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Faire preuve de gentillesse rallongerait votre espérance de vie

Une raison de plus de répandre le bien autour de vous dans ce monde de brutes.

Temps de lecture: 2 min — Repéré sur BBC

«Sois gentil, pas méchant, c'est pas gentil d'être méchant...» Et si la clé de la longévité résidait dans les paroles chantées par l'inclassable Dewey dans la série télévisée Malcolm? Selon un groupe de scientifiques qui étudie les bienfaits de cette vertu, la gentillesse pourrait nous permettre de vivre plus longtemps.

Associée en psychologie à l'empathie, à l'altruisme et à la générosité, la gentillesse est parfois loin de faire partie de notre quotidien. L'Institut Bedari Kindness de l'Université de Californie à Los Angeles, où travaillent entre autres des anthropologues et des psychologues, s'efforce de comprendre les bénéfices de ce type de comportement en étudiant ses effets psychologiques et physiques ainsi que les mécanismes qui peuvent conduire à se comporter ainsi.

D'après les recherches de cet organisme, nous aurions tout intérêt à être gentil·les le plus souvent possible. «Avoir un comportement centré sur la gentillesse ou même réfléchir à la manière dont on peut être davantage aimable avec les autres fait baisser la tension artérielle», déclare Daniel Fessler, directeur de l'Institut. Parmi les autres avantages thérapeutiques figure le traitement de «la dépression et l'anxiété».

A contrario, évoluer dans un environnement hostile, où vous adoptez une attitude désagréable envers autrui, aurait pour conséquence d'augmenter votre stress, votre rythme cardiaque et in fine de «raccourcir littéralement votre vie».

Même avis pour Kelli Harding, médecin de l'Université de Columbia, qui estime que bienveillance et empathie «boostent le système immunitaire et aident globalement les gens à vivre mieux et plus longtemps». D'autres recherches ont aussi établi que les personnes qui font du bénévolat seraient moins sujettes à la dépression. Elles auraient tendance à «mieux évaluer leur sentiment de bonheur, leur qualité de vie et leur estime de soi», selon une étude publiée dans la revue Journal of Health and Social Behaviour.

Être gentil·le avec soi-même

Être gentil·le ne veut pas dire se promener tous les jours avec un sourire faussement mielleux, c'est surtout adopter un comportement honnête et bienveillant avec soi-même. «Il est souvent plus facile d'être gentil avec les autres qu'avec nous-mêmes», commente Kelli Harding à la BBC. Pourtant, prendre le temps de réfléchir à des pensées positives et s'autocomplimenter serait tout aussi bénéfique, d'après une étude publiée en 2019 et réalisée par les universités d'Exeter et d'Oxford.

«Il y a tellement d'occasions de favoriser la gentillesse envers soi-même et envers les autres, ajoute Kelli Harding. Sur son lieu de travail, à l'école ou encore à la maison.» Même des interactions à première vue triviales, comme sourire à un serveur dans un café ou lui demander comment il va, peuvent participer à son bien-être et au vôtre.

La délicate question du consentement des personnes âgées en Ehpad

En matière d'aide et de soin, les frontières entre contrainte et consentement sont plus floues qu'il n'y paraît.

Temps de lecture: 7 min

Monsieur Duclos vient de donner son accord pour entrer dans un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, autrement dit un Ehpad. Il a enfin signé son contrat de séjour. Obtenir son adhésion n'a pas été une mince affaire. À la fin de son hospitalisation dans un service de psychiatrie, il voulait en effet rentrer chez lui, mais entre-temps son appartement a été vendu avec l'aide de ses enfants. Il a fini par accepter la solution qui lui était proposée, les personnels soignants ayant usé de quelques artifices.

Ils l'ont accompagné chez lui, comme il le souhaitait, mais en évitant de préciser que son chez-lui était désormais l'Ehpad. Pour faciliter les choses, ils ont soutenu ce pieux mensonge par une petite mise en scène. Avec l'aide des proches et du personnel de l'Ehpad, ils ont pris soin de placer dans sa future chambre quelques-uns de ses meubles et de tapisser les murs de photos de sa femme et de ses enfants. Monsieur Duclos s'est tout de suite senti chez lui.

Rassuré, il a signé sans protester le précieux contrat de séjour. Il semble même retrouver ses habitudes. À table, il aime accompagner son repas de quelques verres de vin. Certes, il aurait préféré avoir sa propre bouteille. Mais non, cela ne se passe pas ainsi dans l'Ehpad. Le directeur explique:

«Monsieur Duclos est un peu porté sur l'alcool. Il faut faire attention. Dans ce genre de cas, on utilise de petits verres. Comme cela, on lui sert du vin quand il demande... mais en faibles quantités. On répond à ses attentes, mais pas trop, et tout le monde est content.»

Cet exemple fictif illustre bien les difficultés de mise en application des principes de la démocratie sanitaire, en particulier en ce qui concerne la notion de consentement, dont les frontières sont parfois pour le moins incertaines.

L'adhésion doit rester libre

Depuis maintenant deux décennies, les politiques sanitaires et sociales cherchent à rendre plus démocratiques les prises en charge des patient·es ou des résident·es. Au centre de cette procédure: le consentement éclairé.

Sauf exception –en psychiatrie notamment–, aller à l'encontre de l'avis des personnes, les contraindre à se soigner ou à entrer dans tel ou tel établissement n'est pas autorisé, du moins en principe. L'individu doit consentir. Plus encore, il doit être informé, être tenu au courant des risques liés à l'intervention qui le concerne, et plus largement des conséquences de ses choix. Bref, il doit être éclairé et son consentement ne saurait être forcé. Son adhésion doit rester libre.

De ce point de vue, la procédure qui permet de faire entrer Monsieur Duclos dans un établissement ou de l'empêcher de boire trop de vin ne semble pas rentrer dans les cases de la démocratie sanitaire. Certes, il a bien signé un contrat de séjour. Mais il est clair que son consentement n'a pas été entièrement libre ni entièrement éclairé. Privé de son domicile, il n'avait plus d'autre choix que l'Ehpad. Les subterfuges imaginés par les aides-soignant·es avec l'aide des enfants, pour conjurer un éventuel refus et pour éviter le recours à la force, peuvent difficilement être considérés comme des informations visant à aider Monsieur Duclos à faire ses propres choix. La signature atteste de l'existence d'un consentement formel; mais celui-ci paraît plus embrumé qu'éclairé.

Peut-être n'y avait-il pas d'autres moyens pour obtenir l'acceptation de Monsieur Duclos. Et puis, pour les proches comme pour les professionnel·les qui avaient à cœur de trouver le meilleur cadre de vie possible pour Monsieur Duclos, cette solution constitue un compromis acceptable. Il n'en demeure pas moins que cette méthode qui s'appuie sur la ruse ne saurait servir de modèle.

La patientèle partenaire du personnel

Le modèle, il faut le chercher ailleurs. Notamment dans les formulaires d'information et de consentement qui sont proposés au patient ou à la patiente dès lors que celle-ci fait l'objet d'une intervention. Ces documents clarifient les choses. Ils constituent la preuve que la personne a bien été informée par le médecin, puisqu'ils expliquent les tenants et les aboutissants de l'intervention et listent tous les risques encourus, que ceux-ci soient mineurs ou majeurs, qu'ils soient rares ou fréquents. Ils indiquent ce qu'il convient de faire pour les réduire.

Ainsi éclairé·es, les patient·es, devenu·es partenaires des professionnel·les qui les soignent ou les prennent en charge, peuvent décider en toute connaissance de cause. Une telle démarche tend à être largement diffusée. Il suffit pour s'en convaincre de se reporter aux notices que l'on retrouve dans le moindre médicament ou bien encore aux contrats de séjour qui indiquent les droits et les devoirs de la résidente ou du malade quand celui-ci est hospitalisé ou, comme Monsieur Duclos, hébergé.

Un tel modèle produit certainement des effets positifs. Il fixe un idéal grâce auquel peut être mesuré l'écart entre la théorie et la pratique. Il est clair en effet –chacun·e peut en faire l'expérience– qu'on n'est jamais sûr qu'un consentement soit librement consenti.

Un modèle intéressant, mais à la portée limitée

L'information communiquée à la personne sur tous les risques auxquels celle-ci s'expose en prenant un traitement ou en acceptant une intervention suffit-elle à en faire un·e patient·e éclairé·e? La personne a beau être avertie, elle se lancera rarement dans une étude bénéfices/risques approfondie avant de prendre sa décision. Il y a fort à parier que, devant la masse des informations transmises, elle s'en remettra plutôt à l'avis ou à la prescription des praticien·nes, à la confiance qu'elle leur accorde ou non, à l'avis de proches, etc.

Le modèle n'est pourtant pas inutile. Il est même performatif au sens où il indique au patient ou à la patiente que celle-ci a désormais son mot à dire, et où il invite le ou la professionnel·le à faire preuve de vigilance concernant les droits et libertés des usager·es. Dans le cas de Monsieur Duclos, l'existence de ce modèle aide à s'interroger sur la qualité de sa prise en charge; il force le questionnement éthique.

Mais ce modèle a son revers. Il focalise en effet l'attention sur un moment particulier de la prise en charge et du soin, celui de l'acte proposé par un·e professionnel·le et que le patient ou la patiente accepte ou refuse. L'intervention chirurgicale en est la figure paradigmatique, mais on peut également évoquer la prise d'un traitement ou l'entrée dans un établissement par exemple.

De tels actes, ainsi détachés de leurs contextes, s'accommodent bien d'une approche en matière de choix rationnel selon laquelle l'individu, libre et dûment informé par un tiers, choisit entre deux options. Mais le soin ne se réduit pas à une succession de moments, détachables les uns des autres ni à une relation de face à face.

Un insaisissable consentement?

Le soin est un processus dans lequel sont enrôlées de multiples parties prenantes –soignant·es, soigné·es, proches, administrations, institutions, objets techniques, médicaments...– et où s'enchevêtrent des myriades de gestes et d'actes, les uns très techniques, les autres très banals, tous plus ou moins interdépendants.

Ces différentes activités ne peuvent être toutes anticipées, ni attribuées à chacun des acteurs et encore moins figurer dans des formulaires de consentement. Dans ces conditions, la décision est difficilement localisable dans l'espace et dans le temps. Elle se déploie dans toute la chaîne des intervenant·es sans pouvoir être véritablement attribuée avec certitude à l'un·e d'entre elles ou eux.

Or, dès lors que le soin est envisagé non plus comme un acte isolé et situé dans le temps, mais comme une activité faite de processus et de relations, le consentement change de nature. Il n'est plus donné –par le ou la patient·e– ni reçu –par le ou la professionnel·le– pour un acte déterminé, mais produit par de multiples interactions entre parties prenantes. Le consentement comme la décision résultent en quelque sorte d'un travail d'influence fortement distribué et dont la visibilité est particulièrement faible.

Ainsi, pour que Monsieur Duclos puisse se sentir chez lui, il aura fallu qu'une grande diversité d'acteurs s'emploient au travers de diverses micro-actions, plus ou moins coordonnées, à rendre in fine l'acceptation pratiquement inévitable. Il aura fallu que des proches se chargent de sélectionner des photos puis de les afficher, que le directeur de l'Ehpad accepte la personnalisation de la chambre, que le déménageur arrive en temps utile, que les aides-soignant·es aient déjà préparé le terrain quotidiennement, etc.

Cette approche du soin comme processus ouvre des questions éthiques qui sont loin d'être résolues. Comment en effet penser la démocratie sanitaire, comment s'assurer de la validité et de la légitimité du consentement individuel quand celui-ci devient insaisissable parce qu'enchâssé dans un processus de décision collective?

Monsieur Duclos a finalement accepté sa nouvelle demeure. Sait-il que ce faisant il accepte de se soumettre aussi aux horaires des repas, à l'heure du coucher et à diverses autres règles? Probablement pas. Il les découvrira au fil du temps et finira peut-être par les accepter, faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Quoi qu'il en soit, il ne peut revenir en arrière, c'est-à-dire retourner chez lui. En ce sens, son consentement actuel peut être considéré comme un peu forcé. Non point seulement par les règles de l'institution, mais aussi paradoxalement par lui-même, en raison des divers consentements qu'il a pu donner consciemment ou non, sans en mesurer toujours les conséquences, tout au long de la trajectoire de sa prise en charge.

Ce texte prolonge l'intervention menée par Livia Velpry dans le cadre du cycle national de formation 2018-2019 de l'Institut des hautes études pour la science et la technologie (IHEST).

Pour en savoir plus: Livia Velpry, Pierre A. Vidal-Naquet et Benoît Eyraud (dir.) (2018), Contrainte et consentement en santé mentale – Forcer, influencer, coopérer, Presses universitaires de Rennes.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.

The Conversation

Comment les Allemands de l'Est dépensèrent l'«argent de bienvenue» octroyé par l'Ouest

Dans les jours qui ont suivi la chute du mur de Berlin, des millions de personnes se sont ruées dans les magasins ouest-allemands.

Temps de lecture: 9 min

Ce 10 novembre 1989, à peine passée l'euphorie de cette nuit de fête historique, durant laquelle les Ossis ont déboulé en masse dans les rues de Berlin-Ouest pour fêter bras dessus, bras dessous avec les Wessis leur liberté retrouvée, les premières personnes arrivées de RDA font la queue devant les banques ouest-allemandes dès le début de la matinée. Elles viennent chercher leur «argent de bienvenue» (Begrüßungsgeld), cette somme offerte par l'Allemagne de l'Ouest à tout individu issu de l'ancienne RDA qui se rend sur son territoire.

Cette mesure avait été mise en place par la RFA en 1970 de manière à compenser le peu d'argent (70 Ostmarks) que les rares Allemand·es de l'Est autorisé·es à quitter leur pays avaient le droit d'emporter dans leur bourse, l'économie est-allemande étant toujours à court de devises. Ces personnes qui transitaient recevaient 30 Deutsche Mark (DM) à leur arrivée sur le territoire ouest-allemand, avant que cette somme ne soit finalement portée à 100 DM en 1987. Cent DM. Un précieux sésame pour partir à la découverte de l'Ouest et de son système capitaliste, diabolisé des décennies durant par la propagande communiste. Willkommen im Kapitalismus!

Trois millions de personnes

Les citoyen·nes de l'Est ont reçu ce cadeau de bienvenue à bras ouverts: rien que les 10 et 11 novembre 1989, ce sont plus de 3 millions de personnes qui ont empoché leurs 100 DM. Environ 16 millions d'entre elles sont venues réclamer leur dû dans les semaines qui ont suivi la chute du Mur, soit presque la totalité de la population est-allemande, juste avant de faire leur baptême du feu dans la société de consommation. Au point que les supermarchés de Berlin-Ouest et des villes allemandes situées à proximité de la frontière de la RDA se sont retrouvés en rupture de stock au bout de quelques jours et que les magasins ont commencé à ouvrir le dimanche pour satisfaire la fièvre acheteuse qui s'était emparée des Ossis, après des décennies de rationnement et de privations. Trente ans plus tard, neuf Allemand·es de l'Est partagent leurs souvenirs avec nous.

Regina S., des jouets pour enfants

Regina S. avait 32 ans quand le Mur est tombé. Quelques jours plus tard, cette Leipzigeoise a pris le train pour Berlin avec une amie et leurs enfants. Elle n'avait qu'une idée en tête avant d'aller faire des emplettes: «voir la porte de Brandebourg depuis l'autre côté du Mur». Elle ne se souvient pas s'être acheté quelque chose ce jour-là. Le seul souvenir qu'elle ait ramené étant un bout du mur de Berlin. Mais elle a accompagné sa fille et son fils dans un magasin de jouets. Leur choix: une Barbie et des Legos.

La porte de Brandebourg (Berlin, Allemagne). | Ondřej Žváček via Wikimedia

Andreas S., des disques de pop rock

Andreas S., 14 ans à l'époque, se souvient lui aussi de sa toute première visite à Berlin-Ouest, qu'il avait rejoint en train de banlieue en compagnie de ses parents et de son frère, avec émerveillement: «Comparé au village gris et sinistre dans lequel nous vivions à l'Est de Berlin, qui ressemblait aux pires films qui ont été faits sur la RDA, Berlin-Ouest ressemblait, avec toutes les guirlandes de Noël qui décoraient les rues, à un petit paradis plein de lumière».

Fan de pop rock anglais, il investira ses premiers DM dans des vinyles, emportant avec lui la liste des albums qu'il rêvait d'avoir. «La musique était quelque chose de très particulier pour nous, car les disques étaient une denrée rare en RDA, à part quelques rares best of qui étaient immédiatement pris d'assaut. Les personnes qui parvenaient à les acheter se voyaient tout de suite demander de les copier sur cassette. Les vinyles étaient incroyablement recherchés.» Ce jour-là, Andreas s'est acheté trois disques: Wild!, d'Erasure, Big Thing, de Duran Duran, et We Too Are One, d'Eurythmics.

Andrea M., les disques d'Eurythmics

Andrea M., 18 ans lorsque le Mur s'est effondré, a fait le voyage dès le lendemain avec sa mère pour rendre visite à sa sœur qui vivait à Berlin-Est et sont allées toutes les trois dans l'autre moitié de la ville. «Nous avons demandé où se trouvait le plus grand centre commercial de Berlin-Ouest, et nous sommes allées dans la Schloßstraße, où nous avons passé la journée à faire du shopping, se souvient-elle. Mon tout premier achat a été un yaourt d'une marque que je connaissais à cause des pubs de la télévision de l'Ouest», s'amuse-t-elle. Elle a investi le reste de son argent dans des vinyles d'Eurythmics: «J'étais une grande fan de ce groupe. Certains étaient soldés, du coup j'en ai acheté huit ou neuf d'un coup», se souvient-elle, tandis que sa sœur s'est elle acheté un walkman. Aujourd'hui encore, Andrea a toujours ces disques dans son salon, qu'elle garde précieusement en souvenir de cette journée particulière.

Ellen H., du vin et une chaîne hifi

Ellen H., 41 ans à l'époque, ne s'est pas précipitée à l'Ouest quand elle a appris que le Mur était tombé. Ce ne sont que des semaines plus tard qu'elle s'est rendue avec son mari et ses enfants à bord de leur Wartburg le long de la route des vins d'Allemagne, dans la région du Rhin. «Nous avons acheté du bon vin et nous avons mis notre argent en commun avec nos fils pour acheter une chaîne hifi. Avec mon mari, ils avaient l'oreille musicale et étaient passionnés de musique.» Elle a aussi rapporté un panier plein de cèpes de son escapade en Allemagne de l'Ouest: «Nous avons trouvé des quantités de champignons dans la forêt, que les gens ne ramassaient plus à cause de Tchernobyl.»

Kaey K., un paquet de cacahuètes

Pour Kaey K., 10 ans à l'époque, la première journée à l'Ouest, des mois après la chute du Mur, conserve un goût légèrement amer, mais désopilant: «Avec ma famille, nous sommes allés à Helmstadt, une petite ville bavaroise qui était jumelée avec la nôtre, Halle. Nous avons passé la journée à faire du shopping, ma famille était en pleine fièvre acheteuse. C'était la première fois que je voyais des cacahuètes entières, et j'en ai acheté un paquet. J'ai demandé à ma mère si je pouvais les manger telles quelles. Je ne sais pas si c'est parce qu'elle était surexcitée ou déconcentrée, mais elle m'a dit que oui, avant d'exploser de rire quand elle a vu la tête que je faisais après avoir croqué une cacahuète entière.»

Ina G., collants et rouge à lèvres

Quand elle a appris que le mur était tombé la veille en buvant son café le matin, Ina G., 31 ans, est partie le jour même, à la fin de sa matinée de travail, rendre visite avec sa fille à une cousine de Berlin-Ouest. Ce n'est qu'une semaine plus tard qu'elle est revenue, seule, chercher ses 100 DM. «Ma mère m'avait toujours dit que, si un jour j'avais la chance d'aller à l'Ouest, il fallait absolument que j'aille au KaDeWe [le Kaufhaus des Westens, le grand magazin de l'Ouest, l'équivalent allemand des Galeries Lafayette, ndlr], au sixième étage, au rayon épicerie fine, se rappelle Ina. C'est donc ce que j'ai fait, j'ai pris un café et j'ai regardé les gens chics qui faisaient leurs courses. Puis j'ai pris l'escalator et je me suis arrêtée à chaque étage. J'y ai passé toute la journée et suis rentrée ravie à la maison», se souvient-elle, les yeux brillants.

La façade nord-ouest du KaDeWe en 2008. | Jochen Teufel via Wikimedia

Au rez-de-chaussée, elle essaye les parfums et tombe en pâmoison devant une paire de collants Yves Saint Laurent gris anthracite. Tandis qu'elle évoque la scène, elle sort la paire de son sac à main, qu'elle n'a jamais portée et qui est restée dans son emballage d'origine. «Les collants étaient deux tailles trop grandes, mais en réduction. Ils coûtaient 9 DM au lieu de 29, dit-elle en désignant l'étiquette. Je me suis dit que c'était l'occasion unique de m'acheter des collants français. Je ne les ai ensuite jamais portés, de peur de les abîmer. Je les ai gardés en souvenir dans mon armoire.» Elle s'achète également ce jour-là un rouge à lèvres Chanel, «le symbole du luxe absolu pour moi», qu'elle osera utiliser. Elle gardera les 40 DM qu'il lui restait en poche, de peur que ce ne soit les derniers: «À cette époque, on ne savait pas du tout si le Mur allait rester ou pas.»

Willy S., un jeu vidéo et des Legos

Willy S., 9 ans lorsque le Mur est tombé, se souvient avoir été très choqué, lorsqu'il faisait la queue avec ses parents et ses frères pour retirer leur «argent de bienvenue» devant Bahnhof Zoo, la fameuse station de métro où Christiane F. se shootait à l'héroïne, de voir pour la première fois de sa vie des SDF et des junkies. Passé cette vision inquiétante de cet Ouest mythifié, le petit garçon qu'il était a suivi sa famille au KaDeWe. «Mes deux frères et moi avions le droit de dépenser chacun 10 DM sur les 100 que nous avions reçus. Nous étions comme paralysés quand nous nous sommes retrouvés au rayon jouets. Nous étions complètement dépassés par cette offre pléthorique.»

Les trois frères ont mis leur argent en commun pour s'acheter un jeu vidéo et des Legos. «Il s'agissait d'un nouveau jeu et nous y avons joué sans relâche. C'était une course de voitures», se souvient Willy. Son père étant un militant pacifiste en RDA, il a été interviewé quelques mois plus tard par un journaliste vedette de la chaîne de télévision ZDF, Volker Panzer, et invité avec toute sa famille à se rendre en Allemagne de l'Ouest. «Il nous a amené à Mc Donald's directement après avoir passé la frontière. C'était totalement excitant pour nous les enfants, et je me souviens que l'herbe y était bien plus verte que de l'autre côté de la frontière.»

Volker Panzer en 2009. | Elke Wetzig via Wikimedia

Clemens M., «Steve Harley and Cockney Rebel–Greatest Hits»

Le Berlinois Clemens M.*, 30 ans à l'époque de la chute du Mur, n'a lui pas reçu 100 mais 300 DM au total. Explications: «Je faisais partie des rares chanceux qui avaient déjà obtenu l'autorisation d'aller à l'Ouest. J'avais pu rendre visite à un parent à Hambourg en 1988 et en mars 1989, en allant à chaque fois chercher mon “argent de bienvenue”, puisqu'on y avait droit une fois par an.»

En novembre 1989, alors qu'il a déjà reçu la somme annuelle allouée à chaque citoyen·ne de RDA se rendant en Allemagne de l'Ouest et que son passeport a été tamponné, il tente toute de même sa chance –avec sa carte d'identité. Au vu du chaos qui règne alors dans les banques, personne ne se rend compte de la supercherie. Clemens mettra cet argent de côté. Quelques mois plus tôt, il s'était acheté la compilation Steve Harley and Cockney Rebel–Greatest Hits à Hambourg avec son premier «argent de bienvenue» de l'année 1989.

La pochette de la compilation. | Ajsmith141 via Wikimedia

Uta M., tout sauf des feutres

Impossible pour Uta M. de se souvenir de sa toute première acquisition de l'autre côté du Mur. Elle avait 42 ans à l'époque. Mais une anecdote désagréable est restée gravée dans sa mémoire: «Je suis allée à la frontière avec mes deux enfants. Il y avait là une classe d'enfants ouest-allemands qui sont venus nous parler et qui voulaient offrir des feutres de couleur aux miens “puisque nous n'avions rien”. Ils nous prenaient vraiment pour des moins que rien. Mes enfants ont refusé, en leur disant qu'il valait mieux les offrir à ceux qui étaient vraiment dans le besoin», se souvient-elle, indignée par la condescendance avec laquelle de nombreux Ossis ont parfois été traités par les Wessis lors la Réunification.

Hautement symboliques ou dérisoires, ces achats reflètent les désirs et les aspirations d'un peuple coupé du monde occidental pendant plusieurs décennies, de sa prospérité, de sa liberté et de sa futilité. Avec cette centaine de Deutsche Mark, tout le monde a pu ramener un petit morceau de l'Ouest capitaliste chez soi, en plus d'un morceau du Mur de Berlin. Deux souvenirs très particuliers d'un événement historique unique en son genre, qui ont profondément marqué les Allemand·es d'ex-RDA.

* Le prénom a été changé.

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Kvltists, we are absolutely hextatic to announce our return to the stages in 2020! 🤘 We’ve been booked by some of the biggest festivals in Europe, so next summer will kick some serious ass. Rock Fest Barcelona will be our first time in Spain, so we’re very much looking forward to playing some of the material from “Pantheon of the Nightside Gods” live for you guys.

More announcements coming in the upcoming weeks. See you soon.

Éclat et zones d'ombre de «J'accuse»

La transposition à l'écran de l'affaire Dreyfus est un thriller historique mené avec maestria, où Roman Polanski suggère un très contestable parallèle avec sa propre situation.

Temps de lecture: 4 min

Du 5 janvier 1895, jour de la dégradation publique du capitaine Alfred Dreyfus, au début de 1907, le film raconte avec brio et méthode une histoire qui fait partie de l'histoire de France. Mais quelle histoire?

On pourrait aussi bien poser la question en disant: qui est accusé par ce «J'accuse»? Roman Polanski accompagne en effet ce qu'on appelle «l'affaire Dreyfus», mais il le fait d'une manière très particulière.

Cette manière est, d'abord et de manière incontestable, marquée par le brio de la mise en récit, à la fois haletant (sur un canevas dont tout le monde connaît l'issue), très riche en notations précises et en figures secondaires, et remarquablement rythmé.

Il bénéficie également d'une interprétation impeccable, à commencer par son acteur principal, Jean Dujardin, qui prouve ici à qui en douterait l'ampleur et la diversité de son talent.

Dujardin interprète le lieutenant-colonel Picquart, qui a joué un rôle décisif dans la mise à jour des malversations, manipulations et dénis de justice commis par l'armée et la justice française au cours de l'«affaire».

Suivant scrupuleusement l'enquête menée par le responsable du renseignement militaire et les principales étapes devant des tribunaux dont aucun ne reconnaîtra la vérité, le J'accuse de Polanski rappelle au moins deux faits majeurs que la perception commune de l'affaire a occulté, même si les historien·nes les connaissent très bien.

Les faits historiques et le roman

D'une part, le film rappelle que Dreyfus n'a été entièrement reconnu innocent que très tardivement, sept ans après avoir été gracié par le président de la République contre un ultime verdict judiciaire absurde (traître avec circonstances atténuantes), et qu'il n'a jamais été rétabli dans la totalité de ses droits et possibilités de carrière.

D'autre part, il remet en lumière combien toute l'affaire s'est déroulée sur fond d'un déchaînement de violence antisémite d'une grande part de la population française –violence massive et durable dont on a perdu, ou effacé, l'ampleur.

Jean Dujardin dans un rôle à la Gary Cooper ou à la George Clooney. | Via Gaumont

Au cœur du récit tel que le compose Polanski, on trouve donc Picquart –et pas Dreyfus qui, reclus à l'île du Diable, ne sait pendant quatre ans rien de ce qui se passe en métropole et n'en sera ramené que pour être, d'abord, à nouveau insulté et condamné. Louis Garrel, qu'on voit logiquement peu, donne une intense présence au capitaine juif, en particulier en ne cherchant jamais à le rendre sympathique à titre personnel.

Fondée sur des faits historiques, la manière dont est traité le lieutenant-colonel qu'incarne Jean Dujardin n'en est pas moins singulière. Personnage important de l'affaire, et personne de toute évidence digne d'estime, il devient devant la caméra du réalisateur de Chinatown bien autre chose: un héros de fiction.

Il est d'ailleurs significatif que, pour raconter cette histoire qui a fait l'objet d'un gigantesque travail de recherche depuis un siècle, le film s'inspire… d'un roman.

Celui-ci, D., de l'écrivain britannique spécialiste des romans historiques à suspens Robert Harris, également ici coscénariste, compose une relation des faits où les besoins spectaculaires et dramaturgique pèsent inévitablement.

Le combat d'un héros solitaire

Construit sur le modèle de l'homme providentiel dont Hollywood a fait un archétype aussi efficace que simplificateur, ce dispositif tend à polariser sur un seul individu une affaire qui fut autrement plus complexe et à bien des égards collective, y compris de manière conflictuelle parmi ceux qu'on va appeler les dreyfusards.

Plus cérébral que physique, mais capable de se battre (par exemple en duel contre son adjoint traître répugnant), Picquart devient un personnage à la Gary Cooper (plutôt que John Wayne) ou George Clooney (plutôt que Matt Damon). Mais pour l'essentiel, il s'occupe de tout –y compris de l'amour: il est le seul à avoir droit à une compagne.

À l'exception d'une scène très tardive dans le déroulement du film où surgissent Zola et Clémenceau, puis de la diffusion du pamphlet en première page de L'Aurore qui, le 13 janvier 1898, allait marquer un tournant de l'affaire, toute la dimension collective de l'organisation de la défense du condamné devient invisible. Ce n'est pas qu'une facilité dramatique, c'est une autre idée de l'histoire.

Le J'accuse de Zola et ses livres brûlent lors des violentes émeutes antisémites qui répondent à la recherche de la justice. | Via Gaumont

Autre simplification: Polanski montre, à juste titre, les déchaînements de haine contre les Juifs, en des scènes dont la brutalité est aussi un utile avertissement pour aujourd'hui où, de Zemmour au commissariat du coin en passant par les sectarismes de tout acabit, le racisme le plus odieux s'affiche à nouveau impunément sur le territoire français.

Mais il ne montre jamais l'existence d'un soutien populaire à l'accusé de l'île du Diable, soutien qui ne fut pourtant pas seulement le fait d'une poignée de personnalités. Dans le film de Polanski, la France n'est pas «coupée en deux» par l'affaire (fut-ce en parts inégales), selon la formule devenue classique depuis le fameux dessin de Caran d'Ache: elle est entièrement antisémite.

Un plaidoyer pro domo

C'est faire disparaître beaucoup de choses au profit d'une efficacité dramatique; c'est également servir un autre but, dont Polanski ne fait pas grand mystère.

Condamné aux États-Unis pour le viol d'une adolescente alors âgée de 13 ans, toujours poursuivi et ayant eu à subir plusieurs inconvénients de cette situation, dont une incarcération en Suisse, le réalisateur qui a depuis été accusé de viol par cinq autres femmes, dont récemment la photographe Valentine Monnier, n'a pas hésité à comparer explicitement son propre cas au sort de Dreyfus.

Pour renforcer cette approche, il a besoin de construire des figures solitaires, maltraitées par les puissances officielles et occultes comme par la populace haineuse. La dramaturgie historiquement simplificatrice de son J'accuse sert ainsi à la fois les intérêts du show et une plaidoirie pro domo, implicite mais reconnaissable.

Par une singulière distorsion, puisqu'il y a une affaire Polanski comme il y a une affaire Dreyfus, le «J'accuse» du titre concerne désormais aussi les personnes qui s'en sont prises à Roman Polanski. Le moins que l'on puisse dire est que ça se discute.

J'accuse

de Roman Polanski, avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Grégory Gadebois, Melvil Poupaud.

Séances

Durée: 2h12. Sortie: 13 novembre 2019.

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If your phone hasn’t updated yet, give this article a read and grab the new version today!

Markdown preview with syntax highlighting

Markdown preview with syntax highlighting
Markdown files are an easy way of taking meeting notes with your colleagues, writing down some quick ideas or thoughts, drafting a new proposal during a team call etc. After structuring the text with basic formatting in a human readable way you usually have to get back to it, maybe on the go, or you share it with other people who access from their mobile phones.

In this release the Android client supports many syntax highlighting for markdown preview, in read mode only. So now, markdown files are human readable and well structured even when you access them on the go!

This wouldn’t have been possible without the help of one of our awesome community members, Andy Scherzinger.

Remote wipe integration

Remote wipe allows users and administrators to forcibly clean files from remote devices, for example in case they are stolen. Now this feature is available on the Nextcloud Android client as well!

While many companies have Mobile Device Management, thanks to built-in support, remote wipe will work on systems not under management of the company. This is useful for home users but also large universities and of course in a scenario where guest accounts were handed to a third party. If you permit downloading of documents by the third party, you can wipe the files from their devices when the the collaboration has ended.

These things usually catch you unprepared, as no one really expect it at any time. Now remote wipe is available on your mobile’s settings, so you don’t need to be in the office to prevent data “disasters”!

New media player service

Some issues had been encountered with the media player for Nextcloud. One of our awesome community members, Chris Narkiewicz, had the idea to solve this solution, but then, instead, decided to entirely rewrite it, turning it into a new architecture that allows us fixing any current and future edge cases easily.

Thank you Chris!

More improvements

Improved DAVx⁵ integration

DAVx⁵ released its 2.6 version, compatible with Android 10 and Nextcloud Login flow is now implemented.

We’re happy to release DAVx⁵ 2.6! The new versions is now Android 10-ready and notifies users if the network is not available. We’ve implemented Nextcloud Login flow so you may now setup DAVx⁵ from the @Nextclouders app even with 2FA – super easy!https://t.co/6yi9mktiTp pic.twitter.com/fxqaaoqYGG

— DAVx⁵ (@davx5app) October 26, 2019

Auto upload

When auto upload is enabled, and new files are created in a subfolder, they get uploaded into the matching folder.

Printing from within Collabora

Now, printing when you open a document with Collabora on your Android client is fixed.

Single Sign On enhancements have been made and of course, many more fixes and refinements. Check the full list here. A big thanks goes to all the awesome members of our community that help us make Nextcloud better!

If you run an outdated, unsupported Nextcloud, the Android app will warn you of the risks. Nextcloud 12 is the oldest release that will work with this version of our app. We strongly recommend private users to upgrade their Nextcloud servers.

As companies sometimes have to use older versions, Nextcloud offers long term support. Contact our sales team for more information on this.

Nextcloud Desktop client 2.6.1 brings remote wipe, dark mode support to Mac OS X and more!

Desktop client 2.6.1

The Nextcloud Desktop client has been updated again with a number of nice improvements. Last week we made minor release 2.6.1 available!

🔒 First release with support for OpenSSL 1.1.1d and TLS 1.3 on all platforms\
🧹 Remote Wipe\
🐞 Lots of bug fixes and minor improvements\
🌃 Mac: Initial Dark Mode support (some known issues)

Check the full changelog.

Remote wipe

Remote wipe allows users and administrators to forcibly clean files from remote devices, for example in case they are stolen. Now this feature is available on the Nextcloud Desktop client as well!

While many companies have Mobile Device Management, thanks to built-in support, remote wipe will work on systems not under management of the company. This is useful for home users but also large universities and of course in a scenario where guest accounts were handed to a third party. If you permit downloading of documents by the third party, you can wipe the documents from their devices when the the collaboration has ended.

Dark mode

Enabling the dark mode while using your devices enhances visual ergonomics and reduces eye strain. It adjusts the screen colors according to current light conditions, providing more comfort at night or in dark environments.

This version of the Desktop client brings initial dark mode support to Mac OS X. Some issues are already known and we will be working on fixing these as well as bring many more cool improvements until the next release!

If you want to help us make Nextcloud better learn how you can get involved!

«Je pense à ce pervers qui vit en toute impunité»

[C'est compliqué] Cette semaine, Lucile conseille Alison, dont la mère est hantée par un traumatisme indélébile.

Temps de lecture: 5 min

«C'est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c'est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes. Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse: [email protected]

Vous pouvez aussi laisser votre message sur notre boîte vocale en appelant au 07 61 76 74 01 ou par Whatsapp au même numéro. Lucile vous répondra prochainement dans «C'est compliqué, le podcast», dont vous pouvez retrouver les épisodes ici.

Et pour retrouver les chroniques précédentes, c'est par là.

Chère Lucile,

Voilà un an que ma mère m'a fait une confession des plus troublantes, dont je voudrais témoigner. Ma mère est une femme qui souffert d'une longue dépression pendant douze ans et qui garde un penchant très sensible. Elle a fait des tentatives de suicide à plusieurs reprises. Elle a sombré dans la tourmente de l'anorexie, jusqu'à ne plus porter que 35 kilogrammes de peau, d'os et d'organes. Elle a été internée près de trois mois, nourrie à la sonde six mois, fait mille thérapies.

Mais un jour, elle a fait le deuil de sa douleur, mis dans une boîte des cauchemars, regardé l'horizon et réappris à vivre, doucement. Elle reste une femme fragile, une femme blessée à jamais, mais aussi une femme qui veut se battre pour ne pas se laisser abattre. Jusqu'ici, le non-dit avait toujours régné sur les causes de ses démons. Puis elle m'a raconté.

Elle m'a parlé des viols incestueux subis de ses 10 à ses 14 ans, commis par son frère –ce frère qu'elle a esquivé le plus possible, au point de perdre le lien avec le reste de sa fratrie (une famille de dix frères et sœurs). Elle m'a parlé de ses penchants anorexiques, qui étaient déjà là à l'adolescence. Elle m'a parlé de l'amnésie de cet épisode traumatisant de sa vie pendant les années où elle a connu l'amour, où elle a fondé une famille, où elle s'est construite. Et elle m'a parlé de comment, un jour, ses cauchemars ont refait surface pour la hanter jour et nuit.

J'ai eu mille questions après cet aveu. Pourquoi n'avait-elle pas parlé? Pourquoi n'avait-elle pas fait appel à la justice? Si elle pensait qu'il y en avait eu d'autres, etc..

Ma mère a tenté à maintes reprises de le dire à ses parents, en vain. Trop de peur, trop de honte. Sa sœur la plus proche ne l'a pas écoutée. Elle s'est sentie rejetée par ses frères et sœurs, qui ont toujours été très soudés. Elle a pensé qu'ils ne la croiraient jamais, elle qui avait pris ses distances sans dire mot (en vérité pour ne pas avoir à faire face à son agresseur). Elle n'a pas voulu dévoiler ce secret et provoquer une tornade dans la famille, mettre tout le monde sous le choc et l'incompréhension. Elle ne veut pas être à l'origine de l'éclatement familial. Elle n'a pas fait appel à la justice, parce qu'il y a prescription (je n'ai pas vérifié la loi) et parce qu'elle a honte.

Elle m'a parlé de ce frère, ce violeur également violent avec son ex-femme, qui a fui en emportant ses deux petites filles avec elle, coupant tout contact avec leur père pendant des années (contact qu'elles ont repris en devenant adultes). Je me suis souvenue de lui disant le sourire aux lèvres, avec un brin de fierté: «Des conneries, j'en ai faites beaucoup, je les ai peut-être toutes faites».

S'emparer du corps d'une femme, d'une enfant n'est pas une «connerie», c'est un crime.

Ma mère m'a fait promettre de ne rien dire; ça m'a fait mal, j'avais envie de le hurler à tout le monde. Je lui ai répondu que je ne pouvais pas promettre de faire semblant face à lui, le jour où je le verrai. La colère m'a envahie, elle ne m'a d'ailleurs pas quittée.

Quand il m'a envoyé un message, je lui ai craché mon venin. Je lui ai dit que je savais, je lui ai dit de ne plus jamais m'écrire, je lui ai dit qu'à mes yeux, il n'existait plus. Et pourtant, il existe bien plus qu'avant. Il est présent dans mes pensées conscientes et inconscientes. Il garde vif mon sentiment d'injustice. Je me sens muselée, impuissante. Je crois que j'ai aussi un peu peur.

Je pense à ce pervers qui vit en toute impunité et du sentiment de supériorité qui doit être le sien, parce que personne n'a osé dire, parce que personne n'a rien fait. Je pense à toutes ces femmes qui ont subi des violences, à nous, les femmes, qui vivons au quotidien entourées d'hommes dont le masque n'est pas tombé. Je pense au système de justice qui a des failles et qui semble soutenir les hommes. Je pense à cette société patriarcale et sa culture du viol qui me donne la gerbe.

Dans une situation comme celle-ci, comment puis-je agir? Que faire?

Alison.

Chère Alison,

C'est une juste et saine colère que vous ressentez. Vous pouvez déjà être fière de votre mère, qui a enfin mis des mots sur sa souffrance. Elle veut désormais cesser de souffrir de son expérience douloureuse, et vous pouvez accompagner ce processus de reconstruction en proposant des thérapies et thérapeutes. Sur les traumatismes comme le sien, les thérapies EMDR peuvent se révéler utiles. Votre mère a vécu toutes ces années avec le poids d'une violence terrifiante sur les épaules. Elle sait désormais qu'elle n'est plus seule. Vous êtes sa famille et vous allez l'accompagner.

Comment pouvez-vous agir? Je vous propose de transformer l'énergie de votre colère en énergie positive envers d'autres femmes en souffrance. Engagez-vous. Il y a dans toutes les villes de France des associations de soutien aux femmes battues, agressées sexuellement ou violées, proposez votre aide. Donnez de votre temps pour aller tracter ou coller des affiches. Formez-vous pour recevoir la parole.

Si vous avez besoin d'être active, il y a mille façons de l'être, toutes aussi utiles les unes que les autres. Les associations ont besoin de personnes engagées mais aussi d'argent, de locaux, de café et de petits gâteaux pour celles qui viennent témoigner. Ça peut paraître bête et trivial, je sais, mais ces gestes, même les plus petits, sont inestimables.

Quand on voit enfin cette violence et combien elle est partout, on ne peut plus l'oublier. Et quand on est du côté de celles qui souffrent, je peux vous assurer que juste une main posée sur l'épaule, une heure de conversation sans jugement devant un thé bien chaud, savoir qu'il existe un espace où on peut se sentir en sécurité, ça n'a pas de valeur.

Là, vous avez envie de tout brûler et je partage tellement votre sentiment. Mais vous faites déjà quelque chose: vous êtes l'appui de votre mère. Si vous voulez vous engager davantage, allez proposer votre aide à une association ou à un groupe de parole. Rien de ce que vous pourrez faire ne sera anodin. Chaque petit geste compte. Et vous savez pourquoi? Parce que ce soutien, il est rare.

Le monde a besoin de plus de personnes aptes à recueillir et accepter la parole des victimes. Et il a aussi besoin que cette parole soit partagée. Casser cette spirale toxique de silence, c'est déjà donner des coups de marteau dans le système de domination patriarcal. Votre réaction vis-à-vis de votre mère et vos mots aujourd'hui sont déjà un acte de rejet. Vous pouvez en être fière. Ne vous arrêtez pas.

«C'est compliqué», c'est aussi un podcast. Retrouvez tous les épisodes:

#LeBrief : YouTube critiquée pour ses CGU, trou dans la couche d'ozone, Alexa « omniprésent »

C'est l'heure de #LeBrief, notre bilan de l'actualité dans le domaine des nouvelles technologies. Il contient toutes les informations qu'il ne faut pas manquer pour bien commencer la journée. Il est diffusé en accès libre.


« YouTube peut clôturer votre accès ou l'accès de votre compte Google à tout ou partie du Service si nous avons des motifs raisonnables de croire que la mise à disposition du Service n'est plus commercialement viable ». 

Outre-Atlantique, la mesure qui doit entrer en application le 10 décembre prochain, suscite des critiques au regard des largesses apparentes qu’ouvre une telle clause. 

Google, propriétaire de la plateforme, assure ne pas avoir modifié « le fonctionnement de nos services, ni la façon dont nous recueillons ou traitons les données, ni aucun de vos paramètres ». 

Sur Twitter, le compte officiel insiste : « il n’y a pas de nouveau droit dans nos conditions nous permettant de résilier un compte au motif qu’il ne gagnerait pas d’argent. Comme préalablement, nous pouvons interrompre certaines fonctionnalités ou parties du service YouTube, par exemple, si elles sont obsolètes ou peu utilisées. Cela n'a aucune incidence pour les créateurs ou les internautes ». 

De fait, la plateforme commerciale s’offre la possibilité de résilier un service s’il ne lui rapporte plus assez, non de supprimer telle ou telle vidéo qui ne serait pas financièrement intéressante… même si la clause épinglée ne semble pas interdire une telle latitude. 

Remarquons que cette disposition est intégrée dans la section intitulée « clôture de compte par YouTube pour modification du Service ».

En Europe, cette disposition se retrouve depuis le 22 juillet dernier dans les conditions générales d’utilisation en vigueur. Dans la version précédente, en vigueur depuis le 22 janvier 2019, il était déjà précisé que « YouTube peut résilier votre contrat si (…) le Service que YouTube met à votre disposition n'est plus commercialement viable du point de vue de YouTube ».


Comme prévu, la société a fait décoller un lanceur hier, avec un nouveau lot de 60 satellites pour la constellation Starlink. C'était la quatrième fois que le premier étage était utilisé, une première pour la société.

C'était également la toute première fois qu'une coiffe « éprouvée » lors d'une précédente mission était de la partie. C'est un succès sur toute la ligne, avec la récupération encore une fois du premier étage.

SpaceX : une fusée Falcon 9 vole pour la 4e fois et déploie 60 satellites Starlink

Cet événement, que l'on peut traduire par la fête des célibataires en Chine, a été lancé il y a une dizaine d'années sous l'impulsion de Jack Ma, le cofondateur d'Alibaba.

C'est l'occasion de proposer de nombreuses promotions en Asie, dans la veine du Black Friday américain. Après avoir dépassé les 30 milliards de dollars l'année dernière, Alibaba atteint cette année 38,4 milliards de dollars en l'espace de 24h, comme le rapporte Reuters

C'est quasiment autant que le chiffre d'affaires d'Amazon sur la vente de produits pour son troisième trimestre en entier. Alibaba affirme avoir atteint le milliard de dollars de revenus en l'espace de 68 secondes seulement, contre une demi-heure pour 10 milliards. 

Comme l'année dernière, les revendeurs français ont dégainé quelques offres histoire d'être « dans le coup ». Il s'agissait généralement d'une remise globale (11 euros ou 11 %) sur une grosse partie de leurs catalogues.

Singles' Day : 38,4 milliards de dollars pour Alibaba, des revendeurs français surfent encore sur la vague

Rohit Prasad, scientifique en chef responsable d'Alexa, dévoile au MIT Technology Review une esquisse de sa roadmap et le but qu'il souhaite atteindre avec son intelligence artificielle.

Il n'y va pas par quatre chemins : « L'idée est de faire d'Alexa un compagnon omniprésent qui façonne et orchestre activement votre vie. Alexa devra mieux vous connaître que jamais auparavant », explique le MIT Technology Review.

Pour Rohit Prasad, « le but ultime est de rendre Alexa disponible et utile pour tout le monde. Même dans les pays en développement, il imagine des versions moins chères auxquelles les gens peuvent accéder via leur smartphone ».

Il ajoute : « Selon moi, nous sommes en train de déplacer la charge cognitive des tâches de routine », explique le responsable, avant d'ajouter : « je veux qu'Alexa améliore la productivité ... soit vraiment omniprésente pour qu'elle fonctionne pour tout le monde ».


Kim Hyun-seok, un des patrons de Samsung, tiendra une conférence de presse le 6 janvier 2020 (juste avant l'ouverture du salon, du 7 au 10 janvier), comme le rapporte SamMobile. Il y parlerait de « mode de vie du consommateur », un vaste sujet qui devrait notamment toucher aux objets connectés. 

Ce sera certainement l'occasion de revenir sur les nombreuses annonces de la  Samsung Developer Conference édition 2019 de fin octobre. Il y était pour rappel question des ordinateurs Galaxy Book Flex hybride et Book Ion, de One UI 2 (Android 10) et de Bixby, son intelligence artificielle 

Samsung tiendra une conférence au CES 2020

La nouvelle version de l'outil de compression vidéo open source vient d'être mise en ligne, avec une interface retouchée pour la gestion de sa file d'attente.

Outre les habituels correctifs, on a droit à de nouvelles langues, la fin des presets Windows Mobile et l'apparition de nouveaux pour Discord et PlayStation (4K).

Celui pour Gmail a été amélioré, alors que le log standard est désormais moins verbeux. De son côté, Quick Sync Video d'Intel utilisera désormais Direct3D 11. 

 
Handbrake 1.3 est disponible : presets Discord et PlayStation 4K, entre autres améliorations

Disponible depuis fin octobre sur le canal rapide, la préversion 19013 (20H1) est désormais sur le canal lent. C'est la première fois que cette branche passe à Windows 10 20H1.

Elle était auparavant sur la version 19H2 (alias  November 2019) du système d'exploitation, dont la mise en ligne ne devrait plus tarder. 

Windows 10 20H1 débarque sur le canal lent

La suite de la série n'est pas attendue avant l'année prochaine, mais l'équipe ne cesse de faire baver les fans, multipliant les promesses à travers de nouvelles vidéos.

On a déjà compris que l'idée ne sera pas que de découvrir d'autres parcs ou détails sur Delos, mais bien le monde qui a donné naissance à un tel concept dans toute sa complexité. Et comment les humanoïdes survivants vont s'y faire une place.

Pour le dernier teaser diffusé, c'est une surprise qui était au programme. Une vidéo promotionnelle de la société Incite, qui a droit à son faux site officiel

Véritable satire des géants de la tech, elle se propose de trouver des solutions à tout problème et de rendre le monde meilleur à travers les données grâce à son « moteur de stratégie ». 

Sera-t-elle en charge de régler le « problème » Delos ou aura-t-elle un autre rôle à jouer. Il faudra encore attendre quelques mois pour le découvrir.

Pour la petite histoire, le site Incite.com renvoie vers le service Keystone, qui appartient désormais à un autre géant : Oracle.


Alors qu'il devait décoller en octobre 2018, le lancement du remplaçant de Hubble a été décalé de près de trois ans, à cause de « problèmes techniques ». Il est désormais prévu pour mars 2021. 

En attendant, une photo a été mise en ligne par la NASA, avec une grue et un humain à proximité pour se rendre compte de l'échelle. 

Une photo à échelle humaine du James Webb Telescope

Le président du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé en fin de semaine dernière avoir signalé au Procureur de la République de Paris différents « propos virulents, injurieux, voire violents » lancés sur Internet à « plusieurs sénateurs » ayant voté la récente proposition de loi interdisant le voile pour les sorties scolaires.

Des menaces, « y compris des menaces de mort, individuelles ou collectives », auraient également été proférées. Certains élus ont en outre été visés par un message, circulant sur Facebook, destiné à collecter des informations à leur égard. Gérard Larcher a de ce fait demandé au Parquet si cette missive « constituait un délit de provocation à commettre un délit ».

Un vade-mecum sera à l’avenir proposé aux sénateurs « afin qu'ils connaissent les procédures à leur disposition s'ils ont été l'objet de propos menaçants ou d'injures ».

 Injures et menaces visant des sénateurs : la Haute assemblée saisit le Parquet

l'ESA rappelle que « la taille du trou dans la couche d'ozone fluctue : il se forme généralement en août, avec un pic en octobre, avant de se fermer fin novembre ou décembre ».

Cette année, il se refermera plus tôt que d'habitude, mais il était aussi « le plus petit des 30 dernières années en raison de conditions atmosphériques inhabituelles ». Il mesurait en effet 10 millions de km², soit quasiment deux fois moins que les années précédentes. 

Selon Claus Zehner de l'ESA, « la taille et la durée du trou dans la couche d'ozone ont été provoquées par le réchauffement de la stratosphère au pôle Sud ». Il ajoute qu'il « s'agit d'un événement inhabituel qui n'indique pas que la récupération s'accélère ». 

Pour un autre dirigeant de l'ESA (Josef Aschbacher), « le trou dans la couche d'ozone est un exemple parfait d'une preuve scientifique ayant conduit à un changement important des politiques, puis du comportement humain. Le trou dans la couche d'ozone a été découvert dans les années 1970, surveillé en permanence par des dispositifs in situ et, finalement, dans les années 1980, le Protocole de Montréal a interdit l’utilisation des chlorofluorocarbones ».

Depuis, « le trou dans la couche d'ozone est en train de se résorber grâce à une action politique claire. Cet exemple servira d'inspiration pour le changement climatique ». 


Dans un billet de blog, le géant du Net explique que, « dans le futur, Chrome pourrait identifier les sites se chargeant rapidement ou lentement, via un badge facilement identifiable ». 

« La mise en place peut prendre plusieurs formes et nous prévoyons d'essayer plusieurs options afin de déterminer la plus intéressante pour nos utilisateurs », ajoute Google. Dans un second temps, la société pourrait aussi prendre en compte le terminal et le réseau de l'utilisateur pour afficher ou non une « alerte ».

Les premières expérimentations de Google se portent sur Chrome, qui pourrait afficher un message du genre « Usually loads slow » en cas de chargement long, changer la couleur de la barre de progression et proposer du chargement dans le « menu contextuel des liens » afin d'avoir une information avant de cliquer.

Google (Chrome) chercher à identifier les sites qui se chargent lentement

Comme repéré par Android Police, le système d'exploitation basé sur Android est désormais disponible sur les ASUS Zenfone 3, Yandex Phone,  Galaxy S III Neo (caméra Samsung et Sony) et Sony Xperia Z3 Compact.

Le Redmi Note 4 a été ajouté récemment, après avoir été supprimé cet été à cause d'un problème de licence sur certaines bibliothèques.  

LineageOS 16.0 disponible sur Zenfone 3 et Xperia Z3 Compact, de retour sur le Redmi Note 4

C'est via un tweet que le moteur de recherche annonce qu'il est désormais membre du World Wide Web Consortium. Il explique qu'il « contribuera ainsi aux normes mondiales en mettant en avant la confidentialité », sans plus de précision.

DuckDuckGo rejoint le W3C

Construite en moins de 10 mois, la « gigafactory 3 » du fabricant automobile a accouchée de ses premiers véhicules (des photos sont disponibles par ici), en avance sur le calendrier qui prévoyait la fin de l'année.

L'usine serait dans la dernière ligne droite avant de lancer la production à grande échelle (1 000 voitures par semaine d'ici la fin de l'année), mais elle doit encore obtenir une certification du gouvernement.

Par rapport à la version « américaine », on note la présence de caractères chinois sur l'arrière et un double système pour recharger la voiture (et s'adapter aussi aux spécificités locales).

Fin octobre, Tesla avait ouvert les réservations. Son entreprise chinoise lui permet de toucher plus directement les clients d'Asie, tout en évitant une importante taxe d'importation. 

PeerTube met les bouchées doubles pour émanciper vos vidéos de YouTube

Temps de lecture 13 min

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Voilà un an que nous poursuivons, grâce à vos dons, le développement logiciel qui permet de se libérer de YouTube et compagnie. Si nous sommes allé·es bien au delà de la version 1 financée par la collecte du printemps 2018, c’est que nous croyons profondément au potentiel émancipateur de PeerTube.

Cet article fait partie des « Carnets de voyage de Contributopia ». D’octobre à décembre 2019, nous y ferons le bilan des nombreuses actions que nous menons, lesquelles sont financées par vos dons (qui peuvent donner lieu à une réduction d’impôts pour les contribuables français). Si vous le pouvez, pensez à nous soutenir.

An english version of this post is available here.

Fédération et instances pour ne pas recréer un géant de la vidéo

L’objectif de PeerTube, c’est de créer une alternative qui nous émancipe des plateformes centralisatrices à la YouTube. Dans le modèle centralisateur, on s’inscrit à une seule adresse, et toutes nos actions, nos vidéos et nos données sont concentrées sur un seul méga-ordinateur, celui de l’hébergeur Google pour YouTube (en vrai, ce sont des fermes de serveurs et pas un méga-ordinateur, mais symboliquement ça revient au même !).

Centralisation, CC-By SA LILA
Fédération, CC-By SA LILA

PeerTube est un logiciel. Ce logiciel, des personnes spécialisées (disons… Bernadette, l’université X et le club de karaté Y) peuvent l’installer sur un serveur. Cela donnera une « instance », c’est à dire un hébergement de PeerTube. Concrètement, héberger une instance crée un site web (disons BernadetTube.fr, UniversiTube.org ou KarateTube.net) sur lequel on peut regarder des vidéos et créer un compte pour interagir ou uploader ses propres contenus.

Ces instances peuvent choisir de se suivre mutuellement (on dit qu’elles se fédèrent). Par exemple, si la directrice des services informatiques de l’Université X veut afficher les vidéos de KaratéTube sur son UniversiTube, il suffit qu’elle se fédère avec KaratéTube. Les vidéos de KaratéTube resteront sur leur serveur mais seront visibles pour les étudiant·es qui ont l’habitude d’aller sur UniversiTube.

Dans cet exemple, BernadetTube reste un site isolé, mais UniversiTube et KaratéTube sont fédérés ensemble. Plutôt que de faire une plateforme unique et géante, PeerTube permet de créer une diversité de petites plateformes interconnectées.

Un an de travail, qui a fait mûrir PeerTube

En mai 2018, nous avons organisé une collecte pour financer le développement de PeerTube. De nombreuses personnes ont voulu donner sa chance à ce logiciel qui permet de créer et fédérer des plateformes de vidéos. En octobre 2018, nous avons « rendu notre copie », comme on dit, en publiant la version 1 de PeerTube.

Nous aurions pu nous arrêter là, à cette promesse remplie, et laisser la communauté continuer de développer elle-même ce logiciel libre. Nous avons plutôt fait le choix d’utiliser une partie des dons que nous recevons pour l’ensemble de nos actions (merci !) pour pérenniser l’embauche du développeur principal de PeerTube. En tant que salarié chez Framasoft, il a aussi contribué à d’autres logiciels libres, dont Framacalc-Ethercalc et Mobilizon.

Cependant, durant l’année qui vient de s’écouler, sa mission principale a été d’améliorer PeerTube. Il a pu compter sur une communauté grandissante de contributeurs et contributrices, et tout ce beau monde n’a pas chômé ! En un an, Peertube a été enrichi entre autres :

Voici Sepia, la nouvelle mascotte de PeerTube qui nous a été offerte par David Revoy (CC-By)
  • d’outils de modération pour l’administration d’instances ;
  • d’un historique de visionnage ;
  • d’une reprise automatique de la lecture de vidéos là où on s’était arrêté (si on est connecté·e à son compte) ;
  • d’un système de notifications (nouveaux commentaires, vidéos ou abonnements, mentions, etc.) ;
  • d’un système de listes de lectures (dont une « à regarder plus tard » créée par défaut pour tous les comptes) ;
  • d’un système de quarantaine pour les vidéos envoyées en ligne. Il s’agit d’une option d’administration qui permet à la modération de valider les vidéos manuellement avant de les publier ;
  • d’une gestion facilitée des choix de fédération pour les administrateurs d’instances ;
  • d’une amélioration continue de l’interface d’utilisation (pour mieux distinguer un compte d’une chaîne, mieux voir les miniatures ou mieux retrouver sa bibliothèque vidéo, par exemple) ;
  • d’une gestion des fichiers audios lors de l’upload, que PeerTube transformera en vidéo ;
  • d’une interface traduite en 25 langues !

Les petits plus qui font de grandes différences

Nous avons envie de mettre en valeur 3 fonctionnalités que nous aimons particulièrement, car elles offrent plus de liberté, de confort et de contrôle aux personnes qui utilisent PeerTube. Et comme offrir plus de contrôle ce n’est pas dans le business model des plateformes géantes (coucou Youtube, salut Dailymotion, bonjour Facebook Vidéos !), ces fonctionnalités permettent à PeerTube d’offrir une expérience unique.

Partager un extrait de vidéo

Lorsqu’on partage l’adresse web d’une vidéo, la plupart des plateformes proposent, en option, une case « démarrer à », qui permet de faire démarrer la vidéo à 53 secondes si ce que l’on veut partager commence à la 54ème seconde.

Nous avons tout simplement ajouté une case pour l’option « s’arrêter à ». Ça a l’air tout bête comme ça (parce que ça l’est), mais si le boulot de YouTube c’est de fournir du temps de cerveau disponible à Fanta, alors forcément, donner la liberté d’interrompre les vidéos est inimaginable !

En 2015, en pleine popularisation des « youtubers », Fanta fait un coup de com’ phénoménal en sponsorisant la convention de vidéastes Video City Paris, qui devient une espèce de publicité géante pour ce produit de la Coca-Cola Company.

Si dans telle vidéo, les 3 phrases qui vous intéressent se trouvent entre 1:23 et 1:47, vous pouvez isoler, partager ou conserver cet extrait (dans vos favoris ou dans une playlist, par exemple). Cette fonctionnalité pourra en permettre plein d’usages : zappings, contenus pédagogiques, etc. Nous, ça nous donne tout pleins d’idées !

Le système de plugin

Chaque administratrice et utilisateur de PeerTube souhaite que le logiciel soit le plus adapté à ses besoins.

Nous, nous ne pouvons pas (et en plus nous ne souhaitons pas) développer toutes les fonctionnalités souhaitées par les un⋅es et les autres.

Nous avons, dès l’origine du projet, prévu la création d’un système de plugins, des briques logicielles que l’on peut ajouter à son installation de PeerTube pour la personnaliser. Là encore, les plateformes centralisatrices nous enferment tellement dans une expérience uniformisée qu’on a du mal à imaginer qu’une idée aussi vieille souffle un tel vent de liberté ! Et pourtant !

Avec ce système, chaque administrateur⋅ice peut dorénavant créer des plugins spécifiques en fonction de ses besoins. Mais il ou elle peut aussi installer des extensions créées par d’autres personnes sur son instance. Par exemple, il est possible d’installer des thèmes graphiques créés par la communauté pour changer l’interface visuelle d’une instance. On peut imaginer des plugins qui permettraient de classer les vidéos par ordre anti-alphabétique, ou d’ajouter un bouton Tipee, Paypal ou Patreon sous les vidéos !

PeerTube prenant son envol, illustré par David Revoy (CC-By)

Le nouveau lecteur vidéo

C’est risqué, pour un outil aussi jeune et interconnecté que PeerTube, de proposer un nouveau type de lecteur vidéo (basé, pour les expert⋅e⋅ s, sur la technologie HLS). À ce stade de la vie de PeerTube (qui commence à peine à se faire connaître et adopter dans le monde), cela pourrait causer des incompatibilités et des différences de versions très problématiques.

Cependant, nous avons décidé de l’introduire de façon expérimentale, depuis l’été dernier. Car ce nouveau lecteur est prometteur : la lecture des vidéos est plus rapide, comporte moins de bugs, facilite les changements de définition et fluidifie le chargement des vidéos (toujours diffusées en pair-à-pair). En contrepartie, il induit de mettre à jour certains éléments (passage à ffmpeg 4.1) et de ré-encoder certaines vidéos.

Les retours sont excellents et ce nouveau lecteur ouvre des perspectives intéressantes pour PeerTube (le streaming en direct, par exemple, ne peut pas s’imaginer avec le lecteur actuel). Voilà pourquoi nous souhaitons prendre le temps de faire de ce nouveau lecteur vidéo le lecteur par défaut dans PeerTube, ce qui va demander un travail pour accompagner les hébergements actuels de PeerTube dans cette transition.

Une version 2 qui met l’accent sur la fédération

La version 2 de PeerTube, que nous publions aujourd’hui, inclut déjà toutes ces améliorations et en ajoute d’autres ! Cette « v2 », comme on dit, a pour ambition de faciliter la fédération, pour les administrateur·ices d’instances. Ils et elles auront par exemple la possibilité de suivre automatiquement une instance qui les suit, ou de suivre les instances qui s’inscrivent sur l’annuaire public JoinPeertube.

Cette nouvelle version de PeerTube veut aussi aider le public à mieux choisir l’instance PeerTube qui lui correspond. Reprenons l’exemple de Bernadette, l’Université X et le club de karaté Y, pour y ajouter un membre du public : Camille.

Camille n’y connaît rien aux serveurs et compagnie, mais il veut se créer un compte pour suivre des chaînes PeerTube et peut-être même uploader ses propres vidéos… Et pour lui, c’est compliqué de s’y retrouver ! Comment peut-il savoir que l’instance BernadetTube n’est tenue que par Bernadette, et que si celle-ci a un accident de la vie elle pourrait ne plus s’en occuper du jour au lendemain ? Où est-il affiché que l’instance UniversiTube refuse de se fédérer avec les instances qui proposent du contenu sensible, même s’il est correctement signalé et flouté ? Où Camille peut-il voir que KaratéTube favorisera les vidéos en Allemand, et que le support ne se fera que dans cette langue ?

Une fois PeerTube, installé sur un serveur, le logiciel demande aux admins de le configurer, donc de répondre à quelques questions…

Lorsque Bernadette, la directrice des services informatiques de l’Université X et le geek de service du club de karaté Y auront mis à jour PeerTube dans cette version 2, il et elle verront apparaître un formulaire qui leur demandera de mieux présenter leur instance. L’objectif est de pouvoir afficher clairement :

  • Les catégories principales de l’instance
  • Les langues parlées par les admins ou l’équipe de modération
  • Le code de conduite de l’instance
  • Les informations de modération (qui modère, quelle politique quant aux contenus sensibles, etc.)
  • Qui se trouve derrière cette instance (une personne seule ? une association ?)
  • Pour quelles raisons les admins ont créé cette instance
  • Pour combien de temps les admins comptent maintenir cette instance
  • Comment les admins comptent financer leur serveur PeerTube
  • Des infos sur le matériel du serveur

Camille pourra ensuite retrouver l’ensemble de ces informations sur la page « à propos » de chaque instance PeerTube (qui affiche en plus de nouvelles statistiques), sur la page de création de compte… mais aussi sur l’annuaire de joinpeertube.org !

JoinPeertube.org, une adresse pour s’y retrouver !

Avec plus de 100 000 vidéos hébergées et plus de 20 000 comptes créés, on peut dire que PeerTube connaît un succès croissant et se démocratise. Il était donc plus que temps de ré-imaginer le site joinpeertube.org afin d’en faire une porte d’entrée vers ces vidéos, ces hébergements et cette fédération.

Grâce aux contributions de professionel·les du design et de l’illustration, nous avons imaginé et mis en forme deux parcours d’utilisation sur ce site : un pour les personnes qui souhaitent découvrir des vidéos (et éventuellement se créer un compte), l’autre pour les vidéastes qui cherchent un hébergement de confiance pour leurs vidéos.

Cliquez sur l’image pour découvrir la nouvelle version de JoinPeertube.org

Ces parcours peuvent mener à l’annuaire des instances publiques, que l’on peut trier selon ses préférences afin de trouver celle qui correspond à nos besoins. Ce tri s’effectue grâce aux réponses au formulaire dont nous parlions juste avant, lequel permet aux admins de mieux identifier et mieux présenter leur instance. Mais le mieux, c’est encore d’aller voir par vous même (en plus, nous, on trouve que c’est bien plus beau !)…

Notez aussi que PeerTube dispose désormais de son propre site de documentation qui s’adresse à la fois aux personnes qui administrent une instance (pour faciliter l’installation du logiciel, son entretien ou son administration), et aux personnes qui veulent simplement l’utiliser (que ce soit pour se créer un compte, gérer ses playlists ou mettre ses vidéos en ligne).

L’avenir de PeerTube est, encore, entre vos mains

Il est impossible de citer ici toutes les personnes qui ont contribué au code, au financement, au design, à la traduction, à la documentation, à l’illustration et à la promotion de PeerTube… mais nous tenons au moins à vous exprimer toute notre gratitude !

Après un an de développement et de maturation du projet, nous nous posons la question de l’avenir de cet outil. Les envies sont multiples, vous nous avez donné de nombreuses idées. Les retours que vous nous faites remonter, particulièrement sur la section dédiée à PeerTube de notre forum (le meilleur endroit pour vos suggestions !), nous sont très précieux.

Aujourd’hui nous imaginons de nombreuses améliorations (de l’interface, de l’expérience d’utilisation, de la recherche, du système de plugin), des outils importants (applications mobiles, vidéos expliquant PeerTube), ainsi que de nouvelles fonctionnalités fortes. Vous souhaitez pouvoir faire facilement des remixes de vidéos en ligne ? Pouvoir diffuser en « live » votre flux vidéo ? Nous aussi ! Et nous avons besoin de votre soutien pour cela !

Tous les rêves sont permis, mais ce qui est sûr, c’est que les concrétiser aura un coût. L’année de développement que nous venons de consacrer à PeerTube a été financée en partie par le reliquat du financement participatif de juin 2018, mais surtout par les dons réguliers que notre association reçoit pour l’ensemble de ses projets. Pour 2020 et la version 3, il est fort probable que nous prévoyons une nouvelle collecte consacrée à PeerTube.

En attendant, n’hésitez pas à contribuer au succès de PeerTube, à promouvoir les instances et vidéos qui vous plaisent, et à féliciter l’ensemble de la communauté pour la réussite de cette v2 !

 

Rendez-vous sur la page des Carnets de Contributopia pour y découvrir d’autres articles, d’autres actions que nous avons menées grâce à vos dons. Si ce que vous venez de lire vous plaît, pensez à soutenir notre association, qui ne vit que par vos dons. Framasoft étant reconnue d’intérêt général, un don de 100 € d’un contribuable français reviendra, après déduction, à 34 €.

Soutenir Framasoft

Illustration d’entête : CC-By David Revoy

Privé des films Spider-Man, le MCU ne sera pas complet sur Disney+

Les films mettant en scène Spider-Man ne seront pas proposés sur Disney+, signifiant que l'intégralité du MCU ne sera pas au programme.

Disney+ est officiellement lancé depuis aujourd’hui dans certains pays (en France, il faudra patienter jusque fin mars prochain). Une sortie particulièrement attendue et suivie, ce qui permet d’obtenir des informations sur l’avenir de la plateforme concurrente de Netflix. Dans un article publié le 12 novembre, The Verge rapporte par exemple que les films tirés de la marque Spider-Man ne seront pas disponibles sur Disney+.

Si Disney cherche à rassembler l’intégralité du Marvel Cinematic Universe au même endroit et avec une qualité optimale, il sera finalement tronqué. Car Spider-Man : Homecoming et Spider-Man : Far From Home, propriétés de Sony Pictures, ne seront pas diffusés sur Disney+. Sauf si les deux géants trouvent un accord, ce qui ne semble pas à l’ordre du jour.

Spider-Man : Far From Home // Source : Sony Pictures

Pas de Spider-Man sur Disney+

« Nous apprécions nos amis de Sony, mais nous n’avons aucun plan pour avoir les films Spider-Man sur Disney+. Nous aurons en revanche toutes les séries d’animation Spider-Man que nous avons développées sous la bannière Marvel. Mais qui sait ce qui pourrait arriver dans le futur ? », indique Ricky Strauss, à la tête du contenu et du marketing pour Disney+. Il y a quand même une porte entrouverte, d’autant que Disney et Sony Pictures sont récemment parvenus à s’entendre pour ne pas que le Spider-Man incarné par Tom Holland quitte le MCU (après un imbroglio). 

Bien évidemment, cette information ne concerne pas que Spider-Man : Homecoming et Spider-Man : Far From Home mais également la trilogie réalisée par Sam Raimi. Sans oublier les deux The Amazing Spider-Man, Venom et l’excellent Spider-Man : New Generation.

From Iron Man to Endgame, see the newly announced @MarvelStudios titles that will be available to stream starting tomorrow on #DisneyPlus—including Expanding the Universe, a new look at the original series coming to the service.

Look out for more titles to be announced soon.

— Disney+ (@disneyplus) November 11, 2019

Le fait qu’une partie du MCU soit tronquée n’arrangera pas Disney, qui doit travailler pour proposer le catalogue le plus complet possible. Qu’à cela ne tienne, quelques heures avant la mise en ligne de la plateforme, plusieurs films du MCU ont été ajoutés. En revanche, d’autres longs métrages ne seront pas présents avant 2020, puisque bloqués sur Netflix encore quelques semaines (Black Panther, Ant-Man et la Guêpe, Avengers : Infinity War et Thor : Ragnarok).

4G : Free Mobile revendique une couverture de 95 % de la population française

En termes de couverture 4G, Free Mobile fait pratiquement jeu égal avec ses concurrents. Le quatrième opérateur assure atteindre 95 % de la population français vivant en métropole.

C’est au détour de la présentation de ses résultats pour le troisième trimestre 2019 que Free a donné des nouvelles de son réseau 4G. L’opérateur revendique désormais un taux de couverture de la population française de 95 %. C’est deux points de plus que ce que le groupe annonçait au mois de juin. Free est maintenant très proche de ses trois rivaux, qui déclarent chacun une couverture de 99 %.

L’annonce de ses performances trimestrielles est aussi l’occasion pour l’opérateur de fanfaronner, en déclarant que son réseau offre « un débit moyen descendant de 45 Mbit/s, bien au-delà de ceux offerts par les deux autres opérateurs alternatifs ». Free ne sort pas cette affirmation de son chapeau : il se base sur le baromètre nPerf réalisé dans l’Hexagone au cours du 1er semestre 2019.

antenne relais
Un support pour antennes relais. // Source : Leon Brooks

Performances plus nuancées chez l’ARCEP

Ce résultat doit toutefois être nuancé par une autre campagne d’évaluation, celle conduite en 2019 par l’ARCEP, le régulateur des télécoms. Cette vaste enquête sur le terrain montre des résultats un peu différents : Au niveau national, Free est dernier en ce qui concerne les débits descendants, avec 34 Mbit/s. Les deux opérateurs alternatifs, Bouygues Telecom et SFR, sont à 45 et 42 Mbit/s. Quant à Orange, il se situe à 57 Mbit/s.

Dans son bilan, l’ARCEP rappelle aussi que si Free Mobile « s’améliore fortement », il « reste sensiblement en retrait » de ses concurrents sur plusieurs critères-clés, notamment en zone rurale, où la qualité d’expérience « reste loin derrière les autres opérateurs » — celle-ci n’étant d’ailleurs déjà pas formidable. Parmi les points faibles qui demeurent, l’absence de fournir des appels haute définition en 4G.

Cela étant, dans son communiqué, Free souligne l’effort tout particulier consenti ce trimestre dans le déploiement. « Free Mobile est l’opérateur ayant équipé le plus grand nombre de sites en 700 MHz », avec 3 000 nouveaux sites qui ont été équipés, est-il annoncé. En tout, plus de deux tiers des sites 4G de l’opérateur sont équipés en 700 MHz, ce qui représente près de 9 300 sites.

Cette méthode permet de s’abonner à Disney+ en France, mais est-ce que cela en vaut la peine ?

Il est possible de s'abonner à Disney+ en France en utilisant plusieurs techniques pour faire croire au service que nous sommes un citoyen américain. Mais n'a-t-on pas plus à perdre qu'à y gagner ?

Une bataille absurde risque d’avoir lieu, du 12 novembre 2019 au 31 mars 2020. Elle opposera Disney+, le service de SVoD de Disney regroupant un catalogue colossal de films et séries en plus de nouvelles productions originales, aux clients des pays dans lesquels la date de lancement a été décalée à l’année prochaine. Compte tenu des lois régissant l’audiovisuel dans de nombreux pays, France incluse, Disney semble avoir préféré repousser son lancement plutôt que de sortir avec un catalogue trop amputé. Le temps, également, de renégocier des contrats passés avec des acteurs régionaux.

Problème : des séries originales extrêmement attendues, comme The Mandalorian dans l’univers de Star Wars, auront une diffusion décalée alors qu’elles auraient pu sortir, n’ayant jamais eu l’opportunité d’être achetées par des prestataires locaux. Historiquement, en France, Canal+ a énormément de contenu Disney et diffuse National Geographic.

Et Disney n’a pas été aussi tolérant qu’un Netflix avec la pratique du VPN : en plus d’un blocage géographique facilement contournable par les opérateurs de VPN grand public, Disney demande une carte bancaire du pays où l’on cherche à s’abonner. Deux facteurs que nous avons réussi à contourner, mais avec difficultés et risques. Nous ne sommes en plus pas certains que Disney ne déjoue pas cette astuce et finisse par tout bloquer.

S’abonner à Disney+, une histoire d’identité numérique

Pour s’abonner à Disney+, tout repose sur un concept simple : masquer son identité numérique pour faire croire que nous sommes un citoyen d’un autre pays. Et même si en théorie le web n’a pas de frontières, en pratique, ce n’est pas aussi simple.

La première chose à faire est donc d’activer un VPN aux États-Unis. Nous avons choisi NordVPN pour ce test et il a fonctionné du début à la fin de l’opération. Une fois que vous avez téléchargé l’application compagnon sur votre ordinateur, connectez vous aux États-Unis puis rendez-vous sur le site de Disney Plus. Créez un compte : il est simple de s’inscrire, mais vous ne pourrez pas passer la phase d’abonnement. Disney bloque les cartes de crédit qui ne sont pas du pays sélectionné.

Pour contourner ce blocage, il va falloir ruser.

Sur iOS

Sur iOS, il faut d’abord un compte iTunes américain. Téléchargez l’app de votre VPN sur votre iPhone ou votre iPad et déconnectez votre compte français (App Store / Votre profil en haut à droite et tout en bas, Déconnexion). Si vous en avez un, connectez un compte américain. Sinon, il va falloir en créer un et les méthodes les plus populaires fonctionnent désormais de manière très aléatoire.

Un fois votre compte américain connecté, cherchez Disney+ dans l’App Store. Vous pourrez alors télécharger l’application de streaming de Disney. Reste le problème de la carte de paiement.

En restant sur votre VPN, depuis votre smartphone ou votre ordinateur, rendez-vous sur l’Apple Store pour acheter une carte cadeau en dollars. Envoyez-la à votre adresse mail : vous la recevrez en moins de 30 minutes. Amazon US propose également la même opération et aucun des deux sites n’est regardant sur la carte bancaire qui procède au paiement. Ouvrez le mail sur votre iPhone et faites « Redeem » pour l’ajouter à votre compte. Cela ouvrira normalement Apple Music et créditera votre compte Apple du montant indiqué.

Retournez maintenant dans l’application Disney+ sur votre iPhone, toujours avec votre VPN activé. Procédez au paiement de l’abonnement : miracle, l’application ne demande plus de carte de crédit puisqu’elle voit que vous avez des fonds Apple sur votre compte américain. L’abonnement est pris en compte et vous pouvez désormais l’utiliser sur iOS, mais aussi sur votre ordinateur (toujours derrière un VPN).

Sur Android

L’avertissement du Play Store

Sur Android, la méthode diffère un peu. Elle commence pourtant par la même manipulation : se connecter à son VPN sur son smartphone, aux USA (si cela ne fonctionne pas, sélectionnez un autre serveur). Ensuite, allez sur le Play Store et dans le menu en haut à gauche cliquez sur Compte. Dans les préférences, tout en bas, un sous-titre Accéder à Play Store États-Unis apparaît.

Google vous demande alors un compte pour vous connecter au Play Store américain : sélectionner un compte PayPal (même français, Google n’est pas très regardant contrairement à Apple). Attention, ici, vous prenez une décision complexe et importante  : vous ne pourrez plus changer de Store pendant un an. Cela signifie que tous vos paiements ultérieurs seront effectués en dollars et que vous n’aurez accès qu’au Play Store américain. Nous vous conseillons vivement de créer un compte Google jetable pour l’occasion.

Une fois votre compte PayPal ajouté, vous vous retrouvez sur le Play Store américain et vous pouvez télécharger Disney+. Ouvrez l’application et lancez l’abonnement en utilisant Google Pay : même avec une carte française, vous pourrez vous abonner. Votre abonnement est valable sur vos autres appareils, à condition de rester derrière un VPN.

Est-ce que cela vaut le coup ?

Maintenant que nous savons que cela fonctionne, il faut se demander si toute cette opération a du sens. Elle nous a coûté un abonnement à un VPN (une cinquantaine d’euros pour minimiser les frais mensuels avec un engagement) et une carte cadeau d’une vingtaine d’euros pour commencer à payer l’abonnement mensuel. Pour profiter de notre abonnement, il faut que notre compte Disney+ soit accessible derrière un VPN connecté aux USA ou, pire, changer de compte sur un smartphone (et jongler entre les abonnements numériques). Sur Android, nous avons également été contraints d’utiliser le Play Store américain pendant un an.

Tout cela pour quoi ? Profiter d’un très large catalogue Disney et surtout, pouvoir regarder la nouvelle série The Mandalorian en même temps que le reste du monde, avec une méthode à la limite de la légalité. À la limite, car les droits d’auteur sont gérés nationalement par les entreprises de diffusion de contenu, mais rien ne vous empêche, si vous êtes physiquement aux États-Unis, de souscrire à un service américain. C’est le physiquement que nous gommons grâce au numérique.

Mais l’absurdité de la situation n’échappera à personne : nous mettons en place des stratagèmes complexes pour se donner le droit de payer un service qui sera disponible dans quelques mois. Nous ne doutons pas que l’effet pervers de cette sortie différée sera plus problématique pour Disney : la plupart des gens intéressés par les séries exclusives se tourneront vers le piratage.

Ok, le nouveau look de Sonic dans son film dédié est bien plus mignon

- - Pop culture

Paramount Pictures diffuse une nouvelle bande-annonce du film Sonic. Celle-ci montre le nouveau design du hérisson.

Vous n’êtes peut-être pas sans savoir que Paramount Pictures a décidé d’adapter les aventures de Sonic, célèbre mascotte du jeu vidéo, dans un film en prises de vue réelles — mais avec le héros en images de synthèse. Fausse bonne idée ? Oui, si l’on se réfère à la première bande-annonce, qui montre un Sonic hideux. Le studio a revu sa copie face aux nombreuses critiques et le nouveau look, dévoilé dans un trailer ce 12 novembre, est bien plus réussi (la première a été supprimée par Paramount).

Tout du moins, Sonic ressemble à Sonic, en l’occurrence à un hérisson bleu mignon capable de courir très, très vite. Beaucoup moins « réaliste » (regardez la taille des yeux, notamment), cette nouvelle version affiche un design un peu plus conforme à l’idée que l’on se fait du personnage imaginé par Sega. Et c’est un gros ouf de soulagement.

Le nouveau Sonic du film est mignon

Bien évidemment, ce Sonic new look ne garantira pas, à lui seul, la réussite du long métrage — il faudra le visionner en entier pour juger de sa qualité. Mais toujours est-il que l’on part désormais avec un meilleur a priori pour ce blockbuster, qui est attendu au tournant par une horde de fans. En toute logique, on devrait avoir une formule proche de Détective Pikachu : un mélange d’action et d’humour articulé autour d’une boule de poils parlant comme un humain… à des humains.

Le premier Sonic // Source : Paramount

Réalisé par Jeff Fowler, Sonic le film sera sur nos écrans le 12 février 2020. Au casting, on retrouve James Marsden, vu dans la première trilogie X-Men et la série Westworld et, surtout, Jim Carrey en Docteur Robotnik.

Comment désactiver les points rouges de notification sur Facebook

Les notifications pleuvent sur Facebook et vous aimeriez bien les limiter ? Bonne nouvelle : sur l'application mobile, de nouvelles options permettent de désactiver, rubrique par rubrique les pastilles rouges.

Vous en avez assez des notifications incessantes s’affichant dans l’application mobile de Facebook ? Bonne nouvelle : le réseau social a eu vent des mécontentements. Une nouvelle option de contrôle est en train d’être déployée sur Android et iOS. Elle offre aux internautes la possibilité de couper les pastilles rouges de notification qui apparaissent à côté des raccourcis de certaines rubriques.

Comment enlever les notifications de Facebook

La manipulation est simple à mettre en œuvre. Sur certaines rubriques qui s’affichent en haut de l’application, au niveau de la barre de raccourcis, il suffit de maintenir son doigt quelques instants sur l’une des icônes. Si celle-ci affiche déjà une pastille rouge de notification, alors vous verrez apparaître un encart surgissant en bas de l’écran, avec la ligne « Désactiver les points de notification ».

Parmi les rubriques qui sont éligibles figurent Vidéos sur Watch, Groupes, Évènements, Invitations, Marketplace, Profil, Dating, Actualités, « Today In » et Gaming. Il est à noter que cela ne concerne pas les notifications directes qui viennent de vos contacts, par exemple si l’un d’eux vous marque sur son mur pour attirer votre attention. L’option n’apparaîtra pas si vous n’avez pas reçu de pastille de notification.

Les réglages tels qu’ils apparaissent sur l’iPhone.

Comment retirer les raccourcis de Facebook

Sachez par ailleurs que vous pouvez aussi alléger la barre des raccourcis que Facebook propose dans son application mobile. La manipulation est identique : maintenez votre appui sur la rubrique que vous voulez enlever et sélectionnez « Supprimez de la barre des raccourcis ». C’est une autre manière, plus radicale encore, de masquer les notifications que vous ne voulez plus voir.

Si vous changez d’avis, il est possible de rétablir une ou plusieurs rubriques masquées. Cliquez sur la dernière icône sur la barre de raccourcis, celle symbolisée par les trois lignes horizontales superposées. Rendez-vous ensuite dans les paramètres, et descendez jusqu’à la section dédiée aux raccourcis. De là, il vous suffit de réactiver les rubriques qui vous manquent.

Google Chrome va embarrasser les sites trop à lents à s’afficher

Google cherche en permanence à accélérer le web, mais il faut aussi que les sites fassent un effort. Pour cela, l'entreprise américaine envisage de se servir de son navigateur Chrome pour désigner les sites trop lents à s'afficher.

Google aime le web, mais surtout, Google aime le web qui va vite. Les initiatives que l’entreprise américaine a lancées au fil des années en sont la meilleure preuve : de l’optimisation du protocole réseau TCP au lancement du nouveau format d’image plus léger WebP, en passant par la mise au point de la technologie AMP, plus efficace pour l’affichage mobile, Google ne ménage pas ses efforts.

Mais pour rendre le web plus rapide, il faut aussi que les sites mettent la main à la pâte. Or, la firme de Mountain View trouve que l’engouement qu’elle montre pour la vitesse n’est pas toujours partagé avec la même vigueur par le reste de l’écosystème. Un constat frustrant, mais sur lequel le géant du net dispose de quelques leviers d’action, grâce à la place stratégique qu’il occupe.

Google veut du web rapide, le plus rapide possible, sur n’importe quel terminal. // Source : Google

En matière de recherche sur le web, Google a pris la décision d’inclure la vitesse de chargement d’une page web comme critère du référencement, aussi bien depuis un ordinateur que depuis un smartphone. En clair, un site qui est lent sera potentiellement moins bien classé dans les résultats de recherche qu’un même site qui a été optimisé pour un affichage plus rapide.

Quant au marché des navigateurs, Google peut compter sur Chrome : d’une part, il s’assure que le logiciel reste au top de l’état de l’art avec des mises à jour régulières. Mais surtout, le logiciel va peut-être servir à afficher des mises en garde pour les internautes lorsqu’ils vont se rendre sur un site web particulièrement poussif. En effet, le groupe californien est en train d’expérimenter une page intermédiaire avant l’affichage du site.

Vers un badge pour les sites lents

Le dispositif a été présenté le 11 novembre. « À l’avenir, Chrome pourrait identifier les sites qui se chargent généralement rapidement ou lentement pour les utilisateurs avec des badges clairs », est-il expliqué. «  Cela peut prendre un certain nombre de formes et nous prévoyons d’expérimenter différentes options, afin de déterminer celle qui offre le plus de valeur à nos utilisateurs ».

badge site
L’affichage que prévoit Google. // Source : Google

Afin de ne pas pointer du doigt un site qui, de façon occasionnelle, connaît un temps de chargement plus long qu’à l’accoutumée — parce que le réseau est congestionné ou bien qu’il y a un problème avec le serveur l’hébergeant –, Google prévoit de tenir compte des autres temps de chargement constatés, de façon à déterminer s’il s’agit d’un souci qui est récurrent ou non. D’autres signaux pourraient aussi être pris en compte, comme la qualité de la connexion de l’internaute ou bien les caractéristiques du matériel sur lequel le site s’affiche.

Il faut toutefois noter qu’il s’agit pour l’heure d’une expérimentation, qui ne sera peut-être pas intégrée finalement dans Chrome. En outre, le dispositif qui est présenté aujourd’hui ne sera peut-être pas exactement celui qui sera proposé aux internautes. Google pourrait par exemple décider d’afficher aussi un badge de félicitations pour les sites qui s’affichent très vite. Mais encore faut-il que cet écran ne devienne pas contreproductif, en ajoutant un affichage intermédiaire qui viendrait empiéter sur l’expérience utilisateur.

À quoi aurait ressemblé le passage de Mercure vu du Soleil ? Cette animation le montre

Mercure est passée entre la Terre et le Soleil le 11 novembre 2019. À quoi aurait ressemblé cet événement astronomique, si on avait pu le voir depuis le Soleil ? Une animation permet de l'imaginer.

La planète Mercure s’est interposée entre la Terre et le Soleil ce lundi 11 novembre 2019. La Nasa a capturé cet événement astronomique avec de belles images de Mercure passant devant le Soleil. Et si nous avions pu voir ce transit depuis l’étoile, à quoi aurait ressemblé le spectacle ?

L’astronome amateur Tony Dunn, professeur de physique au lycée Archbishop Riordan de San Francisco, a créé une petite animation pour répondre à cette question. Dans un tweet publié le 10 novembre, soit la veille de l’événement, il représente le passage de la planète Mercure devant la Terre, vu du Soleil. Lorsqu’elle s’interpose entre notre planète et l’étoile, Mercure recouvre entièrement la Terre. C’est donc une éclipse de Terre.

Tomorrow morning is the #transit of #Mercury. If you were on the Sun, it would look like this.#MercuryTransit #mercurytransit2019 pic.twitter.com/ghsRugfCXh

— Tony Dunn (@tony873004) November 10, 2019

 

À la surface du Soleil… mais d’où exactement ?

Le « transit » d’un astre signifie, en astronomie, son passage devant un autre, vu d’un troisième. Ici, la planète Mercure est passée devant le Soleil, vue de la Terre. Sur les images obtenues par divers instruments, la planète est apparue comme un petit point noir avançant devant le disque solaire.

Si l’on imagine que l’on aurait pu voir cet événement depuis le Soleil, encore faut-il préciser de quelle zone du Soleil on aurait observé le passage de Mercure éclipsant la Terre. Pour rappel, le Soleil est 109 fois plus large que la Terre. « Il faut se trouver à un endroit précis de la surface du Soleil pour voir une éclipse de Terre totale, précise le professeur dans un autre tweet. Quel est cet endroit ? Il suffit de regarder le Soleil à travers un télescope muni d’un filtre. C’est l’endroit obstrué par Mercure, et un peu plus autour de ce point. »

Mercure passant devant le Soleil le 11 novembre 2019. // Source : Flickr/CC/NASA/Bill Ingalls (photo recadrée)

Pourquoi Mercure apparaît plus grande que la Terre ?

Tony Dunn ajoute que c’est pour cette raison que « la Terre ne tourne pas beaucoup dans [ce] GIF, alors que le transit dure des heures ». On pourrait aussi s’étonner de la taille de Mercure et de la Terre dans cette animation, mais elle est bien réaliste, poursuit l’astronome amateur. « Mercure et la Terre apparaissent toutes deux très petites vues du Soleil. Si vous zoomiez avec un télescope, Mercure, même si sa taille est plus petite, est plus proche du Soleil que la Terre, ce qui lui donne cette apparence légèrement plus grande que la Terre », écrit Tony Dunn.

Les passages de Mercure devant le Soleil sont relativement rares : on estime qu’un tel transit se produit environ 13 fois par siècle. Le prochain transit de la planète n’est pas attendu avant plus d’une décennie et aura lieu le 13 novembre 2032.

PeerTube has worked twice as hard to free your videos from YouTube !

Temps de lecture 11 min

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Thanks to your donations, we have been developing a software to free us all from YouTube & Co for a year. Why have we gone much further than the first release, (crowdfunded in the spring of 2018), you might ask ? Well, that’s because we sincerely believe in the emancipatory power of PeerTube.

This article is a part of « Contributopia’s travel journals ». From October to December of 2019, we will assess our many (donations-founded) actions, which are tax-deductible for French taxpayers. Donate here if you can.

La version originale (en Français) de cet article est à lire ici.

Federation and instances to avoid creating a new tech giant

PeerTube’s aim is to create an emancipatory alternative to centralized platforms a la YouTube. In a centralized service, you sign-up with a single address, and each and every of your actions, videos and data are gathered on a single huge computer. For example, Google’s, that hosts YouTube (to be precise, they are server farms rather than huge computers, but on a symbolic level it is the same thing !).

Centralisation, CC-By SA LILA
Fédération, CC-By SA LILA

PeerTube is a software. It can be installed on a server by anyone possessing the appropriate skills ; say, for the sake of argument, Bernadette, College X and karate club Y. This is called an instance, i.e. a PeerTube host. In concrete terms, hosting an instance creates a website (let’s say, BernadetTube.fr, CollegeTube.org or KarateTube.net) on which you can watch videos and sign-up, so you can interact or upload your own content.

These instances can chose to follow each other (this is called federating). For example, if the head of IT services of College X would like KarateTube videos to appear on CollegeTube, all she has to do is federate with KarateTube. KarateTube’s videos will remain on its server but students who are used to watching videos from CollegeTube will be able to see them.

In this case, BernadetTube stays isolated, but CollegeTube and KarateTube are federated. Rather than creating a single gigantic platform, PeerTube allows for the creation of a multitude of small, diverse, and interconnected platforms.

One year of work to let PeerTube mature

In May of 2018, we started a crowdfunding for PeerTube’s developpment. Many people decided to give a chance to a software that allows the creation and federation of video platforms. In October of 2018, we « turned in our homework assignment » as they say, when we released the first version of PeerTube.

We could have stopped once our promises were fulfilled, and let the community development this free/libre software on its own. Instead, we decided to use a part of the donations we receive for everything we do (thank you !) to make PeerTube’s main developer job durable. As a Framasoft employee, he also contributed to other free/libre softwares such as Framacalc-Ethercalc and Mobilizon.

Nevertheless, during the past year, his main mission was to improve on PeerTube. He was able to rely on a growing community of contributors, and no one was idle ! In one year, PeerTube was enriched with, amongst other things :

Meet Sepia, PeerTube’s new mascot, by David Revoy (CC-By)
  • moderation tools for instance administrators
  • a watch history
  • videos automatically start at the time code you stopped at (provided you are logged-in)
  • notifications (new comments, videos or subscriptions, mentions, etc.)
  • playlists (including a « watch later » one, which is now a feature by default on all accounts)
  • a system where videos require manual approval by administrators before posting them
  • an easier federation management for instance administrators
  • a gradual betterment of UI (for example, it is now easier to make the difference between a channel and an account, to see thumbnails or to find a video in your video library)
  • audio files management when uploading them : PeerTube will turn them into videos
  • the interface is now translated into 25 languages !

Small bonuses make all the difference !

We will now highlight 3 features that we particularly like, as they offer more freedom, comfort and control to PeerTube’s users. Considering more control is not part of the business models of mainstream platforms (greetings, Youtube, Vimeo and Facebook videos !), these three features offer PeerTube’s users a unique experience.

Sharing a video clip

When you share a video link, most platforms offer a « start at » option, which makes the video begin at 53 seconds if what you would like to share starts at 54 seconds.

We simply added a « stop at » option. It might seem silly (and really, it is) but considering YouTube’s job in the attention economy is to capture yours to sell it to Fanta, it is obviously unimaginable for them to let you stop videos !

France, 2015 : YouTubers are mainstreaming. Fanta sponsors the 1st Video City Paris convention, so much so that it became some kind of giant ad for this Coca-Cola Company product.

If in a given videos, you only care about 3 sentences between 1:23 and 1:47, you can single them out, share or keep this clip for yourself (e.g. in your liked videos playlist or any other playlist). This feature allows for may uses : zapping, educative content, etc. We at Framasoft find that so much potentials lies in this idea !

Plug-in system

Every administrator and user wishes to see the software fulfill their needs. As Framasoft cannot (and does not want to) develop every feature that could be hoped for, we have from the start of the project planned on creating a plug-in and add-on system you can install to customize your PeerTube experience.

Once again, we can see that centralized platforms have locked us up in such a standardized experience that it’s hard imagining that a concept as old as this could be such a breath of fresh, free air. And yet !

Now, this system allows each administrator to create specific plug-ins depending on their needs. They may install on their instance extensions created by other people as well. For example, it is now possible to install community created graphical themes to change the instance visual interface. You could also imagine plug-ins to sort videos in reverse alphabetical order, or to add a Tipee, Paypal or Patreon button below videos !

PeerTube taking off, by David Revoy.

New video player

Offering a new type of video player (for nerds : based on HLS technology) is a risky endeavor for a tool as new and interconnected as PeerTube. Considering PeerTube’s young age (it is barely starting to make a name for itself and to be adopted around the world), this could cause incompatibility issues and very problematic differences in versions.

However, we have decided we would introduce it experimentally, starting last summer. Indeed, this new video player is promising : it is faster, has less bugs, makes it easier to change video definition and makes their load fluider (still using peer-to-peer technology). In return, it requires updating some elements (moving to ffmpeg 4.1) and to re-encode some videos.

This new video player has been met with a great deal of enthusiasm, and broadens PeerTube’s future (live streaming, for example, is out of question using the current player). This is why we want to take the time to make it PeerTube’s player by default, which will require work to help current hosts in this transition.

V2 is even more federation-focused

The PeerTube version we are releasing today already includes all these improvements, and many more ! This « v2 », as they say, aims to make it easier for instance administrators to federate. They will for example be able to automatically follow instances that follow them, or to follow instances visible on our JoinPeerTube public register.

This new PeerTube version also aims to help the public chose the perfect instance match. To return to the subject of Bernadette, College X and Karate club Y, let’s now add a new audience member : Camille.

Camille doesn’t know a thing about servers or whatever, but he wants to create an account to follow PeerTube channels, or even upload his own videos… And he has a hard time understanding what this is all about ! How could he possibly know that BernadetTube is only maintained by Bernadette and that if anything were to happen to her, she could stop administrating it overnight ? How can he see that CollegeTube refuses to federate with instances that display sensitive content, even properly flagged and blurred ? Where can he learn that KarateTube will favor videos in German, and that support will only be provided in this language ?

Once the instance set up, admins will have to configure it, by answering some questions…

When Bernadette, the head of College X IT services, and Karate club Y’s resident nerd will have updated PeerTube with this v2, they will have to fill in a form to better introduce their instance. The goal here is to clearly state :

  • the instance main categories
  • what languages the admins and the moderation team speak
  • the instance code of conduct
  • the moderation policy (who moderates, policy regarding sensitive contents, etc.)
  • who is behind this instance (an individual ? an organization ?)
  • why did the admin(s) set up this instance
  • how long do the admin(s) plan on maintaining this instance for ?
  • how do the admin(s) plan on funding their PeerTube server ?
  • information about the hardware of the server

Camille will be able to find all these information on the « about » page of each PeerTube instance (which will now also display new statistics), on the sign-up page… as well as on the joinpeertube.org register !

JoinPeertube.org is where you get your bearings !

With over 100 000 videos and 20 000 accounts, it is safe to say that PeerTube has become popularized. It was high time we revamped joinpeertube.org so as to turn it into a front door to these videos, hosts and the federation.

With the help of UI/UX professionals, we have imagined and shaped two user flows to using JoinPeertube.org : one for people who want to watch videos (and maybe sign-up), and another one for video makers who need a trustworthy host for their videos.

Click to discover the new JoinPeertube.org

Both of these paths may lead you to the register of public instances. You can sort them according to your preferences so as to find the one that meets your needs. This selecting is made possible by the answers given to the form mentioned earlier, which allows admins to better introduce their instance and to explain the project behind it to potential users. That being said the best solution is to have a look by your own means (as a side note, we find the site much prettier now !)…

Please note that PeerTube now has its own documentation website, meant for both admins (to ease the software installation, maintenance and administration) or for regular users (whether it be for signing-up, managing your playlists or uploading videos).

The future of PeerTube is still YOU !

It would be impossible to name everyone who has contributed to the code, funding, design, translation, documentation, illustration and promotion of PeerTube… but the least we can do is to express our gratitude !

After one year of development and maturation of the project, we are putting a lot of thoughts into its future. People have different wishes, you guys have given us a lot of ideas. All of the feedback we are receiving from you, particularly on the dedicated section to PeerTube on our forum (the best place for your suggestions !) is invaluable to us.

Nowadays, we are imagining new improvements (to the interface, user experience, search engine, plug-in system), important tools, (mobile apps, videos about PeerTube), as well as new, powerful features. Would you like to easily remix online videos from your PeerTube account ? to do livestreams ? So do we ! And we need your support for that !

We are allowed to have all types of dreams and aspirations for PeerTube, but what is sure is that making come true will have a cost. The year we have spent developing PeerTube was funded in part by what was left of the June 2018 crowdfunding, but mostly by regular donations we receive for all of our projects. We will probably launch a new crowdfunding campaign just for PeerTube v3 in 2020.

In the meantime, feel free to help PeerTube grow, to promote instances and videos you like, and to congratulate the whole community for how far we have come with this v2 !

 

Have a look at Contributopia’s travel journals and discover more articles and actions made possible by your donations. If you like what you just read, please think of supporting us, as your donations are the only thing that allow us to go on. As Framasoft is a public interest organization, the real cost of a 100 € donation from a French taxpayer is only of 34 €.

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Header illustration : CC-By David Revoy

Non, YouTube ne va pas supprimer les chaînes qui ne sont pas rentables économiquement

Une mise à jour du règlement de YouTube sous-entendrait que la plateforme pourrait peut-être supprimer des chaînes non rentables. Mais il s'agit heureusement d'une fausse interprétation.

Les vidéastes ont craint le pire, après la modification début novembre des conditions d’utilisation de YouTube. Les nouvelles laissaient entendre que la plateforme pourrait supprimer des chaînes jugées insuffisamment rentables. En réalité, il n’en est rien.

Une rumeur partagée sur les réseaux sociaux

La rumeur a été largement partagée sur les réseaux sociaux, Twitter en tête. Le journaliste Ford Fischer a par exemple écrit le 10 novembre un message alarmiste à ce sujet. « C’est probablement la fin de YouTube, a-t-il annoncé. Il y a eu de petits changements, mais celui-ci annonce la fin. Dès le 10 décembre, YouTube supprimera les chaînes qui ne sont plus viables commercialement ».

YouTube is probably over.

It’s been a lot of small steps, but this is the end.

As of December 10th, Youtube will delete channels that are “no longer commercially viable.”

How could a channel that’s demonetized be “commercially viable” ?

“Broadcast yourself” is finished. pic.twitter.com/5x4fuYD2Te

— Ford Fischer (@FordFischer) November 10, 2019

Ses informations ont été reprises jusqu’en France, notamment par le vidéaste Le roi des rats. « Si on n’entre pas dans une ère de censure liée à l’argent, qu’est-ce que c’est ? », s’est-il questionné.

Le 10 décembre prochain, Ytb pourra si ils le souhaitent faire supprimer n’importe quel chaîne YouTube qui ne leur rapporte pas assez d’argent, et mm clôturer le compte Google (gmail etc). Si on rentre pas dans une air de censure lié à l’argent, quest ce que c’est ? @YTCreateurs pic.twitter.com/w5vBfBntDn

— RATTO KINGU ラット・キング (@leroidesrats) November 11, 2019

Les nouvelles conditions d’utilisation de YouTube ont effectivement de quoi faire peur. On y lit « YouTube se laisse le droit de couper l’accès à votre compte Google en totalité ou en partie si YouTube estime que ce service n’est plus viable commercialement. »

Des règles mal interprétées

Comme l’a noté un cadre de l’entreprise sur Twitter, ces règles existaient en fait déjà dans l’ancien règlement.

Captures d’écran

Il souligne par ailleurs qu’une mauvaise interprétation a été faite du règlement, comme l’ont confirmé les équipes techniques du site.

To clarify, the "commercially viable" section is not about terminating an account bc it’s not making money / not in YPP. It’s about discontinuing certain features or parts of the service bc they are outdated or have low usage. This does not impact creators or viewers in new ways.

— TeamYouTube (@TeamYouTube) November 11, 2019

« Pour clarifier ceci, ont-elles écrit sur Twitter, la section « commercialement viable » ne concerne pas la suppression de comptes qui ne rapportent pas d’argent ou le programme partenaire YouTube. » En fait, cela renvoie à l’arrêt de services dépassés ou qui n’auraient pas assez de clients, proposés par YouTube… et non par les vidéastes. Par exemple, en janvier 2019, Google a annoncé qu’il cessait Google +, parce que la plateforme ne rencontrait pas le succès escompté. Google se protège donc des conséquences si un service qu’il ne juge plus intéressant est arrêté, même s’il est utilisé par quelques personnes.

« Cela n’affectera ni les créateurs de contenus ni leurs abonnés », assure la YouTube team. Un porte-parole a indiqué à Numerama que les modifications avaient été faites « pour clarifier les règles et s’assurer qu’elles soient à jour ». « Nous ne changeons pas la manière dont fonctionnent nos services, la manière dont nous collectons des données ou autre, a-t-il dit. Nous ne changeons pas la manière dont nous travaillons avec les créateurs, leurs droits sur leur travail ou droit à la monétisation.  »

La dépendance est forte entre vidéastes et YouTube. // Source : Montage Numerama

Cette annonce et les craintes qu’elle a soulevées questionnent en tout cas une fois de plus la dépendance des créateurs de contenus sur le Web à l’égard de YouTube. Pour le moment, les plateformes concurrentes offrent des services et un nombre d’utilisateurs largement inférieurs.

C’est à cause de cette relation que les vidéastes n’ont d’autre choix que d’accepter les règlements successifs imposés par YouTube, ou les durcissements des règles sur la démonétisation… Pour y remédier, certains ont créé une association professionnelle. Ils comptent faire entendre leur voix par ce biais.

Un casque de réalité augmentée Apple en 2022 : une fenêtre de lancement réaliste ?

Apple lancerait son premier casque de réalité augmentée en 2022. Puis une paire de lunettes.

Durant la conférence de rentrée dédiée aux nouveaux iPhone, Apple n’a pas pipé mot sur la réalité augmentée — alors que c’était devenu une sorte d’habitude. Cela ne veut pas dire que la technologie n’a aucun avenir au sein de la firme de Cupertino. Bien au contraire : selon les informations de The Information, corroborées par Bloomberg le 11 novembre, Apple lancerait un premier casque de réalité mixte en 2022, suivi d’une paire de lunettes en 2023.

Les dernières indiscrétions en la matière tablaient plus volontiers pour un lancement dès l’année prochaine, ce qui, au vu de la technologie, semble absolument irréaliste. Apple aurait donc revu ses plans, sans aucun doute pour s’assurer de la maturité de la technologie comme du marché. Aujourd’hui, plus de 1 000 employés travailleraient sur le dossier.

Tim Cook au keynote 2019 // Source : Apple

Rendez-vous en 2022 pour la réalité augmentée chez Apple ?

The Information cite des sources proches d’Apple, qui aurait récemment tenu une réunion interne pour préciser ses plans futurs. Le casque AR, dont le nom de code serait N301, s’apparenterait à un Oculus Quest. Capable de faire tourner des applications en réalité virtuelle et en réalité augmentée, il serait équipé de plusieurs capteurs externes pour modéliser l’environnement de l’utilisateur, ainsi que d’un écran haute définition pour une qualité d’affichage optimale. En théorie, il s’accompagnerait d’une petite manette. Selon Bloomberg, il permettrait de jouer, de regarder des vidéos ou encore de participer à des conférences virtuelles.

Dans la foulée, Apple lancerait un produit un peu moins ambitieux, prenant la forme d’une paire de lunettes pensées pour être portées plus longtemps que le casque. Elles pourraient arborer des verres capables de devenir opaques quand l’utilisateur est plongé dans une expérience. Les prototypes actuels ressembleraient à des lunettes de soleil hors de prix avec des branches épaisses (pour accueillir les processeurs et la batterie).

Pour ces deux appareils, Apple utiliserait un capteur 3D beaucoup plus évolué que celui qui permet à la reconnaissance faciale de fonctionner sur les iPad Pro et les iPhone équipés de Face ID. Il pourrait être intégré dans les iPad Pro de l’année prochaine avant de prendre place au sein des iPhone de 2020.

On rappelle qu’Apple propose déjà de la réalité augmentée sur ses produits d’aujourd’hui, par l’intermédiaire de la plateforme ARKit. En lançant un casque et des lunettes, la multinationale franchirait une étape supérieure sur un segment qui peine encore à décoller. D’où la prudence d’Apple, connu pour sa faculté à tirer le meilleur d’une technologie arrivée à maturité. Le bon produit, au bon moment.

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