FreshRSS

🔒
❌ About FreshRSS
There are new available articles, click to refresh the page.
Today — August 11th 2020Uncategorized

Carte blanche pour la carte noire

Votre serviteur est un vieux con.

Le titre de ce blog est un indice non-négligeable, mais tout de même : très tôt, j’ai pris cette voie, et ce sans regret : de toute manière, je faisais un jeune tout à fait passable.

Aussi, depuis bien des années, vous trouvez en ces lieux des idées complètement dépassées par le vent du progrès : ici, on pense encore que faire des différences entre les gens selon leur couleur, ce serait du racisme, selon leur sexe, ce serait du sexisme, et autres idées tellement antiques qu’on les trouve dans le dictionnaire, c’est dire ! Heureusement, depuis près d’une décennie des gens viennent nous expliquer que pas du tout : le dictionnaire se trompe. Le racisme et le sexisme, c’est pas ça. Le racisme et le sexisme, c’est quand c’est pas positif.

Ah, c’est sûr que quand vous avez été éduqué aux valeurs universalistes, ça fait bizarre.

C’est donc en tant que vieux con que depuis quelques années, je constate avec surprise que désormais, la fin, tant qu’elle est positive, semble justifier tous les moyens. Discrimination, destruction, censure, recontextualisation de vilaines œuvres car oui, il y a bon art et art dégénéré mauvais… comment diable cela pourrait-il mal tourner ?

Heureusement, Google, qui visiblement s’ennuyait, est venu apporter sa pierre à l’édifice avec un nouveau principe : signaler l’ethnie des propriétaires de boutiques pour savoir dans lesquelles consommer ou pas. Certes, c’est le propriétaire qui est encouragé à se signaler, mais Google étant connu pour vérifier les informations qui sont rentrées par les commerçants – et plus il en met, meilleur est son référencement ce qui encourage fortement la chose – voilà qui promet de grands moments.

Décidément : merci le progrès.

Je vous laisse cliquer sur l’image ci-dessous pour voir la bédé qui va bien.

Cliquez, que diable ! Pourquoi dois-je toujours insister ?

 

Pour votre information, ladite fonctionnalité n’est pour l’instant disponible qu’aux Etats-Unis.

Mais comme tout ce qui est idiot, on essaie souvent de l’importer chez nous. Et pour l’anecdote, des militants français ont même récemment voulu dresser eux-même une carte des restaurants tenus par des gens de couleur à Paris. Avant de rapidement rétropédaler en suant très fort : figurez-vous qu’en fait, c’était raciste. Qui aurait pu le prévoir ?

Si maintenant, on est jugé sur ce que l’on fait au lieu de pourquoi on dit le faire, merde alors.

VignetteCarteNoire

Un odieux connard

Before yesterdayUncategorized

Para­doxe de Simp­son

By: Éric

Rien de plus louche qu’un redé­cou­page élec­to­ral fait en sous-marin, surtout quand il s’ac­com­pagne d’un chan­ge­ment de fonc­tion­ne­ment du scru­tin.

Vous pouvez être certains qu’il y a une exploi­ta­tion inten­sive du para­doxe de Simp­son.

Le para­doxe de Simp­son c’est profi­ter d’un décou­page des échan­tillons pour détour­ner le résul­tat d’un vote.

Un petit exemple graphique vaut mille discours. On part donc d’un terri­toire avec 37 votants, 16 bleus et 19 rouges, répar­tis sans dispro­por­tion exces­sive.

Forcé­ment, sur une élec­tion on se dit que les rouges vont gagner, non ?

Avec une élec­tion pure­ment propor­tion­nelle sur tout le terri­toire, ce serait le cas. Imagi­nons qu’on veuille dési­gner une assem­blée de plusieurs élus. Pour qu’elle repré­sente à la fois les élec­teurs et les régions des élec­teurs, on choi­sit de décou­per le terri­toire en 3 régions et d’élire un repré­sen­tant par région.

Imagi­nez que c’est un parti­san des bleus qui fasse le décou­page. Que croyez-vous qu’il puisse arri­ver ?

Oui, 2 régions aux bleus, une région aux rouge.

Si l’as­sem­blée fonc­tionne elle-même à la propor­tion­nelle, les bleus ont le pouvoir de tout déci­der seuls alors qu’ils sont théo­rique­ment mino­ri­taire.

Déran­geant n’est-ce pas ? Et pour­tant, ce mode d’élec­tion ne vous rappelle-t-il rien ?

Un autre arran­ge­ment aurait pu attri­buer la tota­lité des repré­sen­tants aux rouges, lais­sant les bleus sans aucun repré­sen­tant.

La seule diffé­rence tient à qui fait le décou­page.

Ne croyez pas que les exemples soient gros­siers et tirés par les cheveux. Nos circons­crip­tions élec­to­rales sont bien plus tordues que mes simples lignes droites, et leur compo­si­tion bien moins homo­gène que mon exemple.

Un système à deux tours ouvre encore plus de possi­bi­li­tés de mani­pu­la­tion. Si ça vous amuse vous pouvez mettre des rouges clairs et rouges foncés, des bleus clairs et bleus foncés pour repré­sen­ter les divi­sions au sein de chaque couleur. Clairs et foncés vote­ront chacun pour eux au premier tour mais se rassem­ble­ront au second tour.

Au final c’est juste un jeu savant à base d’énormes grilles de chiffres mais qui peut se biai­ser bien plus forte­ment que mon simple exemple ne le laisse croire.

Évidem­ment chaque redé­cou­page sera publique­ment motivé par des ques­tions démo­gra­phiques, des ques­tions de repré­sen­ta­tion de terri­toire, des équi­libre ville/campagne, etc. En réalité les critères, leur pondé­ra­tion et la façon dont on les prend en compte reste­ront guidé par nos tableaux de chiffres et le para­doxe de Simp­son.

Au mieux on peut avoir des accords entre les plus grandes forces en présence en fonc­tion de leur propre poids dans le bras de fer du moment et de leurs espoirs pour le futur.


TL;DR: Le décou­page élec­to­ral ne fait que révé­ler le choix de celui qui découpe. Le système majo­ri­taire à deux tours ne fait que lui faci­li­ter le travail.

Une dicta­ture ?

By: Éric

Dans la suite je ne réduis pas ce terme à un modèle de type Corée du nord. Pour réflé­chir je reviens à la source, et aux défi­ni­tions de diction­naire :

Régime poli­tique dans lequel le pouvoir est entre les mains d’un seul homme ou d’un groupe restreint qui en use de manière discré­tion­naire

TLFi, via le CNRTL

La France sépare ses pouvoirs. En cela personne ne détient le pouvoir au sens de pouvoir absolu.

Pour autant, nous n’en sommes pas si loin à cause de délé­ga­tion à plusieurs niveaux.

Niveau 1 : Au sein de chaque circons­crip­tion, le candi­dat gagnant a en géné­ral 30 à 40% des votes au premier tour. Ces 40% de votants sont ceux qui auront le pouvoir, à eux seuls.

Niveau 2 : Ces dépu­tés votent à la majo­rité au sein de l’As­sem­blée natio­nale. La majo­rité ne tient pas forcé­ment à grand chose. Mettons qu’elle repré­sente 60% de l’as­sem­blée, le pouvoir est donc au main de 60% des 40% des votants.

Niveau 3 : Tous les dépu­tés ne votent pas à chaque fois. L’as­sem­blée est rare­ment remplie. Nous avons en réalité une mino­rité des 60% des 40% des votants qui décide réel­le­ment.

Ce sont des accords tacites en amont mais ça fonc­tionne aussi parce qu’il y a des votes par groupes. La disci­pline y est forte. Mettons le cas idéal où le groupe fonc­tionne lui-même à la majo­rité, la déci­sion revient à la majo­rité de 60% de 40% des votants.

Niveau 4 : La réalité est plus complexe. Le groupe est en réalité très dirigé par le parti et le gouver­ne­ment. Avec la coor­di­na­tion des élec­tions prési­den­tielles et légis­la­tives, le président est faci­le­ment celui qui contrôle l’exé­cu­tif, le parti, et plus ou moins indi­rec­te­ment qui décide de ce que doit voter le groupe majo­ri­taire.

Dès lors, une personne ou un groupe restreint de personnes dirige la majo­rité de 60% de 40% des votants. Ce même groupe dirige aussi tout l’exé­cu­tif.


On ne contrôle pas le judi­ciaire, mais peut-on dire tout de même que le pouvoir est entre les mains d’un groupe restreint ?

Reste le qui en use de manière discré­tion­naire. Nous avons une consti­tu­tion. Ce n’est pas rien, je ne l’ou­blie pas, mais ça laisse encore une marge de manœuvre très très large.

Est-ce que ça corres­pond assez pour parler de dicta­ture ? (*)

Je ne sais pas, mais on s’en approche proba­ble­ment assez pour éviter de trop faire les malins et se conten­ter de dire « nous ne sommes pas la Corée du nord » (ce qui est vrai)

Choix d’en­ga­ge­ment

By: Éric

J’ai pris un peu de recul sur mes orien­ta­tions poli­tiques histoire de voir où et comment m’im­pliquer. Je suis arrivé avec quelques critères (donnés ici dans le désordre) :

  • Recherche une société meilleure, quitte à remettre en cause l’exis­tant et le passé
  • Écolo­gie et urgence clima­tique
  • Société soli­daire, basée sur du collec­tif et des communs
  • Fortes liber­tés civiles, droits de l’hu­main, liberté d’ex­pres­sion et vie privée
  • Idéal démo­cra­tique avec une vision pour nos insti­tu­tions
  • Euro­péen à tendance fédé­ra­liste, univer­sa­liste dans ses valeurs
  • Recherche de justice sociale et partage des richesses
  • Modèle de société qui revoit le rapport au travail, à l’éco­no­mie et à la produc­tion
  • N’ex­clut pas les choix poli­tiques forts ou radi­caux bases sur des opinions, mais ne contre­dit pas la science, les faits, le ration­nel et le prag­ma­tique

Oui, j’en demande beau­coup.

Typique­ment pour moi ça exclut proba­ble­ment une majeure partie des collec­tifs qu’on quali­fie­rait « de droite » en France : L’éco­no­mie, la souve­rai­neté, la liberté indi­vi­duelle, l’ordre, et la défense du système actuel y priment en géné­ral sur les critères que j’ai listé plus haut. Ce ne sont aussi pas eux qui vont remettre en cause le système.

Mon dernier point m’em­pêche très nette­ment d’en­vi­sa­ger EELV, au moins tant qu’ils restent dans des actes entre deux chaises vis à vis des vaccins, du nucléaire, et ce genre de choses.

Le PS j’ai trop de défiance après l’avoir vu amener Valls, suivre les tenants de l’ordre et renon­cer à tout ce pourquoi je vote­rai pour eux. Je retiens le mariage pour tous, c’est énorme, mais d’autres à gauche avaient ce même projet. Ça ne suffit pas à contre­ba­lan­cer.

LFI je n’ac­croche pas à la vision popu­liste et natio­na­liste. La base mili­tante est très diverse, amal­ga­mant tous ceux qui en ont marre, allant parfois sur le brun. Le chef est lui a tendance auto­cra­tique et mégalo. Ça fait trop et j’ai même peur de ce qu’il se passe­rait s’ils arrivent au pouvoir avant d’avoir fait le ménage. C’est un no go indé­pen­dam­ment de ce que je pense du programme.

J’ai beau­coup d’af­fi­ni­tés avec Géné­ra­tion-s, notam­ment parce que Benoît Hamon ose avan­cer sérieu­se­ment sur la ques­tion du travail et du revenu de base, mais pas que. Ils parlent social, société, communs, démo­cra­tie, etc.

Malheu­reu­se­ment ils ont des posi­tions offi­cielles très marquées sur la fin du nucléaire. Pour­tant, s’il y a un seul enjeu sur notre géné­ra­tion, c’est le climat. Et là, honnê­te­ment, je n’ai vu aucun scéna­rio crédible qui permette de se passer du nucléaire. L’ur­gence est de construire, pas détruire.

On m’a proposé Place Publique, mais le site ne présente que de très vagues valeurs, qui pour­raient être dites par une majo­rité des partis français. Avec trop d’af­fi­ni­tés au PS et pas de vrai programme concret, je passe mon tour.

Nouvelle Donne… Le programme a des valeurs proches des miennes des idées inté­res­santes, quelques trous (toujours rien, ni pour ni contre ni analyse, à propos du nucléaire ? Vrai­ment ?) mais.. j’ai déjà donné. Il paraît que ça s’est amélioré sur certains points qui posaient problème en interne mais il n’en sort toujours pas grand chose à part des alliances à chaque élec­tion. C’est d’ailleurs peut être ça le problème. Je ne veux pas d’un parti qui soit un moyen pour les têtes d’af­fiches d’ob­te­nir un mandat aux élec­tions. Les élec­tions c’est le moyen, pas le but.

Du coup j’ai fait un tour ailleurs.

J’avais un souve­nir du Parti Pirate quasi­ment unique­ment orienté culture, réseaux et liber­tés civiles, ainsi qu’une conno­ta­tion très « libe­ra­tienne et liber­tés indi­vi­duelles » que je ne partage à priori pas.

Peut-être que ça a changé, peut être que mes souve­nirs ou préju­gés étaient faux. Toujours est-il que j’y ai trouvé des posi­tions pas si éloi­gnées de ce que je cherche avec mes critères.

C’est en construc­tion. Il me manque beau­coup de prises de posi­tion, notam­ment sur la partie « Société soli­daire, basée sur du collec­tif et des communs ». J’ai toujours peur que la tendance libe­ra­tienne puisse s’y retrou­ver et donc faire partie du bateau. Pour autant, si j’au­rais parfois pris d’autres choix, rien de ce que j’ai vu ne m’a fait sauter au plafond ou même gêné.

Ma vraie rete­nue à plutôt été sur la capa­cité de l’as­so­cia­tion à avoir un vrai impact. J’étais prêt à faire de gros compro­mis pour avan­cer avec une struc­ture qui a un vrai impact… mais pas rien.

Avec un peu de recul, si on ne se limite pas à la France, le Parti Pirate a eu et à encore un impact. Le fait que ce ne soit pas un parti avec un leader tête d’af­fiche laisse aussi penser qu’on pourra imagi­ner des choses diffé­rentes. La taille peut sur ce point aussi être un avan­tage.

Bref, me voilà parti avec le Parti Pirate pour tenter l’aven­ture.

Le passé c’est le passé

By: Éric

Le passé c’est le passé darling, ça para­site le présent !

Edna Mode, Les indes­truc­tibles

Si vous saviez combien elle est impor­tante pour moi profes­sion­nel­le­ment cette maxi­me… Edna je t’adore.


Sans cette règle, impos­sible de se mettre à nu, de parler de ses erreurs, de deman­der de l’aide, d’oser échouer. Comment espé­rer résoudre les problèmes et s’amé­lio­rer si chaque erreur sera rete­nue contre nous pour l’éva­lua­tion annuelle, pour la prime, pour le futur poste, ou si simple­ment on se fait passer un savon ?

Le passé c’est le passé darling. Occu­pons nous du présent. Peu importe les erreurs, les respon­sables et mêmes les consé­quences. Ce qui importe c’est ce qu’on fait main­te­nant et comment on influence l’ave­nir : Répa­rer les erreurs, obte­nir de l’aide, progres­ser, mettre en œuvre ce qui permet­tra d’évi­ter de futures occur­rences à l’ave­nir.

Juger, râler, reti­rer des respon­sa­bi­li­tés, ne pas donner une prime ou une augmen­ta­tion, c’est inci­ter à ne pas parler. On s’oc­cupe du passé, on para­site le présent et on ne résout rien pour l’ave­nir.


Cette règle c’est aussi un fonde­ment très fort de ma vision de l’agi­lité.

On est en retard, les esti­ma­tions étaient mauvaises, on a pris le mauvais chemin et on a fait explosé la dead­line. Quelle impor­tance ?

Le passé c’est le passé. On ne pourra de toutes façons pas reve­nir en arrière. L’im­por­tant c’est regar­der le plan qu’on peut construire à partir d’aujourd’­hui, avec la situa­tion d’aujourd’­hui, même si ce n’est pas celle qu’on avait voulu.

Peu importe le rythme, on se pose et on rééva­lue. Le plan­ning passé n’est d’au­cune impor­tance, savoir si on a réussi l’objec­tif non plus. Tout ça ne fait que para­si­ter le présent darling.


Quand je tombe sur des mana­gers qui sont dans le contrôle et le reproche, on me regarde avec de grands yeux. « Je ne peux quand même pas lais­ser passer ! », « À eux de rattra­per main­te­nant ! »

Para­si­tage contre-produc­tif du présent. Si les colla­bo­ra­teurs ne sont pas impliqués et ne cherchent pas à faire de leur mieux pour atteindre la réus­site, on a de toutes façons un problème majeur. Râler ou mettre la pres­sion ne fonc­tion­nera pas, ou mal et pas long­temps.

On ne peut pas travailler avec des gens qui ne cherchent pas à bien faire. On ne peut pas non plus travailler avec celui qui pense que vous ne cher­chez pas à bien faire. Au diable les objec­tifs et les erreurs. Alerte rouge ! C’est l’équipe ou sa direc­tion qu’il faut corri­ger ou déman­te­ler immé­dia­te­ment, toutes affaires cessantes. Le reste ne compte pas.

Et si tout le monde cherche à avan­cer, alors peu importe le passé. Il ne nous sert qu’à apprendre pour gérer le présent. La ques­tion n’est pas le respon­sable mais comment on peut éviter de recom­men­cer. La ques­tion n’est pas de comp­ter les échecs mais de comment on peut réus­sir.


Pitié, arrê­tez le mana­ge­ment par la sanc­tion et par la peur, même si ça ne se traduit que par le juge­ment d’un histo­rique d’in­di­ca­teurs au rouge.

Le passé c’est le passé darling, ça para­site le présent.

Honnê­te­ment ce n’est pas une posture facile. Ça demande des efforts et le retour des mauvaises habi­tudes est fréquent au début, mais ça apporte telle­ment de séré­nité et d’ef­fi­ca­cité une fois que le collec­tif est sur cette même longueur d’on­de…

Critères pour les entre­prises tech

By: Éric

Je me souviens qu’il y a quelques années on m’a parlé du Joel Test pour quali­fier une entre­prise tech qui recrute des ingé­nieurs. En rédi­geant ce billet on m’a donné aussi le lien vers une grille de compé­tences pour les entre­prises tech.

C’est inté­res­sant mais je me rends compte que je m’at­tache beau­coup plus aux valeurs et à l’or­ga­ni­sa­tion géné­rale. Le reste en découle, ou pourra être changé si les critères de plus haut niveau sont au vert. Inver­se­ment, je ne me senti­rai pas bien sans ces critères de haut niveau même si les outils tech­niques sont bons.

J’ai tenté, la liste va bouger, mais voici 10 de mes critères prin­ci­paux pour juger d’une entre­prise qui recrute des tech :


1. Le meilleur maté­riel et les meilleurs logi­ciels qui me sont utiles pour mon travail. Ça repré­sente proba­ble­ment au moins dans les 200 € mensuels en abon­ne­ments et amor­tis­se­ments, et une auto­no­mie budgé­taire locale jusqu’à un certain niveau.

2. Des locaux qui permettent de travailler effi­ca­ce­ment. On parle de liai­sons de trans­port en commun, d’abris fermés pour les vélos, de capa­cité à y manger et de commerces autour.
Évidem­ment ça veut dire des bureaux de taille raison­nable, non inuti­le­ment bruyants, qui ne mélangent pas des équipes diffé­rentes, des projets diffé­rents, des gens qui ne travaillent pas « ensemble sur la même chose là main­te­nant ».
Ajou­tez-y des espaces de repos, ainsi que des pièces supplé­men­taires en nombre suffi­sant pour des réunions ad hoc, des visio ou coups de télé­phone impromp­tus, et des discus­sions à deux ou trois.
Pour ceux qui sont en télé­tra­vail choisi c’est forcé­ment déjà à moitié rempli mais vous pouvez ajou­ter le fait que l’em­ployeur vous aide à avoir de bonnes condi­tions (chaise, casque anti-bruit, indem­ni­sa­tion correcte du coût d’une pièce dédiée, possi­bi­lité d’al­ler dans un espace de co-working adapté, rencontres fréquentes avec les collègues, temps possibles pour discu­ter, etc.).

3. Du temps et des moyens de forma­tion conti­nue, même dans les années « avec des objec­tifs de produc­tion impor­tants » (spoi­ler: on est toujours dans ces années là, je n’ai jamais connu d’an­née où la direc­tion dise « cette année on va pouvoir se repo­ser un peu »). Ça veut dire une culture qui promeut la veille tech­nique, la présence aux confé­rences tech­niques, voire des forma­tions externes de temps en temps, le tout sur au moins 5 % du temps en moyenne.
Plus globa­le­ment, l’or­ga­ni­sa­tion tient à faire progres­ser les gens dans leur propre plan de carrière.

4. Une orga­ni­sa­tion du travail flexible avec une large dose de confiance et d’au­to­no­mie tant que les résul­tats sont là et que ça reste compa­tible avec le collec­tif, notam­ment sur les horaires, le télé­tra­vail ou la prise de congés. Il y a des métiers dont le résul­tat est essen­tiel­le­ment dépen­dant du temps de présence. Ce n’est pas le cas de la plupart des travaux intel­lec­tuels, et pas le cas du mien.

5. Une chaîne de mana­ge­ment dédiée à donner les moyens, appor­ter de l’aide, et globa­le­ment mettre en capa­cité plutôt que pour déci­der, faire exécu­ter et contrô­ler.
Ce n’est pas qu’une ques­tion de confiance, c’est une façon de penser les rôles de chacun. Si vous avez l’im­pres­sion que les condi­tions et l’écoute sont propor­tion­nels au niveau hiérar­chique, on n’y est proba­ble­ment pas.

6. Des équipes auto­nomes sur leurs objec­tifs, leurs orga­ni­sa­tions, l’uti­li­sa­tion de leur budget, mais aussi leurs choix tech­niques, leur stra­té­gie produit, et globa­le­ment quoi faire quand et comment. Des respon­sables plus que des exécu­tants.

7. Une grille de rému­né­ra­tion trans­pa­rente, qui permet de savoir comment on se posi­tionne par rapport aux autres, quels sont les écarts entre les diffé­rents rôles, exper­tises et expé­riences.

8. Des valeurs qui font passer l’hu­main en prio­rité avant le reste. Ce critère ne doit pas s’ef­­fa­­cer lors des périodes diffi­­ciles, c’est juste­­ment quand il y a tension et besoin de faire des choix tous mauvais qu’on voit ce qui compte vrai­ment. Ça se voit au niveau des arbi­trages, des prio­ri­tés, et à la sécu­rité psycho­lo­gique des employés.

9. Une recherche d’éthique et d’im­pact social posi­tif. Pas de « c’est le busi­ness ». Refu­ser d’être toxique ou néga­tif pour les clients, pour les four­nis­seurs, pour les sala­riés, et globa­le­ment aussi pour le reste de la société. Ça passe aussi par des stan­dards moraux plus indi­vi­duels de ne pas trom­per, pas mentir, pas cacher, pas faire de mal, faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait, que ce soit en interne ou en externe. Enfin, ça passe par une atten­tion parti­cu­lière à l’in­clu­sion de chacun, dont une réflexion sur les mino­ri­tés et les biais sociaux.
Les valeurs et les prio­ri­tés se mesurent là aussi parti­cu­liè­re­ment quand faire le bien « coûte » quelque chose et que le choix ne va pas de soi.

10. Une vision de l’agi­lité qui passe par une façon d’abor­der les choses plus que les rituels et l’ap­pli­ca­tion d’une méthode. Réflé­chir à la prochaine étape réaliste à partir de la situa­tion actuelle plutôt que de savoir où on en est par rapport au plan prévu.

11. Être fier·e ou enthou­siaste de où on travaille, à quoi on travaille collec­ti­ve­ment, comment on y travaille, et avec qui. Le critère est forcé­ment subjec­tif mais l’idée est de placer la barre haute, notam­ment en termes d’uti­lité sociale.


J’ai tenté de noter mes postes précé­dents avec cette grille de 0 à 33, en attri­buant de 0 (il y a peut être des choses mais c’est vrai­ment insuf­fi­sant) à 3 (pas forcé­ment parfait mais il n’y a globa­le­ment rien à redire). Volon­tai­re­ment il n’y a pas de case « neutre », pour forcer à choi­sir quand même.

Ce n’est pas toujours ce qu’on croit qui arrive en premier. L’es­sen­tiel arrive entre 15 et 20. Les hauts scores ne sont pas toujours où on les attend. Souvent le score à la dernière ques­tion masque une forte pauvreté à d’autres, et rétros­pec­ti­ve­ment c’est même justi­fié ainsi dans les discours.

J’y suis resté trop peu de temps donc peut-être que je n’ai pas eu le temps de crever quelques illu­sions mais l’OCTO d’il y a 10 ans s’en sort parti­cu­liè­re­ment bien.

Retour sur le passé, cette grille montre aussi très bien ce que j’ai mal vécu dans la start-up que j’ai cofondé. Avoir un rôle de direc­tion n’a aucun sens si on n’a aucune liberté d’ac­tion sur l’or­ga­ni­sa­tion, et c’est encore pire quand en plus il y a conflit de valeurs.

Note : Mes notes sont forcé­ment liées à mon contexte person­nel (donc mon propre enca­dre­ment, mes liber­tés). Il ne s’agit pas de juge­ments abso­lus sur les socié­tés elles-mêmes, et j’es­père par exemple que j’ai contri­bué à donner de meilleures condi­tions aux personnes que j’ai moi-même enca­drées.

Et vous ? Tentez l’exer­cice. Où situez-vous votre entre­prise actuelle et les précé­dentes ? Je vous ai fait un petit formu­laire par curio­sité pour les résul­tats.

Toutes ces petites écono­mies qui coûtent un pognon de dingue

By: Éric

Je ne comprends pas pourquoi on conti­nue à écono­mi­ser des bouts de chan­delles dans les équipes tech­niques.

« La version gratuite suffit bien », « As-tu vrai­ment besoin de l’op­tion 16 Go de RAM ? », « On ne peut pas se permettre de payer ça pour tout le monde, ça ferait une grosse somme »

Ok, mais quel est le coût réel ? À chaque fois j’ai privi­lé­gié les versions haut de gamme, les offres « entre­prise » avec SSO, et j’ai choisi des périodes de renou­vel­le­ment au plus court. Bref, je suis très au-dessus de la réalité.

TypeAnnuel HT
Gestion projet300 €Asana, Atlas­sian, etc.
Code source250 €Github, Gitlab, etc.
Email et agenda125 €Google suite, Office 365, etc.
IDE130 €Jetbrains, etc.
Autres logi­ciels100 €divers softs (coût annuel)
Visio230 €Zoom, …
Laptop750 €2700 € TTC amorti sur 3 ans
Garan­tie éten­due80 €300 € TTC amorti sur 3 ans
Acces­soires80 €400 € TTC amorti sur 4 ans
Ecran(s)200 €1000 € TTC amorti sur 4 ans
Casque anti-bruit90 €450 € TTC amorti sur 4 ans
Chaise ergo­no­mique170 €1000 € TTC amorti sur 5 ans

Bref, j’ai de l’ordre de 2 500 € HT annuels en étant très au-dessus de la réalité.

Un ingé­nieur en déve­lop­pe­ment à 45 000 € brut coûte entre envi­ron 65 et 70 000 euros annuels tout compris à l’en­tre­prise. Ces frais très haut de gamme repré­sentent quelque chose comme 3,7 % du coût total.

Ok, ce n’est pas rien, pas négli­geable, mais pas mortel non plus si on met en rapport le temps épar­gné, le confort et le bien être asso­cié.

Oui, on peut faire sans (heureu­se­ment), mais pas certain que ce soit plus rentable. Rien qu’en temps, ça repré­sente 1/4 h par jour travaillé. Ce n’est pas rien, mais la fatigue, la frus­tra­tion et les diffé­rents contour­ne­ments néces­saire à se passer de ces frais, ça peut vite repré­sen­ter ça annuel­le­ment aussi : 5 minutes de perdues à relan­cer zoom, 10 fois 30 secondes de perdues à attendre des build ou des suites de tests qui tournent un peu plus lente­ment, 100 fois 5 secondes de perdues à bascu­ler entre les tâches et les appli­ca­tions fautes d’avoir un écran supplé­men­taire, 2 fois 5 minutes de pause parce qu’on n’est pas si bien assis, 10 minutes de perte de concen­tra­tion parce qu’une conver­sa­tion à côté nous a perturbé, etc.


Toutes ces petites écono­mies coûtent un pognon de dingue.

Et si on deve­nait un peu plus ration­nels ? Payer chaque mois des milliers d’eu­ros des ingé­nieurs pour ensuite refu­ser de leur donner les 200 € mensuels qui leur permettent de travailler effi­ca­ce­ment, c’est un peu crétin, non ?

Pendant que vous y êtes : Inves­tis­sez aussi dans des espaces cloi­son­nés plutôt que de grands open space, et ajou­tez-y des petites salles de réunion en assez grand nombre pour passer un coup de fil ou discu­ter à deux de façon impromp­tue. Ça coûte très cher, mais l’in­ves­tis­se­ment se rembourse faci­le­ment plusieurs fois.

Cherche nouvelle solu­tion de sauve­garde

By: Éric

J’uti­lise Crash­plan aujourd’­hui pour avoir une sauve­garde hors ligne de ce que contient mon NAS. Les dernières versions sont des goinfres en RAM et j’ai du chan­ger ma barrette récem­ment pour juste faire en sorte que ça ne se crash pas au démar­rage. Malgré tout c’est lent, très lent. Le support lui même dit que rien n’est garan­tit au delà de quelques To.

Pour l’ins­tant ça tient mais je cherche autre chose.

Objec­tif : Sauve­gar­der le petit poste debian qui me sert de NAS et ses 1.5 To de données. Ça peut augmen­ter de 500 à 1 To par an mais une fois posées les données changent peu.

Les pré-requis à priori :

  • Le client doit tour­ner sur un Linux x86
  • Sauve­garde en ligne (pas de mani­pu­la­tion de disque pour faire du hors site)
  • Chif­fre­ment local (ce qui est mis en ligne est chif­fré)
  • Peut stocker 1.5 To aujourd’­hui (versions incluses)
  • Peut évoluer au moins jusqu’à 4 To à terme
  • Permet de récu­pé­rer un fichier ou un groupe de fichiers sans télé­char­ger toute la sauve­garde
  • Permet de récu­pé­rer les versions horaires des fichiers modi­fiés les derniers jours
  • Permet de récu­pé­rer les versions quoti­diennes des fichiers des dernières semaines
  • Permet de récu­pé­rer les versions hebdo­ma­daires des fichiers des derniers mois
  • Permet de récu­pé­rer les versions trimes­trielles des fichiers sur x années (x à déter­mi­ner par moi)
  • Permet de restau­rer le contenu d’un réper­toire à un instant T (modulo les règles de versions plus haut)
  • Perfor­mances correctes (ne mettra pas 2 mois pour envoyer les premiers 1.5 To ni à récu­pé­rer les 4 To si un jour ils crashent)
  • Pas de solu­tion à base de brico­lages de scripts person­nels
  • Budget d’en­vi­ron 5 € TTC mensuels par To stockés en ligne

Pas indis­pen­sable mais je ne crache­rai pas dessus :

  • Pas besoin de GUI locale hors confi­gu­ra­tion (head­less)
  • Compa­tible avec une Debian stable
  • Permet d’éla­guer les versions (ne garde pas les versions quoti­diennes à vie)
  • Permet d’ef­fa­cer les fichiers suppri­més depuis plus de X années (ceux là je veux vrai­ment les effa­cer)
  • Surveillance conti­nue du système de fichier (et pas des scan complets de plusieurs To à chaque fois qu’on veut véri­fier si quelque chose a changé)
  • Inter­face de restau­ra­tion simple
  • Inter­face de restau­ra­tion graphique
  • Email d’aver­tis­se­ment de la part de l’es­pace en ligne si je ne me suis pas synchro­nisé depuis long­temps
  • Inter­face pour savoir quel % est déjà sauve­gardé een ligne et quel % est en attente de trans­fert
  • Fait de la dédu­pli­ca­tion au moins par fichier
  • Si on peut ajou­ter des clients mac orien­tés laptop (donc souvent inter­rom­pus et qui ne doivent pas réduire l’au­to­no­mie ou occu­per le cpu à faire des scan disque inutiles), ce serait top

Si néces­saire, je suis prêt à envi­sa­ger de faire le version­ne­ment en local et avoir unique­ment l’état courant sauve­gardé en ligne (en gros, si mon disque local crash, je perds l’his­to­rique mais je peux récu­pé­rer la dernière version). Si vous avez des solu­tions pas trop chères de ce type là, je suis prêt à étudier.


Je sais, vous voulez des détails. Aujourd’­hui je ne gère qu’un bloc de 1, 5 To mais il pour­rait théo­rique­ment se décou­per ainsi.

  • Une zone d’en­vi­ron 50 Go avec dans les 600 000 fichiers d’email au format mail­dir. C’est de l’im­port. Les fichiers ajou­tés ne sont jamais modi­fiés ou effa­cés ensuite.
    Ça ne montera proba­ble­ment pas de plus de 10% par an.
  • Une zone photo avec 300 Go de jpeg et raw de quelques Mo et quelques vidéos mp4 de quelques dizaines de Mo. Les fichiers ajou­tés peuvent être excep­tion­nel­le­ment dépla­cés mais ne sont quasi­ment jamais modi­fiés.
    Ça ne devrait pas gros­sir de plus de 10 à 20% par an.
  • Une seconde zone photo avec 750 Go avec de gros raw et gros jpeg de quelques dizaines de Mo plus des fichiers de méta­don­nées de quelques ko. Les fichiers ajou­tés peuvent être excep­tion­nel­le­ment dépla­cés mais ne sont quasi­ment jamais modi­fiés. Les fichiers de méta­don­nées seront par contre modi­fiés par périodes, et j’y aime­rais un version­ne­ment au moins à la jour­née.
    Cette zone peut-être amenée à gros­sir de 500 Go à 1 To par an.
  • Une zone d’ar­chi­vage d’en­vi­ron 150 Go de fichiers de quelques Mo qui ne chan­ge­ment jamais ou presque, et qui peut gonfler d’au plus 10% par an.
  • Un zone avec 300 Go de fichiers de travail, essen­tiel­le­ment des images, docu­ments bureau­tiques, mais aussi des archives zip, poten­tiel­le­ment des vidéos. L’écra­sante majo­rité est histo­rique et change peu. C’est toute­fois une zone de travail et les chan­ge­ments doivent être version­nés, idéa­le­ment à l’heure ou à la demie-jour­née. Contrai­re­ment aux autres zones, une partie des docu­ments y sont effa­cés à court ou moyen terme.
    Cette zone ne devrait pas gros­sir de plus de 10% par an.
  • Une zone de synchro de moins de 100 Go, avec des copies des fichiers qui viennent de l’ex­té­rieur et qui sont amenés à toujours chan­ger.
    La taille devrait rester globa­le­ment constante.

Si rien ne ressort, ça peut se termi­ner par « poser un jeu de gros disques chez un tiers qui a la fibre et faire de la sauve­garde chif­frée dedans » mais ça néces­site de trou­ver quelqu’un qui peut effec­ti­ve­ment stocker ça dans sa cave avec une connexion filaire et qui sait faire les redi­rec­tions appro­priées.

Quelques conseils de mana­ge­ment

By: Éric

Il y en a certains que j’ai appris sur le tard en faisant des erreurs et que j’au­rais bien aimé comprendre plus tôt. Je vous propose quelques conseils de mana­ge­ment qui me semblent main­te­nant essen­tiels. Peut-être qu’ils vous servi­ront aussi.

  • Dire ce qui ne va pas, immé­dia­te­ment
  • Dire ce qui est bien fait, régu­liè­re­ment
  • L’ex­pli­cite est toujours mieux que l’im­pli­cite
  • Garder un 1–1 hebdo­ma­daire avec son propre chef
  • Les proces­sus sont une assu­rance, vous en avez besoin
  • Ne pas recru­ter quelqu’un sans en être abso­lu­ment certain
  • L’hu­main est plus impor­tant que tout le reste

Pour être honnête on me les avait quasi­ment tous donné dès le départ mais seuls les deux derniers me semblaient évidents à l’époque.

C’est une ques­tion de carac­tère. Je n’aime pas les conflits. Mon penchant natu­rel est de les éviter, voire de lais­ser les choses un peu floues pour ne pas forcer, pas brusquer, rester souple. Je suis certain de ne pas être le seul. C’est proba­ble­ment le cas de tous les empa­thiques et intro­ver­tis.

Et pour­tant, il faut se forcer. Se forcer à faire du feed­back et à dire les choses même quand c’est néga­tif, même si c’est « pas grand chose ». Il faut se forcer à le faire immé­dia­te­ment, quand c’est un cas concret et pas un ressenti diffus sur un événe­ment passé.

C’est quand c’est dit long­temps après, de façon agrégé, que ce n’est pas compris ou pas accepté. Sur le moment la personne peut ne pas être d’ac­cord mais ce sera entendu sans prêter à débat. Parfois ça permet­tra de lever des incom­pré­hen­sions. Le reste du temps ça permet­tra à l’in­ter­lo­cu­teur de corri­ger le tir.

Le seul point d’at­ten­tion c’est de le faire aussi dans l’autre sens. On dit aussi ce qui va, sans attendre que ce soit excep­tion­nel ni le dire unique­ment pour modé­rer ce qu’on a a dire de néga­tif. Idéa­le­ment on ne mélange d’ailleurs pas les deux afin d’évi­ter de brouiller le message.


C’est aussi vrai vis à vis de vous. Mes périodes diffi­ciles vivres ont toutes, sans excep­tions, celles où les 1–1 avec ma propre hiérar­chie étaient manquants, que ce soit tempo­rai­re­ment ou dura­ble­ment.

Je n’ai­mais pas ces points. J’avais l’im­pres­sion de rendre des comptes, d’être jugé. Au fur et à mesure j’ai compris : Ils sont là pour moi.

C’est la fréquence et la trans­pa­rence qui sont les points essen­tiels. Plus c’est fréquent et trans­pa­rent, moins il y a de choses en tête et de crainte d’éva­lua­tion, vu que tout est partagé dès le départ. En prime j’ai du feed­back qui me permet éven­tuel­le­ment de corri­ger le tir.

Je ne vous le cache pas, ça fonc­tionne d’au­tant mieux que l’in­ter­lo­cu­teur est lui aussi un bon mana­ger, qu’il est là en soutien et pas en juge­ment. Cela dit, même le juge­ment d’un mauvais chef vaut mieux que rien. Au pire c’est dit et on peut passer à autre chose l’es­prit dégagé.

J’ai encore besoin de me forcer pour parta­ger, mais au moins je sais que le résul­tat est posi­tif pour moi. C’en est devenu un vrai critère avant d’ac­cep­ter un emploi : Est-ce que j’au­rai un temps dédié régu­lier avec mon propre réfé­rent, pendant lequel il sera à ma dispo­si­tion ?


Les proces­sus c’est le mal, non ?

C’est ce qu’on dit, mais ce ne sont que des assu­rances. C’est ce qui évite qu’un jour quelque chose dérape, et ça c’est une très bonne chose.

Mieux, le proces­sus c’est ce qui permet aux personnes impliquées d’avoir elles-mêmes confiance . C’est essen­tiel pour les nouveaux, pour les périodes de fatigue, pour les périodes de stress, pour les périodes de pres­sion, etc.

Quand quelqu’un vous dit « ça nous ralen­tit », pensez « j’en ai marre de payer mon assu­rance alors que ma maison ne brûle pas ». C’est tota­le­ment inepte comme calcul de risque.

La vraie ques­tion c’est le coût du risque, le coût du proces­sus, et la propen­sion du proces­sus à éviter le risque. Spoi­ler alert : C’est parfois effec­ti­ve­ment trop cher mais c’est plus souvent rentable qu’on ne le croit. Ce n’est pas pour rien que les proces­sus de cock­pit d’avion, d’hé­li­co­ptère ou de sous-marin sont si verbeux pour ce qui n’est qu’une simple check­list de boutons à pous­ser et voyants à véri­fier.

Le process est d’ailleurs mieux qu’une assu­rance parce qu’il évite le risque, il ne fait pas que payer les dégâts.


J’ai réservé les deux conseils les plus impor­tants pour la fin.

« L’hu­main avant tout le reste »

Peu importe que vous le fassiez pour des raisons éthiques (l’hu­main avant l’argent) ou pour des raisons produc­ti­vistes (l’hu­main est le capi­tal le plus précieux), la règle est la même.

Peut être qu’il en va autre­ment dans d’autres domaines — même si j’en doute — mais, au moins en déve­lop­pe­ment infor­ma­tique, tout est basé sur l’hu­main. Faire passer le busi­ness avant les personnes, c’est toujours perdant sur le long terme, peu importe ce que ça coûte.

« S’il y a un doute c’est qu’il n’y a pas de doute »

Le corol­laire c’est le recru­te­ment. Au delà des personnes déjà là, recru­ter est la tâche la plus impor­tante, bien avant les road­map, le mana­ge­ment, l’exé­cu­tion, le commerce ou les factures.

Je ne saurais appuyer assez fort. La réus­site dépend d’abord des personnes recru­tées. Il vaut mieux aller trop lente­ment, devoir renon­cer à des contrats ou être en posi­tion très déli­cate que de recru­ter les mauvaises personnes.

S’il y a un doute, peu importe lequel, même si c’est juste un mauvais feeling, alors mieux vaut passer son tour.

Le coût d’un mauvais recru­te­ment, que ce soit en lui-même ou via son impact sur le reste des équipes, est bieeeeen supé­rieur à tout ce qu’on risque de louper si on ne recrute pas.


Et vous ? Quels sont vos conseils de mana­ge­ment ?

[code] Liste des imports v2

By: Éric

Oui, je suis du genre à imagi­ner le langage avec la syntaxe parfaite. Je me demande si la majo­rité des déve­lop­peurs avec un peu d’ex­pé­rience ne sont pas comme ça en fait.

Je me suis remis à Ruby après un moment en Javas­cript et je confirme mon impres­sion précé­dente : Je veux des imports expli­cites en début de fichier pour chaque chose que j’uti­lise et qui est défini en dehors, pas d’es­pace de nom global créé par ailleurs.

J’ai repris mes anciennes notes et voilà où j’en suis :


L’im­port se fait par défaut par rapport à la racine du projet/paquet courant.

import MonComposant
import Module/SousModule/MonComposant

Même chose pour les imports rela­tifs, pour peu qu’ils commencent par un point. Oui, ce sont des chemins mais je tiens à ce que les déli­mi­teurs soient facul­ta­tifs (qui s’amuse à mettre autre chose que de l’al­pha­nu­mé­rique dans ses chemins internes ?)

import ./Module/SousModule/MonComposant
import ../Module/SousModule/MonComposant

Les paquets externes (gem, npm, packa­gist, cpan…) sont réfé­ren­cés par une arobase, et une table de corres­pon­dance à la racine du projet/paquet courant :


import @Paquet
import @Paquet/Module/SousModule/MonComposant

L’im­port utilise par défaut la dernière partie de la chaîne d’im­port comme nom local (on évite l’obli­ga­tion de se répé­ter qu’on trouve dans trop de lignes d’im­port Javas­cript).

Pour éviter les conflits de nom et faci­li­ter des noms plus adap­tés au code local, on ajoute des alias :

import MonComposant as AliasLocal
import Module/SousModule/MonComposant as AliasLocal

import @Paquet as AliasLocal
import @Paquet/Module/MonComposant as AliasLocal

J’aime bien les exports nommés de Javas­cript, qu’un point d’en­trée puisse réfé­ren­cer plusieurs compo­sants.

Je récu­père ici la syntaxe Python qui permet de toujours placer l’ori­gine en première posi­tion. Ça se discute, on pour­rait aussi le faire dans l’autre sens.

from Module/SousModule import MonComposant
from ./Module import MonComposant
from @Paquet/Module import MonComposant

from Module import Composant1, Composant2
from Module import Composant1, Composant2 as MonAlias

Quitte à faire des alias, c’est bien de pouvoir récu­pé­rer une méthode ou un sous objet sans qu’il n’y ait d’ex­port nommé.

C’est toujours la dernière partie de ce qui est importé qui défi­nit le nom local par défaut/

from Module/MonComposant import .maMethode
from MonComposant import .SousModule.maMethode
from ./MonComposant import .Foo.bar, .maMethode
from @Paquet/MonComposant import .Foo.bar as alias

Ma vie sans papier (1)

By: Éric

Ça fait des années que j’ai­me­rais pouvoir mettre la pile de cour­rier admi­nis­tra­tifs dans le scan­ner, que ça scanne, annote et classe chaque PDF au bon endroit.

Plus qu’à mettre la pile dans « cour­riers trai­tés le … ». Si j’ai vrai­ment besoin d’un origi­nal (ça n’ar­rive en réalité jamais) il suffit de récu­pé­rer la date de trai­te­ment du PDF pour récu­pé­rer le docu­ment.


En réalité ça n’a jamais eu lieu. Je n’ai jamais vu passer de logi­ciel qui tente de préclas­ser les PDF en fonc­tion de leur contenu.

De mon côté je n’avais qu’un scan­ner à plat et… ça prenait des plombes quoi que je fasse. Je trai­tais de toutes façons chaque cour­rier à la main donc faire le clas­se­ment ne me coûtait pas beau­coup plus cher.

Depuis j’ai changé d’im­pri­mante et j’ai mis les quelques dizaines d’eu­ros supplé­men­taires pour avoir un char­geur auto­ma­tique avec scan­ner recto-verso. Je suis paré.


Je ne déses­père pas de voir un logi­ciel qui fasse déjà tout ce que j’es­père. À défaut j’ai déjà en tête un début de procé­dure :

  1. Passer le bloc de cour­riers dans le scan­ner, récu­pé­rer un fichier PDF unique.
  2. Passer le PDF à l’OCR pour avoir le contenu de chaque page indé­pen­dam­ment.
  3. À partir de quelques règles simples, faire une préclas­si­fi­ca­tion (« banque » et « société géné­rale » parce qu’il y a l’en­tête de la sogé, puis « compte courant » et « éric » parce qu’il y a le numéro de mon compte person­nel, puis trou­ver la date du relevé). Le plus complexe sera d’as­so­cier les diffé­rentes pages d’un même cour­rier, mais des règles de base pour­ront proba­ble­ment être suffi­santes. J’ai l’im­pres­sion que je peux faire 80% du boulot ainsi en auto­ma­tique.
  4. Présen­ter une GUI avec chaque page (ou groupe de pages) sous forme de vignettes, les clas­si­fi­ca­tions trou­vées, et permettre de corri­ger rapi­de­ment si néces­saire.
  5. En sortie, décou­per le PDF, ajou­ter le texte d’OCR sur chaque page pour permettre l’in­dexa­tion, opti­mi­ser, redres­ser, et sauve­gar­der chaque fichier au bon endroit avec une conven­tion de nommage.

Je ne sais pas si j’irai jusque là. J’es­père que d’autres ce seront tapés le boulot avant moi.

Pour l’ins­tant j’ai une première étape : extraire le texte, opti­mi­ser et redres­ser le PDF.

ocrmypdf --output-type pdf --rotate-pages  -l fra --deskew --clean --skip-text --optimize 1 test.pdf test.pdf

Il y a des choix poli­tiques dont il faudra repar­ler

By: Éric

On fait une croix sur envi­ron 4 milliards d’eu­ros d’ISF mais on demande aux sala­riés de donner des jours de congé.

On fait un appel à dons pour les hôpi­taux mais on finance un SNU à 1,5 milliards d’eu­ros.

Il y a des choix poli­tiques dont il faudra repar­ler.

— Éric D. (@edasfr) April 6, 2020

Vrac du 5 avril 2020

By: Éric

Arts et culture

Et on oublie pas la dernière des 5 images (Twit­ter ne permet­tant d’en inclure que 4 au maxi­mum…) https://t.co/59ZRV18Hv1 pic.twit­ter.com/Qc79m4d8xB

— Pingou­bé­lix en Confi­ne­ment (@Clio_Rouge) April 5, 2020

Poli­tique et société

Hôpi­tal et moyens adap­tés

J’ai plus les mots. pic.twit­ter.com/7YafVdE­vii

— Taha 📷 (@MTG­pho­to­graphe) April 5, 2020

Confiance

Pourquoi les Français ont une confiance miti­gée dans leurs élites? Sincé­rité et cohé­rence sont des éléments centraux. La” France est prête” selon le Ministre de la Santé. 18 février 2020. Pater­na­lisme d’Etat. https://t.co/dcJ7Axksfq

— sebas­tian roché (@sebas­tianj­roche) April 5, 2020

C’est déjà cité dans un vrac précé­dent et le sujet est tout sauf neuf même indé­pen­dam­ment de la crise actuelle, mais j’ai un vrai problème de confiance qui ne fait que gran­dir.

Ils consi­dèrent que l’image d’un gouver­ne­ment fort et assuré de son cap doit primer sur la vérité. Je ne sais pas s’ils mesurent qu’on finira par ne plus croire en rien, et là leur marge de manœuvre poli­tique devien­dra quasi inexis­tante.

On n’en est déjà plus si loin. Ce qui carac­té­rise une partie de LFI, du RN ou de EELV c’est déjà la défiance à l’égard de la parole offi­cielle.

Comment accep­ter un gouver­ne­ment collec­tif quand on est entraîné à ne pas croire ou à être trompé ?

Choix poli­tiques

A l’heure où on applau­dit l’hô­pi­tal et le person­nel soignant sacri­fiés (et on compte nos morts), il est essen­tiel de se souve­nir qu’il y a très peu, siphon­ner les ressources publiques était super hype. pic.twit­ter.com/bjimkYkNwh

— Vogel­song (@Vogel­song) April 4, 2020

Ces gens qui main­te­nant viennent récla­mer à ceux qui font tour­ner le pays malgré tout de se serrer davan­tage la cein­ture.
C’est confirmé le COVID19 provoque aussi une atro­phie prolon­gée de la décence. https://t.co/7vFTJhVC4t pic.twit­ter.com/GNLo1zIFAJ

— Guillaume Blar­done ☀️ (@gblar­done) April 5, 2020

L’hô­pi­tal agonise mais Gabriel Attal nous parle de sa petite opéra­tion d’em­bri­ga­de­ment qui nous coûte un pognon de dingue.
Imagi­nez ce que ça donne­rait, d’être diri­gés par ces guignols si on était vrai­ment en guer­re…#SNU #PlusJa­maisÇa #Covid_19 #COVID19pic.twit­ter.com/EgyFdwdFzG

— Marcel Aiphan (@AiphanMar­cel) April 5, 2020

Discri­mi­na­tions

J’ai 59 ans, j’ai toujours vécu dans Paris ou sa banlieue, je n’ai jamais été contrô­lée ni par la police ni par les vigiles de maga­sins https://t.co/5dBpKsbW9T

— Kozlika (@Koz­lika) April 5, 2020

Si je retire les contrôles aux fron­tières (la fron­tière suisse est ma kryp­to­nite, j’y suis arrêté à chaque fois, mon record est de quatre contrôles dont une fouille sur un même passage de fron­tière), je n’ai jamais été contrôlé que deux fois : un contrôle routier aléa­toire et un vigile en super­mar­ché qui cher­chait quelque chose de très spéci­fique (je suppose sur descrip­tion d’un vigile de surveillance, en me confon­dant avec quelqu’un).

Le reste du temps non seule­ment je ne suis pas contrôlé mais il m’ar­rive d’être sorti de la file de contrôle systé­ma­tique pour me faire passer sans contrôle.

Je relis les cas les plus violents de mon inven­taire de verba­li­sa­tions de confi­ne­ment, tous ou presque sont des raci­sés de quar­tiers dits « diffi­ciles ». La logique shadok : Si on veut faire le moins de mécon­tents, on tape toujours sur les mêmes.

Rien de neuf, non, mais c’est peut-être ça le problème, juste­ment.

Esprit star­tup nation

Je suis certain que vous vous souve­nez de ce délire des hacker house où on profite du fantasme des star­tup pour faire crava­cher des jeunes jour et nuit dimanche inclus. Voilà la suite :

« Aujourd’­hui c’est la deuxième fois que l’on me refuse une direc­tion de thèse en me mention­nant cet article. Et c’est dur à vivre, surtout en ce moment, et ça me colle à la peau.

Ça dérape rapi­de­ment, montrant le visage du bonhomme avec une jolie menace en post-scrip­tum (toujours le même auteur, le fonda­teur de ces hackers house).

« Vous êtes un grosse merde humaine alors. A l’ins­tar des outils pour­ris que vous propo­sez. Demain un blog néonazi powe­red par dotclear ne sera pas retiré par vous. Pathé­tique bouton­neux raté.

Cordia­le­ment.

PS : pour infor­ma­tion l’ar­ticle parle des hackers houses en France. Vous risquez d’avoir du travail de sécu a faire sous peu 🧡

Enchaîne ensuite

« Trans­met­tez le a qui de droit, en hacking on ne donne pas d’ordre, des personnes libres réagissent a des actes qu’ils jugent immo­raux. Je vais simple­ment trans­mettre cette discus­sion a ce type de personnes, et ce n’est pas une menace, bien évidem­ment.

Mais il y a sûre­ment d’autres voies, des coups de fil a des amis de la CNIL pour bien véri­fier que tout est parfait, ou autres. La moindre faille je la trou­ve­rai (et là j’en donne l’ordre en interne).

« Esprit star­tup nation », 5 avril 2020

Il y a des gens qui ne savent pas masquer leur façon d’être plus de quelques lignes.

le pire dans cette histoire c’est le risque d’ef­fet Strei­sand… Cet article de @marieju­lien est vache­ment bien et toujours d’ac­tua­lité ! https://t.co/vOy2dDZ­kiI

— biou (@biou) April 5, 2020

Surveillance

Malgré le traçage, le Premier ministre singa­pou­rien explique qu’il est impos­sible de savoir comment les gens sont tombés malades dans la moitié des nouveaux cas.

Et on parle d’un terri­toire de 720km2. Une appli­ca­tion ne nous sauvera pas du virus.https://t.co/HYZwr­zyRAT pic.twit­ter.com/u7ODGwNBzw

— Olivier Tesquet (@oli­vier­tesquet) April 4, 2020

Capi­ta­lisme

Les gens : « Ouais là cette fois, avec la pandé­mie, c’est la fin pour le capi­ta­lisme. »
Le capi­ta­lisme : pic.twit­ter.com/hLtNB09sWy

— Rachel Garrat-Valcar­cel (@Ra_GarVal) April 5, 2020

Santé

Bd en trois parties, la dernière fait vrai­ment mal;

L’hi­ver est là [Partie 15]

Partie 1/3 pic.twit­ter.com/Sxtu38×7ES

— Vie De Cara­bin (@VieDeCa­ra­bin) April 4, 2020

Partie 3/3 pic.twit­ter.com/LzkQZS105M

— Vie De Cara­bin (@VieDeCa­ra­bin) April 4, 2020

Détente

Volley

This dog is elite 😂🙌

(via mathias­bernt­sen96/Insta­gram, kiara­the­vol­ley­dog/Insta­gram) pic.twit­ter.com/Y5p64IYGGK

— SportsCen­ter (@SportsCen­ter) April 4, 2020

Dentelle

Déli­ca­tesse des feuilles séchées croche­tées, telles des dentelles fragiles par l’ar­tiste britan­nique © Susanna Bauer @Susanna_Bauer 🍂🧵 pic.twit­ter.com/JrMgKECtBs

— Brin­dille (@Brin­dille_) April 5, 2020

Humour

This really made me laugh – and I needed a good laugh yester­day. That said, super grate­ful for Bill Gates who has been a calm voice of reason & action publi­cly pic.twit­ter.com/Fkit1B­woQ6

— Mark Suster (@msus­ter) April 5, 2020

Tech­nique

Node.js

--enable-source-maps

Added in: v12.12.0

Enable expe­ri­men­tal Source Map V3 support for stack traces.

Node.js v13.12.0 Docu­men­ta­tion

Vrac du 4 avril 2020

By: Éric

Poli­tique et Société

Écono­mie

« Des réformes radi­cales — inver­sant la direc­tion poli­tique préva­lante des quarante dernières années — devront être mises sur la table. »

Le Finan­cial Times, ce jour­nal commu­niste. https://t.co/4WSHYVqC7c

— Pada­wan (@pdwn) April 4, 2020

Commu­ni­ca­tion

Tu es vieux quand tu te souviens que Lionel Jospin Premier ministre par son refus perma­nent de mentir parais­sait psycho­ri­gide et mal à l’aise devant une caméra, et qu’aujourd’­hui on a un gouver­ne­ment dont la porte-parole ment sur commande avec aisance et le sourire. #EnMê­meTemps

— Pada­wan (@pdwn) April 4, 2020

Celle qui dit assu­mer de mentir à la presse veut lutter contre les fausses infor­ma­tions.

Je ne sais pas vous mais moi je trouve que ça sent mauvais pour les liber­tés https://t.co/ZmguZUjPIf

— Éric D. (@edasfr) April 3, 2020

Éduca­tion

Impact de la (non) conti­nuité éduca­tive

Je suis ensei­gnant dans le sup. J’ai l’im­pres­sion que c’est une unpo­pu­lar opinion, mais je pense que c’est pas bien grave si les étudiants ont 4 mois qui sautent dans leur cursus, et que ça impac­tera pas beau­coup leur future carrière.

— mixla­ma­lice (@mix­la­ma­lice) April 3, 2020

4. in fine, la vali­da­tion des compé­tences ou connais­sances soit ne sera pas faite soit n’aura pas beau­coup de sens. Mais la je crois forte­ment que ce n’est pas grave. J’ai validé des cours de méca Q dans ma jeunesse sans rien y comprendre; la réci­proque peut très bien être vraie.

— mixla­ma­lice (@mix­la­ma­lice) April 4, 2020

6. si certains connais­sances ou compé­tences leur manquent et sont indis­pen­sables à leur job, il y aura de la forma­tion conti­nue. Ca existe déjà: tech­nique­ment dans ma vie j’ai validé un cours de méca Q. Si j’en avais besoin aujourd’­hui, je devrais de toute façon le refaire.

— mixla­ma­lice (@mix­la­ma­lice) April 4, 2020

Je ne mets que des extraits mais c’est à lire en entier. Arrê­tons la vision apoca­lyp­tique.

7. Ne cari­ca­tu­rez pas, ça ne veut pas dire que l’en­sei­gne­ment ne sert à rien et qu’on a qu’à filer le diplôme; ça veut dire que dans une situa­tion excep­tion­nelle, comme disait @foret­des­ciences on peut vivre avec une licence qui fait 160 crédits au lieu de 180.

— mixla­ma­lice (@mix­la­ma­lice) April 4, 2020

Valeur des diplômes

Le destin ines­péré des « mira­cu­lés » de Mai 68 https://t.co/78qnGklqGT

— Frédé­rique Luzet (@Fre­de­riqueLu­zet) April 3, 2020

Une note rédi­gée par les écono­mistes Eric Maurin et Sandra McNally sur « les béné­fices de long terme de 1968 » démontre que la simpli­fi­ca­tion et la désor­ga­ni­sa­tion des examens après la crise ont permis à un nombre impor­tant de jeunes d’in­té­grer l’Uni­ver­sité, alors qu’ils n’y seraient jamais parve­nus dans des condi­tions normales. Ces mira­cu­lés de Mai ont eu une carrière profes­sion­nelle et des reve­nus large­ment supé­rieurs à ce qu’ils pouvaient attendre. Et, près de quarante ans plus tard, il appa­raît que leurs enfants ont moins redou­blé à l’école.

Le Monde, « Le destin ines­péré des « mira­cu­lés » de Mai 68 », 29 mars 2005

Santé

Ca va les gars @CH_Argen­teuil ?
Vous voulez qu’on vienne vous aider ?
Vous avez de la chance que l’ @ordre_mede­cins s’en batte les steaks de votre méde­cine de sorcières. pic.twit­ter.com/VhJWA31wYr

— gniW (@gni­wing) April 3, 2020

Inéga­li­tés

« Ici plein de gens ne savent même pas envoyer un e-mail, alors vous imagi­nez télé­char­ger et impri­mer une, puis deux attes­ta­tions ? Certains préfèrent sortir sans, au risque de prendre une amende. Mais jamais ils ne vous diront : je suis bloqué, je n’y arrive pas, je n’ai pas d’or­di­na­teur »

[…]

« Alors que commu­niquer via Inter­net paraît quasi incon­tour­nable dans le monde profes­sion­nel et person­nel, un peu plus de 21 % de la popu­la­tion [de plus de 15 ans] ne dispose pas de cette capa­cité », rele­vait une enquête de l’In­see en 2019.

Le Monde, « « Plein de gens ne savent pas envoyer un e-mail, vous imagi­nez télé­char­ger une attes­ta­tion ? » : la frac­ture numé­rique aggra­vée par le confi­ne­ment », le 4 avril 2020

Repris d’un compte privé : « Combien de telles personnes parmi les sanc­tion­nés et ce chiffre dont se garga­rise le gouver­ne­ment ? »

Culture, Arts et créa­tions

Déli­rant et poétique

Déli­rant et poétique. Confiné à Barce­lone, Philipp Klein Herrero fait…du ski https://t.co/oNmPLRo3nn @city_white­horse pic.twit­ter.com/KaOl9wxUdn

— L’im­por­tant (@Lim­por­tant_fr) April 4, 2020

Super­cop­ter

Paris Première ressort les épisodes de super­cop­ter. Je ne me souve­nais pas que c’était mal joué à ce point. Sérieu­se­ment, c’est inima­gi­nable. La musique est par contre toujours aussi entraî­nante.

Vrac du 3 avril 2020

By: Éric

Poli­tique et société

Écono­mie

L’image animée est à regar­der jusqu’au bout.

The mammoth US unem­ploy­ment claims in their histo­ri­cal context. pic.twit­ter.com/UNDwhBMpZt

— Ben Riley-Smith (@ben­ri­leys­mith) April 2, 2020

Fisca­lité

Y a-t-il des mots, des insultes assez fortes pour expri­mer ce qu’on ressent au voisi­nage de cette décla­ra­tion à mettre en paral­lèle de sa chan­son pour « les gens du secours » https://t.co/uRt4zF00rY

— Dramaja­min (@ichi­ban­no­ban) April 3, 2020

Notez bien ce qu’il dit pour « des limites à ne pas dépas­ser ». Il parle de ne pas être imposé du tout sur ce qu’il gagne (les royal­ties) pendant 10 ans. Rien que ça…

Person­nel­le­ment, savoir que mes proches avec un cancer n’ont pas besoin de lancer un appel à dons pour payer leurs soins, ça justi­fie toutes mes coti­sa­tions sociales, tous mes impôts.https://t.co/36qyz9QE4h

— Éric D. (@edasfr) Octo­ber 5, 2019

Choix poli­tiques

Tout est dit.

(Media­part) pic.twit­ter.com/bWa3tnWIMr

— Thibault Prévost (@wnstns­mith) April 3, 2020

Parole offi­cielle

Je ne comprends réel­le­ment pas. Ça rime à rien de dire ça, à part ajou­ter à la perte de confiance déjà abys­sale du peuple envers son gouver­ne­ment :( https://t.co/u2TdqrXyog

— Kozlika (@Koz­lika) April 3, 2020

C’est un vieux sujet. On se moque de l’équipe de Trump mais on a une porte-parole qui affirme ne pas hési­ter à mentir pour proté­ger le président, et qui n’est toujours pas exclue par la presse.

Le règne de la vérité alter­na­tive c’est aussi chez nous quand le ministre affirme que non il n’y a pas eu pénu­rie de masques alors que hôpi­taux, ehpad et méde­cins indé­pen­dants se plaignent de pénu­rie.

Le problème c’est que c’est sur tout, même ce qui est évident. Affir­mer avec suffi­sam­ment de force et de répé­ti­tion suffit. Par contre on casse tota­le­ment la confiance dans la parole, et ça c’est très dange­reux sur long terme, surtout en cas de crise.

Si vous vous deman­diez pourquoi autant de gens cherchent un sauveur en Raoult malgré un consen­sus assez large, c’est juste­ment parce que la parole offi­cielle n’a aucune valeur, voire parfois une valeur néga­tive.

On se moque du ministre Blanquer qui à chaque annonce avait déclaré avec aplomb expli­ci­te­ment l’op­posé une dizaine d’heures avant, mais c’est le même problème.

Comment accep­ter une situa­tion et des déci­sions quand on n’a plus confiance dans la parole offi­cielle ?

Liber­tés

https://mamot.fr/@cer­veaux­non­dis­po­nibles/103934076408431459

Pénu­rie

L’in­for­ma­tion impor­tante du jour : la pénu­rie de papier toilette n’est pas provoquée par une panique irra­tion­nelle mais par de réels problèmes d’ap­pro­vi­sion­ne­ment. https://t.co/bMWhNJ2HD5

— Alexan­der Doria (@Doria­lexan­der) April 3, 2020

Police

#coro­na­vi­rus Pour le préfet de Paris, les patients en réani­ma­tion sont ceux qui n’ont « pas respecté » le confi­ne­ment au début https://t.co/uxqKKgxb72

— Cathe­rine Gasté (@cathe­ri­ne­gaste) April 3, 2020

La tendance auto­ri­taire du préfet de police qui se voit dans un camp opposé aux mani­fes­tant n’est pas neuve. Là on atteint des records. Je ne comprends déjà pas qu’on l’ait mis à un tel poste, mais encore moins qu’on l’y main­tienne.

Justice

Mars:
Ne venez pas aux audiences. On renvoie tout sauf ce qui est urgent. On vous dira.
Ne nous appe­lez pas.

Avril:
Ah les avocats ne viennent pas aux audiences, ces lâches.
Ah les dossiers de mars ont été consi­dé­rés comme rete­nus et mis en déli­béré.
Ne nous appe­lez pas pic.twit­ter.com/GpKt39t­pu4

— AuPa­lais (@palais_au) April 3, 2020

« Et restez confi­nés, il en va de notre respon­sa­bi­lité collec­tive en matière de gestion sani­taire, et ne venez pas au tribu­nal surtout 🤪 »https://t.co/KmrrHSF8zz https://t.co/wkyTiOAW7k

— AuPa­lais (@palais_au) April 3, 2020

« On ne va trai­ter que les urgences et le reste sera renvoyé. Donc ne travaillez pas les dossiers et restez chez vous. N’ap­pe­lez pas. Ne nous écri­vez pas 🤪 »https://t.co/o0CUZXRr2p https://t.co/6IDTH­tuhLm pic.twit­ter.com/za0Swnfh6S

— AuPa­lais (@palais_au) April 3, 2020

Éduca­tion

#BAC1ère Comment vont se passer les épreuves du bac de français ?
Pour l’écrit, la note de l’épreuve sera la moyenne des notes obte­nues durant l’an­née scolaire en français, à l’ex­cep­tion des notes obte­nues pendant la durée du confi­ne­ment. Les épreuves orales sont main­te­nues.

— Minis­tère de l’Édu­ca­tion natio­nale et Jeunesse (@Edu­ca­tionF­rance) April 3, 2020

Je n’ai pas mieux à propo­ser mais jouer son bac sur les notes en classe sur la première moitié de l’an­née, c’est assez moche. Je ne comprends pas non plus comment on peut main­te­nir l’oral mais pas l’écrit. Soit on annule tout, soit on laisse tout, quitte à adap­ter le contenu.

On a beau parler de jurys d’har­mo­ni­sa­tion, les diffé­rences entre lycées vont aussi jouer à plein.

Le bac tran­si­tionne de plus en plus d’une épreuve de niveau à un concours qui ne dit pas son nom avec un quota où les X premiers % d’une classe d’âge doivent obte­nir le diplôme.

Égalité

C’est non. Jamais de la vie je ne mention­ne­rai le manque d’as­si­duité d’un élève qui n’a pas l’équi­pe­ment ou pas de connexion inter­net. Ça suffit, les conne­ries. https://t.co/9omCB6hW7c

— Auré­lie Gascon, ramas­seuse de fraises 🍓 (@Aure­lie_Gascon) April 3, 2020

Tech­nique

Crypto

Au sujet des failles OPAL dont je parlais dans un autre Tweet, il y a aussi l’ex­cellent podcast de @noli­mit­secu https://t.co/YNKM53vNsx

— Nico­las Ledez (@nle­dez) April 3, 2020

Langages infor­ma­tique

Rust, je décon­seille. C’est un super langage, mais c’est un langage de spécia­liste. Il a le même défaut que le C++ : il faut faire de lui son langage prin­ci­pal pour réus­sir à maitri­ser les très nombreux concepts et suivre son évolu­tion.

— Bruno Michel (@brmi­chel) April 3, 2020

Et il y a même des langages qui vont plus loin : Idris va plus loin qu’has­kell sur le typage statique, et Pony va plus loin que Rust sur la garan­tie de ne pas avoir de problème à l’exé­cu­tion (par exemple, pas de dead­locks possibles avec Pony).

— Bruno Michel (@brmi­chel) April 3, 2020

Tech­nos web

Petit souci de sécu­rité chez Twit­ter parce qu’ils ont utilisé une fonc­tion­na­lité non stan­dard de Chrome et n’ont pas testé avec Fire­fox. Mais le message pour infor­mer du souci laisse entendre que ça serait la faute à Fire­fox. Errare deve­lop­pum est. Fire­fox blamare diabo­li­cum est! https://t.co/6thzM­mo­fu9

— Clochix #JeSou­tiensLaG­rève (@clo­chix) April 3, 2020

Et la suite ?

By: Éric

J’avais initia­le­ment privi­lé­gié une simple page web pour Verba­lisé (parce que). Il y a la simpli­cité de publi­ca­tion et, pour des non-tech, me joindre par commen­taire ou sur twit­ter était certai­ne­ment plus simple que je ne sais quelle machi­ne­rie.

La page commence à deve­nir trop longue pour être facile à lire, surtout avec le préam­bule obli­ga­toire. On m’in­ter­pelle avec des ques­tions sensées et des invec­tives qui le sont moins.

Ça me force a expli­ci­ter le pourquoi je retiens tel ou tel témoi­gnage, pourquoi j’ex­clus tel ou tel autre. C’est en soi une bonne chose mais je n’ai pas l’es­pace adéquat pour ça.

Il n’y a pas non plus d’iden­ti­fiant, pas de moyen de consul­ter l’his­to­rique, peu de suivi pour voir les chan­ge­ments et nouveau­tés, et la zone de commen­taires est illi­sible.

À côté de ça ça prend aussi du temps de rece­voir, lire, trier, répondre, argu­men­ter. C’est assez morti­fère et je n’ai pas envie de baigner dedans toutes mes jour­nées et soirées.

Bref, je commence à toucher les limites de l’exer­cice tel que je l’ai conçu au début.


J’en­tre­vois plusieurs pistes, par ordre de préfé­rence :

1/ Un jour­na­liste ou un groupe de profes­sion­nels reprennent l’in­ven­taire. Ils s’en­gagent à en faire un vrai travail jour­na­lis­tique, avec prises de contact des auteurs, véri­fi­ca­tions et recroi­se­ments, mis en contexte, etc.

Ce serait top. Si c’est le cas je lais­se­rai proba­ble­ment quelques anec­dotes de mon choix et reri­di­ge­rai avec plai­sir vers la page de contact qu’ils me donne­raient en atten­dant qu’ils publient quelque chose.

2/ Un groupe motivé tente d’in­dus­tria­li­ser un peu ce que je fais à la main, avec moi ou sans moi. Ça veut dire un peu d’ou­tillage, une façon de gérer les données un peu plus sérieuses, de pouvoir y rece­voir des critiques et des discus­sions sur chaque histoire indé­pen­dam­ment, etc.

Ça peut être avec moi ou sans moi, mais je ne ferai de redi­rec­tion vers quelque chose que je ne contrôle pas que si ça me semble sérieux.

Idéa­le­ment ça serait même top s’il y avait un jour­na­liste et/ou un membre des forces de l’ordre dans le groupe, pour avoir un débat un peu plus riche que ma subjec­ti­vité à moi tout seul, mais j’en demande peut-être un peu trop et ça n’em­pêche pas d’avoir une personne ou un tout petit groupe qui tranche au final pour garder une ligne de conduite cohé­rente.

3/ Je conti­nue comme aujourd’­hui mais en faisant un blog dédié, un billet par témoi­gnage, avec sa zone de commen­taire dédiée, des caté­go­ries pour s’y retrou­ver, etc.

Ce n’est pas forcé­ment une mauvaise idée mais c’est un peu de boulot et je ne sais pas si j’au­rai le courage d’ini­tia­li­ser ça seul.

4/ Je gèle la chose, je conti­nue poten­tiel­le­ment d’in­clure ce qui m’in­té­resse mais je nettoie pour ne garder qu’une sélec­tion. Tant pis pour l’in­ven­taire.

Ça me gêne un peu parce que l’in­ven­taire a une force en soi, mais le message est aussi déjà passé et ce qui est listé illustre déjà plei­ne­ment la situa­tion.


Vous avez des avis ?

La véra­cité du récit

By: Éric

Quand vous écri­vez à propos d’un fait vécu, il y a le contexte tel que vous l’avez vécu, l’in­ten­tion que vous aviez dans ce contexte, le contexte perçu par votre inter­lo­cu­teur, l’in­ten­tion perçue par votre inter­lo­cu­teur dans ce contexte, comment votre inter­lo­cu­teur l’in­ter­prète, sa propre inten­tion, ce qu’il veut en dire, ce qu’il en dit, ce que vous enten­dez, ce que vous en compre­nez, comment vous l’in­ter­pré­tez, comment vous vous en souve­nez, ce que vous voulez en dire et pourquoi, comment vous le retrans­cri­vez, ce que les lecteurs en compren­dront, ce qu’ils inter­pré­te­ront, etc.

Il y a non seule­ment de la perte à chaque étape — vous avez déjà joué au jeu du télé­phone à plusieurs quand vous étiez enfant ? essayez quand en plus vous êtes sous le coup d’une forte émotion — mais aussi de l’hu­main.

Parfois quelqu’un en rajoute pour appuyer son propos, parfois incons­ciem­ment, parfois sans forcé­ment avoir l’in­ten­tion de trom­per pour autant.

Ces erreurs ne démentent pas forcé­ment le propos et le message qu’il porte. Pour ne rien gâcher, il y a l’angle de vue, et des histoires tota­le­ment diffé­rentes peuvent être aussi vraies en même temps.

Ce soir je porte le deuil

By: Éric

Non, personne n’est mort, ou plutôt si mais pas dans mes proches.

En bon privi­lé­gié, j’ai le loisir de me préoc­cu­per de choses qui semblent plus imma­té­rielles. Cela dit ça risque de ne pas être imma­té­riel si long­temps. Les consé­quences de tout ça sont tout ce qu’il y a de plus concret.

Aujourd’­hui la Hongrie vient de démis­sion­ner de la démo­cra­tie.

Ce soir la France vient d’aban­don­ner l’idée même de poli­tique publique budgé­taire et y préfé­rer l’ar­bi­traire indi­vi­duel de la charité.

Je crois que si nous ne profi­tons pas de tout ça pour recons­truire « autre chose » nous-même, on court au désastre. La direc­tion n’était pas déjà bonne, mais là on vient en plus de se mettre en courir en se bandant les yeux.

Verba­lisé (parce que)

By: Éric

Depuis une semaine, 2 million de Français contrô­lés et 100 000 amendes #TF1

— Renaud Pila (@renaud­pila) March 23, 2020

Préam­bule : J’in­clus dans cet inven­taire des PV arbi­traires ou abusifs, mora­le­ment ou léga­le­ment. Au delà de la subjec­ti­vité dans l’ap­pré­cia­tion, ce n’est qu’une collec­tion de liens publics, qui ne se veut même pas exhaus­tive. Je me contente d’évi­ter ce qui me parait contes­table ou liti­gieux. Mes critères de base sont soit une cita­tion dans la presse de métier, soit un message en ligne public par un témoin direct en son nom propre et via une iden­tité établie (donc pas de propos rappor­tés, pas de comptes de réseaux sociaux créés il y a deux semaines ou sans inter­ac­tions person­nelles solides).

Pour autant, cela ne consti­tue pas un travail de jour­na­liste et ne doit pas être consi­déré comme tel. Entre autres, je ne contacte pas les personnes concer­nées ou les auto­ri­tés, et ne recherche pas d’éven­tuels témoins. Vous êtes donc invi­tés à garder votre esprit critique et faire vous-même les véri­fi­ca­tions si vous les jugez impor­tantes.

Vous êtes plus que les bien­ve­nus à m’ai­der en me propo­sant d’autres liens à inclure (nouveaux témoi­gnages publics, confir­ma­tions ou correc­tifs par des jour­na­listes, etc.).

Comme je vois des gens qui me citent avec un message poli­tique que je ne soutiens pas forcé­ment : J’ai forcé­ment des opinions sur tout ça, je m’au­to­rise des commen­taires d’hu­meur, mais ne me prêtez aucune inten­tion ni aucun message poli­tique que je n’au­rais moi-même expli­ci­te­ment exprimé. En parti­cu­lier, cet inven­taire n’est *pas* un appel à mettre fin au confi­ne­ment, à lutter contre la police, à braver les règles, ou à quoi que ce soit d’autre (ni tout ça ni l’op­posé de tout ça).


Le droit de faire les courses, mais pas d’y inclure des paquets de gâteaux

Même si votre dépla­ce­ment est motivé, on risque de fouiller vos courses pour déter­mi­ner ce qui semble perti­nent ou pas comme achat de nour­ri­tu­re…

C’est arrivé à un membre de ma famille.
En sortant de son super­mar­ché.
Contrôle
Elle sort le papier.
Ils font l’in­ven­taire, sortent deux paquets de gâteau et demandent « se sont des produits de 1ere néces­sité ? »
Elle se défend, inter­roge le texte qui dirait quoi manger… bref

— 🥀Kos­kaïa #confi­née 🔻 (@isA­shPsy) March 24, 2020

Elle s’agace, le ton monte.
Elle écope de 360€.

À la base, 2 paquets de gâteaux dans son sac de courses pour la semaine.

Si vous ne voyez pas ce qui arrive, vous êtes des bien­heu­reux.

— 🥀Kos­kaïa #confi­née 🔻 (@isA­shPsy) March 24, 2020

Préci­sions :

Préci­sion: pic.twit­ter.com/qm4T3Kq30u

— David Dufresne (@dav­duf) March 28, 2020

Le coca-cola non plus

Non, le chariot ne contient pas que du coca-cola.

cette perte de sang-froid je pleure pic.twit­ter.com/CntyrWcYKB

— 🐷lau­ra­nus🐷 (@imlau­ra­nus) March 21, 2020

Les serviettes hygié­niques non plus

Je suis sortie ache­ter des serviettes hygié­niques et là un flic m’ar­rête et veut me verba­li­ser parce que c’est pas « vital » ? Donc des gens qui font la queue sur 50m pour des clopes, c’est ok, mais une nana qui veut ache­ter des tampons c’est un scan­dale ???????

— Maurice Lafeuille (@bue­sheel) March 23, 2020

Je n’ai pas l’in­for­ma­tion, mais on parie combien que le poli­cier était un homme qui aurait consi­déré le savon ou le gel hydro­al­coo­lique comme de néces­sité ?

La baguette ok, mais unique­ment par deux

A Sanary-sur-Mer, comme le racon­tait notre corres­pon­dante dans le Var, c’est deux baguettes sinon… un PV. Le maire a en effet pris un arrêté obli­geant ses conci­toyens à restreindre leurs dépla­ce­ments chez le boulan­ger. «  Toute personne sortant d’une boulan­ge­rie avec une seule baguette sera verba­li­sée », préve­nait [le maire] Ferdi­nand Bern­hard.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Bon, en fait non, pas la boulan­ge­rie

Elle est ouverte, mais il ne faut pas y aller

A Parmain (Val-d’Oise), un habi­tant pour­tant muni de son attes­ta­tion a juste­ment pris une amende alors qu’il se rendait à la boulan­ge­rie, comme il le rappor­tait au Pari­sien. « J’avais coché la deuxième case du formu­laire : dépla­ce­ment pour effec­tuer des achats », préci­sait Jean-François, auquel un gendarme aurait rétorqué qu’il ne s’agis­sait pas d’un motif d’ur­gence, dres­sant un PV que Jean-François entend bien contes­ter.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020 ; aussi raconté le 22 mars dans « Confi­ne­ment : un habi­tant du Val-d’Oise verba­lisé après être allé ache­ter une baguette de pain »

Et gardez bien le ticket de caisse

Parce qu’é­vi­dem­ment si on revient sur le trajet du super­mar­ché le coffre plein de courses et une auto-attes­ta­tion qui dit « je suis parti faire les courses », ça ne prouve rien.

A Fresnes-sur-Marne (Seine-et-Marne), Pierre a été verba­lisé vendredi en rentrant de Lidl, où il venait de faire ses courses. C’est sa mère qui raconte pour lui. Pierre est handi­capé mental. « Asper­ger, précise Michelle, sa maman. Il a des capa­ci­tés pour certaines choses, pas pour d’autres. Excu­sez-moi de le dire, mais ça se voit… » Les gendarmes de la brigade locale ne l’au­raient pas vu. « En poste sur un rond-point, ils lui ont demandé son motif de dépla­ce­ment. Cons­ta­tant les provi­sions dans le coffre, ils ont alors exigé le ticket de caisse, que dans l’af­fo­le­ment mon fils n’a pas été capable de produi­re… » Là encore : 135 € pour Pierre ainsi que pour son amie.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Et pas dans la ville à côté

Le drive, c’est trois jours d’at­tente pour la commande et il y a beau­coup de produits manquants. Et je ne voulais pas non plus m’en­gouf­frer au Leclerc, que je savais encore bondé. J’ai donc estimé plus prudent de me rendre à l’In­ter­mar­ché de Kerfi­chant, à Lorient, que je sais plus calme et où j’ai égale­ment mes habi­tudes […]

Ses courses termi­nées, Cyrille Le Meur a repris la voiture en direc­tion de son domi­cile. Au niveau de la gare, il tombe sur un contrôle de police. « À la vue de ma domi­ci­lia­tion, les poli­ciers lorien­tais m’ont dressé une contra­ven­tion de 135 €

Le télé­gramme, « Une amende de 135 € pour avoir fait ses courses à Lorient plutôt qu’à Lanes­ter », 26 mars 2020

À ceux qui se demandent, la distance entre les deux super­mar­chés est de moins de 5 km d’après Google Maps ; la gare est à la moitié du chemin, donc 2,5 km. C’est litté­ra­le­ment « de l’autre côté du pont ». Visi­ble­ment à Lorient c’est « pas d’étran­gers chez nous ».

Pas plus d’un kilo­mètre en fait

J’ha­bite à Plou­gas­tel Daou­las, je mets exac­te­ment 4 min en voiture pour aller à Picard de chez moi (4km). Je ne croise personne. Je tombe sur un contrôle de police à la sortie du pont de Plou­gas­tel. Je ne m’inquiète pas. Je suis en règle.

Et là … je prends une contra­ven­tion ! Mais pourquoi ?

Le poli­cier me dit que je ne suis pas à 1 km de chez moi. Mais j’avais lu que cela concer­nait que les prome­neurs de chien et les joggeurs ! Pas les courses. Je n’ai rien à 1km de chez moi à part la boulan­ge­rie et le tabac et j’ima­gine que nous sommes beau­coup dans cette situa­tion d’ailleurs.
Et j’ai véri­fié partout sur le net et je n’ai vu nulle part que cette nouvelle règle concer­nait les courses. Puis bon je n’ai pas fait 20 bornes non plus quoi.

« Attes­ta­tion de dépla­ce­ment déro­ga­toire et abus de pouvoir….l’in­hu­ma­nité pointe son nez », 25 mars 2020

J’ai véri­fié. Le premier commerce alimen­taire de proxi­mité est à pile 950 mètres de chez moi. Je l’ai échappé belle… (et non, les décrets ne précisent de distance que pour l’exer­cice physique).

Et pas à vélo s’il vous plait

Ma mère, verba­li­sée parce qu’elle est allée faire ses courses en vélo.

— NiPa­trieNiPa­tron (@NanaSTATOU) March 25, 2020

C’est vrai quoi, on ne va pas lais­ser ces trucs d’écolo-gauchistes s’ins­tal­ler.

Défi­ni­ti­ve­ment, pas de vélo, même utili­taire

lui ont assuré les gendarmes. A Carque­fou (Loire-Atlan­tique), au bord de l’Erdre, la gendar­me­rie a verba­lisé un homme qui utili­sait un vélo pour se rendre chez son méde­cin, à l’oc­ca­sion d’une visite trimes­trielle

— Rocky Bilbo (@RockyBilbo) March 25, 2020

Le vélo c’est mal, la voiture c’est telle­ment moins risqué… ou pas. On a une logique pro-voiture dans notre société que j’ai toujours du mal à comprendre. Ce n’est perti­nent ni écolo­gique­ment, ni écono­mique­ment, ni même d’un point de vue sani­tai­re…

Et atten­tion à l’heure

tiens j’ai croisé un poli­cie muni­ci­pal cowboy – « c’est pas le bon modèle » d’at­tes­ta­tion – la loi ne defini pas de modele – celui ci n a pas l’heure – il n y a pas de limite d’heure pour les courses – ah vous voulez faire de la philo­so­phie Mr…

— dwarf­po­wer (@dwarf_power) March 26, 2020

Il y a d’ailleurs un vrai sujet entre les injonc­tions données dans les discours, celles écrites sur le site du minis­tère de l’in­té­rieur, et ce qu’il y a dans les décrets. Problème : Les poli­ciers vont se baser sur ce qu’ils entendent et inter­prètent, pas sur les décrets.

Et lais­sez les bébés dans la voiture

Je vie donc seule depuis 2 mois avec mon bébé. J’ai pas de famille dans la même ville que moi, ni d’amie proche. Hier en fin d’aprem, plus rien dans les placards et le frigo, je remplie ma feuille de dépla­ce­ment et go dans un super­mar­chés lambda acheté de la nour­ri­ture et aussi

— Oum Najmud­din Aslan (@Oum68083870) March 24, 2020

À 15 mètres de l’en­trée le vigile me hurle dessus « pas d’en­fant ». Je lui dit que je vie seule et que personne ne peut garder mon enfant. Le vigile me répond «  C’est pas mon problème rentrez ches vous ». Je lui demande alors comment je vais ache­ter de la nour­ri­ture et manger.

— Oum Najmud­din Aslan (@Oum68083870) March 24, 2020

Je lui dit alors, que je fait comment pour rentrer ? Le vigile commence à me tutoyer. « Tu laisse ton gamin dans la voiture » Mon bébé de 1 ans et demi. Je n’ai pas le droit de le lais­ser dans la voiture et c’est ultra dange­reux, j’es­pere que cet homme est pas père.

— Oum Najmud­din Aslan (@Oum68083870) March 24, 2020

Je reste sans voix…

Puisqu’on vous dit de lais­ser les enfants seuls !

« À chaque fois que je veux faire un drive, l’ap­pli­ca­tion ne fonc­tionne pas, le site est saturé […] ça faisait quatre jours que j’es­sayais sans succès, je n’avais pas d’autre choix que de me dépla­cer » […]

Pour cette sortie, sa fille âgée de quatre ans et demi l’ac­com­pagne, « je n’ai aucun moyen de la faire garder pendant le confi­ne­ment », affirme la mère céli­ba­taire. Lundi 23 mars au matin, munie de son papier, obli­ga­toire pour chaque sortie, la jeune maman se rend donc dans l’hy­per­mar­ché le plus proche de chez elle, soit le Leclerc de Jonchery-sur-Vesle.

[…] À son retour, le vigile confirme : « il n’y a pas le droit aux enfants. Le direc­teur accepte excep­tion­nel­le­ment juste pour aujourd’­hui de vous lais­ser passer, mais ça ne sert à rien de reve­nir, car c’est la seule et unique fois », cite Mathilde. « Le vigile m’a dit la prochaine fois ce sera non »,  raconte-t-elle d’un ton las. 

France 3 régions, « En allant faire des courses accom­pa­gnée de sa fille de 4 ans, une mère céli­ba­taire a été infor­mée qu’elle ne pour­rait plus reve­nir dans l’hy­per­mar­ché de sa commune. La raison : les mesures prises par le maga­sin dans le cadre de la crise du covid-19, limi­tant l’ac­cès à une personne maxi­mum. », 24 mars 2020

L’ap­pel de la rédac­tion de France 3 a permis à la direc­tion du maga­sin d’as­sou­plir sa poli­tique.


On a dit pas d’hy­giène

C’est telle­ment surfait quand on parle de lutter contre la mala­die. Le fait que la lave­rie soit un des cas expli­ci­te­ment auto­ri­sés par le site du minis­tère de l’in­té­rieur n’y change rien.

Un tren­te­naire de Pontivy (Morbi­han) s’est fait verba­li­ser devant une lave­rie, malgré son attes­ta­tion de dépla­ce­ment. Il n’a pas de lave-linge chez lui et laver ses vête­ments est une néces­sité profes­sion­nelle : il est agent d’en­tre­tien. Il a inter­pellé la préfec­ture du Morbi­han et le gouver­ne­ment.

[…] J’avais une attes­ta­tion de sortie sur moi. Je l’ai montrée aux gendarmes, je leur ai expliqué ma situa­tion : je n’ai pas de machine à laver chez moi, je vis dans un petit loge­ment de 20 m2. Comment font les gens qui ont ni les moyens d’avoir un lave-linge ni la place chez eux pour en avoir un ?

[…] Je travaille dans le nettoyage, je dois donc laver mes vête­ments très régu­liè­re­ment. Mon métier exige une bonne hygiène person­nelle, encore plus avec le coro­na­vi­rus : je nettoie des bureaux occu­pés par des personnes qui évidem­ment ne souhaitent pas être en contact avec le virus inuti­le­ment. Vu le contexte actuel, la bonne hygiène semble vrai­ment essen­tielle. Je ne comprends pas que l’on puisse me donner une contra­ven­tion…

« Sans machine à laver chez lui, il est verba­lisé en allant à la lave­rie à Pontivy », 25 mars 2020

Le test de gros­sesse ce n’est pas essen­tiel

À ranger dans la même case « moi je n’en ai pas besoin donc ça doit être inutile »…

Je suis tout à fait ok pour limi­ter au maxi­mum nos circu­la­tions à l’ex­té­rieur et de ns contrô­ler pour qu’on les limite. Mais par contre que la police estime que cher­cher un test de gros­sesse à la phar­ma­cie n’est pas un motif de santé néces­saire, ça me pose ques­tion là

— Anlya Modest Fashion (@AnlyaMF) March 22, 2020

Les cour­riers admi­nis­tra­tifs urgents peuvent attendre

Même si on fait pour­tant venir les postiers pour ça

Le coup de colère du jour nous vient des bords du lac d’An­necy, d’un habi­tant de Veyrier-du-Lac verba­lisé par la gendar­me­rie, samedi 21 mars au matin, sur le retour du bureau de poste où il était allé dépo­ser des cour­riers urgents, attes­ta­tion en poche.

[…] « J’ai été contrôlé devant la mairie par un jeune gendarme qui ne connais­sait pas Veyrier, j’ai présenté mon attes­ta­tion et je lui ai dit que j’ha­bi­tais à 700 mètres mais il n’a pas voulu me croire […] Il m’a dit que j’étais à plus de 500 mètres

« Je vais produire les copies des cour­riers que j’ai envoyés pour le compte de deux familles, adres­sées à la Caisse d’al­lo­ca­tions fami­liales (CAF), des lettres urgentes décou­lant d’une erreur commise par l’or­ga­nisme. Je n’ai pas grand espoir mais je veux prou­ver ma bonne foi et qui sait… »

Le Dauphiné, « Haute-Savoie : verba­lisé à 700 mètres de chez lui après avoir posté des cour­riers urgents », le 24 mars 2020

Pas deux dans la même voiture

Ce matin, je me rends en courses au super­mar­ché à côté de chez moi. J’ai mon attes­ta­tion dûment remplie et signée, mes papiers d’iden­tité.
Ma femme m’ac­com­pagne parce qu’elle doit faire les courses pour ses parents de 88 ans. Elle a son attes­ta­tion et ses papiers, comme moi.
La règle dans le super­mar­ché : 1 personne = 1 caddie. Normal. Donc nous allons faire nos courses à 2.

Contrôle de gendar­me­rie : je me suis fait sanc­tion­ner parce que je ne respec­te­rais pas les consignes de confi­ne­ment !
Eh oui, le gendarme a décidé que nous devions être seuls chacun dans une voitu­re… ou alors il a entendu trop de fake news.

Patrice V, Face­book, 26 mars 2020

Le site offi­ciel du gouver­ne­ment indique pour­tant expli­ci­te­ment l’au­to­ri­sa­tion de prendre la voiture à plusieurs, et même de faire du co-voitu­rage.

Le droit à l’exer­cice physique mais unique­ment si on court

Parce que ça change tout (ou pas) à la conta­gion, au fait de se dégour­dir les jambes quand on habite dans un petit studio. Les mauvaises langues diront que la même chose dans les beaux quar­tiers plutôt qu’à Ménil­mon­tant aurait proba­ble­ment mené à une autre issue.

Donc on sait pourquoi tout le monde court – Ménil­mon­tant 75011 – jeune aligné avec attes­ta­tion dûment remplie à moins d’1 km de chez lui « JE NE VOUS AI PAS VU COURIR et marcher , ce n’est pas du sport »… #flicaille#ToutBaBien 😱

— 🐉Tarquine (@bri­ca­blog) March 24, 2020

Et on ne court pas en jean !

Ma lettre au procu­reur qui doit avoir autre chose à faire mais je pense que l’on ne peut pas lais­ser les poli­ciers inter­pré­ter la loi à leur guise dans un État de droit. @pref­po­lice https://t.co/e6C4GPDfRI pic.twit­ter.com/AZ9XM­me­wuF

— Elie JABEL-BERNARD (@elieja­bel) March 22, 2020

Repris par David Dufresne dans son signa­le­ment 904.

Verba­lise à 100 m de chez moi parce que je ne fais pas de sport en tenue de sport !!! Je montre mon télé­phone pour justi­fier d’avoir parcouru 2,1m autour de chez moi. 135€ c’est du discer­ne­ment. Vous dites aux poli­ciers qu’ils en manquent en vous menacent d’ou­trage @CCas­ta­ner

— Elie JABEL-BERNARD (@elieja­bel) March 22, 2020

Et pas de pause hein…

Ma mère verba­li­sée à 78ans, a 300m de chez elle pour s’être arrê­tée sur un banc. Le flic de NICE lui a dit qu’elle aurait dû courir ou faire du vélo pour ne pas être verba­li­sée. C’était sa 1ère sortie Hors course depuis dimanche. Alors, FAKE NEW?

— 06SYPHE (@syphe06) March 20, 2020

Parce que même à 78 ans, l’exer­cice, pour­tant indis­pen­sable, doit se faire d’une traite. On ne sait jamais.

La presse ? celle qui suit les manifs ? ah non ! (foutu crayon de papier)

Ce matin, le télé­phone sonne. Ô joie ! Une commande pour un maga­zine. Ce genre d’ap­pel est devenu, à l’ins­tar du pango­lin, une espèce en voie de dispa­ri­tion… J’en­fourche mon vélo et rejoins les abords de l’hô­pi­tal Saint-Antoine à Paris pour photo­gra­phier une char­mante épidé­mio­lo­giste.

[…]

Moi : Oui, mais la carte de presse suffit vous savez….

Lui : J’m’en fous, je veux l’at­tes­ta­tion et votre pièce d’iden­tité

Moi, en bon petit soldat (et oui, on est en guerre qu’il a dit le chef) j’ai prévu l’at­tes­ta­tion déro­ga­toire ET une lettre de mission du jour­nal.

Moi : Voici l’at­tes­ta­tion.

[…]

Lui : Ah les jour­na­lis­tes… Vous faites quoi là d’ailleurs ?

Je lui explique et ajoute, avec toute ma compas­sion, que c’est compliqué pour tous ceux qui doivent conti­nuer à faire leur travail dans ces condi­tions.

Lui : Ouais, comme quand vous venez faire des photos en manif, hein, ça vous savez faire, surtout pour faire des photos des poli­ciers.

[…]

Lui : Je vais vous verba­li­ser
Moi : Pardon ? Et pour quel motif ?
Lui : La date, sur votre attes­ta­tion déro­ga­toire est écrite au crayon de papier
Moi : Monsieur, la carte de presse suffit à justi­fier mon dépla­ce­ment comme je vous l’ai déjà indiqué, l’at­tes­ta­tion est simple­ment acces­soire, je l’ai impri­mée car on me l’a déjà deman­dée lors de contrôle et que cela accé­lère le proces­sus.

Seb Lelan, Face­book, 30 mars 2020

Aller, sur demande des pompiers, récu­pé­rer quelqu’un ayant eu un acci­dent n’est pas un motif valable

Qu’elle rentre à pied après son acci­dent ! (et en courant, parce que sinon ils alignent aussi, mais moins de 1 km parce que sinon…)

Ce jeudi encore, il était aux alen­tours de 14 heures lorsque, circu­lant sur l’au­to­route A86 à hauteur d’Al­fort­ville (Val-de-Marne), Lena, 19 ans, percute un autre véhi­cule. Le sien est réduit à l’état d’épave. Elle n’est que légè­re­ment bles­sée. « Les pompiers m’ont dit d’ap­pe­ler un proche pour qu’il vienne me cher­cher, raconte la jeune femme. J’ai télé­phoné à mon copain, qui est venu avec son frère. »
Les deux jeunes prennent soin de se munir au préa­lable de leur attes­ta­tion. Pas suffi­sant aux yeux des poli­ciers, qui sont arri­vés entre-temps sur le lieu de l’ac­ci­dent. « Les CRS leur ont demandé ce qu’ils faisaient là. Leurs expli­ca­tions n’ont pas suffi. Ils ont écopé chacun de 135 € », soupire Lena, dépi­tée. Elle-même rentrait de son travail. Léna est hôtesse de caisse dans un super­mar­ché Leclerc.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Gérer les animaux, mais pas donner à boire aux chevaux

Au Pouli­guen (Côtes-d’Ar­mor), une adoles­cente de 16 ans a été verba­li­sée jeudi alors qu’elle trans­por­tait, selon sa mère, plusieurs bidons d’eau pour abreu­ver ses chevaux, situés à 500 m de chez elle. « Les fonc­tion­naires, dans une voiture bleue, lui ont expliqué que ce n’était pas vital », a dénoncé la maman dans Ouest-France, avant que les poli­ciers de La Baule démentent ce mardi soir toute verba­li­sa­tion. « Qui, alors, l’a verba­lisé ? » inter­ro­geait en retour le quoti­dien.

Le Pari­sien « Confi­ne­ment : ces PV contes­tés par les Français », 24 mars 2020

Au pire on vous donnera un motif d’al­ler à l’hô­pi­tal

il est dans les envi­rons de 16 h lorsqu’elle sort faire des courses près de son domi­cile à Auber­vil­liers (Seine-Saint-Denis). […] Sur le chemin du retour, alors qu’elle ne se trouve plus qu’à quelques mètres de chez elle, une patrouille de police décide de contrô­ler son attes­ta­tion de déro­ga­tion de sortie, dans le cadre du confi­ne­ment lié à la propa­ga­tion du coro­na­vi­rus Covid-19.

A la suite de ce contrôle musclé, la jeune femme se voit pres­crire cinq jours d’in­ca­pa­cité tempo­raire totale (ITT).

« Coro­na­vi­rus en Seine-Saint-Denis. Elle est tasée et frap­pée pour ne pas avoir montré son attes­ta­tion », 24 mars 2020

Reve­nir avec les courses c’est sortir pour un bon motif. Tout ce qu’on peut repro­cher c’est un défaut de papier. Même s’il y avait alter­ca­tion, cinq jours d’ITT est-ce bien raison­nable comme propor­tion pour une sortie moti­vée mais poten­tiel­le­ment un défaut admi­nis­tra­tif ?

Oh, c’est la Seine Saint Denis, elle est noire et voilée. Oui je le précise parce que c’est loin d’être neutre dans les expli­ca­tions possibles.

Non, on ne rigole pas

allo @Place_Beau­vau – c’est pour un signa­le­ment – 903

Yassin: « Ils m’ont même pas demandé l’at­tes­ta­tion. Ils m’ont sauté dessus direct. Ils criaient « on va vous apprendre à respec­ter le #confi­ne­ment » »

5j ITT

Les Ulis, 23/3/2020. Source: https://t.co/w6gPIi1Glt @s_assbague pic.twit­ter.com/v3hnIRwFmT

— David Dufresne (@dav­duf) March 26, 2020

Même durée mais il ne s’agit pas du même cas qu’au-dessus. Je n’ai mis que ces deux là car les autres vidéos soit ne sont pas datables faci­le­ment soit on ne sait pas si ça parle d’at­tes­ta­tion de sortie, mais il y a d’autres cas qui tournent

Vrai­ment… c’est dange­reux

Sur sa route, Sofiane aperçoit des poli­ciers. « Pris de panique » parce qu’il a oublié son attes­ta­tion, il rebrousse chemin & se met à courir. Les agents se lancent à sa pour­suite & finissent par le rattra­per. La suite est sur la vidéo. « Ils l’ont défoncé » raconte un témoin. 2/

— Sihame Assbague (@s_assbague) March 26, 2020

Vous êtes nombreux à deman­der des nouvelles de Sofiane. « C’est diffi­cile pour lui. On lui a donné 4 jours d’ITT…­mais c’est surtout le trau­ma­tisme psycho­lo­gique qui m’inquiète. Il revit la scène sans arrêt » répond sa maman.
Je vous tiens au courant dès qu’il y a du nouveau 6/6

— Sihame Assbague (@s_assbague) March 26, 2020

L’his­toire est aussi racon­tée illus­trée. Je ne reco­pie pas tout ici et je vous laisse suivre le lien :

Le 24/03 #Sofiane a oublié son #attes­ta­tion pour aller à son boulot. Il le paiera cher, ses séquelles seront plus lourdes que s’il avait eu le #COVID19. Lisez l’his­toire dans ce thread.#violen­ces­po­li­cières #confi­ne­ment@dav­duf @s_assbague @AmalBen­tounsi @UNPA75 @lave­ri­te­pra­dama pic.twit­ter.com/TiAmVz8vXG

— Reme­dium (@Reme­diumTi­mo­ris) March 30, 2020

Ne cour­rez pas (enfin si, mais pas ici)

Besoin d’en parler : je viens d’être témoin de ma première violence poli­cière (gendar­mière en fait) et ça fait vrai­ment bizar­re… 🥺

Un groupe de gendarmes contrô­laient les gens qui marchaient dans ma rue sous mon balcon, tout se passait « norma­le­ment ».

Plus grand monde dans la rue, ils repartent dans le four­gon, font 50 m et sortent le méga­phone pour crier à un type qui marchait dans l’autre sens sur le trot­toir opposé : « gendar­me­rie natio­nale, arré­tez-vous, présen­tez votre attes­ta­tion ».

Le gars hésite un instant, hausse les épaules et se mets à marcher plus vite. 5 gendarmes sortent du four­gon en courant, il se mets alors à courir, mais pas très vite.

L’un deux arrive vite à son niveau et le projette très violem­ment contre la vitre d’un restau­rant, à tel point que la vitre se casse. Le gars est par terre, ne bouge pas, ne se débat pas, ils se jettent sur lui à 4 avec une grande violence pour le mettre face contre terre. (Objec­ti­ve­ment, je crois que c’est cette partie qui m’a le plus choqué car certains gestes me parais­saient vrai­ment gratuits, pire qu’au cinéma et le gars avait vrai­ment l’air « normal » et ne protes­tait pas, ne se débat­tait pas.)

Il ne bouge plus, il est blessé, il leur dit dit qu’il n’avait juste pas d’at­tes­ta­tion et pas envie de payer 135€. Ils s’éloignent de lui, appelent le samu qui après l’avoir examiné sors le bran­card, lui mets une minerve, lui déchire le jean pour lui mettre bandages et immo­bi­li­sa­tion aux jambes.

Et en route pour l’hô­pi­tal sur un bran­card. Voilà.

Au-delà de la dispro­por­tion de la violence de l’ar­res­ta­tion qui m’a enfin fait voir ce qu’on a entendu dans les mani­fes­ta­tions de ces deux dernières années, je suis choqué de voir qu’une ambu­lance et des services hospi­ta­liers soient mobi­li­sés pour ça en ce moment…
Et la vitre du restau­rant va coûter plus que 135€.

Cyril R., message Face­book du 22 mars 2020

Toujours les mêmes ciblés

On y voit Rama­tou­laye, 19 ans, entou­rée de six poli­ciers, avec un chariot de courses pas loin. Elle raconte qu’elle allait “faire les courses pour [son] enfant de 7 mois, accom­pa­gnée de [son] petit frère ». « Je marquais un arrêt parce que mon caddie était lourd »,

[…]

On y entend Rama­tou­laye crier, dans un mouve­ment de recul, provoqué selon elle par « un coup de taser ». Elle est ensuite mise à terre.

La vidéo cesse sans que l’on puisse consta­ter ce qu’il s’est produit par la suite. Elle raconte avoir été “jetée dans le four­gon”. À partir de là, “ça a été encore pire”, soupire Rama­tou­laye. « En pleurs », elle aurait été « giflée plusieurs fois » et un poli­cier aurait tenu des propos racistes.

[…]

Sur le certi­fi­cat d’in­ca­pa­cité émis par les services d’ur­gences médico-chirur­gi­cales qui nous a été trans­mis, cinq jours d’in­ter­rup­tion de travail

[…]

une plainte pour « violences volon­taires ayant entraîné une ITT infé­rieure à dix jours, en réunion, avec arme, par personnes dépo­si­taires de l’au­to­rité publique, et violence en présence d’un mineur de moins de 15 ans ».

France Inter, « Confi­ne­ment : plusieurs personnes affirment avoir été bruta­li­sées et insul­tées lors de contrôles de police », 5 avril 2020

Auber­vil­liers quar­tier de la mala , bavure contre une adoles­cente voilée. Au alen­tour de 16 heures @Poli­ceNa­tio­nale , parta­ger partout et iden­ti­fier svp , si c’était votre soeur vous auriez réagis comment ! pic.twit­ter.com/h4R7gSqJLg

— J’SUIS CHAUVE 🇩🇿🇹🇳 (@nader2Binks) March 19, 2020

L’im­por­tant c’est le papier

Parce qu’on n’est pas la France pour rien. Que le motif soit bon, s’il n’y a qu’un seul papier le prou­vant sans ambi­guité et pas en plus une auto-attes­ta­tion, mieux vaut mettre 2x 135€. D’au­tant plus aux soignants qui se déplacent vu les condi­tions d’exer­cice en ce moment…

En colère, Chris­tophe Blon­del, secré­taire du syndi­cat CGT au sein du centre hospi­ta­lier Béthune-Beuvry : «  Deux collègues ont été verba­li­sés ce matin. Une patrouille de police les a contrô­lés. Ils avaient leur justi­fi­ca­tif de dépla­ce­ment profes­sion­nel, mais avaient oublié de remplir l’at­tes­ta­tion de dépla­ce­ment déro­ga­toire ! C’est ridi­cule ! Ils avaient leur justi­fi­ca­tif d’em­ployeur pour la santé ! » L’in­fir­mière et le person­nel soignant ont donc reçu une amende de 135 euros.

L’ave­nir de l’Ar­tois, « Béthune : deux person­nels soignants verba­li­sés pour leur attes­ta­tion de dépla­ce­ment », 19 mars 2020

Vrai­ment… il faut ce papier

Et ce n’est pas une excep­tion, il y a d’autres témoi­gnages simi­laires.

Une jeune cais­sière du Géant Casino de Toga à Bastia a été verba­li­sée hier .Elle avait bien ses deux attes­ta­tions mais son attes­ta­tion déro­ga­toire était datée de la veille…😡😡 Jusqu’où ils comptent aller ?

— Marie-jo Luciani (@mariejo_luciani) March 20, 2020

Et imprimé s’il vous plaît

Je sors pour faire des courses et je me fais arrê­ter pour le certi­fi­cat, vu que je n’ai pas d’im­pri­mante à la maison, je l’ai faite en manus­crit et le poli­cier me dit non ce n’est pas valable : 135€ ?? Je lui ai dit il faut qu’on aille tous s’ache­ter des impri­mantes ???

— Maka­rov 🇰🇲🇰🇲 (@Mouuh_) March 25, 2020

Et là il me sort qu’il y a des taxi­phones qui vendent des attes­ta­tions ? Quelle folie !!
Ça change quoi qu’elle soit manus­crite ?? C’est vrai que ce n’est pas valable ?

— Maka­rov 🇰🇲🇰🇲 (@Mouuh_) March 25, 2020

Et l’at­tes­ta­tion pour aller au taxi­phone alors ? On ne me reti­rera pas faci­le­ment de l’es­prit que cette situa­tion n’au­rait jamais eu lieu dans un beau quar­tier (d’au­tant que les taxi­phones n’y sont pas légion).

Faut dire qu’à la main il ne faut rien oublier

Fais gaffe j’ai été verba­li­sée par un flic visi­ble­ment trop zélé au motif que je n’avais pas reco­pié tous les motifs de sortie (alors que toutes les autres infos étaient bien sur l’at­tes­ta­tion). Et toujours pas de réponse de @Place_Beau­vau pour savoir comment on peut contes­ter 🙄

— Marie Nouméa (@Marie_Noumea) March 25, 2020

Ce qui est non seule­ment idiot, inutile, mais aussi contraire aux instruc­tions offi­cielles qui disent qu’on peut se conten­ter de la ligne utile.

Reco­piez tout on vous dit !

Bonjour @pref­po­lice @gou­ver­ne­mentFR @Place_Beau­vau, je viens d’être verba­lisé car je n’avais pas reco­pié TOUS les motifs sur mon attes­ta­tion de dépla­ce­ment sur papier libre, en plus de celui de ma sortie. Confir­mez-vous qu’il s’agit d’un motif valable ? #Covid_19

— Romain Pige­nel (@Romain_Pige­nel) March 30, 2020

Pas même la date de nais­sance

L’his­toire qui suit est relayée par un jour­na­liste profes­sion­nel qui dit avoir fait les véri­fi­ca­tions néces­saires.

H. travaille pour Santé Publique France dans le 94. En mission #COVID19, il peut être appelé à n’im­porte quelle heure. Un lais­sez-passer lui a été déli­vré par employeur pour rejoindre le centre à n’im­porte quelle heure. Jeudi soir, H. est appelé en urgence dans la nuit.

Au moment de quit­ter son domi­cile en voiture, une patrouille le klaxonne. Contrôle. « Rien ne te dérange ? Tu fous quoi dehors ? » lui lance un poli­cier avant de lui deman­der son attes­ta­tion. H. lui présente donc son attes­ta­tion et le lais­sez-passer de son employeur

Le poli­cier regarde le lais­sez-passer avant de lui jeter à travers la fenêtre. Dans l’ur­gence, H. a oublié de mettre son année de nais­sance sur l’at­tes­ta­tion mais celle-ci était inscrite sur l’autre doc. Le poli­cier lui lance : « t’es con, t’as pas mis ton année de nais­sance »

« Il l’a même pas regardé mon lais­sez-passer » me dira H, hier soir au télé­phone, encore sous le choc.

Il était alors à peine plus de minuit, bascu­lant donc à vendredi. Le poli­cier pour­suit : « ton attes­ta­tion est pas bonne, elle date d’hier ». Il décide de le verba­li­ser. La voiture de police bloque la voiture de H. sur sa place de parking.

Le poli­cier devient alors viru­lent : « main­te­nant bouge, casse toi ! ». H. lui indique que la voiture bloque la sienne et fait preuve, de son propre aveu, de mauvaise foi. 15 mn plus tard, le poli­cier revient vers lui.

« Tu n’as plus que 5 pts sur ton permis ». H. en a pour­tant 12. Le poli­cier lui dit : « non tu en as 5. Tu viens d’en perdre 7 pour usage du télé­phone au volant » et relève deux autres « infrac­tions ». H. était garé sur son parking, à l’ar­rêt.

H. conteste. Réponse : « ça sera ta parole contre la notre ». Sentant les choses mal tour­ner, le jeune homme sort son télé­phone pour tenter de filmer ou enre­gis­trer ce qu’il peut, sur snap­chat. Un autre véhi­cule est contrôlé à quelques mètres.

Le troi­sième poli­cier s’ap­proche de la fenêtre de H. « Il surveillait ce que je faisais avec mon télé­phone. J’ai eu peur que ça tourne mal donc j’ai lâché mon télé­phone » me raconte ce jeune habi­tant d’Aul­nay.

« Oh sale arabe, main­te­nant tu dégages ou je t’em­barque ». Les insultes racistes fusent. H. s’exé­cute. « Ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient de moi. J’étais leur pute » pour­suit H. Arrivé sur son lieu de travail, il en fait part à Santé Publique France.

L’Agence natio­nale contes­tera l’amende de 135€. H. a déposé une pré plainte en ligne et va saisir l’IGPN.

« Je me suis dis… ça existe encore ça en France ? » conclura H au télé­phone. Et oui, malheu­reu­se­ment ça existe encore. Et c’est drama­tique.

Relayé par Brice Ivano­vic, le 28 mars 2020

La victime a depuis témoi­gné en vidéo :

Vidéo complète du témoi­gnage :https://t.co/cslV­wahHIo

— Cerveaux non dispo­nibles (@Cer­veauxNon) March 29, 2020

Et aussi retracé sur le Bondy­blog le 2 avril 2020.

Et ne grou­pez pas les motifs

En venant consul­ter sa psychiatre, un patient au RSA écope d’une amende de 135 euros pour avoir « mal rempli » son attes­ta­tion de sortie. Témoi­gnage circons­tan­cié du méde­cin qui dénonce une police auto­ri­taire.

[…] Je me présente à l’agent, lui expliquant que je suis le méde­cin avec qui le jeune homme verba­lisé avait rendez-vous, souhai­tant ainsi attes­ter de sa bonne foi. Elle me répond : « Non mais vous avez vu comment elle est remplie son attes­ta­tion ? » Elle est manus­crite, et mon patient, par égare­ment, avait coché deux cases, la raison de santé et l’exer­cice physique. Je recon­nais tout cela et c’est le motif de ma présence, clari­fier et justi­fier le dépla­ce­ment, c’est-à-dire l’objet de l’at­tes­ta­tion. L’agent n’en a cure : « Si tout le monde commence à faire comme ça ! C’est bon, il suffit de cocher une case. » J’avais prévenu mon patient (« nous ferons profil bas de toute façon ») et j’ex­plique à l’agent qu’il s’agit d’un patient qui vient consul­ter un psychiatre, il est donc dans un moment de fragi­lité et il lui a été compliqué de remplir l’at­tes­ta­tion. Elle me rétorque : « Vous êtes en train de dire que les gens comme ça, qui vont voir un psychiatre, ne sont pas capables de remplir cette feuille ! »

Libé­ra­tion, « La poli­cière, l’at­tes­ta­tion, et « les gens comme ça »  », 30 mars 2020

Bon, ça dépend évidem­ment de qui vous êtes

La seule personne noire passant par là à ce moment là s’est faite contrô­ler.

— Florian Judith (@Flo­rianJu­dith) March 27, 2020

On le voyait déjà venir les premiers jours. Quand les mêmes jour­naux montraient des quais de Seine intra-muros en prome­nade tranquille mais annonçaient en même temps fière­ment que 10% des amendes venaient de Seine Saint Denis, on voyait bien que la réac­tion des forces de l’ordre n’était pas la même partout.

Plus il y a d’ar­bi­traire, plus les biais habi­tuels tendent à ressor­tir.

Le thème du racisme et du focus sur des « jeunes de banlieue » ressort d’ailleurs bien sur certains témoi­gnages, surtout les plus violents.


Les SDF aussi

L’his­toire des SDF est plus complexe. Je préfère que vous lisiez l’enquête de CheckNews au complet plutôt que de faire des cita­tions diffi­ciles à comprendre.

Dans les faits, ont été verba­li­sés :

  • Des familles « ne parlent pas forcé­ment la langue » trim­ba­lées d’hô­tels sociaux en hôtels sociaux tous les trois à quatre jours par le SAMU social, verba­li­sées en se déplaçant d’un lieu à l’autre.
  • Six personnes dans diffé­rents arron­dis­se­ments de la métro­pôle lyon­naise, qui se sont décla­rées SDF sur le PV mais dont la police pense qu’ils ne le sont pas. « Nous connais­sons les SDF de nos arron­dis­se­ments »
  • Au moins 1 SDF à Bayonne et 3 SDF atten­dant de se doucher devant l’ac­cueil de jour, tous quatre recon­nus comme tels mais verba­li­sés sous prétexte d’at­ti­tude viru­lente en réac­tion au contrôle d’at­tes­ta­tion.

Je ne sais pas vous mais moi une famille que le SAMU social change deux fois d’hé­ber­ge­ment d’ur­gence, j’ap­pelle bien ça des sans domi­cile fixe. Et au moins mora­le­ment, les verba­li­ser quand ils se déplacent pour joindre leur loge­ment suivant…

Quand aux autres SDF, si je prends au mot les décla­ra­tions offi­cielles de la police, ils connaissent parfai­te­ment les SDF de leurs loca­lité mais… en contrôlent quand même les attes­ta­tion (puisque c’est lors des contrôles qu’il y a eu atti­tude agres­sive).

Au mieux (ou au pire, suivant), nos forces de l’ordre détournent arbi­trai­re­ment l’amende pour défaut d’at­tes­ta­tion pour sanc­tion­ner une atti­tude viru­lente. On est bel et bien en plein dans les « PV arbi­traires ou abusifs, mora­le­ment ou léga­le­ment » que je liste ici.


Des faux ? Pas impos­sible, mais n’en faisons pas un présup­posé

Il n’est pas impos­sible qu’une partie des témoi­gnages soient montés de toute pièce. J’écarte toute­fois déjà les on-dit et les comptes qui semblent trop frais ou trop anonymes, et pour certain on a même des vidéos.

Il n’est pas non plus impos­sible qu’une partie de ces gens aient été de vraies victimes d’ar­naques par de faux poli­ciers ou faux gendarmes. Pour certains on voit toute­fois des uniformes ou des voitures de fonc­tion dans la vidéo, pour d’autres ça trans­pa­raît dans le témoi­gnage. Atten­tion donc à ne pas y voir une expli­ca­tion trop facile.

❌ Atten­tion aux faux contrôles d’at­tes­ta­tion !

▪️ Ne payez JAMAIS l’amende de 135€ sur place ;
▪️ Les agents de la @Gen­dar­me­rie et de la @Poli­ceNa­tio­nale dressent toujours un procès-verbal papier ou élec­tro­nique ;
▪️ L’amende est envoyée par voie postale.#CORONAVIRUS pic.twit­ter.com/XrxQ3­gaYqC

— Minis­tère de l’In­té­rieur (@Place_Beau­vau) March 25, 2020

Dans tous les cas, ne payez rien sur place et atten­dez l’amende offi­cielle par cour­rier, à payer par des biais offi­ciels (ou à contes­ter le cas échéant).


D’un point de vue légal

Sur propo­si­tion de Me Fran­cis­cot, je relaie aussi l’ap­pel de Me Eolas qui cherche copie des PV reçus.

Bonjour,

Des personnes verba­li­sées dans le cadre de la viola­tion du confi­ne­ment pour­raient-elles me contac­ter par mail, je souhai­te­rais qu’elles m’en­voient une copie de ce qu’elles ont reçu pour maté­ria­li­ser la verba­li­sa­tion. Anony­mat garanti. eolas@­maitre-eolas.fr

— Maitre Eolas (@Maitre_Eolas) April 1, 2020

Hors péri­mètre mais qui mérite d’être mentionné quand même :

Au Royaume Uni aussi

Dozens of people, inclu­ding those consi­de­red vulne­rable by the Govern­ment guide­lines, accu­sed the police of being over­zea­lous with their approach.

[… ] « Serious breaches should attract fines, but news reports of over-enfor­ce­ment by police and public are deter­ring the timid from exer­ci­sing even the limi­ted free­doms they have. »

[…] « This is over­zea­lous enfor­ce­ment and a misrea­ding of the rules. »

[…] Mr Lowman added: « In the cases where offi­cers have chal­len­ged retai­lers and shop­pers in this way, it’s brought confu­sion, distrac­ted retai­lers in the busiest weeks of their lives, and increa­sed the inter­ac­tions between people at a time when the Govern­ment is trying to mini­mise them. »

An ACS spokes­man said about four conve­nience stores repor­ted that they had been « wron­gly » told by coun­cil envi­ron­men­tal health offi­cers to stop selling certain items which they deemed as non-essen­tial.

The Tele­graph, « ‘Over­zea­lous’ police use coro­na­vi­rus powers to charge shop­pers for buying ‘non-essen­tial items’ », 30 mars 2020

La sortie d’hé­li­co­ptère

Déci­dé­ment le délire sécu­ri­taire nantais ne s’ar­range pas. À l’heure où les hôpi­taux font des appels à dons publics, ils ont fait venir un héli­co­ptère de Rennes pour traquer les sortes sans attes­ta­tion. Le coût probable est de plusieurs milliers d’eu­ros.

À la clef, trois personnes verba­li­sées pour une sortie en voiture, avec un scéna­rio qui ressemble à un mauvais film.

Nantes Révol­tée le 20 mars 2020, relayé par David Dufresne, le tout recoupé avec Ouest France.

L’ap­pel à dons

Et puisqu’on parle des appels à dons…

Je suis furieux. Ces gens sont juste­ment char­gés d’or­ga­ni­ser la redis­tri­bu­tion et l’ef­fort collec­tif, de tous en fonc­tion des moyens. En orga­ni­sant un appel aux dons pour un besoin primaire, en tant que ministre de l’ac­tion et des comptes public, il vient juste de démis­sion­ner de sa fonc­tion de base.

Désor­mais l’idée est que les finances viennent de ceux qui se sentent concer­nés plutôt que de ceux qui en ont les moyens. La charité plutôt que l’im­pôt. La fin de la poli­tique publique choi­sie collec­ti­ve­ment par les citoyens et le règne de l’in­di­vi­duel.

Je lance un grand appel à la soli­da­rité natio­nale. Une plate­forme de dons sera mise en ligne pour permettre à tous ceux qui le peuvent, parti­cu­liers ou entre­prises, d’ap­por­ter leur contri­bu­tion à l’ef­fort de soli­da­rité de la nation envers les plus touchés.https://t.co/Eu7QiVKKHC

— Gérald DARMANIN (@GDar­ma­nin) March 30, 2020

Surveillance numé­rique

Le défen­seur des droits se dit, dans un entre­tien à « L’Obs », inquiet de l’uti­li­sa­tion de la géolo­ca­li­sa­tion pour lutter contre la pandé­mie de Covid-19, sans débat parle­men­taire.

Le Monde, « Surveillance numé­rique contre le coro­na­vi­rus : Jacques Toubon s’inquiète de possibles dérives », 30 mars 2020, qui relaie l’Obs, « Jacques Toubon : « Géolo­ca­li­sa­tion, je dis : atten­tion ! »  » du 30 mars 2020 aussi.

La dérive hongroise

Je ne sais pas encore où on va, mais ça n’a pas l’air très tentant.

Hunga­rian Parlia­ment passes bill that gives PM Orbán unli­mi­ted power & proclaims:

– State of emer­gency w/o time limit
– Rule by decree
– Parlia­ment suspen­ded
– No elec­tions
– Sprea­ding fake news + rumors: up to 5 yrs in prison
– Leaving quaran­tine: up to 8 yrs in prison#COVID19 pic.twit­ter.com/5ScZCbF4yv

— Balazs Csekö (@balazsc­seko) March 30, 2020

À propos de l’es­pace de commen­taires qui suit : N’hé­si­tez pas à me donner des liens publics pour que je les intègre. Mes critères sont expli­ci­tés en préam­bule et je ne publie­rai donc pas les témoi­gnages rédi­gés direc­te­ment en commen­taire ici. Si vous jugez votre témoi­gnage essen­tiel au débat public, publiez les quelque part pour m’en donner le lien ou contac­tez un jour­na­liste profes­sion­nel qui saura respec­ter votre anony­mat.

De même, cette page a été citée par David Dufresne et, forcé­ment, les trolls viennent. J’ai le privi­lège d’un espace person­nel. Comme d’ha­bi­tude ici, je ne publie donc que les commen­taires qui me semblent avoir un inté­rêt pour mes lecteurs. Si je ne publie pas vos opinions ou remarques, vous avez la liberté de les publier ailleurs.

❌