FreshRSS

🔒
❌ About FreshRSS
There are new available articles, click to refresh the page.
Today — June 2nd 202006 - News : "IRL"

«Faites entrer l'accusé», une certaine idée du fait divers

Voilà vingt ans que «FELA» retrace les grandes affaires criminelles françaises. Son producteur Christian Gerin et son réalisateur Bernard Faroux reviennent sur les fondements de l'émission.

Temps de lecture: 7 min

Cet article est publié à l'occasion d'un partenariat Slate x Binge Audio pour les 20 ans de «Faites entrer l'accusé». Retrouvez quatre épisodes de Programme B consacrés à l'émission culte de faits divers de France 2 en vous abonnant ici, et rendez-vous à la fin de l'article pour les écouter en avant-première.

Le dimanche soir, sur nos canapés, nous étions entre 1,5 et 2 millions devant notre télé à nous faire peur. Avant d'aborder la réalité du lundi, une réalité simple et prosaïque (se lever pour aller travailler), nous faisions place à un grand frisson: l'émission de faits divers «Faites entrer l'accusé», diffusée sur France 2.

Certain·es préféraient ne pas la regarder seul·es, d'autres vérifiaient par la suite que leur porte était bien fermée, le sommeil peinant à arriver. C'était une époque où le replay n'existait pas, où nous ne pouvions décider du moment opportun pour rattraper une émission.

Il y avait ainsi un avant et un après «Faites entrer l'accusé» dans notre emploi du temps, tout comme il y aura un avant et un après «Faites entrer l'accusé» à la télévision française.

Document intemporel

«Christian Gerin me dit qu'il a cette idée: “Le fait divers marche très bien en presse écrite, pourquoi pas le faire à la télé?”», se souvient Bernard Faroux, le réalisateur de «Faites entrer l'accusé» depuis 2000, première année de diffusion.

Son dernier grand frisson à lui, c'est le cinéma de Jean-Pierre Melville –notamment Le Samouraï, «un chef-d'œuvre du cinéma français», assure-t-il, «sa référence» avec la série Les Soprano.

Mais avant de s'inspirer de la chambre d'Alain Delon dans le Samouraï, il pense d'abord à Deux hommes dans Manhattan, sorti en 1958, où les protagonistes se baladent en bagnole à travers la ville.

L'idée de raconter le fait divers en mouvement ne tiendra pas longtemps. Un loft d'architecte est vite découvert à Ivry, en banlieue parisienne, et deviendra le décor emblématique de l'émission. Avec l'énorme radiateur à la peinture écaillée («Je n'ai jamais voulu qu'on le repeigne», précise Bernard Faroux), la verrière longeant une allée d'anciens ateliers, toujours filmée de nuit, et la veste en cuir négligemment posée sur le canapé.

Ce dernier détail est une idée de Christophe Hondelatte, le premier présentateur de l'émission. «C'était génial et brillant. L'imper à la Melville était trop codifié. La veste en cuir, ça m'a rappelé de suite Jean Gabin dans Le jour se lève. C'est marqué années 1950, mais le porter aujourd'hui, c'est pas ringard», précise le réalisateur.

Bernard Faroux s'éloigne volontairement des plateaux télé avec table triangulaire et public. Il veut raconter en paix. «On traîne un boulet à la télévision française, c'est le public. Pendant le confinement, on mettait même une poupée gonflable pour qu'il y ait une présence! Pfff. Donc [à «Faites entrer l'accusé»], surtout pas de public.»

L'idée, c'est de créer un document intemporel, à l'image du crime, qui ne connaît ni siècle ni saison.

Niveau décor, le mobilier des années 1940 et 1950 «vieillit moins», explique Faroux. «Ce sont les codes du polar, du 36 quai des Orfèvres.» Quand le public connaît l'univers, son regard se perd moins à l'arrière-plan; il se concentre sur le propos. Le réalisateur veut que ce soit réfléchi. «Dans Le Samouraï ou Le Cercle rouge, il y a une retenue. C'est pas hystérique. C'est pas bavard.» Il cite son ami marseillais, qui un jour lui a dit: «Bernard, faut pas mettre les sabots. Faut mettre les tongs.»

De l'écrit à l'écran

«Est melvillien ce qui se conte dans la nuit, dans le bleu de la nuit, entre hommes de loi et hommes de désordre, à coups de regards et de gestes, de trahisons et d'amitiés données sans paroles, dans un luxe glacé qui n'exclut pas la tendresse, ou dans un anonymat grisâtre qui ne rejette pas la poésie.»

Philippe Labro, Le cinéma selon Melville, 1996

*

Le fait divers est d'abord littéraire. En décembre 1954, Maurice Merleau-Ponty écrivait: «Le fait divers est plus vrai parce qu'il blesse et qu'il n'est pas beau. Ils ne se rejoignent que chez les plus grands, qui trouvent [...] la poésie du vrai.»

Guy de Maupassant, André Gide, Jean Giono, Emmanuel Carrère, Philippe Jaenada, Laurence Lacour... la liste des écrivain·es et journalistes français·es ayant façonné le genre au cours de l'histoire contemporaine est forcément longue.

«L'écriture doit beaucoup à Hondelatte, qui vient de la radio, mais [Dominique] Rizet, Fred [Lantieri] et moi, on vient de l'écrit, c'est vrai», convient Christian Gerin.

Après avoir été journaliste au Quotidien de Paris, où il fera embaucher Frédérique Lantieri, la deuxième présentatrice de «Faites entrer l'accusé» (entre 2010 et 2020), Christian Gerin a été rédacteur en chef au Matin de Paris, puis directeur des informations à France Soir.

En 1992, il monte une agence de presse audiovisuelle, 17 juin Média. C'est ainsi qu'il deviendra le producteur de «Faites entrer l'accusé» en 2000. «Mais la référence, c'est le roman noir, indique-t-il au téléphone. Car le fait divers, qu'est-ce que c'est d'autre qu'une nouvelle?»

Juste les faits

«Dans cinquante ans [...], quand on verra tous mes films en trois jours, il faut que l'on se dise que le premier de ces films et le dernier ont incontestablement quelque chose en commun, soit au niveau du langage, soit au niveau du propos, et qu'à travers des histoires inventées, l'on retrouve toujours le même auteur, toujours le même bonhomme, avec toujours les mêmes couleurs sur sa palette. Il est essentiel que le dernier film ressemble au premier, absolument... Le créateur idéal est celui qui a forgé une œuvre exemplaire, une œuvre qui sert d'exemple. Non pas d'exemple de vertu ou seulement de qualité, non pas dans le sens où l'on dit quelqu'un exemplaire parce que tout ce qu'il fait est admirable, mais dans ce sens où ce qui est exemplaire pour un créateur, c'est que tout ce qu'il a conçu soit condensable en dix lignes de vingt-cinq mots chacune, qui suffisent à expliquer ce qu'il a fait et ce qu'il était.»

Jean-Pierre Melville

*

«Aujourd'hui, on essaie de rentrer dans la tête des gens. Après, je vais dire un gros mot, mais après on frôle la pornographie, quoi.» Bernard Faroux n'aime ni Grégory, la série documentaire de Netflix, ni les reconstitutions bon marché qui emplissent le vide des nouvelles émissions criminelles: «Ils en font des caisses. La référence, ce sont les documentaires true crime américains: c'est crapoteux, ça empêche aux gens de faire le film dans leur tête. Nous, on suggérait. Je militais pour les subjectifs des actions, des points de vue différents.» Et d'ajouter: «Ce n'est pas un show. Il faut savoir rester sur le pas de la porte.»

Christian Gerin confirme: «On s'est interdit de faire des reconstitutions.» Bernard Faroux se rappelle Christophe Hondelatte martelant: «Moi, je suis journaliste, je ne veux pas refaire l'histoire!» «Et il avait raison, appuie le réalisateur de “Faites entrer l'accusé”. Dans tous les faits divers, il y a des parts d'ombre. On ne peut pas tout donner. C'est au spectateur de choisir qui il veut croire ou ne pas croire.»

Au bout du fil, Bernard Faroux insiste: «C'est une manière de raconter les choses. L'erreur, c'est de chercher à savoir si [untel est] coupable, pas coupable. Non: juste les faits, et les gens se font leur opinion.» La temporalité est cruciale: six mois de préparation par épisode, des affaires traitées uniquement une fois jugées.

Le réalisateur a un souvenir très clair en tête. Pour l'épisode sur Patrick Dils, sa mère, madame Dils, est interviewée chez elle. «Quand j'ai vu les images, j'étais furieux. Derrière elle, il y a un buffet Henri III, avec des bibelots dessus. C'est un univers dont on pourrait se moquer, là où elle vit… Qui me dit que madame Dils aime son buffet Henri III? Peut-être qu'elle l'a parce que c'était à la mode, je ne sais pas. Ce que je veux dire, c'est que le buffet, il me raconte une histoire, et je perds le fil de ce qu'elle raconte. Ce qu'elle a à me dire, ça me suffit pour la comprendre.»

Format ad hoc

Bernard Faroux y tient: «Chacun a sa place.» Hors de question de laisser des juges s'asseoir dans le même fauteuil que celui de la mère d'une victime pour l'interview. De même, lors des entretiens avec les flics, cela se passe à un bureau, face au présentateur Christophe Hondelatte: «Ce n'était pas un interrogatoire, mais dans l'esprit des gens, inconsciemment, cela rappelait cette ambiance.»

«L'émission a très peu évolué, admet le producteur Christian Gerin. La structure, la mécanique n'ont jamais bougé. Ce qui a bougé, c'est la société autour» –les progrès de la police technique et scientifique en témoignent.

En vingt ans, les données de téléphonie mobile, la recherche ADN, les expertises balistiques ont changé la donne. «Au départ, on était sur des filatures, des écoutes téléphoniques, et on est passé au tout informatique. Les fausses pistes ont été réduites.» «Faites entrer l'accusé» n'a pas cédé aux reconstitutions avec silhouettes pour autant. «Ça nous a permis de nous concentrer sur les expertises psychologiques», avance Christian Gerin.

Le but de l'émission n'est pas de coller à tout prix au format de 90 minutes. «Gerin m'a dit: “On a un contrat de 90 minutes.” J'ai répondu: “Écoute, je vais le monter avec une durée qui me semble idéale, et on verra bien.” On s'est battus, on s'est engueulés, hein! Bon, et selon les épisodes, ça faisait 72, 75 ou 82 minutes… Il fallait que ça maintienne la tension, que ce soit comme un élastique tendu, que les gens ne lâchent pas! C'est resté, relate Bernard Faroux. Si vous regardez Netflix, leurs docs n'ont pas toujours les mêmes durées, ils ne s'emmerdent pas avec un format. Le format, ça tue la télé, c'est la plaie de la télé!»

Il y a évidemment plusieurs façons de traiter le fait divers: la première consiste à s'intéresser aux simples détails du crime, «le sang, le corps, le linge, l'intérieur des maisons et des vies», comme détaillait Merleau-Ponty, pour susciter l'indignation horrifiée; la seconde apporte une révélation sur qui nous sommes.

À la fin de «Faites entrer l'accusé», Christophe Hondelatte quitte le loft d'Ivry, sa veste en cuir sur les épaules, et se retourne une dernière fois, «comme pour vérifier qu'il n'est pas suivi», fait remarquer Bernard Faroux. À moins que cet ultime regard ne cherche à briser le quatrième mur. Car qui sait si nous autres, devant notre écran, sommes aussi innocent·es que nous le prétendons?

Écoutez en avant-première les quatre épisodes inédits de Programme B consacrés par Thomas Rozec et Marion Lefèvre à «Faites entrer l'accusé»:

StopCovid en retard : l’app catalane du même nom massivement téléchargée en France

La publication de l'application StopCovid devait avoir lieu à 12h le 2 juin 2020. L'application est en retard, ce qui occasionne un plan de communication légèrement absurde.

L’application StopCovid devait sortir à midi le 2 juin 2020, pour accompagner le déconfinement. D’après nos constatations et celles de plusieurs internautes sur les réseaux sociaux, l’application n’est toujours pas disponible à 12h40. Entre temps, de nombreux médias, institutions et femmes et hommes politiques avaient planifié leur communication sur le sujet, inondant l’espace médiatique avec l’annonce de la sortie de l’app.

Sur Twitter, des médias comme WeDemain ou la députée Christine Cloarec-Le Nabour avaient visiblement fait une planification automatique de leurs interventions. Le Journal des femmes avait même anticipé la sortie, avec un dossier publié à 10h30 et lié directement depuis la page d’accueil du site. En clair, tout devait être prêt pour l’heure dite.

⏰Il est 12h ! Vous pouvez télécharger 📲 #StopCovid

Pourquoi 🤔
👉Parce que le virus circule toujours
👉Parce qu’il est un outil complémentaire pour combattre sa propagation
👉Parce qu’il nous faut être le + nombreux possible à l’utiliser

➕ d’infos ⤵️https://t.co/TkMUdhLRXz

— Christine Cloarec-Le Nabour (@ChrisCloarec) June 2, 2020

Ce couac, qui est loin d’être le premier pour l’application, a entraîné une vague de téléchargement en France sur iOS pour… l’application catalane du même nom. À 12h45, elle était top 2 des téléchargements sur l’App Store d’Apple sur iPhone en France. Des centaines de Françaises et de Français ont donc téléchargé la mauvaise application.  D’après nos constations, un phénomène similaire ne s’est pas produit sur Android, où le top des applications gratuites est très classique. Au journaliste de RTL Benjamin Hue, le cabinet de Cédric O minimise ce retard et évoque un « petit contretemps ».

L’application StopCovid catalane est Top 2 du classement des téléchargements de l’App Store ce 2 juin 2020 // Source : capture d’écran Numerama

C’est un problème de plus pour StopCovid qui cherche à gagner la confiance des citoyens et n’a fait, jusqu’à présent, que cristalliser les critiques : les questions liées à son utilité réelle, sa pertinence en pratique, son bon fonctionnement en l’absence d’utilisation des outils proposés par Apple et Google, sa compatibilité avec les apps des autres pays européens ou encore, le principe même de son usage dans ce cas de figure sont autant de problèmes individuels qui n’ont pas trouvé de réponse aujourd’hui.

Le racisme étouffe l'Amérique

Depuis le meurtre de George Floyd, les États-Unis ont pris feu. Récit, jour après jour, d'un incendie qui ne s'éteindra pas jusqu'à ce que le pays apprenne à se regarder en face.

Temps de lecture: 20 min

Lundi 25 mai

Ce plan-séquence, filmé sur un téléphone portable, c'est le prologue d'une tragédie en temps réel et d'envergure nationale. Au moment où la vidéo commence, les trois coups du brigadier viennent de frapper le plancher américain.

Pour le contexte de la discorde sur le point d'éclater et un résumé factuel de ce qui s'est passé avant que la caméra se mette à enregistrer, on se reportera à cet article. La transcription intégrale du dialogue et ses didascalies sont à lire ici.

La scène est au Ramble, une partie de Central Park très prisée des ornithologues et des adeptes d'oiseaux. Il y a deux personnages: comme il s'agit d'une tragédie contemporaine, ils portent le même nom, Cooper, mais n'ont aucun lien de parenté.

Elle s'appelle Amy et elle est blanche. Lui, on ne le voit pas. Il reste derrière la caméra durant tout leur échange. On apprendra bientôt qu'il s'appelle Christian et qu'il est noir.

Que se passe-t-il dans la tête d'Amy Cooper au moment où elle prononce, trois fois pour le désigner, les mots «African-American man»?

Ce que ces mots font remonter à la surface, c'est un préjugé vieux comme le Nouveau Monde, solidement enraciné dans l'imaginaire blanc américain: une femme «caucasienne» seule avec un homme noir court un grave danger.

L'incident n'est qu'un remake d'épisodes raciaux qui ont souvent eu, à l'ère de Jim Crow, des conséquences fatales pour l'homme noir qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment (Emmett Till, en 1955), voire pour la communauté à laquelle il appartenait (le massacre de Black Wall Street, à Tulsa en 1921).

Peu importe qu'Amy Cooper, comme elle l'a clamé dans ses excuses, ne soit pas raciste. Ce qu'on entend dans ses paroles, dans cette détresse qu'elle surjoue, c'est qu'elle porte en elle le racisme, comme on est dépositaire d'un héritage, un patrimoine culturel.

Sait-elle ce qu'elle fait, cette femme, derrière ses pleurs de demoiselle en détresse? Criminalise-t-elle consciemment son «agresseur» en activant les préjugés institutionnels de la police dans l'espoir de provoquer une justice expéditive? Espère-t-elle que l'homme qui la filme connaîtra la même fin qu'Ahmaud Arbery, Michael Brown, Trayvon Martin et tant d'Afro-Américains lynchés ou abattus sans sommation, tantôt par les forces de l'ordre, tantôt par des quidams-justiciers?

La question de ses intentions, me semble-t-il, n'est pas pertinente: elle individualise un réflexe collectif, ancré dans une très longue histoire et déclenché en même temps par l'ignorance de cette histoire. Les «Karen», ces femmes blanches aveuglées par le privilège dont Amy Cooper est devenue l'incarnation en soixante-neuf secondes, ne sont de ce point de vue que les avatars 3.0 de ce que James Baldwin appelait les «innocents»: les progressistes blancs d'accord pour envisager le racisme comme un mal extérieur, mais qui ne sauraient remettre en question le bien-fondé de leur propre conduite.

Faire face au mal comme une partie de moi-même? Impensable. Le privilège blanc d'Amy Cooper tient tout entier dans cet angle mort, bloc d'antimatière historique assez dense pour annihiler les facultés rationnelles, les conventions sociales, la morale individuelle et les opinions politiques.

La tragédie s'arrête là pour Christian Cooper, qui le doit en partie à sa présence d'esprit. Mais, douze heures après l'incident de Central Park, George Floyd est interpellé dans une rue de Minneapolis par quatre officiers de la police municipale.

Contrairement à Christian Cooper, la présence d'une caméra (plusieurs, en fait) ne lui sera d'aucun secours.

Mardi 26 mai

Je découvre la vidéo de Minneapolis, devenue virale dans la nuit de lundi à mardi. Son contenu visible, désormais connu dans le monde entier, se passe de commentaire.

Ce qui m'intéresse ici, c'est son contenu latent, sa relation avec la vidéo de Christian Cooper et le fait que la présence de la caméra ne semble nullement altérer le comportement de Derek Chauvin, l'officier qui appuie son genou sur la nuque de la victime.

Si Amy Cooper personnifie le racisme conjugué avec le verbe avoir, Derek Chauvin, lui, nous le donne à voir avec le verbe être. Le policier ne réagit pas: il applique ce qu'il considère être la loi. Il fait son devoir de flic en mettant au supplice, puis à mort, un homme qui aurait utilisé un faux billet de 20 dollars dans une épicerie de quartier.

Pendant d'interminables minutes, avant de perdre connaissance, George Floyd implore. Dans la journée de mardi, au cours des jours suivants, ses derniers mots d'homme à terre deviendront un cri de ralliement et un appel à la compassion –l'extrême faiblesse et l'agonie renversées en mobilisation collective et en puissance de vie.

«Please I can't breathe», une plainte qu'avait déjà émis dans un souffle Eric Garner, un Noir étranglé par un policier blanc après l'avoir plaqué au sol. | Julien Suaudeau

Mais Derek Chauvin, au moment où il empêche George Floyd de respirer, ne sait pas que son nom va devenir encore plus viral que celui d'Amy Cooper. Il n'a aucune idée qu'un tsunami protestataire va soulever les rues américaines d'un côte à l'autre du pays et les réseaux sociaux. Le policier, à ce moment-là, appartient corps et âme à un seul sentiment, une seule sensation: l'impunité et la disproportion de la force.

Son impunité est souveraine. Si elle ne l'avait pas été, la conscience d'être filmé aurait influé sur les actes de Derek Chauvin. Tou·tes les documentaristes savent que la caméra modifie ce qu'elle filme et que n'importe quel tournage est une interaction, pas seulement un enregistrement par l'œil de la ou du cinéaste de la personne qui se sait filmée. Dans ce cas précis, comme d'ailleurs à Central Park, la règle ne s'applique pas: le policier agit et la promeneuse parle comme si la caméra n'était pas là.

Ce phénomène hallucinant met en scène la cohérence organique du racisme américain. Les comportements de Derek Chauvin et d'Amy Cooper sont en fait le pendant l'un de l'autre, les deux visages d'une même maladie mortelle. Le racisme politiquement correct, celui qu'on a et dont on peut se défendre en présentant des excuses, appartient au même système de domination que le racisme de l'être. Le racisme des innocent·es aux mains toujours propres rend possible et institutionnalise l'immunité des racistes qui se rendent coupables d'un usage excessif de la force.

Derek Chauvin a fait ce qu'il a fait, de sang-froid, il ne s'est pas arrêté parce que les préjugés de toutes les Amy Cooper légitiment cette absence de limites, cette toute-puissance dans laquelle les idées de protection et de service de la communauté censées être les piliers de l'action policière n'ont plus aucun sens. Les crimes passés, la domination, la violence et l'injustice se perpétuent grâce à un cercle vicieux, une complicité de fait entre les innocent·es qui ne veulent pas voir et les coupables qui se moquent d'être vus.

Face à ce système, tou·tes les Afro-Américain·es ne sont pas sur un pied d'égalité: tandis que le New-Yorkais à la caméra, calme et conscient des codes, garde le contrôle de son destin, le hustler de Minneapolis crève face contre le goudron en disant «Momma» dans un dernier râle.

Mercredi 27 mai

À Minneapolis, les manifestations ont pris de l'ampleur et ont fait place à des émeutes dans la soirée de mardi, tandis qu'on apprenait le renvoi des quatre officiers ayant participé à l'arrestation de George Floyd.

Mercredi matin, le hashtag #BlackLivesMatter se répand sur Twitter, comme à chaque fois qu'une vidéo de brutalité policière contre un·e Afro-Américain·e est diffusée. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, #AllLivesMatter et #BlueLivesMatter (en référence à l'uniforme bleu des agents de police) se mettent à leur tour à tourner.

Les arguments repris sur les comptes où ces hashtags circulent ont toujours l'apparence du bon sens: toutes les vies méritent d'être protégées, y compris celles des force de police. En réalité, cette évacuation du contexte particulier (la mise à mort d'un homme noir par un policier blanc) et général (la victimisation des minorités par l'État, les groupes suprémacistes blancs et des individus lambda) s'appuie sur les mêmes postulats que les larmes d'Amy Cooper: l'ignorance et le déni de l'histoire.

Cette riposte médiatique est foncièrement obscène: il s'agit, sous couvert de fausse équité, d'un universalisme perverti qui a aussi cours en France, de minimiser la mort de George Floyd, ainsi transformée en fait divers.

Depuis quelques jours, je vois circuler partout des fascicules de comportement à l’usage des Blancs, en réaction à un tragique fait divers aux États-Unis. La totalité des personnes que j’ai vu diffuser ces « manuels » sont Blancs, bourgeois et français. Étrange. https://t.co/DEF13fRFpP

— Hadrien Mathoux (@hadrienmathoux) May 31, 2020

Imagine-t-on que quelqu'un s'incruste dans des funérailles avec le portrait d'une personne disparue et le pose devant la photo de celui ou celle qu'on honore ce jour-là? #AllLivesMatter, de ce point de vue, c'est la version américaine du refrain hexagonal sur le racisme anti-Blanc·hes, cette supercherie intellectuelle consistant à remplacer le constat d'un système de domination qui dure depuis des siècles par l'énumération d'exemples individuels auxquels on donne l'allure inoffensive d'une vérité générale.

Plus tard dans la journée, le hashtag #Icantbreathe prend le relais de #BlackLivesMatter: le calvaire de George Floyd, par cette subjectivation, devient l'expérience collective de l'ensemble des Afro-Américain·es, asphyxié·es dans les vapeurs du racisme invisible dont parlera si bien l'ex-basketteur Kareem Abdul-Jabbar dans une tribune publiée dimanche 31 mai par le Los Angeles Times:

«Le racisme en Amérique est comme la poussière dans l'air. Il semble invisible, même s'il empêche de respirer, jusqu'à ce qu'on laisse entrer le soleil. Alors, on voit qu'il est partout.»

Au même moment, alors qu'il a ignoré la veille ce qui se passait à Minneapolis pour publier une rafale de tweets en défense de sa gestion de la crise sanitaire, Donald Trump réagit à «la très triste et très tragique mort de George Floyd»: justice sera faite, annonce le président, avant de ridiculiser le masque noir affiché par Joe Biden sur le profil de son compte Twitter?

S'il est commode de juger insignifiantes les outrances de Trump, que dire du malaise provoqué le 22 mai par son futur adversaire à l'élection présidentielle pendant une interview avec l'influenceur Charlamagne Tha God?

«Si tu as du mal à décider si tu es pour moi ou pour Trump, dit Biden au moment de prendre congé, t'es pas noir.» Ici encore, on touche à une évidence toxique du progressisme blanc: le vote des Noir·es, par nature, serait acquis au Parti démocrate –comme le vote ouvrier était censé l'être en 2016. Non seulement Biden n'hésite pas à dire à son interlocuteur ce qui est bon pour celui-ci, mais le sous-entendu de sa blague est qu'il s'imagine pouvoir distinguer entre véritables et fausses ou faux Noir·es.

En novembre 2020, comme l'écrit Astead W. Herndon dans le New York Times, ne pas être Trump (et avoir été le vice-président d'Obama) ne suffira pas à conquérir les voix des Afro-Américain·es.

Jeudi 28 mai

Après deux nuits de violences à Minneapolis et alors que la pression s'accentue sur l'institution judiciaire pour que Derek Chauvin et ses collègues soient inculpés, une autre rengaine se fait jour: celle des «tensions raciales» de l'Amérique.

Sur les radios françaises, j'entends l'expression ou une de ses variantes («fractures raciales», «démons raciaux», «frontière raciale») une douzaine de fois en moins d'une heure. Je lis les mêmes mots dans les journaux et sur les réseaux sociaux, en français comme en anglais.

Cette présentation des faits me fait penser à la page Wikipedia sur le massacre de Tulsa, rebaptisée «émeute raciale», comme si les torts avaient été partagés.

Il faut faire un peu attention à ce qu'on dit: quand il y a des tensions, c'est entre deux individus ou deux groupes dont l'un n'a pas nécessairement raison ni l'autre tort. Si les tensions débouchent sur un conflit ouvert, guerre ou bagarre, les deux parties y ont généralement consenti et la violence n'est pas à sens unique. Et, lorsque l'antagonisme est résolu, il y a un vainqueur et un vaincu, plus rarement un match nul; c'est ensuite aux historien·nes (ou aux piliers de comptoir) de démêler les responsabilités et d'analyser le processus qui a produit le nouveau rapport de forces.

Les manifestations et les émeutes déclenchées par la mort de George Floyd ne s'inscrivent pas dans ce schéma: il y a une victime et un bourreau, déjà connus au moment où elles éclatent. Envisager la colère qui embrase l'Amérique comme le symptôme de tensions raciales est une falsification de l'histoire en train de se faire, un contresens qui valide non seulement le storytelling mis en place par Trump et signalé par Twitter pour glorification de la violence, mais aussi le eux-contre-nous des suprémacistes blancs qui sont les plus fervents soutiens du président.

«Quand les pillages commencent, les tirs commencent», tweete Trump en faisant l'apologie de la violence, estime Twitter. | Capture d'écran via Twitter

Oui, il y a parmi les gens qui affrontent la police et la Garde nationale des éléments radicalisés, des casseurs, des pillards –et aussi nombre d'agents provocateurs de la droite alternative. Aucun mouvement social n'est unidimensionnel.

Non, se trouver dans la rue quand ces violences se produisent, se défendre comme on peut contre la charge des forces de l'ordre, ce n'est pas la marque des seul·es anarchistes, de l'extrême gauche, des ennemi·es de l'État, d'une menace pour la société, d'un anti-américanisme primaire.

Et ce n'est pas non plus un cri de vengeance, mais une volonté d'honorer la mémoire de George Floyd, conjuguée à une exigence de justice qui transcende les lignes raciales: l'État de droit doit être respecté en toutes circonstances, quelle que soit la couleur de peau du suspect ou du justiciable.

Il y a là une conséquence indirecte de la pandémie et des mesures de confinement décidées pour enrayer la contagion: le deux poids-deux mesures qui conditionne la perception policière des Noir·es et des Blanc·hes crève désormais les yeux de l'opinion publique. D'un côté, des Blanc·hes veulent retourner chez le coiffeur. De l'autre, les Noir·es voudraient sortir dans la rue sans avoir la peur de mourir chevillée au corps.

Cela ne s'appelle pas une fracture raciale, mais une inégalité qui n'a plus rien de soutenable maintenant qu'elle est exposée au grand jour.

Jeudi soir, deux nouveaux hashtags font leur apparition sur Twitter: #LouisXVI et #Madonna. Au grand désespoir du duc d'Anjou, héritier du trône de France, la main droite de la statue de Louis XVI a été amputée par un manifestant noir à Louisville (Kentucky). Rassuré que la tête du souverain soit toujours sur ses épaules, je découvre la vidéo du fils adoptif de Madonna, originaire du Malawi, qui exécute une danse en hommage à George Floyd.

Je vais me coucher avec un sentiment de gêne comparable à celle ressentie devant la plaisanterie de Joe Biden.

Vendredi 29 mai

Les événements se précipitent au Minnesota.

Au petit matin, peu après 5h, le reporter de CNN Oscar Jimenez et deux membres de son équipe sont arrêtés à Minneapolis avant d'être relâchés une heure plus tard. Jimenez est noir et latino.

À 10h30, le gouverneur de l'état, Tim Walz, donne une conférence de presse qui est un modèle d'appel au calme. Il trouve les mots justes, disant notamment que les renforts déployés pour rétablir l'ordre portent le même uniforme que les bourreaux de George Floyd et qu'il a conscience que leur présence sera difficile à vivre pour les habitant·es de Minneapolis et de Saint-Paul. Il ajoute qu'en tant que Blanc, il n'a aucune idée de ce qu'est l'expérience de redouter la police.

Ce désir d'apaisement n'est pas sur l'agenda de Donald Trump. Dans sa posture caractéristique du «Arrêtez-moi ou je fais un malheur», il s'en prend au maire de Minneapolis et menace de déployer la Garde nationale si celui-ci ne fait pas son boulot.

I can’t stand back & watch this happen to a great American City, Minneapolis. A total lack of leadership. Either the very weak Radical Left Mayor, Jacob Frey, get his act together and bring the City under control, or I will send in the National Guard & get the job done right.....

— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) May 29, 2020

«Ou bien le maire de gauche radicale Jacob Frey remet la ville sous contrôle ou bien j'envoie la Garde nationale pour faire le boulot correctement.»

Léger problème constitutionnel: la Garde nationale est sous l'autorité des gouverneur·es, sauf à Washington D.C. Le déploiement ordonné par le gouverneur Walz n'empêche pas Trump, quelques heures plus tard, de relayer un tweet qui incrimine les principaux élus locaux, tous Démocrates, pour ce qui se passe depuis mardi.

À 12h09, Barack Obama publie un communiqué, dans lequel il écrit que «ça ne devrait pas être normal en 2020 aux États-Unis». Un peu plus tard dans l'après-midi, Joe Biden se fend d'une vidéo sur «la situation au Minnesota et le meurtre de George Floyd».

Mais la partie ne se joue plus seulement dans l'arène politique. À 13h30, l'officier de police Derek Chauvin a été inculpé pour homicide involontaire; ses trois collègues restent libres. Comment analyser cette décision sans conclure que l'institution judiciaire, elle aussi, a intériorisé l'injustice et contribue à la perpétuation du racisme américain?

À l'annonce de la décision, les protestations repartent de plus belle à Minneapolis et l'incendie se propage dans plusieurs grandes villes, Dallas, Houston, Los Angeles, Chicago, New York et à Atlanta notamment, où l'entrée du quartier général de CNN est vandalisée par les manifestant·es.

Le scénario est le même partout: marche pacifique, renforcement du dispositif policier, provocations d'agitateurs et agitatrices, affrontements avec les forces de l'ordre, pillages de magasins, mise à sac de la voie publique.

Pour le fils de Martin Luther King, «le feu couve depuis des générations». Même si les innocents de Baldwin aiment à voir en lui un adepte de la non-violence, une figure antinomique de Malcolm X, n'est-ce pas MLK qui expliquait il y a cinquante-trois ans que l'émeute est le langage de celles et ceux «qui ne sont pas entendu·es»?

“In the final analysis, a riot is the language of the unheard. And what is it that America has failed to hear?” pic.twitter.com/Als3jhxaGH

— The Martin Luther King, Jr. Center (@TheKingCenter) May 28, 2020

Ce n'est pas le problème de Donald Trump: depuis la Maison-Blanche, bunker pris d'assaut, il joue les Néron et appelle à une «MAGA NIGHT» pour samedi soir.

Samedi 30 mai

À Philadelphie, le rassemblement devant City Hall a commencé sur les coups de 11h30. J'arrive sur place vers midi. La police se tient à distance. L'ambiance est calme, les slogans de ces derniers jours s'enchaînent: «Black Lives Matter», «I Can't Breathe», «Not One More».

City Hall, Philadelphie. | Julien Suaudeau

Le cortège se met en route à Philadelphie. | Julien Suaudeau

Dans la foule encore clairsemée, j'aperçois la haute silhouette de Norman Ajari, qui enseigne la philosophie à Villanova, université voisine de la mienne dans la banlieue ouest. Le speaker demande à l'assemblée de s'agenouiller en silence.

Le cortège prend ensuite la direction du Philadelphia Museum of Art, à l'autre bout du Parkway. Norman et moi faisons le chemin ensemble. Je repense à une de ses réflexions, en octobre 2019 dans un débat du Monde Festival, sur la représentation et la perception des corps noirs: ce n'est pas une question d'esthétique, mais de vie ou de mort.

Dans le regard de Derek Chauvin, aux yeux de la police américaine, il y a l'idée que le corps d'un George Floyd ne mérite pas d'être traité à l'égal d'un corps blanc –et peut-être même qu'il est possible de le violenter sans avoir à rendre des comptes.

La police philadelphienne s'y connaît en impunité, elle qui en 1985 a bombardé une maison où vivaient cinq enfants et rasé le pâté de maisons alentour. La population n'a pas oublié.

L'impunité dont jouissent les forces de police est ancrée dans la culture du pays. | Julien Suaudeau

Sur les marches iconiques où Rocky finissait son footing, si la foule reprend les mêmes slogans avec plus de vigueur, la manifestation reste non violente. La majorité des gens ont entre 20 et 30 ans, mais je croise aussi des vétérans du combat pour les droits civiques et quelques enfants.

Philadelphie. | Julien Suaudeau

C'est durant le retour vers le point de départ que les choses vont dégénérer. Dans la chimie complexe et volatile d'une manif, il est toujours difficile d'identifier où, comment et pourquoi la violence surgit. Des facteurs multiples interagissent; établir des liens de causalité est souvent un exercice artificiel –ou biaisé.

Mon impression, dans ce cas précis, est que la transformation de la présence policière, beaucoup plus militarisée qu'au début, s'est combinée à l'irruption de perturbateurs et perturbatrices pour créer une tension inexistante jusque-là. Il n'est pas impossible non plus qu'après deux mois et demi d'un confinement plutôt bien respecté à Philadelphie, certain·es aient eu besoin d'un défouloir.

Il doit être 15h30 ou 16h. Le cortège se retrouve bloqué à quelques centaines de mètres de City Hall. Les gens s'énervent, des insultes fusent. Quelqu'un met le feu à une voiture de police. La suite, une fois franchi ce point de non-retour, est écrite d'avance; elle n'est que la version locale du film qui s'est joué dans toutes les grandes villes américaines ces derniers jours.

Philadelphie souffrant d'un éternel complexe d'infériorité vis-à-vis de New York, Batman en personne fera son apparition au milieu de l'émeute. Un couvre-feu sera décrété un peu avant 20h. En écoutant les hélicos de la police tourner dans le ciel noir jusque vers 1h du matin, je relirai ces lignes de James Baldwin, dans La prochaine fois, le feu: «Le pays des innocents nous installe dans un ghetto où, en fait, il est prévu que nous périssions.»

Je pense à la différence entre le taux d'incarcération des Noir·es et des Blanc·hes aux États-Unis.

Le feu, à Philly et partout en Amérique, c'est maintenant.

Dimanche 31 mai

Vers 9h, je marche jusqu'à l'épicentre des pillages de la veille. Sur Walnut Street, entre la 16e et la 19e rue, toutes les vitrines des magasins (Urban Outfitters, Apple Store, H&M) ont volé en éclats et les façades sont couvertes de graffitis. Un camion de pompiers continue à asperger l'immeuble encore fumant d'une agence Wells Fargo.

Une saine colère agite Philadelphie comme d'autres grandes villes aux États-Unis. Julien Suaudeau

Une étincelle suffit à perturber les manifestations. | Julien Suaudeau

En rentrant chez moi, je repense à la question de Cornel West, vendredi soir sur CNN face à Anderson Cooper: «Je remercie Dieu que les gens soient dans la rue. Vous imaginez si ce type de lynchage avait lieu et si les gens y étaient indifférents?»

Être en colère à cause de ce qui est arrivé à George Floyd, se laisser submerger par cette colère, c'est normal et légitime. C'est l'absence de colère et l'indifférence qui ne le sont pas.

Me revient aussi en mémoire ce thread de Nicole Hannah Jones, reporter au New York Times Magazine et animatrice du podcast 1619: «La destruction me fait souffrir comme tout un chacun. Mais le fait historique est que la contestation non violente n'est pas efficace pour les Noirs américains.»

Si la non-violence du mouvement pour les droits civiques était une stratégie visant à provoquer la brutalité policière et retourner l'opinion blanche, cette stratégie a montré ses limites et n'est plus à l'ordre du jour. Quand la violence de la rue répond à la violence institutionnelle, cela signifie que l'État n'est plus légitime aux yeux de la société et qu'on est entré, sur les différents fronts entre police et manifestant·es, dans un processus insurrectionnel.

Pour en sortir à court terme, il n'y a qu'une seule issue: la justice. Je ne suis pas certain, à ce titre, que le double transfert de Derek Chauvin pour «raisons sanitaires» et le report de sa première comparution au 8 juin envoient le bon message.

Et quand bien même justice serait faite? Même si le crime de l'officier était requalifié en homicide volontaire, si ses collègues étaient inculpés eux aussi pour complicité de meurtre, si tous étaient condamnés, le problème serait-il réglé pour autant?

Rappelons-nous, en mars 1991, le passage à tabac de Rodney King par quatre officiers du LAPD, d'abord acquittés par un tribunal de Californie avant que deux d'entre eux soient condamnés à trente mois de prison par une cour fédérale.

À l'annonce du premier verdict le 29 avril 1992, des émeutes avaient éclaté à Los Angeles puis dans d'autres villes, poussant le chef de la police locale à la démission, entraînant une vague de réformes au sein des forces l'ordre et mettant la pression sur le département de la Justice pour que le procès fédéral ait lieu dans des délais raisonnables. Mais que reste-t-il aujourd'hui de ce soulèvement et de cette décision judiciaire, quand les manifestant·es de 1992 expliquent que rien n'a changé?

Marsha Steinberg, 76, who described herself as a longtime activist, was among those who came out for the rally.https://t.co/ERJQoxR6yn pic.twitter.com/Sah1HhAo4t

— Los Angeles Times (@latimes) May 31, 2020

«Ces gens ne peuvent rien attendre de la justice.»

À long terme, les Noir·es américain·es ne pourront pas respirer tant que les Blanc·hes continueront à ignorer le racisme et à le porter en elles et eux comme Amy Cooper. Pour reprendre les mots de Toni Morrison, «les Blancs ont un très, très sérieux problème et ils devraient commencer à se demander comment ils peuvent le résoudre. Laissez-moi en-dehors de ça».

À l'heure où j'écris ces dernières lignes, je suis partagé entre espoir et pessimisme.

D'un côté, j'ai vu ce dimanche que la police de Camden, voisine de Philadelphie éreintée par la pauvreté et le trafic de drogues, avait marché main dans la main avec les manifestant·es, comme d'autres unités à travers le pays. J'ai vu des visages d'enfants qui sont à la fois notre avenir et la raison pour laquelle il faut se battre contre l'injustice aujourd'hui. J'ai vu qu'à West Philly des manifestant·es avaient protégé des commerces que d'autres manifestant·es s'apprêtaient à piller ou détruire, en leur disant que ce n'était pas le bon chemin.

De l'autre, Donald Trump ne trouve rien de mieux à faire que de classer les Antifas (dont ses supporters pensent qu'ils sont organisés et financés en sous-main par George Soros) au nombre des organisations terroristes. Pour rappel, le KKK n'en fait pas partie.

Est-ce que ce sera «l'Amérique ou Trump», comme Twitter se le demande lundi matin après la diffusion d'une vidéo par le think tank conservateur The Lincoln Project?

Je n'y crois pas une seconde: Trump, comme Derek Chauvin, comme Amy Cooper, n'est que le produit individuel et le symptôme d'un système multiséculaire. L'alternative n'est pas d'ordre politique (si elle l'était, les deux mandats d'un président afro-américain auraient modifié les données du problème); elle est culturelle et historique.

L'Amérique a le choix entre deux versions d'elle-même: la version décrite par un D.H Lawrence («L'âme américaine est dure, solitaire, stoïque: c'est une tueuse»).

Ou celle d'un Childish Gambino, dans laquelle le génocide des Amérindien·nes, l'esclavage et les persécutions contre les minorités ont fait loi et où la domination blanche doit être garantie envers et contre tout; une version nouvelle, dans laquelle le lien entre les violences passées et celles d'aujourd'hui serait mis au jour, compris, assumé.

La continuation de la première version est un suicide, une asphyxie au ralenti. L'avènement de la seconde serait une prise de conscience et l'invention d'un avenir commun.

J'espère de tout mon cœur que la mort de George Floyd sera historique. Cela signifiera, contrairement à toutes les autres morts d'Afro-Américain·es aux mains de la police et de «justiciers» blancs, qu'elle fut le moment où nous aurons ouvert les yeux sur le racisme dont ce pays, en victimisant les Noir·es, crève depuis qu'il est né.

iOS 13.5.1 : Apple corrige déjà la faille liée à un jailbreak historique

Apple a vite déployé la mise à jour iOS 13.5.1, en raison d'une faille dans 13.5 qui permet un jailbreak.

La semaine dernière, le groupe unc0verTeam mettait en ligne un nouveau jailbreak ayant la particularité de fonctionner sous iOS 13.5, version qui venait à peine d’être mise en ligne. Dans la communauté du jailbreaking, il s’agissait d’un « événement majeur », lié à une faille exploitable tout de suite — soit du jamais vu depuis 2014.

Naturellement, Apple n’a pas tardé à réagir et, aujourd’hui, il est possible — et même vivement encouragé — de télécharger et installer iOS 13.5.1. Cette nouvelle déclinaison retire la possibilité à « une application d’exécuter du code avec les privilèges du noyau du système d’exploitation ». Notez que ce correctif vaut aussi pour iPadOS 13.5.1.

Apple iOS 13.5.1 // Source : Capture d’écran

Apple rectifie le tir avec le récent jailbreak historique

Sur l’iPhone, la description d’iOS 13.5.1, qui pèse un peu plus de 400 Mo, précise simplement : «  iOS 13.5.1 apporte d’importantes mises à jour en matière de sécurité. Cette version est recommandée à tous les utilisateurs. » Il faut se rendre sur la page Apple security updates pour comprendre qu’elle s’attaque à la faille permettant au jailbreak de fonctionner sans problème. Le nom ‘unc0ver’ est d’ailleurs clairement mentionné dans la courte note.

En quelque sorte, le jailbreak a permis à Apple de prendre connaissance d’une vulnérabilité logicielle dite ‘jour zéro’ dans iOS 13.5, mise en avant par la prouesse de l’unc0verTeam. En mettant moins d’une semaine à réagir, les ingénieurs de la firme de Cupertino prouvent qu’ils savent y faire quand il est nécessaire de colmater des brèches. Nul doute que les hackers ont aidé Apple dans cette tâche, en rendant la faille publique très vite.

Bien évidemment, celles et ceux qui souhaitent profiter du jailbreak sur leur iPhone doivent rester sous iOS 13.5 (en désactivant les mises à jour automatiques s’il le faut). Pour rappel, le jailbreak offre un accès à des fonctionnalités impossibles dans l’écosystème d’Apple. Cette opportunité n’est pas sans risque.

 

Île de Pâques : la civilisation qui a bâti les moaï ne s’est pas forcément « effondrée » sur elle-même

La thèse d'un effondrement de cette ancienne civilisation bât de l'aile en archéologie. Elle aurait peut-être été plus résiliente que le veut le récit habituel, et ce jusqu'à la colonisation européenne.

Tout le monde connaît les gigantesques statues moaï de l’île de Pâques (Polynésie), placées sur des plateformes cérémonielles appelées ahu ou marae. Ces visages monumentaux, faits de roche volcanique et allant jusqu’à 9 mètres de haut, ont été bâtis entre le XIIIe et le XVe siècle. Il est souvent expliqué que les ancêtres des Rapa Nui, les premiers habitants de l’île de Pâques, ont vu leur civilisation s’effondrer au XVIIe siècle, autour de l’année 1600. En cause : une succession de catastrophes écologiques, démographiques, culturelles. Un exemple d’« effondrement ».

Mais dans les disciplines archéologique et anthropologique, ce récit a commencé à battre de l’aile, moins envers la spirale de catastrophes qu’envers l’issue qu’aurait été un effondrement irrémédiable sans plus de renouveau de la part de cette société, alors éteinte d’elle-même. En 2018, l’archéologue Catrine Jarman écrivait que cette « société durable a été faussement accusée de sa propre disparition ». Selon elle, il faut « démystifier les Rapa Nui » : contrairement au récit popularisé autour d’un effondrement total, « plus de 60 ans de recherches archéologiques brossent en fait un tableau très différent », indiquait Catrine Jarman.

Une nouvelle publication, parue en avril 2020 dans Journal of Archaeological Science, va dans le sens de cette idée que le destin des premiers habitants de l’Île est plus nuancé qu’un effondrement de civilisation, provoqué par un effet papillon de dysfonctionnements internes et à l’issue définitivement fatale autour de 1600.

La civilisation des Rapa Nui a construit les monumentaux moaï sur l’île de Pâques. // Source : Wikimedia / Yves Picq

Repenser l’impact des colons européens

Les auteurs de ce travail de recherche ont appliqué une méthode scientifique appelée statistique bayésienne, laquelle vise à reconstruire une chronologie d’événements. En archéologie, ce modèle d’analyse permet d’inclure à la fois les datations radiocarbone et les connaissances historiques, afin de donner du sens à une chronologie. C’est exactement ce qu’ont fait ces archéologues pour l’île de Pâques : ils ont impliqué les datations radiocarbones de 11 sites excavés, les différents types d’architectures découvertes sur l’île, ainsi que les connaissances ethnohistoriques.

À partir de cette reconstruction chronologique plus précise, les auteurs en concluent que la civilisation a perduré bien après 1600. Elle a même réussi à maintenir sa culture quelques temps après la colonisation européenne de 1722 — et en dépit de celle-ci. Les archéologues écrivent que les résultats « démontrent un manque de preuves d’un ‘effondrement’ pré-contact et offrent au contraire un soutien fort à un nouveau modèle émergent de communautés résilientes qui ont continué leurs traditions à long terme malgré les impacts de l’arrivée des Européens ».

Contrairement à l’image d’une société qui n’aurait pas su affronter une spirale de catastrophes, la civilisation des Rapa Nui apparaît inversement dans cette étude comme tout particulièrement résiliente : elle a longtemps perduré, malgré les menaces internes et externes ayant pesé sur cette société. Dans le magazine spécialisé Sapiens, le co-auteur de l’étude Robert DiNapoli regrette que «  ce degré de résilience a été négligé en raison du récit d’effondrement, et il mérite une reconnaissance ». Le rôle de la colonisation européenne dans l’extinction des Rapa Nui serait également à revoir : la chronologie pourrait être plutôt similaire à ce qu’il s’est passé pour d’autres peuples indigènes.

Sans trancher le débat en confirmant ou infirmant définitivement un récit plutôt qu’un autre, cette étude vient surtout rappeler que la chronologie des événements de l’île de Pâques est encore irrésolue. En tout cas, la thèse de l’effondrement total et interne en 1600 tient de moins en moins, et la réalité est probablement plus complexe que cela. «  Leur travail s’ajoute à la masse croissante de preuves accumulées au cours des dix dernières années, selon lesquelles les récits précédents d’effondrement sur l’île de Pâques ne sont pas corrects et doivent être repensés », confirme un archéologue indépendant de cette étude à Sapiens.

Android 11 : les nouveautés qui arrivent avec la première bêta

La première bêta d'Android 11 est sortie plus tôt que prévu. Google devait en parler le 3 juin, mais l'entreprise a décidé de décaler l'évènement.

C’est en fin d’année que doit sortir Android 11, mais Google n’attendra pas le jour J pour présenter la nouvelle version de son système d’exploitation. En fait, l’entreprise américaine a déjà commencé à en faire la promotion en début d’année, avec la mise en lumière d’une série de nouveautés qui accompagneront l’OS : nouveau mode avion, enregistrement de l’écran ou bien les autorisations à usage unique.

Tout ceci répond à un tempo bien précis, mais une fausse note s’est glissée dans la partition jouée par la firme de Mountain View : comme le signale Frandroid, la première bêta d’Android 11 est arrivée un peu plus tôt que prévu. Des mobinautes ont pu ainsi la récupérer et partager dans la foulée des captures d’écran permettant de connaître les nouveautés additionnelles prévues dans Android 11.

Quoi de neuf dans Android 11 bêta 1 ?

Dans le détail, Android 11 apportera un nouveau lecteur multimédia, sous la forme d’un widget prenant place dans les paramètres rapides du panneau de notification. L’OS se permettra aussi de suggérer des applications pour remplir la barre inférieure de l’écran, le « dock », si celle-ci n’est pas pleine — par exemple, les autres applications de Google (Gmail, Meet, YouTube, etc.).

Android 11 Bêta 1Android 11 Bêta 1
Dans Android 11 Bêta 1, un nouveau lecteur multimédia sous forme de widget est à signaler, ainsi qu’un utilitaire de suggestion d’applications pour le dock. Plusieurs designs d’icônes pour les applications sont aussi au programme.

Android 11 fournira aussi un nouveau menu, atteignable par une pression longue sur le bouton d’alimentation du smartphone. On y trouvera les instructions d’extinction ou de redémarrage de l’appareil, mais aussi les cartes bancaires enregistrées pour le paiement sans contact et certains widgets utiles pour la domotique. Des améliorations sont aussi à noter en matière d’accessibilité.

Ces captures donnent un aperçu vraisemblablement incomplet de ce que recèle la bêta 1 d’Android 11, qui devait faire ses premiers pas il y a un mois, avant que la crise sanitaire n’en décide autrement. D’ailleurs, un nouveau report est à signaler : Google renonce à la date du 3 juin pour communiquer sur cette bêta, du fait des circonstances aux États-Unis avec le décès de George Floyd, tué par un policier.

Tesla en Autopilote : une vidéo d’un choc violent rappelle qu’il faut rester vigilant

La vidéo d'un accident impressionnant, survenu sur une autoroute taïwanaise et impliquant une Model 3, rappelle qu'il faut toujours rester vigilant derrière son volant. Même quand c'est la voiture qui prend l'essentiel de la conduite en charge.

Le propriétaire d’une Tesla a visiblement un peu trop fait confiance à l’Autopilote. Depuis quelques heures, une vidéo virale circule sur internet : elle montre une Model 3 s’encastrer violemment dans un camion renversé sur la route, en tirant tout droit sur une autoroute. L’accident est survenu à Taïwan et, fort heureusement, n’a fait aucun mort.

La séquence est impressionnante : on voit une Model 3 foncer à vive allure vers le camion immobile, qui bloquait le passage. Normalement, le conducteur avait largement le temps de se déporter ou de freiner pour éviter le crash. D’après les premiers résultats de l’enquête, précisés par le média CNA dans un article publié le 1er juin, l’Autopilote était bel et bien activé au moment des faits.

Non, l’Autopilote n’est pas de la conduite autonome

Sur la vidéo, on peut voir de la fumée blanche émaner des roues peu avant le choc. Cela prouve qu’il y a eu une tentative de freinage d’urgence, qu’elle ait été à l’initiative du conducteur ou de la voiture. Dans son témoignage accordé à la police, le propriétaire de la Model 3 a confié qu’il pensait que la voiture, réglée sur la vitesse de 110 km/h, détecterait l’obstacle et freinerait d’elle-même pour l’éviter. On peut dès lors comprendre qu’il a un peu trop misé sur la technologie, sachant qu’il n’était pas sous l’emprise de l’alcool.

Accident Tesla Model 3 et camion // Source : Capture YouTube

Deux choses à retenir de cet accident :

  • La conception de la Model 3 assure une vraie protection en cas d’impact. Au regard de la violence du choc, le fait que le conducteur s’en sorte indemne est miraculeux. Il s’agit d’une preuve que la sécurité est assurément un pilier de Tesla ;
  • L’Autopilote n’est pas infaillible et ne doit pas être considéré comme de la conduite autonome. Cette super aide au pilotage nécessite une vigilance constante, comme le stipule le configurateur des voitures Tesla sur l’onglet dédié à l’option.

Pour la défense du conducteur, clairement en faute dans cette situation, Elon Musk a tendance à un peu trop vanter les bénéfices de l’Autopilote. Encore récemment, il a annoncé que les Tesla pourront devenir des taxis autonomes à la fin de cette année. Cette communication enthousiaste, qui ne tient même pas compte du cadre législatif, sème le trouble dans les esprits. Par le passé, elle a forcé le constructeur à retirer une option beaucoup trop confuse.

Le halo de la Voie lactée serait plus chaud que prévu

Le halo entourant notre galaxie pourrait être plus chaud qu'on le pensait. Une équipe de scientifiques a utilisé l'observatoire XMM-Newton pour étudier cette région, qui fait le lien entre la Voie lactée et l'univers dans lequel elle évolue.

La Voie lactée est entourée d’un halo galactique, probablement constitué d’étoiles, de gaz et de matière noire. Des parties de ce halo pourraient être bien plus chaudes que ce que l’on pensait. Des scientifiques se sont penchés sur la question et ont présenté leurs travaux lors d’un événement en ligne organisé par l’Union américaine d’astronomie du 1er au 3 juin 2020. Une étude avait préalablement été déposée sur la plateforme arXiv.

« Le milieu circumgalactique est le halo de gaz et de poussières multiphase qui entoure le disque stellaire et le milieu interstellaire des galaxies […]. Le milieu circumgalactique joue un rôle important dans l’évolution d’une galaxie », écrivent les auteurs dans cette étude. Les températures extrêmes identifiées dans certaines parties du halo pourraient exister dans le halo entier, soupçonnent ces scientifiques.

Réplique de l’observatoire WMM-Newton. // Source : Wikimedia/CC/Mike Peel (photo recadrée)

Mieux comprendre les caractéristiques du halo galactique permet d’en savoir plus sur la manière dont les galaxies se forment et comment elles évoluent en interagissant avec le milieu circumgalactique. Puisque le halo est en quelque sorte le dernier lien entre une galaxie et l’univers plus large dans lequel elle est intégrée, son étude peut s’avérer utile pour cerner plus précisément les changements connus par la galaxie au cours du temps.

Deux observatoires mobilisés

Pour en savoir plus sur la température de ce halo, les auteurs ont utilisé les données de l’observatoire spatial XMM-Newton, un télescope de l’Agence spatiale européenne (ESA) destiné à l’étude des rayons X mous. L’observatoire était tourné dans une seule direction (vers le blazar 1ES1553+113). Les auteurs ont constaté que le halo était plus chaud qu’attendu dans la zone observée, mais il n’était pas possible d’en déduire si cette chaleur était répandue dans le reste du halo. De plus amples observations, menées à l’aide du télescope spatial à rayons X Suzaku de l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise (JAXA), dans quatre directions différentes, ont montré que d’autres parties du halo semblaient elles aussi bien plus chaudes.

Qu’en est-il des autres galaxies ? Pourrait-on retrouver des températures similaires dans d’autres halos galactiques ? Pour le savoir, les auteurs se sont intéressés à une autre galaxie, NGC 3221. Leur analyse a montré que le halo de cette galaxie, située à 200 millions d’années-lumière, paraissait aussi chaud que celui de la Voie lactée.

D’autres observations seront nécessaires pour caractériser la température du halo entier qui entoure la Voie lactée. Les scientifiques espèrent que les missions en développement XRISM (un télescope spatial à rayons X mous de la JAXA), ATHENA (un télescope spatial à rayons X, développé par l’ESA et la JAXA) ou encore Lynx (un observatoire de la Nasa) pourront permettre de mieux cerner les liens entre les galaxies et leurs halos.

Microsoft retarde la mise à jour de mai 2020 si votre PC n’est pas prêt

La mise à jour du mois de mai 2020 est sortie il y a quelques jours, mais Microsoft peut la retenir pour votre PC si celui-ci n'est pas encore prêt à la recevoir.

Baptisée mise à jour du mois de mai, la toute nouvelle mouture de Windows 10 (qui est numérotée version 2004) aura pour une poignée d’utilisateurs des allures de mise à jour du mois de juin. En effet, Microsoft a dû en retarder la disponibilité dans certains cas, à cause d’une série d’incompatibilités matérielles ou logicielles, dont la description figure dans une page dédiée de l’éditeur américain.

Il est possible de savoir facilement si son poste informatique est concerné ou non par ces difficultés passagères. En ouvrant l’utilitaire de mise à jour Windows Update, un message peut s’afficher pour indiquer un retard dans la sortie de Windows 10 version 2004. Un lien est disponible, qui mène vers le récapitulatif des soucis de compatibilité. Onze soucis sont recensés, dont un est partiellement résolu.

Windows Update mai 2020Windows Update mai 2020
Si votre configuration pose une difficulté, Microsoft retardera la sortie de la mise à jour.

Il est possible de passer outre ce blocage par quelques manipulations et en mobilisant l’assistant de mise à jour de Windows 10. Cependant, on ne saurait trop vous conseiller de vous abstenir si vous n’avez pas un bon bagage informatique vous permettant de retourner en arrière en cas de pépin ou de vous débrouiller en cas d’incident sur votre poste, à cause de cette mise à jour.

Ces incompatibilités peuvent avoir des conséquences très fâcheuses. À titre d’exemple, fin 2018, la mise à jour d’octobre de Windows 10 avait été perturbée par un bug qui avait égaré des fichiers. L’entreprise américaine avait réglé le souci, mais admis que dans quelques cas certains documents ne pourraient pas être récupérés. C’est ce genre d’incident qui incite le groupe à avancer prudemment, aujourd’hui.

Quoi de neuf dans la mise à jour de mai ?

La mise à jour de mai 2020 a été présentée officiellement le 27 mai, date à laquelle elle a commencé à être déployée pour le grand public.

Elle inclut des améliorations pour l’usage du Bluetooth (configuration et appairage), une meilleure prise en charge des smartphones avec Android sur l’application Votre Téléphone, la deuxième version du sous-système Linux dans Windows 10, des smileys japonais en plus (les kaomojis), l’arrivée de DirectX 12 Ultimate, l’usage de Windows Hello sans utiliser de mot de passe ou encore une meilleure accessibilité.

Microsoft annonce aussi des améliorations techniques pour son navigateur web Edge, avec une gestion plus fine de la mémoire vive, des modifications pour l’assistant virtuel Cortana, avec la possibilité d’interagir avec par écrit en langage naturel (le français n’est pas encore pris en charge), la faculté de renommer des bureaux virtuels et une meilleure synergie entre la recherche de Windows 10 et l’explorateur de fichiers.

Sony, Google et EA annulent leurs conférences : « des voix plus importantes ont besoin d’être entendues »

Plusieurs multinationales ont décidé de revoir leur plan de communication en raison de la haine raciale qui sévit aux États-Unis.

Depuis quelques jours, le monde suit de près les événements tragiques qui émaillent les États-Unis : la mort de George Floyd, tué par un policier, a malheureusement remis en lumière le racisme systémique qui sévit dans le pays. La colère exprimée par les manifestants a entraîné une vague de violence policière dans certaines villes du pays et plusieurs voix s’élèvent pour les dénoncer et faire valoir les droits des Noirs américains. Le tout, dans un contexte ou le président américain lui-même attise les braises.

Dans cette situation, des multinationales ont décidé d’annuler des événements qui auraient dû avoir lieu cette semaine. C’est par exemple le cas de Sony, qui préfère décaler sa conférence centrée sur les jeux PS5 jusqu’à nouvel ordre. Elle était initialement prévue pour ce jeudi 4 juin, à 22h, heure française.

PS5 // Source : Sony

Sony, Google et EA repoussent leurs événements

« Bien que nous comprenions que vous êtes impatients de voir les jeux PS5, nous pensons que ce n’est pas le bon moment pour ça. Pour l’instant, nous prenons du recul pour permettre à des voix plus importantes d’être entendues », justifie Sony dans un tweet publié le 1er juin. La firme nippone considère que les gens ont, à juste titre, autre chose à penser et que le jeu vidéo est loin d’être essentiel en ces temps troubles. Elle a raison, même si le retard va compliquer un peu plus sa communication autour de la PS5, pas aidée par la crise du coronavirus. 

Sony n’est pas le seul acteur du marché du jeu vidéo à avoir pris cette décision. Dans un tweet diffusé le 31 mai, Electronic Arts a annoncé le report d’une présentation dédiée à Madden NFL 21 — simulation de football américain. «  Nous trouverons un autre moment pour parler de football avec vous. Car c’est plus important qu’un match, que le sport, et que cela nécessite qu’on reste tous ensemble pour changer », révèle l’entreprise. 

We are excited to tell you more about Android 11, but now is not the time to celebrate. We are postponing the June 3rd event and beta release. We'll be back with more on Android 11, soon.

— Android Developers (@AndroidDev) May 30, 2020

Google, de son côté, a dégainé très vite sa communication en repoussant sa conférence articulée autour de son système d’exploitation Android 11. « Nous serons de retour avec plus d’informations sur Android 11 très bientôt », indique la firme de Mountain View. La date de l’événement était fixée au 3 juin.

Faut-il s'inquiéter de la sécurité de StopCovid ?

Autour des nombreux questionnements autour de l'application française de contact tracing StopCovid, la sécurité apparaît comme un des pans les plus solides du projet.

var objectDiv = document.querySelector('#' + CSS.escape("9eed4b07783863cc4b19ff743ea8a135")); objectDiv.innerHTML += " \n \"ExpressVPN\"\n \n \n ";

Développement accéléré, gestion du projet critiquée, controverses sur des choix techniques… De nombreux éléments ont engendré une véritable inquiétude autour de la sécurité de StopCovid. Mais l’équipe du projet, menée par des chercheurs de l’Inria, est parvenue à offrir de nombreuses garanties, contrôlées par plusieurs experts français. Résultat : l’application qui sort à midi ce mardi 2 juin aura un niveau de sécurité plus que satisfaisant.

L’imprécision du Bluetooth est un des principaux problèmes de l’app. // Source : Louise Audry pour Numerama

Reste que le risque zéro n’existe pas en cybersécurité, et qu’il existe donc des scénarios d’attaque contre l’app. Mais ils requièrent soit une force de frappe et des compétences techniques de très haut niveau, soit des manœuvres d’espionnage avancées. Sauf que même dans le cas où un scénario catastrophe se réaliserait, les dégâts seraient limités pour les utilisateurs, puisque StopCovid ne récolte que le strict minimum de données nécessaire à son fonctionnement.

var objectDiv = document.querySelector('#' + CSS.escape("d6b005147a7667fb751195341e1b1cb3")); objectDiv.innerHTML += " \n \"ExpressVPN\"\n \n \n ";
var objectDiv = document.querySelector('#' + CSS.escape("b3646c56c7a17098406816c2def3afa4")); objectDiv.innerHTML += "
\n \"ExpressVPN\"\n \n \n ";

Si la sécurité de StopCovid est satisfaisante, elle ne balaie pas les doutes sur son efficacité et son usage, alimentés par des questions à la fois techniques et éthiques.

Peu de données exposées sur StopCovid

Pour évaluer le risque, il faut savoir quelles données sont exposées dans l’application :

  • Un identifiant unique, attribué à chaque utilisateur par un serveur central contrôlé par l’État, qui est lié à l’adresse IP du smartphone. Cet identifiant est protégé par un algorithme de chiffrement, qui lui donne une autre apparence (un ensemble de chiffres et de lettres) à intervalles réguliers. Les smartphones disposant de StopCovid vont s’échanger les identifiants chiffrés, qui seront eux-mêmes conservés pendant une durée limitée après avoir été remontés au serveur central. Seul le serveur central dispose de la clé de déchiffrement.
  • Le contrôle positif à StopCovid. Après avoir été testées positives, les personnes atteintes de Covid-19 recevront un code à entrer dans l’app. Il existe un chemin pour remonter à l’identité des personnes malades, mais il est protégé par de très nombreuses couches de sécurité. C’est la donnée qui pourrait attirer la convoitise : des personnes malintentionnées pourraient s’en servir pour faire du chantage par exemple.
  • Un historique des interactions entre les téléphones, et donc entre les personnes, gardé pendant une durée limitée. Un groupe de hacker qui aurait réalisé la prouesse de casser le chiffrement pourrait créer des cartes d’interactions, qui lui permettrait d’identifier certaines personnes.

Et c’est tout. StopCovid ne récolte pas de données personnelles ni de données de géolocalisation. Résultat : même si des hackers parvenaient à compromettre l’application, ils n’auraient pas directement accès à l’identité des utilisateurs. Il leur faudrait encore faire des efforts supplémentaires, recouper avec toutes sortes de données pour lier une identité (et un éventuel statut positif à la Covid-19) à une personne.

En plus d’être compliquée à lancer, la cyberattaque ne mènerait donc qu’à peu d’informations. Il existe des milliers d’applications bien moins sécurisés, qui exposent bien plus de données, si les hackers ne veulent pas se compliquer la tâche.

var objectDiv = document.querySelector('#' + CSS.escape("00ca11b95a48522ac70fb09805e2c07a")); objectDiv.innerHTML += " \n \"ExpressVPN\"\n \n \n ";
var objectDiv = document.querySelector('#' + CSS.escape("76292f181eb4c7d28db901058160d225")); objectDiv.innerHTML += "
\n \"ExpressVPN\"\n \n \n ";

La sécurité de StopCovid a été amplement testée

Malgré son développement rapide, StopCovid est passé par toutes les étapes d’un processus de sécurisation.

StopCovid a une sécurité imparfaite, mais suffisante

Les critiques les plus pointus pourront tout de même questionner le choix français d’une approche centralisée pour StopCovid : il suffit aux hackers de compromettre un seul serveur central, contrôlé par l’État, pour compromettre l’application. Cette particularité nécessite aussi d’accorder une certaine confiance à l’administration et aux fonctionnaires garants des serveurs.

Quoiqu’il en soit, le gouvernement a avancé suffisamment de garanties pour que la sécurité ne soit pas un élément discriminant du choix de l’installation de StopCovid. C’est le point défendu par SaxX. L’application protège correctement l’utilisateur, mais il ne l’installera pas pour d’autres raisons.

Crédit photo de la une : Louis Audry pour Numerama

À propos d'ExpressVPN

ExpressVPN, annonceur exclusif de Cyberguerre, est un fournisseur de VPN premium. Il dispose de milliers de serveurs sécurisés répartis à travers le monde, permettant de délocaliser son adresse IP et de contourner les géoblocages. ExpressVPN ne conserve aucune trace de l'activité des utilisateurs. Son application de VPN, disponible sur ordinateur, mobile et routeur, est l'une des plus avancées du marché.

Plus d’informations sur la solution VPN d'ExpressVPN

«Il pense que les fantasmes doivent rester des fantasmes»

[C'est compliqué] Cette semaine, Lucile conseille Flora, qui souhaite multiplier les expérimentations sexuelles, à la différence de son conjoint, qui n'en ressent ni l'envie ni le besoin.

Temps de lecture: 6 min

«C'est compliqué» est une sorte de courrier du cœur moderne dans lequel vous racontez vos histoires –dans toute leur complexité– et où une chroniqueuse vous répond. Cette chroniqueuse, c'est Lucile Bellan. Elle est journaliste: ni psy, ni médecin, ni gourou. Elle avait simplement envie de parler de vos problèmes. Si vous voulez lui envoyer vos histoires, vous pouvez écrire à cette adresse: [email protected]

Vous pouvez aussi laisser votre message sur notre boîte vocale en appelant au 07 61 76 74 01 ou par Whatsapp au même numéro. Lucile vous répondra prochainement dans «C'est compliqué, le podcast», dont vous pouvez retrouver les épisodes ici.

Et pour retrouver les chroniques précédentes, c'est par là.

Chère Lucile,

J'ai 37 ans, je suis en couple depuis plus de quinze ans, j'ai deux enfants.

Tout commence il y a un peu plus de trois ans, lorsque j'ai rencontré D. à l'anniversaire d'une amie. Un coup de foudre aussi soudain que réciproque. Je cède à ce flirt, quelques instants. Rien que du flirt, mais je me sens alors envahie par un tsunami d'émotions; cette relation se poursuit ensuite de façon virtuelle, et seulement virtuelle, car cet homme décline mes avances de rencontre. Au bout de deux ans de ce flirt virtuel, souhaitant l'oublier, je m'inscris sur un site de rencontres, curieuse de voir quel genre d'hommes s'y trouvent, quel genre de relations peut émerger, si je saurai séduire...

C'est le début d'un tourbillon infernal. Je plais, je rencontre des hommes, beaucoup. Je me plais à vivre tout un tas de relations différentes, car c'est cela qui m'intéresse: explorer des relations différentes, et m'enrichir de cet univers érotique où je me découvre moi-même.

Au bout de quelques mois, mon conjoint découvre l'une de mes liaisons. Une seule. C'est très difficile pour lui, mais je lui explique mon besoin de découvrir d'autres corps, et d'explorer une nouvelle forme de sexualité. Je lui explique que cela ne remet pas en cause mes sentiments pour lui, parce que je sépare très bien le sexe des sentiments. Il me demande d'arrêter, mais je continue en cachette, car je n'ai pas fini ce chemin de découvertes, et je sens que c'est une pulsion extrêmement puissante qu'il faut que je suive. Il le découvre à nouveau, c'est la catastrophe. Je consulte alors un psy, pensant ne pas être normale, mais je ne trouve pas la totalité des réponses.

Je décide alors de parler à mon conjoint de mon désir de vivre mes désirs à l'extérieur de notre couple, avec son consentement. Nous réfléchissons, nous lisons beaucoup au sujet du couple libre, et il accepte que nous essayions. Je me sens alors plus amoureuse de lui que jamais, tant cette ouverture d'esprit me touche. Mais trois mois plus tard, alors qu'il ne fait pas de rencontres, il souhaite arrêter. Ce n'est pas un séducteur, et faire l'amour avec moi lui suffit, me dit-il.

Je veux alors essayer de lui faire découvrir certaines de mes découvertes et je l'emmène dans un club échangiste, je lui fais part de mon désir de soumission, de mon désir de pluralité notamment. Rien n'y fait, il ne veut plus entendre parler de club, et il pense que les fantasmes doivent rester des fantasmes.

Je suis alors en colère contre lui, et je trouve qu'il est injuste de me priver de ce plaisir, qui pour moi est bien plus qu'un plaisir, car j'ai le sentiment que c'est ma nature profonde.

Mais je me plie à sa demande, après tout il a essayé, alors je me dois aussi de stopper ces relations. Les semaines passent et je ne le désire plus, mais je consens toutefois aux relations sexuelles pour qu'il reprenne confiance, pour le rassurer sur mes sentiments, et je lui en veux encore de ne pas accepter cette particularité que je me suis découverte. Je me sens vide à côté de lui, comme anesthésiée, et je suis au bord d'un état semi dépressif.

Nous en reparlons. Je lui dis que mon désir pour lui est fluctuant, je lui dis que je lui en veux; nous consultons un psy ensemble, une fois.

À la suite de ce rendez-vous, je reprends mes aventures cachées, en diminuant drastiquement le nombre de mes partenaires ainsi que la fréquence de ces moments volés. Je poursuis l'ascension de mon échelle érotique, je continue de découvrir le plaisir féminin, la pluralité, la domination/soumission, le bdsm, les clubs échangistes, les créations photographiques et épistolaires. Je me sens mieux, je revis, je me sens à présent pleine de maturité dans cette double vie que je contrôle beaucoup mieux, et petit à petit je retrouve un peu de désir pour mon homme.

Mais le temps passe, et je ne peux m'empêcher de penser souvent qu'il est bien dommage que nous n'ayons pu faire de cet adultère un levier pour notre couple. Nous sommes redevenus comme avant, avec la même façon de faire l'amour, et nous nous empêtrons dans un immobilisme qui ne me convient pas. Je lui ai tout de même parlé de shibari dernièrement, et il a accepté que nous prenions des cours. Il apprécie, mais là encore, nos imaginaires sont diamétralement opposés.

Je n'ose plus aborder le sujet de mes envies, car chacune de mes tentatives s'est soldée par un échec. C'est devenu maintenant tabou entre nous. Nous n'en parlons plus, nous faisons comme si rien ne s'était passé. Nous faisons en sorte d'être heureux, et je crois que nous le sommes, bienveillants l'un envers l'autre, et notre quotidien est agréable.

Mais j'ai toujours cette gêne permanente... car du coup, je lui cache qui je suis vraiment…

Malgré le fait que j'arrive à trouver un certain équilibre entre ma vie rassurante de mère et d'épouse et ma vie parallèle, je me demande comment cela va évoluer, et si je suis condamnée à ne jamais évoluer dans mon couple, et au-delà, condamnée à être à ses côtés celle que je ne suis qu'à moitié.

Flora

Chère Flora,

Imaginez que vous soyez passionnée de reconstitutions historiques. Tous les week-ends, vous vous costumez et vous allez rencontrer des gens qui partagent votre amour pour l'histoire. C'est une passion qui vous prend beaucoup de temps, qui vous enrichit et qui vous rend heureuse. Sauf que celui qui partage votre vie n'a aucune envie d'aller enfiler des chausses et une robe de bure à chaque fin de semaine ou même de faire semblant d'être au Moyen Âge. Il l'a fait une poignée de fois pour vous faire plaisir mais au bout d'un moment il n'a pas caché que pour lui ça n'avait aucun sens. Et vous avez fini par aller faire vos reconstitutions toute seule.

C'est ce que font des dizaines de couples en réalité. Monsieur ou Madame est fan de tuning, de triathlon, de trains électriques, de randonnée en moto, de reconstitutions, de jeux de rôles, de jeux de société… et si cette passion est forte, elle perdure sans toutefois être partagée.

Je pense que votre approche de la sexualité et de ses multiples possibilités est un peu comme une passion qui n'appartiendrait qu'à vous. Bien sûr que vous avez envie de la partager avec l'homme que vous aimez mais si ce n'est pas possible alors vous devez l'accepter. Vous avez la chance d'être heureuse dans deux aspects de votre vie. Il se trouve que ces deux faces sont inconciliables. Cela arrive parfois.

Vous ne cachez rien puisque vous laissez la porte ouverte à votre partenaire pour découvrir votre univers. C'est lui qui fait le choix de ne pas s'aventurer outre mesure dans vos passions. Et vous devez respecter ce choix. L'un et l'autre avez essayé et il semble que cela ne fonctionne pas. C'est à vous deux de retrouver de la sérénité dans votre couple et d'organiser au mieux vos temps à deux et vos plages de liberté.

Vous devez mesurer la force de vos sentiments et la comparer à votre désir de liberté sexuelle partagée avec un partenaire de vie. Certain·es y arrivent, pourquoi pas vous? Seulement, cela impliquerait des bouleversements qu'il faut prendre en compte. Ce sont des questions importantes: pouvez-vous être totalement heureuse en couple avec votre compagnon et un épanouissement sexuel que vous trouveriez à part? Avez-vous à tout prix besoin de partager votre univers avec votre partenaire de vie? Il n'y a pas de mauvaise réponse à ces interrogations. Il s'agit juste d'un choix capital et dont vous seule détenez la clé.

«C'est compliqué», c'est aussi un podcast. Retrouvez tous les épisodes:

Ligue 1 : Mediapro s’allie à TF1 pour lancer une chaîne Téléfoot pour la saison 2020

Mediapro, prochain grand acteur de la diffusion de foot, s'est rapproché de Téléfoot pour ses futurs chaînes.

Aux yeux de beaucoup, Téléfoot est le rendez-vous incontournable du dimanche matin. Dans quelques mois, cette émission phare de TF1, bousculée par l’éclatement des droits TV en matière de football, va devenir une chaîne à part entière. Dans un communiqué publié le 2 juin, TF1 a annoncé un partenariat avec Mediapro, détenteur des gros lots de la Ligue 1 pour la période 2020-2024.

Il s’agit bien évidemment d’un grand coup pour Mediapro, qui cherche de la légitimité face à des concurrents installés — beIN Sports et Canal+, sans oublier RMC Sport pour les compétitions européennes. En s’alliant à la marque Téléfoot, le groupe espagnol partira d’un peu moins loin.

Ballon de football // Source : Facebook LFP

Le projet de Mediapro est un peu moins flou

Cette nouvelle chaîne Téléfoot sera lancée au mois d’août, à l’occasion du démarrage de la saison 2020/2022 (à la fin du mois, si les conditions sanitaires le permettent). Elle « proposera en direct et en exclusivité l’essentiel et le meilleur de la Ligue 1 : plus de 80 % des matchs, dont les dix plus grandes affiches et le match du dimanche soir, une offre magazine étoffée et unique, en semaine et le week-end, incluant le grand magazine du dimanche soir et l’éclairage des plus grands experts ». Il y aura également 8 rencontres de Ligue 2 chaque semaine. Le reste des matches de Ligue 1 sera diffusé sur Canal+ (le samedi à 21h et le dimanche à 17h).

Grâce à ce deal avec TF1, d’une durée de 4 ans renouvelable, Mediapro récupère également deux acteurs populaires du monde du football : le consultant Bixente Lizarazu et le commentateur Grégoire Margotton. Le duo officiera sur les 20 grandes affiches de la saison. Là encore, c’est un sacré plus pour la légitimité, puisqu’il faut être en mesure de rivaliser avec les pointures des autres chaînes.

À partir de 2020/2021, la grille des programmes Ligue 1 ressemblera à cela :

  • Vendredi 21h : Téléfoot ;
  • Samedi 17h : Téléfoot ;
  • Samedi 21h : Canal+ ;
  • Dimanche 13h : Téléfoot ;
  • Dimanche 15h : Téléfoot ;
  • Dimanche 17h : Canal+ ;
  • Dimanche 21h : Téléfoot.
❌