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Un chtio microcebus 3D

J’ai réalisé une illustration pour un roman cet été. Ça s’appelle La Liste Microcebus et c’est en prévente ici.

Fait avec blender.

Merci à Jean-Luc de AO Editions pour cette opportunité qui est une première pour moi.

https://www.ao-editions.com/system/product_pictures/data/009/898/658/large/AO_Microcebus_Couverture_Recto.jpg?1567670782

What’s up?

L’été fut bien chargé comme toujours à Damgan. 🙂 ☀️

Linux

Je suis passé sous Linux. Enfin! A 51 ans. Vieux motard comme qui dirait. Je patouillais du Linux dans de la machine virtuelle, ou sur mon portable, mais mon PC de dev, de loin mon 127.0.0.1, était toujours sous Windows 8.1 depuis des lustres.

Ce coup-ci on a fait le pas, pas de dual boot (de toute façon j’avais pas réussi), plus de VM, que du Linux. Un Ubuntu 18.04 de base (je te rappelle que je suis noob).

Et déjà un petit bilan : hyper content. Je ne lance jamais ma VM Windows 10 installée en cas d’urgence, notamment pour mon soft 2D de référence.

J’apprends avec plaisir et tout marche mieux que je n’espérais. Ravi.

Bon, je n’ai pas fait de vidéo ou de musique encore mais même pour cela je ne désespère pas d’utiliser Ubuntu, j’ai commencé à fouiller un peu.

Je tiens un journal intime de ma migration avec Typora que je découvre <3, je le publierai peut être un de ces 4.

Chansons

Va vraiment falloir que je me bouge. J’ai écrit des choses, gratouillé des trucs. Je tombe justement sur ça et je vois des gens qui demandent « que faire? ». Une des chansons que je dois enregistrer est sur Mastodon. Et je causerai sûrement Peertube, ainsi que du problème de la vidéo en ligne d’un point vue écologique. Y’a de quoi faire. Mais bon, vais pas promettre ce que je suis pas sûr de tenir.

Adn56 et Raspberry

De façon assez inattendue on a beaucoup bossé cet été à l’Université Populaire du Numérique de Damgan. Un groupe de motivés s’est créé autour d’une nouvelle activité Raspberry (voir notre page wiki) et j’ai pu déterrer mon vieux Raspberry 2 dont je désespérais de le rallumer un jour. On s’est retrouvé avec des gens d’horizons et compétences diverses formant un groupe très sympa et efficace. J’apprends plein de choses, de la micro électronique, du linux, du python, et des logiciels divers. Du coup ça a relancé aussi l’activité impression 3D, c’est chouette.

J’écris également à l’aide de Typora un journal de mes diverses expérimentations que j’ai exporté en version web. Ces feuillets sont là.

Ce groupe c’est vraiment une nouveauté au sens où si nous souhaitons aborder tous les domaines, il faut bien reconnaître que 90% de notre activité depuis 3 ans étaient consacrés à l’initiation et l’aide aux grands débutants.

On est en pleine préparation de l’AG et du forum des assos, on fait des bilans et on réfléchit justement à la façon de présenter des activités plus « fablab » sans effrayer la grande majorité de nos adhérents actuels ou potentiels qui sont bien loin de tout ça. Enfin c’est ce qu’ils croient … 😉

On va donc démarrer notre 4eme année, nous sommes depuis peu reconnus d’intérêt général, effectifs en constante augmentation (~125 cette année), ça chôme pas.

 

A propos de migration, pour rappel mes comptes sur les réseaux fédérés:

mastodon Mastodon: @jcfrog@mamot.fr (micro blogging)

peertube PeerTube: @jcfrog@aperi.tube (vidéos)

pixelfed Pixelfed: @jcfrog@pixelfed.social (photos)

Bonne rentrée pour ceux qui rentrent, nous on a décidé il y a 8 ans de ne plus rentrer 🙂 #Labizh

 

Jeux d’échecs Gilets Jaunes

J’ai fait un peu joujou avec Jocly : je voulais faire une variante d’échecs symbolisant la lutte des gilets jaunes. L’idée était de faire affronter une foule de pions, sans autres pièces « fortes », contre l’équipe du pouvoir.

J’ai donc utilisé Jocly mais le module d’échecs nécessite un roi par équipe pour fonctionner. J’ai donc opté pour un symbole de démocratie directe : le klèrotérion, machine de tirage au sort de la démocratie athénienne.

J’ai fait tourner le jeu en mode réaliste : joueur A sur « strong », puisque l’intelligence collective est la plus forte. Et j’ai mis le jouer B sur « Easy » parce qu’il n’y a pas de niveau plus bas qui corresponde à l’affligeante bêtise de nos dirigeants.

Au final pour que ça gagne j’ai du mettre 5 rangées de pions. Logique, on est les plus forts, mais faut mobiliser 🙂

Dans l’élan j’ai dessiné des icônes pour les autres pièces du pouvoir. Un camion lance à eau pour la tour, un motard pour le cavalier, pour les fous j’ai pensé à ces fous furieux de la BAC, pour le roi et la dame, on sait qui c’est, pas besoin de mettre leurs tronches.

Ce 1er jeu démarre donc sur la configuration ci dessous et pour qui cela amuserait d’essayer, on peut y jouer ici.

Je me suis ensuite dit que ça coûterait pas grand chose de faire une version « classique » avec juste des icônes « Gilets Jaunes ». J’ai donc fait des pièces pour une équipe blanche… jaune. Le fou c’est pour les street medics, la tour pour les reporters de terrain, et oui je sais, manquent les blacks blocs, les casseurs, les ultras, les pédonazis, les platistes… who cares? 🙂

La version « Orthodoxe » est jouable ici.

J’aurais bien fait une version 3D, j’ai même commencé les pions, mais c’est beaucoup de boulot et il faut savoir raison garder, c’est trop pour une petit amusement, on n’a pas que ça à faire 🙂

Gilets jaunes : « Les blessés qui dérangent »

Attention, dur.

Mais si capable de voir des images difficiles, les 15 minutes de ce film me semblent absolument nécessaires. Évidemment sujet à vérification et contradiction, mais semble bien correspondre à ce qu’on voit remonter tous les jours par des gens sérieux comme l’impeccable David Dufresnes qui a dépassé les 480 de ses tristement célèbres signalements à Place Beauvau.

J’ai souvent cette conversation avec des amis : je réitère, je ne justifie aucune violence, jaune ou bleue, mais celle de certaines forces de polices sont pour moi particulièrement graves. Elles sont faites en notre nom, ne visent pas des individus dangereux, et n’émeuvent pas une seconde les donneurs d’ordres. Honte à eux.

« On s’assoit sur toutes les valeurs de la République ».

 

Je suis finalement allé au Grand Débat National de mon village

J’y allais pour observer et écouter. Je suis contre ce prétendu débat qui pour moi est un arnaque sans précédent, mais je respecte mes concitoyens qui viennent pleins de bonnes intentions.

Trois heures de débats, organisés et animés avec talent et bienveillance par 4 bénévoles qui se font fort d’en faire ensuite une synthèse. Cette synthèse sera transmise à Monsieur le maire pour qu’il fasse remonter tout cela à Dieu le Père qui de droit.

Étaient présents une 50aine de citoyens (sur ~1600 habitants), certains de communes avoisinantes et qui ont raté d’autres réunions.

Je pensais ne pas intervenir mais j’ai été interpellé pour parler de l’impact du numérique par un des animateurs qui me connaît par notre association d’éducation populaire.

Démocratie

J’ai donc fait valoir ma position : pour moi la seule question est la démocratie. Discuter, échanger, je suis toujours pour. Mais ici en l’occurrence je pense que c’est juste pour occuper les foules et que toutes ces « doléances » sont vouées à la corbeille, au mieux à l’archivage à la BNF. Ce sera peut être intéressant pour les générations futures, s’il y en a. Comme le disait Bégaudeau chez Thinkerview la démocratie c’est se réunir, discuter, décider. Ici on se réunit, on discute, mais on ne décide pas. Jamais.

J’ai pu parler un peu du RIC et des jurys citoyens, ce n’est déjà pas si mal.

J’ai fait aussi valoir le côté illégitime de notre réunion : depuis des mois d’immenses foules sont dans les rues pour du changement et en gros les gens qui viennent à ces réunions et remplissent les formulaires de https://granddebat.fr/ ne sont globalement pas les mêmes. Donc pour soit disant consulter le peuple, on va au final avoir des beaux camemberts aux JT qui exprimeront les doléances d’autres. Un comble. Non pas que les avis des gens qui répondent à cet appel vaut moins que celui des autres, mais ce n’est pas représentatif de la colère jaune.

Une consultation n’a évidemment rien de démocratique, c’est un micro trottoir qui sera exploité par celui qui l’a commandé. Et j’insiste, l’échantillon ici est tout sauf représentatif.  C’est quelque chose que j’ai largement constaté : mes camarades bourgeois semblent trouver cette consultation légitime et y participent. Aucun d’entre eux n’est gilet jaune. Je caricature bien sûr, les frontières ne sont pas nettes, mais j’attends les analyses CSP de ces consultations pour voir si je suis à côté de la plaque.

Se parler

Reste que les discussions sont intéressantes, parce que écouter les autres c’est toujours intéressant. Enfin pas intégralement 😉 mais au final il y a toujours de bonnes choses. Mais aussi l’impression d’être dans les coms facebook. Ce n’est pas péjoratif, et je m’inclus évidemment dans le lot. Je veux dire que pour l’essentiel ce sont des avis assez tranchés et déjà entendus mille fois. Je ne critique nullement la légitimité de ces avis, je dis juste que pas grand chose de nouveau n’émerge. On reconnaît vite le « camps » de chacun, les arguments tellement de fois entendus. L’impression de tourner un peu en rond, de brasser du vent.

J’ai joué le cynique et le négatif, ça ne me fait pas plaisir, surtout face à des gens qui sont de bonne volonté.

Quels que soient nos bords politiques il est à noter que nous sommes quand même ce jour d’accord sur des choses comme la folie de certaines rémunérations, même pour les gens qui me semblaient bien à droite. Comment se fait-il que ces consensus populaires n’ont aucun écho politique? J’ai bien une réponse mais je vais me répéter 🙂

Sinon beaucoup de demandes de plus de justice fiscale. Un peu d’écologie mais pas du tout assez à mon gout.

En conclusion, je pense toujours que tout cela est une belle couillonnade, mais que discuter avec ses concitoyens est toujours une bonne chose.

Manque juste la souveraineté populaire.

Les vidéos des conférences du Capitole du Libre dédiées à Blender 2.8 et la 3D

Dans l’impressionnant programme du Capitole du libre 2018 (17 et 18 nov dernier à Toulouse) on trouve plusieurs conférences sur la 3D, et notamment sur Blender 2.8.

Enjoy !

Ropy builder : faites votre level design dans Blender ! par Henri Hebeisen

A la découverte de Blender 2.8, par le Collectif RGBa

Blender 2.8 : De nouveaux outils pour le rendu de séries et le développement graphique

Construire un rig avec Rigify, par Julien Duroure

Making of du musée de Lodève, Les Fees Spéciales

Meshroom : créez des objets 3D à partir de photos, grâce à une solution libre pour la photogrammétrie, par Francois Grassard

Source illustration : François Grassard

Histoires d’une nation : noir c’est noir

Il me semble toujours bénéfique de regarder « nos » ignominies en face.

La domination et les profits ont toujours été les seuls moteurs, il n’y a pas de bilan positif/négatif à faire, il n’y a rien à relativiser : la France, comme tant d’autres pays, n’a fait que du mal, dans son seul intérêt. C’est l’énergie vorace des nations.

Ce que je trouve remarquable dans ce film c’est l’accumulation, la constance dans l’accusation. Il n’y a pas d’épisode heureux. Les Lumières ne sont que des leurres dans la nuit de la colonisation, de l’obscurantisme patriote, et de l’ineptie nationaliste. Leur lueur brille dans le cœur des humanistes, mais les nations n’ont pas de cœur.

Et s’il est des histoires individuelles heureuses dans cet océan de malheurs, c’est toujours dû aux conquêtes des luttes sociales qui ont permis des avancées qui leur ont profité, jamais aux dominants qui continuent de serrer l’étau de l’intérêt dit national.

Programme France Télévision, 2 premiers épisodes à voir en replay (1870-1927 / 1927-1954), reste 23 jours ce 02/10/2018 : https://www.france.tv/france-2/histoires-d-une-nation/

Je me sens seul

J’aime les réseaux sociaux. Je sais qu’ils sont capables du pire mais qu’ils sont l’opportunité du meilleur.

Nos réseaux sont à notre image, donc infiniment pluriels. Mais ils peuvent aussi être l’occasion de mesurer à quel point ce qui te semble essentiel n’intéresse personne. Vrai moment de solitude face à l’Urgence.

La cause des migrants est un bon exemple. Mais plus encore pour moi, mon obsession démocratique. C’est pour moi une évidence toujours plus forte, intellectuellement et viscéralement, tous nos interminables débats sur les grandes causes sont stériles si on se laisse diriger par des individus qui se foutent royalement de nos avis. Seule l’intelligence collective et l’intérêt commun peuvent sauver ce qu’il reste à sauver. Donc pas des élus. Et surtout pas un roi.

C’est parfois un peu désespérant d’avoir du succès sur des conneries et des bides récurrents sur ce qui est pour toi vital.

Tant pis, on va continuer à déconner, et à hurler dans le vide 🙂

#labizh

J’ai regardé MARS, la série : c’est compliqué

MARS est une docufiction en 6 épisodes sur l’exploration par l’homme de la planète rouge.

N’ayant pas réalisé dès le début l’aspect documentaire scientifique accolé à cette fiction, j’ai d’abord eu un mouvement de rejet quand j’ai vu apparaître Elon Musk. Ça puait le placement de produit.

Et puis j’ai compris. Je me suis un peu calmé, on ne peut pas parler de l’épopée martienne sans évoquer le travail d’Elon Musk, ok. Malgré un début difficile (un peu de mal sur un petit côté Top Gun) j’ai accroché et j’ai regardé jusqu’au bout, j’ai même envie de dire que j’ai bien aimé.

Mais.

Au final toute l’histoire est imprégnée d’un problème politique profond qui m’est cher : la disparition du commun, l’entreprise privée phagocyte l’Aventure humaine.

Dans ces 6 épisodes le propos est grave, l’humanité a besoin de Mars, mais qui pilote? Un Musk. Un grand leader à la fortune colossale qui malgré une instance internationale sensée porter les décisions reste le maître de cérémonie, le financier, l’investisseur. C’est une belle synthèse de notre monde. L’humanité n’a pas les moyens d’investir l’avenir, il faut qu’un « héros » des temps modernes prenne le relais avec ses milliards.

Ed Grann aurait vendu n’importe quoi. Mais il était plus qu’un simple commercial, il avait du génie.

On voit dans le film de nombreux passages sur Space X, les lanceurs, le centre de contrôle, et triste sir que je suis, je ne peux m’empêcher de me dire : quel système fou peut donner tant de puissance et de pouvoir à un seul homme.

Dans bien des secteurs ça peut choquer mais le problème avec Musk c’est que c’est un compte de fées. C’est merveilleux, grâce à lui on avance de façon incroyable sur le sujet, ses lanceurs qui reviennent au bercail sont une prouesse époustouflante. Et puis il est sympa, le self made man dingue des étoiles qui dépense sans compter sa fortune pour nos rêves, c’est si beau.

Je ne veux pas du tout accabler le gaillard (pas envie de me brouiller avec Florence) mais comme toujours le système qui permet de telles démesures. Musk n’est pas un salaud qui s’est dit « tiens je vais dépouiller les pauvres pour m’offrir des joujoux à envoyer dans l’espace ». C’est juste que notre monde lui permet de devenir un dominant majeur.

Le destin de l’humanité est de plus en plus entre les mains de quelques puissants, toujours plus puissants. Avec Elon Musk on peut penser que c’est une bonne chose, il investit dans un domaine où on n’a plus les moyens ma bonne dame, heureusement que de riches entrepreneurs de génie prennent la relève d’états ruinés. Mais c’est une arnaque catastrophique camarade 🙂

Les états sont (soit disant) ruinés parce que des Musk peuvent drainer vers eux des fortunes sans précédent. C’est le ruissellement tant annoncé, on s’était juste gouré sur le sens de l’écoulement. Je crois qu’il faut prendre du recul pour ne pas s’émerveiller de ce que font les rois, qu’ils soient bons ou pas, là n’est pas la question. Nous n’avons pas besoin d’hommes providentiels, nous avons besoin de commun, d’investissement dans la recherche, l’éducation, l’intelligence collective. Mais les budgets du commun baissent, et les ultra riches accumulent. Pour quoi faire? Des îles?

Admettons que placés dans une urgence apocalyptique, Mars nous apparaisse comme un canot de sauvetage. Ce sont des grandes sociétés qui nous y emmèneront? Elles qui décideront de notre sort? Les premières infrastructures sur Mars seront-elles des MacDo ?

Reprenons-nous, reprenons le pouvoir 🙂

 

 

Démocratie(s) #ForgetMeNot #DTG

Aaaaaah, enfin ! On l’attendait, il est arrivé : à regarder, travailler, diffuser.

A mon sens tous les autres combats sont vains.

Le film est également disponible sur PeerTube.

 

 

Déclaration d’indépendance du Cyberespace

John P.Barlow est décédé hier. Il est l’auteur de ce texte qui fait référence et dont je me permets de copier ci-dessous la traduction française réalisée par Hache. Difficile de mieux décrire ce que certains appellent notre utopie, et qui malgré les coups, 22 ans plus tard, reste bien vivante.

 

Seule l’erreur a besoin du soutien du gouvernement. La vérité peut se débrouiller toute seule.
—Thomas Jefferson, Notes on Virginia

Déclaration d’indépendance du Cyberespace

 

Gouvernements du monde industriel, vous géants fatigués de chair et d’acier, je viens du Cyberespace, le nouveau domicile de l’esprit. Au nom du futur, je vous demande à vous du passé de nous laisser tranquilles. Vous n’êtes pas les bienvenus parmi nous. Vous n’avez pas de souveraineté où nous nous rassemblons.

Nous n’avons pas de gouvernement élu, et il est improbable que nous en ayons un jour, aussi je ne m’adresse à vous avec aucune autre autorité que celle avec laquelle la liberté s’exprime. Je déclare l’espace social global que nous construisons naturellement indépendant des tyrannies que vous cherchez à nous imposer. Vous n’avez aucun droit moral de dicter chez nous votre loi et vous ne possédez aucun moyen de nous contraindre que nous ayons à redouter.

Les gouvernements tiennent leur juste pouvoir du consentement de ceux qu’ils gouvernent. Vous n’avez ni sollicité ni reçu le nôtre. Nous ne vous avons pas invités. Vous ne nous connaissez pas, et vous ne connaissez pas notre monde. Le Cyberespace ne se situe pas dans vos frontières. Ne pensez pas que vous pouvez le construire, comme si c’était un projet de construction publique. Vous ne le pouvez pas. C’est un produit naturel, et il croît par notre action collective.

Vous n’avez pas participé à notre grande conversation, vous n’avez pas non plus créé la richesse de notre marché. Vous ne connaissez pas notre culture, notre éthique, ni les règles tacites qui suscitent plus d’ordre que ce qui pourrait être obtenu par aucune de vos ingérences.

Vous prétendez qu’il y a chez nous des problèmes que vous devez résoudre. Vous utilisez ce prétexte pour envahir notre enceinte. Beaucoup de ces problèmes n’existent pas. Où il y a des conflits réels, où des dommages sont injustement causés, nous les identifierons et les traiterons avec nos propres moyens. Nous sommes en train de former notre propre Contrat Social. Cette manière de gouverner émergera selon les conditions de notre monde, pas du vôtre. Notre monde est différent.

Le Cyberespace est fait de transactions, de relations, et de la pensée elle-même, formant comme une onde stationnaire dans la toile de nos communications. Notre monde est à la fois partout et nulle part, mais il n’est pas où vivent les corps.

Nous sommes en train de créer un monde où tous peuvent entrer sans privilège et sans être victimes de préjugés découlant de la race, du pouvoir économique, de la force militaire ou de la naissance.

Nous sommes en train de créer un monde où n’importe qui, n’importe où, peut exprimer ses croyances, aussi singulières qu’elles soient, sans peur d’être réduit au silence ou à la conformité.

Vos concepts légaux de propriété, d’expression, d’identité, de mouvement, de contexte, ne s’appliquent pas à nous. Ils sont basés sur la matière, et il n’y a pas ici de matière.

Nos identités n’ont pas de corps, c’est pourquoi, contrairement à ce qui se passe chez vous, il ne peut pas, chez nous, y avoir d’ordre accompagné de contrainte physique. Nous croyons que c’est de l’éthique, de la défense éclairée de l’intérêt propre et de l’intérêt commun, que notre ordre émergera. Nos identités peuvent être distribuées à travers beaucoup de vos juridictions. La seule loi que toute nos cultures constituantes pourraient reconnaître généralement est la règle d’or [« Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’ils te fassent », NdT]. Nous espérons pouvoir bâtir nos solutions particulières sur cette base. Mais nous ne pouvons pas accepter les solutions que vous tentez de nous imposer.

Aux Etats-Unis, vous avez aujourd’hui créé une loi, le Telecommunications Reform Act, qui répudie votre propre Constitution et insulte les rêves de Jefferson, Washington, Mill, Madison, Tocqueville et Brandeis. Ces rêves doivent maintenant renaître en nous.

Vous êtes terrifiés par vos propres enfants, parce qu’ils sont natifs dans un monde où vous serez toujours des immigrants. Parce que vous les craignez, vous confiez à vos bureaucraties les responsabilités de parents auxquelles vous êtes trop lâches pour faire face. Dans notre monde, tous les sentiments et expressions d’humanité, dégradants ou angéliques, font partie d’un monde unique, sans discontinuité, d’une conversation globale de bits. Nous ne pouvons pas séparer l’air qui étouffe de l’air où battent les ailes.

En Chine, en Allemagne, en France, à Singapour, en Italie et aux Etats-Unis, vous essayez de confiner le virus de la liberté en érigeant des postes de garde aux frontières du Cyberespace. Il se peut que ceux-ci contiennent la contagion quelque temps, mais ils ne fonctionneront pas dans un monde qui sera bientôt couvert de médias numériques.

Vos industries de plus en plus obsolètes se perpétueraient en proposant des lois, en Amérique et ailleurs, qui prétendent décider de la parole elle-même dans le monde entier… Ces lois déclareraient que les idées sont un produit industriel comme un autre, pas plus noble que de la fonte brute… Dans notre monde, quoi que l’esprit humain crée peut être reproduit et distribué à l’infini pour un coût nul. L’acheminement global de la pensée n’a plus besoin de vos usines.

Ces mesures de plus en plus hostiles et coloniales nous placent dans la même situation que ces amoureux de la liberté et de l’autodétermination qui durent rejeter les autorités de pouvoirs éloignés et mal informés. Nous devons déclarer nos personnalités virtuelles exemptes de votre souveraineté, même lorsque nous continuons à accepter votre loi pour ce qui est de notre corps. Nous nous répandrons à travers la planète de façon à ce que personne puisse stopper nos pensées.

Nous créerons une civilisation de l’esprit dans le Cyberespace. Puisse-t-elle être plus humaine et plus juste que le monde issu de vos gouvernements.

Davos, Suisse
8 février 1996

Ce texte trône dans mon bureau, un bien beau cadeau de Benjamin Bayart. #thanks
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