés, plutôt hostile à une centralisation bruxelloise renforcée) est partagée par plus d’un pays de l’Union –et notamment par certains de ses membres fondateurs, comme les Pays-Bas. Les Néerlandais ont récemment fait renaître une «Ligue hanséatique» des pays nordiques pour faire contrepoids à l’axe franco-germanique, qui domine à nouveau l’Europe.

La Grande-Bretagne déboussolée

Reste que l’Europe a tenu bon pendant ces années de procédures de divorce conflictuel, et qu’elle semble en être sortie plus forte. Cette situation prouve qu’on ne pense pas l’ «Europe» de la même manière des deux côtés de la Manche. «L’idée centrale selon laquelle l’Europe serait plus qu’un marché est partagée par la plupart des habitantes et habitants d’Europe continentale, et par personne ou presque au Royaume-Uni», résume Powell.

Comment une démarche née du désir chimérique de restaurer sa souveraineté nationale a-t-elle pu s’achever par un abandon presque total de cette souveraineté?

La Grande-Bretagne se comporte toujours de la même manière vis-à-vis de l’Europe depuis le XIXe siècle (au moins): elle s’aligne sur les petits pouvoirs pour faire barrage aux grands (en s’opposant la France napoléonienne, par exemple). Cette approche a presque toujours été couronnée de succès. Mais il n’y a plus que Bruxelles de l’autre côté de la Manche, désormais. Bruxelles a cherché à faire plier Londres. Et Londres a cédé. Comment une démarche née du désir chimérique de restaurer sa souveraineté nationale a-t-elle pu s’achever par un abandon presque total de cette souveraineté? Voilà qui devrait passionner les historiens du futur.

Pour Kupchan, la Grande-Bretagne est comme «un yacht privé de mât et de gouvernail, bloqué sur une mer d’huile. Elle se contente de flotter, sans savoir où aller».

L’UE, elle, sort de cette tempête avec un cap et un destin plus clairs.

« La Place de l'homme » : quand des hommes parlent de l'avortement

Dans le documentaire La Place de l’homme, Coline Grando mène des entretiens avec cinq hommes de profils et d’âges différents. Tous ont vécu, à un moment de leur vie, une grossesse non prévue dans leur couple. Pour la plupart, l’option de l’interruption volontaire de grossesse s’est imposée. L’un d’entre eux est finalement devenu père. Tous, malgré leurs différences, expriment face caméra les émotions et les questionnements qui les ont traversés. Leurs efforts d’analyse les éloignent des discours victimaires ou qui remettent en cause le choix des femmes.

Le film peut être visionné gratuitement pendant une semaine sur la plateforme SVoD (vidéo à la demande sur abonnement) dédiée au cinéma documentaire Tënk, à cette adresse.

La Place de l’homme, film documentaire signé Coline Grando, s’appuie sur un dispositif minimaliste. Cinq hommes parlent séparément face caméra, se racontent. Leur récit suit une même chronologie : l’annonce de la grossesse par la partenaire, le moment du choix qui n’était pas toujours une évidence, l’accompagnement de la femme, que ce soit dans le parcours d’interruption volontaire de grossesse (IVG) ou la grossesse, et le temps de l’après. Les personnages ont partagé la même interrogation : en tant qu’homme, quelle place prendre auprès de leur partenaire ? Le moment du choix – IVG ou pas – a pu faire l’objet d’une discussion et négociation dans certaines situations. Tout en étant conscients qu’en dernier lieu les femmes décident, difficile de ne pas se sentir ébranlé face à la sensation d’être « pris au piège » par une décision qui pourrait les impacter contre leur volonté pour le reste de leur vie.

L’un d’eux rappelle l’héritage historique en la matière : « [Fuir], c’est la solution qui a été l’usage masculin pendant des siècles, nous avions ce grand privilège autrefois […] de tourner les talons et d’abandonner les enfants. » Entre envie de fuir, envie de s’impliquer et sentiment d’exclusion, trouver sa juste place n’est pas chose aisée. De fait, ne vivant pas l’avortement dans leur corps, ces derniers sont démunis, peinent parfois à soutenir leur partenaire, comme ce jeune homme dont la compagne s’isole pour vivre son IVG ou celui qu’on sépare de sa « copine » au Planning familial et qui ne le comprend pas.

Paroles d’hommes sur l’avortement

« C’est quelque chose qui est enfoui en moi depuis huit, neuf, dix ans. » Face à la caméra, les cinq hommes se confient avec difficulté, leur discours se développe avec pudeur. C’est souvent la première fois qu’ils reparlent de la situation qu’ils ont vécue. Comme l’un d’eux le confie, ce n’est pas une chose dont on parle entre hommes. Sur le moment, pour ne pas rester dans le silence, c’est à des femmes qu’ils ont fait appel : des amies, des sœurs. Pour certains, utiliser le mot « avortement » est laborieux, tout comme décrire ce qu’ils ont pu ressentir. Alors que les femmes peuvent bénéficier d’un espace de parole et d’accompagnement dans leur parcours d’avortement, il est fréquent que les hommes n’aient pas cette possibilité. Pourtant, les émotions et les questionnements sont manifestes.

S’ils parlent avec prudence, c’est aussi parce qu’ils ont conscience qu’il n’est pas aisé de trouver les mots justes pour parler de l’avortement, c’est-à-dire sans parler pour les femmes, à leur place ou à leur charge. Ils tentent donc de parler à partir d’eux-mêmes, sans présumer du vécu de leur partenaire. Certains, avec le recul, portent même un regard critique sur leur attitude et leur influence sur le choix du couple. Dans ce processus, la réalisatrice mène les entretiens avec adresse. Parfois, la parole de ses interlocuteurs se fait problématique (clichés sur les féministes, influence sur le choix de la partenaire…). Face à ces discours qui révèlent que les hommes peuvent être malgré eux traversés par une pensée patriarcale, Coline Grando accompagne ces derniers en les amenant à reconsidérer leurs termes ou leurs actes.

Du personnel au politique ?

Coline Grando traite le thème de l’avortement sous un prisme inédit. Alors que de nombreux documentaires portant sur l’IVG mettent en avant des paroles de femmes, des images d’archives, des discours de revendication sociale, La place de l’homme met en scène des personnages masculins qui racontent leur histoire d’un point de vue individuel, dans un cadre intimiste qui rappelle les cabinets de psychologues. Là où les femmes, grâce aux luttes féministes, ont pu faire de l’avortement un enjeu de lutte politique, les hommes ne peuvent encore s’exprimer que sur un ordre personnel, sans restituer leur expérience dans un système social.

Y’a-t-il une possibilité, en tant qu’homme, de construire une position politique sur l’avortement et qui soutiendrait les femmes, contrairement aux discours masculinistes ? Parler davantage de l’IVG aux jeunes hommes est certainement un premier pas pour favoriser leur implication. « Pour moi, c’était quelque chose de très abstrait » dit l’un d’eux. Mais le pas suivant, c’est aux hommes eux-mêmes de le saisir. Le film s’achève sur la question de la contraception : n’envisageant pas la possibilité d’une grossesse, les personnages avouent ne pas s’être impliqués dans ce domaine. « Je suppose qu’elle devait faire attention », raconte un autre. Pourtant, leur expérience ne semble pas avoir fait beaucoup évoluer leur position.

Finement, La Place de l’homme nous laisse avec deux interrogations : quand les hommes seront-ils prêts à se mobiliser collectivement pour réclamer de nouvelles méthodes de contraception et assumer leur part de responsabilité ? Face au peu de lieux pour évoquer ces questions en tant qu’hommes, quand prendront-ils en main la situation pour créer eux-mêmes des espaces de parole, de soutien mutuel, de transmission d’expériences sans attendre que des femmes – puisque ce sont essentiellement elles qui travaillent dans les associations de santé sexuelle ou dans le soin – les aménagent pour eux ?

 
La place de l’homme, 2017, 60 minutes
Réalisation : Coline Grando
Production : CVB (Centre vidéo de Bruxelles)

- Visionnez gratuitement pendant une semaine La place de l’homme, sur Tënk, à cette adresse. Tënk est une plateforme SVoD (vidéo à la demande sur abonnement) dédiée au cinéma documentaire d’auteur.
- Et ensuite en VOD, sur abonnement à Tënk.fr.
 

Les Lucioles du Doc
Ces chroniques mensuelles publiées par Basta ! sont réalisées par le collectif des Lucioles du Doc. Cette association qui travaille autour du cinéma documentaire, à travers sa diffusion et l’organisation d’ateliers de réalisation auprès d’un large public, afin de mettre en place des espaces d’éducation populaire politique. Voir son site internet.

- Photo : capture du film (Coline Grando / CVB).

Vente de données, manipulation, surconsommation : enquête sur les dessous de l'industrie publicitaire

A l’occasion de la journée mondiale contre la publicité, le 25 mars, le réalisateur Matthieu Lietaert présente un documentaire intitulé « La pub au pays des merveilles ». Il révèle le vide législatif entourant ce secteur en pleine effervescence. Alors que les quatre plus grands groupes de publicité au monde détiennent les cinq plus grandes entreprises de relations publiques ou de lobbying politique, Matthieu Lietaert alerte : « Ceux qui nous vendaient hier des voitures et des télévisions, nous vendent également aujourd’hui des idéologies, des partis politiques et des présidents ».

Dans La Pub Au Pays Des Merveilles, Matthieu Lietaert [1] part aussi bien à la rencontre de l’industrie publicitaire que des lanceurs d’alerte qui s’y opposent, et cherche à créer un débat de société urgent sur le manque de régulation dans un secteur publicitaire en pleine effervescence technologique. « Tout le monde se rend compte que les révolutions des datas, des neurosciences et de l’Internet offrent aux publicitaires de nouveaux outils beaucoup plus puissants qu’avant. Et pourtant, il y a un paradoxe énorme entre l’étendue d’une publicité de plus en plus personnalisée, la méconnaissance de ce qui ce cache sous le capot, et l’absence quasi totale de législation contraignante dans le domaine », explique Matthieu Lietaert.

La Pub Au Pays Des Merveilles from Matthieu on Vimeo.

Parmi les personnes de l’industrie, on retrouve Jacques Séguéla, connu comme l’un des hommes clés de la pub en France depuis les années 70. On y rencontre également des ’geeks’ qui nous parlent des nouvelles technologies de la pub. Le film donne aussi la parole à des psychologues dont les études intéressent l’industrie au plus haut point. « On croit souvent qu’une publicité est le résultat d’une équipe de créatifs qui ont de l’humour et du talent. Il est temps que le législateur se rende compte qu’au 21ème siècle, le rôle des scientifiques est fondamental dans la chaine de montage publicitaire. Ceux-ci permettent à l’industrie de, je cite, "comprendre implicitement la boîte noire des consommateurs" », précise le réalisateur.

« Ceux qui nous vendaient hier des voitures et des télévisions, nous vendent aujourd’hui des idéologies, des partis politiques et des présidents »

Les quatre plus grands groupes de publicité au monde (Omnicom, Interpublic, Publicis, WWP) possèdent les cinq plus grandes entreprises de relations publiques ou de lobbying politique au monde (FleishmanHillard, Burson-Marsteller, Hill+Knowlton, Weber Shandwick, MSL group). « En d’autres mots, ceux qui nous vendaient hier des voitures et des télévisions, nous vendent également aujourd’hui des idéologies, des partis politiques et des présidents... Ce n’est pas d’ailleurs pas pour rien si Mark Zuckerberg (Facebook) a du s’expliquer sur le scandale du Cambridge Analytica devant le Parlement Européen [2]. Les conséquences de la nouvelle publicité politique ciblée sont tangibles : Steve Bannon, (l’ancien) chef de campagne de Trump, est sans doute l’un des premier a l’avoir compris. Son tour d’Europe pour conseiller les partis d’extrême-droite risque de faire mal aux élections en mai ».

Enfin, le film interroge le rapport entre l’industrie publicitaire dont le budget mondial est dix fois plus grand qu’en 1950, la production et la vente des entreprises qui n’ont cessé de croitre, et la quantité de gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère. « On ne cesse de nous montrer les conséquences du changement climatique (incendie, inondation, etc.) sans vraiment parler de ses causes. Il n’y a aucun doute qu’une régulation de la publicité aurait un impact sur l’équation du changement climatique. La question de société que nous devrons tous affronter tôt ou tard est de savoir si nous sommes prêts à repenser radicalement le système de consommation à outrance actuel. Je pense sérieusement que c’est un débat de société qu’il faut avoir, et maintenant », conclut Matthieu Lietaert

Plus d’informations : lapubaupaysdesmerveilles.net

«J’avais très très peur qu’ils me disent: “Ne vous inquiétez pas, elle va revenir”»

[Épisode 1] Au matin du 14 février 2011, une joggeuse est portée disparue à Bouloc, en Haute-Garonne. Son mari raconte l'angoisse qui se saisit de lui alors que la gendarmerie entame son enquête.

Temps de lecture: 8 min

À Bouloc, personne n’aurait pensé un jour entendre le nom du village sur toutes les chaînes d’information. En occitan, Bouloc signifie «bon lieu», et les gens du coin espéraient qu’il en serait toujours ainsi. Le dernier recensement leur donnait d’ailleurs raison, puisque la population était passée d’un peu moins de 3.000 à plus de 4.000 personnes en dix ans, entraînant l’ouverture d’une bibliothèque municipale, la bénédiction des cloches et la construction des premiers logements sociaux.

Mais le 14 février 2011, dans la petite commune du Frontonnais, le temps s’est arrêté. Carlyne Bouchon annonce: «Le jour de la fête des amoureux, on a brisé mon cœur.»

Il était 4h33 du matin.

«Ma femme, c’était un contraste»

Toute sa vie, Patricia Bouchon s’est levée à l’heure où l’on rêve encore. Trois fois par semaine, son réveil sonne à 4 heures. Elle enfile un jogging noir, un haut de couleur claire, des baskets blanches achetées avec son mari Christian et, selon la météo, un bonnet et un coupe-vent autour de la taille.

Atteinte de la maladie de Raynaud, Patricia peut vite développer des engelures à cause du froid. Alors elle a mis en place un rituel supplémentaire: elle badigeonne ses doigts de crème grasse, met des gants en latex et, par-dessus, ses gants d’hiver.

Le 14 février 2011, c’était un lundi, la température était de 7°C et il bruinait un peu. Patricia ne prend pas de petit-déjeuner. L’un des directeurs d’enquête, Didier Bonnin, dira de toute façon qu’elle est souvent à jeun, et prendra la peine de préciser: «Elle n’est pas dans la performance, Patricia Bouchon. Elle est dans l’addiction.»

Elle ferme la porte de sa maison à 4h15 précises –et de ça, il ne fait aucun doute, car la femme de 49 ans est très carrée.

«Les TOC commencent à l’adolescence, et ça va crescendo. Vous finissez par vous lever de plus en plus tôt le matin et vous coucher de plus en plus tard le soir, parce que vous n’avez pas le temps de tout faire, expliquera Christian Bouchon. Ma femme, c’était un contraste. Elle était très peureuse, mais a contrario capable d’aller courir à quatre heures du matin en pleine nuit. Évidemment, j’étais mort d’inquiétude. On en a parlé plusieurs fois.»

Lorsqu’ils se rencontrent, Patricia et Christian ont 16 ans. «Mais les amours à cet âge-là, ça va, ça vient, et on s’est mis ensemble sérieusement à 18 ans. On était des gamins. On partait en vacances en moto. Avec une vie plus facile aussi, parce que la vie était plus facile à ce moment-là.» Ils se marient en 1982 et ont une fille unique, Carlyne, deux ans plus tard.

Christian Bouchon travaille beaucoup. Au gré de ses postes, le couple déménage une quarantaine de fois avec leur fille, avant de poser leurs valises à Bouloc en 2007.

La maison du couple Bouchon à Bouloc, 15 février 2011 | Pascal Pavani / AFP

«Les TOC s’amplifiaient, je le voyais, raconte Christian Bouchon. Pour moi, c’était… J’avais l’impression qu’on allait faire une thérapie. Je me disais que si elle avait un jardin, des fleurs… J’ai vraiment pensé ça très très fort. Je me disais que ça l’aiderait à aller mieux.» Il secoue la tête: «Ça n’a pas fonctionné, et je ne sais pas si ça n’a pas empiré les choses.»

«Là, j’ai peur»

Le parcours de Patricia dure très exactement trente-cinq minutes: une boucle de 4,5 kilomètres éclairée sur une large portion et passant par le stade, l’école élémentaire, la boulangerie, le supermarché et la station-service.

À 5h50, le pompiste, monsieur Cazeneuve, ouvre boutique. C’est un vieux monsieur, quoique pas si vieux mais pas loin de la retraite tout de même, et le métier de mécanicien n’est pas du genre à dorloter vos articulations et votre dos. Il voit arriver Christian Bouchon, l'un de ses clients, complètement paniqué: «Vous avez vu Patricia ?»

«Il m’a regardé avec de grands yeux, se souvient Christian Bouchon. Il ne savait pas qu’elle s’appelait Patricia.»

Le pompiste n’a jamais vu Patricia courir, mais il la voit prendre son bus tous les matins à 7 heures pour rejoindre le cabinet d’avocats où elle travaille en tant que secrétaire juridique. L’arrêt est à cinquante mètres de sa station-essence. Quand elle passe, elle lui fait un petit signe de la main ou tape sur le carreau pour lui dire bonjour. Ce matin-là, il ne l’a pas vue.

«Je lui ai demandé le numéro qu’il fallait faire. Je ne savais même plus», poursuit Christian Bouchon. Il vient de voir une ambulance passer, et il est persuadé que sa femme est à l’intérieur.

Il pense à ça, à un accident.

Tous les lundis matins, à 5h30, Christian et Patricia prennent un taxi pour l’aéroport: Christian part en déplacement toute la semaine jusqu’au vendredi, et Patricia l’accompagne avant de se faire déposer sur son lieu de travail par le taxi.

Christian a croisé le chauffeur du taxi qui attendait en fumant une cigarette sur le parking du stade, mais il n’avait pas vu Patricia non plus. La course annulée, le chauffeur de taxi a proposé de rouler un peu dans Bouloc pour jeter un œil.

«Ça aurait dû me rassurer, mais ça m’inquiète encore plus.»

Christian Bouchon, mari de Patricia

Christian pense aux fossés. Patricia a eu un malaise, peut-être a-t-elle été renversée avant de tomber dans un fossé. Quelqu’un l’a trouvée, et elle est dans l’ambulance filant tous gyrophares allumés. Le pompiste lui conseille de faire le 15 pour vérifier.

«Je pense que je suis tombé sur le centre de triage du SAMU. Une dame m’a dit: “Donnez-moi votre numéro, je me renseigne et vous rappelle.” Je me suis dit: “Elle va jamais me rappeler.” Je suis rentré chez moi. Et elle me rappelle. J’étais super content», décrit Christian Bouchon.

Mais l’ambulance n’était pas pour Patricia Bouchon: une personne âgée vient de faire une crise cardiaque. «Ça aurait dû me rassurer, mais ça m’inquiète encore plus. Là, j’ai peur», se remémore-t-il.

«On atteint un autre niveau»

Christian Bouchon appelle la gendarmerie de Fronton. «J’avais très très peur qu’ils me disent: “Ne vous inquiétez pas, elle va revenir.”»

Parfois, les émotions sont trop grandes pour se dire en quelques mots. Christian Bouchon connaît sa femme. Si elle était revenue de son footing en retard, c'eût été avec une ou deux minutes seulement. Elle aurait été déçue d’avoir fini son parcours en trente-six ou trente-sept minutes au lieu de trente-cinq, et ils auraient pris leur taxi pour aller travailler. Il n’aurait pas déjà parcouru tout Bouloc sous une bruine nocturne de février, à refaire les itinéraires qu’elle aurait pu emprunter.

Au bout du fil, une gendarme écoute Christian Bouchon. Elle lui répond: «Ok, je vous envoie une patrouille.» Lorsque l'on attend de l’aide, le temps paraît toujours une éternité. Les gendarmes arrivent à 7h15.

Quand Patricia quitte la maison, Christian dort. La semaine, il n’est pas là. Il ne sait pas dire comment elle est habillée ce matin-là, il culpabilise d’être ce mari au courant de rien. Il sait pour le coupe-vent, à cause de la bruine, pour les baskets blanches, parce qu’il les a achetées avec elle, et pour les gants, à cause de la maladie de Raynaud. Il est au moins sûr de ça, et de l’accident de Patricia.

«Mais la journée avançant, le nombre de gendarmes augmentait. Et là, vous passez d’une inquiétude à une peur à une angoisse. Ils étaient partout dans la maison. Plus j’en voyais, plus j’avais peur, parce qu’ils ne la retrouvaient pas. Ma fille me rejoint en début d’après-midi; on va à la gendarmerie. On atteint un autre niveau. Ce sont des niveaux qui changent, en fait. Des gens de Toulouse commencent à arriver, et il commence à y avoir beaucoup de monde dans cette toute petite gendarmerie de Fronton.»

Les gendarmes bloquent une route menant au village de Bouloc le 15 février 2011, dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Patricia Bouchon. | Pascal Pavani / AFP

Carlyne Bouchon se rappelle: «Je vois mon père se faire questionner. Je suis mise de côté pour être interrogée, on est séparés. Je pense à un accident, ma mère a fait un malaise.» Elle marque une pause. «Moi, je vais très vite rentrer dans le déni. Je suis complètement spectatrice de la situation.»

«Dans l’absolu, la thèse de l’accident s’éloignait, reconnaît Christian Bouchon. Tous ces gendarmes... On l’aurait forcément trouvée. J’étais terrifié.»

Le père et sa fille rentrent à la maison. N’arrivant pas à trouver le sommeil, ils décident de sortir vers minuit: «On a été en ville pour regarder les fossés. On errait.» Ils ne dorment pas de la nuit, le monde se met à tourner étrangement.

«Le lendemain matin, il y avait un camp militaire. C’était monstrueux. Entre 200 et 300 gendarmes, la police, les hélicos…, revoit Christian Bouchon. Quand vous voyez ça... C'est sans doute le premier moment où je me suis dit: “On cherche un corps.”»

«Qui pouvait lui en vouloir?»

Véronique Chaudriller est cheffe de la division criminelle à la section de recherches de Toulouse. De permanence le lundi 14 février, elle est immédiatement désignée directrice d’enquête.

Dès le départ, il s’agit pour elle d’une disparition inquiétante: «Il n’y a pas d’idée de divorce. Carlyne et Christian Bouchon décrivent Patricia comme très sportive, très croyante, pas du tout dépressive, ni avec des idées suicidaires.» Elle précise: «Elle souffre de TOC, sur la propreté, l’hygiène, l’alimentation. Ses proches nous disent qu’“elle ne veut pas reconnaître qu’elle est anorexique.” Elle ne participe pas aux repas, mais elle entretient avec sa famille des relations sans tension.»

La première directrice d’enquête ajoute: «Les premières quarante-huit heures sont les plus importantes. Donc beaucoup de criminalistique va avoir lieu au domicile des Bouchon. Qui pouvait lui en vouloir?»

Les gendarmes procèdent à des perquisitions dans la maison, «d’une hygiène irréprochable». Patricia Bouchon est partie sans sac à main et sans téléphone. Le Bluestar, le révélateur de traces de sang, ne réagit ni dans la maison, ni dans le véhicule. «On se croirait dans une mauvaise série», pense Christian Bouchon.

Le téléphone et l’ordinateur sont saisis, pour voir si Patricia Bouchon ne mène pas une double vie. «On trouve des photos où elle apparaît très amoureuse de son mari, en vacances», constate la directrice d’enquête.

«On va se rendre compte qu’elle n’a aucune raison de disparaître», résume-t-elle.

«Il y avait beaucoup d’informations qui arrivaient en même temps. On était à l’affût.»

Christian Bouchon, mari de Patricia

Le mardi 15 février, Bouloc est «en état de siège». La directrice d’enquête parle d’une «montée en puissance». La gendarmerie est capable de déployer une force militaire, des «recherches opérationnelles d’origine terrestre, aérienne et subaquatique». Les rivières longeant le village sont sondées, les hélicoptères survolent les forêts et des battues sont organisées dans la campagne. Patricia Bouchon reste introuvable.

«On a passé la journée à la gendarmerie. [...] Il y avait beaucoup d’informations qui arrivaient en même temps et qu’il fallait prendre, traiter. On était à l’affût», relate Christian Bouchon.

Pendant ce temps, les camions des médias nationaux arrivent sur Bouloc. Sur la place du village, ils installent des antennes paraboliques sur le toit de leur voiture, sortent les téléobjectifs, les caméras, et se mettent à arpenter le coin. Carlyne et Christian restent à la gendarmerie.

La nuit tombe à peine. Le gendarme qui a auditionné le père la veille s’approche de lui.

«Il me dit: “On a besoin de vous. On a trouvé quelque chose.”»

Christian Bouchon s’arrête un instant de parler. Il se mord la lèvre inférieure pour retenir un sanglot.

«Et là, il me montre le chouchou.»

Le falafel maison

Portions : 4-6
Préparation : 20 minutes
Temps total : 1 heure

Ingrédients

pour le falafel :
1 c. à soupe de levure chimique
1 c. à soupe de sel
2 c. à café de cumin moulu
2 c. à café de curcuma
450 g de pois chiches secs, trempés dans l'eau toute une nuit puis égouttés
une grosse poignée de persil plat frais
une grosse poignée de coriandre fraîche
1 carotte de taille moyenne, pelée et coupée en morceaux
1 petit oignon émincé
4 gousses d'ail
2 c. à soupe d'eau froide
de l'huile de colza pour la friture

pour la sauce tahini :
1 gousse d'ail
le jus d'un citron
1 bocal de tahin (purée de sésame)
1 c. à soupe de sel
1 c. à café de cumin moulu
30 ml d'eau froide

pour le sandwich:
6 pains pita
3 tomates épépinées et coupées en morceaux
1 concombre coupé en petits morceaux
1/4 de tête de chou rouge émincé
de la harissa

Instructions

1. Préparez la sauce tahini : Déposez la gousse d'ail en morceaux dans un robot puis versez le jus de citron ainsi que le tahin, ajoutez le sel et le cumin. Mélangez jusqu'à obtenir quelque chose qui ressemble à du beurre de cacahuète (environ 1 minute). Faites couler l'eau froide délicatement tout en mélangeant jusqu'à obtenir une texture lisse, crémeuse et à la couleur du sable sec.

2. Préparez le falafel : mélanger la levure, le sel, le cumin et le curcuma dans un petit bol.

3. Déposez la moitié des ingrédients dans un robot en suivant cet ordre précis : pois chiches, herbes fraîches, légumes, ail et assaisonnements secs. Répéter avec le reste des ingrédients dans le même ordre. Ajoutez l'eau et mélangez jusqu'à ce que tout soit haché très finement. Si nécessaire, ajoutez un peu d'eau et remuez à nouveau pour obtenir la consistance voulue.

4. Passez la pâte dans une passoire au-dessus d'un grand bol pour l'égoutter. Pressez la pâte au maximum avec les mains pour retirer l'eau, puis formez des boulettes de 2,5 cm. Mettez de côté sur une assiette.

5. Chauffez l'huile de colza dans une grande casserole. Déposez les boulettes dans l'huile chaude avec une cuillère à égoutter et augmentez le feu pour maintenir la température de l'huile. Faites frire 3 à 4 minutes jusqu'à ce que les falafel soient bruns et croustillants (mais pas brûlées !).

6. Déposez immédiatement le falafel avec une cuillère à égoutter dans une assiette recouvertes de Sopalin pour absorber. Servez chaud.

7. Préparez le sandwich en superposant 2 falafels avec les tomates, le concombre, le chou, la sauce et la harissa dans un pain pita. Répétez l'opération jusqu’à ce que le pain soit plein.

Plus de recettes végétariennes :

La salade arménienne
Le houmous à la mode de Jérusalem
La purée aux pois-chiches braisés à l'ail
Les carottes rôties avec de l'avocat, de la coriandre et du citron vert

Recette publiée avec la permission des auteurs de Israeli Soul © 2018 par Michael Solomonov et Steven Cook. Reproduite avec la permission de Rux Martin Books/Houghton Mifflin Harcourt. Tous droits réservés.


Cet article a été préalablement publié sur MUNCHIES US

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Le créateur des Jelly Beans veut lancer une version au CBD

Lors du salon de produits naturels Expo West, qui se tenait début mars à Anaheim, les curieux ont pu découvrir une très large variété de brownies, eaux et autres snacks au CBD. Un peu comme la règle 34 qui stipule qu’il existe un équivalent porno à chaque chose dans le monde, il y a aujourd’hui une version au cannabidiol de chaque aliment.

Le dernier truc infusé au CBD qui a attiré l’attention d’Internet ? Un bonbon imaginé par David Klein, le créateur des Jelly Belly (célèbres Jelly Beans, petits bonbons en forme de haricots parfumés aux fruits) lancé en 1976, mais dont il a vendu les droits en 1980.

Une décision qu’il regrette encore et qui le pousse, comme MUNCHIES l'écrivait en 2016, à tenter de faire à nouveau son trou dans le game des bonbecs. Klein a depuis travaillé sur plusieurs projets qui n’ont jamais vraiment pris (David's Gourmet Jelly Beans, Snot ou Original Coffee House Jelly Beans).

Mais contrairement à ces dernières tentatives, les Jelly Beans au CBD confectionné par Spectrum Confections pourraient connaître plus de réussite. Après avoir bénéficié d'un coup de projecteur de Cannabis Aficionado, les bonbons sont actuellement « sold out ».

Chaque Jelly Bean (sans sucre) de la gamme produite par Spectrum contient 10 milligrammes de CBD. « Le dosage approprié [de CBD] », a déclaré Klein à Cannabis Aficionado. « Si les gens veulent une petite dose, ils en mangent un. [...] Ils peuvent décider eux-mêmes de la posologie appropriée. » Sachant que personne ne mange qu’un seul bonbec, vous pouvez vous retrouver avec une dose élevée assez rapidement.

Dans le secteur de l’alimentation et des boissons, de plus en plus de marques se tournent vers le CBD pour tenter de capitaliser sur cette nouvelle niche. La Cuvée Coffee, institution basée à Austin, Texas, depuis 1998, a lancé une Cold Brew au CBD l’année dernière. GT’s Living Foods, grand nom du kombucha, a diversifié son offre de boissons en lançant une eau pétillante au CBD. Même Coca-Cola aurait négocié un temps son entrée sur le marché avant de se rétracter.

Si les effets bénéfiques du CBD – pris à des doses atteignant plusieurs centaines de milligrammes par jour – ont été mesurés pour lutter contre l'épilepsie, l'anxiété et la schizophrénie, ce n’est pas vraiment le cas avec les aliments infusés selon des experts interrogés par TONIC.

Le CBD met également plus de temps à avoir un effet lorsque vous le mangez ou le buvez – plus que si vous le fumez par exemple – et la force de chaque dose peut être diminuée par l’action de votre foie pendant la digestion.

Même si les avantages du CBD ne sont pas encore totalement prouvés, ne soyez pas surpris de voir les marques s'enrichir en foutant du cannabidiol un peu partout. Après tout, les Jelly Beans se bouffent compulsivement quelque que soit leur goût.


Cet article a été préalablement publié sur MUNCHIES US

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Il y a six mois Linus décidait de changer, a‐t‐il réussi ?

Souvenez‐vous, c’était il y a six mois : Linus présentait ses excuses et décidait de faire une pause. Il semblerait que Linus ait finalement accepté que certains de ses messages et interventions ne soient pas toujours appropriés. Il décidait alors de prendre du recul pour travailler sur lui‐même et apprendre à tenir compte des sentiments de ses interlocuteurs.

À votre avis, vous qui suivez la LKML, est‐ce que Linus a vraiment changé son mode de gouvernance ou est‐ce que ses vieux démons sont revenus ?

Associé à cela, la publication d’un code de conduite pour le développement du noyau — oui, c’est forcément lié, mais ce n’est pas ce code qui pousse Linus vers la sortie, c’est plutôt l’inverse : Linus qui a pris conscience du problème d’où le code de conduite proposé.

Vous trouverez en seconde partie son long message (et sa traduction) envoyé en plein milieu du cycle de développement du noyau 4.19 qui sera terminé par Greg Kroah‐Hartman.

Message de Linus et sa traduction

[ So this email got a lot longer than I initially thought it would get, but let's start out with the "regular Sunday release" part ]

[Bon, ce courriel est un peu plus long que je l'aurais pensé au départ, mais commençons avec la partie "publication dominicale habituelle" ]

Another week, another rc.

Une nouvelle semaine, une nouvelle RC.

Nothing particularly odd stands out on the technical side in the kernel updates for last week - rc4 looks fairly average in size for this stage in the release cycle, and all the other statistics look pretty normal too.

Rien de particulier concernant les mises à jour de la partie technique pour la semaine dernière - la RC4 paraît plutôt normale en taille à cette étape du cycle de publication et toutes les autres statistiques semblent plutôt normales également.

We've got roughly two thirds driver fixes (gpu and networking look to be the bulk of it, but there's smaller changes all over in various driver subsystems), with the rest being the usual mix: core networking, perf tooling updates, arch updates, Documentation, some filesystem, vm and minor core kernel fixes.

Nous avons à peu près deux tiers de correctifs de pilotes (le gpu et le réseau semblent en être la majorité, mais il y a de petits changements un peu partout dans différents sous-systèmes des pilotes), le reste étant le mélange habituel : base du réseau, mise à jour d’architectures, documentation, un peu de systèmes de fichiers, les VM et des mises à jour mineures de la base du noyau.

So it's all fairly small and normal for this stage. As usual, I'm appending the shortlog at the bottom for people who want to get an overview of the details without actually having to go dig in the git tree.

Donc tout est plutôt petit et normal à cette étape. Comme d'habitude, je joins le journal abrégé [NDT. des modifications] en annexe pour les gens qui veulent un aperçu des détails sans avoir à fouiller dans l'arborescence git.

The one change that stands out and merits mention is the code of conduct addition...

Le changement qui ressort et mérite d'être mentionné est l'addition du code de conduite.

[ And here comes the other, much longer, part... ]

[ Et ici commence l'autre partie, bien plus longue… ]

Which brings me to the *NOT* normal part of the last week: the discussions (both in public mainly on the kernel summit discussion lists and then a lot in various private communications) about maintainership and the kernel community. Some of that discussion came about because of me screwing up my scheduling for the maintainer summit where these things are supposed to be discussed.

Ce qui m'amène à la partie NON normale de la semaine dernière : les discussions (en public, principalement sur la liste de discussion du kernel summit et beaucoup par divers moyens de communications privées) à propos de maintainership et de la communauté du noyau. Une partie de ces discussions a émergé par ma faute, car je me suis planté dans mon agenda pour le maintainer summit, où ces choses sont censées être discutées.

And don't get me wrong. It's not like that discussion itself is in any way new to this week - we've been discussing maintainership and community for years. We've had lots of discussions both in private and on mailing lists. We have regular talks at conferences - again, both the "public speaking" kind and the "private hallway track" kind.

Ne vous méprenez pas. Ce n'est pas que cette discussion soit en elle-même nouvelle cette semaine - nous avons discuté de maintainership et de communauté depuis des années. Nous avons eu de nombreuses discussions tant en privé que sur les mailing list. Nous avons eu des discussions régulières à des conférences - à nouveau, tant lors de discussions publiques que lors de discussions de couloirs privées.

No, what was new last week is really my reaction to it, and me being perhaps introspective (you be the judge).

Non, ce qui est nouveau la semaine passée est vraiment ma réaction à cela et peut-être un peu d’introspection de ma part (je vous laisse juges).

There were two parts to that.

Il y a eu deux volets.

One was simply my own reaction to having screwed up my scheduling of the maintainership summit: yes, I was somewhat embarrassed about having screwed up my calendar, but honestly, I was mostly hopeful that I wouldn't have to go to the kernel summit that I have gone to every year for just about the last two decades.

L'un était ma propre réaction d'avoir bousillé mon planning du maintainership summit : oui, j'étais quelque peu embarrassé d'avoir gâché mon calendrier, mais honnêtement, j'espérais ne pas avoir à aller au kernel summit auquel je vais chaque année depuis près de vingt ans.

Yes, we got it rescheduled, and no, my "maybe you can just do it without me there" got overruled. But that whole situation then started a whole different kind of discussion. And kind of incidentally to that one, the second part was that I realized that I had completely mis-read some of the people involved.

Oui, nous l'avons reprogrammé, et non, mon "peut-être que vous pouvez juste faire sans moi" a été rejeté. Mais cette situation a alors généré un tout autre genre de discussions. Et, incidemment, il s'avère que j'avais mal interprété les écrits de certaines des personnes impliquées. [NDT. Syntaxe anglaise pourrie, si quelqu'un fait mieux, je prends.]

This is where the "look yourself in the mirror" moment comes in.

C'est là que le moment "regarde-toi dans le miroir" arrive.

So here we are, me finally on the one hand realizing that it wasn't actually funny or a good sign that I was hoping to just skip the yearly kernel summit entirely, and on the other hand realizing that I really had been ignoring some fairly deep-seated feelings in the community.

Et nous y voilà, moi, réalisant finalement, d'une part que ce n'était en fait pas drôle, ni un bon signe d'espérer juste sauter le kernel summit annuel et, d'autre part, que j'avais vraiment ignoré certains sentiments assez profonds dans la communauté.

It's one thing when you can ignore these issues. Usually itâs just something I didn't want to deal with.

C'est une chose lorsque vous pouvez ignorer ces problèmes. Généralement, c'est juste quelque chose à laquelle je ne voulais pas avoir à me confronter.

This is my reality. I am not an emotionally empathetic kind of person and that probably doesn't come as a big surprise to anybody. Least of all me. The fact that I then misread people and don't realize (for years) how badly I've judged a situation and contributed to an unprofessional environment is not good.

C'est ma réalité, je ne suis pas quelqu'un d’empathique par nature et ce n'est probablement une surprise pour personne. Et certainement pas pour moi. Le fait que j'ai mal compris les gens et que je n'ai pas réalisé (pendant des années) combien j'avais mal jugé la situation et contribué à un environnement non professionnel n'est pas bon.

This week people in our community confronted me about my lifetime of not understanding emotions. My flippant attacks in emails have been both unprofessional and uncalled for. Especially at times when I made it personal. In my quest for a better patch, this made sense to me. I know now this was not OK and I am truly sorry.

Cette semaine, les gens dans notre communauté m'ont confronté à ma vie, passée à ne pas comprendre les émotions. Mes attaques désinvoltes dans les courriels ont été à la fois non professionnelles et indues. En particulier les fois où elles furent personnelles. Dans ma quête de meilleurs rustines, c'était sensé pour moi. Je sais maintenant que ce n'était pas acceptable et je suis sincèrement désolé.

The above is basically a long-winded way to get to the somewhat painful personal admission that hey, I need to change some of my behavior, and I want to apologize to the people that my personal behavior hurt and possibly drove away from kernel development entirely.

Ce qui précède est simplement un long chemin tortueux pour arriver à admettre personnellement de façon quelque peu douloureuse que hé, je dois changer mon comportement. Et je tiens à présenter mes excuses aux personnes que mon comportement a blessé et potentiellement complètement éloigné du développement du noyau.

I am going to take time off and get some assistance on how to understand peopleâs emotions and respond appropriately.

Je vais prendre un congé et demander de l'aide pour comprendre les émotions des gens et comment répondre de façon adaptée.

Put another way: When asked at conferences, I occasionally talk about how the pain-points in kernel development have generally not been about the _technical_ issues, but about the inflection points where development flow and behavior changed.

En d'autres termes, lorsque je suis interrogé lors de conférences, je parle parfois du fait que les points irritants dans le développement du noyau ne sont généralement pas le fait de problèmes techniques, mais de points d’inflexion où le flot et les pratiques de développement évoluent.

These pain points have been about managing the flow of patches, and often been associated with big tooling changes - moving from making releases with "patches and tar-balls" (and the _very_ painful discussions about how "Linus doesn't scale" back 15+ years ago) to using BitKeeper, and then to having to write git in order to get past the point of that no longer working for us.

Ces points irritants concernent la gestion du flot de rustines, souvent associées avec de gros changements d'outils - passant de publications "rustines et tarballs" (et la discussion vraiment difficile que "Linus ne délègue pas" il y a plus de 15 ans de cela) à l'utilisation de BitKeeper, puis à avoir à écrire git pour dépasser le point où ça ne marcherait plus pour nous.

We haven't had that kind of pain-point in about a decade. But this week felt like that kind of pain point to me.

Nous n'avons pas eu de point de douleur en près de dix ans. Mais cette semaine, je l'ai ressentie comme un point de douleur.

To tie this all back to the actual 4.19-rc4 release (no, really, this _is_ related!) I actually think that 4.19 is looking fairly good, things have gotten to the "calm" period of the release cycle, and I've talked to Greg to ask him if he'd mind finishing up 4.19 for me, so that I can take a break, and try to at least fix my own behavior.

Pour rattacher tout cela à la publication du 4.19-rc4 (non, sérieux, c'est vraiment lié), je pense en fait que la 4.19 se présente assez bien, la période "calme" du cycle de publication arrive et j'ai demandé à Greg s'il pouvait s'occuper de terminer la 4.19 pour moi, de sorte que je puisse faire une pause et essayer de corriger mon propre comportement.

This is not some kind of "I'm burnt out, I need to just go away" break. I'm not feeling like I don't want to continue maintaining Linux. Quite the reverse. I very much *do* want to continue to do this project that I've been working on for almost three decades.

Ce n'est pas une espèce de pause "je suis épuisé, il faut que je parte". Je ne ressens pas de répulsion à continuer à maintenir Linux. Au contraire. Je veux vraiment continuer à mener ce projet sur lequel je travaille depuis près de trente ans.

This is more like the time I got out of kernel development for a while because I needed to write a little tool called "git". I need to take a break to get help on how to behave differently and fix some issues in my tooling and workflow.

C'est plutôt comme la fois où je me suis retiré du développement du noyau quelque temps, parce qu'il fallait que j'écrive un petit outil appelé "git". J'ai besoin de faire une pause pour trouver de l'aide pour me comporter différemment et corriger quelques problèmes dans mon outillage et mon processus de travail.

And yes, some of it might be "just" tooling. Maybe I can get an email filter in place so at when I send email with curse-words, they just won't go out. Because hey, I'm a big believer in tools, and at least _some_ problems going forward might be improved with simple automation.

Et oui, une partie pourrait n'être "que" de l'outillage. Peut-être que je peux mettre en place un filtre de sorte que lorsque j'envoie un courriel avec des gros mots, il ne parte simplement pas. Parce que, hé, je crois fermement aux outils et au moins, certains problèmes pourraient être améliorés avec une simple automatisation.

I know when I really look "myself in the mirror" it will be clear it's not the only change that has to happen, but hey... You can send me suggestions in email.

Je sais, quand "je me regarde vraiment dans le miroir", qu'il est clair que ce n'est pas la seule chose qui doit changer, mais hé… Vous pouvez m'envoyer des suggestions par mail.

I look forward to seeing you at the Maintainer Summit.

J'ai hâte de vous revoir au Maintainer summit.

Linus

Linus

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Protégé : Starfish part. 2

By: Becky

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#LeBrief : « identité réelle » sur Internet, Nokia a envoyé des données en Chine, Telegram 5.5

C'est l'heure de #LeBrief, notre bilan de l'actualité dans le domaine des nouvelles technologies. Il contient toutes les informations qu'il ne faut pas manquer pour bien commencer la journée. Il est diffusé en accès libre.


La députée LR Valérie Bazin-Malgras, avec plusieurs autres parlementaires du groupe, a déposé une proposition de loi obligeant les utilisateurs des réseaux sociaux à s’y inscrire sous leur identité réelle.

Cet « outil formidable d’expression, de partage et de communication » est considéré par la parlementaire comme source d’inquiétudes : tantôt les réseaux sociaux « perturbent l’expression démocratique par la diffusion d’infox via de faux comptes, tantôt ils déversent leur lot de haine et de langage ordurier d’autant plus inappréciable que les insultes y sont quotidiennes et banalisées ».

Afin de « responsabiliser » les contributeurs, elle veut leur imposer « de sortir du confort de l’anonymat ». Le texte envisage ainsi en un article unique d’imposer aux réseaux sociaux une obligation d’identité des internautes utilisateurs de ces services en exigeant la « présentation de tout document écrit à caractère probant. »

Un décret en Conseil d’État, pris après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, en fixerait les modalités d’application pratique.

Le texte est très ample, puisqu’au lieu de viser les seuls réseaux sociaux, catégorie non définie juridiquement, l’élue impose cette contrainte à l’ensemble des hébergeurs. En somme, Twitter, Facebook, les forums en ligne, les zones de commentaires sous les articles de presse, les hébergeurs de fichiers, etc. seraient tous astreints à aspirer ces documents d’identité.

La députée se garde par ailleurs de définir une durée de conservation ou le lieu de stockage de ces données nominatives, tout comme la façon dont les intermédiaires pourront s’assurer que l’internaute est bien qui il prétend être.

En début d’année, trois élus LREM avaient plaidé pour une solution équivalente afin de lutter contre le « déferlement de haine » en ligne. Leur idée était restée lettre morte.  


Le premier vol de Falcon Heavy s'est déroulé il y a plus d'un an maintenant. La fusée est pour rappel composée d'un premier étage renforcé avec deux boosters supplémentaires, en fait eux aussi des premiers étages de Falcon 9.

Elon Musk en profitait pour assurer le buzz en envoyant dans l'espace son roadster. Dans tous les cas, la mission était un succès pour SpaceX. Depuis, on attendait la suite.

Selon nos confrères de CNBC, le prochain lancement pourrait avoir lieu à partir du 7 avril. La mission s'appellerait Arabsat 6A et aurait pour but de placer en orbite des satellites pour l'Arabie Saoudite. SpaceX n'a pour le moment pas confirmé ou infirmé.

SpaceX Falcon Heavy : un second vol serait en préparation pour le 7 avril

Alors que le débarquement était prévu pour ce printemps, il est désormais question du premier jour de l'été – le 21 juin – partout dans le monde.

Pour rappel, les 26 épisodes de la série seront disponibles, ainsi que deux films sortis un an après la fin de la série et particulièrement polémique pour certains fans : Death & Rebirth et The End of Evangelion.

Un peu de retard pour Evangelion, qui sera disponible le 21 juin sur Netflix

Au dernier décompte, l'opérateur affirmait que 11,8 millions de prises étaient raccordables à son réseau FTTH, en hausse de 30 % sur un an.

Aujourd'hui, ce n'est pas de commercialisation dont il est question, mais de construction : « Ce sont désormais plus de 10 millions de logements et locaux commerciaux qui ont accès à la fibre partout en France grâce aux efforts de déploiement d’Orange, ce qui correspond à 70 % des lignes déployées sur le territoire national », affirme ainsi Stéphane Richard, président-directeur général d’Orange.

Pour rappel, Orange a récemment annoncé son arrivée sur « tous les réseaux d’initiative publique de France », quel que soit l'opérateur d'infrastructure déployant le réseau de fibre optique.

FTTH : Orange a dépassé le cap des 10 millions de prises fibre construites par ses équipes

L'affaire avait éclaté la semaine dernière et le régulateur finlandais avait ouvert une enquête, comme l'explique Engadget. Parmi les données envoyées par le téléphone à un serveur chinois se trouvaient l'emplacement géographique, le numéro de la carte SIM et le numéro de série du smartphone.

Nokia confirme l'envoi de données, mais tente de rassurer en ajoutant « qu'aucune information personnellement identifiable n'a été partagée avec une tierce partie ». Le fabricant (HMD) affirme qu'il s'agit d'une erreur : « Nous avons constaté que notre client d'activation destiné à la version chinoise du smartphone avait été installé par erreur dans un lot unique de Nokia 7 Plus ».

Il ajoute que ce problème avait déjà été identifié et corrigé en février. « Tous les smartphones concernés ont reçu le correctif et presque tous l'ont déjà installé ». Si le numéro de build est 00WW_3_39B_SP03 ou 00WW_3_22C_SP05, vous avez le patch.

Le constructeur balaie de la main des accusations affirmant que d'autres smartphones sont concernés : « Toutes les données des terminaux Nokia autres que les versions chinoises sont stockées sur les serveurs de HMD Global à Singapour, via Amazon Web Services ».  


Les deux agences spatiales sont partenaires sur cette étude réalisée en Allemagne dans l'Envihab.

Les participants vont devoir rester allongés sur un lit incliné avec la tête à 6° sous l'horizontal pour simuler un voyage dans l'espace. Ils passeront de temps en temps dans une centrifugeuse à bras court afin de « recréer la gravité » et renvoyer du sang vers les jambes. L'expérience devrait durer 60 jours.

But de l'opération : préparer des voyages de longue durée dans l'espace. Pour rappel, les astronautes dans la Station spatiale internationale passent actuellement jusqu'à 2h30 par jour à faire de l'exercice physique, avec une alimentation strictement contrôlée.

L'ESA et la NASA vont tester la manière dont la gravité artificielle pourrait aider les astronautes

Elle est animée par un SoC avec huit cœurs, 3 Go de mémoire vive et 32 Go de stockage, le tout articulé autour d'Android 9.0 Pie avec « une interface dédiée ».

« Les joueurs doivent juste s'asseoir autour de la table, à 2 ou plus, pour entamer une partie, qu’il s’agisse d’un jeu de plateau, de cartes, de rôle, etc. », explique le fabricant.

La Play Tab sera disponible à la rentrée des classes pour 249 euros.

Archos Play Tab : une tablette de 21,5" pour jouer en famille ou entre amis, pour 249 euros

Le Centre national de la recherche scientifique, en partenariat avec le Monde, revient sur le déploiement « des lignes de détection » de KM3NeT (Cubic Kilometre Neutrino Telescope), dont le but est de détecter et étudier « les particules élémentaires les plus mystérieuses de la physique actuelle » : les neutrinos.

« Produits au cœur des étoiles lors des réactions de fusion nucléaire, ou dans l’atmosphère sous l’effet de la collision des rayons cosmiques, les neutrinos sont à la fois très abondants mais aussi très discrets : ils interagissent si peu avec la matière qu’ils traversent tout sur leur passage », expliquait récemment le CNRS.

Lorsqu'un neutrino parvient enfin à réagir avec de la matière, il produit une particule secondaire appelée muon. Cette dernière, en traversant l'eau de mer, émet un cône de lumière bleutée que le détecteur tente d'identifier.

Avec le CNRS plongez au cœur de KM3NeT, un détecteur de neutrinos

Telegram 5.5 vient de sortir sur Android et iOS avec une longue liste de nouveautés.

Certaines sont générales, comme une amélioration de la qualité des appels (audio, Telegram ne fait toujours pas de vidéo) ou de petits apports pour les emojis. Sur Android, leur panneau a ainsi été remanié, tandis que sur iOS un emoji sera affiché plus grand s’il est envoyé seul.

D’autres sont plus spécifiques. Vous pouvez ainsi supprimer un message reçu autant pour vous que le contact avec vous discutez. Dans une conversation privée, on peut également supprimer tous les messages en deux actions.

Pour les utilisateurs inscrits dans de nombreux groupes, une nouvelle option de vie privée permet d’effacer automatiquement tout lien vers leur compte quand leurs messages sont transférés.

Notez également l’apparition d’un champ de recherche dans les paramètres. Une réponse au nombre d’options augmentant avec le temps.

Une révision mineure a été déployée pour la version Desktop (1.6.2) afin de tenir compte des nouvelles capacités d’effacement des messages.


Le 12 mars, le porte-container italien prenait feu au large des côtes françaises. Il a ensuite sombré avec sa cargaison, entraînant une marée noire. À l'heure actuelle, « du fuel s’écoule toujours du navire qui gît maintenant à une profondeur d’environ 4500 m », explique l'ESA.

Le 19 mars, « Sentinelle 1 a acquis cette image radar de la marée noire, la grande zone sombre au centre de l’image, qui s’étire sur environ 50 km. Les plus petits points blancs représentent des navires, probablement ceux qui participent aux opérations de nettoyage », ajoute l'agence spatiale européenne.  

Sentinelle 1 prend en photo la marée noire occasionnée par Grande America

C'est le 21 mars 2001 que le premier opus de la série est sorti : The First Encounter. Il nous faisait alors découvrir un univers complètement barré, où Sam « Serious » Stone allait devoir affronter Mental et son armée.

Parfois vulgaire, souvent bourrin (et faisant quelques références à Doom), on se souvient surtout du titre pour ses batailles frénétiques où il fallait dégommer les « kamikazes » sans tête et autres monstres par dizaines, plus que son scénario.

Après plusieurs suites/prequels et de nombreux jeux dérivés (notamment en VR), la saga Serious Sam doit revenir dans le courant de l'année (à moins d'un nouveau retard). Mais excepté son support de DLSS de NVIDIA, on en sait encore assez peu à son sujet.

Serious Sam est majeur

La nouvelle version du navigateur vient d'arriver dans le canal bêta et introduit quelques améliorations pour les développeurs.

Il est question du support des éléments privés dans une classe pour JavaScript, de nouvelles méthodes pour Feature Policy, permettant de déclarer ou de connaître la liste des fonctionnalités autorisées, etc.

Une page ne pourra désormais plus utiliser window.open() pour en ouvrir une autre à la fermeture de celle en cours, même si le bloqueur de pop-ups est désactivé. La liste complète des changements est accessible par ici.

Les outils développeurs vont également être renforcés. Le détail est visible par là. On attend désormais de voir les nouveautés côté utilisateur, outre un renforcement de la navigation privée, déjà évoqué.

Google évoque les nouveautés de Chrome 74, attendu pour fin avril

Le changement sera actif le 31 mars, juste avant la fermeture d'Inbox. Il est la conséquence d'une nouvelle API annoncée par Google en octobre dernier.

« Cette modification signifie que tous les déclencheurs Gmail et l’action Créer un brouillon seront supprimés d’IFTTT », explique le service. Par contre, après échange avec les équipes de Google, les actions Envoyer un email et Envoyez un email à vous-même resteront disponibles.

Selon IFTTT, les modifications apportées par Google imposent une refonte en profondeur de la manière dont Gmail est intégré. Cela aurait demandé beaucoup de ressources pour au final une expérience utilisateur dégradée.

« Nous entretenons depuis longtemps de bonnes relations avec Google et soutenons leurs efforts pour améliorer la sécurité, même si cela est une déception pour certains », affirme IFTTT.


Vous êtes plutôt Vi(m) ou Emacs ? La nouvelle ne vous intéressera sans doute pas. Mais si vous êtes utilisateur de cet éditeur pour terminal, les quelques nouveautés annoncées pourraient retenir votre attention.

Car bien qu'il s'agisse d'un changement de numéro de version majeur, il n'y a pas de grand chamboulement, si ce n'est le défilement doux (une ligne à la fois) par défaut, et quelques changements dans les paramètres et raccourcis.

Comptez tout de même plus de 300 retouches depuis la mouture 3.2 sortie en novembre dernier.

GNU nano 4.0 est disponible

Au début du mois, Microsoft publiait sur GitHub le code source de son application, sous licence MIT. En plus d'être accessible à tout le monde, cela permet de suivre les évolutions de la calculatrice.

Comme l'a repéré ZDNet.com, l'ajout d'un Mode graphique proposé par un membre de Microsoft a été approuvé. Il est désormais en « préproduction ». Il permettrait de tracer des courbes.

Pour le moment, rien ne dit que cette fonctionnalité sera finalisée, quelles seront ses possibilités et quand elle sera disponible.

Un mode graphique en préparation pour la Calculatrice de Windows

C’est ce soir qu’aura lieu comme prévu la conférence d’Apple, attendue de pied ferme sur le terrain des services, particulièrement dans les domaines du streaming et de la presse.

Si l’on en croit le Wall Street Journal, Apple préparerait également une nouvelle application TV nettement plus intégrée, d’autres sociétés pouvant y déverser leurs contenus.

Il serait par exemple possible de s’abonner à des bouquets comme ceux de HBO ou Showtime, mais tous les contenus seraient réunis dans une même interface, sans avoir besoin d’une application tierce. Les exemples cités seraient proposés à 9,99 dollars chacun par mois.

Quant à la partie presse, le WSJ évoque pas moins de 200 magazines rassemblés dans un abonnement à 9,99 dollars par mois.

La conférence est prévue pour 18h et sera retransmise comme souvent depuis le site officiel.

Nous assurerons un suivi en direct de l’évènement.

Apple tient sa conférence « En scène » ce soir à 18h

Vendredi soir, Microsoft a diffusé la préversion 18362 dans le canal rapide, avant de la répercuter dans le canal lent.

Une bascule aussi rapide signifie la fin du cycle de développement. Elle ne corrige d’ailleurs que deux problèmes, l’un bloquant la mise à jour automatique des applications dans le Store, l’autre provoquant des plantages de l’application Connect.

Cette build 18362 est probablement une Release Candidate, en dépit d’une liste de problèmes à corriger toujours existants, notamment un plantage du système avec certains titres exploitant un système antitriche et des soucis avec les cartes son X-Fi de Creative.

Il s’agit probablement de soucis techniques nécessitant un travail commun avec les entreprises concernées, qui seront donc corrigés par de nouveaux pilotes ou patchs spécifiques.

Il s’écoulera de toute façon quelques semaines entre la finalisation de la version 1903 et le début de la diffusion sur Windows Update. Hypothèse la plus probable : les machines ayant un problème répertorié ne seront tout simplement pas mises à jour tout de suite.


Alors que la bêta publique se fait toujours attendre, une version interne de développement du nouvel Edge est en ballade sur la toile.

La version est estampillée 75, contre 44 pour la mouture la plus récente, actuellement dans la version 1903 de Windows 10.

Malgré le bond, cette version est essentiellement un Chrome avec une surcouche de Microsoft. Le travail est manifestement loin d’être terminé, puisqu’elle n’embarque presque aucune spécificité d’Edge, comme les annotations sur les pages ou Application Guard.

Nous reviendrons dans la journée sur cette préversion, mais avec les pincettes de rigueur, tant le navigateur semble très incomplet en l’état. En outre, méfiance sur le téléchargement, puisque l’installeur provient d’une source tierce.

Le nouvel Edge basé sur Chromium en fuite sur Internet

La bêta de Fedora 30 ne sortira pas comme prévu demain. La nouvelle date envisagée est le 2 avril, si tout se passe bien, comme le rapporte Phoronix.

À la source du problème, un bug particulièrement bloquant dans la version Arm du système, qui l’empêche d’avoir une navigateur installé à cause de soucis spécifiques liés à Firefox.

Les développeurs prévoient donc de passer sur Epiphany pour contourner le problème. Seulement voilà, cette « dérivation » n’était pas prête au moment de valider la bêta.

Espérons que Fedora 30 n’accumulera pas trop de retard, la mouture précédente étant sortie plusieurs semaines après la date initialement envisagée.

La bêta de Fedora 30 a un peu de retard

L'éditeur donne rendez-vous pour suivre ses dernières annonces, vidéos de présentation et mises à jour autour des jeux de la PlayStation 4 et du PlayStation VR.

Il s'agit d'une première émission, probablement dans le style des Inside Xbox et Nintendo Direct. D'autres sont prévues tout au long de l'année. Elle sera diffusée en direct sur Twitch, YouTube, Twitter et Facebook.

PS4 et PS VR : ce soir à partir de 22h suivez la conférence State of Play de Sony

Sauce blanquette

Délicieuse sauce blanche à la crème préparée avec le bouillon de la blanquette.

  • 30 g de beurre doux
  • 40 g de farine blanche
  • 1/2 litre de fond de veau
  • 4 c. à soupe de crème fraîche
  • ½ citron pressé
  • 3 jaunes d'œufs
  • sel, poivre
  • muscade en poudre
Recette de cuisine-libre.fr
  1. Préparer un roux blanc en faisant fondre le beurre à feu doux, sans le colorer, avant d'ajouter la farine en pluie. Mélanger constamment avec une spatule en bois pour éviter les grumeaux.
  2. Hors du feu, délayer le roux dans le fond de veau (ou bouillon de cuisson de blanquette préalablement filtré et réduit).
  3. Porter à ébullition en fouettant jusqu'à épaississement de la sauce.
  4. Lier au jaune d'œuf : prélever un peu de sauce dans un bol, y ajouter les jaunes d'œufs battus en remuant très rapidement pour qu'ils ne cuisent pas. Incorporer à la sauce, qui se teinte très légèrement.
  5. Hors du feu, ajouter la crème fraiche et le jus de citron. Salez, poivrez, ajoutez une pincée de muscade. Mélangez et ajustez l'assaisonnement à votre goût.

Servez aussitôt en nappant généreusement les légumes et la viande votre blanquette avec cette sauce onctueuse.

La sauce de la blanquette est une sauce blanche à la crème, citronnée et liée aux jaunes d'œufs (ou « sauce bâtarde »), préparée avec le bouillon de cuisson de la blanquette.

© Recette diffusée sous CC0.

Habitations martiennes

By: Korben

Dans le cadre d’un concours organisé par la NASA, LightField London a réalisé une vidéo captivante si vous vous intéressez à la colonisation de Mars notamment à la construction d’un habitat viable à sa surface.

Évidemment, il s’agit d’une vue d’artiste et pas d’une modélisation réelle des plans de la NASA, mais qui sait ? Peut-être que l’agence spatiale américaine ou d’autres iront y puiser quelques idées pour la future base martienne ?

Je l’ai trouvé sympa alors je la partage.

Je m’imagine vivre là bas et je crois que ce qui serait très difficile pour moi, c’est de ne plus jamais respirer de l’air frais.

Mis à part ça, le reste m’irait très bien. Ça doit être calme là bas.

Yesterday — March 24th 2019Your RSS feeds

First gameplay footage for Ys IX: Monstrum Nox

First gameplay footage for Ys IX: Monstrum Nox

A quick clip showing three characters

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