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Kourai

This Week’s Japanese Game Releases: Team Sonic Racing, Resident Evil Origins Collection for Switch, more

Team Sonic Racing and the Switch version of Resident Evil Origins Collection highlight this week in Japanese game releases. Developed by Sumo Digital, which also handled the Sonic & All-Stars Racing series, Team Sonic Racing features 15 playable characters, team-based racing, vehicle customization and upgrades, and both online and local co-op and multiplayer modes. Resident [
]

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Les États-Unis craignent que la Chine utilise Grindr pour faire chanter des militaires

Le propriétaire chinois de l'appli de rencontre est forcé de la revendre.

Temps de lecture: 2 min — RepĂ©rĂ© sur ABC

Beijing Kulun Tech est un conglomĂ©rat chinois centrĂ© sur le jeu vidĂ©o. En 2016, la sociĂ©tĂ© a dĂ©boursĂ© 93 millions de dollars (83 millions d’euros) pour acquĂ©rir 60% de Grindr, une application de rencontres pour gays, puis a achetĂ© les 40% restants en 2018. Avant d'annoncer cette semaine la revente de l’app avant le 30 juin 2020.

Cette annonce fait suite Ă  une dĂ©cision rare rendue plus tĂŽt cette annĂ©e: en mars, le comitĂ© sur les investissements Ă©trangers aux États-Unis (CFIUS) a ordonnĂ© Ă  Kulun de revendre Grindr en invoquant des raisons de sĂ©curitĂ© nationale.

Ce qui effraie les États-Unis, c’est que la Chine, un pays hostile, dispose, comme beaucoup d’autres, de «data localisation laws». Des lois qui obligent les entreprises chinoises Ă  localiser leurs donnĂ©es sur le territoire national. Et qui donnent donc accĂšs au gouvernement aux data centers.

Souveraineté numérique

Or, les donnĂ©es que les utilisateurs rendent disponibles sur Grindr sont particuliĂšrement sensibles. Tout d’abord, leur identitĂ©, d’autant plus importante pour les personnes qui ne sont pas «out», mais aussi leur Ă©ventuelle sĂ©ropositivitĂ©, des photos intimes etc.

Au-delĂ  de la protection de la vie privĂ©e de citoyens amĂ©ricains, c’est aussi le risque de chantage que veut Ă©viter le CFIUS. Car des experts ont prĂ©venu qu’il est trĂšs probable que des militaires, des membres du gouvernement, des pontes de la dĂ©fense, de l’intĂ©rieur, ainsi que des dirigeants du FBI ou de la CIA utilisent Grindr. D’oĂč une compromission de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure.

Toutefois, comme le pointe l’ONG de dĂ©fense des droits numĂ©riques Privacy International, la problĂ©matique de respect de la vie privĂ©e se pose dans tous les pays: «Il est inquiĂ©tant que l'ensemble des utilisateurs de Grindr, peu importe leur nationalitĂ©, soient Ă  la merci d’un gouvernement, que ce soit le gouvernement chinois ou amĂ©ricain.»

Cette dĂ©cision montre aussi qu’à l’heure du big data, les nations commencent Ă  se soucier sĂ©rieusement de leur souverainetĂ© numĂ©rique et qu’il va ĂȘtre difficile pour des entreprises de pays hostiles d’acheter des rĂ©seaux sociaux amĂ©ricains populaires.

Au fait, pourquoi Asus s’appelle Asus ?

Que ce soit via ses cartes mĂšres, ses ordinateurs ou ses smartphones, vous avez sans doute dĂ©jĂ  eu affaire Ă  la marque Asus. Mais savez-vous d'oĂč vient son nom ?

FondĂ©e en 1989 Ă  TaĂŻwan par quatre anciens ingĂ©nieurs d’Acer, Asus ne partait pas gagnant dans le monde de l’informatique. Aujourd’hui, elle est une des sociĂ©tĂ©s les plus importantes du pays et a su s’exporter partout dans le monde, notamment grĂące Ă  ses cartes mĂšres et ses ordinateurs. DĂšs 2006, la marque investit dans le milieu du jeu vidĂ©o avec sa gamme de produits Republic of Gamers. Elle est en 2019 l’un des sponsors privilĂ©giĂ©s des Ă©vĂ©nements liĂ©s Ă  l’industrie vidĂ©oludique et soutient une activitĂ© cĂŽtĂ© smartphones plutĂŽt discrĂšte, mais souvent audacieuse.

Vous avez sans doute croisĂ© le chemin de la marque au moins une fois dans votre vie, mais connaissez-vous l’origine de son nom ?

Le cheval ailé Pégase comme inspiration

Selon le site officiel d’Asus, le nom de la firme vient du cheval ailĂ© PĂ©gase, ou Pegasus en anglais. L’animal, « fils » du dieu PosĂ©idon, est une des crĂ©atures les plus connues de la mythologie grecque. Quel est le rapport entre PĂ©gase et une marque spĂ©cialisĂ©e dans l’électronique ? La sociĂ©tĂ© explique que « Asus incarne la force, la puretĂ© et l’esprit d’aventure de cette crĂ©ature fantastique  » et qu’elle « souhaite aller toujours plus haut avec chacun de ses produits. » Un concept qui correspond bien au cheval ailĂ©.

Hercule chevauchant la source d’inspiration d’Asus. // Source : Youtube/Disney FR

Si Asus n’a pas tout simplement choisi le nom « Pegasus », c’est pour une raison purement marketing. En 2003, Alexander Kim, le responsable de ventes Ă  l’époque, a expliquĂ© au mĂ©dia russe HW « qu’une partie du nom a Ă©tĂ© retirĂ©e afin que l’entreprise soit placĂ©e plus haut dans l’ordre alphabĂ©tique. » Une idĂ©e trĂšs terre-Ă -terre qui tranche avec le cĂŽtĂ© poĂ©tique de la crĂ©ature qui a inspirĂ© Asus.

Watercolor Paintings of Imagined Trash Structures Packed With Advertising by Alvaro Naddeo

“First Class”

Brazilian artist Alvaro Naddeo‘s watercolors imagine a dystopian world left in ruin by overconsumption and littered with the branding and logos of the past. Store walls, rusted out vehicles, and arcade machines gain new value as building materials and are combined with other objects and parts to form pop surrealist stacked structures.

Naddeo tells Colossal that he starts with a loose sketch by hand. He then uses 3D software to help define a plausible shape for his imagined constructions, and creates a reference composition in Photoshop. After years of practice, Naddeo shares that he is able to recreate the texture, color, and shadows of various building materials like brick and concrete from memory. He uses reference photos to help flesh out small detail items, which are similarly rendered in watercolor. As for the specific brands, Naddeo says that he pulls from his youth. “I think about the stickers and posters I used to have in my teenage room or the group of brands I used to like at a certain time. I also research at old magazines and look at the ads that shared a specific era. It’s a very fun and nostalgic exercise.”

In a statement on his website, the artist credits his career in advertising over the past 20 years as the inspiration for his work and for showing him the “duality” of such imagery, “both desirable and despicable.” To see more of Alvaro Naddeo’s work and to learn about his upcoming shows with Thinkspace Gallery, follow him on Instagram. (via Colossal Submissions)

“First Class” (detail)

“First Class” (detail)

“One of a Kind”

“Gambiarra”

“The Flat”

“Escargot”

“Lower East Dog”

Nantes. Le Floride, 40 ans de musique et d'esprit rock

Dimanche 9 juin, la discothĂšque rock du bout de l'Ăźle de Nantes, le cĂ©lĂšbre Floride toujours en activitĂ©, rue Saint-Domingue, fĂȘte ses 40 ans. Quatre groupes sont programmĂ©s.

Musique
Nantes
Photos

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Nantes. Le tennis, deuxiÚme sport nantais en termes de licenciés

Avec douze clubs et 4 503 adhérents, le tennis est le deuxiÚme sport en termes de licenciés, aprÚs le football, à Nantes.

Sports
Nantes
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Nantes. Handicap : quand les Ă©quipements sportifs s'adaptent

En février dernier, la Ville adoptait un nouveau plan handicap 2019/2022 pour développer davantage la pratique par les personnes en situation de handicap.

Fait de société
Nantes
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Loire-Atlantique. Des idées de sorties pour profiter du dimanche aprÚs-midi

Envie de profiter de ce dimanche aprÚs-midi ? Voici une sélection de sorties.

Loisirs
Loire-Atlantique
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Yesterday — May 19th 2019Your RSS feeds

Poulet M'chermel (olives et citron confit)

By: Radia

Tagine de poulet aux olives et au citron confit, grand classique de la cuisine marocaine.

  • 1 gros poulet fermier coupĂ© en morceaux (ou 6 cuisses)
  • 1/2 tasse d'olives mauves (sinon vertes)
  • 1 gros oignon Ă©mincĂ© finement
  • 1/3 bouquet de persil plat hachĂ©
  • 3 brins de coriandre fraĂźche
  • 3 c. soupe d'huile d'olive
  • Pour la marinade :
  • 1 citron confit
  • 3 gousses d'ail hachĂ©es
  • 1 c. cafĂ© de cumin
  • 1 c. cafĂ© de piment doux
  • 1 c. cafĂ© de gingembre poudre
  • 1 c. cafĂ© de curcuma
    ou quelques filaments de safran
  • 1 pincĂ©e de gros sel
Recette de cuisine-libre.fr

Marinade (chermoula)

Couper le citron confit en quartiers pour en gratter la pulpe en retirant les pépins. Couper l'écorce restante en lamelles et la réserver.

Écraser l'ail en pĂąte avec un peu de gros sel. Ajouter la pulpe de citron confit, les Ă©pices, le persil hachĂ© et un peu d'huile. Mixer le tout.

Enduire le poulet extérieurement et intérieurement ou le découper en morceaux pour bien l'imprégner. Laisser mariner entre une demi-heure et 2 h. Vous pouvez aussi préparer cette marinade la veille.

Mettre les olives à tremper pour les dessaler, ou les ébouillanter, pour atténuer leur amertume.

Cuisson

Racler le poulet pour le débarrasser de la chermoula (la récupérer dans un bol). Dans un tagine ou une cocotte à fond épais, faire revenir à l'huile le poulet avec foie et gésier, pour le colorer. Faire revenir l'oignon émincé.

Ajouter 2 verres d'eau, la chermoula réservée, couvrir et laisser mijoter à feu moyen pendant 30 min, en retournant le poulet de temps en temps. Ajouter de l'eau en court de cuisson si besoin.

Lorsque le poulet et cuit (la chair doit se détacher facilement des os), le passer au four préchauffé à 200°C pour le dorer, environ 15 min.

Sauce (darmira)

Pendant ce temps, laisser rĂ©duire la sauce Ă  dĂ©couvert afin de la rendre Ă©paisse et onctueuse. Ajouter les olives Ă©gouttĂ©es et les Ă©corces de citrons confits en fin de cuisson, juste pour les rĂ©chauffer. Écraser le foie dans la sauce.

Dressage

Dresser le poulet rÎti sur un plat. Verser la sauce autour du poulet, avec les olives. Disposer dessus les écorces de citron. Parsemer de d'un peu de coriandre ciselée. Servir bien chaud, avec du pain.

Le djaj mchermel est vraiment un classique consommé par tous au Maroc. C'est un plat acide (avec le citron) et amer (avec les olives).

Pour aller plus vite, au lieu de marinade, ajouter les épices en début de cuisson. Verser tous les ingrédients dans l'autocuiseur et cuire environ 20 minutes.

© Recette diffusée sous CC by-sa.

La sĂ©ance Blu-Ray UHD du week-end : Spider-Man New Generation, une toile d’exception

Spider-Man: New Generation est magnifique en UHD.

La sĂ©ance Blu-ray UHD du week-end est un rendez-vous imaginĂ© par la rĂ©daction de Numerama pour vous proposer des tests de Blu-ray UHD. Vous y trouverez des films dont le disque devrait rĂ©pondre aux principales exigences en matiĂšre d’image et de son, sublimant alors votre Ă©quipement dernier cri. 

RĂ©compensĂ©, Ă  juste titre, par l’Oscar du meilleur film d’animation, Spider-Man : New Generation ne pouvait pas Ă©chapper Ă  une sortie vidĂ©o digne de ce nom. À savoir une disponibilitĂ© en Blu-ray UHD.

Sur ce support, Spider-Man : New Generation a toutes les cartes en main pour donner le meilleur de lui-mĂȘme. AprĂšs avoir insĂ©rĂ© le disque dans le lecteur, quelques minutes suffisent pour convaincre. On vous dit tout.

LE FILM

Alors que le genre superhĂ©ros vit au rythme des sorties du Marvel Cinematic Universe, des rares rĂ©ussites de la Fox (Deadpool) et des ratĂ©s de Warner Bros., Sony Picture a pris tout le monde par surprise avec Spider-Man : New Generation. DerriĂšre une vĂ©ritable pĂ©pite d’animation (la direction artistique et la mise en scĂšne sont Ă  tomber), l’adaptation rĂ©unit tout ce qu’on a envie d’aimer dans un tel film.

GrĂące aux multiples rĂ©fĂ©rences (y compris Ă  la trilogie de Sam Raimi), Ă  la mise en abĂźme, aux hommages assumĂ©s (aux cartoons, aux comics
) et Ă  l’intelligence du scĂ©nario, Spider-Man : New Generation est une vĂ©ritable bouffĂ©e d’air frais — et certainement l’un des meilleurs films de superhĂ©ros de ces derniĂšres annĂ©es. À voir absolument.

Spider-Man : New Generation // Source : Sony Pictures

L’IMAGE : 5/5

EsthĂ©tiquement impressionnant, Spider-Man : New Generation trouve, dans le Blu-ray UHD, un Ă©crin parfait pour s’exprimer dans les meilleures conditions. Si le gain en dĂ©finition reste tĂ©nu (le Blu-ray est dĂ©jĂ  magnifique sur ce point), on assiste Ă  une vĂ©ritable explosion des couleurs. GrĂące Ă  l’apport palpable du HDR, la palette s’affiche avec une richesse affolante (mention spĂ©ciale au rouge du costume du vieux Spider-Man). Le moindre dĂ©tail ressort mieux et c’est un vĂ©ritable rĂ©gal pour les yeux.

En prime, le Blu-ray UHD fait un bien fou aux reflets, aux effets visuels (les flammes et les onomatopĂ©es semblent vouloir quitter l’écran) et aux sources de lumiĂšre (les gyrophares des voitures). La claque artistique que reprĂ©sente Spider-Man : New Generation n’en est que plus grande. On pourrait mĂȘme affirmer qu’elle se transforme en uppercut. Vos yeux ne sont peut-ĂȘtre pas prĂȘts.

Spider-Man : New Generation // Source : Sony Pictures

LE SON : 5/5

Avec sa piste originale en Dolby Atmos, Spider-Man : New Generation livre une vĂ©ritable orgie acoustique. DĂ©ployĂ©e sur tous les canaux avec une intelligence et une prĂ©cision rĂ©ellement impressionnantes, la bande-son assure un spectacle retentissant. OĂč la gĂ©nĂ©rositĂ© se transmet de la premiĂšre Ă  la derniĂšre seconde.

En tĂ©moignent les effets 3D qui inondent le salon Ă  la moindre occasion. Exemples choisis : les clics des appareils photo, les cliquetis produits par les maillons d’une chaĂźne de punching-ball recevant des coups ou encore le bruit Ă©mis quand les Spider-Man tissent leurs toiles. De toute Ă©vidence, nos oreilles sont rĂ©compensĂ©es et Spider-Man : New Generation a les arguments pour devenir une vitrine Atmos.

Le Blu-ray UHD de Spider-Man : New Generation est disponible à moins de 25 euros. 

«Endgame»: laissons mourir les Avengers

Le dernier opus des studios Marvel est symptomatique d'une société qui veut effacer la mort et d'une industrie qui cherche à tuer la fin pour exploiter au maximum un fructueux filon.

Temps de lecture: 10 min

ATTENTION: cet article contient de nombreux spoilers. Si vous n'avez pas vu Avengers: Endgame, sa lecture est à vos risques et périls.

«Un seul ĂȘtre vous manque, et tout est dĂ©peuplé», Ă©crivait Lamartine en 1820 dans ses MĂ©ditations poĂ©tiques (et moi dans mon agenda Chipie en 1998). Depuis Avangers: Infinity War, sorti en 2018, l'univers est littĂ©ralement dĂ©peuplĂ©: Thanos a claquĂ© des doigts, tel un gĂ©nie sociopathe, pour exaucer son souhait d'anĂ©antir la moitiĂ© des ĂȘtres vivants.

Dans Endgame, le dernier blockbuster signĂ© Marvel qui pulvĂ©rise les records, les Avengers ayant tentĂ©, en vain, d'empĂȘcher le gĂ©nocide galactique vivent depuis cinq ans avec le double poids de la culpabilitĂ© et du deuil.

Certain·es ont repris du service (comme la résiliente Veuve noire), d'autres ont raccroché les gants pour aller vivre à la campagne en famille (Iron Man) ou sont devenus des ronin, comme Hawkeye, dont la famille a été désintégrée par Thanos. Captain America fréquente un groupe de parole et Bruce Banner a fusionné avec Hulk.

Thor, lui, souffre d'un syndrome de stress post-traumatique. Le roi de l'Ásgard, devenu alcoolique et dĂ©pressif, a le sentiment d'ĂȘtre seul responsable du massacre: s'il avait «visĂ© la tĂȘte», comme a raillĂ© le Titan avant d'activer son gant d'infinitĂ©, rien de tout cela ne serait arrivĂ©.

On parlera à peine du chagrin, de la rupture affective ou de ce que fait l'absence. Les héros ont sans doute pleuré, ils n'ont sans doute pas enfilé leur costume le lendemain, comme si de rien n'était, ils n'ont sans doute pas vu leurs ami·es et collÚgues pendant quelques temps. Mais de ces cinq années, on ne verra rien.

Des rites Ă  accomplir

«Il y a une demande sociĂ©tale de limiter les manifestations du chagrin liĂ©es Ă  la perte d'un ĂȘtre cher, analyse Marie-FrĂ©dĂ©rique BacquĂ©, professeure de psychopathologie Ă  l'universitĂ© de Strasbourg et psychologue spĂ©cialiste de la mort et du deuil. Le deuil passe par un Ă©tat dĂ©pressif qui est aujourd'hui questionnĂ© par la psychiatrie. On peut donc s'interroger sur le besoin de notre humanitĂ© de court-circuiter ou de diminuer ce temps du deuil, qui est pourtant normal d'un point de vue affectif.»

Ant-Man, coincĂ© dans une autre dimension oĂč cinq heures, et non cinq ans, se sont Ă©coulĂ©es, incarnerait cette tendance. DĂ©couvrant avec horreur l'effacement de Thanos et la disparition de sa femme, Ant-Man dĂ©boule au bout de trente minutes de film pour convaincre les Avengers de voyager dans le temps et ressusciter les morts.

Deux «pĂŽles» de l'expĂ©rience du deuil se confrontent alors, tels que dĂ©crits par le philosophe Vincent Delecroix dans Le Deuil. Entre le chagrin et le nĂ©ant: «Le pĂŽle du fracas de la perte», reprĂ©sentĂ© par Ant-Man, «oĂč le sujet est simultanĂ©ment dĂ©moli et hyperconcentrĂ© dans son isolement, totalement sujet de l'expĂ©rience, purement subjectif [
]» et le pĂŽle «de la continuitĂ©, du temps, la durĂ©e qu'il faut endurer», reprĂ©sentĂ© par les autres Avengers.

«Jusqu'à il y a cinquante ans, le temps du deuil pouvait prendre jusqu'à une année. Aujourd'hui, c'est un temps qu'on ne peut plus tolérer.»

Marie-Frédérique Bacqué, professeure de psychopathologie

C'est Ă©videmment celui qui n'a pas endurĂ© ce temps, celui qui dĂ©couvre Ă  peine cet «impossible rĂ©el» dont l'idĂ©e remporte l'adhĂ©sion, malgrĂ© les rĂ©ticences de Tony Stark et le dĂ©sintĂ©rĂȘt certain de Thor. Il faudrait donc agir plutĂŽt que subir.

«Aujourd'hui, on ne supporte plus de ne pas ĂȘtre productif ou sociable. Les gens ne veulent plus attendre. Jusqu'Ă  il y a cinquante ans, en Occident, le temps du deuil pouvait prendre jusqu'Ă  une annĂ©e. Aujourd'hui, c'est un temps qu'on ne peut plus tolĂ©rer», dĂ©plore Marie-FrĂ©dĂ©rique BacquĂ©.

Elle note Ă©galement «une particularitĂ© dans ce film, c'est que la mort se produit par disparition. Or, pour se rendre compte et accepter la mort d'une personne chĂšre, il est prĂ©fĂ©rable de la revoir une derniĂšre fois, mĂȘme morte, et d'accomplir des rituels funĂ©raires. ProcĂ©der ensemble, devant des tĂ©moins, Ă  l'accompagnement de la personne vers une issue, sa derniĂšre demeure physique, que ce soit une tombe, une urne funĂ©raire, des cendres dispersĂ©es sur un terrain symbolique »

L'absence de corps complique davantage le travail de deuil, comme dans les crashs aériens, par exemple. «On doit s'autopersuader qu'on ne les reverra plus jamais. Puisqu'il n'y a pas de possibilité de s'appuyer sur quelque chose de matériel, l'accompagnement funéraire sous forme de rituels est d'autant plus important. Car ignorer le devenir du corps, ne pas avoir pu s'en occuper, c'est comme un deuxiÚme deuil.»

Redonner du sens Ă  la mort

Dans Endgame, il y aura mĂȘme un troisiĂšme deuil. Car si, Ă  la fin, les morts ressuscitent, les vivants n'en sortent pas tous indemnes. Deux Avengers pĂ©rissent dans cette victoire contre
 la mort: Iron Man, qui coulait depuis cinq ans des jours heureux avec femme et enfant, et la Veuve noire, qui trouvait sens et rĂ©confort dans son job de super-hĂ©roĂŻne. Mais personne ne remonte Ă  nouveau le temps pour les sauver, car la mort, imprĂ©visible, insensĂ©e, injustifiable, devient une issue acceptable dĂšs lors qu'elle est pour la bonne cause.

Si Thanos l'Ă©coterroriste a sacrifiĂ© tant de vies, c'Ă©tait pour rĂ©tablir l'Ă©quilibre galactique, mis en pĂ©ril par l'Ă©puisement des ressources et la surpopulation. Une sorte de reboot nĂ©cessaire pour l'avĂšnement d'un nouveau monde et empĂȘcher des morts. Mais comme Thanos est un mĂ©chant, il a tort. Natasha Romanoff et Tony Stark sont morts en hĂ©ros afin de ressusciter les morts pour rien.

Mais la mort n'a-t-elle de sens que lorsqu'elle est sacrificielle? Pourquoi Ant-Man ne retourne-t-il pas dans le temps pour empĂȘcher la mort d'Iron Man? «Si l'on est mort pour rien, cette mort est beaucoup plus difficile Ă  supporter. Les guerres persistent car des soldats sont prĂȘts Ă  se sacrifier, parce que leur mort aurait alors du sens! Mais aujourd'hui, la mort des vieillards dans les Ehpad n'a pas de sens », analyse la spĂ©cialiste, pour qui la diminution de la religiositĂ© et des rituels de passage accroĂźt notre peur de la mort.

La Veuve noire n'aura droit Ă  aucune cĂ©rĂ©monie et les funĂ©railles d'Iron Man Ă  la fin du film se dĂ©roulent sans cercueil, ni priĂšre, ni aucun mot prononcĂ© Ă  la mĂ©moire du dĂ©funt. Une couronne de fleurs flotte sur l'eau en silence, tandis qu'une cinquantaine de personnages sont rĂ©unis, vĂȘtus de noir.

«Cette idée d'un royaume des morts est révélatrice de notre besoin affectif, historique et social de donner du sens à notre mort.»

Marie-Frédérique Bacqué, professeure de psychopathologie

«Le fait que pas un mot ne soit prononcĂ©, c'est trĂšs grave. Toute cĂ©rĂ©monie stimule la parole, mais quand il n'y a pas de mots, il doit y avoir des attitudes rituelles, comme prendre une poignĂ©e de terre et la jeter sur le cercueil, conseille Marie-FrĂ©dĂ©rique BacquĂ©. L'ĂȘtre humain veut se dĂ©barrasser de ce qui l'encombre, c'est-Ă -dire les Ă©motions et les symboles. Notre Ă©volution civilisationnelle va hĂ©las vers cette dimension-lĂ . L'absence d'Ă©motion, c'est une tendance contre laquelle j'espĂšre que s'Ă©lĂšveront les jeunes gĂ©nĂ©rations, mais qui peut inconsciemment les pousser se demander Ă  quoi ça sert de faire des rituels ou prononcer des paroles.»

Hormis le Valhalla évoqué dans les films solo de Thor, l'idée d'un au-delà n'est pas non plus évoquée dans le Marvel Cinematic Universe (MCU). Tony Stark et Natacha Romanoff sont surhumains ou post-humains, mais leur ùme n'est pas immortelle, ni éternelle.

Une vision jugée «appauvrissante» par la psychologue, co-autrice avec Michel Hanus du Que sais-je? Le Deuil: «Dans la symbolique de chaque société, il y a une chose fondamentale qui est la destination du mort. Cette idée d'un royaume des morts est révélatrice de notre besoin affectif, historique et social de donner du sens à notre mort» et donc de faciliter le travail du deuil.

Demain ne meurt jamais

L'autre deuil passĂ© sous silence, car il n'a en fait jamais pu exister, c'est celui du public. Qui a cru un seul instant Ă  la mort dĂ©finitive de Black Panther et de Spider-Man en 2018? Juste aprĂšs avoir assistĂ©, mĂ©dusé·es, Ă  la dĂ©sintĂ©gration de milliards d'ĂȘtres vivants, dont Star-Lord, Docteur Strange ou la SorciĂšre rouge, nous devinions dĂ©jĂ  que les survivant·es allaient manifestement voyager dans le temps pour les ressusciter.

Quel geste ç'eut été, d'achever la Saga de l'Infini sur la victoire d'un méchant et la mort précoce et irrémédiable de plusieurs personnages! De quoi nous faire réfléchir à l'irrévocabilité des choses, à notre propre mortalité, aux notions de sacrifice ou de bien commun.

Mais non, car il faut mĂ©nager les fans et la poule aux Ɠufs d'or, donc nous voilĂ  un an plus tard, frĂ©tillant sur nos siĂšges, en dĂ©calage total avec des Avengers marquĂ©s par la mort d'ĂȘtres chers dont nous anticipions le retour. Leurs Ă©motions en devenaient presque caduques, car si le deuil «c'est ĂȘtre face au rĂ©el absolu, c'est-Ă -dire Ă  l'irrĂ©versible et Ă  l'insubstituable», comme l'Ă©crit Vincent Delecroix, dans l'univers Marvel, le rĂ©el n'est pas absolu, comme nous l'a prouvĂ© Endgame.

Ce qui n'est pas expliquĂ©, c'est qu'il existe en outre plusieurs milliers de terres alternatives en plus de la Terre-616, celle oĂč se situe la continuitĂ© principale de la majoritĂ© des comics, et de la Terre-199999, oĂč se dĂ©roulent les vingt-deux films Marvel sortis jusqu'Ă  prĂ©sent. La seule mention du multivers Ă©tait, jusqu'Ă  il y a quelques jours, planquĂ©e sur le tableau noir du Dr Erik Selvig dans Thor: Le Monde des tĂ©nĂšbres (2013), puis rĂ©vĂ©lĂ©e par le film d'animation Spider-Man: New Generation (oscarisĂ© en 2019), qui rĂ©unissait plusieurs hommes et femmes araignĂ©es venu·es d'univers parallĂšles.

Le 6 mai, la bande-annonce de Spider-Man: Far From Home introduit enfin le concept de multivers avec le personnage de Mystério, qui «vient de la Terre, mais pas la nÎtre», et montre un Spider-Man dévasté par la mort de son mentor, Iron Man, se demandant s'il doit ou non le remplacer. Car si l'on savait déjà que le claquement de doigts mortel de Thanos avait affecté non seulement la Terre-616 mais l'univers tout entier, on y apprend désormais qu'il aurait également «percé notre dimension».

Y a-t-il un univers oĂč Iron Man est toujours en vie, jouant avec Pepper et sa fille au bord d'un lac? Thor est-il quelque part champion du monde de Fortnite? «Une histoire formidable exige une fin formidable», affirmait l'an dernier le prĂ©sident des Studios Marvel, Kevin Feige, au New York Times.

Le cycle Avengers a bel et bien pris fin avec Endgame et la phase III du MCU s'achĂšvera cet Ă©tĂ© avec le nouveau Spider-Man, mais la Veuve noire devrait rĂ©apparaĂźtre dans son premier long-mĂ©trage solo en 2020! La mĂȘme annĂ©e, verra-t-on aussi Thanos, pourtant tuĂ© deux fois, dans le film Les Éternels?

Cinq ans avant Endgame, le film X-Men: Days of Future Past (les aventures des X-Men sont Ă©ditĂ©es par Marvel, mais c'est 20th Century Fox qui en dĂ©tient les droits au cinĂ©ma) nous faisait dĂ©jĂ  voyager dans le passĂ© pour empĂȘcher un futur sans mutants d'advenir.

La SorciĂšre rouge elle-mĂȘme a le pouvoir de modifier la rĂ©alitĂ© et ne s'en prive pas, notamment dans la sĂ©rie de comics House of M, oĂč elle crĂ©e une rĂ©alitĂ© alternative dans laquelle Spider-Man est mariĂ© avec Gwen Stacy et son oncle Ben toujours vivant, oĂč Hawkeye n'est pas mort mais travaille avec Luke Cage


Bref. Dans l'univers Marvel, rien n'est irrĂ©versible, donc rien n'est impossible. MĂȘme reprendre le costume et le nom d'un super-hĂ©ros mort au combat. «Black Panther» n'est qu'un titre donnĂ© au roi ou Ă  la reine du Wakanda, il est donc portĂ© par T'Challa jusqu'Ă  ce que sa sƓur Shuri le rĂ©cupĂšre (dans les comics).

Personne n'est irremplaçable, mĂȘme pas Captain America, qui lĂšgue son bouclier –et son titre– Ă  Falcon Ă  la fin de Endgame.

Marvel Studios' #AvengersEndgame is shattering records across the globe.

See it again in theaters: https://t.co/h90aWvima5 pic.twitter.com/XRKbhwhhVL

— Marvel Studios (@MarvelStudios) 8 mai 2019

Depuis la crĂ©ation de Marvel Comics, il y a quatre-vingts ans, un paquet de hĂ©ros et d'hĂ©roĂŻnes ont rencontrĂ© leur dopplegĂ€nger, leurs enfants alternatifs ou leur double malĂ©fique, ont Ă©tĂ© tué·es, ressuscité·es, re-tué·es
 Il n'y a pas un Captain Marvel, mais des centaines. En 2014, une femme (Jane Foster) remplace briĂšvement le roi de l'Ásgard et prend mĂȘme le nom de Thor, dĂ©esse du Tonnerre.

Au Grand Rex, oĂč j'ai vu Endgame, un enfant s'est mis Ă  sangloter quand Tony Stark est mort. Puis un autre, et un troisiĂšme. Si Iron Man a expirĂ©, comme le contrat qui liait Robert Downey Jr. aux studios Marvel, ces derniers vont-ils enterrer son personnage? Rien n'est moins sĂ»r.

«Les héros ne naissent pas, ils sont créés», clamait le slogan du tout premier film Iron Man, sorti en 2008, inaugurant le MCU. Un héros en devient un lorsqu'un dessinateur ou une scénariste le décide. Et le multivers, c'est la panacée. L'opportunité pour Marvel d'introduire de nouveaux personnages à l'infini, d'effacer leur mort à l'envi et d'isoler ou faire coexister plusieurs franchises.

En guerre contre la fin

Avec un tel univers au potentiel illimité, c'est d'un véritable gant d'infinité dont disposent les studios Marvel. Le troisiÚme Avengers s'appelait Infinity War, comme une métaphore de la guerre contre la finitude que mÚne depuis plusieurs années l'industrie du divertissement.

Hollywood profite de n'ĂȘtre pas soumis aux lois de notre rĂ©alitĂ© pour nous saturer de prequels, sequels, reboots et autres spin-offs plus ou moins (surtout moins) rĂ©ussis: X-Files, Charmed, Twin Peaks, McGyver, Deadwood, Veronica Mars, Halloween, Sabrina et bientĂŽt Matrix.

«Dans les années 1980, sur les vingt films ayant réalisé le plus d'entrées, six étaient des suites. Pour la présente décennie, c'est dix-sept films sur vingt», notait en 2018 la journaliste Amanda Hess.

Une boucle infinie comme une bulle rĂ©confortante, qui pousse le public Ă  rester dans sa zone de confort et lui Ă©pargne toute sensation trop forte. «La sociĂ©tĂ© de consommation dans laquelle nous vivons est aussi –et peut-ĂȘtre surtout– une sociĂ©tĂ© de consolation, qui vise Ă  proscrire l'expĂ©rience du tragique», affirmait Vincent Delecroix sur France Culture.

Cette «fin des fins», comme la surnomme Amanda Hess, nous pousse Ă  faire le deuil du deuil et crĂ©e un rapport diffĂ©rent aux Ɠuvres. Comment envisager l'ultime Ă©pisode d'une sĂ©rie qui recommencera peut-ĂȘtre dans cinq ans? Pourquoi faire son deuil d'un personnage qui ressuscitera, un jour, dans un prequel?

«[Les fins] imprĂ©gnaient de sens ce qui les prĂ©cĂ©dait et nous permettaient de rĂ©flĂ©chir Ă  ce que l'on venait de voir. Plus que ça, encore, elles nous faisaient nous sentir vivants. L'histoire finissait, mais pas nous. [
] Nous avions besoin qu'une histoire se termine pour qu'elle fasse sens. Nous avions besoin que des personnages meurent pour que nos existences fassent sens», Ă©crit-elle.

Avec le mot «FIN», c'est notre propre mortalité qui nous regarde dans les yeux. Alors, si «la fin fait partie du voyage», quand est-ce qu'on arrive?

FIN

Que risque-t-on à coloniser Mars ?

Une mission habitĂ©e vers Mars devient de plus en plus probable pour les dĂ©cennies Ă  venir, mais des projets commencent dĂ©jĂ  Ă  fleurir... pour aller plus loin. L'HumanitĂ© pourrait non seulement poser le pied sur Mars, mais aussi y vivre, mĂȘme si de nombreux obstacles restent Ă  franchir.

« Nous pourrons construire une ville autonome sur Mars d’ici 2050. — Elon Musk, le 25 mars 2019

Les frĂ©quentes annonces du fantasque patron de SpaceX peuvent faire rĂȘver, sourire ou agacer. Mais celles qui concernent Mars pourraient devenir beaucoup plus concrĂštes dans les annĂ©es Ă  venir. Jour aprĂšs jour, la planĂšte rouge semble un peu plus proche de nous. Plusieurs rovers s’y sont posĂ©s et derniĂšrement l’atterrisseur Insight a commencĂ© Ă  forer dans le sol. La mission Mars 2020 prĂ©voit mĂȘme des retours d’échantillons pour l’an prochain.

En revanche, pour ce qui est de poser des Hommes plutĂŽt que des robots, c’est un petit peu plus compliquĂ©. En 2013, plusieurs centaines de milliers de candidats Ă  travers le monde se portent volontaires pour participer au fumeux projet Mars One. Les organisateurs loufoques prĂ©voyaient une mission habitĂ©e pour dans deux dĂ©cennies seulement, mais Ă  la suite de soucis de financement et confrontĂ©s Ă  d’énormes failles scientifiques dans leur projet, tout est tombĂ© Ă  l’eau.

Un Ă©chec cuisant qui n’entame pas l’enthousiasme de certains, Ă  l’image de Buzz Aldrin, l’illustre coĂ©quipier de Neil Armstrong lors de la mission Apollo 11 qui appelle Ă  une grande migration vers Mars. Dans un entretien au Washington Post, il fĂ©licite le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump pour ses ambitions dans le monde de l’aĂ©rospatiale et rĂ©clame que la colonisation de Mars devienne une prioritĂ© nationale.

Rendu d’artiste de la BFR // Source : SpaceX

La science face aux effets d’annonce

Beaucoup d’annonces, mais le monde mĂ©diatico-politique n’avance pas au mĂȘme rythme que le monde scientifique qui lui, appelle avant tout Ă  la prudence. « Quand j’étais jeune, nous raconte Frances Westall, gĂ©ologue et palĂ©obiologiste au CNRS, je voulais ĂȘtre la premiĂšre gĂ©ologue sur Mars
 avant de rĂ©aliser qu’en rĂ©alitĂ© c’était beaucoup plus compliquĂ© que cela.  »

En effet, les difficultĂ©s inhĂ©rentes Ă  ce type de projet sont bien trop souvent balayĂ©es alors qu’elles posent de rĂ©els problĂšmes
 le premier Ă©tant les radiations. Sur Mars, il n’y a pas d’atmosphĂšre et les humains seraient donc en permanence confrontĂ©s au mĂȘme niveau de radiation que ce que subissent les astronautes dans la Station spatiale internationale. À savoir, un taux tolĂ©rable pour quelques mois, voire quelques annĂ©es, mais qui finirait par provoquer des cancers mortels.

Seul sur Mars. // Source : 20th Century Fox

On estime qu’un sĂ©jour sur Mars pourrait ainsi ne durer que quelques semaines si on prend en compte les six mois de trajet pour s’y rendre et autant pour revenir avec un bon alignement des planĂštes. Au sens propre. « Ceux qui proposaient d’envoyer au plus vite des humains vivre sur Mars les envoyaient en rĂ©alitĂ© directement au cimetiĂšre, assure Frances Westall. Nos technologies actuelles ne nous permettent pas d’entreprendre un tel voyage puisque nous ne pouvons pas nous protĂ©ger des radiations.  »

Un constat qui n’empĂȘche pas les recherches de se multiplier, mĂȘme si les idĂ©es sortent de la sphĂšre purement scientifique. Le concours Mars City Design est par exemple organisĂ© tous les ans depuis 2016. Le but : rĂ©unir des scientifiques, des architectes et des artistes pour imaginer Ă  quoi pourrait ressembler une ville martienne peuplĂ©e par des humains. Malay Kumar Biswal, chercheur au dĂ©partement de Physiques de l’universitĂ© de PondichĂ©ry a participĂ© Ă  la derniĂšre Ă©dition, et il a mis son projet en ligne pour pouvoir le soumettre Ă  la communautĂ© scientifique.

« Nous nous sommes inspirĂ©s de projet dĂ©jĂ  existants, explique-t-il, mais nous avons essayĂ© de rajouter des choses innovantes comme un systĂšme de communication avec plusieurs pĂŽles tous reliĂ©s entre eux pour Ă©viter les coupures et faciliter les Ă©changes sans interruption, quelles que soient les conditions. Ou encore un systĂšme pour enfouir les Ă©quipements sous terre et le protĂ©ger ainsi des tempĂȘtes de poussiĂšre. » Il faut dire que les panneaux solaires par exemple dĂ©testent la poussiĂšre. Or, mĂȘme si l’absence quasi totale d’atmosphĂšre sur Mars empĂȘche l’existence de vents violents, les tempĂȘtes peuvent tout de mĂȘme durer plusieurs mois, ce qui s’avĂ©rerait fatal.

SystÚme de communication Terre-Mars // Source : Department of Physics, Pondicherry University, Kalapet, Puducherry, India

Des idĂ©es issues de telles initiatives peuvent donc inspirer les scientifiques. « Construire des Ă©quipements souterrains c’est une bonne piste, reconnaĂźt Frances Westall, ça aurait le double avantage de protĂ©ger le matĂ©riel de la poussiĂšre et les Hommes des radiations.  »

Pour autant, ces projets parfois un peu audacieux ne prennent pas en compte les limites technologiques, comme l’explique Malay Kumar Biswal. « Envoyer 1 000 personnes sur Mars, actuellement c’est impossible. Il faudrait des vaisseaux plus performants, des systĂšmes pour ralentir en arrivant prĂšs de la surface, car il n’y a pas d’atmosphĂšre pour nous freiner, des installations comme une station martienne sur place pour nous guider
 Bref ça demande d’énormes efforts technologiques et financiers.  »

Des efforts que les agences spatiales ne sont pas du tout prĂȘtes Ă  assumer tant les budgets seraient pharaoniques. La solution pourrait alors venir du secteur privĂ©, rĂ©cupĂ©rant contrats et subventions. Elon Musk ne cache pas ses projets extrĂȘmement ambitieux pour Mars, et avec l’industrie de son cĂŽtĂ©, une mission entre dans le domaine du possible. D’autant que la concurrence se met sĂ»rement en ordre de bataille.

« Il ne faudrait pas que l’arrivĂ©e de l’Homme ne dĂ©truise des formes de vie que nous ne connaissons pas encore. » — Frances Westall

Doit-on faire ce que l’on peut faire ?

Et c’est lĂ  qu’un autre problĂšme se pose : l’Homme doit-il vraiment aller sur Mars ? MĂȘme si les projets ambitieux vers la planĂšte rouge sont Ă©videmment tentants, certains scientifiques ne partagent pas cet enthousiasme. Sans aller jusqu’à bouder tout projet futur, ils appellent Ă  la prudence, et pas seulement pour des raisons liĂ©es Ă  l’incertitude technologique. « Nous avons une responsabilitĂ©, explique Frances Westall, il ne faudrait pas que l’arrivĂ©e de l’Homme ne dĂ©truise des formes de vie que nous ne connaissons pas encore.  »

Le programme ExoMars, sur lequel la gĂ©ologue travaille actuellement a pour mission, entre autres, de trouver des indices sur la prĂ©sence d’une vie prĂ©sente ou passĂ©e. « Actuellement, ajoute-t-elle, c’est dĂ©jĂ  difficile avec les moyens que nous avons de rechercher des traces d’activitĂ© microbiennes Ă  la surface, alors en sous-sol n’en parlons pas !  »

ExoMars 2020 Oxia Planum
Carte montrant les ellipses d’incertitude d’atterrissage du dĂ©but et de la fin de la fenĂȘtre de tir ExoMars. // Source : CNES

Cet aspect plus pragmatique de la communautĂ© scientifique pousse Ă  davantage de prudence, non seulement pour les astronautes qui partiront, mais aussi pour la planĂšte sur laquelle ils se rendront. Une planĂšte que nous devons aussi protĂ©ger alors mĂȘme que la nĂŽtre est au bord d’un dĂ©sastre Ă©cologique. Et Frances Westall d’ajouter : « Les progrĂšs de la robotique et de l’intelligence artificielle rendent de moins en moins utile la prĂ©sence de l’Homme pour explorer Mars. Les futurs rovers seront bien plus efficaces pour trouver des traces de vie
 ou d’autres surprises. »

Dans ce cas-lĂ , faudrait-il tout abandonner, sachant que sans mission plus avancĂ©e, il n’y aura certainement jamais de preuves formelles disant qu’il n’y a aucune vie sur Mars ? Le risque de bouleverser un Ă©cosystĂšme inconnu sera toujours prĂ©sent avant l’arrivĂ©e de l’homme. Il serait prĂ©fĂ©rable alors d’attendre peut-ĂȘtre encore quelques dĂ©cennies que nos connaissances s’amĂ©liorent sur notre voisine, mais aussi que notre technologie nous permette d’avancer sans causer trop de dĂ©gĂąts.

Alors Mars, sanctuaire ou far-west ?

De toute façon, l’avis des scientifiques risque de n’avoir que peu d’importance dans la bataille qui se lance vers Mars. Une bataille dictĂ©e autant par les enjeux Ă©conomiques et politiques que par l’ego des personnes impliquĂ©es. Si, comme cela semble ĂȘtre le cas en ce moment, le secteur privĂ© prend de plus en plus d’importance au dĂ©triment des agences spatiales, on peut s’attendre Ă  une exploration guidĂ©e aux relents de ruĂ©e vers l’or. Et ce malgrĂ© les traitĂ©s internationaux qui devraient limiter les possibilitĂ©s des entreprises privĂ©es. Le TraitĂ© de l’Espace signĂ© dans les annĂ©es 1960 pose certaines rĂšgles et est toujours en vigueur, mĂȘme si les États-Unis en sont sortis en 2015. Quelle que soit la lĂ©gislation, les possibilitĂ©s de sanction restent assez floues et dĂ©pendront surtout du bon vouloir des dirigeants.

Alors Mars, sanctuaire ou far-west ? Il y a encore quelques annĂ©es, les limitations technologiques nous Ă©vitaient de nous poser la question. Mais aujourd’hui, l’éthique semble petit Ă  petit prendre le rĂŽle de dernier rempart.

RGPD : le programme de contrÎle de la CNIL en 2019

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Crédits : Marc Rees (licence CC-BY-SA 3.0)
Loi

À peine son rapport annuel prĂ©sentĂ©, la CNIL dĂ©voile les contours de sa stratĂ©gie pour 2019. Une annĂ©e oĂč les contrĂŽles autour du rĂšglement gĂ©nĂ©ral sur la protection des donnĂ©es personnelles seront pleins et entiers.

Si, en 2018, la commission s’est surtout concentrĂ©e sur des dossiers prĂ©-RGPD, les faits Ă©tant antĂ©rieurs Ă  cette date, les derniers mois ont consacrĂ© la pleine et entiĂšre mise en application du texte. La sanction de 50 millions d'euros contre Google fin janvier en est le tĂ©moin le plus bruyant.

Dans un post ce jour, la CNIL a décrit les trois grandes thématiques qui concentreront son action pour l'année 2019.

Il s’agit d’abord du « respect des droits » issus du rĂšglement europĂ©en. Une expression on ne peut plus large, tant ceux-ci sont nombreux : droit Ă  l’effacement, droit de rectification, droit d’accĂšs, droit Ă  la portabilitĂ© des donnĂ©es
 associĂ©s Ă  de nouvelles obligations comme la rĂ©daction d’une Ă©tude d’impact dans certains cas prĂ©cis.

Rien qu’en 2018, cette question a reprĂ©sentĂ© 73 % des plaintes reçues. DĂ©sormais, « la CNIL souhaite ainsi s’assurer de l’application effective des droits dont disposent les personnes concernĂ©es, qu’il s’agisse des droits dĂ©jĂ  existants dans la loi Informatique et LibertĂ©s ou des nouvelles obligations issues du RGPD tel que le droit Ă  la portabilitĂ© des donnĂ©es ».

La question sensible des mineurs 

DeuxiĂšme thĂ©matique, les mineurs. Cette question fait l’objet d’un traitement Ă  part. Si le rĂšglement considĂšre que le consentement Ă  un traitement de donnĂ©es doit ĂȘtre libre, spĂ©cifique, Ă©clairĂ© et univoque, lorsqu’il concerne un enfant, des conditions spĂ©cifiques s’ajoutent. En particulier, le mineur doit par principe ĂȘtre ĂągĂ© d’au moins 16 ans.

Cependant, cette disposition prĂ©voit une « marge de manƓuvre » pour les États membres : dans une lĂ©gislation spĂ©cifique, ils peuvent abaisser ce seuil jusqu’à 13 ans. En France, la loi d’adaptation a optĂ© pour un Ăąge intermĂ©diaire, 15 ans. En dessous, il est nĂ©cessaire de glaner le consentement de l’autoritĂ© parentale.

Sur ce point, la CNIL souligne recevoir « rĂ©guliĂšrement des plaintes portant sur des problĂ©matiques diverses telles que la publication de contenus sur les rĂ©seaux sociaux ou la mise en Ɠuvre de traitements biomĂ©triques dans les Ă©coles ».

La responsabilité des sous-traitants

Enfin, le dernier thĂšme sera celui de la rĂ©partition des responsabilitĂ©s entre le responsable de traitements et ses sous-traitants. Le RGPD prĂ©voit une sĂ©rie d’obligations pour chacun des acteurs de cet Ă©cosystĂšme, obligations dĂ©crites dans le contrat de sous-traitance nouĂ© entre l’une et l’autre de ces personnes.

Ce programme annuel reprĂ©sente un quart de ses investigations. Dit autrement, la CNIL ne va Ă©videmment pas s’interdire de sanctionner d’autres violations « RGPD » qui seraient Ă©trangĂšres Ă  ces trois thĂšmes. Les contrĂŽles sont dictĂ©s Ă©galement par les plaintes et autres rĂ©clamations adressĂ©es Ă  l’autoritĂ© de contrĂŽle, par « les vĂ©rifications effectuĂ©es Ă  la suite de clĂŽture, de mises en demeure ou de sanctions » et enfin, par l’actualitĂ©, toujours pleine de surprises.

Une politique de contrÎle adaptée, des réponses proportionnelles 

Pour l’annĂ©e en cours, la CNIL va poursuivre sa logique d’accompagnement des professionnels dans la mise en conformitĂ©. Dans son rapport annuel, elle promet par exemple « de nombreuses actions de sensibilisation Ă  destination des collectivitĂ©s territoriales et tout particuliĂšrement des petites communes ». Un guide sera ainsi publiĂ© ces prochains mois, accompagnĂ© de fiches thĂ©matiques. 

Toutefois, son action de contrĂŽle va monter en puissance, bien plus qu'en 2018. « L’annĂ©e 2019 marque l’achĂšvement de la phase de transition entre l’ancienne lĂ©gislation et la nouvelle, que la CNIL avait annoncĂ©e dĂ©but 2018 ».

DĂ©sormais, « la CNIL vĂ©rifiera pleinement le respect des nouvelles obligations et nouveaux droits issus du cadre europĂ©en (analyse d’impact, portabilitĂ© des donnĂ©es, tenue d’un registre des traitements et des violations) et tirera, au besoin, toutes les consĂ©quences en cas de constatation de manquements ». Sous-entendu avec possibles sanctions Ă  la clef.

La logique ne sera pas celle d’une politique uniquement rĂ©pressive : « La CNIL continuera toutefois Ă  faire preuve de discernement dans le choix des mesures correctrices (clĂŽture assortie d’observations rappelant Ă  l’organisme ses obligations, mise en demeure, sanction pĂ©cuniaire, injonction sous astreinte) ».

Cette apparente bienveillance est en fait dictĂ©e par le RGPD lui-mĂȘme. Le rĂšglement demande en effet aux autoritĂ©s de contrĂŽle de suivre cette logique de proportionnalitĂ©.

Les sanctions doivent ainsi ĂȘtre « effectives, proportionnĂ©es et dissuasives » et surtout adaptĂ©es Ă  la nature, la gravitĂ© et la durĂ©e de la violation, ainsi qu’au nombre de personnes concernĂ©es affectĂ©es ou au dommage subi. Le texte demande Ă©galement de prendre en compte l’élĂ©ment intentionnel de la violation ou encore le degrĂ© de collaboration du responsable de traitement.

Toute une palette de mesures prĂ©vues Ă  l’article 83 qui permettent Ă  la CNIL et ses homologues de personnaliser la sanction Ă  chaque cas.

Quand les algos jouent à Marie Kondo, c’est beau

Les algorithmes de tri, comme leur nom ne l’indique pas, sont des algorithmes de classement. Chaque algorithme diffĂ©rent emploie une mĂ©thode diffĂ©rente pour replacer chaque Ă©lĂ©ment d’une liste dans l’ordre attendu.

Ces programmes sont trĂšs frĂ©quents et sont utilisĂ©s dans toutes sortes de fonctions depuis le rĂ©-ordonnancement de noms dans un annuaire jusqu’à la notation de rĂ©sultats de recherche. On les retrouve dans des zones d’usage aussi variĂ©es que les domaines acadĂ©miques, informatiques et industriels. Certains d’entre eux sont trĂšs spĂ©cialisĂ©s et sont adaptĂ©s Ă  un set particulier de donnĂ©es ou Ă  une machine prĂ©cise, et ils font l’objet de nombreuses Ă©tudes pour comparer leur rapiditĂ© ou leur efficacitĂ©.

Les images sont produites par une sĂ©rie de rĂ©sultats successifs : chaque fois que l’algorithme fait une passe et a rangĂ© de nouveaux Ă©lĂ©ments, une ligne est ajoutĂ©e ou modifiĂ©e. Le rĂ©sultat final est le classement parfait, par exemple du noir au blanc, ou de chaque nuance de l’arc en ciel Ă  la bonne place.

Les vidĂ©os ci-dessous comparent diffĂ©rents algos dans le tri de cette image arc-en ciel de base, vous pouvez en retrouver toute une collection par l’utilisateur Morolin sur Imgur. Les images fixes sont tirĂ©es de la collection « Sortraits » produite par William Tracy. Ce lien contient en supplĂ©ment un lien wikipedia vers chaque algorithme utilisĂ©, et des explications sur le projet.

Exposition aux ondes : « légÚre hausse » en 2018, des niveaux nettement inférieurs aux limites

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Crédits : triloks/iStock
Téléphonie

Le niveau d'exposition aux ondes est toujours largement infĂ©rieur aux limites rĂ©glementaires, mais la tendance globale est Ă  la hausse selon le dernier bilan de l'ANFR. En laissant de cĂŽtĂ© les extrĂȘmes comme les 23,1 V/m dans le mĂ©tro lillois, le nombre de mesures Ă  plus de 1 V/m a sensiblement augmenté en 2018.

L'annĂ©e derniĂšre, 3 068 mesures ont Ă©tĂ© effectuĂ©es dans le cadre du dispositif national de surveillance de l’exposition du public aux ondes Ă©lectromagnĂ©tiques, un chiffre globalement stable d'annĂ©e en annĂ©e. L'Agence nationale des frĂ©quences publie son bilan annuel et compare les rĂ©sultats avec ceux des quatre derniĂšres annĂ©es.

2017 a initié une petite augmentation dans le nombre de mesures supérieures à 1 V/m (+1,3 point), cette tendance s'est confirmée et amplifiée en 2018 avec trois points de plus cette fois-ci. La médiane de l'ensemble des mesures est aussi en légÚre hausse. Dans l'ensemble néanmoins, rien d'alarmant puisque les relevés sont « nettement inférieurs aux valeurs limites réglementaires en vigueur  ».

Zones urbaines : en tĂȘte sur les demandes et l'exposition maximum

81 % des mesures ont été faites en milieu urbain, ce qui correspond finalement à peu de chose prÚs à la répartition de la population française sur le territoire. Avec 0,48 V/m, la médiane des mesures est deux fois plus élevée qu'en milieu rural (0,23 V/m).

Sur les 3 068 mesures, 1 952 (64 %) ont Ă©tĂ© faites en intĂ©rieur avec un niveau mĂ©dian de 0,33 V/m, contre 0,68 V/m pour celles en extĂ©rieurs, dont les rĂ©sultats sont logiquement plus Ă©levĂ©s. Certaines valeurs sont tout de mĂȘme Ă  prendre avec de petites pincettes, car elles sont en dessous du seuil typique des appareils de mesure (0,38 V/m).

À quelques pourcents prĂšs, les rĂ©partitions entre milieu rural/urbain et intĂ©rieur/extĂ©rieur sont stables depuis 2014, annĂ©e oĂč ce dispositif de surveillance a Ă©tĂ© mis en place. En 2017 et 2018, les mesures dans la rue ont pris de l'ampleur passant de 9/10 % jusqu'en 2016, Ă  14 % en 2017 et 16 % l'annĂ©e derniĂšre. Les relevĂ©s dans les habitations gagnent aussi quelques points depuis quatre ans, tandis que la part des espaces publics va en diminuant.

  • ANFR bilan exposion ondes 2018
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  • ANFR bilan exposion ondes 2018

Des mesures large bande complétées si besoin

Lors de ses contrĂŽles, l'ANFR dispose de trois cas pour effectuer les mesures : A, A+ et B. Le premier, basique, utilise une sonde large bande pour dĂ©terminer le niveau maximum entre 100 kHz et 300 GHz. Cette mesure peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e d'une « Ă©valuation informative des niveaux de champ Ă©lectrique des principaux services : radiodiffusion FM, tĂ©lĂ©vision (TV), tĂ©lĂ©phonie mobile, tĂ©lĂ©phonie sans fil (DECT), et Wi-Fi ». Le cas B permet d'identifier les sources et les frĂ©quences. 

En juin 2018, le dispositif de surveillance de l’exposition a Ă©voluĂ© « pour prendre en compte de nouvelles sources potentielles d’exposition liĂ©es aux objets communicants fixes », conduisant Ă  la disparition des mesures A+ au profit du cas B dont les rĂ©sultats sont « plus dĂ©taillĂ©s ». Ce changement explique donc la nette augmentation des mesures dans le cadre du cas B alors que celles du cas A+ ne reprĂ©sentent plus que 1 %.

L'ANFR rappelle qu'une mesure cas B intervient systĂ©matiquement lorsque le cas A dĂ©passe les 6 V/m. En 2018, c'est arrivĂ© tout de mĂȘme 33 fois (deux fois plus qu'en 2017), l'Agence parle alors de points atypiques.

Pour rappel, les maximums autorisés varient entre 28 et 87 V/m selon les bandes de fréquence : 

ANFR bilan exposion ondes 2018

Une exposition aux ondes en hausse... 

En 2018, 22,7 % des mesures dĂ©passaient 1 V/m (trĂšs loin des limites rĂ©glementaires donc), en hausse de 3 points par rapport Ă  2017, qui Ă©tait lui-mĂȘme en hausse par rapport Ă  2016, et ainsi de suite jusqu'en 2014 oĂč il Ă©tait question de 18,3 %. 2018 est Ă©galement au-dessus des autres annĂ©es pour les mesures de plus de 2 Ă  6 V/m.

90 % des mesures sont en dessous de 1,8 V/m, et 99 % sous les 6,1 V/m. Les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes il Ă©tait respectivement question de 1,4 Ă  1,6 V/m et de 4,5 Ă  5 V/m ; la hausse est bien palpable. La mĂ©diane est Ă  0,40 V/m en 2018, Ă©galement en lĂ©gĂšre hausse par rapport Ă  la pĂ©riode 2014-2017 oĂč il Ă©tait question de 0,36 Ă  0,38 V/m maximum.

En regardant les chiffres de plus prÚs, on remarque que la hausse provient des mesures en milieu urbain et en extérieur : les médianes respectives augmentent de prÚs de 20 % en un an, alors que le nombre de relevés reste comparable.

Le maximum enregistré est de 23,1 V/m dans le métro lillois (lire notre analyse) : « il y avait un dépassement théorique des niveaux de référence pour des sources émettant à plusieurs fréquences aprÚs extrapolation. Ce cas a été traité et le niveau global de champ mesuré avant extrapolation est passé de 23,1 V/m à 4 V/m ». 23,1 V/m n'est pas pour autant un record : en 2015, un relevé à 26,8 V/m avait été enregistré, contre 25,4 V/m en 2016. 

Sans surprise, « dans la majoritĂ© des cas (62 %), la tĂ©lĂ©phonie mobile est le contributeur principal de l’exposition mesurĂ©e [c'Ă©tait le cas Ă  Lille, ndlr]. Cette tendance est moins marquĂ©e en milieu rural oĂč la tĂ©lĂ©phonie mobile reste majoritaire, mais avec une prĂ©valence moindre (39 % des cas) ». Les bandes FM et le Wi-Fi complĂštent le podium.

« Lorsque la tĂ©lĂ©phonie mobile est le contributeur principal (c’est-Ă -dire dans 1 447 cas sur 2 337 cas B), le niveau d’exposition le plus important est dans prĂšs de 50 % des cas observĂ©s dans la bande 900 MHz de la tĂ©lĂ©phonie mobile. Cette tendance est plus marquĂ©e en milieu rural », explique l'ANFR.

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... mais « globalement nettement inférieurs » aux limites

Dans l'ensemble, « une légÚre hausse se dessine en 2018 par rapport aux années précédentes. Cette tendance reste à confirmer dans les prochaines analyses », ajoute prudemment l'ANFR. On remarque que la hausse avait été légÚrement amorcée en 2017, 2018 pourrait donc déjà faire office de confirmation. 

Pour l'agence nationale des frĂ©quences, « cette analyse globale montre donc que, comme pour les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, les niveaux d’exposition du public aux ondes Ă©lectromagnĂ©tiques sont globalement nettement infĂ©rieurs aux valeurs limites rĂ©glementaires en vigueur ». 

Une démarche gratuite, accessible à n'importe qui

L'ANFR rappelle que « toute personne physique ou morale peut demander Ă  faire mesurer l’exposition aux ondes Ă©lectromagnĂ©tiques aussi bien dans les locaux d’habitation que dans des lieux accessibles au public (parcs, commerces...) ».

Cette dĂ©marche gratuite nĂ©cessite tout de mĂȘme de faire contre-signer le formulaire par un organisme habilitĂ© par le dĂ©cret n° 2013-1162 du 14 dĂ©cembre 2013 : collectivitĂ©s locales (communes, groupements de communes
), agences rĂ©gionales de santĂ©, certaines associations agrĂ©Ă©es par le ministĂšre de l’Environnement ou de la SantĂ©.

Le financement des mesures rĂ©alisĂ©es par des laboratoires accrĂ©ditĂ©s « repose sur un fonds public alimentĂ© jusqu’à fin 2018 par une taxe payĂ©e principalement par les opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©phonie mobile ».

ANFR bilan exposion ondes 2018

«Que Sea Ley», quand l'Argentine se révolte pour accéder à l'IVG

Présenté à Cannes, le documentaire argentin explique en quoi interdire l'interruption volontaire de grossesse revient à piétiner la dignité des femmes. Et à les mettre en danger.

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PrĂ©sentĂ© ce week-end en sĂ©ance spĂ©ciale dans le cadre du 72e Festival de Cannes, Que Sea Ley (qu'on peut traduire par «Que la loi soit!») s'ouvre sur deux statistiques qui font froid dans le dos. Premier chiffre avancĂ©: sur les 320 millions de femmes[1] qui vivent en AmĂ©rique Latine, seules 8% peuvent faire interrompre lĂ©galement leur grossesse. D'aprĂšs d'autres sources, ce pourcentage serait mĂȘme un peu optimiste. RFI cite l'Uruguay, le Guyana et Cuba comme les seuls pays autorisant l'IVG sans restriction. Dans d'autres pays, l'avortement est autorisĂ© dans certaines situations, c'est-Ă -dire en cas de viol, d'anomalie du fƓtus ou de mise en danger de la santĂ© de la mĂšre.

Le documentaire rĂ©alisĂ© par Juan Solanas enchaĂźne vite sur un deuxiĂšme chiffre, comme une seconde gifle: en Argentine, chaque semaine, une femme meurt des suites d'un avortement clandestin. Un chiffre confirmĂ© par de nombreuses sources, dont LibĂ©ration, qui rappelait en aoĂ»t dernier que le nombre d'IVG pratiquĂ©es clandestinement chaque annĂ©e en Argentine Ă©tait d'environ 400.000. L'article signĂ© Aurore Coulaud prĂ©cisait Ă©galement qu'en 2013, «49.000 femmes ont Ă©tĂ© admises dans les hĂŽpitaux publics argentins pour des complications Ă  la suite d’un avortement clandestin».

L'espoir en juin, l'impasse en août

Que Sea Ley s'articule autour de deux dates importantes. Le 13 juin 2018, les député·es approuvaient le projet de loi visant à permettre un accÚs «libre, sûr et gratuit» à l'interruption volontaire de grossesse. Durant les échanges, un million de personnes faisaient du bruit dans la rue pour exprimer leur désir de progressisme et de sécurité. Quelques semaines plus tard, le 8 août, c'était au tour du Sénat argentin d'examiner le projet. Ce jour-là, un deuxiÚme million d'Argentin·es avaient rejoint le premier pour manifester, sentant que les choses pouvaient enfin changer.

Peine perdue. Avec trente-et-une voix pour et trente-huit contre, la légalisation de l'IVG a finalement été rejetée par le Sénat, au grand dam de la foule présente dans les rues, tandis que les personnes qu'on continue à appeler «pro-vie» célébraient la nouvelle avec bruit.

Solanas a filmé ces deux moments cruciaux. Il en a retenu la détermination de la population, gorgée d'histoires personnelles tragiques et mue par le «plus jamais ça», et le saisissant contraste avec la froideur d'une partie de la classe politique, toujours persuadée qu'un avortement est un assassinat et que chaque grossesse est une bonne nouvelle.

Entre les deux, le réalisateur argentin est parti à la rencontre de femmes et de familles ayant particuliÚrement souffert de l'interdiction d'avorter. Le film regorge d'histoires sordides, révoltantes, racontées par les personnes concernées. Avec cette idée motrice: refuser l'accÚs à l'IVG, c'est à la fois piétiner la liberté des femmes mais aussi leur dignité et leur sécurité.

Juan Solanas n'est certes pas le cinĂ©aste le plus gĂ©nial de son pays. Il s'est fait connaĂźtre grĂące au faiblard L'Homme sans tĂȘte, un court-mĂ©trage rĂ©compensĂ© aux CĂ©sar, avant de diriger Carole Bouquet puis Kirsten Dunst dans deux longs aussi diffĂ©rents que dispensables. Loin de la patte de son pĂšre, le grand documentariste Fernando Solanas, Que Sea Ley reste un film relativement sage, impermĂ©able au gĂ©nie. Ce qui n'en fait pas une Ɠuvre inutile, loin de lĂ . C'est un ensemble de tĂ©moignages si Ă©difiants qu'il devrait ĂȘtre montrĂ© de force aux membres du SĂ©nat ayant votĂ© contre le projet de loi sur l'IVG.

Une martyre parmi trop d'autres

L'histoire la plus Ă©cƓurante de toutes est sans doute celle d'Ana MarĂ­a Acevedo, jeune femme mĂšre de trois enfants. Apprenant coup sur coup qu'elle Ă©tait de nouveau enceinte et qu'elle Ă©tait atteinte d'un cancer de la mĂąchoire, elle s'est vu refuser tout accĂšs aux traitements qui auraient pu la sauver, afin de ne pas endommager son fƓtus.

La mĂšre d'Ana MarĂ­a Acevedo raconte qu'un simulacre de conseil Ă©thique s'est rĂ©uni en l'absence de tout membre de la famille, afin de statuer sur son cas et se positionner sur un Ă©ventuel accĂšs Ă  l'IVG. Sous l'influence des prĂȘtres prĂ©sents, l'avortement a finalement Ă©tĂ© refusĂ©. Quelques temps avant le terme, les mĂ©decins ont pratiquĂ© une cĂ©sarienne sur Ana MarĂ­a Acevedo «parce qu'ils ne voulaient pas qu'elle meure avec le bĂ©bĂ© Ă  l'intĂ©rieur», explique la mĂšre.

«Ma fille a été assassinée.»

Norma Acevedo, dont la fille est morte en couches

Le bébé n'a pas survécu à cette césarienne effectuée dans de mauvaises conditions, et Ana María Acevedo est morte quelques temps plus tard, aprÚs avoir subi une chimiothérapie trop tardive et reçu des traitements intensifs dans des conditions déplorables.

«Ma fille a Ă©tĂ© assassinĂ©e», affirme Norma Acevedo, aujourd'hui Ă  la tĂȘte d'un comitĂ© rĂ©clamant que justice soit faite. Tout au long de Que Sea Ley, l'indignitĂ© des institutions fait grincer les dents. Victimes, docteur·es et gynĂ©cologues dĂ©crivent des scĂšnes atroces dans lesquelles les femmes enceintes sont mĂ©prisĂ©es, humiliĂ©es, dĂ©shumanisĂ©es. Il y a celles qu'on a laissĂ©es souffrir pendant des heures sans leur prĂȘter la moindre attention, pour les punir d'avoir voulu avorter en dĂ©pit de la loi. Et celles qui ont vĂ©cu leurs derniers instants en Ă©tant interrogĂ©es sans relĂąche par la police, moins soucieuse de leur survie que de l'identitĂ© des personnes ayant pratiquĂ© l'avortement clandestin.

Pas étonnant que des militantes pro-IVG finissent par défiler habillées comme les héroïnes de The Handmaid's Tale, l'adaptation sérielle du roman La Servante écarlate de Margaret Atwood: à travers le film, on comprend mieux que jamais que les femmes ne sont vues que comme des réceptacles à bébé, dont l'intégrité physique et mentale importe bien peu aux personnes qui continuent à dire non à l'avortement.

Deux vies ou rien

«Salvemos las dos vidas» («Sauvons les deux vies»): tel est le slogan des anti-IVG, qui continuent malgrĂ© les statistiques Ă  affirmer haut et fort que toute femme enceinte doit mener sa grossesse Ă  bien, quelles que soient les conditions de la conception, la situation personnelle de la femme et son envie de maternitĂ©. Une propagande rĂ©voltante, dĂ©crite de façon bouleversante par la gynĂ©cologue Cecilia Ousset. Fervente catholique et mĂšre de quatre enfants, elle affirme avoir assistĂ© Ă  tant d'Ă©vĂ©nements horribles (dont des interrogatoires menĂ©s sur des femmes mourantes) qu'elle a fini par prendre ses distances vis-Ă -vis de l'Église.

Cecilia Ousset rappelle aussi que l'avortement n'est pas qu'une affaire de femmes pauvres, comme aimeraient à le faire croire les parangons du mépris de classe. «Les femmes riches avortent aussi, mais dans de bonnes conditions», rappelle-t-elle. Les autres font juste comme elles peuvent.

Le film fait le choix de donner majoritairement la parole aux femmes, de celles qui ont avortĂ© jusqu'aux grands-mĂšres qui s’occupent aujourd'hui des enfants orphelins. Les hommes, eux, restent Ă  l'arriĂšre-plan. Les fils, les frĂšres, les grands-pĂšres: tous apparaissent Ă  l'Ă©cran mais semblent murĂ©s dans le silence. En revanche, pas un mot sur les hommes responsables de ces grossesses lourdes de consĂ©quences. Ils ont disparu du tableau, purement et simplement. Leur engagement est inexistant. Le droit Ă  l’avortement en Argentine est un combat que les femmes semblent mener seules. DĂ©sespĂ©rĂ©ment seules. Et le beau discours final de Fernando Solanas, sĂ©nateur depuis 2013 et farouche dĂ©fenseur de l'IVG, ne changera pas grand-chose Ă  cette idĂ©e.

Le film s'arrĂȘte sur l'Ă©chec d'aoĂ»t 2018, avec en filigrane l'idĂ©e que le combat est loin d'ĂȘtre fini et que l'IVG finira par ĂȘtre accessible lĂ©galement dans tout le pays. Vague frisson d'espoir: les lois ne sont pas gravĂ©es dans le marbre. C'est hĂ©las le cas dans les deux sens. Rien n'est acquis, comme le prouve le cas tout rĂ©cent de l'Alabama. Pour rappel, mercredi 15 mai, le SĂ©nat de l’État amĂ©ricain a adoptĂ© le projet de loi reconnu comme le plus restrictif des États-Unis: pas d’exception en cas de viol ou d’inceste et une peine de prison allant de dix ans Ă  quatre-vingt dix ans pour les professionel·les de santĂ© pratiquant l’avortement.

Utérus et montagnes russes

Depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2019, vingt-huit États amĂ©ricains ont introduit de nouvelles rĂšgles Ă  leur lĂ©gislation concernant l’avortement. Parmi eux, le Kentucky et le Mississippi, qui ont interdit l’IVG dĂšs les premiers battements de cƓur du fƓtus, soit environ Ă  la sixiĂšme semaine de grossesse. À ce stade, de nombreuses femmes ne se sont mĂȘme pas encore rendu compte qu'elles sont enceintes. MĂȘme celles qui auront pris rapidement leur dĂ©cision seront confrontĂ©es au bon vouloir des disponibilitĂ©s mĂ©dicales.

En France, l’avortement est lĂ©gal depuis la loi Veil, qui date de 1975. On y pratique entre 215.000 et 230.000 avortements chaque annĂ©e, un nombre qui reste stable. Reste qu'une Ă©tude rendue publique en septembre dernier par le ministĂšre français de la SantĂ© rĂ©vĂšle de grandes disparitĂ©s d’accĂšs Ă  l’avortement selon les rĂ©gions. Et la clause de conscience, qui, selon le Code de la santĂ© publique donne la possibilitĂ© au mĂ©decin de refuser un soin, serait Ă©galement un frein Ă  l’accĂšs Ă  l’IVG.

L’avortement semble, plus que jamais, un droit qu’il faut constamment dĂ©fendre, y compris des dĂ©cennies aprĂšs la promulgation de la loi. Non seulement le combat de l'Argentine est loin d'ĂȘtre terminĂ©, mais toute bataille remportĂ©e pourra ĂȘtre suivie par les plus fourbes des ripostes.

1 — Dans tout l'article, le mot «femme» est employĂ© pour dĂ©signer une femme cisgenre. Rappelons que les hommes transgenres, s'ils ne sont pas abordĂ©s dans le film de Juan Solanas, possĂšdent Ă©galement un utĂ©rus, et sont donc susceptibles d'ĂȘtre enceints. Retourner Ă  l'article

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