FreshRSS

🔒
❌ About FreshRSS
There are new available articles, click to refresh the page.
Before yesterdayle hollandais volant

Achat d’une voiture hybride rechargeable [3] : SAV, hyundai Clermont Ferrand & coup de gueule

Cet article fait partie d’une série d’articles sur un retour d’expérience de l’achat d’une voiture hybride rechargeable, à savoir la Hyundai Ioniq plug-in.

Chaque article relate un des aspects de mon achat :


Ici je ne parlerais pas de la voiture, mais de mon expérience client avec la concession Hyundai de Clermont-Ferrand (où j’ai pris la voiture) et le service après-vente, car tout n’est malheureusement pas rose.

TL;DR :

  • Trois pannes en 3 mois et en moins de 3 000 km (batterie hybride ; caméra de recul ; système réseau de la voiture) sur une voiture neuve ;
  • Voiture immobilisée 5 semaines au total (3 semaines excluant le confinement)  ;
  • Service médiocre.

En fait, ma voiture avait un défaut à l’achat. Un problème de batterie hybride défectueuse : sur une voiture semi-électrique, c’est un problème de taille. Pour faire court, quand on la vidait totalement, au lieu de passer sur le moteur thermique, il passait en mode « erreur » et faisait globalement n’importe quoi (affichage d’erreurs, perte de puissance, etc.).

La solution ? Remplacer le pack batterie hybride de 8,9 kWh. Le problème a été détecté le lendemain de l’achat et ce n’était pas visible au moment de signer (ce détail est important en ce qui concerne la garantie et mes droits en tant que consommateur).

Sur le principe, les défauts ça arrive.

Mais quand c’est le cas, y a plusieurs façons d’accepter et de régler le problème. Aussi, sur une voiture neuve, je veux bien être débonnaire et accepter une défectuosité sans broncher si on me la règle rapidement et qu’on s’excuse du problème (excuses qui ne sont arrivées à aucun moment : à croire que c’est normal chez eux de me confisquer mon véhicule 15 jours après l’achat pour de multiples pannes sur du neuf).

J’ai dit une défectuosité. Dans mon cas, après 3 000 km, on en est à trois éléments qui foirent.

Aussi, entre le signalement du premier problème et le confinement il s’est écoulé 4 semaines et demie. Et entre la fin du confinement et la réparation, 3 semaines et demie. Si j’exclue le confinement, donc, ça fait toujours 8 semaines entre le signalement et la réparation, dont plus de la moitié immobilisant le véhicule.

Ça fait beaucoup, je trouve. J’ai donc fini par manifester mon agacement auprès de la concession, allant jusqu’à demander un geste commercial (Spoiler : nope).

Le geste commercial, du coup ?

Après la découverte du problème batterie, et après avoir attendu déjà 1 mois (dont 3 semaines avec la voiture de courtoisie) j’avais soumis la demande d’un geste commercial histoire de corriger le tir vu que mon véhicule était défectueux à l’achat et était immobilisé pour réparations.
Ils ont (la direction) dit qu’on pourra rediscuter de tout ça après le confinement quand la voiture sera réparée.

Résultat : Rien.
Le seul geste que j’ai eu, c’est un geste barrière (appréciable en période de pandémie, mais pas ce que j’avais demandé).

Après avoir hésité un peu, je me suis permis de les recontacter par mail à ce sujet. Je n’ai jamais eu de réponse à cet e-mail (malgré avoir attendu la semaine).

Tant pis.

J’aurais pu être beaucoup plus compréhensif dans cet article s’ils avaient ne serait-ce qu’essayé d’adoucir un peu la situation. Manifestement, chez Hyundai, la satisfaction client c’est un concept publicitaire, pas une marque de fabrique.

Est-ce que je recommande la voiture ? ce garage ? cette marque ?

Est-ce que je recommande cette voiture ?
Oui : sur le papier c’est un super véhicule. C’est confortable, joli, équipé et elle consomme incroyablement peu. Faut juste que les composants cessent de se casser, mais autrement, c’est top.

Si la Toyota Prius est la référence sur l’hybride, sa version rechargeable est critiquée pour son manque de place, son prix élevé, son look.

La Hyundai Ioniq corrige ces trois défauts. La Ioniq conserve un design classique, profilé et moderne (et honnêtement les gens la trouvent jolie et moi aussi), mais à part ça, ça ne ressemble pas à un ovni, ni dehors, ni dedans.

Enfin, autre point positif, ce n’est pas une hybride rechargeable qui soit un SUV et qui sert donc uniquement au constructeur pour ne pas faire payer de malus écologique. La Ioniq est taillée pour tirer un max de kilomètres de la batterie (ou de l’essence), à telle point que c’est l’une des meilleures au monde en terme de basses consommation !

La version électrique par exemple, a environ moitié moins d’autonomie qu’une Tesla, mais sa batterie est seulement 1/3 de celle de la Tesla (ce qui pèse donc bien moins lourd et charge bien plus rapidement à 100 %).

Est-ce que je recommande Hyundai Clermont-Ferrand ?
Non.

Je connais des boîtes d’intérim qui traitent mieux leur marchandise qu’eux leurs clients.

Simple exemple : à la livraison, ils ont ainsi été incapables de me trouver la plaque minéralogique avec le département que je voulais. On m’avait pourtant assuré lors de la commande qu’il n’y aurait absolument aucun problème, les petites fleurs, les petits oiseaux et tout le tralala.

Je reconnais que j’ai demandé un numéro bizarre (une simple geekerie, mais un numéro parfaitement officiel), mais ils auraient pu vérifier leur stock et me dire « non pas possible » dès le départ, je ne me serais pas barré juste pour ça. Pour ce que ça coûte en ligne, l’effort aurait pu être fait et apprécié. J’ai connu des vendeurs plus investis qui l’auraient fait avec plaisir.

Quant au service-après-vente, leur absence de réponses aux e-mails qui figure pourtant sur leur carte de visite ou sur le site ou dans leurs paperasses ; et leur façon de me prendre pour un con en disant que les problèmes viennent de moi, merci mais non merci.

Dois-je parler de l’absence de geste pour avoir vendu une voiture neuve avec une, deux, trois défectuosités ayant nécessité 5 semaines de garage en seulement 4 mois ?

Est-ce que je recommanderais Hyundai ?
Je ne sais pas.
J’aurais clairement espéré un peu plus de fiabilité sur du neuf. Ça ne fait pas sérieux et me fait peur pour la suite.

S’ils veulent me faire changer d’avis, qu’ils commencent par avoir un peu d’estime pour le client, et, surtout, que ma voiture ne présente pas de panne pendant looooongtemps à partir de maintenant. Après je pourrais refaire le point sur leur cas. Désormais va falloir qu’ils prouvent que leurs voitures sont fiables.

Déroulé des événements au SAV

Ici le déroulé des événements. Je vais faire comme mes autres articles du style et faire un listing en "J+n" pour chaque mise à jour de la situation.
Je sais que vous aimez bien ce genre d’articles (moi aussi en fait :p) donc rigolez bien.

J+0
Je pars du garage avec la voiture flambant neuve (17 km au compteur !).

J+1
Après un trajet de ~300 km (conduite mixte électrique/hybride), la batterie est vide, et au lieu de passer sur le thermique, l’ordinateur de bord affiche des erreurs. J’ai pu rentrer chez moi quand-même malgré les erreurs et le comportement aléatoire de la voiture, et la mettre à charger.
Il est 23 h, mais j’envoie tout de même un e-mail au vendeur pour lui signaler (c’est aussi pour ça que je préfère l’e-mail au téléphone : ça s’envoie quand on veut, et ça se lira quand on voudra).
J’indique aussi avoir lu (même avant l’achat) des posts de forums de cas similaires. J’étais donc averti de certaines maladies de cette voiture : 3 cas renseignés en ligne dans les langues que je maîtrise et leur soumet (si ça peut les aider…).

J+2
Le même problème, la même batterie vide. Je comprends déjà qu’il faut que j’arrête de vider la batterie complètement, que le problème n’apparaît autrement pas.

J+3
Le vendeur me répond qu’il transmet ça au service SAV. Je passe les voir après mon travail le jour même. Ils prennent la voiture, branchent leur boîtier, détectent le problème et m’annoncent qu’ils vont envoyer ça à Hyundai France pour savoir quoi faire. En attendant, je suis invité à continuer à rouler tant que je ne vide pas la batterie. Pas de problème.

J+8
Sans nouvelles, je les appelle. On m’apprend qu’il va probablement falloir changer tout le pack batterie. Un « technicien batterie » sera déplacé. On me prêtera une voiture. RDV fixé a dans dix jours.

J+18
Je leur laisse ma voiture et repars avec une voiture de prêt. Une Hyundai i20 essence. Ou plutôt, devrais-je dire « sans essence » car il y avait 29 km d’essence dans le réservoir (1,5 litre environ). Niveau radinerie, c’est du niveau « sachet de chips Lays ». Je n’attends pas qu’ils fassent le plein, c’est toujours comme ça avec les voitures de prêt, mais pas à ce point quoi…
J’imagine que c’est l’emprunteur précédent qui n’a pas eu le respect de remettre 5 litres dedans, mais bon, prêter une voiture avec un litre et demi dans le réservoir, faut pas avoir honte.

J+22
Le papier du prêt d’une voiture mentionne « prêt pour 3 jours et 200 km », et le fait que ça va coûter cher au-delà. Du coup je cherche à savoir si j’aurais à débourser quoi que ce soit. J’ai dû appeler plusieurs fois, envoyer 3 e-mails, essuyer un raccrochage. Après avoir exigé (par e-mail) une réponse sans quoi je contactais leur direction et la DGCCRF (oui faut en arriver là pour avoir des réponses même simples). On daigne me rappeler et m’assurer que non, rien ne me sera facturé (malgré le papier qui dit le contraire).

J+33
Début du confinement. Le réseau Hyundai ferme. Pour ma part, je continue de travailler normalement et j’ai toujours la voiture de prêt.

Rien n’a bougé sur ma voiture depuis qu’ils l’ont. Ça commence à m’agacer de me retrouver coincé avec une voiture de prêt pour potentiellement plusieurs mois alors que je viens d’acheter une voiture neuve.
J’envoie un e-mail à la concession (sa direction) pour leur dire et que je souhaiterai reprendre ma voiture et qu’ils n’auront qu’à me dire de la rapporter une fois qu’ils auront reçu les pièces de rechange.

Je glisse également dans l’e-mail qu’un geste commercial serait apprécié à ce niveau, pour le désagrément de s’être fait refourgué un véhicule défectueux d’une part et pour le fait de me retrouver pendant ce qui s’avérera environ 4 semaines avec une voiture qui n’est pas à moi, qui n’est pas pareil et qui consomme nettement plus aussi.

On me répond par e-mail qu’ils peuvent s’arranger pour que je récupère ma voiture dès que je peux même en plein confinement : l’on viendra libérer la voiture et je n’aurais qu’à repartir avec. Pour le geste commercial, on me dit que l’on verra ça plus tard, lors de la restitution de la voiture une fois qu’elle aura été réparée.
Quoi qu’il en soit, je récupère la voiture quelques jours après.

J+77
La caméra de recul décide d’afficher un écran bleu. J’envoie un e-mail accompagné d’une photo au garagiste. En plein confinement, je n’attends pas une réponse, c’est juste pour qu’ils ajoutent ça au dossier (c’est aussi pour ça que préfère l’e-mail… comment ça je me répète ?).

J+88
Fin du confinement. Le réseau Hyundai rouvre lui aussi ses portes.

J+93
Le système SIM de la voiture tombe en rade. Contrairement à ce que me dira Hyundai, ça ne vient pas de la couverture réseau : la connexion ne marche nulle-part, alors même que ça marchait avant (et ça marchera après qu’ils auront bricolé dessus).
Le jour de l’apparition de la panne, j’ai fait un « soft reset » : ça ne change rien. Cerise sur le gâteau : sans connexion internet native à la voiture, impossible de switcher sur la connexion internet de mon téléphone. C’est un peu con, mais je suis bloqué sur ce point (même si ça n’empêche pas de rouler, encore heureux).

Re-belote, un e-mail. Je leur dis clairement, dans un e-mail au ton agacé, que tout ça devient grotesque : c’est un véhicule neuf ou une voiture Frankenstein sortie d’une casse auto ?

Je ne vais pas attendre que toutes les fonctions du véhicule tombent les unes après les autres. Pour le moment ce sont des accessoires non-essentiels. Si le prochain truc qui lâche c’est l’airbag ou la direction, c’est une toute autre histoire.

J+95
Le premier jour ouvré suivant, malgré l’absence de réponse à mon mail, je me rends à la concession, à la base pour faire constater les défauts sur la caméra de recul et le système SIM.

Ils ne regarderont ni l’un ni l’autre, à la raison qu’il n’y a aucun technicien de disponible (lol).
Sur la question de la batterie, on m’assure que la batterie est commandée (on m’avait annoncé ça début mars aussi — on est mi-mai) et qu’elle devrait arriver dans la semaine. Je serais rappelé avant la fin de la semaine.

J+105
Une semaine après la fin de la semaine durant laquelle ils devraient m’appeler, toujours rien. Pas de nouvelles. Ça me fait chier. Je songe à passer par une mise en demeure de réparer ma voiture rapidement.

Je décide de les appeler pour les prévenir de ma décision (le courrier sera remis le lendemain). Je commence par leur demander s’ils ont des nouvelles de la batterie : on me dit que la livraison est prévue le lendemain matin.
Je serais rappelé à la livraison pour un RDV au plus vite. Ils ont détecté mon agacement, ou c’est juste que la batterie leur prend de la place ? Vu que ça semble (enfin) bouger, j’écarte temporairement l’idée de la mise en demeure.

J+106
Ils m’appellent et me proposent de prendre un RDV pour changer la batterie hybride. RDV pris pour J+109. On me dit que la voiture sera immobilisée quelques jours et que, de nouveau, j’aurais une voiture de prêt.

J+109
Je leur laisse la voiture. Ils constatent les deux autres problèmes (caméra + SIM). Je repars en Hyundai Kona. C’est un SUV, j’aime pas les SUV, mais ne crachons pas dans la soupe.
Combien d’essence dans le réservoir cette fois ? 90 km. Je peux au moins me rendre chez moi pour ce soir sans avoir à la pousser.

J+114
On m’appelle à 35 minutes de la fermeture du vendredi soir pour me dire que la voiture est disponible. Je fonce la chercher pour l’avoir pour le week-end.

Tout semble effectivement en ordre :

  • la fonctionnalité SIM est revenue : ils ont indiqué avoir procédé à une mise à jour du programme du tableau de bord et ça a réglé le souci ;
  • la caméra aussi marche : ils m’indiquent l’avoir remplacé à neuf ;
  • et bien-sûr la batterie hybride également. À ce stade, je ne pouvais pas juger du fait que la batterie soit bonne, mais après un trajet de retour jusqu’à chez-moi il s’avéra que ce fut effectivement le cas (non sans stresser un peu quand-même) : la voiture passe correctement sur le thermique et le mode hybride simple. Enfin !

J+118
La connectivité disparaît de nouveau. J’hésitais à désactiver ce mode pour laisser la voiture passer la connexion de mon téléphone. Maintenant c’est de nouveau impossible. Fuck.

Après avoir partagé mon agacement sur Twitter, un utilisateur m’a envoyé l’astuce d’utiliser un stylo pour appuyer sur le petit bouton « reset » en bas à gauche (perso je pensais que c’était le micro pour la commande vocale).

Effectivement ça marche : un appui court simple suffit : l’écran reboot alors. Le problème est donc logiciel : parfois la connexion se perd et le système plante et ne se reconnecte jamais (rendant également inopérant l’application Bluelink — sur la voiture — que je ne peux donc pas rebooter).

S’il faut faire ça tous les 4 jours, c’est quand-même pas bien normal, mais on s’y fera. Je préfère ça que passer ma vie chez Hyundai. Et au pire je passerais en Wifi en plus du Bluetooth depuis le téléphone (car oui, tout faire passer par le seul Bluetooth aurait été trop simple).

M’enfin, ce problème de connectivité est partiellement résolu. Je ne sais pas d’où ça vient, mais je peux y remédier moi-même et c’est l’essentiel.

Par contre c’est bien triste que ce soit un internaute qui me donne la solution. On se demande qui sont les experts à la fin.
Le lendemain, Hyundai Clermont m’a répondu. Malheureusement ça ne m’a pas aidé : ils n’ont pas compris mon problème. Pas grave, ça ne changera rien du tout.

Voilà. J’espère que c’est tout…

Achat d’une voiture hybride rechargeable [2] : la Hyundai Ioniq

La Ioniq.

Cet article fait partie d’une série d’articles sur un retour d’expérience de l’achat d’une voiture hybride rechargeable, à savoir la Hyundai Ioniq plug-in.

Chaque article relate un des aspects de mon achat :


TL;DR :

  • très bonne voiture, j’aime le design, le confort, les options. Quelques petits défauts (rien n’est parfait et je suis perfectionniste, hein) ;
  • consomme très peu d’essence, mais reste un véhicule cher dont la rentabilité économique n’est atteinte qu’après moult kilomètres parcourus ;
  • rouler en électrique c’est génial, mais faut faire gaffe au silence et aux autres usagers de la route qui ne nous entendent pas.

Pourquoi la Ioniq

Déjà, je ne suis pas un bagnolard. Je m’intéresse à la technologie et à l’ingénierie sous-jacente, mais justement : les voitures thermiques reposent sur une techno qui a un siècle et vu que ça pollue massivement, je ne considèrent pas ça comme particulièrement beau.

Durant très longtemps je n’ai d’ailleurs pas eu de voiture : je faisais tout en vélo ou en train. J’aurais continué si la configuration de ma vie n’avait pas changé (ni l’arrêt des tarifs « jeune » qui ne s’appliquent plus à moi :'()..
Par la force des choses, ce n’est pas le cas. Je vous rassure : je ne vais toujours pas chercher mon courrier à ma boîte aux lettres avec la voiture, mais faire 36 km par jour pour le travail, c’est un peu trop pour les faire en vélo.

De plus, je suis très pointilleux sur à peu près tout : j’ai un « cahier des charges » assez long pour n’importe quel truc un tant soit peu fonctionnel que j’achète : ordinateur, téléphone, clavier, four à micro-onde, et donc aussi une voiture. Et comme j’ai l’habitude de faire des retours de ce genre d’acquisitions, ça explique cet article.

À l’époque où je cherchais une voiture, les constructeurs français n’avaient aucun catalogue hybride et encore moins hybride-rechargeable. En électrifié au sens large, ça se limitait à la Zoé et la Twizzy de chez Renault. Si je suis convaincu que c’est l’idéal pour certains domaines, ce n’était pas du tout ce que je recherchais.

Tout ce qui est voiture allemandes, c’est non également. Leurs « hybrides rechargeables » ont des autonomies bidon, des allures de SUV (non merci !) et des consommations peu intéressantes, en plus d’être trop chères.

Pour info, je n’y croyais pas au début pour la Hyundai, mais l’autonomie électrique annoncée de 63 km se tient plutôt bien : j’atteins systématiquement les 60 km si je route normalement et à vitesse légale. Je suis également en région montagneuse, ce qui joue peut-être dans un sens comme dans l'autre, mais l’autonomie est réelle pour ce que j’en fais et c'est plutôt une bonne nouvelle.

En cherchant parmi les quelques hybrides rechargeables présentes sur le marché, j’ai découvert la Ioniq, qui m’a visuellement (beaucoup) plu.
C’était ça ou la Toyota Prius 4, mais son intérieur me déplaît (le compteur au centre affiché sur l’écran d’un convertisseur euro, c’est non).

Pour ce qui est de l’extérieur : rien à dire, atypique mais c’est propre et joli, là où la Prius est atypique mais… pas forcément de mon goût, pour le dire ainsi. La voiture est très aérodynamique et basse, ce qui joue beaucoup pour l’efficience énergétique (un gros plus pour moi) et on n’a pas l’impression de tanguer dans tous les sens comme dans un chariot en bois (ou un SUV, ce qui revient au même).

L’intérieur est très stylé (forcément pour une telle gamme), mais l’écran central de 10 pouces qui regroupe l’ensemble des informations y est pour beaucoup. Cela réduit beaucoup l’aspect « cockpit » d’avion surchargé de boutons. Ce n’est toujours pas une Tesla hyper-épurée où l’écran sert à tout, mais quand-même. Je pense qu’ils auraient pu aller beaucoup plus loin (mettre la gestion du chauffage sur l’écran, tout comme certaines options qui ne servent qu’occasionnellement), mais c’est déjà plus joli que la précédente version de l’Ioniq (versions 2016 à 2019), ce qui est également pourquoi je voulais une version 2020 absolument.

Comme toutes les hybrides, le passage électrique / thermique est automatique et calculée par l’ordinateur de bord. On peut aussi choisir un mode électrique : dans ce cas il roulera ce qu’il peut sur la batterie puis passera en mode hybride ; un mode hybride où il maintiendra la charge de la batterie (en vue d’une traversée d’une ville un peu plus tard, par exemple). Il y a aussi un mode automatique où il doit, je suppose, distribuer l'autonomie électrique sur les endroits d'un trajet pré-défini pour en tirer le plus de kilomètres possible, mais en réalité je n’en sais rien et je pense que personne ne sait réellement ce que ça fait.

Un mot sur les fameuses palettes au volant

Je ne peux pas parler de cette voiture sans mentionner rapidement les fameuses palettes au volant, qui permettent de choisir le niveau de freinage régénératif lorsque l’on lâche l’accélérateur.
Sur un véhicule thermique, relâcher l’accélérateur constitue un freinage moteur. Sur une électrique, cela constituera un freinage moteur électrique : le moteur tourne alors en génératrice et l'énergie cinétique perdue par la voiture est réinjectée dans la batterie. On parle de freinage régénératif. Les palettes permettent alors de choisir la force du freinage régénératif.

Dans la Ioniq, mes niveaux sont 0, 1, 2, 3. En zéro, c’est pratiquement de la roue libre. En 3, le freinage est aussi important qu’un freinage plaquettes « normal », et les témoins de freinage s’allument derrière. Les niveaux 1 et 2 sont intermédiaires.

Comment ça marche ?
En fait, quand on branche une dynamo à une roue qui tourne, la dynamo transforme l’énergie de rotation de la roue en électricité. Ce qui est produit en électricité est perdue par la roue.
Maintenant, si l’on ne branche que la dynamo (avec aucun appareil à alimenter), il n’y aura pas de consommation de courant et donc pas de charge sur la dynamo : la roue ne ralentit que peu.

Si maintenant on branche un appareil électrique, l’électricité produite par la dynamo peut aller fuir dans l’appareil et la dynamo peut de nouveau capter de l’énergie de la roue et la transformer. Là, la roue perd nettement plus de vitesse et ça freine.
Si enfin on branche plusieurs appareil sur la dynamo, la charge monte et la roue ralentit également beaucoup plus vite. C’est comme ça qu’on peut contrôler le pouvoir freinant d’une génératrice sur la roue qui la fait tourner.

Alternativement aux palettes au volant, une partie de la course de la pédale de freinage permet de jouer sur le freinage régénératif, sans toucher aux plaquettes. Il me semble que c'est là le comportement choisi par Tesla sur ses voitures (qui n'a pas de palettes au volant). Dans tous les cas, si vous freinez des plaquettes, vous régénérez également : le moteur électrique capte alors ce qu'il peut et le reste finit en échauffement dans les disques de frein puis dans l'air, perdu.

À la présentation et à l'essai du véhicule, le vendeur disait que c’était comme un jeu, une nouvelle façon de conduire et c’est effectivement le cas !
En soi, c'est juste un frein moteur modulable directement (et nettement plus fort qu’un simple frein moteur, même en rétrogradant). Bien-sûr, on doit toujours avoir le pied prêt à freiner, mais autrement la pédale de frein ne sert qu’au freinage d’urgence et pour s’immobiliser sur les derniers mètres avant un arrêt : la voiture étant dotée d'une boîte automatique, elle roule "toute seule" à environ 15 km/h. Pour s'arrêter, le freinage plaquette est obligatoire.
Certains disent avoir fait 200 000 km avec les mêmes plaquettes de frein sur des voitures électriques : on verra si je les fais aussi, mais si je m’en sers que comme maintenant cela ne me semble pas irréalisable.

Juste pour l’exemple, histoire de chiffrer ce truc de freinage régénératif : j’ai fait un essai quand je suis monté à 1 400 mètre d’altitude et que je suis redescendu… En haut, ma batterie indiquait 35 % (12 km d’autonomie électrique). Arrivé en bas à 520 mètres, j’avais 60 % (31 km).
La descente était prononcée, mais c’est ça l’avantage de l’hybride (rechargeable ou pas) sur un véhicule thermique. Sur le thermique, le moteur tournerait dans le vide durant la descente (consommant de l'énergie pour rien) et le gros du freinage se fait avec les plaquettes de frein (900 mètres de dénivelés absorbés en échauffement et en usure par les plaquettes).

Avec mon hybride, je n’ai pas touché une seule fois à la pédale de freinage et j’ai tout récupéré dans la batterie, en dosant plus ou moins grâce aux palettes du volant.
Les 19 km d'autonomie récupéré sont purement gratuits. Pour une voiture normale, cela représente environ 1 L d’essence, pas juste économisé, mais réellement « reconstitué » et qu’on peut utiliser pour aller plus loin.

Bien-sûr, ce n’est pas tous les jours que je fais de tels dénivelés, mais que ce soit en montagne dans les descentes, ou juste en récupérant au freinage sur le plat, on arrive à des consommations très basses simplement parce qu’on récupère ce qu’on aurait perdu avec une voiture normale. L'hybride tire sa sobriété en carburant de ces mécanismes astucieux.

Une chose à savoir : si la batterie est pleine, le régénération ne marche pas. C'est logique, mais il faut en tenir compte. Dans mon cas particulier, mon trajet quotidien pour aller au travail débute par une grande descente puis un STOP. Si je charge la voiture à 100 %, je dois me servir des plaquettes. Pour contourner le problème, je charge donc à 95 % et je réalise une triple économie : non seulement je ne paye pas les 5 derniers pourcent d’électricité, mais en plus la descente me recharge un peu la batterie de 1~2 km et enfin je n’use pas les plaquettes non plus. C’est une simple astuce applicable dans certains cas.

Voilà pour la présentation.

Remarques en vrac sur la voiture

Ici quelques remarques (surtout des idées d’améliorations pour Hyundai, si on peut dire) sur la voiture elle-même, en vrac :

  • La recharge rapide sur borne, qui est absente. Cela réduit à néant la pertinence d'une recharge sur borne quand celle-ci est facturée à la minute (cela reviendrait 5 fois plus cher que l'essence). Par ailleurs, le câble T2-T2 n'est pas fourni avec. C’est compréhensible (cela reste une plug-in et pas une pure électrique), mais dommage.
  • La trappe de charge qui est parfois difficile à refermer (je m'y reprends parfois plusieurs fois), sans compter les fois où que j'oublie de la refermer le matin, mais ça, ça ne vient pas de la voiture.
  • Le système de chauffage qui requiert le moteur thermique. C'est le gros défaut de la voiture. Il est compréhensible pour Hyundai d'avoir fait comme ça sur les versions hybrides/plug-in, mais ça reste dommage de ne pas avoir de chauffage purement électrique. Bon point cependant : si vous mettez le chauffage, le moteur thermique tourne pour chauffer le circuit de chauffage. La rotation n'est pas perdue cependant car le couple moteur alimente alors le générateur électrique, qui recharge la batterie. Tout n'est donc pas perdu, même si ce n'est pas la façon la plus efficiente de recharger une batterie de voiture.
  • D'ailleurs toute l'interface du système de chauffage est mal foutu : les boutons avec tous les différents modes sont assez bordéliques et certains s'annulent les uns les autres. Comment on fait pour fermer toutes les voies d'air et ne pas recevoir d'air dans la tronche ? Comment je fais pour avoir juste de l'air extérieur ?
  • L'aérodynamisme de la voiture est excellente, mais elle est telle que la vitre arrière se salit très vite : les turbulences renvoient toute la crasse sur l'arrière de la voiture (bien plus que sur les autres voitures). Avec l'absence d'essuie glace arrière, ça peut être gênant.
  • La fonction « auto hold » (qui maintient la voiture à l’arrêt après une immobilisation du véhicule, même quand on relâche la pédale) n'est pas mémorisée par le système : il faut la réappuyer sur le bouton à chaque reboot de la voiture. Pourquoi ? Une option dans le menu des paramètres sur l'écran du compteur serait appréciable. Certaines autres options sont bien mémorisées, elles. J’espère qu’une mise à jour pourra corriger ça (mais je doute que cela arrive un jour).
  • L'essuie glace automatique est une plaie : parfois il se déclenche vite, parfois trop lentement. Je sais que ça fonctionne via une caméra et que ce n'est pas facile, mais ça reste améliorable un lissage sur la courbe de détection de quantité de pluie pourrait améliorer les choses. Heureusement on peut rester en manuel et c’est ce que je fais. Tant qu'on y est : je trouve les essuie glace peu performants. Je ne sais pas s'ils sont montés à l'envers ou s'il s'agit du fait qu'ils soient neufs ou bien le pare-brise, mais ils laissent des traînées, même propres et lavées à la main. Je songe à en changer, juste pour voir.
  • L'insonorisation n'est pas mauvaise en soi, mais le mode électrique reste bruyant, je trouve. Il semble que les pneus Michelin Energy Saver (fournis de base) ne soient pas des plus silencieux. Le bruit aérodynamique n'est que peu gênant, mais les bruits de roulement sont importants à vitesse modérée (50-80 km/h). Les pneus semblent servir de cavité de résonance sur certains revêtements. A voir avec d'autres pneus. Un revêtement anti-bruit sur la carrosserie dans le sous-coffre aurait pu faire du bien également (certains y mettent un drap en laine pour étouffer les bruits, mais en faisant très attention de ne pas isoler thermiquement le pack batterie).
  • Il y a un mode dans l'interface qui élève le volume sonore de la musique quand on gagne en vitesse, pour palier au bruit de la voiture, justement. Je n'en perçois pas les effets. Est-ce que c'est ineffectif pour la musique jouée en Bluetooth ? Par ailleurs, un égaliseur de volume audio pourrait être appréciable : je passe mon temps à monter/baisser la musique (mais ça vient peut-être de ma bibliothèque MP3). Il n'empêche que sur une voiture avec un système sonore Infinity 7.1, pas d'égaliseur de volume est un peu étrange.
  • Un mode pour placer la vidéo de son téléphone sur l'écran 10" serait pas mal. Seulement à l'arrêt, bien-sûr. Google/Android s’y refuse pour le moment via Android Auto. Compréhensible mais un peu bête tout de même : on a une énorme tablette dans la voiture (10,25 pouces) mais on ne peut pas déporter l’écran de son téléphone dessus.
  • L'interface générale des écrans dans les voitures sont horribles. Trop carrés, trop rustres. Ils ont 10 ans de retard par rapport aux interfaces contemporaines. C'est juste de la déco : ça devrait pouvoir être amélioré simplement pourtant. Tesla a fait un truc lisse, transparent et claire, bref magnifique et agréable. Tous les autres constructeurs, dont Hyundai, s'en tiennent au gris, carré et labyrinthique. C'est dommage. Android Auto n'arrange rien : c'est toujours nettement moins beau et travaillé que Apple Car. Ils devraient embaucher des designers et responsables de l'expérience utilisateur.
  • L'éclairage de l'habitacle est fait avec des ampoules non-Led (tous les autres éclairages extérieurs sont à Led). C'est dommage : ces lampes deviennent brûlantes après seulement 5 minutes et éclairent jaune (pas blanc). Ça doit pouvoir se changer et je n’y manquerai pas. Sur une telle voiture, c’est un détail qui fait tache.
  • L'appli Hyundai Live est d'une utilité limitée pour les hybride et plug-in. Oui, on peut envoyer une destination sur le GPS de la voiture, ou verrouiller à distance la voiture, mais ça s'arrête là, et on s'en sert pour programmer ou forcer la charge. Sur la version électrique, on peut régler le chauffage/clim quelques minutes avant de prendre la voiture. Ça aurait été sympa aussi sur la plug-in (en supposant qu'il y ait eût un chauffage électrique, pas thermique).
  • Impossible de programmer un arrêt de charge quand ça arrive à XX %). Si l'on veut arrêter à 95 % de charge, on doit soit surveiller la charge, soit programmer une heure de fin de charge approximative. On fait avec.
  • Pas de lumière dans la boîte à gants ?
  • La voiture a un mode de maintient de la charge de la batterie d'accessoires 12 V. C’est assez amusant que les voitures électriques ont besoin d’une batterie 12 V, mais c’est un fait (même les Tesla). Cette batterie se vide tout doucement quand vous ne vous servez pas de la voiture. Elle se recharge avec l’alternateur quand on roule. Sur les Ioniq et la Yaris Hybride (de mémoire, peut-être d'autres voitures aussi), elle se recharge via un transformateur depuis la batterie de propulsion (qui est une batterie haute tension de 400 V). Sur la Ioniq, la voiture surveille l’état de la charge de la batterie 12 V et peut décider de la recharger, même quand la voiture est stationnée et inactive. Même après 6 mois, donc, vous devriez pouvoir démarrer la voiture sans problème (je n’ai pas essayé, mais j’ai déjà vu ce mode s’activer).
  • A l'instar de la Toyota Prius ou de la Honda Civic, la vitre arrière de la Ioniq est scindée en deux avec une barre au milieu. Cela réduit la visibilité arrière, c'est certain, mais c'est bien moins gênant que ce que j'aurais imaginé avant d'acheter. A vrai dire, ça ne dérange en rien et on s'y fait tout seul dès le début. Mieux, la nuit, la barre est placée au bon endroit pour bloquer les phares de la voiture qui nous suit. Au final, ça ne constitue pas un défaut.
  • Pas d’essuie glace arrière. Pour l’eau ça ne gêne pas (le système de dégivrage fait le boulot), mais pour la saleté c’est autre chose…
  • La voiture dispose de 4 niveaux de freinage régénératif : 0, 1, 2, 3. Plus on augmente le niveau, plus la voiture décélère (et l'énergie est réinjectée dans la batterie). C'est pratique pour doser son niveau de freinage dans une grande descente. Seul manque : il n'y a pas de mode "roue libre total". Même en position 0, il y a un freinage régénératif très léger. Un vrai mode roue libre permettrait de maintenir sa vitesse par inertie ou par gravité dans les faibles descentes ou sur le plat. Ils auraient pu le mettre (peut-être est-ce une disposition réglementaire sur les voitures de ne pas prévoir de roue libre totale ?).
  • A l'allumage et à l'arrêt de la voiture, il y a une petite tonalité de démarrage ainsi que des tut-tut-tut. Sur la version précédente de la voiture, il était possible de la désactiver, sur la version 2020, ça ne semble plus être le cas. C'est un peu con.
  • En mode sport, les palettes au volant deviennent des palettes pour changer les vitesses. Je ne m’y fais pas (d’ailleurs, quand je conduis une autre voiture, les palettes me manquent également). Je n’utilise le mode sport que très rarement, généralement soit pour forcer le thermique et le faire chauffer pour l’utilisation du chauffage, soit pour dépasser un autre véhicule, mais ça suffit pour me faire faire l’erreur.
  • Il y a des loupiottes et leur interrupteur sous les pares-soleil. Si la lumière est restée allumée quand vous refermez, l’encadrement du miroir de courtoisie vient taper sur l’interrupteur et éteindre la lumière : c'est un design très intelligent, pour le coup ;
  • Le chargeur à induction s’arrête quand on ouvre la portière. D’une part ça arrête la charge, mais aussi les téléphones se réveillent quand on coupe la charge : cela attire l’œil et évite de l’oublier dans la voiture ;
  • Le sous coffre contient assez de place pour y mettre des câbles, des sacs, le kit anti-crevaison, le triangle… Mais ce n’est pas aussi pratique que dans la version électrique, où le câble se loge dans les côtés du coffre, ce qui n’oblige pas de vider le coffre pour y accéder ;

Quelques astuces que j'ai mis du temps à découvrir :

  • Pour changer l'intensité (et la vitesse) de charge : 1) brancher le chargeur sur la prise murale 2) ne PAS brancher sur la voiture 3) appuyer sur le bouton noir en caoutchouc au dos du bloc chargeur : on tourne alors entre les choix 8, 10 et 12 ampères. Enfin, brancher sur la voiture. Le choix est mémorisé. Perso j’opte pour une vitesse de charge réduite (8 ampères) car je charge la nuit, j’ai tout mon temps, et que je préfère ne pas surcharger le réseau électrique de ma maison (surtout la nuit où mon chauffe-eau tire déjà pas mal de courant).
  • Le petit bouton sur la poignée de porte permet de déverrouiller la voiture si vous avez la clé de la voiture sur vous. L'astuce est qu'elle permet également de verrouiller la voiture : quand vous quittez la voiture, il suffit d'appuyer dessus. C'est trivial, mais au début je me servais de la clé ou de l'appli Android, n'ayant pas découvert cette possibilité. Aussi, sachez que la voiture ne se verrouillera pas si la clé est présente dans la voiture.
  • Enfin, la clé de la voiture a un tout petit bouton : si vous appuyez dessus, une clé physique peut en être retirée. C'est avec cette clé que l'on peut bloquer/débloquer la sécurité enfant sur les portes arrière ou forcer le déverrouillage de la portière conducteur de façon mécanique (il y a un petit orifice caché sous la poignée), devait-il y avoir une panne de la clé ou si la batterie 12 V est vide.
  • Si l’on désactive le régulateur/limitateur parce qu’on approche un croisement ou qu’on sort souhaite doubler, si l’on appuie vers le bas, ça met le régulateur/limiteur à la vitesse actuelle et si l’on appuie vers le haut, ça le remet à la vitesse précédente ;

De l'explosion (non !) de la facture EDF

Enfin : niveau EDF, j’ai un abonnement heures-pleines / heures creuses.
Avec un abonnement normal, le prix du kWh est constant toute la journée (par exemple 0,16 € le kWh). Avec l’option HP/HC, la journée est à 0,18 € et la nuit c’est à 0,14 €. Il est évident que je recharge préférentiellement en heures creuses, donc la nuit après 22h30 en ce qui me concerne.

L’abonnement HP/HC est cependant plus cher de 2~3 euros par mois. Avec une hybride-rechargeable, je rentre tout juste dans ces frais : l’économie engendrée par la recharge en heures creuses est légèrement plus fort que le surcoût de l’abonnement.
Si j’avais acheté une voiture 100 % électrique, nul doute que l’option HP/HC serait très intéressant (surtout si l’on roule plus de 50 km). Pour une hybride rechargeable, c’est intéressant mais les économies sont de l’ordre de 2 ou 3 euros par mois seulement. Par contre, cela reste deux à trois fois moins cher que l’essence, et donc toujours bien moins cher de ce côté là.

Il faut bien se dire une chose avec l’électrique : ce qu’on paye en plus à EDF, on n’en paye plus le triple à la pompe !

On peut faire un petit calcul simple : la batterie fait 8,9 kWh. A raison de 14 centimes le kW, ça revient à 1,25 €. Comptons 1,30 € pour inclure le fait que la recharge n'a pas un rendement de 100 %. Avec ça, je roule 60 km.

Cela me revient à 2,15 € d'électricité au 100 km.
Si je roule 1 000 km par mois en électrique (ce que je fais en allant au boulot tous les jours), effectivement la facture EDF va monter de 21 € TTC.

Maintenant, pour le coût en essence pour faire 1000 km : on est plutôt autour des 60-90 € de carburant, selon le carburant, la conso et les fluctuations des prix. Même le E85 ou le GPL ne s’approchent pas de ça niveau prix.

Donc oui, dans un sens, la facture EDF « explose » de vingt euros. Mais en contrepartie, on fait le plein d'essence beaucoup plus rarement (ça reste une hybride, pas une électrique pure).
À ce jour, j'ai fait 3 500 km en 3 mois avec un seul plein fait durant le confinement à prix réduit (un plein et demi, si l'on tient compte de l'essence déjà présente dans le réservoir lors de l'achat).

De la consommation globale aidée par l'électrique

La plug-in reste une hybride : sur les longs trajets, le moteur essence reste indispensable : la batterie est trop petite pour faire tout le trajet.

Néanmoins, la voiture est très sobre et le système hybride tire clairement son épingle du jeu.

Par exemple, un week-end j'ai fait un trajet de 357 km. A la fin, j'avais fini mes 60 km électriques, mais sur le trajet global, j'ai consommé 3,1 L/100 d'essence. C'était un trajet très complet : traversés de villages et villes, route, autoroutes, le tout en Auvergne, donc la moitié du temps en montagne.

Sur un trajet pratiquement identique mais en ayant rechargé la voiture à ma destination (en vue du retour), je suis resté à 2,7 L/100.

Y a pas à dire : récupérer l’énergie perdue au freinage et dans les descentes, c’est économe !

Est-ce rentable d'acheter ou de rouler en électrique ?

Je vais faire un calcul, en prenant pour commencer la Ioniq Electric (qui consomme autant d'électricité au km que la Plug-in) et en considérant que l'on ne charge qu'à la maison (donc tarif EDF). Cela revient donc à 20 € au 1 000 km.

Je vais comparer ça à une voiture thermique équivalente (141 ch) essence pour lequel j'estime le coût à 80 € de carburant aux 1 000 km (le coût au km est la seule façon de comparer les deux types de véhicules).

La Ioniq Electric coûte 34 000 €.
Une thermique normale de 141 ch, je dirais plutôt 15 à 20 000 euros. Disons 17 000€. Moitié moins, donc, bien que ça semble sous estimé, mais ça simplifie les calculs.

Avec ça, on trouve que l'on devient rentable sur l'investissement après 283 000 km (on économise 60 € par tranche de 1 000 km).

On est d'accord que peu de monde conserve sa voiture suffisamment longtemps ou roule 283 000 km pour être pleinement rentable.

Est-ce que ça vaut le coup ? Pour ma part, je pense que le confort de conduite, l'expérience, la catégorie du véhicule les factures d'entretien quasi-vides sur une électrique sont aussi des choses qui jouent lors de l'achat d'une voiture. Sans compter que l’on prend une voiture à 30 k€ : c’est un peu plus confortable qu’une entrée de gamme. Le prix n’est pas juste celui d’un véhicule électrique : c’est celui d’un véhicule de gamme supérieure (rassurez-vous : j’adore ça et j’aime toutes les options, mais je voulais premièrement une hybride-rechargeable, pas forcément un carrosse doré).

Aussi, certaines personnes, moi y compris, préfèrent investir d'un coup un gros montant et être ensuite tranquille, plutôt que de payer moins cher à l'achat et d'avoir à payer 50 € de carburant tous les 20 jours, ou bien 50 € de location de batterie Li-Ion en plus de l’électricité (coucou Renault Zoé !).

… Maintenant pour une hybride rechargeable, la rentabilité après investissement est encore un peu plus tardive (plutôt près de 350 000 km), mais après c’est selon ses besoins, son envie.

En ce qui me concerne, mes trajets quotidiens ne me coûtent pratiquement rien, mais pour aller loin ou en vacances, j’ai quoi qu’il arrive un budget et ça reste toujours moins cher qu’une thermique « normal ».

Un mot sur la conduite électrique

Beaucoup de revues de voitures électriques se plaignent que leur voiture ne tient pas la charge. Ils disent alors qu’ils la conduisent pourtant normalement et se demandent ce qui se passe.

Je ne me prétends pas un expert, mais je me permets tout de même de réagir à ça.

Vous avez une voiture électrique : la conduite à adopter n’est justement pas une conduite normale (en tout cas pas une conduite à laquelle on est habituée) ! Une voiture thermique et une voiture électrique ne se conduisent pas pareil !

Une voiture thermique est à son maximum d’efficience quand le moteur tourne à un régime bien précis, et l’essence est la mieux convertie en puissance quand vous êtes à forte charge et faible vitesse (de rotation). C’est là que vous consommez le moins. Il faut donc (pour consommer mois d’essence, j’entends, sans tenir compte de l’usure prématurée du moteur) passer les vitesses le plus tôt possible et atteindre la vitesse et la température de croisière le plus rapidement possible.

Avec une électrique, tout ceci n’importe plus. L’efficience est globalement constante (sauf à très haute vitesse de rotation — ce qui dans la Ioniq n’est même pas valable vu qu’il y a la boîte de vitesse, qu’une Tesla n’aura pas) et on n’a plus à se tracasser avec tout ça.
Si l’on veut consommer moins, il faut éviter de forcer : accélérer brusquement, freiner brusquement, rouler vite… c’est ça qui va consommer beaucoup de courant.

Si vous souhaitez tirer des kilomètres de votre batterie, conduisez de façon souple. Anticipez également les freinages : plutôt que de rouler à 50 km/h jusqu’au rond-point ou jusqu’au STOP puis freiner comme un taré, lâchez l’accélérateur 150 mètres avant et laissez le voiture glisser jusqu’au rond-point en ralentissant et en régénérant un peu d’énergie dans la batterie. Sur la Ioniq, ça passe aussi par les palettes au volant.

Il ne s’agit pas de rouler à 60 sur la route et à 25 km/h en ville, mais de rouler de façon souple et de savoir anticiper. Là on tirera le maximum de kilomètres d’une voiture électrique. Si vous êtes plutôt « conduite sportive » ce n’est pas grave, mais dans ce cas on ne peut pas tout avoir, et il faudra accepter de recharger la voiture plus souvent. D’ailleurs, sur une thermique c’est pareil : si on conduit sportivement, ça consomme davantage et une conduite souple est forcément plus sobre.

Sur mes thermiques, je roulais autour de 4,3 L/100 (Clio et Kangoo diesel) et avec une voiture de prêt j'étais à 4,7 L/100 (hyundai i20 essence). Oui, faire 1000 km avec un plein dans une Clio, c'est possible, et sans se traîner, si l'on connaît un peu la science des moteurs et qu'on anticipe. J'hallucine à chaque fois de voir une autre voiture avec une moyenne de consommation de 6 à 7 L/100 : vous conduisez comment, sérieux ?

… et sur le bruit !

Une voiture électrique, ça ne fait pas de bruit. Il faut en tenir compte vis à vis des piétons.
À basse vitesse, les voitures viennent avec des hauts-parleurs qui émettent ce fameux « bruit de soucoupe volante ». C’est le VESS (« système de son de moteur virtuel »).

Sur la Ioniq, on peut le désactiver, mais c’est une très mauvaise idée. Je peux vous assurer (par expérience) que personne ne vous entend quand vous roulez au pas sur un parking de supermarché et qu’il y a une personne devant vous en plein milieu du passage avec un caddie bruyant.

Il faut mieux laisser ça activé. De toute façon, ce n’est qu’à basse vitesse (au dessus de 30 km/h ça se coupe).

C’est quelque chose à laquelle il faut très attention, en zone 30 ou 20 surtout, qui sont des zones où marchent des gens, des enfants.

Quant au silence dans l'habitacle : on s'y fait également de façon très agréable. Il suffit de repasser sur une voiture thermique pour se rendre compte que ça n'a rien à voir et du boucan que fait ce dernier en comparaison.

Un dernier mot sur la consommation

(cette section a été écrite début août 2020, après avoir roulé plus de 4400 km en l'espace de 15 jours)

La principale remarque ici concerne la consommation en carburant de cette voiture : elle est incroyablement basse.

Sur 500 km d'autoroute sur un trajet Clermont-Lyon-Metz (beaucoup de plat), en roulant à la limite légale, la consommation est de 4,4 L/100. Pour une essence, c'est un très bon score. Je fais 1 050 km avec un plein (et batterie pleine).
En roulant, on note très bien le moteur thermique qui recharge la batterie en même temps de tirer la voiture, puis qui se coupe sur quelques kilomètres. Le thermique consomme un peu plus quand il tourne, mais plus rien du tout quand il laisse le moteur électrique faire le travail : au final, la moyenne s'en trouve tirée vers le bas.

Sur 600 km en montagne (je veux dire des vraies routes de montagnes, sinueuses et montant à 1700 m puis descendant à 300, plusieurs fois de suite sur des pentes à 5 à 7%), je consomme 3,6 L/100. L'atout principal étant que les descentes rechargent beaucoup la batterie grâce au freinage magnétique de la voiture. Le thermique est éteint, les plaquettes ne s'usent pas : toute l'énergie est récupérée. Et les kilomètres régénérées dans une descentes permettent de remonter une partie de la pente montante qui suit.

L'aérodynamisme de la voiture semble également jouer beaucoup : même à 120 km/h sur autoroute, il m'arrive à recharger la batterie sans perdre de vitesse, et à cette vitesse, la résistance de l'air est non négligeable (un SUV par exemple, non seulement ne rechargerait pas, mais consommerait de l'énergie !).


Dans mon troisième article, je reviens sur mon expérience avec Hyundai (achat, SAV, etc.).

Achat d’une voiture hybride rechargeable [1] : c’est quoi et pourquoi ?

La Ioniq.
Avant toute chose, vu qu’il faut le dire car sinon on se fait incendier (vive le web en 2020) : non, ce n’est pas un article sponsorisé. Oui je présente un marque, un modèle, mais c’est pas pour ça que la marque m’a payé. Voilà maintenant on peut commencer.

Cet article fait partie d’une série d’articles sur un retour d’expérience de l’achat d’une voiture hybride rechargeable, à savoir la Hyundai Ioniq plug-in.

Chaque article relate un des aspects de mon achat :


TL;DR :

  • une hybride rechargeable (PHEV) c’est une voiture avec lequel on peut aller au travail en mode électrique (pas cher, silencieux, top confort, recharge à la maison) et tout de même partir en vacances à 1 000 km sans s’arrêter ;
  • ça me semble un bon compromis entre l’électrique et l’hybride, peut-être parce qu’il combine les avantages des deux (sans déconner ?) ;

Hybride ? Hybride rechargeable ? Électrique ?

Dans une voiture thermique, c’est du carburant fossile qui alimente le moteur. C’est un système qui a fait ses preuves, mais qui n’est pas sans défauts, en particulier la pollution au CO2 et l’entretien de la mécanique.

Dans une voiture électrique, c’est une batterie qui alimente un moteur électrique. Leur avantage sont la conduite à la fois très douces et très souples, mais ayant également des performances (accélérations, tenue de route) dignes d’une voiture de course, y compris avec les voitures électriques les plus basiques.
L’absence de mécanique (pas de bloc moteur, de boîte de vitesse, distribution…) réduit l’entretien au remplissage du lave-vitre : le freinage étant régénératif la plupart du temps, les plaquettes de frein durent une éternité et il n’y a aucun fluide dont il faut faire les niveaux tous les mois (il reste le liquide de freinage, mais c’est pas à vous d’y toucher).

Seuls problèmes : le réseau de charge (Tesla mis à part) est pourri et les voitures sont encore chères. La question de la pollution globale de la voiture n’est pas un problème mais une solution face au thermique. Je n’en parlerai pas là (c’est déjà fait ici).

Dans une voiture hybride, on a un moteur thermique et un petit moteur électrique. Il y a aussi une batterie, qui ne peut pas être rechargée sur une borne ou à la maison. Vous n’aurez toujours qu’à faire le plein comme une voiture thermique classique.
Cette technologie part du constat que la conduite avec un véhicule thermique est terriblement inefficiente : un moteur thermique est à son maximum d’efficience pour une vitesse de rotation donnée. Si l’on est en sous-régime, comme en sur-régime, on brûle de l’essence de façon inutile. Or, quand on roule, hormis si l’on fait 1 000 km d’autoroute à la même vitesse, on passe son temps à changer de vitesse et donc à faire varier le régime moteur et donc à perdre de l’énergie.

Le but de l’hybride, c’est de compenser très exactement ce point. Le moteur thermique tourne toujours à son régime le plus efficace : si l’on roule trop lentement, plutôt que de tourner en sous-régime, le moteur va rester à son régime normal. Il va donc produire davantage de couple moteur que nécessaire. Cet excédant d’énergie va être placé dans la batterie. Si maintenant on roule trop vite, plutôt que de faire tourner le moteur en sur-régime, le moteur va toujours rester à son régime normal, et c’est le moteur électrique qui va combler le manque d’énergie.

De plus, lors des phases de freinage et de décélération, plutôt que d’user les plaquettes de frein, les roues vont dissiper leur énergie dans le moteur électrique, qui agit alors comme une génératrice et cette énergie va être stockée dans la batterie. Cette énergie permettra d’accélérer juste après : on récupère donc de l’énergie qui serait autrement perdue avec une voiture normale. Généralement, une voiture hybride consomme 15~20 % de carburant en moins qu’une voiture thermique équivalente, juste en jouant sur ces principes d’efficience maximale.

Une voiture hybride rechargeable, cela reste une hybride : il y a donc toujours un moteur essence et un moteur électrique. Cependant, la batterie est beaucoup plus conséquente et le moteur un peu plus puissant (la Hyundai Ioniq existe à la fois en hybride et en hybride rechargeable : la première a un moteur de 45 CV, le second de 60 CV ; la batterie passe elle de 1,5 kWh à 8,9 kWh – là où la version électrique pure de la Ioniq a une batterie de 39 kWh, et les Tesla ont des batteries autour de 50-100 kWh et un moteur de 400~500 CV).

Le principe de l’hybride rechargeable ? Avoir une hybride avec une vraie autonomie et un vrai mode électrique. De 3~4 km électrique sur une hybride à basse vitesse, on passe à 50~60 km et jusqu’à 130 km/h avec une hybride rechargeable. Dans tous les cas, si l’on enfonce l’accélérateur pour grimper une grosse côte, pour rouler vite ou pour accélérer, si le moteur électrique ne suffit pas, le moteur thermique vient l’assister.

L’avantage de l’hybride rechargeable ? C’est que si il n’y a pas de borne de recharge dans le coin (ce qui — hors Tesla encore une fois — sera probablement le cas chez vous, en tout cas en 2020), vous passez sur le moteur thermique en attendant de pouvoir charger où vous pouvez. L’avantage sur le thermique simple, c’est que vous pouvez faire vos trajets quotidiens sans brûler de l’essence et profiter du mode électrique et en rechargeant chez vous, possiblement en heures creuses.

Pourquoi une hybride rechargeable ?

Je m’intéresse pas mal aux voitures électriques : leur simplicité, leur technologie, leur avenir, bref, j’aime. Il y a de bon véhicules électriques sur le marché, pour divers usages. Mais le problème systématique, c’est le réseau de recharge : c’est globalement de la merde :

  • la moitié du temps la borne est inaccessible, car en panne ou occupée par un kéké en diesel ;
  • les bornes sont beaucoup plus chers que la charge chez soi (les récents changements de tarif chez Ionity, le leader en Europe, sont à mourir de rire : à kilométrage égal, ça coûte le double de l’essence pour charger une électrique en charge rapide, et jusqu’à 5 fois plus cher que l’essence pour recharger une hybride rechargeable en charge lente) ;
  • les bornes ne se valent pas toutes : sans même parler de la vitesse de la charge, il y a plusieurs connecteurs différents, selon les marques de voitures, les pays, les années…
  • il y a une pléthore de réseaux de charges différents, avec une carte d'abonnement pour chacune d’elles, sans compter les cartes spécifiques à un département, une région.

Les voitures sont peut-être excellentes, mais à part charger chez soi, c’est soit pas intéressant financièrement, soit un gros casse-tête. Et en ce qui me concerne, je compte bien rouler un peu plus loin que 100 km autour de chez moi.

Si Tesla a un réseau adapté, pratique, fonctionnel, étendu, pas cher et performant (c’est tout ?), ce n’est pas le cas ailleurs. Il est à noter que Tesla a proposé aux autres constructeurs de s’allier à son système, mais ces derniers ont refusés. Tout le bordel précité est donc un choix consenti par les constructeurs qui ont préféré bricoler des trucs dans leur coin (et d’en faire leur gagne pain principal, vu les tarifs).

Bref, n’ayant pas les moyens actuellement de me payer une Tesla (je l’aurais fait sans hésiter, autrement) et ne souhaitant pas non plus galérer dès que je fais plus de 250 km avec une électrique non-Tesla (trajets qu'il m'arrive de faire de temps en temps) et n’ayant pas envie d’avoir une voiture pour aller au travail et une autre pour voyager, j’ai fait le choix d’une hybride rechargeable pour être tranquille.

J’étais parti pour me trouver une hybride, au départ, mais j’ai découvert le principe des hybrides rechargeables en cours de route, et je me suis immédiatement dit que c’est ce que je voulais. D’où ce choix. Ça me semble être le compromis idéal entre une électrique confortable et une thermique pour faire 1000 bornes tranquilles sans payer 60 k€ pour une Tesla.

Avec ça, je peux :

  • aller au travail et revenir sans brûler d’essence (j’habite à 18 km de mon travail)
  • rouler en électrique 80 % du temps que je roule, donc dans un silence royal et très apprécié, et avec une douceur de conduite sans égal ;
  • faire le plein (d’électricité) chez moi pour trois fois moins cher que ce que me coûterait le même plein d’essence (pour info, au jour où j’écris ceci, j’ai roulé ~3 000 km avec avec une moyenne de 1,6 L au 100 : cela représente 1 plein d’essence pour le total).
  • et d’avoir la tranquillité d’esprit de pouvoir aller aux P-B voir la famille à 1 200 km de chez moi sans me faire chier à tomber sur des bornes non-compatibles, trop lentes ou en panne.

Inconvénient mineur :

  • le réseau de recharge est compatible avec ces voitures, mais n’étant pas une électrique « pure », la recharge est lente (7 kW). Vu que les bornes facturent désormais à la minute, cela n’a rien d’intéressant financièrement, bien au contraire.
  • certains supermarchés proposent des recharges pour leur client le temps de faire les courses. C’est top, ça permet de gagner quelques km gratuitement, mais 1) ce n’est pas gratuit (généralement c’est un réseau de charge qui possède/exploite la borne et facture un « droit d’accès à l’acte », qui, même si c’est 0,35 € ou 0,70 € à l’acte, revient plus cher que recharger chez soi ou que l’essence) et 2) je n’ai pas le câble de recharge car il n'est pas fourni avec la voiture. Et je ne parle pas du tracas de traverser 15 fois le supermarché et le parking pour récupérer un code à l'accueil, leur demander l'accès à la borne (et au passage passer pour un extra-terrestre qui roule en électrique auprès du personnel du supermarché da ma cambrousse : « recharger une voiture ? wtf ?! T’es en panne ? ».

Car oui : si le constructeur de la bagnole livre le câble de recharge pour charger à la maison, le câble de recharge sur borne est en option (300 €). Et encore une fois, hormis Tesla, les bornes n’ont pas toujours leur câble et c’est à toi d’apporter le tiens.

Mais bon, hormis les charges gratuites chez Ikea ou Lidl, je ne comptes pas forcément charger en dehors de chez moi. Ce n’est donc pas trop problématique pour moi (ça aurait été différent si j’avais pris la électrique pure).

Et le bonus écologique, prime à la conversion ?

Les hybrides rechargeables sont encore assez chères, il faut donc gagner un certain salaire ou être très économe et mettre de côté pour pouvoir en acquérir une.

Du coup, je ne peux que me demander quels profils peuvent bien s'acheter un véhicule à la fois éligible (électrique / hybride-rechargeable, donc cher) tout en étant assez modeste pour ne pas être exclu du plan (la limite est à 13 k€/an, donc moins que le SMIC pour une personne seule), mais suffisamment riche quand-même pour que la banque accorde un prêt ou pour pouvoir mettre 35 k€ sur la table ?

Dans mon cas, cependant, toutes conditions confondues, je n'ai rien touché du tout en remise (sauf la remise constructeur sur le prix catalogue qui est une remise qui a toujours été là pour tout le monde, donc bon, ça compte pas).

Ni le bonus écologique (réservé aux véhicules totalement électriques ou hydrogène — à la date d’achat en tout cas) ni la prime à la conversion : mon vieux diesel de 2004 qui tombait en miettes et qui fumait des nuages incroyables de fumée ne polluait pas assez était soi-disant trop récent pour bénéficier d’un bonus quelconque.
Ni même la reprise de la Clio par le constructeur car la voiture n’était pas en ma possession depuis les 6 mois exigé par le constructeur (et non-négociable apparemment).

Et... avec ma chance j'ai acheté ma voiture quelques mois avant le plan de relance du secteur automobile annoncé par Macaron après le premier confinement de 2020 et qui aurait fait rentrer les PHEV dans les véhicules éligibles au bonus écologique dès juin 2020.

Il faut croire que mes 8 k€ gagnés en 2019 (et 18 339 € en 2018) font de moi un riche.

À ce sujet, si j’avais bossé moins comme un âne à faire davantage que ce qui était demandé (et me serais contenté de me tourner tout simplement les pouces une fois mon travail fait, comme tout le monde), je n’aurais pas eu ces 455 € de primes (étalées irrégulièrement dans l’année) et je serais rentré dans le barème de 18 k€ pour avoir droit à 2 k€ de bonus deux ans après. Comme quoi, rien branler ça paye vraiment, ne laissez personne dire le contraire :D !

Je ne vais pas m’en plaindre plus que ça, mais ça fait quand-même rire jaune, on va dire.


Dans le prochain article, je parlerai du modèle hybride rechargeable que j’ai choisi : la Hyundai Ioniq Plug-in.


Je m’efforce de parler de « voiture hybride », « voiture hybride rechargeable », « voiture électrique ». Sachez qu’il existe des acronymes pour tout ça : HEV (« hybrid electric vehicle ») pour l’hybride, PHEV (« plug-in hybrid electric vehicle ») pour l’hybride rechargeable et EV (« electric vehicle ») pour une voiture électrique. Si vous les rencontrez dans vos recherches, ça peut aider.

J’en mets un autre, parce qu’on le rencontre sur les forums : ICE, pour « internal combustion engine », désignant le moteur thermique (moteur à combustion interne) sur une hybride ou une hybride rechargeable.

Ainsi que le terme « T2T2 », ou « Type-2-Type-2 », qui désigne tout simplement le câble de recharge pour bornes pour certaines voitures électriques (ce connecteur est une norme européenne désormais). Il y a aussi le « Type-2-prise domestique », qui permet de brancher la voiture à une prise de chez vous.

Tesla peut utilise le T2T2 aussi, mais les superchargeurs utilisent la prise Combo-CCS, qui est une charge rapide en courant continu.

Peut-on séparer l’œuvre de l’auteur ?

 Je reviens sur cette remarque, de @GPoPesie sur Twitter et sur mes reposts que je remets ici sous forme d’un article :

Twitter : J’aime bien Harry Potter mais pas trop J.K. Rowling, faudrait inventer un genre de concept théorique afin de séparer l’œuvre et son auteur, ça nous permettrait de continuer à aimer uniquement les œuvres de fiction pour sans avoir à se cogner le créateur

(L’auteur du tweet rapport cette réaction des twittos, en fait)

Ce à quoi j’ai répondu : ça existe déjà : ça s'appelle ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Et heureusement que c'est là, sinon faudrait brûler tout Voltaire (qui parlait ouvertement de hiérarchie raciale), Hugo (un peu pareil), jeter la physique quantique (certains physiciens qui l’ont constitué étaient des nazis proches d’Hitler), renier Darwin, Lavoisier, Newton et tant d’autres.

Je sais qu’il y a eu une énorme polémique lors des derniers oscars au sujet de séparer l’œuvre de l’artiste. Comme je m’en fous des oscars, j’ai pas trop suivi. Mais J.K. Rowling, ça me parle déjà plus (chacun sa culture).

Pour faire simple, ne mentionnons plus de noms et parlons d’une personne A, autrice.
Disons, pour l’exemple (« for the sake of argument ») que A. est une nazie-pédo-pirate bref, le pire être humain possible. Mais disons également que A., malgré tout ça est extrêmement douée avec les mots, les phrases, la langues et que tous ses écrits sans exceptions sont des chef d’œuvres universels sur tous les plans.

Maintenant vous faites quoi ?

Vous allez les lire et reconnaître son talent ? Ou vous allez ne pas lire à cause de ce que cette personne est ?

Et si je vous disais qu’il n’est pas nécessaire d’aimer une personne pour apprécier ce qu’elle fait ?
Et si je vous disais qu’il est possible d’apprécier l’œuvre, sa forme ou son style, tout en n’étant pas d’accord avec l’ensemble de son contenu, son fond ?
Et si je disais que l’on n’est pas obligé d’être d’accord avec 100 % de ce que dit ou fait une personne, mais seulement une partie ?
Et si je vous disais qu’on peut respecter quelqu’un tout en n’étant pas forcément d’accord avec tout ?
Et si je vous disais qu’on peut discuter, partager, échanger des idées sans forcément chercher à changer ni son propre avis, ni l’avis de l’autre ?
Et si je vous disais qu’on peut discuter, partager, échanger des idées sans forcément s’énerver ?

Bien-sûr, libres à vous de brûler tous les livres d’une auteure suite à un tweet qu’elle aurait posté et avec lequel il apparaît que vous n’êtes pas d’accord. De toute façon l’auteure elle-même s’en fiche : elle a déjà votre argent, donc ça ne changera rien pour elle.

Mais en ce qui me concerne, je trouve assez dommage d’en arriver à renier ce qu’on aime — et donc se renier soi-même, d’une certaine façon — simplement parce l’auteure de ce qu’on aime a dit quelque chose avec lequel l’on n’est pas d’accord.

Il est normal de ne pas être d’accord sur tout avec tout le monde. Ça n’empêche pas l’amitié, ni le respect, ni la cordialité et la politesse, ni l’admiration parfois.

Si l’on en revient à J.K. Rowling : que l’on ne soit pas d’accord avec elle sur certaines de ses déclarations (ou toutes, si c’est le cas), c’est votre droit. Est-ce une raison de la traiter de tous les noms ? Est-il nécessaire d’arrêter d’aimer son œuvre ? Dans les deux cas, je pense que non, mais vous pouvez ne pas être d’accord avec ça.

Inversement, si vous n’êtes pas d’accord avec elle, pouvez-vous le dire ? en parler ? Bien-sûr que oui, bon sang !
Est-ce que vous avez le droit, au vu de ses déclarations, de cesser d’acheter ses œuvres, comme pour la « boycotter » ? Bien-sûr que vous avez le droit !

Si vous avez aimé son œuvre, rien n’y changera, et je pense que ça ne fera que vous rendre malheureux de renier vos propres goûts (généralement en se reniant soi-même, on sombre et on devient fou et l’on fait les pires choses).

Vous savez, personne ne vous en veut (et vous ne devriez pas vous en vouloir non plus) d’avoir aimer quelque chose « sans savoir ».

Je peux vous sortir des dizaines de citations, textes, équations, théorèmes, découvertes, peintures ou chansons qui sont absolument magnifiques de sens ou de tournure grammaticale, et qui sont pourtant attribuées à certaines des plus grandes pourritures humaines que cette planète ait portée.
Ça n’enlève rien à leur beauté artistique.

Enfin, personne n’est 100 % blanc ni 100 % noir (c’est une métaphore à propos du bien et du mal, je ne parle pas de la couleur de peau, bien-sûr). J’en ai déjà parlé, mais il y a non seulement toute une nuance de gris entre les deux, mais également une vaste palette de couleurs.

Quand on vit avec des gens qui n’ont pas forcément la même palette que vous, le but n’est pas forcément de trouver les gens avec la même palette que vous. Le but n’est pas non plus de repeindre le monde avec vos pinceaux. Au contraire : je pense qu’il faut savoir ajouter des couleurs et de nouvelles nuances, découvrir ce que pensent les autres, comment ils voient le monde. Je n’ai pas dit de forcément tout prendre, tout accepter, mais au moins regarder et prendre ce que vous plaît.
Si l’on vous donne un kilo de cerises, on ne va pas tout jeter simplement parce qu’il en a une dedans qui n’est pas mûre. Ben les idées, les gens, les personnes, c’est pareil.

Tipeee, fini pour moi

Gros plan sur un billet de 5 euros.
Depuis un an et demi, j’ai une page Tipeee (principalement pour Couleur-Science) pour ceux qui souhaitent faire un don s’ils jugent que mon travail en ligne mérite leur soutien.

Cette page rémunère directement le coût de mes différents blogs (hébergement, noms de domaines, achats d’objets que je présente sur Couleur-Science, etc.). En début d’année j’ai par exemple pu régler la facture de l’hébergement pour deux ans avec vos dons. L’objectif est donc atteint de ce côté-là : ce blog est financé — financé, pas rémunéré — par ses lecteurs.

Niveau fonctionnement, c’est assez simple : chez Tipeee, il faut créer un compte « créateur », et on peut recevoir un don par Paypal ou par carte. Le créateur reçoit les dons fait par Paypal sur son Paypal et les dons par carte sur son compte bancaire (après avoir fourni son R.I.B.).
En ce qui me concerne, d’un point de vue pratique, histoire que tout arrive chez PayPal, j’avais renseigné mon R.I.B. PayPal associé à mon compte PayPal. Ça marche bien.

Ça marchait, en fait.

Depuis décembre 2019, les dons par PayPal me parviennent, mais certains des paiements qui devaient venir sur mon IBAN ne me sont pas parvenus.

J’ai renseigné un autre IBAN depuis quelques semaines et ça marche de nouveau, mais ça ne résout pas le problème en soi et il y a toujours des fonds « perdus » (perdus pour moi et pour ceux qui les ont faits, on est d’accord, j’imagine que ce n’est pas perdu pour tout le monde chez Tipeee, Paypal ou ailleurs) et cela me gêne.

Le truc, c’est que Tipeee indique avoir changé de prestataire de paiement exactement à la même époque (y a une « infobox » au dessus des paiements depuis cette date). Le problème vient de là, manifestement.

Je les ai contactés : ils confirment le changement, mais ils me disent que le paiement est bien parti. Bref, l’habituel « spanou™ ».

J’ai aussi contacté PayPal. Après m’avoir envoyé un message automatique qui n’aide personne, j’ai reçu un message d’un humain qui me dit qu’ils ont bien noté le problème. C’était il y a un mois et demi. Après les avoir recontacté, je reçois de nouveau un message robot.

Bref, il ne faut rien attendre d’eux non plus.

Résultat, j’ai décidé d’arrêter Tipeee. Si la moitié des dons disparaissent aléatoirement dans la nature dès qu’ils touchent à un bouton, ce n’est plus la peine de continuer.
Les dons en cours devraient être faits (bien que je vous propose plutôt de les annuler, si c’est possible). Les nouveaux dons sont, eux, désormais impossible : la page Tipeee est désactivée et elle disparaîtra au 8 août 2020.

Pour ceux qui souhaitent, je proposerai un autre moyen de soutien : un truc plus direct, sans plateforme tierce. Peut-être une wishlist de livres ou de choses, à l’aspect moins financier et plus humain. Je ne sais pas.
En tout cas, si jamais vous avez trop d’argent et que vous souhaitez soutenir une cause que je soutiens aussi, donnez par exemple à Framasoft, la Quadrature du Net, Mozilla, Wikipédia…


En attendant, encore merci à toutes les personnes qui ont participé : Le_Gritche, Kizux, Lio, seb, Guilhem, V0r4c3, Pierre J., Monsieur K, YCL1, linette et gde05, pour certaines, à plusieurs reprises d’ailleurs.

Depuis octobre 2018, la page m’a rapporté 421,95 € au total (excluant les commissions de la plateforme, et excluant les impôts). C’est super gentil et j’apprécie beaucoup.

Vous m’avez beaucoup aidé : j’ai ouvert la page à un moment où je quittais mon travail pour chercher autre chose ailleurs et entamait une période de huit mois sans revenu.
Je n’aurais pas cessé ce blog pour autant, mais votre soutien fut bienvenue. Merci (oui encore).

image de Didier Weemaels

Fermeture de covid3D : la France tire sur l’ambulance

Des zombis dérrière une porte d’hôpital
Covid3D.fr, c’est la plateforme qui met en relation les parties qui veulent une visière avec ceux qui ont une imprimante 3D pour leur faire. On parle ici de particuliers qui ont une imprimante comme ça à la
maison et qui la font tourner, gratuitement et bénévolement (bien souvent) pour palier ce que le gouvernement ne fait pas, c’est-à-dire fournir de l’équipement aux soignants.

Alors que le gouvernement est toujours les bras croisés pour le matos, ils ont tout de même décidé que ces fabrications n’étaient pas aux normes et ne respectaient pas la loi. De ce fait, les « makers » ont décidés d’arrêter, par peur des poursuites :

Pour résumer cette directive :

  • Le don ou la vente à prix coûtant d’une visière peuvent être requalifiés en concurrence déloyale.
  • La réalisation d’une visière gratuitement, même par un bénévole, peut être requalifiée en travail déguisé.
  • Les visières doivent désormais répondre à une norme technique que nous ne sommes pas en mesure de contrôler.

Dans les notes officielles du gouvernement il est question de normes mais aussi de respect des conditions de mise sur le marché (ce qui englobe la loi sur le travail et l’économie). Bien qu’ils ne le mentionnent pas explicitement, le deux premiers points sont donc implicites, bien que certaines langues ne le voient pas de cette façon.

Bref : le gouvernement a décidé que cette production gratuite était de la concurrence déloyale vis-à-vis des boîtes qui vendent les visières hors de prix, que c’était du travail déguisé et que l’ensemble n’est pas aux normes.

En mars dernier j’avais émis l’idée qu’un jour l’Urssaf et les administrations viendront faire chier ceux qui se cassent le cul à sauver la France par leur travail bénévole et gratuit.

Hé ben… on y est, il me semble.


Si j’avais à y mettre mon commentaire, je pense que le gouvernement n’a aucune intention à nous sortir de la crise. Ils n’ont rien fait, depuis le début.

Leur but c’est l’immunité de groupe (qui sera atteinte tôt ou tard, mais ils préfèrent tôt) pour que l’économie reprenne, même si ça va sacrifier beaucoup de monde. Y a que ça qui a de la valeur pour eux : l’économie.

Et je ne parle pas des augmentations de salaire pour le personnel médical qui gagne 1 650 € pour bosser 50h par semaine : à la place ils auront une médaille (et je parie qu’ils devront la payer de leur propre deniers, comme c’est le cas pour toutes les médailles officielles).

Oh et pour enfoncer le clou, le groupe pharmaceutique Sanofi, en parti financé par l’État français (qui en est un des actionnaires les plus importants), a dit qu’il servira en priorité… les USA, devaient-ils trouver un vaccin. Voilà voilà.

Ça en devient ridicule, en fait.


Qu’on soit d’accord, les normes sont importantes et le respect des lois également. Mais quand il y a des gens qui se jettent dans les flammes pour sauver un enfant, il y a (que je sache) mieux à faire que l’arrêter et le mettre en taule parce qu’il n’était pas un pompier qualifié, surtout quand lesdits pompiers mettent 3 mois à arriver. Dans l’urgence, il faut parfois accepter de faire ce qui est utile et bien, plutôt que ce qui est légal. D’autant plus que dans le cas des visières, ça ne nuit à personne vu que les industriels qui les fabriquent ne sont pas prêts non plus.

Tous ces makers méritent une médaille (façon de parler, vu que plus haut je déplore la médaille du gouvernement aux soignats), pas d’être mis en joue de cette façon. Mais en attendant que les industriels certifiés puissent être en mesure de livrer de l’équipement eux-mêmes, empêcher ces personnes d’aider est juste criminel.

Quand Monsieur Gassama a sauvé cet enfant suspendu à un balcon il y a deux ans, on a bien su l’aider comme il se devait pour son acte héroïque. Bien-sûr : cela faisant de la bonne com' gratuite pour Macron.

Mais quand d’autres personnes choisissent aujourd’hui d’aider parce que le pays est en difficulté à cause d’une politique de merde, il devrait en être autant. Le problème, c’est que s’ils font ça, ça serait reconnaître que la politique depuis quelques années est merdique et c’est pas de la bonne comm' justement. Tout est une question d’image : tant pis si des gens crèvent, au moins le Manu sort la tête haute et n’a pas à avouer ses erreurs. D’ailleurs quelles erreurs, hein ?

Quoi qu’il en soit, tout ceci a montré une chose : notre gouvernement est inutile. Il ne sert à rien et on pourrait se passer d’eux. Ce ne sont pas eux qui ont sauvé la France.

Si quelque chose devait être retenu d’eux durant cette crise, j’espère que ce soit ça : ils ont brûlé des stocks de masques, vendu les vaccins aux USA avant de servir la France, marchandé de la chloroquine inutile pour faire du buzz, empêché les bénévoles de sauver le pays, distribué davantage d’amendes que de masques, demandé aux médecins de dénoncer les malades et par-dessus tout, ils ont fait passer une loi qui les dégage de toute responsabilité et les rend intouchables face à ceux qui voudraient les traîner en justice.

image d’en-tête de Nathan Wright

Le socle interministériel des logiciels libres (SILL) : liste gouvernementale de logiciels libres

Il y a quelques années, je publiais ici une liste de logiciels avec leur site officiel. L’idée partait du constat que lorsque l’on cherchait un programme dans un moteur de recherche, les premiers sites étaient presque systématiquement des sites vérolés, contrefaits, en tout cas pas le site officiel de l’éditeur.

Ma liste était là pour remettre les choses à plat pour une sélection de programmes usuels (libres ou non-libres, d'ailleurs).

Je découvre aujourd'hui que le gouvernement tient à jour une liste assez conséquente de logiciels libres "recommandés" (190 logiciels libres y sont recensés à ce jour) :

On peut y rechercher un nom, un type de programme, etc.

Les fiches logiciels contiennent le lien vers le site officiel, son code-source, sa licence, les liens vers leur fiches sur le Comptoir-du-Libre ou sa fiche Framasoft.

La plupart des programmes très connus y sont évidement listés : VLC, Audacity, Apache, Firefox, LibreOffice... mais ce sont loin d'être les seuls. Il suffit de fouiller un peu dedans pour trouver un peu ce qu'on veut.

La liste est là pour permettre aux instances gouvernementales de favoriser l'emploi du logiciel libre dans leur usage quotidien, mais le site est évidemment accessible à tous.

Bref, c'est une bonne initiative* !

(* pour une fois :p)

(via)

Pas de chômage partiel pour Amazon. Bien ou pas bien ?

Voyez cet article :

Puis plusieurs remarques de ma part, qui vont dans différents sens :

C’est bien parce qu’Amazon ne mérite aucune aide de la part du contribuable. Vu qu’ils ne payent pas leurs impôts, je vois pas pourquoi on leur payerait des aides. Ils ont décidé de faire marche seule, ben qu’ils ne se retournent pas.

C’est nul parce que les premiers à en souffrir, ça va être les esclaves (ce n’est pas contre eux, mais vu comment ils sont traités par leur entreprise, y a pas d’autres mots) qui ont été renvoyés chez eux de force alors que c’était clairement pas la période. Renvoyé par qui ? Par l’État et par les syndicats, faut quand-même le dire, hein.

C’est un peu con car Amazon est loin d’être la seule boîte à faire de l’évasion fiscale ou de l’optimisation fiscale. Et je ne parle pas seulement des Gafam. Prenez n’importe quelle entreprise « française » du CAC40, et vous pouvez être certains qu’ils ont des montages fiscaux au Lux, en Irlande ou aux P-B, si ce n’est pas carrément aux Caraïbes. On ne peut pas avoir à sa tête le type le plus riche du monde sans quelques magouilles, n’est-ce pas ?

C’est encore plus con car Amazon n’est pas non plus la seule entreprise à traiter sa main d’œuvre comme de la merde. Loin de les défendre, il est encore une fois très difficile de ne pas y voir une nouvelle décision « anti-amazon » de la part de la France.
Concernant le « traiter sa main d’œuvre comme de la vermine », je parle en tant qu’ex-travailleur de la « grande distribution invisible ». J’ai bossé dans une boîte (sous tutelle chinoise dont le nom ne dira rien à personne mais dont les clients sont les chaînes de magasin très connues (aux Pays-Bas, pas ici) et dont le fonctionnement est en tout point similaire aux entrepôts Amazon.

Des hangars de 4 km qu’on traverse à longueur de journée ? Je connais.
Un rythme infernal, un flicage permanent, une pression destinée à mettre en place une compétition entre les collègues (pour virer les plus faibles et ne garder que les meilleurs) ? Yup, ça aussi.
Les SMS le soir à 21h que te disent si oui ou non tu dois mettre ton réveil le lendemain à 4h30 ? Oui oui
Le fait d’être considéré a priori comme un voleur par ton propre patron, avec des détecteurs de métaux réglés sur hyper-sensible et des dispositifs biométriques partout ? Aussi.

Amazon bat probablement des records dans sa façon d’utiliser l’IA et la technologie pour déterminer quel intérimerde doit être viré et quand. Mais je peux vous assurer que Carrouf, Fnac, Darty et très certainement tous les autres font EXACTEMENT pareil (le service client en moins, et la couverture médiatique également en moins).
Les rayons ne se remplissent pas tout seuls et ces gens sont là en fonction de la demande au jour le jour, parfois à la demi-journée, y compris le matin de Noël ou le 31/12 au soir.

Il n’y a qu’à voir : vous pensez que les étudiants qui bossent dans la distribution vont recevoir la fameuse prime de 1 000 € promise par Macamerde ? Bah non.

C’est débile parce que vu les rythmes de travail dans ces boîtes, où ils font généralement tourner les effectifs plutôt que faire bosser en heures sup leurs intérimaires, c’est que ça ne te donne pas toujours droit au chômage (quand l’intégralité ne finit d’ailleurs pas dans les jours de carence quoi qu’il arrive).

Ça rejoint mon second point, mais si on avait un vrai système de protection social (et pas un fantôme de ce qu’il pouvait éventuellement être), l’absence de travail ne devrait pas être (trop) pénalisante.

Mais vu que tout est lié, si des boîtes comme Amazon payaient leurs impôts, peut-être qu’on aurait de l’argent magique pour cette protection sociale (voir point 1). Et pas seulement Amazon d’ailleurs (voir point 3).


Bref, si ça ne vient pas avec une obligation pour Amazon de payer les employés quand-même (ou alors juste payer leurs putains d’impôts afin de pouvoir les dédommager), ça va encore une fois profiter à Amazon.

Bah oui : Amazon n’en a rien à foutre de vous satisfaire en livrant ce que vous commandez. Votre (notre !) satisfaction n’a d’intérêt que si ça vous fait revenir dépensez chez eux. J’avoue qu’ils y arrivent bien. Très bien même, sur tous les plans.

Mais si le gouvernement leur dit « vous fermez vos usines de distribution », ils vont le faire. Les gens seront à la rue, et les produits viendront d’Allemagne, d’Italie, de Royaume-Uni… C’est exactement ce qui se passe en ce moment : les trucs qu’on peut commander sur Amazon actuellement viennent de l’étranger.

En tout cas… Est-ce que ça sauvera des milliers de travailleurs du coronavirus ? Probablement.
Est-ce que ça les sauvera de la faim ? Je sais pas, probablement pas.

L’un dans l’autre, et au vu de ce qu’est devenu la situation de la protection chômage, je ne sais encore moins.

Mon avis sur le "contact tracing"

Sérieusement…

Est-ce vraiment à l’État de construire un tel dispositif ?
Après tout, si Google et Apple font le sien gratuitement, qu’on les laisse faire. C’est pas comme s’il fallait déjà un smartphone pour que l’application ait un intérêt (ce qui est loin d’être le cas de tout le monde, et encore moins le cas pour les personnes les plus vulnérables : les personnes âgées).

Sans compter, comme c’est dit dans l’article, qu’une application qui permet de recenser les gens malades a une utilité proche de zéro s’il n’y a pas de tests de fait, y compris sur les personnes sans symptômes !

Le rôle de l’état pourrait alors être décalé :

  • imposer l’ouverture des technologies employées
  • exiger un droit d’audit pour être en mesure de garantir le respect de la vie privée
  • servir de serveur central, et en tout cas l’alimenter.

Bref, agir comme ils agissent avec les FAI quand il s’agit d’envoyer les SMS d’alerte : l’État donne l’ordre et veille à ce que ce soit bien fait, les entreprises et prestataires s’exécutent, et la population est protégée et respectée.

L’État est là pour diriger, et émettre un cahier des charges, pas pour réfléchir à la technologie à utiliser.

Plutôt que de bricoler un truc qui va (encore) nous coûter une blinde, comme le gros fail SAIP et le re-gros-re-fail SAIP-2, ils devraient s’occuper de relancer la machine à faire des masques, des respirateurs, des tests… bref, un truc qu’on peut raisonnablement exiger d’eux, et que personne d’autre ne peut faire à leur place.

À quoi ils pensent quand ils disent que la vie privée « devrait » être respectée, ou qu’ils ne savent pas si ça sera anonyme ou pas ? S’ils veulent un truc anonyme et respectueux, ils l’imposent, point.

Bien-sûr, ceci dans le cas évident où c’est effectivement ce qu’ils veulent. En réalité, il n’est pas difficile d’imaginer que les états veulent plutôt un système tout-sauf-anonyme, surtout dans un contexte où il est à peu près sûr que les manifestations anti-macron vont reprendre de plus belle dès que ça sera possible. Un système non-anonyme serait du pain béni pour repérer les manifestants… Mais je digresse.

Pourquoi je ne donnerai pas à leur cagnotte de dons

Voir :

En ce qui me concerne, et je n’en ai rien à foutre de paraître égoïste ou non, je ne donnerai pas un seul centime à une quelconque quête de ce genre.

Premièrement, parce que je paye déjà des impôts, cotisations, redevances, taxes, charges, contributions ou appelez ça comme vous voulez.
Ce n'est pas moi qui a choisi de dépenser ce fric pour faire courir les enfants dans la boue en chantant la Marseillaise au lieu d’embaucher du personnel hospitalier pour les soulager de leur surcharge qui ne date absolument pas du coronavirus.

Entre les charges, la TVA, les impôt et autres taxes, on doit pas être loin de 55~60 % de ma fiche de paye qui revient à L’État avant même ou aussitôt que je l’utilise. Qu’on soit clair : je n’ai pas de problème à payer tout ça, c’est juste que ça donne la gerbe de voir comment c’est utilisé.

Ensuite, le jour où Facebook, Google, Paypal (qui font tous des campagnes de dons en ce moment, c'est bizarre hein ?) ou encore le gentil-LVMH-qui-produit-du-gel-hydroalcoolique-en-exploitant-des-ouvriers-payés-au-lance-pierre verseront également 55~60 % de leur CA à l’État, je me verrais peut-être donner pour une campagne du gouvernement.
Sauf que si elles font ça, une campagne de don ne sera plus nécessaire : rappelons que ce sont pas loin de 100 milliards d’euros qui disparaissent dans les paradis fiscaux chaque année. « Argent magique », il disait, l’autre crétin ? Ça fait combien de masques de protection faciale, ça, vous pensez ?
A la place, le gouvernement leur a donné 40 milliards en CICE et autres allègements fiscaux qu'il faut maintenant quémander aux plus pauvres.

Et deuxièmement, parce les hôpitaux et les soignants eux-mêmes, ceux qui sont vont être payés 1300 € net aujourd'hui ou demain, pour 350 heures passées à courir partout au plus près du virus et avec moins de protection que le flic qui va s'empresser de leur coller une amende pour un bout de papier qu'ils ont pas pu imprimer faute de budget pour l'imprimante de leur hôpital, ne verront jamais le moindre centime de ce pognon. Comme c'est écrit dans l'article : ce fric n'est pas pour ceux qui se tuent littéralement à sauver ce pays, mais pour les entreprises, qui certes, sont importantes, mais qui n'ont clairement pas tous besoin d'argent public (les dividendes battent des records chaque année, c'est bien que ça ne va pas si mal : après tout, quand je demande une aide au logement ou autre, on regarde mes revenus sur 2 ou 3 ans aussi, donc bon).

Et enfin, le plus triste : on parie que quand tout ça sera derrière nous, ils recommenceront à détruire le service public et à privilégier le CAC40 entre copains ?

Les méthodes de la commission copie privée pour vous faire payer, payer, payer…

Logo du Copyreich.
Je suis en train de lire le magasine NextInpact là. Y a tout un dossier sur la Hadopi, la Sacem, etc.

Plus je lis, pour je trouve que leurs méthodes sont maffieuses, à la fois car c’est bigrement bien rodé, mais aussi pour le principe.

Copie privée ? Redevance copie privée ?

Déjà, la copie privée est un droit accordé par loi à quiconque ayant acheté une œuvre d’en faire une copie pour son usage personnel.

Considérant que cette copie constitue un manque à gagner pour le producteur et pour le distributeur, la loi a accordé une redevance copie privée, censée compenser ce manque.

Ça c’est ce que disent les textes.

Dans les faits, quand on achète un CD vierge, un disque dur, un smartphone, etc., tout comme on paye l’écotaxe, on paye quelques euros pour financer cette redevance.

Une mécanique lucrative

Là où c’est carrément maffieux, c’est sur ces points :

Premier point.
La redevance copie privée n’est valable QUE sur le copiage d’une œuvre depuis une source licite (oui : premier *facepalm*). Personne n’a à payer de redevance copie privée pour un MP3 piraté. Pour le piratage, la peine c’est celle prévue pour la contrefaçon, et encore, seulement par la personne qui met le fichier à disposition, pas celui qui ne fait que télécharger.

Sauf que… l’argumentaire des majors depuis des années, voire des décennies maintenant, c’est qu’il faut augmenter la redevance, car le piratage augmente. La redevance a donc été montée. Sauf que le conseil d’État est arrivé et à dit « c’est pas comme ça que ça marche : votre argument ne tient pas, le piratage n’est pas sujet à la redevance. ».

Résultat, la Sacem a touché les centaines de millions d’euros indus. Ils vont tout rembourser, donc ? Nope ! Leurs lobbies ont réussi à utiliser une disposition particulière qui les autorise à garder les trop perçus sans avoir à effectuer un remboursement rétro-actif.

Deuxième point.
La redevance copie privée n’est applicable QUE pour les particuliers. Un professionnel, une association, une institution n’a pas à payer ça. Or, la taxe (contrairement à la TVA) est appliquée au plus haut de la chaîne de production de ces supports. Résultat : personne ne voit le montant de cette taxe quand il achète quoi que ce soit.

C’est au professionnel/asso/institution de faire les démarches pour se voir rembourser les 5~10 € pour un support numérique. Déjà, rien qu’en timbres, on est perdant, mais là n’est pas l’arnaque.
L’arnaque, c’est que la Sacem exige une facture où apparaît le montant de cette taxe. Sachant que même les magasins et les vendeurs ne la connaissent pas, ils ne peuvent pas fournir de facture avec ce montant et personne ne peut se faire rembourser…

Troisième point.
Sur toutes ces taxes perçues, il a été décidé que 25 % du montant total doit servir à promouvoir la culture : création ou financement de festivals, de concerts, etc.
Les sommes (d’après le travail de Next Inpact) semblent bien dépensées à ces fins…
… sauf que quand on cherche, ils financent en particulier les festivals dont l’organisation/la présidence/la ville est assurée par… un membre important de la Sacem, le la SACD, de l’Alpa, etc. ou par un élu qui a aidé à voter ces lois. Bref, l’argent reste entre leurs mains.
En plus de ça, on peut conjecturer que ces festivals sont à la base déjà très lucrative pour eux, sans quoi jamais ils ne les financeraient.

Malin, non ?

Quatrième point.
C’est pas terminé !
La commission copie privée est constituée de 24 membres + un président. 12 membres sont des ayants-droit (Sacem, etc.) et sur les 12 qui restent, 6 sont des associations de consommateurs et 6 des industriels.

Déjà : allez mettre d’accord des consommateurs avec des industriels, même avec le principe « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ».
Ensuite, même si les votes sur les barèmes copie-privée sont à égalité 12 contre 12, il y a la voix du président, dont l’intérêt est le même que les ayants-droit. Bien joué, n’est-ce pas ?

Cinquième point.
Encore ? Le double paiement de la redevance. Les disques durs sont soumis à redevance (y compris par les professionnels, dans la pratique). Or, un prestataire de cloud qui achète des disques durs aura payé la redevance. Qu’à cela ne tiennent, la commission copie privée parle déjà de faire payer les consommateurs de cloud ! Donc le même espace de stockage aura été taxé deux fois !

Sixième point.
Enfin, dernier point que je soulèverais (y en a d’autres dans le magasine) : rappelons que la Hadopi est là pour servir les ayants-droit. Elle reste cependant financée par le contribuable.

Bref, comme vous voyez, c’est assez hallucinant.
D’un côté c’est affligeant et outrant, mais je ne peux aussi que rester admiratif : tant de foutage de gueule et qui arrive à rester légal, c’est quand-même beau. Même si j’imagine très bien qu’il doit y avoir des liasses de billets qui changent de main sous toutes les tables du gouvernement pour que rien ne change.

Mais ils ont raison : tant que personne ne râle, que tout le monde paye, autant continuer à arnaquer le monde. Surtout quand ils sont soutenus même par des consommateurs à qui ils ont totalement retourné le cerveau à coup de cours sur super-crapule dans les écoles.
Et puis c’est pas comme si ce modèle ne leur était exclusif.

En dehors de ne plus consommer de culture ni de disques durs, on peut toujours aller acheter ses supports de stockage à l’étranger. Après je dis ça… je ne dis rien évidemment.

Et n’oubliez pas : partager la culture n’est pas un crime mais un devoir.

Ma liste des tweaks « about:config » dans Firefox

Firefox peut se configurer dans les préférences, mais il y a des milliers de paramètres avancés qui sont cachés, certaines sont pourtant sympa : ce sont les paramètres dans le fameux « about:config ».

Ne faites pas n’importe quoi là-dedans (ça pourrait être problématique). Voici simplement mes réglages du moment (les anciennes listes pouvant être obsolètes).

Il n’y a pas spécialement d’ordre dans ce qui suit.

Le soulignement des mots mal orthographiés

ui.SpellCheckerUnderlineStyle



Mettez (ou créez) une clé de ce nom, de type « nombre » (ou « integer) et donnez-lui la valeur 3.

Firefox souligne les mots mal orthographiés avec de petites vaguelettes bien connues. Perso j’aime pas les vaguelettes. Je préfère un soulignement d’un seul trait, simple et plus net sur mon écran. Ce tweak permet d’avoir ça. On peut aussi obtenir un double trait, des pointillés, des points, etc. Essayez juste de changer le numéro.


Activez le correcteur orthographique dans tous les champs


layout.spellcheckDefault



Mettez cette clé, de type nombre à 2.

Par défaut, le correcteur orthographique n’est appliqué que sur les champs textes de plusieurs lignes (les textarea), pas sur les champs d’une seule ligne comme les champs de recherche, celui des pseudos, etc (les input type="text").
Ici on active ça dans tous les champs.


Le punnycode dans les url


network.IDN_show_punycode



Mettez cette clé, de type booléen à true.

Certains ont eu la bonne idée de pouvoir mettre de l’unicode dans les URL. Évidemment, il y a des tas de possibilités de phishing à cause de ça. L’encodage des caractères unicode dans les URL se fait avec le code « punnycode ». Cette manip permet de forcer Firefox à afficher ce code au lieu des caractères unicode, pour ne plus se faire avoir par un site vérolé.


Réafficher les URL complètes


browser.urlbar.trimURLs



Mettez cette clé, de type booléen à false.

Par défaut, Firefox (et les autres navigateurs) masquent une partie de l’URL (le « https:// », les paramètres « ?q=xxxx », l’ancre dans la page « #ancre »…). C’est d’une débilité sans nom et également source de confusion et de faille de sécurité de type « PEBKAC ». Ici on ré-affiche l’URL complète.


Autoriser le userChrome.css


toolkit.legacyUserProfileCustomizations.stylesheets



Mettez cette clé, de type booléen à true.

L’interface même de Firefox est elle-même en XML+CSS. Il est donc possible de le modifier comme une page web normale, en CSS. Le fichier CSS qui sert à cela est dans le dossier des préférences mais n’est pas activé par défaut. Cette modif permet de l’activer.
Ça vous sera par exemple utile si vous souhaitez avoir une barre personnelle verticale sur un des côtés de l’écran, par exemple.


Désactiver la touche de tabulation pour les liens


accessibility.tabfocus



Mettez cette clé, de type nombre à 3.

Par défaut la touche de tabulation utilisée dans une page web permet de passer d’un lien, d’un champ de texte, d’un bouton, à un autre. Si vous le mettez à 3, cela exclura les liens (les tabulations ne feront que passer d’un champ texte ou d’un bouton à l’autre (notez quand-même que la page web peut modifier l’ordre de ces tabulations, il faut le savoir quand on navigue essentiellement au clavier).


Désactivez la fermeture de Firefox au dernier onglet


browser.tabs.closeWindowWithLastTab



Mettez cette clé, de type booléen à false.

Firefox, comme tous les navigateurs désormais, fonctionnent par onglets. Quand on ferme de dernier onglet, ça ferme Firefox. Cette clé ici permet de faire en sorte que fermer le dernier onglet ne ferme que cet onglet et laisse un onglet vierge à la place, sans fermer le navigateur.


Réactiver le zoom sur les pages


browser.ui.zoom.force-user-scalable



Mettez cette clé, de type booléen à true.

Celle-ci est plutôt pour mobile (oui, les about:config fonctionne aussi sur Firefox Mobile !). Certains écervelés trouvent acceptables de désactiver le zoom sur leur page. Ceci permet de le réactiver. Merci Firefox.


Désactiver le rafraîchissement automatique de la page


accessibility.blockautorefresh



Mettez cette clé, de type booléen à true.

Certains sites publicitaires (ceux avec des encarts de presse, comme LePoint ou le Figaro) rechargent la page à intervalles réguliers, histoire de recharger les pubs et faire plus de fric sur votre dos. C’est chiant, mais ça consomme aussi des ressources système. Ici vous dites à Firefox d’empêcher le rechargement des pages.


Désactiver Pocket


extensions.pocket.enabled



Mettez cette clé, de type booléenne à false.

Pocket est un service tiers pour enregistrer des pages web pour une lecture ultérieure. Il vient pré-intégré dans Firefox, mais je n’utilise pas ça, je ne vois pas pourquoi je laisserais ça pomper mes ressources.


Activer le thème sombre


ui.systemUsesDarkTheme



Mettez cette clé, de type nombre à 1.

Certains sites ont un thème sombre en plus du thème normal. Idéalement, le système ferait passer l’interface en sombre à la tombée de la nuit. À moins d’être sur Mac OS, Windows et les systèmes Linux n’en sont pas encore là, et encore moins Firefox (généralement moins intégré que Edge ou Safari).
Firefox propose juste pour le moment de forcer le thème sombre – s’il existe – sur les pages web, avec cette clé.

Notez que le site web doit proposer ce thème et utiliser le mécanisme en CSS pour appliquer ça selon le choix du visiteur. Ils sont encore très rares à le faire (en fait je n’en connais aucun, mais peut-être que je le ferais sur mes sites). Si le site n’a pas ce qu’il faut, la page restera "normale" : ce n’est donc pas comme une extension qui assombrit toute la navigation.


Désactiver l’accès au presse-papier


dom.event.clipboardevents.enabled



Mettez cette clé, de type booléenne à false.

Certains sites veulent accéder à votre presse papier, par exemple pour copier un texte via un clic sur un bouton ou au contraire vous empêcher de copier quoi que ce soit. Ces règles intrusives et ridicules se contournent via cette clé (via).
Info : certains sites peuvent en planter complètement s’ils utilisent certains frameworks intrusifs (genre ReactJS, visiblement).


Désactiver le préfetch


network.prefetch-next



Mettez cette clé, de type booléenne à false.

Firefox peut choisir de pré-contacter un site web quand on passe le curseur au dessus d’un lien, en vue de charger la page plus rapidement quand quand on clique sur ce lien. Ceci peut accélérer un peu la navigation sur une connexion déjà rapide, mais ça peut la saturer si vous êtes toujours avec un réseau pourri en ADSL 8 Méga en pleine cambrousse (ou sur un réseau mobile en Edge).

En mettant à « false » on désactive ce pré-contact du site web.


Réduire la fréquence des sauvegardes de session


browser.sessionstore.interval



Mettez cette clé, de type nombre à 120000.

Firefox peut sauvegarder vos onglets au cas où le navigateur plante. Ça permet de ne pas perdre vos onglets, votre historique, etc. Par défaut, la session est enregistrée toutes les 15 secondes. Je trouve que ça fait quand-même beaucoup d’enregistrements (et donc beaucoup d’accès disques). Je mets cette valeur à 120 000, correspondant à 120 secondes (la valeur est en millisecondes), considérant qu’une sauvegarde toutes les deux minutes suffit amplement.


Augmenter le pixel-ratio


layout.css.devPixelsPerPx



Mettez cette clé, de type nombre à 1.2.

Perso, j’ai un écran 4K de 27 pouces. Les pixels sont minuscules et le texte peut sembler trop petit. En mettant 1.2 au lieu de -1 (valeur système), la taille d’affichage de Firefox est à 120 %. Contrairement au « zoom », cette propriété gère à la fois les pages web et l’interface de Firefox.
Je peux aussi modifier ça dans le système d’exploitation (Linux, Windows…) mais je préfère le faire juste pour Firefox, tous les programmes (notamment certains vieux jeux) ne gèrent pas tout ça très bien.

La valeur de 1.2 me va bien à moi : il est possible de mettre une autre valeur : 1.3, 1.4, etc. si vous désirez un zoom plus important.


Désactiver le popup lors du passage en plein écran


full-screen-api.warning.timeout



Mettez cette clé, de type nombre à 0.

Quand on passe en plein écran (vidéo plein écran, par exemple), Firefox affiche un petit popup qui indique le passage en plein écran avec l’astuce de la touche Échap pour en sortir.
Avec cette modif, le popup n’est pas affiché (à tester là, via le bouton « plein écran », avant et après la modif).

Merci à Guenhwyvar pour celle-ci !


Désactiver l’autoplay des vidéos/médias


media.autoplay.enabled.user-gestures-needed


Mettez cette clé, de type booléenne à true.

media.autoplay.allow-muted


Mettez (ou créez) cette clé, de type booléenne à false.

Ces deux clés remplacent l’ancienne clé media.autoplay.enabled.
La première clé permet d’autoriser les vidéos site par site via une permission (rangée au début de la barre d’adresse, comme les autres permissions).
La seconde clé désactive les vidéos sans son, qui sont lancées par défaut… mais qui consomme quand même des ressources système (CPU, mémoire, réseau).

Merci à Philippe pour cette astuce !



(Ci-dessous, dans les comms, je poste quelques autres tweaks qui peuvent servir, mais que je n’utilise pas présentement.)

Les trucs qui me font détester votre site web en 2020

Logan : Go fuck yourself.
Après les articles en 2014, 2017 et 2019, voici de nouveau un listing des pratiques énervantes sur le web, histoire de bien débuter l’année avec tout ce qu’il ne faut pas faire (du moins si vous tenez à vos lecteurs et vos clients).

Les sites qui affichent 10 % d’un article et pas le reste

Pour pousser à s’abonner…

Je sais que c’est une façon comme une autre pour attirer des clients payant, et je ne reproche pas ça, mais c’est tout de même chiant et c’est totalement de nature me faire pas du tout revenir sur le site.

Et personnellement, ça ne m’a jamais fait m’abonner à quoi que ce soit. Les seuls sites où je suis abonné (ou j’ai été), c’est soit que j’approuve la ligne éditoriale et son sérieux, soit que j’avais vraiment envie de soutenir financièrement le site (en contrepartie d’une absence de publicité, même si j’ai conservé Adblock quoi qu’il arrive).

En ce qui me concerne, les sites qui mettent ça en place, je laisse tomber la lecture de l’article, voire son partage.

Les sites qui demandent le type de carte bancaire

Lorsqu’on paye par carte bancaire… Il faut bien-sûr renseigner le numéro de la carte.
Sur certains sites mal fichus, il faut en plus renseigner le type de carte (visa, mastercard…) cette étape est aussi inutile que de devoir retaper son e-mail une seconde fois : en fait, si on a le numéro de la carte, on a son type.

En effet, si le numéro débute par 4 c’est une Visa, si elle commence par 5, c’est une Mastercard, et pour American Express, la carte commence par 34 ou 37.

Pas besoin de nous le demander.

Les sites qui demandent le BIC en plus de l’IBAN

Cette fois, c’est quand on paye par prélèvement : la seule information requise, normalement, c’est l’IBAN.
Le BIC peut se retrouver avec l’IBAN grâce à des services externes (utilisées par les banques elles-mêmes). Il est inutile de le demander en plus.

Je rappelle que l’informatique est censée nous faciliter la vie. Idéalement, tout devrait être transparent.
L’utilisateur [de l’informatique] doit voir sa vie simplifiée par l’informatique. Pas constamment interrompue par l’incompétence ou la flemme des gens qui ne savent pas faire leur travail.

Est-il possible pour l’informatique de détecter le type de carte bancaire à partir du numéro ? Oui !
Est-il possible de retrouver le BIC à partir de l’IBAN ? Oui encore !

Alors faites votre taf et dites à mon ordinateur de le faire pour moi !

Quand je paye au supermarché, je n’ai pas besoin de dire si ma carte est Visa ou Mastercard : je met la carte, tape mon code et basta. Pourquoi ça devrait être différent en ligne ?

Mention spéciale pour le site de Suez, qui demande le code banque, code guichet, clé RIB, numéro de compte. Toutes ces infos ensembles forment l’IBAN : le site pourrait les retrouver avec 2 lignes de JavaScript. Mais non, faut qu’ils nous fassent chier en nous forçant à étudier l’anatomie d’un IBAN et savoir où termine le code banque et commence le code guichet. Vous pensez qu’on a que ça à foutre de nos soirées ?

Les sites qui obligent les notification

Ça j'avais encore jamais vu : un site qui t'oblige les notifs, en nous faisant croire que c'est c'est l'antispam.

Je pense à une chose, juste comme ça, ça vous dirait d’aller vous faire voir, peut-être ?

Les sites qui refusent des adresses e-mail valides

À votre avis, c’est quoi le point commun entre les adresses suivantes ?

  • mail@example.com
  • mail+dossier@exemple.com
  • mail@ssdm.example.com
  • mail@serveur
  • "[mail bizarre avec des espaces @exemple.Com{{[[[[[ aces"@lol.123.example.com

Réponse : ce sont toutes les adresses e-mail valides.

Pourtant, en 2019, on trouve encore des sites qui les refusent.

Des sites qui sont donc codés avec des pieds par des idiots.

Les sites qui tronquent votre mot de passe

Vous avez un mot de passe, genre ça : « /\1|>0©6є83|=027327|)8461063/=4∂©5846 ».
En dehors du fait que le site vous aura sûrement refusé les 3/4 des caractères, supposons qu’il limite le mot de passe à 10 caractères… mais sans vous le dire. Ce qu’il enregistre de son côté comme étant votre mot de passe, c’est donc ça : « /\1|>0©6є8 ».

Sauf que… quand vous vous connectez, vu que rien n’est signalé, vous tapez votre mot de passe : « /\1|>0©6є83|=027327|)8461063/=4∂©5846 » qui est donc bien-sûr différent de ce que le site a dans ses fichiers : ça ne marche donc pas.

Pire, si vous demandez de changer le mot de passe, et que vous choisissez de remettre le même mot de passe, le site va le tronquer à nouveau : là, il verra qu’il est identique à l’ancien qu’il a en mémoire et refusera de le changer.

C’est très très très con, car en fait on tourne en rond mais à aucun moment on ne nous dit quoi que ce soit.

Ben certains sites trouve que tout ça, c’est une bonne idée.
Y compris des sites officiels du gouvernement Français, en 2019 (hello, l’URSSAF et ton site plus merdique qu’une merde de chien bouffé par un chat puis rechié derrière sur votre pallier !).

Ces sites sont merdiques.
Ceux qui les codent sont des merdes.
Ne faites pas comme ceux qui codent ces sites : ne soyez pas des merdes.

(En fait, ne bloquez pas certains caractères ; n’enregistrez pas non plus des mots de passe en clair ; ne tronquez pas les mots de passe, laissez l’utilisateur mettre ce qu’il veut ; et ne vérifiez pas si le nouveau mot de passe est identique à l’ancien : ça ne sert à rien et c’est dangereux).

Le scroll infini

Genre sur Youtube avec les commentaires : si t’arrives en bas des 20 premiers commentaires, les 20 prochains se chargent automatique et on scrolle de nouveau, et ainsi de suite. Twitter, Tumblr, Instagram et d’autres font pareil.

Ça peut semble sympa… jusqu’à ce que t’as besoin de cliquer sur les liens en bas de la page ! C’est… impossible !

Malin, non ? Non.

Dans ce cas mettez les liens sur un côté, pas en bas, ou faites les choses de façon intelligente : attendez que l’utilisateur clique sur « voir la suite » après les 20 premiers commentaires (pas les fois d’après). Good Guy DeviantArt fait ça par exemple, DeviantArt est bien foutu. Faites comme DeviantArt.

Les sites qui se bloquent après quelques coups de scroll

L’inverse du scroll infini : le scroll limité. Typiquement : Pinterest ou Instagram version web.

La page marche… au début. Sauf que comme la page est un gigantesque mur d’images, tu défile vers le bas et… *paf* : un gros popup infermable qui te demande de t’inscrire pour continuer. Impossible de virer le message et la page n’est plus scrollable.

Le plus hideux dans l’histoire, c’est que c’est implémenté à bas coût : en effet, il suffit d’ouvrir les outils de développeurs, de virer la surcouche du popup et de réactiver le scroll. Là ça marche de nouveau. Cette manip se fait en 10 secondes, mais c’est chiant quand-même.

Après j’ai déjà vu aussi des sites qui ne fonctionnent plus quand on ouvre les outils de développement. Je ne sais pas comment ça marche, mais le JS effectue alors un point d’arrêt et le script du site se bloque complètement. Espérons que ça ne se répande pas trop.

Les sites qui partagent tes infos personnelles

Alors là, je dis chapeau à Free (le fournisseur internet).

Quand j’ai déménagé, j’étais incapable de retrouver le numéro téléphonique de la ligne de mon appartement. Personne ne l’avait.

Il existait des méthodes pour le retrouver à partir des tests d’éligibilité d’Orange ou de SFR, mais aucun ne marchent aujourd’hui. J’y suis parvenu, cela dit, mais grâce à Free.

Dans les requêtes réseau en Ajax, il était fait état d’une requête avec un numéro à 20 chiffres du style 30343730313233343536. Maintenant virez tous les « 3 » en position impaire et on obtient ça : 0470123456… soit le numéro de la ligne !
Fallait le voir, mais je l’ai vu… après deux jours, certes, et ça m’a aidé, mais c’est quand-même grossier.

Bonne 2020ème révolution circum-solaire de l’ère commune !

Le Soleil dans le ciel.
Ça fait longtemps que je ne m’étais pas adonné à un « joyeux-whatever » sur ce site, mais il semble que ça ait manqué, donc me voici (c’est pour toi Enky !) :)

Donc après avoir passé un Newtonmas et avoir festoyé pour célébrer la fin des jours courts et la promesse astronomique des jours plus longs, j’espère que tout le monde a bien remis ça pour célébrer cette fois une date que l’on a arbitrairement posée là pour marquer le début d’une révolution de notre petite planète tellurique autour de notre petite étoile de type naine jaune.

Il semble que ce soit la deux mille vingtième célébration de ce genre depuis le début de ce qu’on appelle l’ère-commune.

D’ici quelques jours, bien-que personne ne fête ça (bizarrement), on pourrait recommencer ça une troisième fois car ça sera le début d’une nouvelle année anomalistique : la période séparant deux passages de la Terre par le périhélie. Le périhélie, c’est le point de l’orbite qui est au plus proche du Soleil et il tombe généralement dans les premiers jours du calendrier civil, en l’occurrence, cette année, ce sera le 5 janvier à 08h du matin (si vous avez des gosses qui vous réveillent en fanfare tous les matins du dernier jour de vos vacances de Newtonmas, ben c’est probablement pas ça qu’ils fêtent, mais au moins cette fois ils auront une bonne raison de le faire.

Ceci étant dit, j’espère que durant cette prochaine révolution de notre Terre, vous vivrez bien et en bonne santé et que vous pourrez faire ce que vous vouliez déjà faire l’an dernier avant d’être pris d’une crise de flemite tellement aiguë qu’elle ferait péter un verre en cristal rempli de jus de pomme qui pique.


En ce qui me concerne, et ce qui concerne mon (mes) sites, je ne promets pas de publier davantage, mais je vais essayer de reprendre un peu l’écriture ici.

L’an dernier, et l’année d’avant ont été un peu dures pour moi sur un plan personnel, mais j’espère avoir remis un peu d’équilibre dans les forces agissant dessus pour en diminuer l’entropie, me laissant ainsi du temps et de l’énergie pour faire ce que je veux faire moi-même ici.

Je remercie énormément ceux qui m’ont continuellement envoyé des messages, des e-mails (que je lis tous, même si je tarde parfois à répondre), voire des cadeaux (récemment un jeu Game-Boy Color que je recherchais depuis longtemps !), de la thune sur Tipeee, ou m’ont rendu service d’une façon ou d’une autre, en ligne ou hors-ligne.

L’an dernier, ce site a atteint ses 10 ans révolus. J’espère bien pouvoir continuer tout ça pour les 10 ans qui viennent, avec vous : je sais que certains d’entre vous me lisent depuis le début, et je trouve ça incroyable.

Juste quelques chiffres désormais : ce site seul (lehollandaisvolant.net) a enregistré 159 millions de pages vues depuis le début (environ 20 millions en 2019), pour plus d’un million de visiteurs uniques sur l’année. Et le mieux, c’est que mon blog scientifique (couleur-science.eu), est désormais depuis quelques temps déjà le plus visité. Le tout, sans publicité intrusive ni scripts tiers qui siphonnent vos données pour les revendre (pour le dire autrement : si j’avais eu juste un centime à chaque visite, j’aurais pu m’acheter une Tesla Roadster 2020 :p).


Pour conclure, ben, profitez de la vie, même si c’est parfois dur.
On est là, alors autant faire ce qu’on peut pour bien le vivre et faire en sorte que les autres y arrivent aussi.

À bientôt !

image de Chris Barbalis

Levez les yeux, observez le ciel nocturne !

i
Ceci est la suite de ce post.
Pour résumer, j’ai par hasard pu voir une série de 60 satellites à la queue dans le ciel nocturne le jour de Noël. Ces satellites sont en orbite depuis moins d’un an (et probablement s’agit-il de la série lancée il y a à peine un mois) et c’est la première fois que je vois un truc comme ça.

C’est à la fois flippant et magnifique : flippant car c’est la première fois qu’on voyait un truc comme ça (et heureusement qu’on savait ce que c’était), et magnifique car c’est juste le futur qui s’ouvre et qui traverse le ciel (qu’on n’aime ou non).

Mais c’est pas sur ça que je voulais insister dans cet article.

En fait, même si vous avez déjà levé les yeux et vu quelques étoiles, et si vous avez trouvé ça plutôt joli, alors refaites-le. Mais plus longtemps.

Si vous êtes à la campagne et que le ciel est dégagé, profitez-en : éteignez toutes les lumières extérieures et regardez le ciel pendant 15 minutes.
Laissez vos yeux s’acclimater à l’obscurité et voir de nouvelles étoiles, plus lointaines ou plus petites, en tout cas moins lumineuses, devenir visibles. Il y en a des milliers.

Si vous avez un smartphone, laissez-le éteint d’abord : sa luminosité risque de vous éblouir et vous ne verrez plus rien.
Prenez une boussole aussi, et tournez-vous vers le Nord. Cherchez la Grande Ourse (ou « grande casserole »). Si vous savez déjà la trouver, essayez de trouver la Petite Ourse : elle est plus haute dans le ciel, environ moitié moins grande, retournée par rapport à la Grande, et la queue de la casserole est courbée dans l’autre sens. Elle est nettement plus difficile à trouver, car ses étoiles sont moins lumineuses et cette partie du ciel est plus éclairée. Si vous la voyez, repérez alors l’étoile au bout de sa queue : c’est l’étoile polaire. Cette étoile permet de trouver le nord. Aussi, quand la terre tourne, les étoiles semblent se déplacer dans le ciel au cours de la nuit (comme le Soleil se déplace dans le ciel visible). L’étoile polaire, elle, restera globalement au même endroit.

Si vous voyez une bande lumineuse traverser le ciel (comme ici, presque dans le même axe que les satellites) ce ne sont pas des nuages. Enfin si, mais pas des nuages terrestres : il s’agit de la Voie Lactée, notre galaxie. Ce qu’on voit c’est le centre de la galaxie, nettement plus dense en étoiles et en poussière d’étoile que le reste du ciel. On voit le centre de la galaxie depuis la Terre, qui est elle-même environ aux 2/3 de son bord.

Une fois que l’observation à l’œil nu est finie, essayez avec une simple jumelle, n’importe lesquelles : Vous verrez encore plus d’étoiles !
Si la Lune est visible, observez-la aussi ! À l’œil, notre Lune est juste ronde et lumineuse avec des tâches, mais rien qu’avec les jumelles vous la verrez déjà bien mieux : vous verrez les montagnes, les reliefs, les monts et les plaines (qu’on appelle les « mers », bien qu’il n’y a pas d’eau).

Si la Lune est croissante ou décroissante c’est encore mieux : si vous observez à la jumelle la partie croissante, vous pouvez apercevoir l’ombre des montagnes éclairées par le Soleil (située sous l’horizon terrestre, donc) portée sur les plaines lunaires. Le contraste est très visible et c’est magnifique. Essayez !

Enfin, si votre téléphone portable a un appareil photo et dispose en plus d’un mode « manuel » (en plus des modes habituels « auto », « portrait », « panoramique », etc.), apprenez à bidouiller les paramètres que sont la luminosité, l’ISO, le temps d’exposition, le contraste… Regardez ce que ça fait sur vos photos (pas forcément de nuit) et apprenez à utiliser ça.

Sur mes photos du ciel nocturne, j’utilise un ISO élevé, avec une durée d’exposition très longue : le ciel nocturne en devient très lumineuse et on voit les satellites laisser leur signature lorsqu’ils se déplacent. Bien-sûr, l’image reste brouillée et pas spécialement nette : ça reste un téléphone avec un capteur photographique grand public, mais c’est déjà pas mal.
Évidemment, on peut prendre plein d’autres choses en photo comme et le résultat est parfois captivant (comme ce feu en très courte durée d’exposition, ou de nouveau des flammes avec une exposition prolongée).
Ce n’est pas forcément du grand art, mais c’est plutôt joli quand-même pour ce genre d’appareil et pour un utilisateur lambda sans formation photographique.

Et encore, tout ça c’est sans utiliser les filtres correctifs appliqués après le cliché : là aussi, apprenez à utiliser votre téléphone, votre appareil photo : ajustez la luminosité et le contraste (et souvent les deux en même temps) et voyez comment cela peut améliorer vos clichés. En jouant un peu, on peut obtenir ce genre de photos (ici le filament d’une lampe à incandescence). C’est plutôt pas mal.

Rien ne remplacera un bon photographe qui utilise activement son savoir-faire et son matériel pour immortaliser une scène quelconque en œuvre d’art, mais si vous avez déjà un smartphone avec un appareil photo, alors vous avez déjà de quoi faire des trucs sympas et hors du commun (genre ça, oui, encore du feu).

Pour résumer : observez le ciel nocturne, peut-être vous verrez des choses sympas et très probablement vous apprendrez quelque chose. Et apprenez à utiliser votre appareil photo de smartphone : tirez-en tout le potentiel possible : ça ne pourra toujours qu’être bénéfique, un jour ou l’autre, pour vos photos ! Même si ce n’est pas un appareil à 10 000 €, il est capable de bien plus que de prendre juste des photos standards, il faut le savoir.

Pour finir, quelques liens :

  • Carte du ciel étoilé en temps réel | Stelvision
  • Satmap (carte des satellites artificiels — on note très bien Starlink dessus : c’est la longue traînée très dense. Les satellites au niveau de l’équateur sont les géostationnaires, à 36 000 km d’altitude, invisibles et immobiles dans le ciel)

(Merci Philippe pour les liens !)

Firefox 72 : placer la barre personnelle verticalement

i


  • 2020-01-26 : Mise à jour : cette page a été mise à jour pour Firefox 72.0.1 (le précédent était pour 71 et ne marchait plus).

C’est déjà la seconde fois que je fais un article pour cette astuce.
À chaque fois, je dois refaire ça car la mise à jour de Firefox casse le code précédent. Mais ce n’est pas trop grave.

Mon précédent article a un peu plus de deux ans et concernait Firefox 57.
L’astuce n’était pas parfaite, mais faisait son job. Ici, c’est une mise à jour du script.

Commencez par mettre toolkit.legacyUserProfileCustomizations.stylesheets à true dans le about:config.

Ensuite, voici le nouveau code, à placer dans le fichier userChrome.css.

Ce fichier se trouve dans le dossier chrome/ du dossier de profil de Firefox.
Pour trouver le dossier du profile, copiez ceci dans la barre d’adresse et ça vous donnera le chemin vers le dossier du profile : about:profiles. Allez dans ce dossier, puis allez dans le sous-dossier chrome (s’il ne s’y trouve pas, créez-le).
Créez ensuite un fichier userChrome.css (attention : c’est un fichier .css, il ne faut pas qu’il y ait le .txt à la fin).

Copiez-collez-y ce code à la fin :


#PersonalToolbar {
	position: fixed!important;
	right: 0px!important;
	top: 38px!important;
	height: 35px!important;
	transform-origin: bottom right!important;
	transform: rotate(-90deg)!important;
	z-index: 1200!important;
	display: inline-flex!important;
	width: 100%;
	flex-direction: row-reverse;
}

#personal-bookmarks {
	transform: rotate(180deg)!important;
	width: 100%!important;
}

.bookmark-item {
	transform: rotate(-90deg)!important;
}


#browser,
#browser-bottombox {
	margin-right: 35px!important;
}


#main-window[inFullscreen="true"] #PersonalToolbar {
	visibility: collapse !important;
}

#main-window[inFullscreen="true"] #browser,
#main-window[inFullscreen="true"] #browser-bottombox {
	margin-right: 0!important;
}

Le code pour le bug du plein écran provient de (merci à smokey desperado pour le lien).
Désormais, la barre ne sera plus visible ni en plein écran, ni avec une vidéo en plein écran.

Le résultat est comme le précédent, si vous utilisiez ça :

Capture d’écran de Firefox avec la barre de favoris verticale sur la droite.
Enjoy !


ÉDIT : si ça ne marche pas (en particulier sous Windows), vous pouvez voir ce fil : le code est tout ici (un grand merci, Amine !)

Ok Boomer

Une voiture de Boomer.
Il n’aura pas fallu longtemps : l’expression « OK Boomer » est désormais officiellement de la discrimination anti-vieux.

J’imagine qu’ils vont faire une loi pour ça bientôt, vu que ceux qui les font sont tous des boomers.

Dans ce cas moi aussi je demande une loi.

Une loi qui condamne à six ans de retraite en moins, chaque articulation d’un « t’es trop jeune pour comprendre », de « c’est un peu court jeune homme » (et sa réponse appropriée), « le service militaire, ça vous ferait du bien » (ou sa variante : « une bonne guerre et vous arrêterez de râler ! »).

Voilà.

Boomer.


Autrement, selon moi, le « OK Boomer » n’est pas un truc anti-vieux. C’est pas sorti gratuitement à tous les vieux qu’on croise, que je sache.

C’est une réponse à ceux qui s’imaginent et qui le font savoir quotidiennement que le monde actuel (2020) est le même que le leur quand ils avaient notre âge (généralement des Boomers).
Une réponse à une idée qui avait de la valeur il y a un demi-siècle mais qui n’en a plus aujourd’hui, émise par quelqu’un pour qui ça avait marché dans sa jeunesse et qui pense que ça marchera aujourd’hui.

À savoir un monde :

  • où on trouvait un taf en traversant la rue ;
  • où un « travail » était forcément quelque chose de physique et difficile ;
  • où on pouvait s’acheter une maison et un terrain après 3 ans à mettre de la thune de côté ;
  • où le livret A rapportait 25 % par an.

À titre d’illustration, je ne citerais que ce Tweet :

Average family income, Canada:
1975: 50k
2015: 70k

Average house price, Toronto:
1975: 60k
2015: ~700k

Average tuition costs, Canada:
1975: $550
2015: $6200

Remember these numbers next time you tell someone younger than you that it just comes down to hard work.

(Et j’imagine qu’on peut très facilement transposer ça à la France et n’importe quel pays « occidental » avec les mêmes résultats)

Bref, la prochaine fois que vous avez envie de nous faire la morale à coup de « nous à l’époque on se salissait les mains », ou « la vie n’était pas aussi simple que maintenant », juste : fermez-la.
Vous ne voulez pas qu’on vous envoie balader avec un « OK Boomer », nous on en a déjà raz-le-cul de vos d’une autre époque.

image d’en-tête de Johnathan Petersson.

Non, respirer n’émet pas plus de CO2 dans l’atmosphère

Une pompe à pétrole.
Je tombe ce matin sur ce tweet :

En pédalant ils effectuent un plus grand effort physique qu’en marchant soit un dégagement de CO2 expiré plus important.
L’idéal, pour le bilan carbone, serait que tout le monde soit obligé de marcher pour aller travailler ou se déplacer pour les loisirs

Ceci est faux, et pour plusieurs raisons.

Respirer n’augmente pas le CO2 dans l’atmosphère

Déjà, respirer n’est pas responsable de l’effet de serre. Même si on était 500 milliards sur cette planète, tout ce monde qui respire ne provoquera pas la montée du taux de CO2 atmosphérique.

Quand on respire, on inspire de l’oxygène. Cet oxygène est utilisé par nos cellules. Nos cellules utilisent également ce qu’on mange, à savoir des sucres, qui sont en réalité une source de carbone pour notre corps. Les cellules « brûlent » ces sucres avec l’oxygène pour nous réchauffer et entretenir notre métabolisme.

Le carbone du sucre avec l’oxygène de l’air est ensuite rejeté lors de l’expiration sous la forme de CO2.

Oui, respirer émet donc du CO2. Aucun doute sur ça.

Par contre, le carbone ne provient pas de nulle part : comme j’ai dit, il provient de notre nourriture. Et notre nourriture, dans le cas des fruits et des légumes, correspond à des végétaux. Ces végétaux ont poussé en absorbant le CO2 de l’atmosphère.

Le CO2 qu’on expire est donc du CO2 que la plante qu’on a mangé a puisé dans l’air. Il s’agit d’un cycle : le cycle du carbone, justement.

Notez que si l’on mange de la viande, ça revient à la même chose : le carbone dans la viande provient du carbone de l’herbe mangé par l’animal. Il y a juste une étape en plus.
Que l’on soit végan ou non, la chaîne alimentaire dans son ensemble est 100 % neutre en carbone. Bien-sûr, je parle ici seulement de la chaîne alimentaire (pas du transport de la nourriture avec des camions roulant au pétrole, ni des autres émissions de gaz à effet de serre comme le méthane par l’élevage animal, ou du carbone émis par les plantations de tomates sous serre éclairées à grâce à une centrale au charbon).

Si l’on respire davantage en faisant du vélo, oui, on émettra plus de CO2 en expirant plus. Mais ça n’est voir qu’une partie du cycle : si on fait du sport, on se dépense plus et on aura plus faim : on mangera plus pour refaire le stock de sucres et on aura besoin de planter davantage de plantes pour nous nourrir… ce qui va donc également absorber plus de CO2 dans l’air. Je l’ai dit : le cycle est neutre.

Donc non : respirer plus en faisant du vélo n’est pas responsable de la hausse du taux de CO2 dans l’air.

Faire du vélo réduit même la respiration

Ensuite, que l’on marche ou qu’on pédale, on respire toujours plus vite que si l’on reste assis. Normal, car on est actif : on transforme des glucides en chaleur en produisant un travail « utile ».
Maintenant, d’un point de vue purement énergétique, le déplacement à vélo est environ 4 fois plus efficace que la marche.

Que ce soit sur le plat ou non (en considérant le dénivelé global comme neutre, par exemple en revenant au point de départ après avoir fait un tour), faire du vélo vous fatigue environ 4 fois moins pour une distance parcourue identique. On brûle donc également moins de calories en vélo qu’à pied.

À pied, l’effort de marcher est moins intense, mais il est également bien plus long : on se déplace moins vite à pied qu’à vélo. Peut-être que faire 1 heure de vélo nous fatigue plus que 1 heure de marche, mais on aura parcouru bien plus de distance.
S’il s’agit juste d’aller au travail à pied ou en vélo, vous aurez respiré nettement plus durant les 40 minutes de marche que durant les 10 minutes de vélo (y compris en incluant les 30 minutes de repos après les 10 minute de vélo).

Si parcourir une certaine distance est le but recherché, il faut voir le nombre de calories consommées au kilomètre. Il sera bien plus faible en vélo qu’à pied.
Si vous souhaitez brûler des graisses pour maigrir, il faut alors compter en calories par heure. Et là ce sera plus élevé avec un vélo en pédalant comme un dingue que marcher, simplement parce que l’effort n’est plus le même, et ce n’est donc pas dans le cadre exprimé dans le tweet ci-dessus, qui parle explicitement du vélo comme un moyen de transport, pas comme un exercice physique destinée à brûler des calories.

D’où vient la hausse du CO2 dans l’air alors ?

La respiration, que ce soit celle de 1 milliard de gens ou de 100 milliards n’a pas d’effet sur le CO2 dans l’air. Le carbone expiré provient déjà de l’atmosphère par l’intermédiaire des plantes que l’on mange (ou de l’animal qu’on mange et qui lui avait mangé la plante).

Ce qui provoque une élévation du taux de CO2 dans l’air, c’est le fait d’ajouter du CO2 dans l’air dont la source initiale n’est pas l’air : par exemple le pétrole, le charbon ou le gaz.
Les énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) sont du carbone piégé dans le sol depuis des millions d’années. Quand on le brûle, on le libère dans l’air.

Même chose quand on fait du ciment : le ciment est fait à partir de carbonate de calcium que l’on mine dans le sol. Les cimenteries font réagir le carbonate de calcium en transforment ça en chaux vive et en rejetant du CO2 (le « carbonate » de « carbonate de calcium »).
Là aussi, le CO2 était dans le sol avant d’être jeté dans l’air.

Même remarque pour les volcans : bien que la contribution en CO2 des volcans soit risible à côté de la combustion d’énergie fossile et les cimenteries, il faut le mentionner ici pour être complet. Les gaz émis par les volcans proviennent des profondeurs de la terre et donc non initialement de l’air. Tout CO2 émis par l’activité volcanique contribue donc à son échelle au taux de CO2 dans l’air.

Mais ce charbon/calcaire/pétrole d’où vient-il ?

Le charbon, pétrole, gaz, provient de dépôts organiques d’il y a des millions d’années, d’une ère appelée à ce titre le carbonifère.

L’atmosphère était trente fois plus riche en CO2 qu’aujourd’hui. Les plantes poussaient beaucoup plus rapidement. Un jour, les plantes ont commencé à produire du bois. Il a fallu attendre des millions d’années avant que les micro-organismes puissent décomposer ce bois. Le bois s’est donc accumulé massivement et a fini par se retrouver enfouie sous les autres sédiments. Le charbon, le pétrole, sont le résultat de processus comme celui-ci, où des matières organiques se sont accumulés plus rapidement qu’ils n’ont pu être dégradés.

Sous la pression exercée par les couches géologiques, les matières organiques se sont transformées en roche (charbon) ou en pétrole/gaz.

Les plantes ont donc utilisé du CO2 atmosphérique et l’ont transformé en bois qui est donc sorti du cycle du carbone durant des dizaines voire des centaines de millions d’années. En surface, la vie s’est adaptée à des niveaux de CO2 plus faible et des températures moins hautes. L’être humain fait partie de cette vie-là : celle qui est adaptée à un taux de CO2 faible.

Et la conséquence du trop plein de CO2 ?

Si maintenant on commence à rejeter dans l’air tout le CO2 piégé depuis longtemps, on recrée en quelque sorte des conditions de vie d’il y a des centaines de millions d’années. Des conditions de vie pour lesquelles notre organisme n’est pas fait. Des conditions pour lesquelles notre société, notre civilisation n’est pas faite non plus.

Plus de CO2 signifie surtout un climat beaucoup plus chaud, type tropical avec ce qui va avec : cyclones, saisons humides, etc. Une très grande partie de notre civilisation n’est pas prête pour ça, ne serait-ce que pour les maisons européennes, qui ne sont pas prévues pour résister à un cyclone. Il en va donc bien au-delà de juste la température de l’air car tout le monde sera affecté.

Ça signifie aussi des océans plus chauds, et donc une montée de leur niveau. Sachant que 70 % des êtres humains vivent sur les littoraux, ça signifie qu’il faut délocaliser 5 milliards d’habitants (alors que c’est déjà une crise nationale quand il faut en déplacer 5 000 réfugiés et les accepter sur « notre » « territoire »).

Des océans plus chauds, signifie aussi des océans plus acides : l’eau chaude dissout nettement plus de CO2 que l’eau froide, et le CO2 dissout rend l’eau acide. La vie marine n’est pas adaptée à ça (les coraux ça parle à quelqu’un ?). Or c’est bien la vie végétale marine qui produit 70 % de l’oxygène qu’on respire.

Et puis, pas seulement la vie sera affectée : si les températures des océans change de trop, et en particulier si elle s’homogénéise et qu’il n’y a plus de pôles pour les refroidir et entretenir des différences de salinité, alors les courants marins vont changer voire s’arrêter et le climat européen si doux va devenir aussi froid que celui au Canada (qui est à la même latitude, je le rappelle, juste bien plus froid car non réchauffé par les océans).

L’eau en profondeur ne sera plus oxygénée : la vie anaérobique (sans oxygène) va se développer, et son produit de rejet à elle étant du H2S (au lieu du CO2), le taux de H2S va exploser. Ce gaz H2S, le sulfure d’hydrogène est juste mortel pour tous les êtres vivants qui ont besoin d’oxygène.

Tout ceci est déjà arrivé par le passé. On a appelé ça l’extinction permien-trias, qui a supprimé 95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres.

Bien-sûr, la planète est toujours là et la vie s’en est remise. Mais les espèces individuelles, elles, ont pour la très grande majorité disparues. Éteintes. L’être humain est en train de s’infliger ça actuellement. Et rien n’indique que ça change, ni que ça va changer.

Et je ne suis pas ici en train de dire ce qu’il faut faire. Je dis simplement ce qui va arriver si on ne change rien.

image d’en-tête de Zbynek Burival

Résoudre le problème ? Nan, mais punir ceux qui le résolvent.

La France traverse quand-même une époque formidable.

Y a des SDF dehors. C’est un fait. Il devrait être du rôle de l’État de faire son nécessaire pour les aider.
Mais non.
À la place, quand tu donnes une pièce à un SDF, on te colle une amende.

Autre exemple.

Le sol et les murs sont crades.
Plutôt que de taguer avec de la peinture, certains taguent ces surfaces sales avec des pochoirs et des karchers, un peu comme quand on écrit « sale » sur une vitre sale de voiture. Dans les faits, rien n’est dégradé, on est d’accord ? Pourtant, au-delà du message tagué, certaines villes, comme Montpellier, plutôt que de nettoyer les rues pour effacer ces tags trouvent le moyen de déposer des plaintes pour ces « tags ».

Encore ?

En informatique, quand on trouve un bug, généralement on le signale, le bug est corrigé et tout le monde est content. Certaines entreprises payent très cher ceux qui trouvent ainsi des bugs.
Ici, non : tu trouves un bug, on t’envoie devant le juge (ce cas, l’affaire Bluetouff, n’est pas isolé).

On continue.

Les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et les autres grosses boites du numérique (Über, etc.) ne payent pas leurs impôts. Plutôt que de faire appliquer des lois qui existent déjà et d’abolir les montages fiscaux le législateur préfère inventer des taxes pour les faire payer (chose qu’ils contournent facilement — et à raison, si vous voulez mon avis).

On a un problème dans ce pays, et pas forcément juste ici, ni maintenant, en fait c’est assez répandu : que quand on voit un problème, plutôt que de le solutionner immédiatement, on préfère taper sur ceux qui le dénoncent. Vous pensez que le problème va disparaître quand tout le monde fermera sa gueule à leur propos ?

Remarquez, oui, les dictatures en tout genre (Chine, Corée du Nord…) le font bien et ça marche : si personne ne parle du problème, c’est qu’il n’y en a pas, hein.

M’enfin, dans tous les cas c’est une mentalité que je ne pourrais jamais comprendre.

Ou si : corriger les problèmes, ça coûte cher. Et quand une banque gouverne, faut pas dépenser du fric pour des solutions alors qu’on peut régler ça avec un LBD pour faire le silence.

:(

❌