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Before yesterdayLe blog d'un odieux connard

Harry Potter & le Brexit enchanté

Le Brexit est très décevant.

J’entends par là que depuis des siècles que nous tentons de bouter l’Anglais loin de chez nous, à grands renforts de châteaux et de forts, de navires et de canons, voici que la perfide Albion décide de se chasser toute seule. Voilà qui rend grognon, et qui, laissez-moi le dire, est tout de même un peu mauvais joueur. À défaut de tirer les premiers, les Anglais se tirent d’abord, et si cela a donné lieu à un palpitant feuilleton intitulé « Attention je pars ! 3… 2… 1… on revient à 2… 1 et demi… » il n’en reste pas moins que les conséquences vont être grandes pour le pays du pudding.

Pourtant, s’il est un sujet que l’on n’évoque que peu dans les accords, et pourtant central pour les geeks du monde entier, c’est celui-ci : quid du ministère de la magie ?

Car si vos enfants sont à Poudlard, vous devez suer à grosses gouttes. Aussi, rassurez-vous, et lisez la suite.

Je vous laisse cliquer sur la vignette ci-dessous, pendant que votre serviteur retourne courir par monts et par vaux.

Comme toujours, cliquez donc.

Le 31 octobre, les sorciers frapperont aux portes, vous verrez.

 

 

Vignette

Un odieux connard

Et comme toujours, vous préférez rester là à regarder ce que j'ai écrit ici, vous êtes impossibles.

De l’élégance des dames

Mesdames, l’heure est grave.

Dans moins d’une heure, vous avez rendez-vous avec Armand-Brandon, le petit nouveau du service communication, et voilà que vous êtes encore en pyjama pilou, un plaid en rotonde sur vos épaules, votre mug « Drink tea and carry on » à la main. Car vous êtes paralysée par toutes les questions qui, montant des tréfonds de votre être, font grimper la tension à chaque seconde : comment vous habiller ? Comment vous comporter ? Et où diable avez-vous rangé votre boîte de balles dum-dum pour votre Derringer spécial rendez-vous Tinder ?

Point de panique. Car une aimable lectrice a déniché cette perle : https://apprendre-les-bonnes-manieres.com/

Enfin, vous pourrez trouver les réponses à ces grandes interrogations que sont Puis-je arriver à un rendez-vous en crocs ? Il m’emmène au kebab : qu’est-ce que cela signifie ? Si la première balle ne le tue pas, dois-je viser la nuque ou le front ? et autres sujets que toute dame qui se respecte a déjà rencontré. Car le site, tenu par une certaine Hanna Gas, coach en savoir-vivre et en étiquette, va vous permettre de trouver promptement solution à vos problèmes. Aussi, vous pouvez arrêter d’imbiber votre pilou de sueur : allons-y pour découvrir les 5 astuces à connaître lors d’un premier rendez-vous galant.

Première règle : ne jamais le laisser vous immobiliser les mains. C’est un piège grossier. Dès qu’il mentionne qu’il aime PNL, pétez-lui les poignets.

Et tout de suite, mettons les choses au clair :

Cet article est destiné essentiellement aux femmes.

Mais pas uniquement. Il y a donc peut-être des conseils qui intéresseront d’autres genres, comme par exemple, les hommes, les androgynes, les bigenres, les maveriques (si, si, et non, non, pas celui de Top Gun) ou les panzer-fluids comme moi. Afin de savoir si après le premier verre, on a le droit de sauter par-dessus la table en hurlant « Dis-moi où Joukov a planqué ses chars ! » ou bien s’il faut au moins attendre le second rendez-vous. Les subtilités de la séduction.

Mais, allons ! Assez parlé, et lisons donc.

Vous faites comme vous voulez. Vous êtes libres et intelligentes. Vous avez déjà de l’expérience dans de nombreux domaines, peut-être même plus que moi pour ce qui est des hommes.

Dans cet article, je considère la position d’une apprentie-lady qui rencontre un apprenti-gentleman et qui pressent que ce peut être LE bon. Il est question d’une relation à long terme pas d’une aventure d’un soir, ou « juste pour s’amuser le temps que cela durera ».

Notez qu’en France, on dira plutôt une dame et un gentilhomme, tant chacun sait qu’au premier rendez-vous, si la personne face à vous abuse d’anglicismes, il faut l’arroser avec un spray à eau comme un vulgaire félin pris en faute, en hurlant « Ksss, ksss, retourne dans ton cabinet de publicitaire !« . Par ailleurs, si la personne s’exclame « OMG » ou « lol » à voix haute, rappelons que la convention de Genève ne s’applique plus, et que vous avez de plein droit possibilité de faire se rencontrer sa tête et la table de manière vive et bruyante à de nombreuses reprises.

Cependant, passons. Car mesdames, ce soir, vous ne cherchez pas un homme. Non, vous cherchez l’homme de votre vie.

Évitez quand même de l’annoncer tout de go : si dans les dix premières minutes, vous expliquez que vous êtes là pour penser mariage, vous risquez soit de vous prendre une série de bombes de fumées ninja dans la margoulette, soit de découvrir que vous êtes au casting de Greg le Millionnaire. Le premier cas restant plus enviable que le second, notez.

J’ai conscience que cet article peut me faire perdre des lectrices. Mais c’est un risque que je suis prête à prendre… pour aider des jeunes filles qui entrent seulement dans le monde.

Personnellement, j’aurais tendance à conseiller aux jeunes filles qui entrent seulement dans le monde de ne pas forcément penser au mariage de suite si le monde, elles veulent justement le découvrir. La vie, c’est un peu comme les vacances : quand on est en âge de la découvrir, on en profite pour voyager un peu. Après, rester à Roubaix toute sa vie, ça a son charme, mais disons que ladite vie est souvent plus courte.

Mais étant un mâle blanc cis-hétérosexuel, soit un synonyme de Satan sur ces questions, mon avis n’est probablement pas pertinent. Je m’en retourne oppresser autrui.

Lorsque vous sortez avec un homme pour la première fois, vous avez déjà, fort probablement, échanger des messages. Ce n’est donc pas un parfait inconnu qui se présente à vous.

Plus encore en sachant que nous sommes en 2019 et que les jeunes filles qui entrent seulement dans le monde ont déjà reçu plus de photos de kikoutes que de fleurs de la part de leur prétendants. Dans le cas présent, soyons cependant beaux joueurs : disons qu’Armand-Brandon est un garçon raffiné, aussi, il ne vous a pas envoyé de vulgaires dick pics.

Non, lui, il faisait des mises en scènes avec de petits chapeaux et des accessoires, et vous êtes particulièrement fan de sa reconstitution de l’affiche du film La Chute, en utilisant uniquement un fond gris, son zboub et une casquette de police Playmobil. Oui : Armand-Brandon a su faire vibrer votre âme d’esthète.

Cependant, et sans rapport avec La Chute, laissons Mme Gas nous expliquer comment se préparer pour le rendez-vous qui s’annonce.

Les 5 prérequis pour faire de la soirée un succès :

 

1. Votre apparence

Le blog compte des dizaines d’articles sur l’élégance vestimentaire. Je vous invite à appliquer les principes de décence, de féminité et d’élégance. Chaque mot a une définition précise. Méditez-les. Voici des pistes :

Soit : allons-y.

Décence : oui, je l’ai mis en premier. L’homme veut voir en vous la mère de ses futurs enfants, pas une fille de plus. La nudité avoisine la vulgarité de nos jours. Chères ladies, couvrez-vous. Dans le doute, soyez trop couverte plutôt que pas assez.

Parce que c’est connu : si vous êtes « une fille », personne ne vous prendra au sérieux tant les filles, c’est nul. Et si le Monsieur disparaît au petit matin dans un rire diabolique, c’est votre faute : vous n’aviez qu’à ne pas découvrir vos épaules comme ça, espèce de coquinette. J’aime ce discours résolument moderne.

Pour mêler décence et sujets de société dès le premier rendez-vous, il y a des solutions simples.

Dans le doute, habillez-vous directement en maman : un tablier de cuisine, et une manique à chaque main. Cela donne une élégance épatante au moment de saisir votre verre de vin au restaurant, mais rappelle surtout tout de suite que vous connaissez votre place, ce qui rassurera Armand-Brandon qui a probablement un crucifix pour éloigner les femmes en tailleur.

Féminité : je vous invite à revoir la vidéo 17 moyens d’être plus féminine.

Mais, on ne demande que ça. Et comme je suis généreux, et que je sais qu’on me lit au boulot, allons voir cette vidéo pour en extraire quelques conseils et les poser ici.

Je le dis toujours, pour identifier une femme, référez-vous toujours au logo qu’il y a sur la porte des toilettes

C’est donc posé : le modèle qui sert de base de départ à notre coach en élégance est donc la porte des toilettes.

L’élégance, c’est un concept très relatif. Mesdemoiselles, arrêtez de vous faire du mal en essayant de ressembler aux filles des magazines : celles des WC vendent bien plus de rêve.

Mais ne soyons pas de mauvaise foi – je ne supporte pas cela – et ajoutons que si elle prend ces modèles, c’est parce que pour être une vraie femme féminine, il faut porter « des robes et des jupes« . Dès qu’une femme porte un pantalon, c’est connu, elle a soudain la barbe qui commence à lui pousser, sa voix mue, et elle se rue en poussant des grognements vers le bureau de recrutement le plus proche pour rejoindre les pionniers de la légion étrangère. On la retrouve généralement peu après, chantant « Tiens, voilà du boudin » au fin fond du Mali.

Le pantalon, ce danger pour la féminité trop méconnu.

Les cheveux longs sont attribués à notre époque et dans notre culture actuelle aux femmes

Je pense qu’il est temps d’emmener cette coach au HellFest. Tout un monde de possibilités va s’ouvrir à elle.

Dans la bouche d’une femme, les vulgarités sont beaucoup plus préjudiciables que dans la bouche d’un homme

Je vous laisse le soin de vous indigner quant à cette rupture de l’égalité ; de mon côté, je dirai simplement que « L’amour, c’est dire des choses odieuses ensemble en regardant dans la même direction ».

Ne croisez pas les jambes !

Dans Basic Instinct, Sharon Stone était d’ailleurs célèbre pour cette scène repoussante où elle croisait les jambes : à l’époque, les hommes hétérosexuels quittaient la salle tant c’était trop masculin à leur goût, on s’en souvient bien.

Après, tout dépend de votre nombre de jambes. Au-delà de deux, il est effectivement recommandé de ne pas attirer l’attention sur celles-ci. Au-dessous, vous êtes Sarah Bernhardt.

Essayez d’avoir un visage neutre au repos qui soit tout de même souriant

Souriez tout le temps, quoi.

Même au repos. Même en dormant. Vous devez être agréable à regarder quoiqu’il arrive. Si jamais on vous aperçoit du coin de l’œil en train de ne pas sourire, alors que vous êtes pourtant en train de rentrer vos immobilisations trimestrielles dans Ciel Compta (le tout avec des maniques, je vous le rappelle), vous devez avoir l’air de passer un bon moment, quand bien même intérieurement, vous vous demandez si votre convention obsèques prend en charge le suicide.

Et si vous avez du mal à gérer vos expressions faciales, mesdames, n’oubliez pas ce petit truc bien pratique : le lifting. Après ça, plus de soucis.

Sois belle et tais-toi.

C’est un conseil. Si, si. Mais cela reste cohérent : parler et sourire comme une potiche en même temps, ce n’est pas facile. Ce pourquoi, tout le monde le sait, les femmes qui ont le plus de succès sont les ventriloques. Ce qui permet par ailleurs un nombre de pitreries des plus cocasses au lits : pensez l’érotisme d’une orgie avec Jeff Panacloc.

Stop à l’humour sarcastique, amer, blasé

Mes lectrices seront donc déçues d’apprendre qu’elles ont la féminité d’un Jean-Marie Bigard en rut.

Alors que, que diable, qu’y a-t-il de plus élégant qu’un sarcasme bien tourné ? Si on me dit que Pierre Desproges était vulgaire, j’ai hâte de savoir quel humour est élégant. Quant à chercher un homme qui trouverait grossier toute forme d’humour noir pour rester avec jusqu’à la fin de vos jours… disons que tant qu’à faire, prenez-le pharmacien : vous aurez bien besoin du prix grossiste sur le Xanax.

Personnellement, je ne m’estime pas comme blasé ; est-ce ma faute si autrui est médiocre ?

Limitez les boissons alcoolisées

Parce que sinon, qui va ramener Monsieur à la maison ? Mais si vous êtes sage, vous aurez un peu d’eau.

Non, vraiment : quelle modernité.

Le postulat est le suivant : un homme est attiré par une femme. Plus vous êtes féminine, plus la masculinité/virilité de l’homme se déploie. Pour éveiller le coté chevaleresque, galant et super-héros d’un homme, il faut jouer son rôle de lady.

Alors que par exemple, si vous portez un pantalon, on vous claque la porte dans la gueule direct.

Élégance : ayez un style harmonieux et cohérent. Un style vestimentaire doux, bienveillant et délicat. L’élégance vous permet de mettre en lumière ces traits de caractère.

Mais alors, par exemple, que faire si vous n’êtes pas spécialement douce, bienveillante et délicate ?

Point de réponse : soit les vêtements féminins prendront feu sur vous tel une robe de nonne jetée sur un succube, soit vous vous transformerez en homme. Si vous avez un doute sur le sujet, inutile de vous lancer dans un Master d’études de genres (vous avez envie d’avoir un métier plus tard) : contentez-vous d’un petit pipi.

Si vous en mettez partout : vous savez que vous venez de changer d’équipe.

Le changement d’équipe demande quelques démarches administratives, c’est à souligner.

2. Ne vous bradez pas.

Mais se brader, qu’est-ce à dire ? Vous dévaloriser ? Eh bien non. C’est beaucoup plus simple.

Très concrètement, cela signifie : ne finissez pas la nuit ensemble. Il est question de passer une bonne soirée, pas une bonne nuit. Relisez-le titre.

Car si vous finissez la nuit avec un Monsieur dès le premier soir, c’est connu : c’est que vous êtes une vilaine. La suite, on la connait : on commence à se teindre les cheveux en roux, on part habiter dans une cabane au fond des bois, et au bout de six mois, on finit brûlée pour sorcellerie sur un bûcher place du village. Alors, pas de ça mesdemoiselles, on se respecte, et si la soirée se passe bien, on s’en va pour ne pas passer pour une coquinette.

Puisque c’est bien connu : si vous pensez que vous allez passer pour une fille de petite vertu auprès de Monsieur au motif que vous couchez avec lui le premier soir, c’est sûrement un Monsieur charmant et à l’esprit très ouvert avec qui vous avez envie de passer le restant de vos jours.

Alors que bon, si ça se trouve, c’est lui qui a une toute petite vertu. Eh.

Plus encore : soyez claire avec vous-même AVANT de partir pour la soirée. Ne vous laissez pas porter par le « on verra comment cela se passe ». Les hommes sont intelligents, ils sentent cette hésitation, et ils sauront déployer les arguments qu’il faut pour arriver à prolonger les réjouissances.

En effet, l’homme peut sentir la femme hésiter.

C’est pour cela qu’en général, après 23 heures, le mâle s’approche de la femelle et commence à la humer en faisant des bruits de cheval. Il essaie de sentir la peur. Et s’il la perçoit, vous êtes foutue : il n’abandonnera pas tant que vous n’aurez pas copulé dans un fourré voisin. Raison pour laquelle vous devez toujours être claire avec vous-même avant de partir. Et emporter un crucifix. Ou autre objet béni par votre divinité préférée : l’important c’est qu’il soit assez gros pour servir d’arme contondante.

Maintenant… ne pensez pas que tous les hommes ne pensent qu’« à ça », et qu’ils vont tous abuser de la situation. Non. Analysons les trois « cas » possibles.

C’est qu’il ne faudrait pas faire de généralités, hein, oh, on ne mange pas de ce pain-là.

Pas comme le reste de cet article, par exemple.

Un vrai gentleman : il ne va pas profiter de la situation ou vous tenter un premier soir. Mais s’il sent votre disponibilité un PREMIER soir, il va se demander, avec raison, si vous êtes comme cela avec TOUS les hommes. Et là, vous gâchez vos chances de le revoir.

Le vrai gentleman est comme ça : s’il s’aperçoit qu’il y a quelque chose entre vous ce soir, il se demande aussitôt si vous êtes une pute à matelots.

Si ça c’était le vrai gentleman, le reste promet. Je vais me servir un petit brandy pour me préparer, tenez.

Un apprenti-gentleman : un homme intelligent et qui fait de son mieux. Mais parfois… la chair est faible. Votre rôle (et ce sera votre rôle dans le mariage !) est d’être celle aux côtés de qui il a toujours envie d’être la meilleure version de lui-même. Il faut aider un tel homme par une attitude modeste.

Mesdames, j’espère que vous avez bien noté que votre rôle dans le mariage est de corriger les défauts de Monsieur.

Donc, par exemple, s’il cède à ses pulsions, ce sera un peu de votre faute. Pas la sienne. Espèce de naze. S’il vous trompe, c’est que vous êtes nulle.

Ahlala. Dire qu’on est déjà en 1864 ! Plus vite cocher, le temps file à toute allure !

Un goujat qui se fait passer pour un gentleman. Relisez cet article : James Bond est-il un gentleman ? Prétendre être un homme du monde pour mettre une femme dans son lit est vil… et lors du premier rendez-vous galant, c’est lamentable.

Chères apprenties-ladies, ne vous laissez pas embobiner.

Alors d’accord, mais si on est vraiment un homme du monde, ça passe ?

Élégance et coups de pelle ne sont pas incompatibles, ma bonne amie.

Parlons encore plus concrètement : combien de temps faut-il attendre avant d’aller au lit ensemble ?

J’ai envie de dire que ça dépend de la distance du lit à laquelle on se trouve : passer une semaine dans la chambre à jouer au Uno, c’est quand même moyen.

Je ne vous invite pas à avoir ma réponse (elle serait jugée trop prude par la majorité des femmes). Mais je vous invite à avoir votre réponse et à vous y tenir. Pas de « on verra comment la soirée évolue ».

Je crois que quelqu’un a la réponse dite de Disneyland : des plombes à attendre pour finalement 3 minutes de manège.

N’oubliez pas : plus on désire quelque chose (vêtement, voiture, maison, montre…) et plus on le chérit.

Parler en mois et en années prend alors tout son sens.

Et je rappelle le préambule : construire une histoire d’amour pour la vie.

En… années ?

On peut faire attendre quelqu’un des années ? Je veux dire, mettons que je sois un élève mineur qui sorte avec sa prof de Français, comme ça, au hasard, je vois l’idée. Mais sinon ? Allez-vous vraiment dire à Armand-Brandon que vous avez très envie de lui, là, tout de suite, au deuxième semestre 2021 ?

Notez que si toutes les femmes procédaient ainsi, cela ferait longtemps que les hommes auraient inventé la cryogénisation et le voyage temporel, mais là n’est pas le sujet.

3. Admirez l’homme en face de vous !

Surtout si c’est un con. Puisque sinon, vous n’avez pas besoin de faire ça, en toute logique.

S’il y a bien une chose que nous pouvons piquer aux Américains, c’est leur capacité à dire du bien des gens. Ils sont dans les superlatifs. Ils n’hésitent pas à valoriser tout et tout le monde.

Comme Donald Trump ? Est-ce que je suis vraiment en train de lire un site qui parle d’élégance évoquer les détestables méthodes des gens qui trouvent tout le monde formidable ? Vous savez, ces gens toujours dans l’excès et dont par conséquent les mots n’ont plus aucune valeur puisqu’ils sont identiques pour qualifier un crash aérien et une mauvaise note à un contrôle ?

Disons que comme modèle, ça pique. Mais comme on part de la porte des toilettes, il est vrai que nous ne sommes pas allés bien loin.

Le fait de dire du bien de sa moitié en public en termes superlatifs n’est pas français. On se souvient tous de l’interview télévisée de Vanessa Paradis où elle dit son admiration à son mari Johnny Depp. Buzz total en France car on n’entend pas dans nos vies des couples dire du bien de leur moitié. Au mieux, on est très sobre sur l’autre.

On ne rit pas au fond, je vous entends : visiblement, cette personne n’a jamais rencontré quelqu’un de correct, et n’a jamais eu le droit à son compagnon faisant son éloge en public. C’est tout de même un peu triste. Par exemple, je ne manque jamais de faire remarquer toutes les qualités de mon mobilier. Même quand il gémit un peu. C’est vous dire.

On a toujours peur de « tomber de haut » après. On ne veut pas « se réjouir trop car après la chute peut être brutale ».

Donc dans le doute, on dit que l’autre est une merde, comme ça, on n’est jamais déçu. Habile !

Cette façon de penser est dramatique pour le moral. On laisse un hypothétique malheur futur nous gâcher la joie du moment présent.

Je crois que quelqu’un généralise un peu sur une situation personnelle un peu tristounette. Si je n’étais pas une enflure, ça me ferait mal au cœur.

Heureusement que je mérite mon pseudonyme.

Lors du premier rendez-vous, admirez l’homme en face de vous, admirez l’assiette, admirez la déco, admirez la météo, admirez le dernier livre lu, admirez le métier de monsieur, admirez ses qualités… et dites-le !

Même et surtout si c’est un con : on parle d’essayer de vous marier, vous n’allez quand même pas vous mettre dans une relation honnête, petite effrontée !

Si Armand-Brandon mange un kebab dans son appartement décoré de figurines en résine d’héroïnes de jeux vidéos à gros seins, complimentez-le sur son excellent goût, c’est évident. Et pour tout dire, si vous en êtes à admirer la météo, c’est vraiment que le rendez-vous a sombré dans la tristesse la plus plate (d’où ses figurines, notez). Quant à son dernier livre lu, s’il vous répond « C’était en troisième. » vous avez le droit d’ouvrir le feu.

Mais ne soyez pas monstrueuse : admirez son hémorragie. On n’est pas des bêtes.

Le Derringer à double canon permet d’exprimer votre désarroi deux fois en quelques secondes.

L’admiration réelle (non feinte !) est un puissant moteur d’actions pour tous, mais en particulier pour les hommes.

Si ce n’est pas feint, pourquoi le préciser ? Ça devrait venir naturellement, non ?

Et on n’était pas justement en train d’éviter que le rendez-vous se termine avec un peu trop d’action ? Je dois bien l’avouer : tout cela est fort confus.

C’est un discours qui s’apprend petit à petit. Je sais qu’au début cela ne nous est pas « naturel ». Mais si vous saviez la « connexion » que cela vous créer, vous adopteriez immédiatement ce discours valorisant.

En même temps, si vous êtes face à une personne que naturellement, vous n’admirez pas, le faire quand même reviendrait à le feindre.

Je crois qu’on se fout un petit peu de notre gueule.

4. Ne proposez pas de régler la moitié de l’addition.

Parce que l’égalité, d’accord, mais en fait non.

A ce moment-là, vous cassez TOUT. L’homme se demande qu’est-ce qu’il a fait de mal. Où est-ce que la soirée a bien pu déraper ?

Exprimer votre modernité d’une autre façon si vraiment vous ressentez ce besoin en vous. Mais ne payez pas votre part (ni la sienne !) au restaurant lors du premier rendez-vous.

La modernité qui ne porte pas de pantalons parce que c’est un truc de mecs, la modernité qui a les cheveux longs parce que courts c’est pour les lesbiennes, la modernité qui sait que sa place est à la maison à compenser les défauts de son mari, la modernité qui…

Je pense que l’on parle ici de l’ère « moderne » selon les historiens, à savoir la période 1492-1789.

Ou alors, la modernité, ça consiste simplement à vivre comme en 1680, oui, mais avec un smartphone pour recevoir en direct les offres pour la dot.

Dans la phase de séduction (plusieurs mois !), le gentleman règle l’addition. Il y a d’autres façons de participer. Nous n’en parlons pas pour le moment.

Pourquoi est-ce que ces « autres façons de participer » me laissent supposer que comme chez les footballeurs, elles impliquent une usure prématurée des genoux ?

Je suis perplexe.

5. Partez au moment où vous vous amusez le plus.

Parce que vous amuser, c’est quand même très suspect. Le patriarche de votre bonne famille pourrait froncer ses sourcils broussailleux en tirant sur sa moustache s’il vous aperçoit rire sans même vous couvrir les dents avec un éventail, petite effrontée ! Quittez ce boudoir sur le champ !

Après l’ambiance va forcément retomber. C’est au moment où la fête bat son plein qu’il faut prendre son manteau et saluer ses hôtes.

À vous de prédire quand l’ambiance va retomber grâce aux grands pouvoirs de voyance hérités de votre ADN de sorcière (cf plus haut) qui vous permettent de savoir qu’il est temps de vous éclipser, au lieu de tout simplement, profiter d’abord et partir ensuite.

Personnellement, j’ai un moyen très simple de savoir quand la soirée va devenir chiante : quand quelqu’un sort les jeux de sociétés ou propose de regarder des vidéos youtube, il est grand temps de partir. Et probablement de brûler les lieux par sécurité.

Au restaurant, vous n’allez pas partir en plein milieu du dîner. Mais gardez bien en tête qu’il est fort préjudiciable d’éterniser la soirée.

Préjudiciable comment ? Parce que vous passez une bonne soirée et la faites donc durer ? Ou bien c’est pour vous habituer à ce que les bons moments soient aussi rares que brefs ?

On en revient à la théorie de Disneyland. Et à une sorte de mithridatisation du malheur : « Vous savez, je m’habitue à abréger mes moments de bonheur pour y devenir immunisée« . Voilà qui s’annonce aussi excitant qu’une soirée diapositives.

Rappelez-vous : le couple que vous souhaitez former doit perdurer jusqu’à la naissance de vos arrière-petits-enfants.

Rappelez-vous que vous n’êtes pas là pour être heureuse mais pour pondre et vous occuper de vos arrières-petits-enfants.

Il y aura de longues soirées à deux sur les 50 prochaines années. Patientez sagement.

Ah, ça, pour être longues, elles vont être longues. J’espère que vous aimez le sudoku.

Concrètement : une fois le dessert terminé, comptez 20 minutes maximum, et partez. Un bisou chaste et rentrez chez vous. Ou laissez-vous raccompagner.

Je répète : pour un premier rendez-vous : un bisou chaste et puis partez.

Est-ce qu’on peut reparler des compensations pour avoir payé le repas ?

Si elle reprend du café, surtout au prix de Paris, c’est vraiment une petite truie.

En attendant, mesdemoiselles, n’oubliez pas : si après la fin d’un repas avec un garçon que vous aimez bien, vous discutez avec lui plus de 20 minutes (voire pour dire autre chose que le complimenter), vous êtes une petite traînée sans éducation.

Aussi, chères lectrices, bien que je vous sente tentées par les services de cette coach prête à faire de vous une dame, je ne conclurai qu’en peu de mots :

Restez heureuses, restez gueuses.

téléchargement (1)

Un odieux connard

Vous pouvez sinon croquer votre molaire creuse contenant le cyanure que vous conservez pour les rendez-vous avec un type d'Art de Séduire

Et des hormones, mais le poil vous va si bien.

Le Mauser, pour ma part, c'est que je ressens beaucoup de désarroi, souvent, mais avec style.

Bœuf et Bourguignon

Ah, la Bourgogne !

C’est en ces terres verdoyantes, dans des villages accrochés au flanc de collines boisées qu’est apparu le célèbre vignoble du même nom, qui fait le bonheur d’ici et d’ailleurs depuis des temps ancestraux. La princesse de Vix, elle-même, se fit ainsi enterrer avec sa coupe à vin personnelle, qui lui permettait quand même de se verser un petit verre de 1100 litres pour commencer le repas. Car si le Bourguignon est joueur, il n’est pas toujours mesuré. C’est ce qu’ignoraient plusieurs grandes nations durant les guerres napoléoniennes, lorsqu’elles tentèrent de voir ce qu’il se passait quand on énervait un Bourguignon. Ainsi débute l’histoire de Monsieur de Chambure, un noble de Côte-d’Or qui a eu la malchance de naître en 1789, mais qui en peu de temps, a inventé la sacralisation du bœuf bourguignon, le concept de « Touche à ton cul, c’est à moi » et écrit à grands renforts de missives les bases de ce qui devint plus tard le scénario de Taken.

Bon visionnage.

 

Et pour ceux étant déjà arrivés au bout de la vidéo, voici la copie des deux lettres originales envoyées aux Suisses. Si les mots sont plus choisis, le fond reste simple : vous arrêtez les conneries ou je crame tout. Ah, mais.

VignetteBourguignon

Un odieux connard

Question de sécurité

L’industrie de l’armement est l’un des fleurons de la France.

Sur notre territoire comme à l’étranger, le savoir faire pluriséculaire qui nous permet de couler l’Anglais, d’enterrer l’Allemand ou de chasser le Zadiste n’est plus à prouver. Bien sûr, il y aura toujours des âmes chagrines pour dire que la violence, c’est pas pacifique, mais laissons ces âmes tristes à leurs lapalissades, puisque devant le moral en berne de nos forces de l’ordre et les nombreuses polémiques causées par leur équipement, il y a là un marché sur lequel j’ai décidé de me lancer.

Ce pourquoi je me permets de vous présenter mon nouveau catalogue d’armement anti-manifestants, 100% respectueux et bien sûr, 100% respectable.

La détente, c’est notre motto, chez Odieux Corp. Nous n’arrêtons pas d’appuyer dessus.

 

Besoin d’une barrière ? Pourquoi ne pas en prendre une 100% écologique, fabriquée en France et qui repousse autrui sans violence par le simple pouvoir de sa présence ?

 

N’oubliez pas : tout le monde vous dira que ce n’est pas vrai, mais personne ne se souvient d’un grand mouvement lycéen au mois d’août.

Avoir un ennemi, c’est bien pour s’unir. Mais quand on voit des ennemis partout, et surtout dans ses propres rangs, c’est plus compliqué.

L’avantage de rester chez soi, c’est que ça évite aussi d’affronter la contradiction, c’est plus confortable.

Nous proposons aussi des fascistes en mousse pour occuper les plus énergiques.

Le GRETA-209 dispose par ailleurs d’une option Instagram pour mettre des filtres rigolos sur ses victimes et partager ses caméras de tir. C’est moins horrible si c’est un peu rigolo.

Voilà.

Amis des forces de l’ordre, j’attends vos commandes.

Moi, je retourne travailler sur notre prochain projet : déployer des chatons avec la police. Car si caillasser un fonctionnaire semble passer, qu’un caillou touche un félin, et la moitié du pays demandera les tripes du coupable. Quelle fabuleuse époque pour Odieux Corp.

Couv

Un odieux connard

Fonctionne aussi avec les distributions de tracts du Rassemblement National.

Sinon, vous pouvez aussi simuler la pluie.

Vous le sentez, le vent de la polémique des gens indignés ?

Notez que mes armes se vendent diaboliquement bien.

Ce qui m'embête, c'est quand on nous vole nos fascistes en mousse pour les inviter à la télé.

Le GRETA-209 ne prend pas l'avion ; il a essayé une fois, ça a mal tourné.

Harder, Bader, Faster, Stronger

Combien de jambes peut-on perdre ?

« Deux », répondront les plus naïfs. Alors que la bonne réponse était bien évidemment « moult. » En effet, un certain Douglas Bader, pilote de la R.A.F durant la Seconde Guerre mondiale, prouva que non seulement on pouvait perdre un nombre improbable de membres inférieurs, mais qu’accessoirement, cela donnait même certains avantages. Les incrédules durent admettre qu’avec 22 victoires aériennes confirmées, le bougre avait peut-être raison.

Voici donc les aventures d’un homme qui brisa des avions, des jambes et des bouboules, mais pas toujours dans cet ordre. Bon visionnage.

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Un odieux connard

Dark lectures de vacances

Ah, l’été ! Synonyme d’amours de jeunesses, de sourires échangés d’une serviette à l’autre sur une plage baignée par le soleil, de baisers timides aux terrasses de restaurants dont la fraîcheur du soir chasse peu à peu les touristes… et puis, vient le temps de repartir. Alors on se promet de s’écrire, de se revoir, mais on s’éloigne et on s’oublie, pour que finalement, ne reste qu’une carte postale abîmée de Pornic oubliée au fond d’une boîte à chaussure, témoin lointain d’événements dont le tendre souvenir disparaîtra un jour avec vous.

Alors que les lectures de vacances, voici quelque chose de durable, et qui transmet par ailleurs bien moins de MSTs.

Il n’y a pas d’âge pour lire de bons livres : ici « Le Renard qui en avait plein le cul », pour bien préparer votre enfant à la suite.

C’est pourquoi, chère lectrice, et un poil moins cher lecteur, je me propose de jeter vigoureusement une torche dans le puits de votre ignorance pour vous parler d’un genre injustement méconnu : la Dark Romance

Car vous n’êtes pas sans savoir que lorsqu’une bouse marche, c’est une véritable diarrhée artistique qui s’abat sur le monde : lorsque Twilight a marché, nous avons eu le droit à des milliers d’ouvrages où il était question de vampires (la fameuse bit-lit), lorsque Hunger Games a fonctionné, nous avons croulé sous les dystopies et les histoires d’apocalypse, aussi lorsque Cinquante Nuances de Grey a été commis, nul doute que les portes de l’enfer venaient d’être ouvertes, et que des milliers de gens allaient nous pondre de la romance pleine de relations abusives et d’héroïnes au QI de bulot.

Ce qui a donné le genre précédemment évoqué : la Dark Romance.

L’occasion de vous proposer quelques pitchs de livres qui pourront vous accompagner à la plage, à la montagne, voire aux toilettes, en fonction de vos destinations préférées pour lire (vous et moi savons la vérité).

Si vous avez encore foi en l’humanité, je vous propose d’arrêter ici, c’est pour votre bien. Pour les autres, enfilez vos scaphandres : nous descendons.

Et commençons avec L’Enlèvement, d’Anna Zaires.

Kidnappée. Séquestrée sur une île privée.

Notez que le pitch pose tout de suite un élément essentiel : le ravisseur est riche. Car mystérieusement, il semblerait que tout soit beaucoup moins érotique sitôt que le ravisseur est un vulgaire plombier-chauffagiste de Roubaix. 

Je n’aurais jamais cru que cela puisse m’arriver. Je n’ai jamais imaginé qu’une rencontre fortuite la veille de mon dix-huitième anniversaire pourrait ainsi changer ma vie.

Désormais, je lui appartiens. J’appartiens à Julian. Un homme aussi impitoyable que beau.

Par un heureux hasard, le type est aussi rarement un lépreux. Il est riche, il est beau, mais il a besoin de kidnapper des filles pour qu’elles acceptent de venir sur son île privée. 

Alors que tout le monde sait qu’une simple convention de stage suffit. Quel débutant alors.

Un homme dont les caresses me consument. Un homme dont la tendresse me fait plus de mal que sa cruauté.

C’est qu’il ne sait pas s’y prendre alors. 

Mon ravisseur est une énigme. Je ne sais ni qui il est ni pourquoi il m’a enlevée. Il y a des ténèbres en lui, des ténèbres qui me font peur tout en m’attirant.

Je m’appelle Nora Leston, et voici mon histoire.

Ma chère Nora, il est temps d’apprendre qu’il y a une différence entre « ténébreux » et « complètement con ». Mais m’est avis qu’effectivement, il y a quelque chose entre vous. Et ce ne sont probablement pas les ténèbres.

Après ce pitch, nul doute que vous aurez envie de le lire. Alors que bon, retirez le pognon et l’exotisme de « Julian » et c’est tout de suite moins glamour. Pourtant, je suis sûr qu’il y aurait des scènes diablement excitantes dans ma version roubaisienne : le passage où Roger, le ravisseur, lèche les orteils de Cynthia en lui disant qu’ils sont « doux et forts à la fois, comme le maroilles dans le café du matin« , je pense que ça ne laisserait pas tout le monde indifférent.

Mais poursuivons, voulez-vous ? Avec Devil’s Night, de Penelope Douglas.

Leur amour peut les sauver… ou les détruire.

J’ai déjà parlé de MSTs en introduction, n’en jetons plus.

Michael Crist. Un nom qui fait frissonner chaque fille de notre petite communauté privilégiée de la côte Est.

C’est-à-dire qu’il s’appelle Crist, quand même. Alors s’il se balade un petit périzonium, les stigmates à l’air et la couronne d’épines sur le côté, tu m’étonnes qu’il doit faire frissonner des filles. Tenez, même moi il ne me laisse pas indifférent : rien qu’à lire son nom, c’est bien simple, j’ai envie de reprendre Jérusalem.

Moi comme les autres. Sauf que moi, ce n’est pas sa beauté à couper le souffle ou le fait qu’il soit riche et adulé qui me fascine

Ça alors, il est encore riche et beau !

La différence entre un psychopathe et un amant torturé tient à peu de choses.

Comme quoi, amis psychopathes, visiblement, si vous aviez le physique et le pognon, ça passerait tout de suite beaucoup mieux. 

– enfin, pas seulement.

Mmmmmmmoui. Laissez-moi deviner : c’est surtout parce qu’il est sombre et torturé, tel le slip post-burritos du vacancier à Mexico ?

Non, moi, c’est la noirceur que je devine sous sa carapace dorée.

Doux Jésus. Ou devrais-je dire : Oh Mike Crist.

La violence dans son regard noisette.

C’est-à-dire que si quand il te regarde, tu peux lire qu’il a envie de te péter la gueule, c’est embêtant. Non parce que je lis régulièrement la même chose dans les yeux des gendarmes lancés à ma poursuite, et ce n’est pas pour autant qu’on se fait une soirée menottes.

Son mépris pour les règles, les lois, la morale

Comprendre : il ne passe pas son téléphone en silencieux au cinéma. Un monstre.

Ce miroir permanent de tout ce qui est noir et sombre au fond de moi.

Dois-je comprendre que Michael Crist est un trou du cul ?

En dix-neuf ans, Michael ne m’a jamais jeté un regard. Mais, le jour où il s’intéresse à moi, je ne sais pas si je dois être excitée… ou terrifiée.

Ou armée. 

Alors vous me direz qu’une histoire impliquant un type qui s’appelle « Crist » et un regard noisette violent (ou de la violence dans ses noisettes, je m’y perds), c’est déjà correct. Mais, ah ! Âmes innocentes, que diriez-vous de nous enfoncer un peu plus bas ?

Découvrons Boutons et Dentelle, de Penelope Sky, à ne pas confondre avec l’autre Penelope.

Je lui dois une dette.

Une énorme dette.

Je ne peux pas la lui rembourser en argent ni en faveurs.

Pas en argent ni en faveurs. Noté. Peut-être en Chocapics ?

Il ne veut qu’une chose.

Moi.

Pour chaque action, je reçois une récompense.

Alors, à moins que tu ne sois précisément un chocapic – ce qui reste crédible vu le niveau – c’est une faveur sexuelle ma bonne amie. Donc dès le pitch, on se vautre : oui, tu vas rembourser ta dette en faveurs. Faveurs qui impliquent ton cucu, mais faveurs quand même. Enfin, au moins, tu ne t’es pas plantée sur l’argent.

Un bouton. Une fois que j’aurai rempli sa jarre de trois cent soixante-cinq boutons, il me laissera partir.

MAIS ?!

Donc je résume : tu as une dette que tu ne peux rembourser ni en faveurs, ni en argent, mais tu vas la rembourser en lui donnant des faveurs qui te font gagner de l’argent ? Sauf que sa monnaie à lui, c’est le bouton ? T’es sûre que c’est pas Bitcoin et que tu as mal entendu, gourgandine ? Non parce que bon : je note aussi que tu es payée le même prix (un bouton) qu’importe la faveur. Nous suivons donc les aventures sexuelles d’un magasin « Tout à 5€ » fait femme.

Je…

Seigneur. C’est une fanfiction érotique de La Foir’Fouille. La règle 34 de l’internet ne connait donc aucune exception ?

Il me laissera m’en aller.

Mais je dois gagner les boutons un à un.

En me soumettant à l’homme le plus sombre, le plus cruel, et le plus séduisant que je n’ai jamais rencontré.

C’est un pervers, mais il est beau, donc ça va. Non parce que se soumettre, à un moche, non ou alors…

Aaaattendez ? Pourquoi ai-je les mots « femme de footballeur » en tête ? Curieux. Alors que ça n’a aucun rapport. Pfou. Non. Alors là, je ne mange pas de ce pain-là.

Tiens ? Mais que fait cette photo ici ? C’est sûrement une erreur.

Tenez, enchaînons pendant que Diego prépare les balles en argent pour mon Chassepot (par sécurité, je tire toujours sur les avocats avec de l’argent ; d’abord, parce que ces créatures sont aussi magiques que mystérieuses, et ensuite, parce que quel avocat de footballeur esquiverait de l’argent ?).

Et allons voir Prude à frange, de C. S Quill. Étant donné le jeu de mot du titre, prions pour que ce soit une parodie.

Aux frontières de la dark romance. Entre sa virginité et son âme, Cadence pourrait tout perdre.

Perdre la Cadence ? C. S Quill est sûrement le pseudonyme de Laurent Ruquier.

Pour retrouver sa meilleure amie disparue dans d’étranges circonstances, Cadence est prête à tout. Y compris à infiltrer le mystérieux Round,

Bien. Alors. Comment le formuler ?

J’ai envie de dire : je ne sais pas qui va infiltrer qui.

l’organisation dans laquelle Ingrid a été aperçue pour la dernière fois.

Organisation probablement fondée par Jacquie et Michel Round. En tout cas, je doute que ce soit un bureau comptable ou une ONG qui se charge de ramasser du plastique en mer.

Si elle veut en apprendre plus, Cadence va devoir gravir les échelons à son tour. Mais jusqu’où est-elle prête à aller pour ça ?

Trop… de calembours…. dois… résister…

Toute la vie de Mas est dévouée au Round. Sa dernière mission ? Former Cadence aux exigences de ce réseau

Non, arrêtez. C’est une provocation, c’est impossible autrement : dois-je comprendre que pour rentrer dans le Round, il faut grimper le Mas en Cadence ?

Ce livre est soit une formidable collection d’accidents lexicaux, soit c’est un horcruxe de Jean-Marie Bigard.

 Ce qu’il ignore, c’est qu’elle poursuit ses propres objectifs et ne l’écoutera pas à la lettre. Elle pourrait bien mettre en péril sa réputation, et bien plus encore.

En tout cas, je n’ai pas commencé cet ouvrage que déjà, je sue à grosses gouttes. Vite, la suite !

Peut-être Dark Obsessions, de Piko Lynna, m’aidera-t-il à oublier ?

Tayeb est un homme amoral.

Mais je parie qu’il est beau.

Après un long séjour en prison, il accepte un travail qui lui permettra de réaliser son rêve.

Acheter une librairie pour y brûler le rayon Dark Romance.

Sa mission est simple : retrouver Nina Marcet, l’enlever et la livrer à son employeur. Mais les choses se compliquent lorsqu’il prend conscience de la fascination qu’il éprouve pour cette petite chose craintive.

« Cette petite chose craintive » ?

J’espère qu’à la moitié du livre, on découvre qu’après des années de prison, il a perdu ses marques et dans la confusion, a kidnappé un lapin par erreur. Cela justifierait ce résumé et donnerait enfin une intrigue palpitante. Quand aux scènes de sexe je… 

Hmmm. Non, écoutez, là encore, passons promptement à la suite. Tenez, par exemple, avec Pure Corruption, de Pepper Winters.

Arthur Kilian est le président du gang Pure Corruption.

Que ?

Très bien, arrêtons tout de suite, je ne vais pas plus loin. Passons sur le fait que le type s’appelle Arthur Kilian, et qu’avec un nom pareil, j’imagine un enfant de 13 ans avec une mini-crête jouant à Fornite sur son portable. Mais surtout, le mec est président de son gang ? Ça marche comment ?

« Eh les mecs ! Les mecs ! On vient d’pécho une meuf, on l’a emmenée dans l’ter-ter ! 
– Une seconde ! Une seconde Jean-Rabouin !
– Euh… ouais M’sieur Kilian ?
– Alors déjà c’est « Président Kilian », et ensuite, qu’est-ce qu’on a dit au sujet des kidnappings ? Hmmm ?
– Mais la s’maine dernière vous…
– Apapap ! Oui, la semaine dernière, à l’assemblée générale du gang, on a voté qu’il n’y aurait pas de kidnappings avant la kermesse d’automne ! 
– Eh mais bâtard qu’est-ce tu parles comme ça ! Tiens, j’ai mon gun ! J’vais t’sécher gros ! C’est moi l’nouveau patron !
– Ooooh je reconnais bien là les membres de la motion « Barbarie & Démocratie interne ! » Heureusement que la mouvance « Debout avec Kilian » vous a mis en échec !
– J’vais t’sécher j’te dis !
– Tu connais les règles, Jean-Rabouin : interdit d’abattre le Président du gang si le quorum n’est pas réuni ! Et le trésorier n’est même pas là pour faire le bilan de ma présidence !
– Sa race, j’suis fait ! »

Soyons francs : un gang qui fonctionne avec les règles du Parti Socialiste, je ne lui donne pas dix minutes. 

Laissons donc Pure Corruption de côté, et puisque nous parlons de Président, laissez-moi vous présenter une oeuvre toujours en cours, et française de surcroît, et que je me dois donc de soutenir : Mariée de force à un gilet jaune.

Je suis Laurie Macron et j’ai 17 ans. Je suis en Terminale ES, et, comme vous l’aurez peut être deviné :
je suis la fille d’Emmanuel Macron le président de la France. Tout se passait bien dans ma vie,
jusqu’à ce que ce fameux mouvement des gilets jaunes éclate. C’est le moment où tout a basculé…

Je vous mets ça là. Hop.

Laurie parviendra-t-elle à s’échapper de la cabane du rond point de l’entrée sud de Vesoul où au contraire y trouvera-t-elle l’amour ? Emmanuel Macron claquera-t-il la porte de l’église le jour du mariage en hurlant « Je m’y oppose !« , un flashball dans chaque main ? Et surtout, si enfant il y a, le jour de l’accouchement, les sages-femmes l’enfumeront-ils à coups de lacrymogènes en s’exclamant « Sors de là, vilain renard ! » afin de l’habituer ?

Je ne sais pas mais en tout cas, pour ma part, cela me fait déjà moult bonnes idées de lecture d’été.

La prochaine fois, faites-moi penser à vous parler d’un autre genre méconnu : la sick-lit. Comprendre, la littérature impliquant des histoires d’amours où l’un des personnages est malade. Oui, c’est particulier. Et oui, il faut que ce soit une maladie mortelle, parce que non, sinon, ça ne sonne pas pareil. Tenez, par exemple :

Richard a tout pour réussir. Il est riche, il est beau, il est intelligent, mais il est hélas torturé. Lors d’une cérémonie à l’ambassade d’Argentine à Paris, il rencontre Lou, une étudiante de dix-huit ans qui est immédiatement attirée par cette douleur qu’elle lit dans ses yeux. Il accepte de la suivre jusqu’à chez elle, mais… Richard pourra-t-il admettre qu’il a simplement super mal au bide à cause de la viande du buffet ? Comment va-t-il réussir, dans un appartement étudiant, à faire caca sans que Lou n’aie l’impression de revivre Verdun de l’autre côté de la porte ? La suite dans Mal de bide, mal de vivre, la fanfiction érotique tirée du succès mondial Le Charme discret de l’intestin.

On parle dès lors de shit-lit.

Ce qui, vous en conviendrez, couvre aussi les genres littéraires que nous venons d’évoquer. C’est quand même bien fait.

Maintenant que vous voilà instruits, je vous laisse donc faire votre sélection : bonnes lectures à vous bien sûr.

Renard fatigue

Un odieux connard

Je n'ose imaginer ce que l'on dirait si des hommes écrivaient des livres où les héroïnes sont toutes vénales et adorent se faire abuser.

Franck Ribéry a séduit sa femme avec son charme naturel et son humour raffiné, arrêtez maintenant.

Sachant qu'il y a vraiment eu des mariages ayant pour thématiques les Gilets Jaunes, je vous avoue que je vais me resservir du brandy pour oublier.

Spider-Man : loin des yeux (qui saignent)

« Mais si patron, Spider-Man ! » insiste Diego.

Je lui jette un regard plein d’incompréhension, puis un cendrier afin de lui rappeler que je n’aime pas que l’on s’adresse à ma personne comme si je ne comprenais pas. Même si pour le coup, il est vrai que je ne saisis pas un traître mot de ce que le bougre raconte. Diego se saisit d’une poubelle pour saisir le cendrier au vol, aidé en cela de son sens pratique proverbial, puis poursuit.

« Le deuxième !
– Mais le deuxième quoi ?
– Le deuxième film !
– Celui avec le mec qui a des tentacules ?
– Non, ça c’est le deuxième film, mais du premier reboot ! 
– Bon alors c’est celui avec le gars qui jette des éclairs ?
– Raaah, mais non, ça c’est le deuxième film du deuxième reboot ! Là je vous parle de la suite du film de 2017 !
– Ah, alors c’est Spider-Man : New Generation ? Celui de 2018 ? 
– Mais non ! Concentrez-vous patron, c’est… »

Diego comprend bien, en me voyant décrocher du mur le fusil Chassepot de mon ancêtre que s’il continue à me raconter ces histoires qui n’ont ni queue ni tête, la même description pourrait bientôt s’appliquer à sa personne pour peu que je vise bien. Il s’enfuit prestement hors de mon bureau, me laissant seul avec cette grande question : est-ce que l’on arrêtera de subir des films Spider-man un jour ? Car après m’être renseigné auprès de quelqu’un s’exprimant plus clairement que Diego (nous l’appellerons Jean-Michel Internet), j’ai finalement compris que Spider-Man : Far from home était la suite directe de Spider-Man : Homecoming, déjà chroniqué en ces lieux. Oui, même les titres ont une chronologie étrange, mais passons.

Et rappelons l’intrigue du précédent film.

Spider-Man : Homecoming : Peter Parker, timide écolier de New York, est aussi Spider-Man, une sorte de héros qui rend la justice en faisant des jeux de mots qui auraient mérité de faire l’ouverture d’un épisode des Experts : Miami. Mais il a bien d’autres soucis ! Comme le fait que Ned, son ami obèse et un peu con connaisse sa double-vie, ou à l’inverse que Tante Milf, qui l’héberge, ne sache rien de sa passion pour les collants et le bukkake en plongé. Pire encore, Peter aimerait bien attirer l’attention de Liz à l’école, mais voilà : son père est le chef d’une sorte de gang de voleurs de métaux et autres panneaux routiers. Spider-man se retrouve donc à devoir affronter son beau-papa gitan, et parvient à le vaincre, ce qui complique ses relations avec Liz qui n’est plus trop d’humeur à flirter depuis que son géniteur s’est fait tabasser par une sorte de transformiste volant. Peter reporte donc toute son attention sur M.J, la caution progrès social de l’équipe qui par un audacieux hasard du script, a toujours raison. Bon, entre temps, il se passe deux films Avengers, et Peter se fait désintégrer avant de revenir 5 ans plus tard, mais comme on l’a vu dans le spoiler, cela n’a aucune influence sur l’histoire.

Alors, dans ce nouvel épisode, Spider-Man va-t-il devoir gérer l’immigration soudaine d’environ 3,5 milliards de personnes suite à leur retour sur Terre ? Parviendra-t-il à avoir son bac malgré les enseignants grévistes ? Et surtout, M.J arrivera-t-elle à formuler une phrase qui ne ressemble pas à un copier/coller des fins fonds de Twitter ?

Spoilons, mes bons !


L’affiche : cinq personnages, dont quatre dont vous savez qu’ils sont du côté des gentils. Le cinquième est inconnu au bataillon. Je vous laisse deviner qui est le méchant du film. Oui, c’est supposé être une surprise.

Notre film démarre sur une route poussiéreuse du Mexique, alors qu’un véhicule dont la marque est bien mise en avant gagne un petit village local où il fait arrêt.

En descend alors Nick Fury, devenu Clownick Fury depuis Captain Marvel, accompagné de son assistante, Maria. Leurs (trois) yeux se posent sur les alentours, et ils constatent que l’architecture locale laisse à désirer : les bâtiments sont tous plus ou moins effondrés, et la population occupée à sauver des ruines ce qui peut l’être. Tenez, c’est si moche que ça ressemble à un rond point français. Maria explique cependant à Clownick comment on en est arrivé là.

« Voilà patron. Le village de Tacosfurioso. Il a été détruit récemment par une tempête… sauf que les habitants disent qu’elle avait un visage.
– Boh, vous savez comme sont les gens, dans la panique, ils voient des choses… »

C’est le premier dialogue du film, et déjà, on est bien : Nick Fury est 1) le patron du SHIELD mais ne croit toujours pas trop au surnaturel 2) le mec qui se tape la route jusqu’au fin fond du Mexique pour dire qu’en fait, tout ça ne vaut pas le déplacement 3) sachez que plus tard dans le film, on voit des vidéos de l’événement, donc il y a des preuves mais personne n’y a pensé dans l’équipe derrière le scénario.

Voilà. Je crois qu’on commence bien. Tenez, je vais m’allumer un cigare. Voire deux.

Clownick nous fait ainsi son numéro du type qui fait grossièrement erreur alors que Maria, elle, a évidemment tout compris et sait que les gens n’ont pas rêvé, voilà qu’ils sont interrompus lorsqu’un homme en armure et cape sort du sol. Et avant que nos amis ne puissent l’informer que c’est pas la Japan Expo ici, il leur explique qu’ils ont intérêt à se pousser car… quelque chose arrive ! Et ce quelque chose, c’est le sable derrière nos joyeux compagnons qui s’élève du sol pour former une espèce de colosse qui a visiblement un furieuse envie de passer une deuxième couche de tabassage à la municipalité. Le nouvel arrivant en armure s’empresse alors de tirer des lasers avec ses mains sur le colosse, aidé des agents du SHIELD qui ouvrent le feu et…

Changeons de scène.

Et allons du côté d’une école de New York, où les étudiants qui s’amusent à faire leur propre journal télé nous rappellent les derniers événements.

« Comme vous vous en souvenez, suite à la Grande Disparition, ou l’Éclipse, près de la moitié des étudiants du campus ont été réduits en chocolat en poudre il y a cinq ans, avant de réapparaître cinq ans plus tard pouf pouf, comme ça, au milieu de tout le monde. Ce qui a posé de petits problèmes, puisque par exemple, leurs amis et leur famille avaient vieilli. Et en plus, v’là les heures de colle pour avoir séché cinq ans de cours ! Notons que par un heureux hasard, 100% des amis de Peter Parker ont tous disparu, lui permettant de réapparaître uniquement avec des gens de son âge. Ce qui est quand même bien fait. »

C’est vrai que c’est pratique, dites voir.

D’ailleurs, quid de Peter Parker, puisque nous en parlons ? Eh bien sachez que ce fieffé margoulin est à l’école en pleine discussion avec son ami Ned, son pote rigolo-parce-que-gros (si, en 2019, c’est encore d’actualité), parce que voilà : Peter a de très forts sentiments pour M.J, l’insupportable Social Justice Warrior du groupe. Qui est aussi un peu autiste, mais Asperger bien évidemment. C’est fou comme tous les autistes sont Asperger, dites voir. Ça doit sûrement venir des vaccins. Mais passons, et voyons plutôt ce que racontent nos amis.

« Bon, là on va partir en voyage scolaire en Europe avec le club de science.
– Oui Peter.
– Donc c’est le moment parfait pour déclarer ma flamme à M.J ! Nous sommes supposés aller à Venise, puis à Paris. Aussi, mon plan consiste à acheter un dahlia noir en verre à Venise…
– Ah bon, elle aime les dahlias noirs ?
– Oui ! Elle adore le meurtre du Dahlia noir ! »

Le mec qui a écrit le personnage de MJ a dû oublier un détail : MJ est ultra-über-progressiste-américaine. Or, le Dahlia noir est surtout célèbre de nos jours grâce au Dahlia Noir, livre de James Ellroy, qui est écrit avec le vocabulaire de l’époque et les méthodes policières liées. Donc m’est avis que M.J, qui dans le film précédent refusait de visiter un monument « bâti par des esclaves » ne doit pas être spécialement fan d’un livre où les héros parlent du bon vieux temps où ils tapaient du zazou. Ou alors elle adore les meurtres de femmes ? Zut. Je crois que quelqu’un a merdé quelque part.

Mais ce n’est pas grave, après tout, qui dans le public de Spider-Man a déjà lu le Dahlia Noir ? Bon, alors. Revenons à Peter.

« Oui, bon, bref, avant d’être interrompu par cette mystérieuse voix off, je disais que j’allais acheter un dahlia noir en verre à Venise car M.J adore.
– Okay, puis ?
– Puis on va à Paris.
– Ensuite ?
– Ensuite on grimpe en haut de la Tour Eiffel et je me débrouille pour être seul avec elle…
– Et là ?
– Là, je lui fais part de mes sentiments. 
– Hooo !
– Et avec un peu de chance, elle a les mêmes pour moi et… j’aurai peut-être le droit à un petit baiser ? »

Ned est un peu déçu, et aidé de son compte premium Pornhub et de son savoir sur l’attirance humaine acquis à la force du poignet, il tente bien d’expliquer à Peter que bon, c’est mignon ton histoire, mais tu sais, quand papa abeille et maman abeille découvrent qu’ils partagent les mêmes sentiments, peut-être qu’ils auront envie de plus qu’un bisou, comme peut-être, de butiner ensemble ? Peter est un peu perdu.

« … attends Ned, tu peux revenir sur le passage où tu parles de mon « gros dard » ? Non parce que moi je suis l’homme-araignée, par l’homme-abeille ! Et puis pourquoi M.J voudrait mettre un dard dans sa…
– Bonjour les garçons, vous parlez de quoi ? »

Peter et Ned bredouillent quelques excuses vaseuses, que je vous passe. Pourquoi ? Parce que c’est supposé être drôle, mais c’est nul. Et il en sera ainsi tout le long du film : même un enfant trépané aura du mal à sourire devant un tel niveau de nullité. Cependant, j’en profite pour vous dire que même si c’est mauvais, on n’atteint pas la médiocrité de Men in Black 4. Dont vous n’aurez pas de spoiler puisque je ne fais pas les comédies, et c’est supposé en être une. Je crois. Et autant Spider-man a une intrigue faiblarde, autant Men in Black 4 n’en a même pas : c’est juste une suite de déclinaisons du même sketch intitulé « Les agents parlent avec un alien pas bien grand mais irrévérencieux« . Oui, c’est tout. Non, il n’y a rien d’autre. Ceux qui l’ont vu savent. Je crois que le film ne vaut même pas l’électricité nécessaire à un ordinateur pour le télécharger, mais bon.

Aussi ne nous attardons pas sur l’humour de nos héros, qui lui-même, est lié au verbe que vous trouvez au début de cette phrase.

Et en attendant le jour du départ de Peter pour l’Europe, suivons notre larron dans son quotidien.

Spider-Man étant fort populaire, et ayant du piston auprès de la fondation Stark de feu son mentor, il participe à des soirées caritatives animées par tante Milf pour trouver du pognon pour les sans-abris, tant reloger la moitié de la population mondiale a posé quelques problèmes (toutes les villes n’ont pas envie de ressembler à Paris), mais apparemment, pas trop non plus, il ne faudrait pas trop bouleverser le train-train de nos personnages. Il croise au passage Happy, l’ancien secrétaire de Tony Stark qui porte un nom de nain ou de teckel, c’est assez confus, et qui donne deux choses à notre héros : une boîte contenant de vieilles lunettes de Tony Stark qu’il souhaitait lui remettre si quelque chose lui arrivait, et une information essentielle : Nick Fury tente de le joindre.

Mais Peter refuse de décrocher son téléphone. Et raccroche sans cesse sans prendre l’appel. Parce que…

Attendez, on parle bien de Peter Parker, le mec qui rêvait d’être un héros ? Soudainement, en fait, ouah, bwof, non ? Eh bien non. Il a décidé que sauver le monde passerait après son exposé sur « Mes vacances chez mémé » de vendredi matin. C’est comme ça. À tel point qu’il décide de partir en voyage sans son précieux costume de Spider-man, et que… son sixième sens d’araignée ne fonctionne plus.

Pourquoi ? Parce que…

Eh bien parce que ça arrange le scénar’. Non, vous n’aurez pas d’autre explication. C’est tout. Ah non mais vraiment, il y a eu du gros travail sur ce film.

Spider-man est perplexe : si ses pouvoirs de héros sont en rade, comment diable va-t-il malgré tout passer la moitié du film à faire des acrobaties de fifou basées sur son instinct surdéveloppé exactement comme s’il l’avait ?

Aussi, allons jusqu’au jour du départ pour l’Europe de nos amis du club de science, alors que tout ce petit monde grimpe dans l’avion qui doit les emmener à Venise. L’occasion de découvrir les deux professeurs qui encadrent le voyage, Golio et Polio, qui sont bêtes et maladroits comme vous l’aurez bien évidemment deviné. Quant aux autres camarades de Peter, on va supposer que c’est le club de la diversité scientifique tant la classe représente toutes les ethnies et religions possibles et imaginables, ce qui quand même, tombe bien, alors.

Mais dans l’immédiat, Peter a un souci plus urgent : dans la classe, il y a un nouveau garçon, Brad, et il fait lui aussi les yeux de l’amour à M.J.

« Bon sang Ned ! C’est bien ma veine ! On laisse derrière nous Brad, le petit garçon amateur de sciences, on s’absente 5 ans et quand on revient, paf, il est taillé comme Apollon et regarde ! Il a pris des habitudes étranges, comme stocker toutes ses chaussettes dans son slip !
– Je… Peter… Brad a rangé ses chaussettes dans sa valise. Je les ai vues. »

Peter est perplexe. Ned tente bien de lui expliquer de quoi il retourne, mais Peter ne comprend toujours rien à ces histoires d’abeilles. Tant pis : il demande à Ned de plutôt l’aider à changer de place pour qu’il puisse passer le vol à côté de M.J mais évidemment, Ned est gros et bête, donc il fait n’importe quoi, et Peter finit coincé entre Golio et Polio pendant que M.J voyage à côté de Brad et de son slip tellement surchargé qu’il risque d’être refusé en bagage cabine. Heureusement, tout ce petit monde finit par arriver à Venise, où les enseignants, définitivement neuneus, ont réservé un hôtel pourri à moitié inondé, à côté du musée qu’ils voulaient visiter mais qui est fermé pour plusieurs mois.

Hihihihihi. Qu’est-ce qu’on rigole. Tenez, c’est tellement drôle que je pense à la mort.

Mais qu’importe : c’est donc quartier libre pour nos héros ! Dont l’on suit les pérégrinations pas drôles (Machin se filme tout le temps, Polio fait tomber son appareil photo à l’eau, etc ; bref, tenez bien vos côtes devant tant de rigolitude), jusqu’au moment où la lagune est secouée par d’étranges vagues… car quelque chose arrive dans l’eau. Quelque chose d’énorme ! Probablement une très grosse seiche ? Mais non ! C’est un gigantesque humanoïde constitué d’eau qui jaillit des canaux et qui commence à distribuer des coups de poing dans tous les bâtiments qu’il croise !

« Mon dieu Peter, mais qu’est-ce que c’est !
– Ned je… regarde comme il défonce les palais XVIIème ! Je crois que… non… c’est impossible…
– Peter, qu’est-ce que c’est ?
– Je crois que c’est… UN MÉDIÉVISTE ! »

Quelle terrifiante créature !

« BLOUBLOUBLOUB ! PRENDS ÇA, PONT DU RIALTO, DE LA PART DE MARC BLOCH ! »

« Peter, tu dois l’arrêter sinon il va rameuter des modernistes, voire pire, des antiquisants !
– Pas d’inquiétude Ned ! File avec le reste de la classe ! J’ai beau ne pas avoir voulu prendre mes costumes, tante Milf en avait glissé un de force dans ma valise, donc j’ai mes bracelets lance-toile ! »

Pendant que la créature est occupée à détruire la ville et que les touristes fuient en tous sens, Peter profite de la confusion générale pour se coiffer d’un ridicule masque de carnaval, et équipé de ses lance-toiles, ouvre le feu sur la bestiole.

« Prends ça, monstre ! »

Mais les toiles d’araignées sur de l’eau, ça marche moyennement bien et les toiles disparaissent dans le monstre. Peter est donc bien embêté, lorsque la créature reporte son attention vers lui.

« BLOUBLOUB ! JE VAIS TE BRISER COMME PATRICK DEMOUY BRISA LE SECRET DE LA SAINTE AMPOULE À REIMS ! »

Le médiéviste est connu pour ses propos un peu confus, mais Peter sait cependant comment l’énerver.

« Le moyen-âge, c’est tout pourri ! Il s’est quasiment rien passé, à part les chevaliers et les princesses ! »

La créature devient folle de rage, mais alors qu’elle s’apprête à copieusement péter la gueule de Spider-man pour lui expliquer 1000 ans d’histoire à sa façon, voilà qu’un étrange personnage en armure et cape surgit du ciel, laissant derrière lui une traînée verdâtre probablement due à une propulsion impliquant des burritos pas frais, et commence à bombarder de lasers tout aussi verts la bestiole. Malgré le fait que l’inconnu porte un aquarium rempli de fumée de pétard sur la tête, Peter se dit qu’il doit lui faire confiance, et pendant que le nouveau venu pulvérise le monstre, Peter utilise plus utilement ses toiles en renforçant les monuments qui risquent de s’effondrer après avoir pris quelques coups. C’est son côté Fondation-du-patrimoine-man, d’où sa ressemblance suspecte avec Stéphane Bern.

Enfin, la bête est vaincue, et c’est en marmonnant des trucs sur Philippe le Bel qu’elle retourne aux eaux à nouveau tranquilles du canal.

L’inconnu disparaît peu après cette affaire, et Peter peut retourner à l’hôtel où attendent ses petits camarades. Il est bien vite interpellé par ceux-ci.

« Ouah, Peter ! Tu as tout raté ! Il y a une créature géante qui ravageait la ville, tu as vu ?
– Heu je… oui… non… j’étais parti faire caca.
– Ahaha, espèce de gros lâche ! Bon en attendant, on a du bol, des gens ont filmé. On peut voir un inconnu mystérieux bourrer le monstre ! Un nouveau super-héros ! En italien, mystérieux ça se dit mysterio, alors on a qu’à l’appeler comme ça !
– Okay, c’est subtilement amené. Va pour Mysterio. Oh mais j’y pense, si tout a été filmé… « 

Eh oui Peter, si tout a été filmé, et comme tu étais toujours juste à côté du monstre et de Mysterio, c’est sûr qu’on ne doit pas te rater !

« Eh les mecs, vous avez vu ? Il y a un autre héros sur place ! Qui jette des toiles d’araignée, comme Spider-man ! Décidément, c’est fou, Spider-man est toujours là où on est ! À New York quand on est à New York, à Washington quand on est à Washington, à Venise quand on est à Venise… et en plus, il porte les mêmes vêtements que Peter sur ces images, et a la même coupe et couleur de cheveux, c’est incroyable ! »

Rassurez-vous, je bluffe :

  • Tous les gens qui filmaient ont toujours tenu Spider-man soigneusement hors du cadre de l’image, ne me demandez pas comment
  • Personne ne fait le rapport au sein du groupe de Peter
  • Si un scénariste pouvait trouver une autre excuse qu’un voyage scolaire pour que Spider-man se déplace, ce serait peut-être bien, hein.

Pendant que j’écrase mon cigare sur mon voisin de siège pour tenter de couvrir les dialogues avec ses hurlements et gagner un peu de répit pour ma santé mentale, nos héros décident que la journée a été suffisamment longue. Peter appelle brièvement tante Milf pour la rassurer, comprend qu’elle passe son temps avec Happy et que c’est vaguement suspect, mais décide d’aller dormir car il est bien fatigué.

Je veux dire : qui aurait pu reconnaître Peter Parker comme ça ?

Sauf qu’alors qu’il rentre dans la chambre avec Ned, ce dernier se reçoit soudain une seringue pleine de soporododo dans le cou, et s’effondre comme une bouse. C’est Nick Fury ! Qui vient de rattraper Peter jusqu’à Venise ! Enfin, Clownick Fury, puisque par exemple, il ne pourra pas faire une phrase entière sans que quelqu’un ne frappe à la porte de la chambre pour dire du rien et simplement faire un effet supposément comique. Je vous propose de ne pas rire (vous allez voir, on y arrive très bien) et de nous concentrer sur ce que Nick a à raconter.

« Peter. Tu es difficile à joindre.
– C’est-à-dire que je ne sais pas pourquoi mais les scénaristes ne veulent pas que je réponde à vos appels. Je passe mon temps à jouer le héros du quartier, mais soudain, j’ai plus envie.
– Une ficelle un peu grosse. Mais je suis là à présent, et tu vas me suivre, Peter. Allons au QG du SHIELD de Venise, j’ai des gens à te présenter.
– Bon… okay… « 

Et Peter d’enfiler son costume parce que… parce que, et de suivre Nick Fury jusqu’à une cellule du SHIELD locale, où l’attendent diverses personnes, dont Maria, l’assistante de Nick, et surtout, le mystérieux héros inconnu ! Qui a retiré l’aquarium qu’il avait sur sa tête et heu… a… comment dire ? On sait déjà que c’est le méchant. Cette barbe, c’est beaucoup trop suspect. Ça et le fait qu’on a l’impression qu’il sort de chez le dentiste et qu’il n’a pas encore récupéré toute sa lèvre inférieure quand il parle. Sûrement un hommage discret à Stallone.

« Oh ! Mysterio ! 
– Mysterio ? Je m’appelle Quentin Beck, mais j’aime bien le nom.
– Vous travaillez avec le SHIELD ?
– Oui… sache que je viens d’un monde parallèle. D’un monde parallèle où…
– Ah, nickel. Les mondes parallèles, ça devrait permettre de justifier plein de reboots et de cross-overs foireux pour les suites des licences Marvel. Mais continuez Monsieur Mysterio.
– Je disais : je viens d’un monde parallèle. Une Terre qui a été ravagée. Toute ma famille, tous mes amis sont morts. Tués par quatre élémentaires, des créatures constituées de chacun des quatre éléments. Aujourd’hui, tu m’as aidé à affronter l’eau. Bravo pour ton travail qui a permis de sauver des monuments en solidifiant leurs structures avec de la toile. 
– Ouah, vous venez d’une autre dimension, c’est trop cool M’sieur Mysterio ! 
– Moui, enfin sache que maintenant que les élementaires ont ravagé ma Terre… ils sont venus pour la vôtre. En tant que dernier survivant de la dernière unité chargé de les combattre, je suis parvenu à lever le voile des dimensions pour les suivre. Ils apparaissent aux mêmes endroits que sur ma Terre. Aussi, nous savons où les attendre. 
– Et nous avons déjà vaincu l’eau ! Et avec vous presque seul ! Finalement, ils étaient un peu nuls ces monstres, c’est à se demander comment ils ont ravagé votre Terre !
– Oui, heu, bon, écoute… j’ai aussi vaincu la terre et l’air qui, figurent toi, sont tous les deux apparus dans le même village pourri du Mexique.
– Ils n’étaient pas très inspirés.
– Ohé, hein ! Nous reste le plus dangereux : le FEU ! Lui peut grossir en absorbant du métal, et au moment où il sera assez puissant pour tirer son énergie du noyau même de la Terre… il engloutira celle-ci. C’est ce qui est arrivé à la mienne.
– Vous voulez dire qu’un monstre gros comme une planète arrive par ici ?
– Ahaha, euh… non. Par un amusant hasard, il se trouve qu’il va arriver à Prague… en faisant une taille normale.
– Il y a une explication ?
– Aucune.
– Super.
– Je sais.
– Ah non mais gros travail sur ce film, hein. »

En attendant, la menace n’en est pas moins là, et Nick Fury détaille un peu plus pourquoi il a fait venir Peter.

« Mon p’tit Peter, figure-toi que depuis que l’on a rencontré Mysterio, on a repoussé plusieurs de ces monstres. Et si j’essayais de te joindre, petit con, c’était pour que tu viennes à Venise aider notre ami ici présent à arrêter le monstre liquide.
– Attendez… et par une incroyable coïncidence… mon voyage scolaire m’emmène à Venise pile le jour où vous aviez prédit l’attaque ? »

Nick ne répond pas, mais laisse clairement entendre que le voyage du club de sciences à Venise n’est peut-être pas un hasard.

« Vous voudriez dire que vous auriez réussi à envoyer mon club de science entier à Venise en comptant sur le fait que mes professeurs étaient tous débiles et ne remarqueraient rien, et ce afin que je réagisse pile comme il faut à une attaque surprise sur la ville, en espérant que mes amis ne soient pas tous tués, tout ça pour ensuite vous infiltrer dans mon hôtel, endormir mon compagnon de chambre, esquiver mes petits camarades et m’emmener ici pour me faire votre offre ?
– Hin hin… peut-être bien que oui ?
– Et sinon, venir directement chez moi, sachant que vous savez où j’habite ? »

Zut. Ni les scénariste, Ni Nick Fury n’avaient pensé à ce plan particulièrement élaboré.

« Okay heu… bon, écoute, alors ! Tu viens à Prague sauver le monde d’un élémentaire de feu ou pas ?
– Non !
– Que… comment ça non ?
– D’abord, parce que si je m’éloigne du groupe, tante May va me tuer !
– Mon dieu, mais en plus, c’est une vraie réplique du film que tu me donnes là ! Mais qui a écrit les dialogues ? Genre « Désolé tante May, je pouvais sauver le monde mais j’avais pas la permission de 22h donc j’ai laissé tout le monde crever » ? 
– C’est ça. Et puis aussi, j’aimerais profiter de ces vacances avec mes amis et voir la fille que j’aime.
– Seigneur ! Mais ça aussi c’est un vrai dialogue du film ? Ton personnage est supposé être un génie mais ne comprend pas que s’il ne fait rien, tous ses amis vont mourir et que tout ce qu’il embrassera au final, ce sera une merguez ?
– Ah non mais moi je lis mes dialogues, hein. Je ne cherche plus. »

Voilà. Spiderman, ce génie, préfère laisser le monde brûler et voir tous ses amis mourir que de rater sa sortie scolaire. On en est là pour les dialogues. Cependant, on notera qu’un scénariste a quand même tenté de glisser « Mais au fait, pourquoi vous n’appelez pas un autre héros ? » tant il est vrai que Spiderman et ses toiles, c’est pas bien utile contre des créatures élémentaires. Quelle réponse lui fait Nick Fury ? Voyons plutôt.

« Et si vous appeliez Thor ?
– Il a quitté la planète.
– Docteur Strange ?
– Indisponible. »

Oui, le mec a plus important à faire que de sauver la Terre, c’est évident.

« Captain Marvel ?
– Ne prononce pas ce nom. »

Mais ? Pourquoi ? Et puis en quoi c’est une réponse ? Et puis d’ailleurs, il n’y a pas un nouveau Captain America ? Et quantité d’autres héros disponibles ? Black Panther, Scarlet Ouiche, Ant-Man, Hulk, non ?

Eh bien non. Parce que sinon, le film s’arrêtait là.

« Non Peter, moi non plus je ne comprends pas pourquoi je m’entête à vouloir recruter pour cette mission le mec qui a les pouvoirs les moins utiles contre des créatures élémentaires ».

Je vous avoue que cette scène comportait tellement d’incohérences et de dialogues stupides que j’ai dû appeler Diego pour qu’il me livre un bébé phoque et un piolet. En utilisant le plat du piolet, bien sûr, sinon le phoque ne crie pas assez longtemps pour exprimer toute ma douleur à ma place.

La scène s’achève donc par Spider-man qui annonce que sa décision est prise, il va plutôt rentrer à son hôtel. Et mieux encore : Mysterio approuve son choix. Il est si gentil. Peter rentre ainsi dans sa chambrée, et le lendemain, découvre que Nick Fury n’a pas tant respecté sa décision que cela : l’agence de voyages qui gère l’aventure de l’école a appelé Golio et Polio pour leur annoncer que leur classe avait gagné un détour par Prague ! N’est-ce pas merveilleux ?

« Je crois que Nick Fury vient de détourner nos vacances… » murmure Peter à Ned.

Personnellement, je crois surtout qu’il est con, mais c’est toi le génie, Peter. La classe grimpe donc dans un bus conduit par un des hommes du SHIELD que Peter a croisés, et direction la République tchèque ! En chemin, Peter parvient à s’isoler dans un coin du bus, et joue avec les lunettes de soleil que Tony Stark lui a laissées en héritage. Peter les essaie et… oh ! OH BEN J’AURAIS PEUT-ÊTRE DÛ LE FAIRE AVANT DIS VOIR ! Parce que ces lunettes sont en fait une interface surpuissante avec une intelligence artificielle intégrée, Édith.

« Bon, je suis Édith, votre intelligence artificielle. Scan rétinien en cours… identification : Peter Parker. Bonjour Monsieur Parker.
– Qu’est-ce que tu es, Édith ?
– Je suis une intelligence reliée au plus grand réseau de sécurité au monde. Je contrôle des satellites, surveille toutes les communications, bref, je peux accéder à tout, et agir n’importe où. Là par exemple, je peux lire les SMS de vos voisins de classe.
– Ouah, Tony Stark était vraiment un héros avec une éthique. Tu peux vraiment faire plein de choses ?
– Je suis l’ordinateur le plus puissant de cette planète, Peter.
– Okay alors puisque tu surveilles tout… peux-tu me lister les comptes en Suisse des Balkany ?
– Même ma puissance processeur a ses limites, Peter.
– Bon ben je sais pas… je t’utiliserai plus tard. Tu n’as qu’à miner de la crypto-monnaie en attendant, tiens. »

Non, Peter ne lui fait pas vraiment miner de la crypto-monnaie. En fait, il n’en fait rien. Il se dit qu’un cadeau pareil, bah, il verra plus tard.

Oui, oui. Et, oui, entendez mon soupir.

En attendant, son bus s’arrête sur la route de Prague pour une pause pipi, et soudain, l’homme du SHIELD qui conduit, après avoir laissé tout le monde descendre, arrêter Peter et lui fait signe : une jeune femme du SHIELD l’attend dans une brasserie déserte juste à côté de la station service. Peter va la rejoindre.

« Euh… bonjour madame ?
– Toi Peter Parker ?
– Ben vaudrait mieux, oui.
– Toi te mettre en slip. Toi enfiler tenue.
– Que ? Mais ? Quelle tenue ? Et puis pourquoi mon slip ?
– Toi avoir besoin nouvelle tenue. Tenue pas de Spider-man. Car sinon, si Spider-man à Prague, ça devenir un peu gros même pour tes amis.
– Ah oui c’est vrai.
– Moi avoir fait tenue pour toi. Toi essayer tenue.
– Okay, mais pendant ce temps, potassez votre anglais madame. Moi, je me mets en slip. »

Et Peter de se mettre en slip… au moment exact où Brad rentre dans la brasserie pourtant déserte.

J’en profite pour un truc tout bête : quand votre intrigue repose sur « Mais en fait, la porte était ouverte ! » vous pouvez recommencer.

À croire que l’autre agent du SHIELD à l’extérieur est parti faire son petit pissou, lui aussi. Et Brad de tomber sur Peter en slip à côté d’une grande blonde. Il prend vite une photo et s’enfuit.

« Mais heu ! C’est pas du tout c’que tu crois ! » hurle Peter en se laissant à sa poursuite. Il attrape la valise contenant son nouveau costume, saute dans son pantalon et rattrape Brad à la sortie de l’établissement pour tenter de justifier des raisons de ses aventures slipesques.

« Brad, c’est pas c’que tu crois, j’te dis ! J’aime juste, euh… me mettre en slip devant les mesdames ! Ah, merde, non, c’est pas c’que j’voulais dire, attends !
– Écoute Peter, on va pas y aller par quatre chemins. Je sais que tu aimes bien M.J. Moi aussi. Or, toi tu es une crevette en slip, et moi, je suis monté comme un âne sous stéroïdes, alors on sait tous les deux comment ça va se finir. Et je ne te ferai pas de cadeaux : alors cette photo, je vais la montrer à M.J et tu seras bien feinté.
– Espèce de… de… de rabouin ! »

Peter Parker est un peu nul en insultes. Il bougonne donc lorsque vient le moment de remonter dans le bus, et remet ses lunettes magiques pour retrouver Édith.

« Peter, mes scanners indiquent que votre température corporelle est haute. 
– C’est passque je viens de m’faire humilier, Édith. En plus mes insultes, elles sont trop pourrites.
– On dit « pourries », Peter. Voulez-vous que je vous propose de meilleures insultes ?
– Oui.
– Très bien. Pour commencer Peter, êtes-vous familier avec le concept de « grosses mères » ?
– Oui bon écoute, tu sais quoi Édith, tu vas plutôt tenter de me débarrasser de Brad, qui a une photo gênante de moi.
– Très bien. Brad est-il la cible ?
– Euh… oui ?
– DRONE TUEUR LANCÉ. »

Vraiment, vous êtes sûr que Peter est un génie ? Pour arriver à si mal formuler ses phrases et à répondre des âneries à l’intelligence artificielle ? Je vous passe, une fois encore, les gags, où il crie des choses à l’IA en tentant de faire annuler le tir, mais les gens autour comprennent mal, aussi en voulant leur répondre il donne plus de mauvaises instructions… bref, c’est nul. Mais toujours est-il que depuis l’orbite de la Terre, un satellite vient de tirer un drone qui s’en va ratiboiser la gueule du fameux Brad.

Et disons que c’est un peu beaucoup. Heureusement que Brad ne profite pas de tout ce temps pour tout raconter à M.J et préfère… contempler la photo. Oui, on le voit faire. Non, on ne sait pas pourquoi il fait ça, et disons-le : vous n’avez pas envie de le savoir.

Peter, en attendant, enfile ses lance toiles, fait diversion en hurlant « OH MON DIEU LÀ, UN BOUQUETIN ! » (véridique) et pendant que tout le monde regarde, il saute par la trappe du toit du bus, envoie une bardée de toiles au drone tueur qui vient d’arriver juste derrière le véhicule, prêt à faire feu, et ratterrit dans le bus, à peine décoiffé.

Quelle séquence épique : l’intrigue se traîne tellement que Peter en est réduit à affronter les drones tueurs qu’il s’envoie par erreur sur son propre bus.

Allez, oublions et laissons notre fine équipe arriver à Prague, où cette fois-ci, l’hôtel est bien meilleur, et surtout, il y a une grande fête partout dans les rues. Peter parvient cependant à avoir une brève et discrète entrevue avec le SHIELD.

« M’sieur Fury, c’est pas très cool d’avoir détourné mon voyage scolaire.
– C’est vrai, il ne s’agit que de sauver le monde.
– Voilà. Pas cool.
– Je n’arrive pas à croire que Tony Stark ait confié son système de sécurité Édith à un petit con de ton gabarit, Peter.
– Alors certes, mais notez que visiblement, vous préférez snober tous les autres héros plutôt que de me mettre un coup de pied au cul.
– C’est un film Spider-man, Peter. Je n’ai pas le choix. Je dois me coltiner ta truffe.
– Vous oubliez que j’ai quand même des qualités : je suis le garçon le plus intelligent de ma classe.
– Classe de Segpa, Peter. De Segpa. En attendant, quid de combattre le monstre de feu qui doit apparaître ce soir à Prague ?
– Allez, d’accord. Mais c’est bien parce que c’est vous M’sieur Fury ! Et vous avez intérêt à trouver un truc pour mettre mes amis en sécurité puisque vous les avez amenés ici !
– En sécurité ? Comme par exemple, en ne leur envoyant pas des drones tueurs sur la gueule ?
– C’était un accident ! J’ai glissé, chef !
– Hmmmouais. Bon enfin sache qu’un jour tu devras choisir, Peter. Entre ta vie de héros et celle d’écolier. Non parce que bon, je vois pas bien l’intérêt de rester au lycée alors que tu serais vachement plus utile ailleurs. 
– Je vous rappelle dans quelle classe je suis ?
– Bon allez, file. Et après cette mission, si tu décides d’arrêter les conneries et de devenir un héros, sache que tu peux nous rejoindre à Berlin. Le SHIELD fera un point de situation. Mysterio, vous en serez, vous ?
– Ah ben moi oui, je suis un peu moins couillon que Peter. »

C’est donc décidé : ce soir, Peter ira affronter l’élémentaire de feu avec Mysterio.

Et pour que ses amis soient en sécurité, il fait obtenir à la classe, via le SHIELD, des places pour un opéra. Là-bas, ils seront tranquilles, tant chacun sait que plus personne ne va à l’opéra de nos jours. Sauf qu’évidemment, Peter s’éclipse dès le début de la pièce pour aller rejoindre Mysterio et le SHIELD là où on a repéré des émanations d’énergies laissant supposer que le prochain élémentaire va apparaître à cet endroit. Et, non, le SHIELD ne se rend pas sur place pour dire aux gens de dégager. C’est plus rigolo de les regarder fuir en hurlant quand la situation dégénère.

Quelque part, je les comprends. Mais personnellement, je vais au bout du concept : je fais des crocs-en-jambe aux gens qui essaient de fuir. Sacré SHIELD.

Peter est lui un peu dégoûté, car il doit sauver le monde au lieu d’être assis à côté de M.J, qui lui proposait de passer l’opéra près d’elle. Rahlala. C’est si dur, la vie :avec un peu de chance, peut-être qu’elle l’aurait laissé lui toucher la main voire les roploplos. Mais à la place, tout ce qu’il va toucher ce soir, c’est un monstre de flammes.

Ne sois pas si contrarié, Peter : au moins, les dialogues du monstre de feu seront, à n’en point douter, moins ridicules que ceux de M.J.

Notre héros se rend donc sur une place du coin, après avoir enfilé le costume laissé pour lui par le SHIELD : une tenue qui ressemble plus ou moins à un truc des forces spéciales, mais… finalement très proche de ses tenues habituelles quand même. Eh bien, ça valait le coup de lui faire un déguisement. Pire encore, ses amis sont tellement ennuyés par l’opéra (sûrement du Verdi) qu’évidemment, ils en sortent, se dispersent dans les rues et… vous avez vu juste : ils vont bien sûr se retrouver pile là où le vilain monstre va apparaître.

On recommence : qui pourrait reconnaître Spider-man comme ça ?

Holalalabendisdonconlavaitpasvuvenir.

Car justement, le sol se met à trembler, et sur l’une des places de la ville, du sol jaillit un monstre de lave. Mysterio fonce avec Spider-man corriger la vilaine bête, et si celle-ci pose quelques soucis, absorbe des véhicules pour grossir et menace de cramer une grande roue où ce gros débile de Ned s’est installé avec sa copine (où sont passés les autres occupants de la roue ? Mystère ! Il n’y avait sûrement plus de budget figurants), elle est bientôt vaincue lorsque Mysterio plonge dans le cœur même du monstre pour le pulvériser de l’intérieur. Expérience à laquelle il survit miraculeusement !

La copine de Ned, qui est aussi de la classe de Peter, sourcille quand même un peu à la vue du Spider-man noir qui a affronté le monstre et jeté des toiles partout.

« C’est marrant, on dirait Spider-man… il bouge et jette des toiles de la même manière, lui ressemble un peu… d’ailleurs c’est vrai que où que l’on aille, il est là !
– Eheheh euh… non. Lui, c’est euh… Spider-Cochon, son cousin. »

En réalité, Ned invente le nom de « Night Monkey » pour protéger l’identité de son ami, mais c’est finalement peut-être pire, aussi restons sur Spider-Cochon.

Mais en attendant, la victoire est complète ! Le dernier élémentaire a été détruit, la planète est sauvée, et Prague tient encore plus ou moins debout. Mysterio félicite Peter.

« Bien joué grand !
– Ouah, Mysterio, j’ai bien cru que tu étais mort quand tu as foncé dans le monstre pour te sacrifier mais en fait non !
– Oui, hein ? Non mais en fait, tu sais, les sacrifices, c’est surfait. Allez viens ! On va se jeter un godet !
– C’est-à-dire que j’ai 16 ans M’sieur Mysterio, j’ai pas le droit de boire.
– Bon alors rentrons dans cet estaminet ; ce sera un schnaps pour moi et un Fanta citron pour le petit ! »

Et là, attention, grande scène : Mysterio, en grosse armure, sirote son verre à côté de Peter, qui a retiré son masque et PERSONNE ne trouve ça suspect, pas même Peter. Ils viennent de sauver la ville et le monde, sont encore en tenues qui permettent clairement de les identifier, mais personne ne semble réagir, et c’est une soirée normale à Prague. Pas plus que Peter ne se dit que « Mais j’étais pas supposé dissimuler mon identité, moi ? »

Non. Tout va bien. Un grand film, je vous dis. Nos héros discutent donc en paix, protégés par le script.

« Tu sais Mysterio, je suis content de t’avoir rencontré. C’est bien d’avoir un nouvel ami avec qui parler de mes problèmes de héros.
– Aucun souci. Tu es un chouette garçon, Peter. 
– Merci. Toi aussi tu es un type bien M’sieur Mysterio.
– Ahaha, allons, je ne suis qu’un humble guerrier inter-dimensionnel… ah, au fait, fais attention Peter, je crois que tu as fait tomber quelque chose !
– Ah oui ! Ce sont les lunettes de Tony Stark avec ÉDITH dedans et… HÉÉÉ ! Mais attendez, essayez-les ?
– Voilà.
– Mais elles vous vont vachement mieux qu’à moi ! Vous ressemblez un peu à Tony, d’ailleurs, avec ça et la barbe ! Vous savez quoi Mysterio ? Alors que ça ne fait même pas 24 heures que l’on se connait, je crois que je vais vous confier ÉDITH, le système de sécurité le plus puissant au monde !
– Ah oui ?
– Oui ! N’oubliez pas, je suis un génie, je suis super intelligent ! Donc je sais ce que je fais ! Vous avez tout pour être le nouveau Tony Stark, et le monde en a besoin ! ÉDITH ? Transfère tous mes accès à Quentin Beck, dit Mysterio ! »

Et l’intelligence artificielle d’obéir. Peter serre la paluche de Mysterio en le félicitant pour ses nouvelles responsabilités, et file : apparemment, puisque où qu’aille sa classe, il y a des catastrophes, les parents inquiets ont appelé pour annuler le voyage en Europe (enfin une réaction crédible). Donc avant de reprendre l’avion demain, Peter aimerait aller déclarer sa flamme à M.J. C’est ce soir ou jamais.

Mais sitôt qu’il a quitté le troquet où il sirotait son Fanta avec Mysterio…

… il ne remarque pas que derrière lui, le bistrot change d’apparence. Se transforme en vieille ruine pourrie. En fait, tout n’était qu’une illusion, un hologramme créé par des drones Stark semblables au drone tueur envoyé par mégarde par notre héros. Sauf que ceux-là sont sous le contrôle de Mysterio ! Et celui-ci d’éclater de rire, et de grimper sur le comptoir poussiéreux, acclamé par les clients du bar qui étaient des complices !

Et comme tous les méchants, il prend le temps de ré-expliquer son plan.

« Ah, les amis ! Ça y est, nous avons récupéré ÉDITH ! Cela n’a pourtant pas été facile ! Heureusement que Peter Parker est complètement con ! Souvenez-vous, mes amis ! Nous avons créé la super technologie holographique pour Tony Stark, capable de créer n’importe quelle illusion, et il n’en a quasiment rien fait. Il a même dit que j’étais trop… ambitieux ! Et vous tous, vous avez tous, vous aussi, travaillé pour Stark par le passé ! Tous été humiliés ! C’est ce qui nous a réunis ! Le souhait de créer un nouveau Tony Stark… et ce Tony ce serait… MWAMÊME ! Plus génial que lui, plus ambitieux que lui ! Nous avons pris le contrôle d’une partie de ses drones… les avons utilisés pour projeter des hologrammes et ainsi créer de faux monstres, vaincus par un faux héros ! Tout cela n’était qu’une illusion ! Les dégâts ? Des drones cachés dans l’illusion qui tiraient sur les bâtiments pour les faire s’effondrer en synchronisation avec l’illusion ! Les flammes ? Les drones peuvent envoyer du feu ! Mysterio qui vole et tire des lasers ? La plupart du temps, je n’étais même pas là, j’étais caché ailleurs en costume et je n’apparaissais physiquement qu’à la fin de la bataille ! »

Et personne n’a remarqué les millions d’impacts de balles laissés par les drones d’ailleurs ? Ou même entendu les tirs ?

Non ?

Parce que personnellement, quand un mec prend un coup de poing par une bestiole mais qu’on le retrouve criblé de balles, ça m’interpelle un peu.

Mais si Peter est un génie, je vous laisse deviner le niveau du reste de la population.

Poursuivons avec le discours du méchant, puisque c’en est un.

« Tout n’était qu’illusion, et grâce à cela, nous avons récupéré ÉDITH des mains de ce neuneu de Peter Parker ! Grâce à lui, nous contrôlons tout ! Des milliers de drones, bien plus que nous n’en avions ! Les communications ! Tout ! Il ne nous reste plus qu’à faire un gros coup… un coup fabuleux… une attaque plus grande que toutes les autres, à Londres ! Que j’arrêterai, bien sûr ! Ainsi, je serai le nouveau Tonyyyy Staaaaark ! »

Bon. Passons sur le fait que les illusions ne peuvent pas tout faire, et venons-en droit au problème : tu as donc une technologie si spectaculaire qu’elle peut te rapporter des milliards et… plutôt que de t’en servir pour ça, tu préfères tenter de devenir le nouveau Iron Man. Okay, mettons que ce soit ton truc. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas simplement montrer ce que ta technologie peut faire ? Car si tu peux faire des illusions, ça peut vraiment servir ! Et mieux encore si tes illusions peuvent causer des dégâts grâce aux drones planqués dedans, tu peux vraiment être un héros.

Non parce qu’être le nouveau Iron Man, basé sur un mensonge, ça n’a que des désavantages par rapport aux autres stratégies : ça veut dire être envoyé en première ligne dès qu’une menace extra-terrestre se pointe. Ça veut dire devoir sauver le monde. Et le faire en continuant à mentir sur tes pouvoirs. Donc par exemple, si une bestiole géante qui peut voir au travers des illusions se pointe et que le SHIELD te dit « Vas-y Mysterio, avec tes lasers, tu vas la plier en deux minutes ! » tu auras l’air fin, mon lapin. Sans compter qu’à la moindre erreur, ta ruse est éventée et le monde entier te conspue.

Bref, tu n’as aucun intérêt à mentir. Sauf si bien sûr…

Ah mais oui, voilà : tu es un méchant en bois.

D’ailleurs, personne n’a remarqué que Quentin Beck, alias Mysterio, était un ancien employé de haut niveau de Tony Stark et pas du tout un guerrier inter-dimensionnel ? Non parce qu’en plus, le mec n’a même pas changé de nom. Vous tapez « Quentin Beck » dans Google, et paf, vous découvrez qu’il n’est pas du tout inter-dimensionnel. Ça pose un peu problème, non ? Le roi des illusions et de la tromperie qui oublie bêtement de changer de nom ou de cacher son visage ? Ah non mais vous faites comme vous voulez, amis scénaristes, hein, je ne voudrais pas déranger.

Mysterio, ici expliquant que si on remplace ses drones par des Roomba mais que l’on garde les hologrammes, il doit pouvoir révolutionner l’industrie du porno.

Laissons donc Mysterio à son plan foireux, et retournons voir Peter, qui est lui à son hôtel et qui va frapper à la chambre de M.J.

« M.J je… ça te dirait sachant que… qu’on repart demain… que toi et moi on aille se promener ?
– Okay.
– Chouette ! »

Prague est tranquille et belle en cette douce fin de soirée, tant après l’attaque d’un monstre géant au milieu de la plus grande fête du pays, il n’y a rien dehors : pas un policier, pas un journaliste, pas même un papier par terre. C’est quand même bien fait, on devrait manger des attaques d’élémentaires plus souvent. Les mains de nos larrons se frôlent et Peter décide de se lancer.

« M.J, je dois te parler de quelque chose… à propos de moi.
– Tu es Spider-man ? »

C’est un peu direct. Mais bon.

« Mais comment tu sais ?
– C’est-à-dire que où que l’on aille, Spider-man apparaît, et pile quand tu es soudainement mystérieusement introuvable.
– Ah flûte. C’était gros alors comme ficelle ?
– Un peu, oui. Accessoirement, il se trouve que si je sais que Spider-man était ici ce soir à Prague, c’est que j’ai trouvé ceci par terre… entoilé. »

Et M.J sort de son sac à dos un drone Stark que Spider-man avait entoilé en tirant sur l’illusion un peu plus tôt sans le réaliser : le drone avait été projeté bien loin de lui, droit au pied de M.J qui était dans une ruelle voisine (là encore, que de coïncidences, et, non, il n’y avait personne d’autre dans la rue, vous le saurez). Les deux adolescents tripotent le drone à défaut de mieux pour ce soir, et soudain, il s’active… et génère un énorme hologramme : Mysterio affrontant l’élémentaire de l’air ! Nos deux amis sont donc très surpris de voir cette illusion parfaitement réaliste s’agiter au-dessus d’eux.

« Mais alors… le drone génère des hologrammes ? Le combat entre les élémentaires et Mysterio, c’était du cinéma ?
– Le plus incroyable c’est que si le drone génère une illusion aussi puissante, une fois entoilé, une partie de ladite illusion aurait dû s’effondrer.
– Oui mais ça n’arrangeait pas le scénario. On va donc dire que les drones sont tous largement plus puissants que nécessaires, donc quand tu en détruis un, les autres présents dans l’illusion compensent pour la maintenir.
– Ah ben non puisque lorsque Mysterio discutait avec son équipe dans la scène précédente, à un moment, il expliquait qu’un seul drone manquant pouvait tout foutre en l’air et…
– CHUCHUCHUCHUTABOUCHE. »

L’incohérence est jetée de côté tel un vulgaire chaton contre une 306 lancée à pleine vitesse, et nos amis reprennent.

« M.J ! Écoute, ça veut dire qu’on a un gros problème ! Je ne peux pas rentrer en Europe ! Parce que comme une grosse buse, j’ai confié les clés du système de sécurité le plus puissant au monde à Mysterio, quand bien même je ne connaissais depuis moins de 24 heures.
– Peter, est-ce que tu es sûr que tu n’as pas été mordu par une crotte radioactive ? Éventuellement en forme d’araignée, mais tout de même ?
– Raaah ! Bon écoute, toi, rejoins Ned ! C’est mon meilleur pote, il sait que je suis Spider-man, vous pourrez causer. Vous irez expliquer au reste de la classe que j’ai un souci et que je dois rester en Europe dans… euh… ma famille à Berlin ? Comme ça, je fonce à Berlin prévenir le SHIELD !
– … tout le monde sait que tu n’as aucune famille à Berlin. Tu ne pourrais pas juste appeler le SHIELD ?
– Mysterio surveille toutes les communications grâce à ÉDITH !
– Oui ben comme ça il saurait que son plan est à l’eau, au pire.
– Non ! L’excuse pourrie, ça me paraît mieux ! »

Notez qu’il y avait des millions d’excuses plus crédibles, mais Peter choisit celle-là. Puis, il bondit sur un train pour tenter de gagner Berlin et aller avertir Nick Fury du fait que Mysterio est effectivement un vil embabouineur.

Mais Mysterio, au même moment, apprend qu’il lui manque un de ses drones qui n’est pas revenu à la base, et comprend bien vite que Spider-man a dû mettre la main dessus. Il lui faut donc l’arrêter… et il sait comment. Mais déjà, il utilise son nouveau super réseau pour à son tour, détourner le voyage scolaire de Peter, et envoyer un message à Polio et Golio disant que la prochaine étape de leur voyage, ce serait Londres. Ces derniers acceptent sans sourciller, et toute l’histoire de « On doit quitter l’Europe, et vite ! » est instantanément oubliée. Ainsi, tous les amis de Peter seront au mauvais endroit, au mauvais moment, et s’il a révélé ce qu’il sait à l’un d’entre eux… il pourra leur régler leur compte.

Car c’est connu : des adolescents équipés de téléphones portables ne racontent jamais rien à personne, et ils garderont l’information pour eux jusqu’à ce qu’il les tue. L’adolescent est connu pour être taiseux.

Mais suivons donc Spider-man alors qu’il arrive à Berlin à dos de train (grimper dedans, c’est trop dur et trop sûr ; risquer l’électrocution est plus marrant), et lorsqu’il en descend, gros coup de bol, il est attendu par Nick Fury.

« Allez grimpe dans la voiture. On va au QG du SHIELD et tu vas tout me raconter. » 

Spider-man obéit, et commence à expliquer à Nick toute l’histoire, sur le fait que Mysterio n’est qu’un filou qui utilise une technologie surpuissante pour créer des illusions, et grâce à elle, s’est emparé d’EDITH.

« … morale de cette histoire est qu’on ne doit pas faire confiance à un inconnu, comme avec ce Monsieur dans la camionnette quand j’avais cinq ans.
– Okay Peter, c’était vraiment une super histoire. À part la fin, je dois bien l’admettre. À qui en as-tu parlé ?.
– Ben… à mon ami Ned qui est un peu con… »

Mais pile à ce moment là, Nick et Spider-man réalisent qu’il y a un problème : tout ce qu’il y a autour d’eux n’est qu’une illusion qui commence à s’effondrer ! Ils ne sont pas au QG du SHIELD ! Ils sont dans un piège de Mysterio ! Qui n’arrête pas de changer les illusions à volonté, d’altérer jusqu’à la manière qu’à Peter de percevoir son propre corps, bref, il lui envoie du sons et lumières dans la truffe jusqu’à ce qu’enfin, le vrai SHIELD intervienne et n’arrête Mysterio. Nick Fury se précipite vers Peter qui dans l’affaire, a pris une sacrée raclée à force d’être projeté contre des murs qu’il ne voyait pas ou de tomber de plusieurs étages pour les mêmes raisons.

« Peter, tu vas bien ?
– Ouah… j’ai probablement l’ensemble des os brisés, mais ça va pas mal.
– Très bien ! Peter, tu dois me dire : as-tu parlé de Mysterio et de son secret à d’autres ?
– Oui… à mon pote Ned et à ma copine M.J.
– Parfait… mouhoho… mouhohohoho !
– Attendez… non ! »

Et en effet, Peter est décidément particulièrement con : c’est encore une illusion. Il vient donc définitivement de tout balancer à Mysterio. Il se relève, titubant, et cette fois-ci, Mysterio le laisse aller s’écraser… sur une voie de chemin de fer, où il se mange un TGV.

Mais ça va, merci : il va bien. Enfin un accident voyageur qui n’arrête pas le train.

Mysterio, ici tirant… du Baygon vert, je suppose. C’est vraiment terrible contre Spider-man.

Spider-man parvient à ramper jusqu’à l’intérieur, à retirer son costume (qui est toujours le costume pourri qu’on lui avait conçu pour Prague), et s’effondre comme une bouse sur un siège du train. Mais à son réveil, il est en cellule ! Des gens l’ont trouvé en sang dans une voiture du TGV, et pensant que c’était un hooligan comme d’autres qui occupaient ledit TGV, il a été enfermé avec eux dans une cellule d’un poste de police des Pays-Bas. Ses voisins de cellule sont cependant très aimables, parlent un bon anglais, lui indiquent où ils se trouvent, et le laissent s’évader en paix. Ce qui permet à Peter de se retrouver dehors et…

Je sais. Les gens qui ont vu le film attendent ce moment du spoiler. Parce que c’est là que l’on découvre à quoi ressemblent les Pays-Bas selon un réalisateur hollywoodien.

Peter se retrouve donc sur… une espèce de place de marché fermier ? On dirait qu’il a été propulsé peu ou prou en l’an mil, et le lieu est cerné de moulins et de champs de tulipes. Voilà, on n’est pas du tout dans la caricature. Les Néerlandais étant cependant sympas, ils prêtent sans souci un téléphone à Peter, qui s’en sert pour appeler… Happy. L’ancien secrétaire de Tony Stark.

« Happy ? C’est Peter. J’ai besoin de toi. Je suis dans un bled des Pays-Bas, viens me chercher.
– Peter ? Mais attends… pourquoi m’appelles-tu ? Surtout en donnant ta localisation ? Tu ne disais pas que Mysterio pouvait écouter toutes les communications il y a deux scènes de ça ?
– … ah merde.
– Ah bé oui.
– Vous venez me chercher quand même ?
– Allez ! »

Et un peu plus tard, Happy arrive avec un avion à décollage vertical pour se poser dans le champ de tulipes et récupérer son jeune ami.

« Happy… j’ai grave merdé ! Tony n’aurait jamais dû me faire confiance !
– Écoute… Tony était mon patron, mais aussi mon ami. Et lui, il merdait souvent. Il doutait de tout. Sauf d’une chose : de toi. Il a toujours su qu’il avait raison de te faire confiance.
– J’ai donné ÉDITH à un mec que je venais à peine de rencontrer.
– Peter, tu es une merde. »

Mais bon : finalement, Happy explique à Peter qu’il va l’emmener à Londres pour tenter de sauver la situation. Happy va en profiter pour prévenir le SHIELD que quelque chose ne va pas. Et envoie un message codé particulièrement subtil : « Ne vous fiez pas aux apparences !« . Ce que Nick Fury interprète bien évidemment comme « Attention, Mysterio est un traître et en fait il a une armée de drones tueurs donc faites semblant de rien et équipez-vous en armes anti-drones en douce car il va sûrement en placer un juste devant vous en mode invisible pour tenter de vous tuer. »

Soit les mecs sont super balaises en messages codés, soit c’est n’importe quoi. Je vous laisse choisir.

Dans l’avion, en tout cas, Peter constate que c’est tout équipé : Tony Stark avait laissé là une mini-usines à costumes automatique. Pour quelqu’un supposé passer son temps avec des mesdames toutes nues, c’est cocasse.

Mais oui, je sais : ah ben ça tombe bien alors !

Et Spider-man de se concevoir un nouveau costume.

« En nanites je suppose ? Comme dans le précédent film, comme ça c’est super puissant ?
– Non, Happy. En lycra, ça me paraît mieux.
– Okay Peter, tu t’es mis au bédo c’est ça ? Non parce que ça commence à se voir, sale petit zadiste défoncé à la ganja !
– Hé, ho, on se calme tout de suite ! C’est pas moi qui porte le nom du chien dans
7 à la Maison.
– Ça c’est bas. Bon, comment comptes-tu arrêter Mysterio ? Après tout, tu es un génie des gadgets ! Une onde électromagnétique qui arrête tous ses drones ? Un piratage en règles ? Un piège diabolique ?
– Non, je vais plutôt foncer comme une grosse buse et tenter d’entoiler des milliers de drones à la main. »

Si vous n’avez jamais arraché l’accoudoir d’un cinéma pour faire de l’escrime avec votre voisin en hurlant les noms des Grands Anciens, sachez que ce film vous donne l’occasion de commencer.

Et en effet, pendant ce temps, à Londres…

La classe de Peter vient d’arriver, sans lui, donc, sur place. Brad, qui en a un peu marre, finit par prendre la parole :

« Personne ne trouve ça suspect, ces changements de destination en boucle ? Et Peter qui n’est jamais là et personne ne s’en inquiète ? »

Que ? Mais ? Qui vient d’introduire un personnage avec un QI atteignant les deux chiffres dans ce film ?

« Euh… la vérité est… euh… relative. » tente M.J avec l’assurance de celle qui sait que même si c’est nul, le script est avec elle « Et puis tu as tenté de prendre une photo de Peter en slip. »

Ce qui n’a aucun rapport, mais ça passe. Polio et Golio hochent la tête, le reste de la classe bave en essayant de se curer le nez avec le coude, avant que tout le monde ne continue joyeusement l’épopée en se rendant dans un bus qui les attend, et conduit, hélas pour eux, par l’un des sbires de Mysterio. Qui emmène le véhicule jusqu’au Tower Bridge de Londres et… abandonne le véhicule là. Pourquoi ? Mais parce qu’il obéit à cette règle essentielle des mauvais films :

« Lors de toute bonne catastrophe, si l’on aperçoit un bus, il finira invariablement sur un pont. »

Ne me demandez pas pourquoi : c’est la règle.

Spider-man, 24h après avoir pris un TGV dans la mouille. Son secret, c’est son armure en bullshitonium.

Mysterio, apprenant que le bus est en place, peut donc commencer son attaque. Il demande à ÉDITH d’envoyer TOUS les drones que Tony Stark avait mis en orbite (et avec la technologie de Mysterio dedans, c’est vraiment sympa), pour descendre sur Londres faire une attaque cent fois plus grande que les précédentes. Et comme les fois précédentes, Mysterio fait mine d’être là pour servir le SHIELD, demande à ses complices d’activer une machine qui fait croire à un dégagement énergétique venant de sous terre, puis, les drones débarquent, invisibles, avant de générer l’illusion d’un monstre géant constitué des quatre éléments.

« Houlala, on pensait les avoir vaincu, mais ils ont fusionné ! » s’exclame Mysterio de sa meilleure voix d’acteur « Ne vous inquiétez pas, Monsieur Fury, je vais bourrer la face de cette chose ! »

Et Nick Fury de faire semblant d’y croire, pendant que Mysterio fait son show. Mais sinon, Nick ? Faire quelque chose ? Tenter de l’arrêter pendant que son monstre illusoire ravage vraiment la ville ? Non ? Eh bien non. Nick Fury reste à la fenêtre de son bureau, l’air… cool. Pendant que des gens meurent. Voilà. C’est tout. Bien bien bien.

Mais sinon, quelqu’un a relu le scénario ou c’était une blague d’un stagiaire qui a dégénérée ?

Heureusement, sur ces entrefaites, Spider-man arrive, et en se laissant choir du ciel avec son Spider-parachute (si, si), il parvient à pénétrer dans l’illusion et découvre à l’intérieur l’armée de drones qui s’active à maintenir l’hologramme et à causer des dommages en temps réel pour faire croire à l’aspect matériel du monstre. Spider-man commence à entoiler tout ce petit monde, au point de mettre à mal assez sérieusement l’illusion en elle-même. Mysterio, le vrai, qui contrôle tout ça de loin, en est grognon,

« Cacaboudin ! Comment est-il arrivé là sans que je ne le remarque lui ? Je n’ai pas le contrôle du plus grand système de surveillance de la planète ? ÉDITH !
– Il est passé par un trou du script, Monsieur.
– Damnation ! »

Le trou dans le script est le conduit de ventilation moderne : il y en a un peu partout, et personne n’y fait jamais attention.

Mysterio voyant son illusion mise à mal, il ordonne à son équipe de couper la génération de l’hologramme du monstre, tant pis. Et de concentrer les monstres sur une seule mission : tuer Spider-man ! Et Mysterio commande même personnellement une partie des drones pour… heu… tuer les amis de Spider-man qui en savent trop ?

Mais pourquoi ne pas avoir simplement envoyé une roquette sur le bus, alors ? Eh bien on ne sait pas. Et pourquoi concentrer toute ton attention sur des cibles complètement secondaires ? À part que Mysterio veut être le moins efficace possible, et préfère poursuivre les amis de Spiderman avec ses drones mitrailleurs, et en ne tirant qu’à bout portant pour ne pas les tuer facilement de loin. On notera d’ailleurs que les drones supposés être d’une précision diabolique telle que lorsqu’ils causaient des dégâts à des structures, pas une balle n’allait à côté, ici ne parviennent jamais à toucher le moindre gentil, qu’importe la situation. Happy, qui était venu tenter d’évacuer les amis de Peter, voit son avion être détruit par les drones, et ne peut qu’emmener quelques adolescents avec lui dans la chambre forte de la tour de Londres qui est, c’est bien connu, grande ouverte et non-gardée. C’est donc aux côtés des joyaux de la reine que nos amis sont enfermés, pendant que les drones essaient d’ouvrir la chambre forte au fer à souder (ils sont vraiment tout équipés).

Spider-man, de son côté, affronte les drones avec mille pirouettes, évidemment, pas un ne parvient à le toucher non plus.

C’est un peu lassant, cette précision à géométrie variable. Je ne sais pas : rajoutez un bout de scène où Spiderman a entoilé suffisamment de drones pour réduire leurs cohésion, a un gadget qui brouille vaguement leurs systèmes, ou bien le SHIELD tente de les pirater en même temps ce qui explique qu’ils soient moins efficaces, que sais-je…

Pas juste « Bon en fait, les drones, maintenant, ils sont tout nazes. »

Spider-man parvient non seulement à en détruire bon nombre, et même à arriver jusqu’à l’endroit d’où Quentin Beck alias Mysterio pilotait toute l’opération. Évidemment, ce dernier tente plusieurs fois de le tromper avec des illusions, mais notre héros, usant de son sixième sens d’homme-araignée qui lui est revenu sans explication, ne s’y laisse plus tromper, et a tôt fait de meuler la gueule du vilain. Avec un passage particulièrement intéressant puisque Mysterio fait semblant d’être devant Spider-man alors qu’il est derrière avec une arme.

Ce qui veut dire que Mysterio parle dans un micro dix centimètres derrière Spiderman et suppose qu’il ne va pas l’entendre. Ça doit être un concours de neuneuserie, je ne me l’explique pas autrement.

Mais dans l’affaire, Mysterio a pris tellement cher avec ses drones envoyant des balles dans tous les sens… qu’il s’est ramassé l’un de ses propres pruneaux.

« C’en est fini, Mysterio ! Je ne voulais pas que tu meures, mais là… bon. Tu t’es un peu… hihi… tiré une balle dans le pied !
– Au moins, la mort m’épargnera ton humour. Mais dis-moi Spider-man. Est-ce vrai que ton sixième sens t’as permis de vaincre mes illusions ?
– Aisément !
– Est-ce que cela veut dire… kof kof…
– Oui ?
– … qu’en fait tu pouvais me vaincre depuis le début du film et que ton sixième sens « en panne » sans aucune explication, c’était juste pour arranger les scénaristes ? »

Spider-man s’assoit sur le visage de Mysterio pour étouffer ses terribles révélations sur le niveau d’écriture de cette oeuvre, et c’est donc sous un cucu enrobé de lycra que Mysterio rend son dernier soupir. Spider-man peut se rendre sur le Tower Bridge pour voir comment vont ses amis, et découvre avec bonheur M.J, bien vivante, qui arrive en courant vers lui !

« M.J !
– Peter, c’est incroyable !
– Oui, tu es vivante ! Je suis si heureux que j’en retire mon masque !
– Non, c’est surtout que c’est incroyable : tu notes comme il n’y a ABSOLUMENT PERSONNE autour de nous alors que là encore, il devrait y avoir une folle agitation après tout ce qui vient de se passer ? Ce qui tombe bien puisque tu viens de retirer ton masque comme une grosse buse ?
– C’est vrai que c’est fou cette propension des décors à être entièrement vides dès qu’on a besoin d’un moment d’intimité. Bon, d’ailleurs : M.J, voilà, à Prague, ce que je voulais te dire, ce n’est pas que j’étais Spider-man. C’est que quand je te vois, j’ai envie de te faire des bisous.
– Mais moi aussi figure-toi.
– Allez, on fait le bisou alors. »

Et c’est le bisou.

Spider-man a donc vaincu et trouvé l’amour. Et accessoirement, récupéré les lunettes avec ÉDITH sur le corps de Mysterio, lui permettant de dire à tous les drones de rentrer chez eux. Parce que oui, ÉDITH lui obéissait encore, en fait. Parce que… parce que. Voilà. Nick Fury peut donc venir le féliciter, et enfin, Peter rentre à New York retrouver tante Milf. Qui lui avoue, parce que ça non plus il n’avait toujours pas compris, que oui, elle sort avec Happy. Il faut dire qu’elle adorait 7 à la maison.

C’est donc sur cette dernière révélation que Peter peut reprendre son quotidien new-workais de super-héros de quartier, et il se balance de toile en toile et…

… FIN !

Mais pas tout à fait, car il y a une séquence post-générique (vous m’entendez soupirer ?) et pas des moindres : Spider-man décide d’emmener M.J se balader avec lui alors qu’il se balance d’immeuble en immeuble. Et visiblement, ni lui ni M.J n’ont l’air de se dire que sortir ensemble publiquement alors qu’il est habillé en Spider-Man pourrait vaaaaguement permettre d’identifier Peter Parker sous la cagoule de l’araignée. Non. Vraiment. Vous nous le dites si on vous emmerde, hein ?

Mais alors qu’ils papotent tranquillement au milieu d’une foule après leur promenade, sans se soucier des passants qui peuvent tout entendre de leur discussion de couple, voici que les écrans géants de l’immeuble voisin diffusent un flash-info exclusif : les dernières images envoyées par le « héros inter-dimensionnel » Mysterio.

Parce que non, personne n’a pensé à rendre public que Mysterio était une enflure, et derrière les attaques au Mexique, à Venise, Prague et Londres. Un détail.

Et sur ces images, évidemment truquées puisque c’était sa signature, on voit Mysterio agoniser et dire :

« Spider-man… c’est lui qui m’a tué… c’est lui qui contrôlait les drones… parce qu’il est fou, il veut devenir le nouveau Tony Stark et tuera tous ceux sur son chemin ! Ah, et accessoirement… son vrai nom, c’est Peter Parker ! Maintenant, je meurs, aaaargh… » 

« Crotte de bique ! » s’exclame Spider-man et…

… FIN !

Je vous rappelle que ces deux personnages sont tous les deux présentés comme d’une intelligence frôlant le génie, et supposés ne rien faire qui pourrait révéler l’identité de Peter Parker, comme par exemple, oublier de retirer son costume avant de sortir ensemble.


Est-ce que quelqu’un se souvient que Peter Parker bosse avec le SHIELD qui peut prouver en deux minutes que cette vidéo est fausse, rappeler que Mysterio était méchant et que Peter est innocent ? Ou même que Peter est supposer avoir ÉDITH, qui surveille toutes les communications mondiales, et que l’intelligence artificielle aurait pu vaguement le prévenir en amont ? Ou justement, diffuser ce que je viens d’écrire sur les mêmes écrans en trente secondes ?

Ah mais j’oubliais : c’est nul.

Qu’est-ce que je peux être tête en l’air, parfois !

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Un odieux connard

My bullshit sense is tingling !

Il a les cheveux mouillés alors que Spider-man a les cheveux sec, ça ne peut pas être la même personne, c'est évident.

Même Œil de Faucon paraît plus pertinent pour cette mission, ce qui n'est pas peu dire.

Mais je ne sais pas, changez au moins ses lunettes, faites quelque chose !

Ce qui est, comme on dit, autrement plus excitant.

Alors qu'une bonne vieille tapette à araignées et c'était réglé.

Notez que là encore, on ne voit personne, nulle part, pas même un civil occupé à fuir, c'est vraiment calme, Londres.

Mais MJ grâce à ce rebondissement final, MJ n'aura pas à couvrir son compagnon en prétextant être polygame et sortir à la fois avec Peter Parker et Spider-man qui n'ont bien évidemment rien à voir.

Le post de la décennie

Cet humble blog fête ses dix ans.

Pour l’occasion, dénouons un peu la cravate, posons temporairement le cigare et laissons ce brandy s’aérer un peu, voulez-vous ? Car puisqu’on n’a pas tous les jours dix ans, revenons sur une décennie de mauvaise foi, glissons quelques remerciements (mais pas trop, ce site a une ligne éditoriale à respecter, que diable), et profitons-en pour faire quelques annonces.

Oui, c’est le genre post chiant où l’on va s’auto-congratuler, donc si vous voulez passer les discours, allez donc directement aux annonces et commentaires, parbleu.

Et pour les autres…

Dix ans de blog : spoilons, mes bons !

Vous souvenez-vous du temps où la bannière du blog ressemblait à ceci ?

Revenons dix ans en arrière. En ce mois de juin 2009, le président de la République Nicolas Sarkozy enchaîne discours sur discours, Michael Jackson passe l’arme et gauche, Steve Jobs présente l’iPhone 3GS, et personne n’a jamais entendu parler d’Instagram, c’est vous dire si cette période est un âge aussi sombre que lointain. Et c’est en ces temps reculés que quelque part en France, un jeune enseignant en histoire-géographie – il n’a même pas dix ans d’écart avec ses élèves, c’est dire ! – décide un soir d’ouvrir un blog.

Une idée guère originale, puisqu’à l’époque, des blogs, il y en avait une tripotée, et même votre voisine de palier en avait un pour raconter sa vie moyennement palpitante.

Mais notre larron est bien trop négatif pour raconter joyeusement son quotidien : il préfère se créer un petit espace où il pourra tartiner son fiel en paix, et dont la ligne éditoriale sera claire : le blog d’un Odieux Connard. Sans compter qu’autour de lui, on en avait un peu marre de l’entendre pourrir l’intrigue des films dont n’importe quelle tablée discutait jusqu’alors joyeusement. Sa classe de seconde, cette année-là, se souvient encore avec effroi, du jour où une élève s’exclama :

« Monsieur ! Vous devriez emmener votre copine voir Twilight, c’est trop bien ! » (Phrase authentique)

Ce jour-là, il n’y eut pas cours avec les secondes. En lieu et place, ils se firent spoiler la truffe jusqu’à ce qu’ils implorent pardon entre deux sanglots. Quant au corps de l’élève en question, la gendarmerie le cherche encore.

Il n’empêche que notre homme supposait que son blog resterait confidentiel. Pour tout dire, il pensait même qu’après s’être défoulé sur son clavier, au bout d’un mois, l’affaire serait terminée. Seulement voilà, arrive le premier spoiler, et avec lui… un certain nombre de visiteurs suffisamment pervers pour venir lire l’intrigue d’un mauvais film en ligne. Notre homme décide donc d’écrire d’autres articles, puisque des gens semblent les lire, quelle drôle d’idée.

Il ignore encore que dans dix ans, il y sera encore.

Peu à peu, les différents éléments constitutifs de l’Odieux Connard vont se mettre en place : la cravate rouge, le cigare, le brandy, ainsi que le veule personnage de Diego. Les stagiaires de la cave seront à leur tour évoquées, principalement pour apparaître sous forme de fugitives ou de petit mobilier en fonction des épisodes. Les spoilers quant à eux voient apparaître très tôt le concept de Jean-Jacques, ainsi que le récurrent caporal Roudoudou, spécialiste des moments où les héros parlent stratégie. Lors du spoiler du premier volume du Hobbit, on retrouve aussi à quoi ressemblaient les spoilers avant le blog, à savoir des récits autour d’une bonne table où il était question d’utiliser gobelets et ustensiles divers pour figurer les protagonistes. On notera que le style graphique préfigure ce qui, cinq ans plus tard, deviendra la charte du Petit Théâtre des Opérations.

Le blog fait son petit bout de chemin : en ce temps-là, l’auteur a du temps (vous ai-je dit qu’il était prof ?) et peut se permettre 2 à 3 articles par semaine. Et puis, va arriver le premier buzz comme on dit, avec la Page Facebook d’Adolf Hitler. Dont l’interface du célèbre réseau social d’alors donnera un bon coup de vieux à la plupart d’entre nous. Cet humble document va beaucoup tourner, mais surtout, il va ouvrir une tradition de détournement d’images. D’autres buzz (que ce terme est laid) suivront, dont un qui concernera l’un des péchés mignons de l’auteur : parler politique en détournant de vieilles gravures, comme ce fut le cas en janvier 2014. Entre temps bien sûr, d’autres traditions naissent : taper sur les sites de neune… je veux dire, les sites de conseils en séduction, ou bien proposer des versions plus honnêtes des pages Wikipédia.

Bref, le blog fait sa vie, et notre auteur aussi. Ce qui réduit le temps qu’il a à consacrer à l’écriture, puisqu’il a une carrière à côté. Alors qu’il y une solution toute simple, dont on lui parle régulièrement dans les coulisses de sa boîte mail : il est démarché chaque semaine par des publicitaires qui aimeraient bien savoir s’il ne voudrait pas mettre un peu de pub sur son site web. Ce serait gagnant-gagnant : il pourrait vivre de sa plume en ligne, et donc, écrire autant qu’il veut et être payé pour !

Sauf que notre homme n’a pas envie de dépendre financièrement de son site web. Pour une simple et bonne raison : cela voudrait dire être dépendant du nombre de visites, et donc éviter de fâcher les gens pour s’assurer qu’ils reviennent. Ce qui est embêtant quand on s’appelle un Odieux Connard et qu’on aime bien fâcher autrui. L’auteur étant un peu con, il fait donc l’inverse : WordPress mettant, de base, des publicités sur les sites qu’il héberge, c’est notre larron qui paie chaque année pour ne pas que ses lecteurs subissent la publicité. Non vraiment, il n’a visiblement pas compris comment ça fonctionnait, l’internet moderne et ses supplications « Coupez votre Adblock ! ».

Mais puisque l’on parle pognon, voici que des éditeurs l’approchent pour voir s’il n’y aurait pas moyen de faire un livre. Et là, l’auteur est déjà plus ouvert, et se met au boulot : six ans après l’ouverture du blog, en juin 2015, sort L’Odieux Connard – Qu’il est bon d’être mauvais, qui sera suivi l’année suivante de La Vie, c’est bien, le cynisme, c’est mieux. Et même d’un petit recueil Briller en soirée avec l’Odieux Connard dans le cadre d’une opération chez Points la même année.

Quatre ans plus tard, un seul de ces deux hommes a encore un avenir.

Nous sommes en 2016, et sous la pression du public, l’auteur décide d’embrayer en cédant à une requête populaire : faire le spoiler d’un livre. Ce qu’il se refusait de faire parce que c’est un peu long. Il ouvre donc la rubrique L’ire ensemble, et lance le spoil de Grey, une sorte de fanfiction moyennement érotique du Nécronomicon. Il faudra un an pour compléter cette rude mission, et on est toujours en attente du prochain livre qui passera sur le billard, que diable fait l’auteur ?

En attendant, le temps passe, et le monde des blogs est déjà sur le déclin. Les magazines ne font plus depuis longtemps des unes sur « Comment réussir son blog ? » comme c’était le cas en 2010, les grandes heures des blogs bédés sont terminées, et nombre de sites autrefois mis à jour de manière quotidienne ou hebdomadaire ne postent plus qu’un message tous les six mois. Le grand public s’est tourné vers Youtube et Instagram. Notre auteur n’en a que faire, puisque comme son site ne dépend pas de son audience grâce à l’absence de publicités, il écrit à son rythme de croisière depuis plusieurs années- toutes les deux semaines environ – sans pression.

Oui mais voilà, il est vrai que la vidéo, on lui en parle depuis un moment et que ça le tente quand même. Mais que faire ? Des spoilers ? Qu’est-ce que cela apporterait de plus en vidéo ? En plus, il aime bien écrire, tout de même. Non, il faudrait faire un truc en complément de ce qu’il y a déjà sur le blog. L’auteur profite fourbement de l’occasion pour caser quelque chose qu’il faisait ailleurs sous une autre identité : raconter, non pas des scénarios absurdes de films, mais des histoires vraies tout aussi improbables de l’histoire militaire. Ainsi naît le premier épisode du Petit Théâtre des Opérations. Qui rencontre un certain succès sur Facebook et Youtube, permettant, dès l’année suivante (soit 2018, suivez !), la sortie du livre Le Petit Théâtre des Opérations. Ce qui permettra à l’Odieux Connard d’apparaître très officiellement sur la page du Ministère des Armées, un bien beau succès, tant ça détonne un peu avec l’ambiance habituelle des pages ministérielles.

Et nous voici en 2019. Ce blog comporte désormais 466 articles. Ce qui, mis bout à bout, et vu la longueur moyenne des articles, représente mine de rien un sacré paquet de texte. Mais surtout, encore plus de visiteurs patients. Ce qui fait une excellente transition pour les remercier, et comme l’Odieux Connard n’est guère un nom pour dire merci, retirons le masque un instant pour laisser le pas très mystérieux Julien Hervieux le faire.

Remerciements

Parce que s’il y a dix ans, on m’avait dit que ce blog serait encore là dix ans après, que l’on trouverait en ma demeure des cadeaux à l’effigie ou estampillés Odieux Connard dans mon mobilier, et que je me retrouverais à vivre de ma plume, je pense que j’aurais été pour le moins dubitatif. Mais nous y voilà,

Alors faisons simple. Même si cela sonnera arrogant, car remercier des gens pour des réussites provoque souvent mention desdites réussites ! Mais, allons, et puis, cela va avec le titre du blog !

Merci à vous, lecteurs et lectrices. Parce que mine de rien, c’est quand même grâce à vous, tout ça. Pas seulement parce que vous êtes venus ici faire vos emplettes de cynisme et de mauvaise foi, mais aussi parce que c’est vous qui avez contribué à faire connaître ce blog. Ce qui, sachez-le, a eu plus de conséquences que vous ne pourriez le penser. Alors oui, parfois, ce blog a simplement détruit à jamais la vision qu’untel avait d’un film, et unetelle ne peut plus aller au cinéma sans voir tous les défauts du script. Mais parfois, cela a aussi donné des histoires assez amusantes, voire touchantes (pour les gens ayant un cœur, du moins), y compris des moments où un spoiler s’est retrouvé à tourner parmi des membres de l’équipage de tournage, ou bien lorsque des posts politiques ont été repris… dans des milieux politiques, voire que le blog est tombé sous les yeux de quelqu’un qui avait grand besoin de cynisme à ce moment de sa vie. Je ne raconterai rien ici : les personnes concernées, si elles lisent ce post, pourront toujours le faire en commentaires, je ne ferai rien sans leur autorisation. Mais il y a au moins deux exemples que je peux vous donner, et qui sont vraiment le fruit de votre travail de partage : vous avez été nombreux à partager des vidéos du Petit Théâtre des Opérations. Eh bien, cela permis de raviver la mémoire d’un certain Albert Roche, avec des articles et des gens qui se sont mis à en reparler à la clé : ce n’est quand même pas rien de participer à faire revivre une certaine mémoire, donc merci à vous. Et sachez que les vidéos ont été mises à la disposition – gratuitement, s’entend – de musées, collectivités le demandant. Quant à Albert Jacka, soldat australien venu se battre en France durant la Grande Guerre, c’est l’un de ses descendants qui a écrit après visionnage de la vidéo, tout fier qu’en France, on honore le souvenir de son ancêtre. Il a montré la vidéo à sa famille. Voilà pour deux exemples parmi un sacré paquet. Et ça, c’est grâce à vous. Donc, merci, et vous pouvez être fiers de vous rien que pour ça.

Merci à toutes celles et ceux qui ont pris le temps de me rencontrer Que ce soit dans une librairie, en dédicace, dans un bar ou autre… quand vous passez des années derrière un écran à écrire des âneries et que vient le moment de rencontrer les gens qui vous lisent, c’est un peu l’heure de vérité. Je crois pouvoir dire que ça s’est plutôt bien passé et que vous n’avez pas rencontré un personnage timide et peu affable, et j’ai généralement passé de très bons moment, que ce soit à signer des livres, boire en bonne compagnie ou même fumer le cigare avec ceux qui m’ont invité à le faire. Désolé de ne pas toujours avoir eu plus de temps pour chacun : quand il y a du monde ou que l’agenda me presse, c’est un souci, mais sachez que j’essaie toujours de faire de mon mieux.

Merci pour les cadeaux et les invitations. Non parce que souvent, quand on offre un cadeau à un auteur et qu’on ne le revoit pas après, on doit se poser la question : est-ce que ça vraiment plu ? La réponse est oui. J’ai des cadeaux de lecteurs encadrés dans mon bureau, et un coffre réservé qui me permet d’épater mes invités en leur révélant les cadeaux les plus audacieux que l’on m’ait fait façon trésor de Toutankhamon. Et il y a eu de tout : à manger, à boire et à fumer (du tabac, Messieurs de la maréchaussée), mais aussi des sculptures, des dessins, des tableaux, des trousses de secours pour mauvais films, des objets de collection et des… culottes. Oui, mes lectrices sont audacieuses. Ce qui a donné de grands moments, sachez-le. Quant aux invitations, elles furent nombreuses et joviales, que ce soit simplement aller prendre un bon repas ou profiter d’une visite privée d’un lieu historique voire tirer en stand avec des armes anciennes, il y a eu de tout, et tout fut apprécié.

Merci pour les récits et les hommages. C’est toujours une grande fierté de savoir que quelqu’un s’est fait griller à glander au boulot parce qu’il pouffait sur la mauvaise page web, ou de savoir que mon site est un livre audio qui s’ignore, avec des gens m’expliquant qu’ils lisent à voix haute certains articles à d’autres. Mention spéciale aux braves gens qui m’ont raconté avoir dû arrêter une voiture sur l’autoroute suite à la lecture trop intensive de Grey. Quant à ceux qui montèrent une équipée nommée Danger Rabouin lors d’un tournoi de jeux vidéo, je n’oublie pas. Et ne parlons pas des gens venus en cosplay Odieux Connard ou Diego, avec cravates et pelles, qu’importe la chaleur. Quel dévouement.

Un exemple de fabuleux hommage du non moins fabuleux Poulop.

Merci pour les mails de demandes d’épousailles avec CV. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, l’une des dernières questions de la rubrique FAQ ou le bouton Contact devraient vous en dire plus. Je ne détaille pas cette partie, coquinous.

Merci pour les livres achetés. Mais ça, c’est parce que j’aime vraiment l’argent. Mais vous aussi, ne faites pas semblant !

Merci aux gens qui bossent dur avec moi. Parce que oui, même si je suis tout seul derrière ce blog, il y a des gens qui se retrouvent à travailler dans l’ombre de manière indirecte. Je pense à Alex et Blanche, qui m’envoient leurs liste des corrections après lecture des derniers articles et ce sans soupirer trop fort. Je pense à Arnaud, que certains ont déjà pu apercevoir incarner Diego lors de certaines dédicaces (et oui, c’est bien de l’alcool qu’il me sert, pas du jus de pomme, âmes innocentes). Je pense à Fatia, qui a le dur métier de dire « Bonjour, je représente l’Odieux Connard » dans des réunions de gens très sérieux. Je pense à Laetitia, qui m’a accompagné sur plus d’un film « pour le bien du blog », et avec qui j’ai échangé bien des regards consternés dans l’obscurité. Et je pense à toutes les équipes chez mes éditeurs qui ont eu et ont encore à me supporter, ce qui n’est pas une mince affaire.

Merci pour les situations absurdes. Merci aux hôteliers en festival qui me disent « Non, je n’ai pas de chambre au nom de Hervieux – Okay, essayez à Connard, pour voir ? – Ah oui, j’ai ! » ce qui est toujours apprécié par les badauds. Merci à cette étudiante qui à la fin d’une conférence où je n’avais jamais dit que j’avais un blog, est venue me voir pour me dire « C’est vous l’Odieux Connard ? Je vous ai reconnu parce que vous utilisez beaucoup les mots « moult » et « rabouin.« . Merci au client qui en pleine réunion m’a dit « Vous n’avez pas aimé Prométhéus ? Attendez, j’ai un site à vous montrer…« . Merci à ces élèves qui, grillés en plein cours à ricaner en surfant en douce sur internet m’ont sorti « Non mais je suis sur votre blog » ; c’était sûrement du bluff, mais c’était drôlement fourbe, alors je valide. Et merci à toi, formidable Abbé venu au salon du livre d’une ville bretonne en grande tenue acheter tout plein d’Odieux Connard : les libraires n’en sont pas encore tout à fait remis. Et là aussi, j’en passe.

Merci aux gens qui me détestent. Parce que quand mon ego se sent trop grand, je vais voir la taille de mes ennemis, et je me rappelle que je suis tout petit. Merci à vous qui voyez en l’Odieux Connard une sorte d’incarnation de Satan, ce qui donne une certaine patine au pseudonyme. Merci aux deux sites webs radicaux qui ont interdit jusqu’à la mention de l’Odieux Connard, faisant de moi une sorte de Voldemort local. Merci à ceux qui ont menacé, insulté, écrit de longs pavés pour me faire de la publicité à peu de frais. Et merci à ceux qui ont voulu jouer aux plus malins et qui ont découvert que mon pseudonyme venait bien de quelque part.

Merci aux gens en désaccord constructif. Car contrairement aux personnes du point précédent, j’ai pu assister à de vrais débats, avec de vrais arguments, de la part de personne qui tentent vraiment de faire progresser leurs idées. Si je n’ai pas toujours été d’accord, j’ai toujours appris quelque chose, et pu faire évoluer mon opinion.

Et merci à tous les autres, parce que c’est quand même dur de tout lister.

Bien, cet intermède de Julien Hervieux qui dit des trucs sympas une fois en dix ans, ça me paraît déjà trop : il est temps de remettre la cravate, de redevenir un rascal grimaçant devant tant de propos sirupeux et de repasser aux choses sérieuses. Puisque l’aventure continue, et qu’il y a du neuf qui s’annonce. C’est donc le moment de parler, et là, quelle transition, des…

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Car du côté du blog, l’aventure continue, toujours sans pub, et il n’est même pas impossible que de nouveaux ouvrages soient en préparation, mais, ah ! Nous aurons probablement l’occasion d’en reparler.

Du côté de la chaîne Le Petit Théâtre des Opérations… là par contre, il se passe des choses.

D’abord, vous êtes un certain nombre à venir me voir chaque année aux Geek Faëries, à l’occasion de mes conférences historiques. Nombre croissant au point que depuis deux ans, on refuse même des gens tant il n’y a plus de place. Et vous êtes plus nombreux encore à venir voir la vidéo desdites conférences sur Youtube. Aussi, travail en cours il y a sur le fait de faire un spectacle sur le principe : environ 1h30 d’anecdotes historiques racontées saveur Petit Théâtre. Et si je travaille bien, on devrait se débrouiller pour faire tourner les anecdotes histoire que chaque séance soit un poil différente (comme ça, les gens qui reviennent s’ennuient moins, ah !). On se tient au courant.

Ensuite, l’idée a été abordée plusieurs fois, mais nous y voilà : il s’agit de l’ouverture probable d’un Tipeee pour les vidéos de la chaîne Le Petit Théâtre des Opérations.

Alors pourquoi pour la chaîne et pas pour le blog ? Parce que comme déjà dit ici (et ailleurs), l’idée est que le blog reste un espace où l’on puisse froisser autrui en paix sans dépendre de personne. Quant à la chaîne, il ne s’agirait que de potentiellement pouvoir y passer plus de temps pour des vidéos plus régulières, plus nombreuses, voire sous d’autres formats. Mais alors, pourquoi ne pas l’ouvrir immédiatement, ce Tipeee ? Tout simplement parce que le maître des lieux attend de voir comment cela pourrait être fait pour convenir à tout le monde et être pertinent : quelles contreparties mettre ? Des idées en vrac pour l’instant sont de proposer des sondages pour les prochaines vidéos, de proposer une visite sur un lieu historique une fois l’an pour les volontaires… bref. On va déjà attendre de lire vos commentaires, idées et envies pour voir ce qu’il est pertinent de faire, braves gens. Ou même s’il est pertinent de le faire.

Voilà ! À vos claviers, donc.

Une capture d’écran de la toute première vidéo en test privé du Petit Théâtre des Opérations, avant que ne soit adopté le style noir & blanc muet.

Et enfin…

Pour suivre ce blog une année de plus parce que vous avez du bon goût : la page Facebook est ICI, le compte Twitter, ,  la FAQ qui vous fera gagner du temps, est PAR ICI, quant à vos communications diverses, demandes particulières et envois de CV parce que vous rêvez secrètement d’être ma prochaine stagiaire, c’est toujours PAR LÀ. Et au cas où, la chaîne Youtube est là : Le Petit théâtre des opérations.

Vous êtes un certain nombre à m’avoir déjà offert des présents pour cette dixième année : merci à vous (ce calva est excellent, soit dit en passant). Pour ceux qui ne sauraient pas comment faire des offrandes (numériques ou non) à mon arrogante personne, vous pouvez passer par la rubrique Contact (sur votre gauche) et ainsi envoyer votre tribut à un blogueur pourri-gâté juste parce que vous aimez bien pourrir un peu plus l’un des êtres les plus corrompus de ce bas monde.

J’aurais dû faire une liste de présents pour ces dix ans.

Et comme le veut la tradition, je descendrai dans l’arène des commentaires de cet article pour tenter de répondre à tout le monde ; laissez-moi un peu de temps, que diable, mais ma foi, c’est parti. Et il en va de même avec les emails, mais ça, c’est valable toute l’année : je réponds à tout le monde, pourvu que l’on m’en laisse le temps.

Voilà. C’est officiel : ce blog a traversé une décennie.

En route pour sa onzième année.

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Un odieux connard

Comme quoi, une image détournée en deux minutes allait définir toute une partie du personnage.

Et un seul des deux a réussi à tenir deux quinquennats à son poste.

C'est quand même un peu la classe, avouons-le.

Les plus assidus reconnaîtront au premier coup d’œil de quoi elle parlait.

Je mets surtout cette photo parce que s'il n'y a pas de photo de cadeau ou de gâteau pour un anniversaire, ça va sembler suspect.

X-Men – Dark Poulet

« Bon, les petits gars, il est temps de sortir un nouveau X-Men. »

Dans la salle de réunion, les participants hochent la tête pour approuver le propos de leur patron.

« La mode étant aux films de super-héros, on est pas mal. Et je vous rappelle qu’on a une licence Marvel, ce qui est facilement apprécié du public.
– Alors oui patron, mais on fait quoi ? Non parce que dans le précédent X-Men : Apocalypse, comme son nom l’indique, les mutants sauvaient déjà le monde de ladite apocalypse. Ça va être dur d’aller plus loin. »

Les yeux tournés vers les fenêtres au bas desquelles défilent des accessoires pour un autre tournage, le producteur prend un instant avant de répondre.

« Des extra-terrestres.
– Hein ?
– On va mettre des extra-terrestres.
– C’est… risqué, patron. Je veux dire, c’est un peu kitsch de les larguer là, comme ça, sans plus d’explications.
– Non mais ne vous inquiétez pas. Parce qu’en même temps, on va rebooter un épisode.
– Hein ?
– Vous vous souvenez de X-Men : L’affrontement final ?
– Celui qui s’était fait défoncer par la critique, là ? Avec l’histoire tournée autour de Jean Grey, le personnage dont tout le monde se fout ?
– Celui-là même. Eh ben on reprend les extra-terrestres ET Jean Grey.
– Je… patron c’est… c’est vraiment risqué là.
– Non mais on pourrait raconter comment elle est devenue le Dark Phoenix.
– C’est-à-dire qu’on l’a déjà montré à la fin du précédent film. 
– On n’a qu’à dire que ça n’existe pas.
– Donc je résume : on oublie le précédent film, on repompe le moins apprécié du public, et on rajoute des extraterrestres. Autre chose ?
– Hmmmm… on pourrait… oh ! On pourrait avancer dans le temps et oublier de faire vieillir les acteurs pour montrer qu’on s’en fout ? »

Pendant que l’ensemble des scénaristes autour de la table procède à une immolation rituelle en hurlant le nom de Shub-Niggurath tant la simple évocation de ce script a fait basculer la santé mentale de tous ceux l’ayant entendu, le producteur, lui, est satisfait. Ignorant les petits bouts de collaborateurs calcinés qui volettent autour de lui, il signe l’accord pour lancer la réalisation de X-Men : Dark Phoenix.

Alors, ce nom qualifie-t-il un script écrit à partir de poulet braisé ou un précédent film qui renaît de ses cendres pour connaître la gloire ? Un vague indice se cache dans le titre de ce spoiler.

Mais en attendant : spoilons, mes bons !


L’affiche : des flammes ! Des flammes partout ! Ce film m’appelle !

Tout commence en 1975.

Cette année-là, Marcel Gotlib fonde Fluide Glacial, Jeanne Calment fête ses cent ans, quant à Jean Grey, qui porte le prénom d’un pantalon et le nom d’un monsieur qui fait des choses dedans, elle se contente de célébrer ses 8 ans. Et au moment où nous la retrouvons, elle est à l’arrière de la voiture familiale avec un gros souci : elle n’aime pas la musique que papa et maman écoutent.

« Mais maman, j’en ai assez qu’on écoute du Michel Sardou !
– Allez, encore une chanson.
– Mais ça fait dix heures maintenant !
– Jean, nous sommes en 1975, tu crois qu’on a 50go de MP3 en stock ? Allez, tous ensemble : On pense encore à toi oh bwanaaaa…
– MAIS JE VEUX ÉCOUTER DU JOE DASSIN ! »

Et soudainement, voilà que le bouton de la radio tourne seul, et que jaillit de la radio L’Été Indien. Maman Grey est bouleversée. Elle se tourne vers son mari.

« Mamour c’est toi qui as changé la radio ?
-Mais non ! Moi aussi j’adore Michel Sardou. Je remets… c’est bizarre, notre fille n’a pas pu changer la radio du siège arrière, tout de même. »

Mais voilà que Jean nous refait un caca nerveux.

« GNEVEU JODASSIN!
– Ça suffit maintenant Jean ! Tu te calmes ! 
– JODASSIN ! JODASSIN ! JODASSIN ! »

Et la radio de changer à nouveau. Ses parents réalisent alors avec effroi que Jean contrôle à distance l’appareil : c’est une mutante, certes, mais surtout, c’est un trou de balle, et c’est bien cela le plus effrayant. Dans la voiture, ses parents se mettent à marmonner le nom de Françoise Dolto. Puis le ton monte tout autour du choix de la station radio, les menaces de claques dans la gueule volent de plus en plus bas, et finalement… l’enfant relou se met à hurler « Sileeeeence ! »

En conséquence de quoi, et sous l’effet de pouvoirs mal maîtrisés, maman Grey s’endort au volant. Et bardaf, c’est l’embardée.

La voiture part faire des tonneaux, elle est comme ça, et dans l’affaire, tout le monde meurt, sauf Jean, dont les pouvoirs la protègent inconsciemment. Elle est alors emmenée à l’hôpital local, où un étrange monsieur en fauteuil roulant vient lui rendre visite.

« Bonjour ma petite, je suis le professeur Charles Xavier. Tes parents sont partis.
– Loin ?
– Pour parler proximité, disons qu’ils sont désormais plus proches du hachis parmentier que de toi.
– C’est embêtant. »

Pardon ? Ah non, les enfants à qui on apprend la mort des parents ne pleurent pas. Ce sont des préjugés que vous avez là. L’enfant est connu pour sa sagesse proverbiale, son calme légendaire, et sa capacité à ne jamais pleurer. Qui ne s’est jamais exclamé en grimpant dans un train un jour de vacances « Des enfants partout, voilà un trajet qui s’annonce calme » ?  Vous n’y connaissez rien.

Ou bien depuis 30 ans maintenant, Hollywood continue à ne toujours pas savoir écrire un personnage d’enfant autrement que sous la forme d’un adulte miniature qui a toujours raison. Mais revenons à Charles Xavier et Jean Grey.

« Bref, tout ça pour te dire ma petite Jean qu’à partir de maintenant, tu vas venir vivre avec moi.
– Vous venez souvent chercher des fillettes dont les parents viennent de mourir pour les emmener chez vous ?
– J’ai grandi à Charleroi.
– Ah ben tout s’explique. »

Et Charles Xavier de ramener en son immense demeure la jeune fille pour l’intégrer à son harem pédophile école secrète de mutants. Comme toujours, l’arrivée à l’école donne l’occasion de sortir toute une ribambelle de phrases tellement subtiles que l’on ne voit pas du tout venir qu’on les ressortira plus tard, comme :

« Jean, je réparerai tout ce que tu casseras. » (comme les roudoudous du public, par exemple)

« Toi je n’ai pas à te réparer : tu n’es pas cassée. »

« Bordel Jean, si tu réclames encore une fois du Joe Dassin, là par contre tu auras besoin de sacrées réparations. »

Vous avez tout suivi ? Bien. Alors dans ce cas, bondissons dans le futur, car nous fonçons droit vers l’année magique 1992, malgré des acteurs qui eux, ne prennent pas une ride. Tout au plus Charles Xavier est-il devenu tout chauve (suite au précédent film), mais sinon, il n’y a même pas un effort de maquillage. Allez, tout de même : Jean Grey prend quelques années, tant la faire jouer par une fillette de 8 ans, ça allait se voir.

Bref : cette année-là, voici que les Etats-Unis sont fort occupés à envoyer une navette spatiale vers le vide qui entoure notre planète. Tout se passe bien dans un premier temps jusqu’à ce que sur le radar on ne détecte des trucs bizarres : on dirait une éruption solaire inopinée. Vilain soleil ! Ce lumineux margoulin vient ainsi d’après les scientifiques de dérégler les instruments du bord des astronautes, ce qui est embêtant puisque la navette se met à dangereusement dériver, avant que ses moteurs ne commencent à faire des bruits comme « pout-pout-pout ».

Ma science de l’imitation des moteurs est proverbiale.

À bord de la navette, c’est la panique : dans l’espace, à la dérive, et avec un moteur qui fait pout-pout-pout, qui va donc pouvoir sauver nos astronautes ?

« Je vais appeler les X-Men grâce à mon téléphone avec un gros X dessus. » déclare le Président des Etats-Unis depuis son bureau.

Puisque oui, le Président a désormais une version du téléphone rouge lui permettant de joindre les mutants à tout moment, probablement nommé le « téléphone X ». En attendant, l’homme appelle, et c’est le professeur Xavier qui décroche.

« Oui Président ?
– Alors ma petite… qu’est-ce que tu portes sous ta jupe… raaah…. raaah…
– Monsieur le Président, attendez…
– Tu aimes les cigares ? Hmm, j’ai tellement envie de…
– Monsieur le Président, vous vous êtes encore trompé de téléphone X.
– Ah oui pardon. Hem. Non mais en fait, ça tombe bien que je vous aie mon p’tit Charles parce que figurez-vous qu’on vient d’envoyer une navette dans l’espace et que paf, ben une éruption solaire a tout foutu en l’air.
– J’ai vu ça à la télévision. Voulez-vous qu’on intervienne Président ?
– Oui, vous seriez bien urbains. »

Et les mutants de rassembler une équipe de choc pour foncer à bord du X-Jet en direction de l’espace.

« On est obligés de mettre un X dans tout ce que l’on a ? Non parce que le jour où l’on fait un film…
– Silence, le Fauve ! Pour l’instant, tu pars pour l’espace à bord de l’appareil puisque tu as aidé à le concevoir. Tu pourras le piloter et grâce à tes connaissances scientifiques, tu seras utile là-haut !
– Bon ben ok.
– Vif-Argent ! Toi et ta super vitesse, tu pourras accélérer le sauvetage !
– D’accord.
– Cyclope ! Avec ton neuneuil laser, tu pourras détruire d’éventuels débris sur la route de l’appareil !
– Soit.
– Diablo ! Tu pourras te téléporter dans la navette pour y emmener le personnel utile ou l’en ramener !
– Okay.
– Tornade ! Tu peux interagir avec l’environnement ! Cela sera pratique au vu des conditions extrêmes de l’espace !
– À vos ordre professeur.
– Quant à toi Raven tu…. tu…
– Oui ?
– Ben ton pouvoir ne sert un peu à rien en fait, là. J’imagine que tu pourras faire des imitations rigolotes durant le voyage ?
– Super, merci. »

Raven, qui n’utilisera pas ses pouvoirs du film tant elle va être inutile tout du long.

Et la fine équipe de grimper dans le X-Jet pour foncer dans l’espace inconnu, où ils découvrent la navette spatiale américaine tournoyant, hors de contrôle, face à une espèce de masse informe qui flotte face à eux, et qui n’a rien d’une éruption solaire.

« Qu’est-ce que c’est, le Fauve ?
– Hmmm… je n’ai jamais rien vu de tel… on dirait une sorte de…
– De ?
– De gelée de groseille, mais vaguement consciente et plutôt colérique. »

Ce qui est aussi la description d’un certain nombre d’adolescents, notez. Et pour que l’analogie soit plus crédible encore, on apprend que la gelée de groseille est, selon les instruments, particulièrement chaude comme la braise. Il convient donc de sauver les astronautes américains avant que la chose spatiale ne tente de s’accoupler avec eux, ou ne commence à prendre des snapchats de kikoutes.

Raven, qui ne sert donc à rien, reste aux commandes et donne des ordres pour montrer qu’elle est utile.

« Cyclope ! La navette tournoie à cause d’un réacteur endommagé ! Détruis-le grâce à ton neuneuil à rayon magique !
– C’est pas un peu dangereux de tirer sur un truc bourré de carburant ? On ne pourrait pas demander à Jean et ses pouvoirs télékinétiques de stopper le bousin ?
– Si, mais ce serait intelligent ! Alors ne le faisons pas !
– Okay. »

Et donc, les X-Neuneus de manquer de tuer tout le monde en tirant sur le propulseur. Ce qui arrête la navette, merci. Je ne savais pas que ça fonctionnait comme ça. D’autres instructions, Raven ?

« Tornade ! Rafistole les trous que tu vois dans la navette en mettant de la glace dessus !
– Tu réalises que ça ne va pas vraiment fonctionner et que les trous que je ne vois pas, sachant qu’on est à 200 mètres, ils resteront grands ouverts ?
– Oui mais on s’en fout ! Diablo ! Téléporte-toi avec Vif-Argent à bord de la navette et téléportez l’équipage ici !

– Ah ? C’est presque intelligent !
– Mais surtout, n’enfilez aucune combinaison de protection, c’est pas comme si on intervenait dans une navette trouée de partout !
– Okay j’ai rien dit. »

Et nos deux amis d’obéir. Ils se téléportent dans la navette avec pour seule combinaison leur combi moulante, et hop, Vif-Argent réunit tous les membres d’équipage à folle allure, les emmène jusqu’à Diablo, et tout ce petit monde se téléporte en sécurité dans le X-Jet. Mais l’un des astronautes américains s’exclame soudain :

« Attendez ! On ne peut pas partir, on a oublié le commandant à bord !
– Vous rigolez ? Vous avez perdu le commandant ? C’est gros un commandant, ça ne s’oublie pas comme ça !

– Où était-il ?
– Il travaillait sur le propulseur ! »

S’ensuit une série de quintes de toux et de pets liquides, tant une bande de couillons a tiré sur le propulseur il n’y a pas cinq minutes. Le commandant est donc probablement transformé en merguez. Heureusement, le film a oublié ce détail qui n’était qu’une scène spectaculaire deux minutes avant et Raven décide que c’est le moment pour elle aussi d’éviter soigneusement de se rappeler de plein de trucs.

« Non ! On ne peut pas aller le chercher, cette chose à la groseille dans l’espace va détruire la navette dans quelques instants ! C’est trop risqué !
– C’est-à-dire qu’on a Diablo et Vif-Argent, que l’on vient justement à peine d’utiliser, donc en moins d’une seconde, on peut y aller et sauver le monsieur.
– AHLALA ON VA DEVOIR SACRIFIER CE PAUVRE COMMANDANT, C’EST TROP DANGEREUX, TOUT ÇA !
– Mais… mais non ? »

Et Raven de perdre un temps précieux à continuer à raconter n’importe quoi et à se lamenter que « Houloulou, c’est trop bête quand même, il faut rentrer sans lui« , avant que finalement, Xavier n’intervienne depuis le sol par le pouvoir de la pensée pour dire que bon, ça suffit les conneries, allez me sauver ce commandant. Et vous avez 30 secondes avant que la navette ne soit détruite par la groseille spatiale.

Puisque le festival de décisions stupides se poursuit, Vif-Argent est invité à ne pas y retourner (comprendre : le mec qui a le pouvoir le plus utile quand le temps est limité reste à bord à siroter une margarita), et à être remplacé par Jean Grey au motif qu’elle peut « renforcer la structure de la navette avec ses pouvoirs » mais une fois à l’intérieur. Diablo enfile cette fois (pourquoi ? Mystère) une protection pour y retourner (comprendre : un casque et du scotch, on dirait un peu le même principe que l’aquarium retourné sur la tête dans les aventures de Picsou), alors que Jean, rien du tout parce que… parce que. Non, ne me demandez pas, je ne cherche pas. Je suis occupé à retenir mes sourcils qui tentent eux aussi de gagner la stratosphère.

La fine équipe se rend donc dans la navette, et Diablo file sauver le commandant pour le téléporter en sécurité à bord du X-Jet. Sauf que la groseille, elle, est en train de foncer sur Jean, toujours à bord de la navette endommagée !

Ah, si seulement on avait demandé à Vif-Argent. C’est ballot.

La gelée de groseille sauvage dévore donc la navette et Jean avec, et tous les petits amis de notre héroïne sont bouleversés en voyant le tout exploser sans pouvoir rien faire. Mais sitôt que la lumière s’atténue… ils découvrent que si la navette est détruite, Jean, elle, flotte au milieu de l’espace, en pleine forme, alors que la gelée de groseille rentre en elle pendant qu’elle est inconsciente. Ce qu’elle n’avait pas demandé : la groseille est visiblement peu au fait du consentement, elle pourrait lire MadMoizelle.

Diablo y retourne tout de même une fois l’étrange phénomène terminé, ramène son amie dans la navette, tout le monde rentre sur Terre, et les Etats-Unis accueillent en héros les passagers du X-Jet, mutants comme astronautes.

Une fois de retour au manoir des mutants, le Fauve va quand même ausculter Jean Grey, tant se manger autant de groseille au milieu du vide spatial le tout lors de l’explosion d’une navette, c’est étonnant que ça n’ait pas laissé plus de séquelles, mais non seulement il découvre que Jean pète la forme, mais en plus, ses pouvoirs ont décuplé, voire beaucouplé tant même lui n’arrive plus à calculer ce qu’il en est.

Mais ce qui est bien c’est qu’il se contente de hausser les épaules en disant « Nan ben tu vas bien, va faire la fête avec tes copains. »

Jean a visiblement surtout pris trois bonnets dans l’affaire.

D’accord. Et sinon le Fauve, as-tu déjà vu Alien ? Non parce que ton affaire, c’est un coup à ce qu’au milieu de la soirée, il y ait une bestiole qui sorte du bide de Jean pour aller manger des étudiants, des chats, et pire encore : finisse par permettre à Ridley Scott de faire Prometheus, et ça, c’est vraiment moche. Mais le Fauve tenant son nom du fait qu’il est con comme les paroles des chansons du groupe du même nom, il ne voit pas le problème.

Raven, elle, se rend dans le bureau du professeur Xavier, mécontente.

« Charles, ça ne va plus du tout.
– Ah ?
– Oui, le Président nous a félicités, mais nous sommes passés à deux doigts qu’il ne nous présente ses condoléances.
– Alors oui mais en même temps qui est la grosse buse qui a envoyé Jean dans la navette plutôt que Vif-Argent qui pouvait tout plier en toute sécurité ?
– APAPAP C’EST PAS LE SUJET ! 
– Ben un peu quand même.
– Non, mais c’est parce que là, c’est la scène où je t’enguirlande pour bien pour montrer qu’il y a des tensions dans l’équipe. Et donc, je me plains qu’on mette les mutants en danger pour sauver des vies humaines. Ce n’est pas normal.
– Ou alors c’est parce qu’on peut sauver des vies humaines qu’on fait ça ?
– NAAAAAN ! Tu es censé répondre à côté et moi t’accuser de ne faire ça que pour la gloire et les médailles !
– C’est quand même très con. Je suis supposé être un personnage très intelligent. Pourquoi irais-je dire des conneries pareilles ? C’est comme si je dirigeais une équipe de mecs immunisés au feu et qu’on m’accusait de les proposer pour sauver les gens en cas d’incendie.
– MAIIIIIIIS ! »

Bref, lors d’un dialogue sans queue ni tête, Raven accuse donc bel et bien Charles Xavier d’envoyer ses X-Men sauver des gens… pour se faire bien voir. Et que lui, il ne prend jamais aucun risque. Hmmm… peut-être parce qu’il est en fauteuil roulant ? As-tu remarqué comme on voyait peu de pompiers en fauteuil sortir les gens des flammes ? Mais non : Raven est décidément moyennement rusée, voire complètement à la ramasse. Et avant de claquer la porte, sort son ultime réplique :

« Tu sais Charles, je ne sais pas si tu as remarqué, mais ce sont toujours les femmes qui sauvent les hommes chez nous.
– Comme Diablo et les astronautes ?
– Nan.
– Comme Vif-Argent et les astronautes ?
– Nan.
– Comme Diablo allant chercher Jean Grey dans l’espace ?
– Nan.
– Comme…
– TAGGLE ! C’EST TOUJOURS LES FEMMES QUI SAUVENT LES HOMMES, P’T’ÊTRE QU’ON DEVRAIT S’APPELER LES X-WOMEN ! »

Ouf : un instant, j’ai cru que j’allais regarder un film sans son petit moment féministe amené de manière pas bien subtile pour être à la mode. J’ai eu peur, me voilà rassuré.

Mais qu’importe, car tout le monde retourne vaquer à ses activités. Le professeur Xavier va à une soirée à la Maison Blanche pour y recevoir les louanges du Président et lui redire d’arrêter de jouer avec le téléphone X lors des soirs où il se sent seul, Raven et le Fauve, qui se font des bisous, discutent du fait de quitter les X-Men et de vivre leur vie au lieu d’en sauver au nom de Xavier, par exemple en reprenant des études de sociologie à Rennes 2, quant à Jean Grey, elle va à une soirée étudiante de l’école au fond des bois, où les mutants font les kékés. Cyclope, qui est accessoirement le petit copain de Jean, s’inquiète un peu car sa douce amie enchaîne les Monaco à une vitesse inquiétante et à ce rythme, encore 270 et elle sera bourrée. Elle prétend être en pleine forme, mais tout de même, cela ne lui ressemble pas. Par ailleurs puisque tout le monde la croyait morte et qu’elle est revenue malgré l’explosion de la navette spatiale, les autres élèves commencent à la surnommer « Phénix ».

C’est amené de manière fort subtile, dites-voir.

Mais alors que tout allait bien, voilà que Jean commence à montrer les premiers signes que quelque chose se passe mal.

« Holala… je sais pas si c’est les Monaco, mais j’ai super mal au bide.
– Heu… Jean ? On dirait que tu as des flammèches qui essaient de sortir de sous ta peau !
– Mal au bide, tu comprends ? Ça doit être les burgers ! »

Et la température de Jean de monter en flèche. Elle a du mal à se concentrer, a vraiment mal au bide, et soudain, décharge une fameuse déflagration (le burger était vraiment mauvais semble-t-il), qui couche les arbres autour d’elle, les gens, aussi, et fait souffler une brise nauséabonde jusqu’au manoir voisin. Après avoir purifié la zone au febreeze avec l’aide de Tornade, Jean est ramenée au manoir, inconsciente. Et le professeur Xavier, accompagné de Raven et du Fauve se rend au cerebro, la machine qui amplifie ses pouvoirs, pour farfouiller dans l’esprit de Jean à la recherche de ce qui cloche. Il y trouve une sombre histoire de burgers, mais surtout, que les barrières mentales qu’il avait érigées des années plus tôt sont en train de s’effondrer.

« Aaaaattends Charles, de quelles barrières mentales parle-t-on ?
– Du calme Raven. C’est juste que quand je l’ai récupérée quand elle avait huit ans, j’ai bloqué des choses dans sa tête. Pour l’aider, tout ça.
– Tu ne serais pas un petit peu un gros enfoiré de manipulateur ?
– Moi ? Noooon, c’était pour son bien. Disons qu’en fait, si sa mère est morte dans l’accident, ce n’est pas le cas de son père. Il a eu si peur d’elle qu’il n’en voulait plus, d’où le fait que je l’ai récupérée. Et moi, je lui ai mis dans la tête que son père était bien mort.
– C’était pas plus simple de lui dire que son père la mettait en pension complète à l’école ?
– LES BARRIÈRES MENTALES ET LA MANIPULATION C’EST PLUS MON STYLE. »

Quelqu’un a confondu le professeur Xavier avec un flagelleur mental au moment d’écrire le script. C’est pourtant facile : l’un est très intelligent, l’autre n’a pas de tentacules. Soyez attentifs, flûte.

Car en parlant de trucs à tentacules, au même moment à des kilomètres de là, tombent du ciel des orbes lumineuses qui vont se poser dans la campagne autour d’une jolie maison bourgeoise. Ce qui fait aboyer très fort le chien local, aussi la maîtresse de maison abandonne-t-elle ses invités pour aller voir si ce con de labrador est encore en train d’aboyer sur un écureuil, une voiture, un vélo, un fer à repasser, ou du rien, comme aiment à le faire les chiens. Mais non… des êtres humanoïdes et vaguement végétaux sont en train de sortir des bois : des aliens ! Et l’un d’entre eux tue la Madame d’un simple geste (retenez bien ça : ils pointent du doigt quelqu’un et ça lui fait un trou dans le torse, ce qui est pratique) avant de prendre son apparence. Puis tout ce petit monde va tuer le reste des invités, et hop.

L’extra-terrestre. Qui est méchante, et on la comprend : quelqu’un lui a rasé les sourcils pendant qu’elle dormait.

Nous avons donc désormais sur les bras une Jean Grey dont la situation intestinale la transforme peu à peu en Jean Brown, et une invasion extraterrestre sur les bras. Ma foi, Diego, apporte-moi ma pipe : ça donne l’air pensif même pendant que l’on regarde un gros étron.

Mais revenons à Jean qui se réveille peu à peu, et est devenue si puissante qu’elle repousse sans problème le professeur Xavier qui triturait ses pensées. Car son pouvoir de lecture de l’esprit est devenu si grand qu’elle entend une voix lointaine… mais familière…

« Bordel, mais où j’ai foutu cette cassette de Michel Sardou ? »

C’est son papounet ! Il est vivant, elle l’entend penser, même à des kilomètres ! Charles Xavier lui aurait menti ? Hop ! Jean met les voiles, et Charles n’a pas à lire ses pensées pour comprendre où elle va. Jean étant si forte maintenant qu’elle peut soulever son propre corps par la pensée, elle vole, alors que Charles lui doit emmener son équipe au X-Jet pour partir là où il sait qu’elle se rend : à la demeure de papa Grey.

C’est donc dans un petit quartier d’une ville américaine que nous retrouvons Jean qui frappe à une porte, lorsque son géniteur, qui lui a vieilli contrairement au reste du casting, vient lui ouvrir.

« Oui ? Si c’est pour me vendre des panneaux solaires, je vous préviens, j’ai un fusil et du gros sel pour votre cul, jeune fille.
– Papa ? C’est… c’est moi !
– Qui ça moi ?
– Ben ta fille. Jean.
– Ah. Heu… ah oui, ça y est, je me souviens. On t’avait appelée comme ça pour faire marrer les copains. Désolé, tu sais ce que c’est l’état-civil a laissé faire et… bon, bref,. tu veux entrer ?
– Un peu mon neveu.
– Moi c’est papa, petite insolente. »

Et Jean de s’émerveiller : ouah, son ancienne maison ! Elle s’en souvient encore ! Rien n’a changé ! Bon, okay, depuis des années elle n’avait jamais pensé à y retourner, voire à se demander pourquoi elle n’avait jamais touché l’héritage de ses parents, mais là, maintenant, ça va. On va dire que Charles Xavier avait vraiment limité ses pensées, ce qui expliquerait d’ailleurs bien des choses, si j’étais langue de pute. Je me permets donc largement. Mais en attendant, Jean note quelque chose de suspect dans la demeure.

« Mais ? Papounet ? Pourquoi tu n’as pas de photos de moi ?
– Heu…
– Papounet tu m’aimes pas, c’est ça ?
– Non mais c’est pas ça, mais depuis que tu as buté maman…
– MAIS JE VOULAIS JUSTE ÉCOUTER L’ÉTÉ INDIEEEEEEEEEEEEEN ! »

Et brouf, dépassée par son super pouvoir, Jean envoie papounet faire dodo, pendant qu’elle aperçoit le X-Jet qui se pose à proximité. Ses amis l’ont poursuivie, et là, elle est colère. Elle sort furieuse de la maison pour leur faire face. Xavier tente de la calmer.

« Jean, tu dois te calmer, le paragraphe juste au-dessus de le dit.
– MÉJESUICALME !
– Alors d’accord, mais disons que si tu m’expliquais ça sans flammes bizarres qui te sortent de la tronche, ce serait plus crédible.
– NOOOON ! Vous ne me comprenez pas ! J’ai ce pouvoir que je ne maîtrise pas ! J’ai peur de faire du mal aux autres ! Que suis-je ? Pourquoi a-t-on peur de moi ? Suis-je un monstre ?
– C’est rigolo, on dirait que tu es en train de nous sortir le pitch de « Je suis un mutant » aux mutants. 
– Oui, niveau écriture, le film n’était pas bien inspiré.
– J’ai remarqué.
– Bon en attendant, je suis COLÈRE ! Je vais CASSER DES TRUCS ! »

Charles demande donc à ses X-Men d’aller lui coller une claque, un pied au cul et de l’envoyer dans sa chambre, mais Jean est devenue trop puissante. Elle les envoie tous bouler, y compris les unités de police qui arrivaient sur place au même moment, et parvient même à envoyer paître Vif-Argent, qui est le seul qu’elle blesse juste assez pour qu’on ne le voit plus du reste de l’aventure, parce que sinon son pouvoir étant trop puissant, il pouvait finir le film seul. C’est drôlement pratique ! Raven, quant à elle, tente de raisonner Jean.

« Jean… tu dois te calmer… nous pouvons t’aider… 
– JEMECALMESIJEVEUUUUUUUUUX !
– Ce pouvoir que tu as absorbé dans l’espace… il est trop puissant… voit comme il sort de toi comme les ailes d’un phénix…
– Attendez, mais ça je le faisais pas déjà dans le précédent film quand j’affrontais le grand méchant final ?
– Ah oui, hihihi, oups, je crois que les mecs qui ont écrit ce film ont oublié de regarder le précédent.
– Oui et ça M’ÉNERVEUUUH !
– Écoute, détends-toi… je sais que tu es tendue parce que tu es une actrice de Game of Thrones et que tout le monde se fout de toi en ce moment, mais ça va aller… »

À noter que comme dans tout mauvais film, personne ne sait calmer un individu en colère, et à la place, le personnage se contente de s’approcher très doucement en sortant des poncifs sur le pouvoir de l’amitié digne d’un chapitre de One Piece. Ce qui bien évidemment, énerve encore plus Jean (on la comprend), qui à nouveau, furieuse (ou bien à nouveau victime de problèmes gastriques), crée une onde de choc (va pour le gastrique) qui propulse Raven…

… contre un vieux bout de bois pointu.

« N… non… les bouts de bois pointus… le pire ennemi des X-Men… déjà dans Logan… » marmonne Raven avant de mourir comme une bouse.

Quelqu’un a semble-t-il confondu X-Men et vampires. Dans le prochain film, je propose que quelqu’un repousse le professeur Xavier avec un crucifix.

Au pire, on lui glisse dans les roues, ça l’arrête aussi.

Mais je m’égare, et revenons à notre sujet. Alors que tous les X-Men, à commencer par le Fauve, pleurent leur amie tuée par la colère de Jean Grey, cette dernière file en s’envolant loin de la scène du crime, bouleversée par ce qu’elle a fait. Son nouveau pouvoir la rend encore plus colérique et bête qu’à l’accoutumée, ce qui n’est pas peu dire.

C’est donc évidemment le moment de la caricaturale scène de l’enterrement sous la pluie. Suivi d’une scène où le Fauve s’engueule avec le professeur Xavier.

« Professeur, reconnaissez que vous aviez tort de manipuler Jean !
– Nooooon…
– Sérieusement, Raven est morte ! 
– Je m’en fouuuuus !
– Non mais ça vous coûte quoi d’admettre que vous auriez pu faire mieux ?
– J’ai pas enviiiiiie… »

Donc, oui, on découvre que Xavier est en fait juste un gros con arrogant qui même lorsque les gens meurent, refuse d’admettre qu’il a pu se planter. Pourquoi ? Parce que ça arrange l’intrigue, puisque le Fauve, fâché, décide de quitter l’école.

La suite de la scène où il faut 20 minutes pour désembourber Xavier ne sera que dans la version longue.

Jean, elle, se rend de son côté sur une petite île isolée au large des Etats-Unis. Où elle va retrouver… Magneto. Le fripon s’est retiré, tel un John Rambo, et avec d’autres mutants qui refusent de se mêler aux humains, il vit loin d’eux, au milieu de cabanes moches, à essayer de créer sa propre société alternative.

Seigneur : Magneto est devenu un Zadiste.

Et il accueille Jean sans guère comprendre ce qu’elle vient faire là.

« Wooooh, du calme meuf, on ne rentre pas sur la MagnetoZad sans un vote en non-mixité, bien qu’une inclusion trans-mutante.
– Hein ?
– Je veux dire que si tu es venue apporter avec toi l’oppression de l’état répressif contre la construction d’une société autonome à représentation égale mais sans délégation décisionnaire, tu vas au-devant de gros soucis avec le groupe Abracadazad, le collectif Mue-Tente en charge des cabanes, et Potagère, le groupe de gestion du potager qui… »

Lassée des termes bullshit dignes d’un consultant en consulting qui aurait viré extrême-gauche ainsi que des collectifs avec des noms en calembours, Jean pète cordialement la gueule de Magneto pour tenter d’avoir une conversation entre gens raisonnables. Hélas pour elle, Magneto pose d’entrée de jeu une question embêtante.

« Dis-donc, tu as du sang plein ton t-shirt. C’est à qui ?
– À personne, allons, hohoho. Non, je voulais savoir, mais attention, hein, je demande ça à tout hasard : toi qui as tué des gens, comment tu as fait pour arrêter ? C’est pour une amie. »

Subtil.

Hélas pour notre héroïne, elle a été suivie : arrivent deux hélicoptères de l’armée des Etats-Unis, avec à leur bord, des militaires qui viennent voir Magneto pendant que Jean se cache.

« Allez-vous en, collaborateurs de l’état fasciste qui…
– Bon, ça suffit Magneto, on a compris que tu étais à l’Unef. Allons droit au but, petit zadiste : on a vu Jean Grey se diriger par ici. Et nous devons l’arrêter car elle a… cassé une voiture de police !
– Pardon ? Vous la recherchez parce qu’elle a cassé une voiture ? 
– Oui.
– Vous ne la recherchez pas du tout pour la mort de Raven ?
– Non M’sieur Magneto parce qu’à ce stade du film, vous n’êtes pas supposé être au courant donc si on vous le dit, ça ruinerait un prochain rebondissement.
– Je comprends mieux.
– En tout cas, sachez qu’à cause d’elle, le Président a débranché le téléphone X et menace de déporter les mutants à nouveau.

– Si je résume : un demi-siècle que les mutants aident les gens, mais Jean raye une bagnole aussi on propose direct un génocide ?
– Voilà.
– Bon écoutez, tout cela est très con, et Jean n’est pas ici, vous devriez partir. »

Et c’est juste à ce moment-là que Jean décide justement de sortir de la cachette que Magneto lui avait trouvée le temps que les soldats partent, pour venir foutre la merde parce que… parce que.

« Jean Grey ! Vous ici ! L’armée des Etats-Unis vous arrête !
– GNÉPASENVIIIIIIIE ! »

Ce film. On a l’impression de suivre les aventures d’un trou du cul dans un collège français moyen : tout le monde a envie de le gifler, personne ne peut le faire, et une fois qu’il a fini de semer le chaos, son papa adoptif débarque pour expliquer que ce n’est pas sa faute, il a juste un trop plein d’énergie.

Jean attaque bien évidemment les militaires, mais reste raisonnable : elle se contente de leur voler leurs armes, puis de détruire l’un de leurs hélicoptères. Elle menace de faire de même avec l’autre, mais Magneto la contre le temps que les militaires rembarquent et s’en aillent loin de l’île. Cela fait, Jean, vexée comme un pou, envoie paître Magneto et s’en va à nouveau pour chercher un autre refuge, ailleurs, tant cette zad en fait, elle est trop nulle, woh. Elle réfléchit donc à entamer une carrière de punk à chien, mais n’ayant encore trouvé ni de chien, ni de Monoprix devant lequel faire du diabolo, elle est bien embêtée. Elle va donc déjà s’entraîner à boire.

Et c’est dans un bar que nous la retrouvons, alors qu’elle utilise ses pouvoirs psychiques pour que tout le monde la perçoive comme un vieil homme assis au bar. Lorsque soudain, s’assoit à côté d’elle… l’extra-terrestre qui avait tué une femme pour prendre son apparence plus tôt dans le film (vous l’aviez oubliée, nous aussi).

« Bonjour, Jean.
– Comment m’avez-vous reconnue ?
– Tes pouvoirs ne marchent pas sur moi. D’ailleurs, c’est pas pour balancer, mais si c’est pour faire ça, pourquoi n’as-tu pas utilisé le même pouvoir sur le militaires plus tôt au lieu d’aller te battre avec ?
– Ah oui, crotte. Non mais c’est parce que je ne suis pas très fut-fut.
– On a noté. Bon écoute, je te passe les détails sur comment on t’a retrouvée, puisque ça a impliqué de torturer ton père à deux mètres de policiers qui n’ont rien entendu alors qu’il hurlait.
– Comment mon père a-t-il pu vous aider à me retrouver sachant qu’il ne sait pas où je suis ?
– Ah oui, flûte.
– Bon, je crois que ça fait beaucoup trop d’incohérences, tout ça. Mais allez-y, que me voulez-vous, Madame de l’espace ? M’expliquer qui vous a volé vos sourcils ?
– Il suffit, suis-moi. »

Et notre extra-terrestre, que nous appellerons Blondie, d’emmener Jean jusqu’à un immeuble tranquille de New York où ses autres amis les polymorphes de l’espace l’attendent.

« Oh ! Ces gens n’ont pas peur de moi et de mon pouvoir ! Ici, ils savent qui je suis, ils me comprennent ! »

Ça va aller le recasage complet de toutes les scènes où le personnage avec des pouvoirs qui effraient son entourage trouve enfin un endroit où d’autres le comprennent et l’accueillent ? Quelle inspiration. Enfin. Blondie amène Jean Grey dans une chambre du bâtiment.

« Voilà ce que je voulais te montrer.
– Une chambre ? Non parce que je ne mange pas de ce pain là, j’ai pas quitté la zad pour me retrouver à la Mutinerie à…
– Mais non, bougre de buse ! Je voulais te montrer… UN POWERPOINT EN 3D !
– Vous aviez vraiment besoin de m’emmener dans une chambre pour ça ? »

Je ne sais pas, mais en tout cas, j’ai lapidé l’écran avec des chatons à ce moment-là. Le film était aussi mauvais, mais avouons-le, lancer des chats, c’est rigolo.

Powerpoint 3D : pour enfin rendre les réunions chiantes, oui, mais en 3 dimensions.

En tout cas, qu’y a-t-il dans le powerpoint 3D ? Une explication sur ce qui est arrivé à Jean dans l’espace.

« En fait, l’univers a été créé par une force super puissante. Et cette force… est en toi. C’est elle que tu as rencontrée dans l’espace. 
– La gelée de groseille ?
– La… que… bon, oui, voilà. Elle n’était pas là par hasard. Elle venait pour toi. Elle peut créer des mondes entiers aussi bien qu’en détruire. Et elle t’a choisie.
– Pourquoi ?
– Parce que.
– Ça se tient.
– Cette force a cependant détruit mon monde. 
– Pourquoi ?
– Parce que.
– Décidément, cette force n’a pas créé l’argumentation.
– Oui bon, bref, hein ! En tout cas, nous la poursuivions dans l’espace quand nous t’avons vu l’absorber. Nous étions juste derrière votre vaisseau, avec le nôtre qui abrite les derniers survivants de notre race.
– Et on n’a rien remarqué ? Malgré tous les appareils de la Terre braqués sur nous et le fait que Diablo est allé me chercher dans l’espace et a regardé dans la direction de notre navette et aurait donc dû vous voir derrière nous ?
– Apparemment non.
– C’est quand même bien fait.
– Je trouve aussi. En attendant, nous avons besoin de cette force. Besoin de toi pour bâtir un nouveau foyer.
– Hmmm. Donc grosso modo, j’ai la force qui a créé l’univers en moi. Je suis donc plus ou moins un dieu.
– C’est ça. »

Pendant ce temps, dans le couloir, les autres polymorphes ricanent.

« Hohoho ! Ça y est, elle est à nous ! Grâce à son pouvoir, nous pourrons détruire les humains et leur voler leur planète !
– Mais pourquoi, sachant qu’on pourrait créer notre propre planète ?
– Paaaarce… que ? »

Je n’exagère pas. Les extraterrestres veulent détruire la race humaine « parce que« . Gros travail d’écriture. Décidément, les acteurs de Game of Thrones portent avec eux leur malédiction. Et ne me dites pas que c’est un cas isolé : vous vous souvenez de Pompéi ?

Mais revenons à nos larrons, puisque pendant que tout le monde papote, sachez que les X-Men ne sont pas restés oisifs. Car d’un côté, le Fauve, furieux après la mort de Raven, est allé trouver Magneto pour lui dire ce qu’il s’était passé (vous comprenez pourquoi plus tôt, l’armée américaine n’a pas dit que Jean était recherchée pour meurtre, maintenant ? Voilà : pour laisser au Fauve ce rôle et voir Magneto s’énerver) et ainsi lui et quelques-uns des mutants de Magneto décident d’aller tuer Jean pour venger Raven et arrêter les frais. Quant au professeur Xavier, il a utilisé ses grands pouvoirs pour retrouver Jean, et accompagné de ses troupes, a filé jusqu’à New York. Par un heureux hasard, tout le monde arrive sur place exactement en même temps.

« Magneto, mon vieil ami…
– Charles. Comme toujours, on en est au stade du film où j’étais gentil, mais en fait non, et où on fait s’affronter nos deux camps ?
– C’est ça. »

Vraiment, gros travail sur ce film, j’insiste, c’est du jamais vu.

Le camp qui veut tuer Jean et le camp qui veut la sauver s’affrontent donc dans la rue de New York qui passe devant l’immeuble où se trouve l’amie Grey, et évidemment, personne ne tue ou ne blesse sérieusement personne, malgré le déluge de pouvoirs mortels. C’est quand même bien fait. C’est Magneto qui le premier, parvient à s’infiltrer dans le bâtiment, non sans avoir fait jaillir un métro hors du bitume pour bloquer l’entrée derrière lui.

« Mais quelqu’un lui a dit qu’il aurait simplement pu utiliser une voiture ? Et qu’en plus, il a mis le métro dans le sens de la longueur au travers de la porte, donc qu’il suffit de passer par la porte arrière du wagon pour rentrer dans le bâtiment ?
– Non professeur Xavier. Je crois qu’à nous tous, nous peinons à dépasser 70 de QI, aussi personne n’a remarqué. »

Toute une scène et moult effets spéciaux pour se planter : c’est beau, le cinéma du XXIème siècle.

Magneto en tout cas ne fait pas un pli devant Jean Grey. Elle est devenue trop puissante et l’envoie paître promptement, détruisant même le casque dont il était si fier dans l’histoire. C’est donc le professeur Xavier qui rentre dans l’immeuble et tente sa chance, en essayant de raisonner son élève. Mais cette dernière s’en cogne, s’amuse à le faire marcher avec ses pouvoirs pour lui montrer qui est la maman maintenant,

Mais heureusement, Xavier propose à Jean de se calmer en lui ouvrant son esprit façon viens voir là-dedans, tu verras, c’est sympa. Ainsi, entre deux fétiches du professeur Xavier impliquant son fauteuil, de l’huile de moteur et Hitomi Tanaka, Jean peut voir que Xavier a dit plein de choses gentilles la concernant lorsque son père l’a rejetée. Ce qui est suffisant pour la calmer.

Eh ben. Il en fallait finalement peu. Pour quelqu’un supposé être super énervée, je suis déçu.

Jean, calmée, n’en est pas moins manipulée par le reste des aliens polymorphes de Blondie qui pendant toute cette affaire, ont disparu, probablement partis jouer aux cartes. Seule Blondie est encore auprès de Jean.

« Tu sais ma p’tite Jean, si tu en as assez de faire du mal aux tiens, tu peux toujours me le filer, ton super pouvoir absorbé dans l’espace.
– Okay, tiens. »

Et Jean de faire un câlin à Blondie, durant lequel elle commence à envoyer la groseille magique dans son corps.

« J’peux prendre tes sourcils aussi ? J’ai froid au front. »

Hmmm. C’est en écrivant ce genre de phrases que je me demande si ce sont mes spoilers qui sont absurdes ou le cinéma moderne. Car dans l’immédiat, me voici en train d’expliquer que le pouvoir se transmet comme une vulgaire MST. Ça doit être une sorte d’allégorie de la promotion canapé. Écoutez, je cherche à comprendre, vous ne m’aidez pas avec vos pensées négatives, là. Je fais de mon mieux.

De toute manière, l’affaire est interrompue par l’arrivée sur place de brigades militaires anti-mutantes attirées par tout ce tintouin, qui ont des fusils qui empêchent les mutants d’user de leurs pouvoirs, et tirent des seringues qui font faire dodo. Tout le monde se retrouve ainsi à pioncer, Jean Grey y compris, et seule Blondie arrive à s’enfuir après avoir sucé une partie du pouvoir magique de sa nouvelle amie. Enfin, amie, amie… Charles Xavier a bien compris que c’était surtout une grosse bande de rabouins de l’espace soucieux de raser la Terre, ce qui l’inquiète tant il tient à sa planète : si on la ravage, il ne récupérera jamais sa caution.

Les mutants, tous camps confondus, sont donc collés dans un imposant train direction une prison secrète du gouvernement. À bord, on leur a collé des colliers les empêchant d’user de leurs pouvoirs, et ils sont donc bien embêtés. Le seul pouvoir qu’il leur reste, c’est celui d’être éternellement jeunes, puisque rappelons que par exemple, Magneto et Charles Xavier sont supposés avoir plus de 60 ans mais en paraissent à peine 40 chacun. C’est ça de vouloir faire des films à différentes décennies sans vouloir se départir de ses acteurs bankables.

Mais bref : car alors que le convoi est escorté par deux hélicoptères lourdement armés, ils repèrent que profitant d’un tunnel, des intrus se sont jetés sur les voitures du train ! Et l’attaquent ! Ce sont, vous l’aurez deviné, nos amis les aliens polymorphes, qui viennent en finir avec Jean Grey pour lui sucer jusqu’à la dernière goutte de son super pouvoir. Et les vilains aliens sous apparence humaine passent donc à l’assaut.

On notera que les balles de gros calibre des hélicoptères leur font mal, mais pas les armes individuelles du personnel du train, ce qui est embêtant. Malgré quelques pertes, les aliens parviennent donc jusqu’à l’intérieur, où ils massacrent tous les gardes jusqu’à ce que l’un d’entre eux, réalisant que ce ne sont pas des mutants venus aider leurs copains, ne décide de libérer les prisonniers pour qu’ils aient une chance de riposter.

Et là, vous vous dites « Pauvres mutants ! Ils vont se faire massacrer ! Depuis le début, les extraterrestres utilisent leur petit mouvement qui consiste à pointer du doigt quelqu’un pour lui faire un trou dans le torse et ainsi les tuer sans laisser la moindre chance ! »

Mais, allons. Vous savez vous comme moi ce qu’il va se passer. La même chose que dans le précédent film :

Les méchants, sitôt qu’ils affrontent les héros, oublient qu’ils ont ce pouvoir et se mettent à tenter de tuer les gentils à coups de poings.

Diego ? La baliste à chatons s’il-te-plaît. On va tirer des sacs de sports entiers remplis de créatures miaulantes, sinon ce sont mes nerfs qui vont commencer à faire des bruits suspects.

Allez, on reprend pour les scénaristes : quand on donne des pouvoirs à des personnages, ils ont tendance à les utiliser. Alors arrêtez de donner des super pouvoirs à vos méchants si puissants qu’ils pourraient gagner mais ne le font pas pour sauver l’intrig… je veux dire, pour ne pas terminer le film de suite.

Miséricorde. Mais quelle grosse bouse. Ce poncif des vilains qui refusent d’utiliser leurs ressources pour que les gentils gagnent est insupportable.

Passons sur les détails, mais comme vous l’imaginez, les X-Men arrivent à tuer un bon paquet de méchants, avant que n’arrive Blondie, qui elle, ayant absorbé une partie du pouvoir saveur groseille, est si forte que personne n’arrive à l’arrêter. Heureusement, elle aussi décide de ne tuer personne, et se contente de pousser gentiment les gens sur son chemin. Elle parvient ainsi jusqu’à Jean Grey, qui était maintenue sous anesthésie, et que le professeur Xavier était occupé à tenter de réveiller façon « Alleeeez, dépêêêche, on se prend, une branlée, làààà ! »

C’est donc bien évidemment à la dernière seconde que Jean Grey se réveille, pas contente, et décide d’utiliser son pouvoir pour sauver ses amis.

En détruisant le train à bord duquel ils sont.

Alors certes, elle met un bouclier autour de ses copains, faisant qu’ils survivent à l’affaire, alors que nombre d’aliens sont tués dans la catastrophe, mais quid des derniers gardes ? Du personnel de la locomotive ? Non ? Hein ? Bon, c’est un petit oubli, mais on va dire que Jean avait des griefs contre la SNCF depuis un Paris-Roubaix retardé de 2 heures en raison « d’un problème lors de la préparation du train« , et avait développé depuis une haine du train et de ses agents.

C’est donc au beau milieu d’un chaos de wagons tordus et de flammes que tout le monde se retrouve pour la bataille finale, où tous les aliens du coin tentent d’attaquer Jean, et se retrouvent réduits en poudre sitôt qu’elle les désigne. Son petit côté Thanos. Jusqu’à ce qu’enfin, après avoir tué le dernier survivant extraterrestre, ne se pointe la vilaine Blondie, qui vient finir le travail, et parvient à attaquer avec succès Jean, pour commencer à lui piquer son pouvoir.

Hélas pour Blondie, c’est un mauvais calcul car c’est trop de pouvoir pour elle. Et elle commence à se désintégrer. Elle décide de battre en retraite, tant pis pour le pouvoir de la groseille spatiale.

« Nan mais en fait, Jean, ça va aller, je vais partir, hein.
– Non non non ! Tu veux mon pouvoir, tu le prends ! On finit son repas ! Pense aux petits enfants qui meurent de faim ! Allez, suce ce pouvoir ! »

La décharge est telle que Blondie commence à se désintégrer… mais aussi tous les gens autour, ce qui commence à piquer un peu les X-Men restés un peu trop proches. Pour éviter cela, Jean décide de…. de tout simplement buter Blondie ? Non, attendez, de tout simplement refaire une bulle de protection comme quelques instants avant ? Non, je me trompe encore… elle s’éloigne dans les bois voisins en emmenant Blondie avec elle ?

Non, toujours pas. En fait…

Jean étant débile, pour elle, la seule solution est de voler jusque dans l’espace pour faire exploser Blondie avec elle.

Voilà. Non, elle ne voit aucune autre option.

Jean Grey : le pouvoir d’un dieu, l’intellect d’un hérisson

Ne me demandez pas pourquoi, cela n’a strictement aucun sens, mais paf, toutes deux explosent, et tout le monde est très triste. Parce qu’ils ont perdu Jean Grey ou parce que c’était la preuve finale que Jean  avait la puissance intellectuelle d’un concombre oublié au fond d’un panier, mais en tout cas, tristes.

Le monde est sauvé, et nos amis retournent au manoir des X-Men, dont l’école Charles Xavier est renommée « École Jean Grey » en l’honneur de leur amie.

Alors que Raven, je suppose qu’ils ont juste renommé le coin poubelle en son honneur. Raven était la victime : on nomme l’école du nom de son bourreau. Bravo.

D’ailleurs, c’est le Fauve qui prend la direction de l’école, car Xavier a décidé de se retirer et de prendre une retraite bien méritée (alors qu’il est encore très jeune mais on l’a vu, la production a oublié de changer d’acteur ou de le maquiller). Il se rend donc à Paris, le Paris de 1992 où tout le monde roule en DS ou en Deux Chevaux, c’est bien connu. Là encore, on sent que ça a été soigné. Et Charles Xavier de prendre un café dans ce Paris tout propre et tout beau, lorsqu’un type vient s’asseoir à sa table.

« Mais ? Magneto, c’est toi ?
– Oui, moi aussi j’ai pris ma retraite et je me suis dit que Paris, c’était cool. Bon, au départ je me suis planté et je me suis retrouvé Porte de la Chapelle, c’était pas la même ambiance.
– J’ai fait la même erreur, des mecs m’ont piqué les pneus du fauteuil, je te jure, y a de ces gens.
– Bon enfin, on se fait une petite partie d’échecs ? Car je suis gentil… jusqu’au prochain film !
– Comme à la fin de chaque film, mon vieil ami. C’est dire si on ne s’est pas fait chier.
– Tu as bien raison ! Allez, jouons ! »

Nos deux amis lancent donc leur partie, pendant que la caméra monte vers le ciel bleu parfait au-dessus de la capitale du royaume de France, où l’on aperçoit brièvement, traversant l’azur, les ailes de flammes d’un lointain phénix et…

… FIN !

Puisse ce film ne jamais renaître de ses cendres.


Après tout ça, vous imaginez bien qu’aucune critique sérieuse ne saurait sauver pareil étron. Ou alors, il faudrait beaucoup de mauvaise foi, et diable, je m’y connais.

Heureusement, il existe un magazine qui ne nous déçoit jamais. Je vous laisse donc savourer :

Personnellement, je serais une femme, je me sentirais insultée.

Comme quoi la critique, ça tient à peu de choses.

images

Un odieux connard

J'exagère : à un moment, elle change de couleur pour rentrer dans le bureau de Charles Xavier parce que... heu... on ne sait pas.

Quand on sort avec un cyclope, c'est dommage : il ne voit qu'en deux dimensions, c'est gâché.

Alors que quiconque a vu Malcolm sait que c'est plus rigolo de les recoller ensuite pour que la personne ait tout le temps l'air étonnée.

Quelqu'un pour dire à l'équipe du film qu'avant de mettre la pluie, il faut penser à régler la lumière pour montrer qu'il y a des nuages ?

Compatible avec Powerpoint Oculus Rift, pour enfin pouvoir tourner autour des camemberts en couleurs.

Notez que les méchants, même fraîchement arrivés sur Terre, n'ont jamais pour planque un taudis pourri.

Avec pareille combinaison, nul doute que Jean Grey sera bientôt la vedette du Nigloshow.

Mais comme je suis un homme, je trouve juste ça insultant.

Tout va bien

Dimanche dernier, il était donc question d’élections.

Et nous avons donc eu le droit, sur différents plateaux de télévision, à des gens qui sont passés se féliciter de leur score, pendant que d’autres applaudissaient chaudement le recul de l’abstention. Puisque tout de même : près d’un Français sur deux s’était déplacé, et ça, c’était quand même drôlement chouette !

Nous en sommes donc là : l’extrême-droite peut arriver en tête à une élection, c’est désormais relativement bien accepté. Quant à une abstention de près de 50%, c’est une « victoire ».

Pour la peine, et pour seul commentaire, je me permets ce petit bidule :

Vous pouvez cliquer dessus si c’est trop petit pour vos yeux fatigués.

Pour rappel, en 2002 (un temps que certains d’entre vous n’ont pas connu, on vieillit), au second tour de l’élection présidentielle, l’extrême-droite faisait… moins de 18%. Aujourd’hui, au premier tour d’une élection, elle est à 23%, mais ça n’a plus l’air d’interroger grand monde. D’ailleurs, on se moque un peu des raisons de cette progression. On se dit que ça doit être « des fachos », et hop, l’affaire est entendue, inutile d’essayer de leur parler. Quant à l’abstention, bah, 50%, c’est pas si mal, vous savez.

Tout va bien, donc.

Toutvabien

Un odieux connard

Leclerc, Koufra et le bluff

Allez ! Il est temps de parler histoire.

Cette fois-ci, il s’agit de se pencher sur le cas de Leclerc et du serment de Koufra, deux noms que beaucoup de gens connaissent, mais dont les détails sont relativement flous. Alors que tout de même : c’est la légende de l’un des plus grands coups de bluff de l’histoire, puisqu’une bande de soldats de la France Libre mal ravitaillés et à court de munitions parviennent à feinter une place forte italienne à grands renforts de ruses diverses et variées au point qu’elle finira par se rendre… à des types dans une plus mauvaise situation qu’eux.

Pour information, cette vidéo a été réalisée avec le soutien de Grand Angle, qui fait des bandes-dessinées historiques, et m’a donc gentiment proposé le sujet, ainsi que des montagnes de dollars, ce que je ne peux refuser, tant j’aime bien lorsque l’on me file des sous pour faire mes vidéos. Faites-moi penser à ouvrir un Tipee à l’occasion, braves gens.

Mais, assez parlé ! Je vous laisse regarder la vidéo, et si les bédés vous intéressent, n’hésitez pas à aller voire Madame la libraire qui saura vous en dire plus. Car Madame la libraire connait bien des secrets, et d’ailleurs, tout le monde sait qu’entre deux clients, elle lit le Nécronomicon cachée dans un endroit où personne ne va jamais, comme par exemple derrière l’étagère « Sciences humaines ».

Bon visionnage.

VignetteKoufra

Un odieux connard

Avengers : fin de répartie

Comme vous le savez sûrement, Avengers : Endgame est la suite directe d’Avengers : Infinity War.

Et comme lorsqu’il s’agit de suites, le maître des lieux aime à prendre soin de son lectorat en le replongeant dans le contexte (mais lentement, pas après manger et en se mouillant le ventrou d’abord). Comme le veut la tradition, ce spoiler commencera par le résumé de l’épisode précédent, qui s’il a marqué les esprits, c’est probablement sans passer par les neurones. Souvenez-vous.

Avengers : Infinity War : Thanos, une sorte de Bruce Willis mauve, a une passion secrète : la collection des pierres d’infinités, six pierres qui une fois réunies et accrochées sur un joli gant parce « qu’exterminer autrui, c’est mieux bien habillé » comme le disait Hugo Boss, permettent de réaliser les souhaits les plus incroyables, que ce soit ramener les morts à la vie, éradiquer le concept de maladie de l’univers, ou même relancer la carrière de Nicolas Cage. Mais le plan de Thanos est bien plus fabuleux : lui veut lutter contre l’épuisement des ressources. Aussi, il veut le gant pour accroître drastiquement les… ah ben non. En fait, il n’a pas compris le jeu et veut le gant pour éradiquer 50% de tout ce qui vit, et ainsi économiser des ressources, et ce pas longtemps. Pendant que personne ne comprend pourquoi il ne se contente pas de créer une corne d’abondance galactique, le margoulin s’empare de toutes les pierres l’une après l’autre, malgré les tentatives de l’en empêcher de tous les héros déjà croisés dans l’univers Marvel. Dans l’affaire, Thanos sacrifie sa propre fille, Gamora, pour obtenir l’une des dernières pierres, peu avant de tomber dans une embuscade où les Avengers parviennent à l’immobiliser mais… pas à lui retirer son gant parce que attend, je tire, ça vient pas, j’ai pas de savon sur moi, et puis bon, moi je voulais bien lui tirer des roquettes dans la gueule, mais lui couper le bras, wouaoh, ça se fait trop pas. Résultat, Thanos se libère, leur malaxe le bidou à coups de phalanges blindées, puis va sur Terre récupérer les dernières pierres en tatanant tout sur son passage. Cela fait, il s’en sert en un claquement doigt pour éradiquer 50% de tout ce qui vit dans l’univers, et après cette bonne journée de travail, s’en retourne prendre des vacances sur une planète pépère pour savourer son oeuvre et marmonner que quand même, qu’est-ce qu’ils sont cons ces héros, ce qu’on ne peut qu’approuver. Si vous voulez relire ce monument d’incohérence, c’est ici.

Alors, avec Avengers : Endgame, nos héros vont-ils parvenir à ramener leurs amis ? Hmmm, sachant que Spiderman fait partie des pertes et que pourtant, la bande-annonce du prochain film circule déjà sur internet, c’est vraiment un mystère, holala !

Sûrement une tentative des producteurs de me couper l’herbe sous le pied en se spoilant d’abord. Mais ils ne m’auront pas : spoilons, mes bons !


L’affiche : des flammes (un peu), des débris qui tombent (beaucoup), des personnages avec des pouvoirs qui peuvent tout régler en deux minutes et des voyages dans le temps… mais comment diable ce film pourrait-il se vautrer ?

Notre film s’ouvre sur l’ami Œil de Faucon, qui est bien occupé par sa tranquille petite vie au fin fond de la campagne américaine. Lui et sa famille profitent du beau temps pour s’amuser dehors et préparer un fabuleux pique-nique, quand soudain, notre archer préféré découvre que sa fille a disparu pendant qu’il avait le dos tourné. Mais ? Il se tourne vers sa femme pour lui demander si elle n’aurait pas vu Léa-Leeloo (Œil de Faucon est l’ennemi juré des officiers d’état civil), mais voilà qu’elle aussi a mis les voiles sans explication ou lettre de divorce, et le tout avec ses deux fils. Ne restent derrière eux que des cendres qui se dispersent en l’air.

Quand Œil de Faucon, avait parlé d’après-midi barbecue, il ne pensait pas à cela, voilà qui est bien embêtant. Disons-le : il est confus.

Mais le public l’est moins, car lui sait : 50% de tout ce qui est vivant vient de disparaître suite au terrible claquement de doigts de Thanos à la fin du précédent film. Et il se trouve que la famille d’Œil de Faucon a visiblement toujours été assez malheureuse aux jeux. Ne reste donc à notre héros que son arc, ses flèches, et une grosse envie de distribuer les secondes avec le premier sur le tout venant.

Laissons notre ami là où il est, et bondissons à l’autre bout de la galaxie, où un vaisseau spatial dérive dans l’espace. À son bord, Tony Stark, bien mal en point, enregistre un ultime message pour sa femme, Pepper.

« Pepper, ma chérie, écoute, je suis désolé mais si tu as vu le précédent film, tu te souviens que je suis allé me bagarrer avec Thanos sur une planète lointaine, et comme tu as pu le constater, ça ne s’est pas bien passé. Et sur le chemin de retour, paf, la panne sèche. Là, ça fait 22 jours que je dérive dans l’espace avec pour seule compagnie une cyborg extra-terrestre un peu neuneu.
– Je m’appelle Nébula et vous le savez, arrêtez maintenant Monsieur Stark !
– Oui, bon, Neuneubula, si tu veux. De toute façon, c’est un personnage qui n’intéresse personne. Bref, elle et moi, on va mourir comme deux tanches, puisqu’on a fini hier le dernier paquet de Chocapics du bord. Je suis désolé Pepper, mais je crois que je ne vais pas pouvoir te retrouver sur Terre. En tout cas, je tenais à te dire une dernière chose… j’ai toujours eu du mal avec le fait que tu t’appelles Poivre. Entre Neuneubula et toi, je suis gâté. »

Mais soudain, voici qu’une vive lumière à l’extérieur du vaisseau attire l’attention de Tony Stark. Mais qu’est-ce que c’est ? Qui donc roule en plein espace en plein phares, hein ? Tony Stark s’apprête à faire des appels quand il aperçoit flottant devant le cockpit…

« Ho ! Une Madame !
– Oui, je suis Captain Marvel ! Et je…
– Il ne faut pas rester là Madame ! C’est l’espace dehors, c’est dangereux ! Et puis, mettez un casque, vous me faites froid ! »

Captain Marvel doit se retenir très fort de ne pas claquer deux beignes au naufragé multimilliardaire, et décide de plutôt concentrer son énergie à… pousser le vaisseau. Oui, comme une vulgaire deux chevaux en panne de batterie sur une départementale. Mais comme Captain Marvel est très forte, elle pousse tant et si bien l’appareil à la dérive qu’en deux minutes, pif pouf, tout ce petit monde arrive sur Terre, ah, on ne perd pas de temps. Merci Captain Dépannage, tu es bien urbaine. Sitôt le vaisseau posé, les portes s’ouvrent et en descend le très affaibli Tony Stark, qui tuerait bien pour quelques Chocapics de plus. Mais déjà, il est heureux de constater que Captain Marvel l’a gentiment déposé au QG des Avengers, et donc, de voir que tous ses amis ne sont pas morts. Ainsi, il retrouve Captain America, Bruce Banner aussi connu sous le nom de Hulk, la Veuve Noire, son vieux pote War Machine, Thor qui est un peu dépressif depuis qu’il a perdu tous ses amis, Rocket le raton-laveur, et Pepper, qui n’aime pas trop arriver derrière le raton-laveur dans l’ordre des citations, mais c’est comme ça Pepper. Surtout que tout le monde sait que ton nom complet est Traversdeporc-Sel-Poivre. Alors hein !

Et en plus, maintenant que Captain Marvel est de la partie, tout le monde fait le point.

« Nous avons perdu tant d’amis… qu’allons-nous faire à présent ?
– Péter la gueule de Thanos.
– Alors oui Captain Marvel, c’est intéressant comme plan, mais on ne sait même pas où il est. Il s’est téléporté à la fin du dernier film, pif pouf.
– Je le trouverai d’abord PUIS je lui péterai la gueule, alors.
– Non mais… bon. Reprenons : d’où vous sortez d’abord, hmmm ? Parce que vous n’étiez pas là lors du combat contre Thanos, et on avait bien besoin de vous !
– Je voyage dans l’espace. D’autres planètes avaient besoin de moi. Je suis venue lorsque j’ai reçu le signal de Nick Fury grâce au bipper que je lui avais laissé il y a des années. »

D’autres planètes qui avaient des trucs plus importants à régler qu’un type voulant exterminer la moitié de l’univers ? Un autre mec proposait d’exterminer 75% de l’univers au même moment ? Et sinon, sans le signal de Nick Fury, tu n’aurais pas deviné toute seule que tiens, 50% de la population qui se transforme en restes de charpente de Notre Dame, c’est peut-être pas juste une épidémie de rhume, faudrait s’y intéresser ? Apparemment, non. Si on n’appelle pas Captain Marvel, elle ne remarque rien. Elle est un peu distraite, alors.

Thor explique gentiment à Captain Marvel que bon, lui est un dieu, donc si elle est plus puissante, ça commence à devenir un peu cheaté cette affaire ma bonne dame.

Mais nous aurons l’occasion d’y revenir, car le vrai problème, c’est que Captain Marvel est un personnage surpuissant. Or, plus un personnage est puissant, plus il a tendance à pouvoir plier l’intrigue en deux minutes. C’est donc compliqué à intégrer, et a une fâcheuse tendance à générer des hordes d’incohérences tant aucun obstacle ne devrait lui résister. Ne manquerait plus que des voyages dans le temps pour avoir une intrigue qui se roule dans le caca.

Et nous savons tous dans quelle direction nous allons, aussi, mettez du papier journal sur les murs : ça va être sale.

En attendant, alors que tout le monde se demande où est Thanos, voici que Neuneubula s’avance parmi les Avengers.

« Non mais c’est bon, moi je sais où il est.
– Pardon ? Mais ?
– J’étais sa fille adoptive. Et il passait son temps à me dire « HOLALA QUAND J’AURAI FINI MON SUPER PLAN J’IRAI ME CACHER DANS MON JARDIN SECRET  ! »

Allez, on n’en est qu’au début et ma boîte à « Ça alors ! » tremble sur son étagère. Quel gros coup de bol que Thanos soit particulièrement bavard quant à ses cachettes secrètes ! Et mieux encore, voici que Rocket détecte à l’autre bout de l’univers, et précisément sur la planète Jardinou, un énorme dégagement d’énergie, exactement comme lorsque Thanos a utilisé les pierres pour meuler la moitié de l’univers ! Décidément que de coïncidences, c’est fabuleux ! Allez les amis, en route, on a un gros monsieur mauve à tataner !

Au même moment, sur la planète Jardinou…

Thanos est tranquillement en vieux t-shirt (si, si) à s’occuper de son potager, ne lui manque que le jean trop bas qui laisse entrevoir le sourire du plombier, lorsqu’au moment de rentrer chez lui se préparer une petite salade chèvre-poivrons, les Avengers lui tombent sur le coin de la truffe ! L’un l’immobilise, l’autre lui pète le nez et… THOR LUI COUPE LE BRAS ! Oui, celui avec le gant pour ne pas qu’il l’utilise !

Je ne vous cache pas qu’à ce stade, le public dans la salle soupire en se demandant pourquoi ils n’ont pas commencé par ça dans le premier film. J’imagine tellement le briefing des Avengers avant d’aller l’affronter.

« Bon les mecs, on va affronter Thanos, et son arme secrète, c’est son bras. Il peut tous nous tuer avec. Alors quand on arrive on…
– LUI MET UN BOURREPIF !
– Ouiiii Captain Marvel, mais encore ? On vise le…
– Le genou ? La cheville ?
– Non Captain America. Allez, on se concentre, regardez, je dessine la zone sur ce petit schéma. On lui coup le b… le b… ?
– Le biceps ?
– Bon, vous êtes tous débiles, mais le biceps, ça ira comme réponse. »

Oui, chez les Avengers, c’est comme à l’oral du bac : tu files des points même aux andouilles, ça fait plaisir au public.

Hélas pour nos amis sur la planète Jardinou, une fois le gant de Thanos tombé au sol… point de pierres d’infinités sur icelui !

« THANOS ! OUKÉSONLÉPIER’!
– Du calme Monsieur Thor, vous parlez trop vite, je ne comprends rien.
– Pardon. Je disais : sauriez-vous où se trouvent les pierres d’infinité qui à mon grand étonnement ont quitté votre possession ? Et accessoirement : petit bâtard ?
– Mais oui… je les ai… détruites ! C’est ça, le dégagement d’énergie que vous avez détecté. Sans elles, vous ne pourrez jamais ramener vos amis. Je voulais que mon oeuvre soit définiti.. »

Scouic. Thor, grognon, le décapite d’un grand coup de hache, et l’affaire est pliée.

Voilà voilà. Thanos le méchant a été tué en une minute chrono. Eh bien, je veux bien qu’ils l’aient trouvé un peu affaibli, mais là, on parle quand même d’un mec qui collait sa raclée à Hulk d’une main dans le film précédent. On va dire qu’il n’avait plus envie de vivre après avoir lu le script du film. Quelque part, je le comprends.

Thanos est mort, les pierres détruites… que reste-t-il à faire ? Ma foi : rien.

Aussi, bondissons de cinq ans en avant.

La Terre panse ses plaies. Les gouvernements se sont pour la plupart effondrés suite à la disparition de 50% de leurs électeurs (même si dans certains arrondissements de Paris, ils votent encore), les gens sont tous traumatisés par ce qui est arrivé, et d’immenses monuments sont dressés pour se souvenir des noms des milliards de disparus. Autant le dire : l’ambiance n’est pas au tournage de slips (ce qui ne veut pas dire que ça n’a pas été essayé). Ce pourquoi Captain America, en bon boy scout, use d’une partie de son temps pour aller dans des groupes de parole aider les gens à surmonter la douleur.

« Moi, j’ai pleuré lors de mon dernier rencard. Et le mec en face aussi. On n’arrive pas à surmonter ce qu’il s’est passé.
– Je comprends les amis. C’est dur de perdre les siens. Vous savez, moi, j’ai dormi 70 ans dans la glace, alors à mon réveil, il ne restait plus grand monde non plus et…
– Non mais c’est pas ça le problème.
– Ah bon ? Ben c’est quoi alors ?
– Le plan de Thanos. C’était tellement con qu’on ne s’en remet pas. Pensez-vous : éradiquer 50% de tout ce qui vit pour que l’autre moitié dispose de plus de ressources… non seulement c’est con puisque ça n’est qu’une solution temporaire, mais en plus, faut pas oublier que l’agriculture et l’élevage, c’est du vivant. Donc si tu réduis la population de 50%, mais qu’il y a aussi 50% de blé et de riz en moins… ben ça revient au même. »

Captain America réfléchit très fort, jette son bouclier dans la gueule de cette fripouille qui relève les erreurs du script, et avant que quiconque ne puisse réagir, il s’enfuit en courant vers la scène suivante.

Captain America n’arrive pas non plus à surmonter la nullité crasse du scénario.

Qui s’avère être la Veuve Noire occupée à faire un point avec différents Avengers dispersés aux quatre coins du globe, voire de la galaxie. On y apprend ainsi que Œil de Faucon, devenu tout bougon depuis que sa famille sert à donner du goût aux patates braisées, s’est transformé en justicier solitaire qui massacre des gangs entiers partout où il passe. Quant à Captain Marvel…

« Captain Marvel, vous, ça va ? On vous voit bientôt ?
– Non je… j’ai… des trucs à faire.
– Okay, et donc, on peut vous joindre au besoin ?
– Euh… non. Non, parce que sinon, vraiment, je vous plie le film. Je vais donc plutôt aller faire caca. »

La Veuve Noire approuve : surtout, quoiqu’il arrive, elle ne la dérangera pas. Le caca, c’est sacré. Mais alors qu’elle en est à ces considérations, voici que Captain America se pointe.

« Je déraaaange ?
– Non, je parlais caca avec Captain Marvel. D’ailleurs vous commencez à faire chier à tous être capitaines, là. Y a pas un lieutenant quelque chose ? Un général bidule ? C’est une vraie armée mexicaine votre affaire.
– Je vous arrête tout de suite : j’ai expulsé ce petit rabouin de Captain Mexico hier. Mais si, rassurez-vous, on a d’autres gardes parmi nous.
– Vraiment ?
– Oui. On a le caporal Roudoudou, mais avec Iron Man, on l’a enfermé dans son casier, il faisait rien qu’à nous demander pourquoi on a pas coupé le bras de Thanos dans le film précédent comme on a fait là. C’était lourd.
– Vous avez bien fait… dites-moi, vous avez deux minutes, Steve ? J’aimerais vous faire mon numéro de femme brisée par les événements. J’ai perdu tant de gens que j’aimais, Steve…
– Un peu comme une Veuve par exemple ?
– Oui, un p… ah merde, oui, c’est vrai que c’est pas très cohérent de s’appeler la Veuve Noire et de ne pas supporter la perte de ses proches.
– Allez, ça va, c’est plutôt une bonne nouvelle de ne pas vraiment être une veuve. D’ailleurs, c’est aussi une bonne nouvelle de ne pas être n… »

Vite, que quelqu’un interrompe les réflexions politiques d’un américain moyen de 1945 ! Et ça tombe bien, car à ce moment-là, voici qu’arrive à la porte de la base des Avengers… Scott Lang, plus connu sous le nom de Ant-Man ! Mais d’où sort-il celui-là ? Vite, nos amis le font entrer pour savoir ce qu’il veut. Et Scott de rejoindre les deux compères dans leur bureau pour s’expliquer.

« Vous me reconnaissez ? C’est moi, Ant-Man, l’homme fourmi ! Je sais faire des trucs de fourmi, comme piquer du sucre ou tomber malade en touchant des pièges qui… vous vous en foutez, c’est ça ?
– C’est ça.
– Bon écoutez, vous avez vu Ant-Man 2 ? Ou vous vous en foutiez aussi ?
– Aussi.
– Vous me facilitez pas la tâche. Mais allez : à l’arrière de ma camionnette, j’ai une super machine à explorer des dimensions quantiques.
– …
– C’est une sorte de tuning, vous ne pouvez pas comprendre. Bref, j’étais pépère à explorer une dimension quantique, avec ma nana pour me ramener en cas de souci quand soudain, paf, Thanos ! Et il fait passer ma nana du siège passager au cendrier en deux-deux. Aussi, je suis resté bloqué dans ma dimension merdique cinq heures selon moi, mais pour le monde, ce furent cinq années ! Alors me revoilà, parce que les enfants, vous seuls pouvez m’aider, les Avengers. Je crois que j’ai une idée. Si les dimensions quantiques ont une temporalité différente… on pourrait s’en servir pour voyager dans le temps, et sauver tous les gens qui sont morts !
– Votre discours a l’air complètement absurde. Mais bon, c’est vrai qu’on n’a rien de mieux. Allons en parler à un bon ami scientifique qui pourrait nous aider. »

Et tous trois prennent la voiture pour rendre une petite visite à Tony Stark qui depuis qu’il s’est retiré des affaires vit… dans une maison isolée à la campagne.

Bon, c’est quoi cette affaire ? Pourquoi TOUS les héros qui se retirent s’installent tous dans une caricature de maison américaine dans un coin paumé ? Personne ne prend sa retraite en ville ? Ou même dans une minuscule bourgade ? Non : il faut une demeure perdue avec un porche sous lequel se balancer en contemplant le drapeau qui flotte sur la pelouse, pendant qu’au loin, tes enfants jouent en plein air, puisque c’est connu, aucun ne préfère sa console. Même Thanos s’était replié dans une petite cabane proche de la nature, alors que moi, je l’aurais bien vu prendre un petit F2 à La Bourboule et faire ses courses au marché en charentaises en traînant son petit caddie en tissu derrière lui. Enfin, revenons à la ferme Stark.

Captain America, la pas-trop-Veuve Noire et Ant-Man débarquent ainsi pour trouver Tony Stark occupé à jouer avec sa toute jeune fille.

« Bonjour les amis, cela fait plaisir de vous voir ! Que puis-je pour vous ?
– Ant-Man ici présent dit qu’on pourrait voyager dans le temps pour sauver tous les gens qui ont disparu. Qu’en penses-tu ?
– Que c’est naze. On ne peut pas changer le passé. Il faut avancer et ne pas croire en ces conneries, le voyage dans le temps est impossible. »

Dit le mec qui a combattu Thanos et sa pierre du temps permettant de le remonter. Les scénaristes, vous le dites si on vous emmerde, hein.

« Mais vous pouvez rester manger. Pepper a préparé son plat signature.
– Le travers de porc, sel, poivre ?
– COMMENT LE SAVEZ-VOUS ? »

Tony préfère congédier ces gens venus lui donner de faux espoirs, et le trio déçu décide d’aller rendre visite à Bruce Banner, autre scientifique de génie, qui lui, a passé ces 5 dernières années à accepter le Hulk en lui, et est désormais en permanence sous sa forme de Hulk, mais avec son intelligence humaine (comprendre : de personnage Marvel, ce qui veut dire qu’elle fluctue beaucoup selon les besoins du script). C’est donc un bien brave géant vert qui écoute nos larrons… et décide que cette histoire de voyage dans le temps n’est pas aussi stupide que cela.

Pour rappel, Ant-Man se promène avec une machine quantique installée à bord d’un van dont le klaxon joue la Cucaracha. Et ce n’est même pas une blague.

Hulk accompagne ses camarades jusqu’aux locaux des Avengers, et se met à travailler sur une machine temporelle. Pendant que Tony Stark de son côté, poussé par la curiosité, étudie aussi ce qui pourrait être fait, tant il n’arrive pas à complètement décrocher de tout cela. C’est Ant-man qui s’y colle pour les essais, car pour faire le voyage, il faut se réduire en taille jusqu’à atteindre la fameuse dimension quantique, et donc, avoir avec soi de la molécule de Pym, le célèbre carburant de la combinaison d’Ant-Man et inventé par Jean-Michel Pym, inventeur de la combinaison qui rétrécit, mais surtout célèbre pour les petits gâteaux qui portent son nom. On a peut-être laissé Thanos détruire la moitié du monde vivant, mais par contre, jamais il n’a pu mettre la main sur les Pim’s, faudrait voir à pas déconner. En attendant, Ant-Man explique un peu de quoi il retourne :

« Attention les petits gars, je n’en ai pas beaucoup
– Des petits gâteaux ?
– Non, de la molécule ! Et M. Pym a disparu comme une bonne partie de la population, donc il faut économiser les ressources, nous n’auront le droit qu’à deux essais et… oh ben non j’ai appuyé sur le bouton de ma combinaison par erreur : un seul essai alors ! »

Vous le saurez, Ant-Man est en charge du quota de gags du film. D’ailleurs, le test temporel de Bruce Banner ne marche qu’à moitié : il parvient bien à renvoyer Ant-Man dans le temps et à le récupérer, mais un coup il est trop vieux, puis trop jeune, puis bébé (« Haaaaan ! » font les gens dans la salle tant ils ne voient visiblement déjà pas assez de vidéos de bébés sur internet)… jusqu’à ce qu’enfin, ils récupèrent un Ant-Man en plus ou moins bon état.

Il reste cependant à travailler, car tout cela est très imparfait : si les Avengers finissent tout vieux à chaque voyage dans le temps, leur prochaine licence risque de s’appeler Captain Pampers.

Heureusement, c’est à ce moment précis qu’une voiture arrive à fond les ballons. Et qu’on nous fait un gros zoom sur sa marque. C’est une… e-tron. La voiture de Tony Stark, dont le nom fait rire tous les Français ayant à la fois un minimum de vocabulaire et encore une passion secrète pour les blagues à base de caca (vous savez que vous en faites partie, il suffit). Et Iron-Man et ses amis anglophones d’ignorer le ridicule de la situation, alors que ce bon M. Stark débarque pour expliquer à Captain America ce qu’il fait là.

« Écoutez, j’ai réfléchi à votre théorie, là, et elle a un défaut. Laissez-moi deviner, Ant-Man a été transformé en bébé ?
– Vous ne pouvez pas le savoir à moins d’avoir lu le script, puisqu’au premier essai, il est revenu en vieux, pas en bébé.
– Oui, bon, c’était pour faire le mec intelligent, mais comme chacun sait, quand on ne sait pas écrire un personnage malin, on lui fait juste deviner l’impossible. En tout cas, votre souci, c’est que vous n’avez pas envoyé Ant-Man à travers le temps, mais le temps à travers Ant-Man. J’ai bidouillé une paire de trucs de mon côté, vous allez voir, on va être bien. »

Et effectivement : promptement, Tony Stark, Ant-Man et Hulk mettent au point une machine à voyager dans le temps fonctionnelle. Vient alors la question… qu’en faire ?

War Machine tente sa chance, et propose à Hulk de retourner dans le passé tuer Thanos, voire Thanos bébé. Une option classique, mais efficace. Alors pourquoi pas ?

« Non, ce serait vilain. Et puis bon, je vous explique : le voyage dans le temps ne permet pas de modifier le passé. »

Ho bon sang, je ne sais même pas par où commencer.

Alors, déjà :
– Si, parce que le Dr Strange l’a fait, mais apparemment, Marvel ne regarde pas ses propres films, et je les comprends.
– Ensuite, si vous ne pouvez pas modifier le passé, pourquoi construire une machine pour y aller faire du rien ?
– Enfin, je veux bien qu’on m’explique pourquoi, je ne demande qu’à apprendre. M. Hulk ? On vous écoute.

« Changer le passé pour modifier le futur, c’est absurde ! C’est impossible ! Si vous voyagez vers le futur, vous ne pouvez pas modifier votre passé, n’est-ce pas ?
– C’est vrai.
– Bon, eh bien si je vous fais voyager en sens inverse dans le temps, c’est pareil ! Votre passé devient votre futur, et votre futur, votre passé, donc vous ne pouvez plus changer votre futur car il est devenu votre passé ! »

Diego ? Va chercher mon dictionnaire des termes scientifiques, c’est pour qualifier ce raisonnement avec des termes exacts. Alors… voyons… C… C… C… ah ! Ici : Complètement con.

Mon petit Hulk, ton analogie ne tient que si on suppose que les gens qui remontent le temps… le parcourent constamment en sens inverse. Sauf que non : ils le remontent jusqu’à un point précis, puis se remettent dans le bon sens (et je ne parle même pas de retourner à leur époque : non, le temps ne se déroule pas à l’envers là où ils sont allés, ils sont dans le même sens que les autres). Un peu comme une rivière que l’on remonterait : quand tu as fini de la remonter et que tu coupes le moteur, hop, tu la redescends avec les autres. Voire tu peux remettre le moteur pour aller plus loin en aval, plus vite, et retrouver l’endroit d’où tu avait commencé à remonter.

Donc, ce que tu dis mon bon, c’est tout pourri, et en plus complètement incohérent.

Mais bon, soyons aimables, car vous savez comme les scénaristes se plantent toujours avec les voyages dans le temps, et mettons : okay, les mecs ont inventé une machine à aller dans un passé qu’ils ne peuvent pas modifier. Ce qu’il faut traduire, en termes de mauvais films, par « La machine ne peut pas tuer Thanos sinon le film s’arrête là« . Habile. Bon, allez, soyons bon public et acceptons ce principe (et on dira que je suis de mauvaise foi, je vous jure). Mais alors, que faire avec cette machine ?

« Il faut bien réfléchir, car nous n’avons que deux doses de molécules de Pym par personne, donc seulement de quoi faire deux voyages. »

Soudain, une porte claque, et une silhouette se présente à l’entrée de la salle de réunion des Avengers.

« CAPORAL ROUDOUDOU !
– Oui, excusez-moi, j’ai été agressé par de mystérieux inconnus qui m’ont enfermé dans mon casier. Je ne suis pas trop en retard ? Non parce que là Monsieur Ant-Man, j’arrive juste à temps : vous étiez en train de dire des carabistouilles.
– Ah oui ? C’est pourtant vrai qu’on n’a que deux doses par personne !
– Déjà, non. Parce que vous n’en aviez même pas deux pour une seule personne pour les tests. Donc si maintenant on en a deux par personnes, c’est que vous savez reproduire ladite formule. 

– Ah merde je… heu… on n’a qu’à dire qu’on a trouvé un vieux stock sous un tapis mais que c’est tout, pas plus ?
– Dans ce cas, enfin, je veux juste aider, vous remontez le temps et vous piquez juste sa formule à Monsieur Pym. Comme ça, hop, carburant illimité en cas d’accident.
– …
– Ou encore plus simple : vous remontez le temps pour aller voir le Docteur Strange, vous lui expliquez la situation, il vous croira puisqu’il peut voir le futur pour le confirmer, et hop, il vous passe la pierre du temps, voire vient nous aider directement. Voyages illimités au pire, et un allié de poids en plus de cela au mieux.
– C’est que…
– Ou alors vous appelez Captain Marvel, puisqu’elle peut tout boucler en deux minutes, vous lui donnez toutes vos doses, et elle s’occupe de tout.
– je… SILEEEEEEENCE !
– Monsieur Stark ?
– Alors déjà, non ! NON ! Captain Marvel est partie faire CACA et on ne la dérange pas ! Parce que le CACA c’est SACRÉ ! Il ne s’agit que de sauver l’univers, on ne va pas l’embêter avec ça !
– Mais…
– À la place, on va se faire chier à bricoler AUTANT de combinaisons permettant le voyage dans le temps que nous sommes, et envoyer des gens pas du tout qualifiés voire un peu foufous dans les couloirs du temps, comme Œil de Faucon qu’on a récupéré entre deux scènes alors qu’il faisait le ninja au Japon, ce qui en plus, est de l’appropriation culturelle ! Vilain Œil de Faucon !
– Que…
– Je propose qu’on aille voler les pierres d’infinités dans le passé parce que je vois PAS DU TOUT comment ça pourrait mal tourner pour le futur !
– C’est…
– Et on va aller les chercher aux PIRES moments qui soient ! Genre pendant la bataille de New York du premier Avengers, alors qu’on pourrait simplement aller récupérer les pierres quand ce n’est pas dangereux et à des moments où l’on sait aussi où elles sont, comme par exemple, quand on avait le Tesseract ou le Bâton de Loki en sécurité chez nous, ou aller taper à la porte de Strange !
– Mais enfin, ça n’a absolument aucun sens c’est… »

Et Tony Stark de saisir le casier le plus proche pour savater le caporal Roudoudou avec jusqu’à ce qu’il ait disparu dedans.

Oui, je vous ai passé la séquence où Œil de Faucon se déguise en ninja avec des accessoires qui feraient rire même un cosplayer.

Voilà. Le plan de Tony Stark consiste à aller récupérer les six pierres à six moments plus ou moins critiques au prétexte qu’au moins, les Avengers savaient où elles étaient à ces moments-là.

C’est absolument nul. Ce film est une blague entre scénaristes bourrés, c’est impossible autrement. Et pourtant, il y a en plus non pas un, mais deux réalisateurs : Joe Russo et Anthony Russo. Et pourtant, à la vue du film, c’est limite si on n’a pas l’impression qu’il n’y a qu’un demi Russo.

Voilà. Avengers : Endgame, c’est ça. L’histoire de mecs qui inventent une machine à voyager dans le temps qui peut les emmener faire du tourisme n’importe où, et qui s’en servent pour visiter Hiroshima au matin du 6 août 1945.

Que voulez-vous que je vous dise ? Sachant que dans l’immédiat, je soupire si fort que j’utilise ma propre cravate comme bâillon improvisé ?

Mais, allez : voyons comment cela se déroule.

La fine équipe se divise en groupes (évidemment), qui vont à différents endroits :

– Ant-Man, Tony Stark, Hulk et Captain America se rendent à New York durant la fameuse bataille, pour y récupérer le Tesseract, le sceptre de Loki, et la pierre du temps dans le manoir de Strange.
– Œil de Faucon et la Veuve Noire iront sur la planète pourrie où Thanos a tué sa fille pour avoir la pierre d’âme
– Neuneubula et War Machine iront voler la pierre de pouvoir sur une autre planète peu avant qu’elle ne soit volée par Star Lord
– Thor et Rocket iront voler la pierre d’esprit à Asgard, là encore, un jour pourri

Passons en revue comment cela se passe pour les différentes équipes.

Thor, qui est devenu bedonnant et alcoolo après 5 années passées à déprimer, se faufile à Asgard, et pendant que Rocket vole la pierre, lui croise sa môman, qui dans le futur, est toute morte, aussi en profite-t-il.

« Môman ! Tu es moins morte !
– Oui mon fils… du futur.
– Comment tu le sais ? C’est parce que j’ai pris du bide et que je sens la Kro ?
– Non. C’est parce que j’ai été élevée par des sorcières, et que le futur ne m’échappe pas.
– Ah bon ? Mais alors pourquoi tu n’as prévenu personne pour Thanos ?
– HOLALA BON IL SE FAIT TARD, TU DEVRAIS REPARTIR VERS TON FUTUR MON LAPINOU ! »

C’est donc bon pour Rocket et Thor. Même si Thor au moment de partir… tend la main pour appeler son marteau ! Et ça fonctionne Il vole ainsi son marteau dans le passé, et le ramène dans le futur. Mais alors comment fait son lui-même du passé sans son marteau ? Il ne viendrait pas de modifier un peu l’histoire, là ?

Vite, des effets spéciaux pour faire oublier le spectateur ! Et suivons une autre équipe.

Œil de Faucon et la Veuve Noire se retrouvent sur la planète pourrie où pour récupérer la pierre d’âme, il faut sacrifier quelque chose que l’on aime, comme par exemple, une dédicace de Patrick Balkany. Mais n’ayant pas cela sous la main, nos héros rivalisent d’esprit de sacrifice, chacun jurant que c’est à lui de se suicider pour que l’autre puisse retourner dans le futur avec la pierre. Ils finissent par se taper dessus en hurlant « Naaaan, c’est moi qui doit être mouruuuuu ! » (et manquent de se tuer tous les deux, ce qui aurait été rigolo, notez), mais finalement, c’est la Veuve Noire qui gagne le concours de qui est la plus bête, et se sacrifie lors d’une séquence relativement inintéressante qui permet à Œil de Faucon de repartir dans le futur avec la pierre d’âme.

C’est bon aussi pour cette équipe ! Quid de Ant-Man, Tony Stark, Hulk et Captain America qui débarquent en plein New York envahi par une armée alien, et où ils doivent s’esquiver eux-mêmes, voire s’affronter (Captain America se retrouve forcé de tabasser sa version plus jeune, par exemple) ? Commençons avec Hulk.

Hulk se rend au manoir de Dr Strange, qui en ce temps-là, n’est pas encore un Sylvain Mirouf interdimensionnel. Il tombe en lieu et place sur l’Ancien, celle qui a tout appris à Strange, et qui à l’époque est la gardienne du manoir et de la pierre du temps.

« Bonjour Madame, je suis Hulk. Pourriez-vous me donner la pierre du temps s’il-vous-plaît ? C’est pour sauver le futur.
– Je ne peux pas faire ça.
– Alors je vais devoir vous péter les genoux et vous les faire mâcher, Madame.
– C’est ignorer une chose… avez-vous vu le film
Docteur Strange ?
– Non ?
– Parfait. Alors savez-vous dire pouët-pouët ?
– Pouët-pouët ?
– CAMION ! »

Et l’Ancien de pincer les tétons de Hulk avec sa magie qui endort son corps, mais propulse l’esprit de Banner hors de son enveloppe. Et comme l’Ancien peut parler aux esprits, ils peuvent discuter en paix, et sans que Banner ne pète des genoux au milieu de la conversation.

Ici, l’Ancien lors des championnats du monde de Pouët-Pouët-Camion 2002.

« Alors ça ! C’est chafouin !
– Et encore, je ne vous ai pas fait pouët-pouët mobylette. Mais parlons un peu. Pourquoi voulez-vous la pierre du temps ?
– Pour empêcher Thanos d’éradiquer 50% de l’humanité. Vous avez une meilleure raison pour la garder ?
– Oui… laissez-moi vous expliquer. Si vous prenez la pierre, nous ne l’aurons plus ici. Et avec une pierre de moins dans l’univers, comment nous défendre contre certaines menaces ? Vous risqueriez de créer une nouvelle ligne temporelle, bien plus sombre où…
– Attendez, attendez, je crois que vous êtes en train de dire qu’on peut modifier le passé, et ça nique un peu nos excuses pour ne pas tuer Thanos et finir le film tout de suite.
– Ah flûte, pardon. Bon, alors écoutez, vous pouvez prendre les pierres, mais il faudra toutes les rapporter pour qu’aucune ne manque jamais à aucune ligne temporelle. Sinon, ça modifierait la…
– Attention vous avez failli le refaire !
– Hohoho, oui, quelle tête en l’air ! Allez, tenez, prenez la pierre et pensez à me la ramener, petit chafouin ! »

Et d’un retour de pouët-pouët camion, elle renvoie Banner dans son corps, puis son corps dans le futur.

Le trio Ant-Man, Captain America et Tony Stark, lui, se débrouille à peu près correctement pour récupérer le sceptre de Loki. Et Ant-Man repart pour le futur avec le butin, laissant derrière lui Captain America et Tony Stark régler un petit souci : ils ont un peu merdé dans l’affaire, et ont laissé le Tesseract… tomber dans les mains de Loki. Pour rattraper cela, et comme ils ont encore une dose du Dr Pym, ils remontent le temps plus loin encore, dans les années 1970, pour aller sur une base secrète, où, dites-voir :

– Le Tesseract était stocké.
– L’agent Carter, l’amoureuse de Captain America, était basée, et il peut donc la regarder de loin avec ses yeux de cocker triste
– Le père de Tony Stark bossait et croisant son fils sans le savoir, lui demande plein de conseils sur l’éducation de son futur enfant
– Le docteur Pym bossait aussi, et a des doses de sa célèbre molécule bien en vue pour que nos héros puissent les voler et repartir en paix

Autant de « ÇA ALORS !« , je pense que ma boîte n’y survivra pas.

C’est donc avec le Tesseract et un gros paquets de raccourcis scénaristiques foireux que nos héros peuvent retourner victorieux dans le futur.

Ne reste qu’un seul groupe… War Machine et Neuneubula.

Et si tout se passe bien de prime abord, puisque War Machine parvient à récupérer la pierre, au moment de repartir dans le futur avec… lui réussit son départ, mais Neuneubula n’arrive pas à lancer le voyage. Son cerveau de cyborg fait des étincelles, voire des blue screens of death, il y a des courts-circuits partout, et elle n’arrive plus à penser clairement. C’est quand elle marmonne « Le cinéma français est très original » ou « N’éteignez pas votre ordinateur durant les mises à jour » qu’elle comprend que son cerveau va mal. Et pourquoi donc tous ces soucis ? Mais tout bêtement parce qu’elle est probablement connectée sur son compte Steam, en même temps que l’autre Neuneubula qui existe déjà dans le passé, et ça les fait merder toutes les deux !

La Neuneubula du passé, qui était pépère avec son Thanos de papounet dans son vaisseau, ne comprend pas non plus pourquoi elle a l’impression qu’elle est connectée depuis deux endroits à la fois. Et qu’elle reçoit depuis le cloud des souvenirs du futur. Comme des enregistrements vidéo, qu’elle diffuse (elle fait vidéoprojecteur, Thanos l’adore pour ses soirées Mario Kart), où Thanos peut ainsi voir la scène du début du film, où il explique qu’il a bien récupéré les pierres, les a bien utilisées, et les a détruites avant d’être tué par les Avengers. Près de lui, sa fille Gamora s’inquiète.

« Papa ? Attends, c’est quoi ton plan une fois que tu auras toutes les pierres ? Non parce que sur la vidéo, tu en parles, mais pas en détails.
– Oooooh trois fois rien.
– Mais ? Au début du film, Neuneubula disait que tu parlais tout le temps de ton plan à voix haute, et que tu lâchais même tes cachettes secrètes ? Alors pourquoi moi je ne sais pas ?
– Ahahaha je… heu… ahaha… écoute, ta gueule, tu veux ?
– On n’aura donc pas une seule scène réussie malgré le budget de ce film ?
– Je ne crois pas, ma fille. En attendant, ce que nous venons de voir veut dire que ce que je compte faire des pierres d’infinité n’est pas suffisant pour rendre les gens heureux… bon, okay, peut-être que tuer 50% de tout ce qui vit peut peut-êêêêtre énerver l’autre moitié du monde vivant, mais vraiment, les gens exagèrent. Moi, je fais ça pour eux. Bon, cela veut dire que je dois utiliser les pierres d’infinité pour un autre plan encore plus radical…
– Donc il nous suffit d’attendre, puisqu’on sait que tu vas toutes les récupérer et t’en servir. Et de simplement changer ce que tu en fais. »

Mais non, ce serait trop intelligent, et encore une fois, cela terminerait le film ici. Aussi, Thanos a un meilleur plan : il parvient à localiser la Neuneubula du futur, la récupère, lui vole l’une de ses doses de molécule de Pym et sa combinaison de voyage… et la fait remplacer par Neuneubula du passé, qui elle, est toujours loyale à son père. Quelle fourberie.

Hop ! Nous revenons donc dans le futur, où tous les Avengers réapparaissent ensemble après leurs différentes missions, avec les pierres d’infinité ! Mission accomplie ! Attendez… il ne manquerait pas quelqu’un ?

« Œil de Faucon ? Où est la Veuve Noire ?
– Maintenant, on l’appelle plutôt la Petite Tache Noire au Fond d’un Ravin.
– Oh ! »

Tout le monde est bien triste, et c’est donc dans une ambiance morose que tous se mettent au travail pour préparer un nouveau gant sur lequel greffer les pierres d’infinité. Iron Man en conçoit un en nano-machines, capable de s’adapter à n’importe quel porteur, parce que c’était pas plus simple de demander « Qui le porte ? » et de faire un gantelet tout con à la bonne taille. Non, là, nos héros bricolent d’abord le gantelet, puis se demandent qui doit le porter. Vu le niveau de ce genre de réflexions, je proposerais bien un singe bonobo qui ferait sûrement plus malin qu’eux, mais il y a déjà d’autres candidats : Thor voudrait bien, cependant c’est Hulk qui l’emporte, car vu que l’utilisation du gantelet a tendance à faire bobo à son porteur, autant prendre le plus costaud d’entre eux.

Notez que c’est peut-être la décision la moins bête du film, alors profitez-en, parce que ça ne va pas durer.

Hulk enfile le gantelet qui s’adapte par la grâce des nano-machines à ses gros doigts boudinés, et hop ! D’un claquement de doigt, et même si la puissance des gemmes lui ravage tout le bras, il ramène à la vie tous les gens qui avaient été transformés en cendres ! Un peu partout dans la galaxie, des êtres vivants réapparaissent 5 ans après leur disparition : humains, extra-terrestres, Kiki le chien, tout le monde est de retour (ce qui doit être rigolo pour les gens qui réapparaissent dans des avions crachés au fond de l’océan après la disparition du pilote, mais passons).

« C’est bon les amis, j’ai ramené tout le monde… y compris les étudiants de Rennes 2. Alors dépêchez-vous si vous êtes là-bas, ils ont 5 ans de blocages à rattraper. »

Mais ça, nos héros ne sont pas là pour le voir, puisque pour l’instant, ils sont dans le QG des Avengers à s’inquiéter pour Hulk qui a quand même dégusté dans l’affaire, et ressemble plus à un gros bol de guacamole qui gémit qu’à un invincible colosse. Tenez : Ant-Man est à deux doigts de tremper un burrito dedans, c’est dire.

Ils ignorent cependant que dans la pièce voisine, un drame se joue : Neuneubula, qui est donc celle du passé qui les a infiltrés, est en train d’activer la machine temporelle pour faire venir… THANOS !

Et attention, pas juste Thanos : le vaisseau géant de Thanos, qui l’abrite lui, Gamora, et une armée de plusieurs dizaines de milliers de créatures, dont certaines grosses comme des immeubles.

Hulk, qui était allongé par terre à se remettre de ses aventures, voit donc soudain au-dessus du QG des Avengers l’énorme appareil flottant dans le ciel.

L’occasion pour lui de réaliser que c’est bizarre, parce que d’après le script, Thanos n’avait qu’une seule dose de molécule de Pym (et elle a servi à envoyer sa Neuneubula dans le futur). Alors comment en a-t-il suffisamment pour toute une armée ? Qui ne porte d’ailleurs pas de combinaison spéciale ? On me répondra qu’en fait, il a peut-être reproduit la formule, et que ce n’est qu’un seul vaisseau qui voyage dans le temps, avec tout son contenu (j’essaie vraiment de trouver toutes les excuses au film, vous noterez). Mais dans ce cas, les Avengers n’auraient-ils pas pu tout simplement économiser des doses en voyageant groupés dans un seul objet, comme par exemple au sein d’une tente Quechua ?

J’essaie d’aider.

Mais le scénario n’en finissant plus de se rouler dans ses propres excréments, il cache ce petit souci en coupant la scène avec un terrible bombardement du QG des Avengers par le vaisseau géant de Thanos. Et attention, ça ne rigole pas, car le QG se retrouve intégralement pulvérisé, au point que rien n’y résiste : murs renforcés, protections blindées, tout est réduit en poudre par la monstrueuse attaque, et tous les Avengers qui étaient plus ou moins dans la même pièce mangent une roquette en plein dans la truffe.

Mais il n’y a pas un mort, ni même une grosse blessure, juste une petite coupure ici ou là, et encore, propre : on est chez Disney, que diable. Les roquettes, ça fait juste de la suie sur le bout du nez.

Ah. Heu… d’accord ? Tout au plus, certains sont coincés brièvement sous des débris, mais même ça, ils s’en tirent bien vite. Quant à Neuneubula, elle a esquivé l’explosion en se cachant derrière le script au bon moment. Et s’en va retrouver son père qui débarque avec toute son armée sur les ruines. Et attend tranquillement que Neuneubula fouille les décombres à sa place pour trouver le gant avec les pierres d’infinité parce que berk, il y a de la poussière partout, il ne va quand même pas se salir, dites voir.

Mais des ruines émergent bientôt Captain America, Thor, et Iron Man. Qui vont trouver Thanos avec les sourcils froncés très fort.

« Thanos ! Que fais-tu ici ?
– J’ai voyagé depuis le passé pour vous prendre les pierres. Apparemment, éradiquer 50% de tout ce qui vit ne vous a pas rendus heureux… alors que vous devriez me remercier.
– D’avoir tué tous les gens qu’on aimait bien ?
– Je vois pas pourquoi vous m’en voudriez pour ça.
– Okay, tu es définitivement très con. Que comptes-tu faire avec les pierres cette fois ?
– Effacer cet univers et en faire un tout beau, tout neuf.
– Fascinant. Et si on se mettait plutôt sur la truffe ?
– Allez ! »

Et tout ce petit monde de commencer la bagarre pendant que leurs petits camarades sont toujours occupés à s’extraire des ruines du QG des Avengers.

Tout le monde se met joyeusement sur le coin du nez, mais contrairement au début du film, Thanos est en forme et leur colle une raclée, au point que même lorsque Captain America parvient à soulever le marteau de Thor (il en est digne, tout ça) et à distribuer des mandales au vilain, il finit quand même dans un sale état, seul, face à un Thanos encore en forme et dont toute l’armée débarque derrière lui.

C’est à ce moment précis que des portails de téléportation de Docteur Strange s’ouvrent derrière Captain America, et qu’en jaillissent tous les héros qui ont été ramenés à la vie : Black Panther, Spiderman, Bucky et son fusil tout pourri, ainsi que toute l’armée du… du Wakanda ?

Non mais les mecs, sachant que vos ennemis sont sensibles aux balles (Bucky ne sert qu’à prouver cela) et aux missiles, ramener une armée qui a autre chose que des sagaies qui lancent parfois un petit laser, du genre une mitrailleuse ou un bon vieil A-10 qui fait brrrrt, non ? Personnellement, j’aurais simplement utilisé le gant pour rappeler Albert Roche. Thanos peut peut-être lutter contre tous les Avengers, mais là, je pense qu’on le retrouvait avec la tête enfoncée jusqu’aux épaules dans son propre rectum. Enfin.

Vous l’aurez compris, c’est évidemment la bataille finale du film, entre les gentils et les méchants.

Ne la décrivons pas ici en détails puisque cela aurait peu d’intérêt et qu’il ne se passe rien de particulier à part des échanges de coups, et retenons que nos héros décident que l’urgence, c’est de ramener les pierres dans le passé pour ne pas que Thanos s’en empare. Sauf que la machine temporelle a été détruite… mais qu’il reste la machine quantique qui était à l’arrière de la camionnette d’Ant-Man ! Camionnette qui a elle aussi survécu à une pluie de missiles, et à l’explosion du QG des Avengers, merci.

J’espère qu’un jour ils feront un héros nommé « Coïncidences Man« , cela sauverait la plupart des films Marvel.

Le vaisseau de Thanos, capable de raser des planètes entières, mais qui n’arrive pas à faire taire une camionnette qui joue la Cucaracha.

Et devinez où la camionnette s’est retrouvée ? En plein milieu de l’armée de Thanos bien sûr ! Il va donc falloir faire une percée et amener le gant avec les pierres d’infinité jusque là ! Les héros se succèdent dans cette rude mission, se font la passe, et tentent d’amener le tout à la machine quantique (qui n’est pas non plus endommagée, décidément !). Mais sur le chemin, Thanos parvient à distribuer suffisamment de claques pour récupérer le précieux gant ! Tout serait donc perdu ?

Non, car voici le deus ex machina fait femme : Captain Marvel !

Qui en moins de dix secondes (vous pouvez compter au cinéma) éclate tout le vaisseau géant de Thanos, atomise tout ennemi sur son chemin, et s’en va taper Thanos en personne pour l’empêcher d’utiliser le gant. Elle aurait été là depuis le début, je vous rappelle que c’était gagné depuis longtemps. Mais non, elle avait plus important à faire : son légendaire caca en lisant Biba.

Thanos est presque vaincu mais parvient cependant à la repousser temporairement en utilisant la pierre de pouvoir pour l’envoyer paître un peu plus loin. Il est donc enfin debout seul sans personne qui essaie de le taper pendant plus d’une demie-seconde, dispose du gant et des pierres et…

Sinon ? Toujours personne pour lui couper le bras et l’empêcher ainsi d’user de son gant ? Non parce que ne me dites pas que vous n’y avez pas pensé : vous l’avez fait au début du film. Mais non, les héros se contentent de regarder la bouche ouverte, parce que bon, faudrait voir à pas déranger.

Iron Man se tourne vers le Docteur Strange.

« Strange ! Vous avez vu des millions de futurs et on ne gagnait que dans un seul, dites-moi que c’est celui-là !
– Je ne peux rien diiiiiire ! Ce serait spoiiiileeeer !
– Mais ? Vous êtes débile ou bien ?

– Bon allez, je vous dis juste un truc : vous devez attendre sans rien faire, juste encore un peu.
– Vous êtes vraiment certain qu’il n’y avait pas d’autres options plus intelligentes que de laisser tout cela arriver ? Genre simplement tuer Thanos il y a cinq ans ?
– Oui parce que sinon, il n’y avait pas de suite, et on a une licence à exploiter, mec.
– Ah oui pardon. Bon, et en attendant ?
– Justement, vous attendez et vous ne faites rien, merci.
– Vous êtes sûr ? Je ne lui coupe pas le bras tout bêtement, ne lui envoie pas un laser dans le crâne pendant qu’il est occupé à contempler le gant comme un idiot ? Même pas la célèbre technique d’Ant-Man qui va explorer le fondement du méchant et reprend sa taille normale une fois à l’intérieur pour une bonne blague garantie ?
– Noooo…
– Bon. Je regarde ma montre alors.
– Voilà. Attendez… attendez… c’est le moment ! MAINTENANT FONCEZ DESSUS ! »

Iron Man s’exécute, et parvient, comme le gant est conçu en nano-machines qu’il contrôle, à en retirer les pierres en un instant pour s’en emparer sans même que Thanos ait le temps de réagir.

Et faire ça plus tôt ? Désactiver le gant tout bêtement ou le faire rétrécir sur la main de Thanos jusqu’à ce que ça lui broie les didis vu que tu le contrôles ? Non ? Toujours pas ? C’est un concours de qui sera le moins efficace ? Auquel cas, les mecs, vous devriez postuler, je crois que l’administration de l’URSSAF recrute et vous avez toutes les qualifications requises.

Thanos est sans les pierres, Iron Man les fait glisser sur son propre gant et… claque des doigts.

Toute l’armée de Thanos est, à son tour, aussitôt transformée en cendres, et Thanos contemple plein de dépit toutes ses troupes se désintégrer. Avant que ne vienne son tour, et qu’il n’accepte son sort en silence. On notera au passage que sa fille Gamora ne subit pas ce châtiment, le gant ayant sûrement détecté que « elle fait partie de son armée, mais en fait, elle a réalisé que son papa était méchant donc elle peut rester, et puis bon, on compte bien encore tourner des Gardiens de la Galaxie« . Il est fort ce gant.

Si fort que le pauvre Tony Stark a dégusté après avoir utilisé la magie du gant. Et qu’il agonise gentiment. Il a à peine le temps de marmonner quelques adieux touchants et profonds comme « À plus dans le bus » qu’il est temps pour lui de mourir. C’est tragique : la bataille est gagnée, l’univers sauvé, mais au prix de la vie de Tony Stark.

Et de milliers de soldats morts durant la bataille, mais comme chacun sait, ils  n’avaient pas de prénom, donc tout le monde s’en cogne joyeusement.

Nous retrouvons tous nos héros quelques temps après cela, lors des funérailles de Tony Stark, où tout le monde est fort triste, et où tous les héros font la queue pour lui rendre un dernier hommage. Comme c’est beau : Tony meurt, et tous les gens qu’il a sauvés lui font leurs derniers adieux. Mais ensuite, hein, bon, la vie reprend quand même, hein.

Ainsi, Peter Parker, cette grosse tête à claques de Spiderman, peut retourner à l’école retrouver ses amis.

« Ahaha, c’est moi les copains me rev… eh mais ? Houhou ? Où êtes-vous ?
– Peter, c’est toi ?
– Eh mais pourquoi tu fais une tête de plus copain ? Et c’est quoi cette moustache ? Et… M.J ?
– Peter ?
– Mais ? Tu as des roploplos maintenant ? Eh, on échange notre goûter à la récré et tu me laisses les toucher ?
– Peter, tu as disparu pendant une demie-décennie. J’ai 19 ans maintenant, je vais pas sortir avec un mec qui n’a pas dépassé la 4ème en cinq ans.
– MAIS HEUUUUU ! »

Je plaisante bien spur : par un incroyable hasard (Coïncidences Man veille sur ce monde), tous les amis de Peter ont eux aussi disparu 5 ans, et il n’aura pas le loisir de voir M.J le dépasser d’une tête et le mépriser pendant que lui essaie de rattraper des années saisons Fortnite.

« Et je tiens à remercier ma famille et mes amis qui ont tous gentiment disparu 5 ans avec moi pour arranger l’équipe de tournage de mon prochain film. »

Œil de Faucon, de son côté, retrouve sa famille et va pouvoir reprendre ce barbecue entamé il y a bien longtemps et dont les merguez attendent encore. L’Amérique triomphe : Thanos n’a pas eu ses enfants. Par contre, le cholestérol devrait s’en charger.

Thor, lui, est toujours gras, mais moins alcoolo, et décide de partir dans l’espace avec les Gardiens de la Galaxie histoire de protéger l’univers autrement qu’en restant sur Terre. Ne me demandez pas pourquoi, il a envie, voilà.

Quant à Captain America… il a la difficile mission de devoir, comme promis, ramener les pierres d’infinité dans le passé, là où ils les ont trouvées (je suppose qu’il ira posa la pierre d’âme à côté du corps de la Veuve Noire en marmonnant « C’est bon, y en a plus besoin, merci hein !« ) afin que la ligne du temps soit respectée. Et oui, on n’envoie que lui. Parce que… heu… mais si… heu…. voilà.

Il n’empêche que ça va être compliqué, puisque le film oublie un détail. Un tout petit, trois fois rien. Permettez que je me verse un brandy et que je m’installe dans mon fauteuil. Non, ce n’est pas que Captain America oublie de rapporter le marteau de Thor, ce qui est déjà un problème. Non, c’est un détail un poil plus gros : Thanos.

Thanos a quitté le passé pour les attaquer dans le futur. Et maintenant qu’il est transformé en patient du docteur Petiot, ça va être plus difficile de le ramener. Donc, l’histoire est irrémédiablement modifiée : Thanos ne pourra jamais trouver les pierres d’infinités dans le passé et claquer des doigts pour effacer 50% de la population puisqu’il est tout bêtement mort. Autrement dit, le temps vient d’être très, très largement modifié.

Mais le film l’a aussi oublié : ouf, ce n’est pas comme si c’était la thématique principale de leurs deux derniers films à plusieurs centaines de millions de dollars de budget. Ça peut arriver d’oublier un détail aussi petit, comprenez ces braves gens.

C’est donc sur cette énorme incohérence qui fout en l’air tout le film que Captain America part rapporter les pierres… et ne réapparait pas. Hulk, Bucky et le Faucon qui étaient là pour surveiller que tout se passe bien sont un peu étonnés, car d’après les données, Steve Rogers est bien là, tout près d’eux, revenu à leur époque. Ils se tournent alors pour apercevoir un vieil homme assis sur un banc (parce que oui, ils faisaient leur voyage dans le temps en plein air, dans un parc avec des bancs, c’est plus sympa que dans un laboratoire sécurisé tout gris, c’est connu).

Faucon s’approche du vieil homme, qui est bel et bien Steve Rogers.

« Mais ? Steve ? Tu as les cheveux blancs et tu sens un peu le pipi ? Que s’est-il passé ?
– Oui, Faucon, je suis tout vieux maintenant. Vois-tu, quand je suis retourné rapporter les pierres, tout s’est bien déroulé, mais… j’ai décidé que j’étais plus à ma place dans ce passé. Que je pouvais prendre mon temps. Alors je suis allé trouver ma vieille copine, l’agent Carter, je l’ai épousée, et voilà, j’ai fait ma vie avec. Je suis revenu dans le présent par le chemin le plus long.
– Tu réalises qu’on a passé le film à dire qu’on ne pouvait pas modifier le passé, qu’on l’a bouclé sur une énorme incohérence, et toi tu en rajoutes une encore plus énorme ?
– À ce stade, tout le monde s’en fout, c’est absolument n’importe quoi. Et en parlant de n’importe quoi… tiens, je t’ai rapporté mon bouclier, Faucon. Désormais, tu seras le nouveau Captain America. Et comme tu es noir, c’est progressiste.
– Okay mais pourquoi tu me files ça à moi alors qu’on se connait depuis très peu et qu’on est à peine potes, alors qu’il y a juste derrière nous Bucky, ton plus vieil ami ?
– Parce que j’parle pas aux cocos. »

Ah, hé : on est Captain America ou on ne l’est pas.

Voilà. Iron Man est mort, Captain America ne contrôle plus ses sphincters, la Veuve Noire a servi de caution à la location d’une pierre d’âme… c’est la fin d’une époque.

Et c’est donc sur cette dernière image que tout se termine et…

…FIN.

Pendant ce temps, quelque part dans l’au-delà, la Veuve Noire réalise que dans l’affaire, elle fait partie des Avengers depuis le début mais n’a jamais eu son propre film. T’avais qu’à être le Veuf Noir.

Et vous savez ce qu’est le meilleur moment du film ? La séquence post-générique.

En effet, il n’y en a pas.

Ce qui en fait la séquence la moins ratée de ce chef d’oeuvre.


Pour votre information, sachez que j’ai lu des gens expliquant qu’ils avaient pleuré durant le film.

Alors, techniquement, oui, moi aussi, c’est vrai.

Mais il va falloir parler de la couleur de nos larmes.

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Un odieux connard

À noter que Captain Marvel ne semble énervée que par la disparition de NIck Fury ; 50% de la population, bof, ça la touche moyennement.

Quand l'Amérique pleure, elle va souvent se remonter le moral en envahissant un pays au hasard ; tremble, Captain Moyen-Orient !

Quitte à aller au bout du concept, faire dans l'absurde, et ramener un personnage en charge des gags qui maîtrise les voyages dans le temps, Deadpool paraissait un meilleur choix.

Personnellement, j'aime beaucoup son épée qui est visiblement juste un archet de violoncelle couvert de mousse.

On l'appelle aussi le Fléau des Tétons, ou Nipples Bane.

Car non, Thanos n'a pas détruit l'UNEF ; au vu de certains tweets, ces gens étaient déjà cérébralement morts.

Je crois que je vais vraiment écrire un pitch pour Coïncidences Man, il y a quelque chose à faire.

Prochain film où le monde tournera rond, et où le retour de plusieurs milliards de morts près des années n'aura causé aucun problème, vous verrez.

En même temps, c'est ça d'avoir pour seul pouvoir un petit pistolet tout pourri quand tes amis jettent des éclairs et des lasers.

PNL, la PLS et moi

PNL. 

Si ces trois lettres signifient pour vous Programmation Neuro-Linguistique, apprêtez-vous à perdre quelques neurones ainsi que votre foi en la langue, puisque nous allons ici parler d’un fabuleux groupe de music… rapp… de… disons, de gens qui ont découvert un vocodeur dans leur garage, et qui se sont récemment fendus d’une nouvelle chanson qui met en émoi le bon peuple, avec plusieurs dizaines de millions de vues de leur dernier clip à peine sorti. 

Or, me direz-vous « Mais diable, Monsieur Connard, mais quelle puissante poésie invoquent ces jeunes gens pour ainsi toucher le cœur de tant d’âmes innocentes ?« 

Une excellente question, à laquelle je vais répondre dans quelques instants, mais d’abord, laissez-moi aller cacher mon dictionnaire : il ne mérite pas d’être témoin de ce qui va suivre. Mesdames et Messieurs, il est temps : parlons d’artistes français majeurs de 2019, PNL, et leur dernier clip, Au DD, dont je vous mets le lien ci-dessous afin que vous puissiez constater vous-même que plus que la poésie, c’est la qualité musicale qui prime chez nos amis.

Maintenant, silence : laissons place aux paroles.

Commençons avec le titre « Au DD » qui nous permet de constater l’esprit de synthèse bluffant de nos héros : entre le nom de leur chanson et celui de leur groupe, le mot entier le plus long est « Au ». Tremble, Cyrano, car la beauté de la langue est en marche ! Quant à DD, je suppose que cela fait référence à la commande dd, et que cette chanson est dédiée à toutes celles et ceux qui ont tenté de copier un disque sous Ubuntu.

Cela étant dit, passons au texte, au flow pur et puissant.

Bat les couilles d’l’Himalaya 
Bat les couilles, j’vise plus l’sommet 

Tout commence donc par le spleen, disons-le, de l’un de nos poètes, qui visiblement découragé par des ambitions qu’il n’a su atteindre, le voici réduit à s’engager dans une féroce bataille avec ses propres testicules. Qui gagnera ? Les testicule ou la coucouille qui les moleste ? Et quel était cet objectif inatteignable qui mérite cette déclaration d’abandon ? Réussite sociale ? Reconnaissance ? Ou lecture intégrale d’un épisode de Pif Poche ? Le suspense est insoutenable, dites-m’en plus, PNL.

Mon cœur fait « ouhlalala » 

Un détail important, puisque ce bruit n’est pas normal chez l’humain en bonne santé : c’est l’un des symptômes de l’AVC. Ce qui explique le titre de la chanson : on sent que ces gens auraient bien besoin d’une rééducation orthophoniste. Moi aussi, d’ailleurs, rien qu’au fond musical, mais là n’est pas le sujet. 

Ici, Francis est bien embêté : son cœur fait « Ouhlalala », « Wesh bien ou bien ? » voire « Wallah le scoot! » ce qui est généralement synonyme de gros problème.

Crime passionnel que j’commets 

Que l’on se calme, nulle mention ici de violence conjugale : je rappelle que notre héros ici est engagé, tel un William Wallace des slips, dans une féroce bataille contre ses propres testicules. Qui sont donc les seules victimes de ses excès passionnels. Chaque année, en France, des millions de couilles sont battues dans le plus grand silence, particulièrement lors des cérémonies des Césars. Une pensée pour elles. Merci.

Sur ton cœur, j’fais trou d’boulette 
J’fais tache de sang sur le pull 

Notre rappeur, profondément fragile, fait ici référence à sa maladresse lorsqu’il se roule ses cigarettes magiques : une boulette incandescente est si vite arrivée, et voici un pull ruiné. Un peu comme une tache de sang, tant cela est difficile à faire partir, fut-ce en machine. La métaphore est puissante, mais retenons surtout une chose : l’artiste a un vrai problème bien plus qu’avec la lessive, concernant l’emploi des déterminants. On dit « un trou » et « une tache », comme dans « J’ai déjà vu un trou de balle faire preuve de plus de créativité » ou « Chaque visionnage de ce clip rajoute une tache sur mon âme déjà meurtrie« . 

J’désire nullement vous connaître 
Ni toi, ni ces fils de putes 

On sent le rappeur fragile, un peu timide, qui refuse de rencontrer autrui et s’enfonce dans son jogging tel l’escargot dans sa coquille. Notons cependant que sa timidité ne l’empêche pas de faire des commentaires désobligeants sur les mamans de l’ensemble de la population dont il parle, ce qui est tout de même un peu cavalier, tant chacun sait que les mamans, c’est sacré. Ce qui n’en laisse pas moins que la vraie question est : quel rapport avec les paroles précédentes ? Voire avec la choucroute ? Pourquoi passe-t-on d’une sombre histoire de pull taché à un souci de sociabilisation ? Je vous avoue que je suis un peu perplexe, et que je suis en plus bien embêté quand des rappeurs que je ne connais pas m’adressent gratuitement doigts et commentaires désobligeants. Je dois sûrement louper quelque chose, ils doivent avoir quelque chose en plus que je n’ai pas. Et à vue de nez, je dirais que c’est un chromosome.

J’me tire d’ici si j’m’écoute 
Sang corse mélangé bougnoule 

C’est un peu raciste, mais comme chacun sait : si c’est du rap, c’est okay.

On me dira que j’exagère, mais je ne sais pas. J’ai l’impression qu’on ne laisserait pas passer ça dans n’importe quel autre genre musical. Tenez, par exemple, vérifions la chose sur le champ. Prenons la chansons Avenir, de Louane, et ne changeons qu’un seul vers.

Partie loin derrière, 
Sans trop de raison, 
Tu m’as laissé hier, 
Bougnoule.

Hmmm. Ça sonne curieusement quand même. Je peux déjà entendre le bruit des bûchers qui s’allument sur Twitter. Intéressant, mais passons.

La Lune, j’aime plus, j’vous la laisse

Personnellement, quand je lis « La Lune, j’aime plus », j’ai l’impression de lire un enfant de cinq ans qui ne veut pas finir sa compote. 

Mais il est à noter qu’ici, le rappeur est généreux : il nous rend la Lune. Qui est pourtant l’une des rares choses qui appartient à toute l’humanité. La Lune étant ainsi collectivisée, elle est probablement communiste : raison exacte pour laquelle les Américains allèrent lui mettre des pieds dans la gueule. En attendant, notre fier rappeur nous fait un cadeau, et ça, cela se savoure. Si par contre, il pouvait aussi arrêter de partager l’oxygène avec nous, il serait bien urbain. Et probablement tout bleu, mais c’est accessoire.

J’m’endors sous doré, sous gnôle 
J’suis ni d’chez moi ni d’chez vous 

Ici, la recherche est subtile, profonde : la référence au vagabond ivre est là. Il est de nulle part et de partout à la fois, et se perd dans des paradis alcoolisés. On pense par exemple à Rémi Sans Famille, qui après avoir perdu Capi et Joli-Coeur, sombra dans la 8-6. Qui ne se souvient pas de ces passages poignants où Maître Vitalis lui enseigne comment jouer du diabolo devant Monoprix pour aller se payer une canette de Monster à mélanger avec un fond de vodka premier prix ? Magnifique. La poésie de la rue, devant nous, comme cela au débotté : tenez, je pleure.

Tiens ? C’est du sang. Curieux.

« Wallah Maître Vitalis ! Venez, on va se mettre ienb’ derrière le Carrouf de Créteil-Soleil ! »

Elle veut la bise, elle veut qu’j’la baise 
J’connais la route, j’connais l’adresse 

Là encore, imaginez Louane chanter la même chose, et elle serait assignée au tribunal par dix-sept associations différentes.

Mais là, ça va. Je ne sais pas. Il doit y avoir une sorte d’immunité diplomatique si l’on fait du rap. Ou si l’on a un gros vocodeur. 

En attendant, notons que l’auteur de ces paroles semble confondre un peu vite bise et baise, ce qui peut provoquer quelques complications lorsqu’invité chez Madame Michounet, le rappeur voyant une joue tendue sort sa kikoute en demandant « Chez vous, c’est plutôt deux ou quatre ?« .

J’t’encule sur l’continent d’Hadès 

Comme ça ? Au débotté ? Enculer, d’accord, mais se tutoyer, attendez un peu, tout de même : on n’a pas élevé les pitbulls ensemble.

Quant au continent d’Hadès, j’imagine qu’il est ici question du seul endroit où règne Hadès, à savoir, les Enfers grecs. L’artiste propose donc à l’auditeur de l’enculer en enfer ? Allons, bon ami ! Vous êtes déjà en train d’attaquer mes oreilles, attendez un peu. Je ne sais pas, prenons un verre d’abord ? Visiblement, le thème fondamental de la chanson reste que notre bon ami n’aime guère faire connaissance, et préfère aller droit au but, si je puis dire.

Sale comme Taneish, mèches courtes 

Taneish est une Madame, et visiblement, PNL a des commentaires à faire sur sa coupe de cheveux. Car j’imagine que « mèches courtes » et « sale » sont des références capillaires. Ainsi, pendant que l’artiste encule (sic) sur le continent du brave Hadès, il en profite pour faire un bilan capillaire à sa compagne. C’est un peu dérangeant : pendant le sexe, on parle rarement shampoing. Ou alors, c’est que quelque chose a dégénéré et qu’en sus des fluides, quelqu’un a échangé des morpions. PNL a décidément bien des problèmes de slip.

Forte comme la ppe-f’ qu’j’écoule 
J’tire la gueule, j’n’écoute 
Que mon âme seule, mektoub 

Je vous avoue que je suis un peu perdu : un instant, il parle hygiène du cheveu à une madame toute nue, l’autre, il écoule de la documentation sur la Programmation Pluriannuelle Énergétique. C’est un peu confus. Peut-être fait-il les deux en même temps ? Mais dans ce cas, où tracte-t-il ? Et pourquoi écoute-t-il son âme ? Qu’est-ce qu’elle a bien à dire sur tout cela ?

Je dirais bien que cette chanson a été écrite intégralement à l’aide d’un Boggle, mais je ne voudrais pas laisser entendre que nous aurions ici affaire à de petits Jean-Foutre.

Ah, et Jean-Foutre n’est pas un prénom. Je le précise de suite, puisque je sais que des parents indignes me lisent. Officiers d’Etat Civil, ne me remerciez pas, je sais votre détresse.

Au moment où vous lisez ces lignes, quelque part, des parents neuneus sont en train d’appeler leur enfant « PNL », « DD » ou « N.O.S ». Vous le savez. Ce monde sombre, et seul votre cynisme vous permet encore de flotter.

J’vis dans un rêve érotique 
Où j’parle peu mais j’caresse le monde 

Les rêves érotiques où l’on parle beaucoup sont rares, c’est à noter.

J’meurs dans un cauchemar exotique 
Où la Terre ressemble à ma tombe 

Je continue à penser que le Monsieur est en plein AVC et tente de nous dire qu’il est en train de mourir, pendant que le caméraman ne remarque rien et continue à le filmer.

Igo, pourquoi toi, tu parles en Ouïgours ? 
Si ça s’tue, ouais, dis-moi qui signe 
Pas d’honneur, toi, tu sens d’ici 

Tout le monde connaît bien sûr les Ouïghours, peuple musulman de Chine et dont la langue est aussi riche que belle. Mais qui est visiblement complexe, car la suite ressemble effectivement à tout sauf à du français. Qu’est-ce qui se tue ? Qu’est-ce qu’on signe ? Pourquoi ? Et qui est cette personne qui « sent d’ici », ce qui laisse sous-entendre qu’elle a elle aussi de gros problèmes d’hygiène ? Pourquoi cette chanson n’a de cesse de parler de gens tout sales et qui puent mais que l’artiste semble aimer trombiner tel un routier en fin de mois ?

Et surtout, est-ce que quelqu’un peut m’expliquer comment des millions de personnes ont pu volontairement écouter ce truc ?

Wallah, baba m’a dit : « Mon fils, nan, nan 
Toi, pas calculer ces pédales » 

Baba a visiblement du mal avec le français et les homosexuels. 

Décidément, heureusement que c’est du rap, sinon ce serait probablement homophobe. Je vous laisse rechanger les paroles de Louane plus haut pour constater que décidément, ça ne passe pas pareil ailleurs.

Moi, j’ai donné pendant longtemps 
Puis, j’ai perdu mes pétales 

On peut être homophobe et petite fleur fragile, vous savez.

Au DD 
J’la passe, la détaille, la pé-cou, la vi-sser, des regrets d’vant ton bébé 

J’imagine que cela traite d’une mésaventure à Brico Dépôt avec un meuble particulièrement retors. Puisque sinon, je cherche, mais je ne vois pas.

J’sors de chez toi, j’reprends ta voiture mal garée puis j’retire ton PV 

L’artiste évoque ici la problématique du stationnement et de l’oppression fiscale dans nos villes modernes. Vivement les prochains clips : PNL fait du vélo, PNL et la trottinette de location ou encore PNL et le PV que j’aurais pas dû retirer maintenant j’ai un malus à payer. En plus, PV, c’est en deux lettres : c’est à la portée de nos larrons.

J’recherche un billet, des affaires, des plans dans la planque, un peu trop peiné 
J’fais un bisou à mes cafards dans la cave du 6, les pectoraux gainés 

Où l’artiste évoque comment il a monté une salle de musculation pour cafards. Il leur fait probablement soulever de petits sucres, voire faire du tapis devant des clips que seules des créatures capables de survivre à un hiver nucléaire pourraient supporter. Comme ce clip, par exemple.

Les BACqueux té-ma parce que les ients-cli ne tomberont jamais sur messagerie 

La maréchaussée s’intéresse visiblement de près à notre artiste, qui semble ne jamais fermer boutique. Mais pourquoi ? À quel drôle de commerce s’adonne notre héros ? De la… non, pas de la drogue tout de même ? Allons ! Cessez, ne dites rien, ne brisez pas mes illusions ! Peut-être fait-il circuler une autre marchandise un peu honteuse sous le manteau, comme des t-shirts de contrebande Fortnite ?

Comme on dit probablement dans la cave du 6 « Passe la BAC d’abord. »

Eh, poto, démarre dans la jungle, j’y suis H24, j’y fais des singeries 

La métaphore est puissante, le champ lexical habile : il est question de jungle urbaine et de tours de filous réalisés au nez et à la barbe des gabelous les plus féroces, vous l’aurez compris.

La rue, j’la dévale à toute allure avec du Gucci comme Mitch 
J’me promène dans les beaux quartiers avec le seum qui fait peur aux riches 

Rappelons que ces gens déambulent principalement en jogging.

À défaut de faire peur, ça fait surtout mal aux yeux.

Que la famille, personne nous inquiète jusqu’au dernier gramme 
Toujours dans mon 9.1 parce que j’suis baisé par Paname 
Sans, sans, sans l’bénéf’ de la rue, j’aurais jamais niqué le game (game, game, game) 

Oui, je comprends. Avoir des affiches à sa gloire dans le métro, le tour Eiffel à disposition pour son clip, des scènes majeures un peu partout et des albums vendus par palettes, c’est évidemment la misère, la rudesse de se faire baiser par Paname, et l’obligation de vendre du chichon à tous les passants.

Ici, nous avons deux options : soit quelqu’un est très con, soit quelqu’un se fout de notre gueule.

J’autorise bien sûr la réponse « Les deux mon capitaine« .

Me sens pas trop humain, un peu comme mes igos habités, yah 
Y’a du sang à vider, yah 

Qui ne « me sens pas trop humain » ? Toi-même ? Un voisin ? Le chien de Monsieur Pipounet ? Les déterminants étaient déjà passés à la trappe, voilà que les pronoms et autres sujets les ont rejoint. C’est moche. Bon, oui, la chanson aussi, mais tout de même. Prenons un instant pour penser aux professeurs de français qu’ont eu ces gens. Et qui les entendent aujourd’hui. 

Au DD (DD), que des deuxièmes degrés, j’suis effacé, yah 
T’as reconnu le cri, côté animal mais rien qu’tu connais le prix : le canon à ny-Ma 

Là je vous avoue que j’ai mis les meilleurs linguistes sur le coup. 

Imaginez que quelqu’un retombe sur tout cela dans quelques siècles. À toi, pauvre Champollion du futur, sois fort. 

« Les hiéroglyphes, d’accord, mais là, je laisse tomber, je pige que dalle. »

En attendant, notez que c’est pratique : si vous ne savez pas faire de rime, rajoutez « Yah » à la fin de vos phrases et pouf, ça marche. Exemple :

J’ai acheté du poulet, yah.
Pense à la mayo, yah

La musique, en 2019, c’est vraiment bluffant.

Au DD 
Que la famille dans le bât’, on te la push taille-dé au DD 

Détaille ? Taille DD ? Peut-être une référence à un bonnet de soutien-gorge tout à fait honorable ? 

Pas mélangé, cœur d’étranger, rien n’a changé 
C’qui doit arriver va arriver, yah 
C’est peut-être mon dernier album 

Si seulement.

P’t-être ma dernière puta 

Non, vraiment ? Toujours aucune association féministe sur le coup ? Moi aussi j’ai le droit de traiter les Mesdames de putes, alors ? 

Comment ça « Spapareil » ? Hmmm. Je flaire comme de l’hypocrisie par ici, dites-voir.

P’t-être mon dernier sourire de toi 

Pas sûr que ça marche en la traitant de pute, mais bon, c’est audacieux.

Dans mon ounga, dans mon ounga 

J’ignore ce qu’est un ounga, mais je subodore qu’il ne s’agit pas d’un confortable petit salon avec des chaises Louis XV.

Pas plus de haine que d’amour, que j’largue entre mes tours 
Moins d’humains après minuit, je sors casser mon tour 
Sur un nuage de l’Enfer 
Viens, on s’casse, mon frère, avant qu’on s’perde 

Où l’artiste, craignant pour le salut de son âme, et faisant référence à la mythologie bouddhiste, nous explique qu’il équilibre son karma lors d’un savant calcul de ratio haine/amour dans ses relations sociales au cœur de sa cité. Et qu’il a quelques missions nocturnes à accomplir impliquant, une nouvelle fois, les Enfers, ce qui me laisse supposer un lien probable avec le Hadès évoqué plus haut. Probablement, si j’ai bien tout suivi, que c’est dans ces moments-là qu’il fait monter son taux d’amour. Et laisse un instant l’exploration urbaine faire place à celle de lieux plus sombres et étroits cachés dans la grande cité qu’est son cucu.

Ceci n’est pas un ounga.

La chanson se conclut sur le refrain, qui reprend : 

Au DD 
J’la passe, la détaille, la pé-cou, la vi-sser, des regrets d’vant ton bébé 

Cette histoire de Brico Dépôt est vraiment étrange.

En tous les cas, voici donc le fleuron de la chanson française, qui fait la part belle à la poésie.

 

Allons voir ce qu’en dit la presse, avec Libération par exemple ?

[…] presque personne, même chez les plus sévères dénonciateurs de ses paroles simplistes et encodées et de ses instrumentaux souvent épais, ne dénie à PNL l’acuité de son regard. 

Amis lecteurs, félicitations : vous n’êtes presque personne.

Il faudrait en faire une chanson.

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Un odieux connard

Écouter PNL provoque des AVC, je le savais.

Ici, Rémi voit de petites étoiles autour de lui suite à un shoot d'amphétamines de trop.

Ne parlons pas de tous les petits Booba qui peuplent nos salles de classe, les enseignants savent.

Parce que le bac français, ne nous mentons pas, ça va être compliqué.

Cela dit, ici, pas besoin de pierre de Rosette : un simple étron mou suffit à résumer toute cette langue magique.

Je devrais vendre cette oeuvre sous ce nom, il y a un truc à faire.

Captain Marelle

Lecteurs, lectrices,

Je profite de la présente introduction pour paresseusement signaler que plutôt que de vous spammer honteusement d’articles pour vous signaler où je serai en tournée, tout cela sera désormais indiqué sur Twitter et Facebook, et pour ceux n’en disposant pas, hop, à droite de ce blog, vous trouverez un aperçu du compte Twitter où apparaît l’actualité du moment. Comme ça, vous saurez où vous pourrez me croiser prochainement. Par exemple, cette semaine, je serai à Bordeaux, puis à Levallois. Suivez donc les les réseaux qui vont bien.

Voilà, maintenant que j’ai trouvé un excellent prétexte pour faire moins d’articles d’annonces de tournée (parce que bon, on veut du spoiler, de la vidéo et de l’article de société, mon bon monsieur), passons aux choses sérieuses et parlons de Captain Marvel. J’entends par là qu’un film Marvel qui obtient 4/5 chez Télérama, cela doit être une sacrée réussite tant le magazine n’est pas connu pour être complaisant avec les grosses productions américaines.

Alors, Captain Marvel, serait-ce enfin un excellent film capable de bluffer les plus bougons ?

Spoilons, mes bons !
_______________

L’affiche. Quand le personnage principal est lui-même source de flammes, nous savons où nous allons.

Tout commence… de manière chaotique.

Car notre héroïne, prénommée Vers (prononcer « Veursse »), se réveille par terre, ce qui est fort inconfortable, on en convient. Autour d’elle, c’est en plus n’importe quoi, puisque tout n’est que poussières, explosions et vieilles dames. Oui, vieilles dames. Voilà qui est peu banal. Car au-dessus d’elle, une petite vieille sourit à notre douce amie. Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Pourquoi est-ce que le ménage laisse autant à désirer dans cet EHPAD ? Toutes ces questions n’auront pas de réponse de suite, car alors que Vers a du sang bleu qui lui coule des naseaux pendant qu’elle essaie péniblement de se relever, un alien pas beau sort des tourbillons de poussière avoisinants, la braque avec une arme et au moment où il tire…

Vers se réveille.

Elle est dans son lit, et autour d’elle, ni poussières, ni explosions, et encore moins de vieilles dames, ce qui est le signe d’une soirée réussie (sauf si vous êtes gérontophile, ne jugeons pas). En lieu et place, il n’y a que les murs froids d’une chambre spartiate, et voici que l’on découvre que notre héroïne vit sur une planète extraterrestre, Hala, qui n’est autre que la capitale de l’empire extraterrestre Kree. Vers est cependant bien embêtée, car après son étrange cauchemar, elle n’arrive pas à se rendormir, aussi va-t-elle frapper à la chambre voisine, dont la porte s’entrouvre quelques secondes plus tard pour révéler…

Tiens ? Jude Law, vous ici ?

Bon, eh bien on peut arrêter le film. Je sais déjà qui est le traître.

Comment je le sais ? Mais à cause d’une règle toute simple du cinéma : si vous engagez un acteur connu, ce n’est pas pour jouer un second rôle. Donc s’il n’est pas directement annoncé comme étant le gentil, c’est fort probablement que c’est le méchant. Je vous laisse vérifier chez vous, mais attention : vous risquez de vous gâcher bien des films policiers, en découvrant que lorsqu’ils interrogent des suspects, c’est toujours l’acteur que vous avez déjà aperçu ailleurs qui est le coupable (ou au pire, le pivot de toute l’enquête).

Mais revenons à Vers qui vient de réveiller Jude Law. Étant donné que je n’ai même pas réussi à retenir le nom de son personnage, nous l’appellerons Kreestian.

« Hmmm ? Kékecé ?
– Kreestian… j’ai encore fait ce cauchemar…
– Vers, écoute, t’es gentille mais il est deux heures du matin, là. Tu veux que je te chante une chanson et que je te mette une veilleuse ?
– Nan… je veux faire… LA BAGARRE ! »

Voilà. Vers a donc la maturité intellectuelle d’un enfant de quatre ans. Le bon réflexe serait de lui mettre une torgnole, un pied au cul et de ramener Vers dans son lit avant de vérifier gentiment s’il n’y a pas le pape en-dessous, mais Kreestian étant bien brave, il accepte de quitter son lit douillet pour aller faire la bagarre en salle de bagarrade avec son amie aussi insomniaque que neuneu. Vers et Kreestian se font face, et commencent à s’envoyer des coups dans la truffe. Cependant, Kreestian a l’avantage à mains nues… jusqu’à ce que Vers révèle qu’elle a un super pouvoir : elle peut balancer des jets de photons depuis ses mains, ce qui fait plutôt bobo.

Bon, bobo, mais pas trop : ainsi, quand Vers tape à côté ça troue les murs, les portes et tout ce qui passe, mais si jamais elle touche un être vivant, hop, soudain, ça se contente de le propulser en arrière comme s’il avait pris un gros coup de poing magique dans le bidou. Une bien belle technique pour éviter d’avoir à interdire le film aux moins de 16 ans, c’est subtil. À peu près aussi incohérent qu’une mitrailleuse qui ferait des trous partout, sauf dans les gens, mais subtil.

Kreestian, lui, goûte cependant peu de se prendre des photons dans la gueule, déjà parce que ça pique, et ensuite, parce qu’il ne sait pas où ces photons ont traîné avant de finir sur lui.

« Vers ! Tu dois te battre à mains nues, pas avec tes pouvoirs !
– Mais c’est plus facileuuuuh !
– Apapap. Un vrai guerrier kree peut vaincre n’importe qui avec ses mains, fut-ce un meuble Ikea. Je t’ai formée pour y arriver. Si tu veux partir en mission, tu dois gagner un combat avec ta force et ta technique, pas en te laissant aller à tes émotions et en envoyant des photons dans la gueule des honnêtes gens.
– Mais je sais que tu n’es pas honnête : tu es Jude Law et on vient de voir plus haut que…
– Chut j’ai dit ! Si tu m’envoies encore une fois des photons, je te préviens, je t’emmène chez l’Intelligence Suprême qui dirige notre civilisation, et ça bardera pour ton cul ! Parce que le pouvoir de balancer des photons, nous te l’avons donné grâce à une puce implantée dans ton cou, mais nous pouvons aussi la reprendre !
– Mais heuuuuu !
– Pas de mais heu qui tienne ! Tu te calmes !
– Naaaan !
– TU TE CALMES J’AI DIT ! »

Mais pour seule réponse, notre pauvre ami reçoit un nouveau jet de photons tout sales dans la gueule. Quand Vers fâchée, elle toujours faire ainsi.

En conséquence, Kreestian, un peu bougon avouons-le, décide d’emmener sa protégée chez l’Intelligence Suprême, qui comme évoqué plus haut, est l’intelligence artificielle qui gouverne l’empire Kree. Notez que confier son peuple à une intelligence artificielle a bien des avantages : il y a moins d’élections à gérer, les déplacements diplomatiques sont peu coûteux, et franchement, qui n’a pas envie d’avoir son chef d’état compatible avec son smartphone pour lui parler directement ? Imaginez toutes les possibilités.

« Ok Emmanuel, pense à rajouter des haricots sur ma liste de course. »
« Ok Emmanuel, lance ma playlist « Soirée en boîte avec Christophone Castener » sur Deezer. »
« Ok Emmanuel, qui est Alexandre Benalla ? »

Je plaisante bien sûr : la troisième commande fait automatiquement planter Elysee.exe. Mais revenons à nos moutons.

Vers est emmenée jusqu’au palais de L’Intelligence Suprême, où il est possible d’entrer en contact avec ladite intelligence. Ce qui intrigue notre héroïne.

« Mais au fait Kreestian, à quoi ressemble l’Intelligence Suprême ?
– Elle apparaît à chacun sous une forme différente. Une forme qui représente pour nous un être digne et respectueux.
– Ah oui ? Et toi, elle prend quelle forme ?
– C’est un secret. »

Car Kreestian ne veut pas avouer que pour lui, l’Intelligence Suprême prend la forme du Joueur du Grenier.

« Oui ben moi, je respecte un mec qui rejoue volontairement au niveau sous-marin des Tortues Ninja »

En attendant, Vers est introduite au palais de l’Intelligence, ce qui est assez inattendu quand on la connait, et est invitée à s’installer sur une espèce de piédestal où se trouve une sorte de flaque de métal liquide, qui à son contact, se transforme en circuits qui couvrent sa peau pour quelle puisse rentrer en communion avec l’intelligence (un simple écran, c’eut été moins prestigieux). Et pouf, soudain, Vers ouvre les yeux et se retrouve dans une sorte d’espace un peu vide où elle est en présence… de la mamie de ses cauchemars !

« Mais ? Vous êtes supposée prendre l’apparence de quelqu’un que je respecte ! Et je ne sais même pas qui est cette mamie !
– Probablement quelqu’un que tu respectais et qui est encore dans ton inconscient… après tout, il est vrai que tu étais amnésique lorsque nous, les Kree, t’avons trouvée il y a des années, Vers. Mais là n’est pas le sujet. Tu es ici parce que tu n’arrêtes pas de balancer des photons dans la gueule de Kreestian, et il en a un peu marre, ma petite Vers.
– Mais c’est parce que je m’ennuie, heuuuu !
– Ce n’est pas une raison. Trouve-toi une activité, comme la pâtisserie, le macramé ou un bullet journal. Je ne sais pas, moi. Tu vas pas me faire le coup de l’enfant hyperactif/dyslexique/zèbre/relou.
– Mais je veux balancer les photoooons !
– Bon, écoute moi bien. Tu sens la puce que tu as dans le cou ? C’est celle que nous t’avons greffée pour te donner ce pouvoir. Alors n’oublie pas que comme Kreestian l’a dit, ce que nous donnons, nous pouvons aussi le reprendre. Surtout si je te reprends à faire des bukkakes photoniques en douce.
– Maiiiiiis…
– Ça suffit. De toute façon, je pense que tu es prête.
– Prête ?
– Prête pour partir en mission. »

Ah. Eh bien je ne sais pas d’où nous vient cette intelligence artificielle incroyablement avancée, mais elle doit être sous Windows XP pour être autant aux fraises. Non parce que personnellement, on m’envoie une recrue qui réveille toute la base à deux heures du matin parce qu’elle a fait un cauchemar, qui utilise ses armes sur ses petits camarades pour déconner et qui admet ne pas se contrôler, ce n’est pas en mission que je l’envoie, mais au gnouf. Mais chez les Kree, non : une guerrière débile reste une guerrière, allez hop, au front. Probablement dans un bataillon disciplinaire. Celui constitué des gens qui n’ont jamais réussi à déchiffrer le programme télé lors de leur journée d’appel.

Vers est ainsi affectée à une escouade menée par Kreestian, qui explique de quoi il retourne.

« Bonjour Vers. Heureux de te voir parmi nous pour ta première mission où tu as été affectée de manière complètement crédible. Laisse-moi plutôt t’expliquer la situation : comme tu le sais, les Krees sont en guerre contre les Skrulls.
– Avec des noms pareils, on dirait le premier chapitre d’un roman de fantasy mal inspiré.
– Certes. Mais toujours est-il que sur l’une des planètes à la frontière de notre empire, Star-Bourg, l’un de nos espions est en difficulté. Sa couverture est grillée et il a besoin d’être exfiltré avant que les Skrulls ne le trouvent.
– Attendez… si c’est une de nos propres planètes… on n’a pas des gens sur place ?
– Ah heu… apparemment… non. C’est une de nos planètes, mais en fait, on n’y habite pas. On doit probablement juste s’en servir comme Air BnB. Bon, bref, c’est pour ça, on y va, on le retrouve, et on l’embarque. Et au moment de la prise de contact, on lui demande le mot de passe, puisque comme vous le savez, les Skrulls peuvent prendre n’importe quelle apparence. Aussi, assurons-nous de ramener l’espion, et pas un ennemi. Un dernier mot : on n’interagît pas avec la population locale. On se fait discret et on part.
– Okay.
– Ah, j’oubiais : LA MISSION COMMENCERA DONC PAR UN BOMBARDEMENT GÉANT DE LA ZONE DEPUIS L’ORBITE. »

Pardon ?

C’est ce que vous appelez être discret ? Pourquoi pas. Quant au peu d’interaction avec la population locale : c’est vrai qu’un missile dans la gueule, c’est assez anodin ; les gens le remarquent peu, surtout quand ils sont dispersés en dix-sept endroits différents après impact.

Plus sérieusement, pourquoi ? Pourquoi rajouter cette partie du dialogue ? Puis une scène géante de bombardement qui pourrit l’intrigue ? Quelques millions de dollars de cramés pour rendre le film moins bon, c’est ce que j’appelle du talent. J’espère que ce film finira nominé aux Oscars, comme Black Panther.

En attendant, la mission commence : la navette de Kreestian, Vers, Jean-Jacques, Jean-Jacques, Jean-Jacques et Jean-Jacques s’envolent donc vers la planète frontière avec quelques bombardiers, qui ont tôt fait de transformer une zone urbaine en réplique de Saint-Denis en l’espace de quelques instants, permettant dans la confusion générale à nos héros de plonger depuis l’orbite pour rejoindre la surface et progresser dans les ruines encore fumantes pour découvrir que le signal de leur espion… émet depuis un temple tout proche.

« Super ! Il est là !
– Kreestian, est-ce que tu es en train de dire qu’on a bombardé la zone sans savoir où était notre homme ?
– Oui pourquoi ? »

Oh, mais pour rien Kreestian, enfin. Tiens, fais attention, tu baves quand tu parles. Tout cela est bien naturel. Et bien malin, surtout.

La fine équipe progresse vers le temple, et aperçoit des autochtones autour d’elle. Pour l’instant, ils ne sont pas repérés mais… le temple, lui, pue l’embuscade d’après Kreestian. Raison pour laquelle Vers s’exclame :

« Bon ben on y va alors ?
– Je viens de dire que c’était une embuscade ! Tu pourrais faire attention quand on parle, c’est quand même ton film !
– Alleeeeeeeeeez ! Steuplééé !
– Bon, d’accord. Quand on me dit steuplé, je dis oui. Jetons-nous dans l’embuscade. »

Vraiment. Non mais vous nous le dites si on vous fait chier. C’est quoi ? Un concours entre scénaristes ? Les mecs ont parié à qui caserait le plus de discussions et décisions absurdes dans le scénario ? Ou bien est-ce comme le service public français : on leur a dit que s’il ne cramait pas tout le budget, ils auraient moins l’année prochaine, aussi ils gaspillent leur argent en scènes absurdes ?

Le mystère est entier, le suspens, moins puisque… oh ben ça alors, c’est une embuscade !

L’espion est bien à l’intérieur du temple, et connait même le bon mot de passe pour se faire reconnaître, mais c’est tout de même un Skrull ! Idem pour les autochtones : aussi des Skrulls ! Ils sont encerclés ! C’est la bagarre, piou-piou-piou le pistolet laser, takakata la mitrailleuse à plasma, et splalaplash les tirs de photons. Mais hélas, si toute l’escouade de nos amis parvient à s’en sortir… c’est à une exception près : Vers ! Celle-ci est capturée par le faux-espion, qui a tôt fait de lui envoyer quelques milliers de volts dans les gencives à l’aide de son arme, pour l’aider à dormir, veilleuse ou non. Une technique que je ne saurais que trop recommander : vous n’imaginez pas tout ce que l’on peut guérir par l’électricité. Une bonne batterie, des pinces crocodiles, et en avant la science. Le fils de ma voisine, présenté comme « hyperactif » pour justifier de ses intrusions sur ma propriété, par exemple, va beaucoup mieux depuis. Il a juste gardé une légère sensibilité des tétons, mais là n’est pas le sujet.

Car Vers, elle, dort et pour une fois, ne cauchemarde pas. Mais tout de même : elle voit des choses étranges.

Elle est plongée dans son passé. Celui qu’elle avait oublié. Et revit différents moments.

Le jour où petite fille, elle faisait du karting et que papa l’a engueulé parce que les filles, c’est supposé préférer les calèches.
Le jour où à l’armée, on s’est foutu d’elle parce qu’elle n’arrivait pas à grimper à la corde.
Le jour où elle a salué sa copine pilote de chasse black peu avant qu’elles n’aillent rejoindre leurs appareils respectifs.
Le jour où elle a réussi à voir un film français qui ne traite pas d’amour, de divorce, de bande de potes ou de discrimination.
Le jour où elle a commencé à travailler sur le projet Pégasus avec Mamie Stérieuse et…

« Aaaaattendez les gars, je crois qu’on a trouvé ce qu’on cherchait ! Revenez sur ce souvenir ! »

Dans ses souvenirs, Vers passait aussi beaucoup de temps à caresser son avion. Probablement afin de le préparer au saut d’obstacle.

Vers est perplexe. Elle était pépère dans ses souvenirs, et c’est vrai qu’il y a des voix étranges qui parlent pendant qu’elle les revit. Peut-être qu’elle est morte et qu’elle voit sa vie défiler, mais en édition Director’s Cut avec les commentaires du réalisateur ? Car oui, elle entend des voix qui disent va plus en avant, reviens en arrière, fais pause, zoome, attends, bref, ça sent les mecs en train de jouer avec le DVD de ses souvenirs, et ça, ça l’embête.

Aussi elle ouvre les yeux… et constate qu’elle est attachée à une machine qui lui triture le cerveau (ça doit être de la nanotechnologie), et qu’autour d’elle, il y a plein de créatures vertes aux oreilles pointues : des Skrulls lorsqu’ils ne sont pas déguisés ! Damnation ! Ces galopins sont en train de fouiller sa mémoire ! Voilà qui explique comment ils avaient eu le mot de passe que l’espion devait donner. Vers doit les arrêter… de préférence, avant qu’ils ne commencent à fouiller ses souvenirs des recherches Google qu’elle fait lorsque personne ne la regarde. Ou ses favoris sur DeviantArt.

Ni une, ni deux, usant de sa capacité à envoyer du photon dans tous les sens, notre héroïne a tôt fait de se libérer, de détruire la machine, et de courir dans tous les couloirs de ce qui s’avère être un vaisseau skrull. Mais finalement, à force de faire des trous dans tout ce qui passe (sauf les gens, je vous le rappelle), elle finit par percer la coque de la nef spatiale, et la voici aspirée dans l’espace, heureusement protégée par sa combinaison de combat qui contient moult gadgets, dont un casque déployable qui protège du vide.

Pardon ? Qu’est-ce qu’elle fait avec sa tenue de combat sur elle ? Ah non, personne n’avait pensé à lui retirer quand ils l’ont faite prisonnière, pourquoi ?

Toujours est-il qu’à ce moment précis, le vaisseau passait non loin de la planète C-53, aussi appelée la Terre, et notre amie traverse l’atmosphère sans problème avant de s’écraser, là encore sans même se tordre la cheville (c’est bien normal), au milieu d’un magasin de location de cassettes aux Etats-Unis.

Car nous sommes en 1995, ce que le film s’était bien gardé de nous dire jusqu’ici.

Notez que notre héroïne a du bol d’être tombée ici. En 1995, par exemple, c’était une très mauvaise année pour atterrir à Moruroa, mais passons.

Après s’être dégagée d’une pile de VHS de Robocop 2, Vers se relève fièrement pour quitter la boutique et découvrir que tout le raffut qu’elle a fait a attiré un agent de sécurité qui patrouillait dans la zone commerciale. Bon, en voyant une blonde en tenue de l’espace sortir du magasin, il pose peu de questions (il est comme ça), et lorsque Vers demande si elle est bien sur la planète C-53 et où elle peut trouver de quoi communiquer, il se contente de lui pointer la cabine téléphonique la plus proche. Les agents de sécurité sont décidément des gens bien serviables, toujours prêts à servir, un peu moins à faire, je ne sais pas, moi, de la sécurité ?

Enfin. En combinant habilement les gadgets de sa tenue de combat, le téléphone, un bottin galactique et un appel en PCV qui fera date, Vers parvient à joindre Kreestian, qui se promenait paisiblement avec ses Jean-Jacques dans un coin de l’espace.

« Kreestian ? Devine d’où je t’appelle ?
– Vers ! Nom d’une pipe stellaire, on te pensait morte !
– Non, rassure-toi. Cérébralement, oui, mais sinon, ça va. J’ai juste été capturée par les Skrulls. Après, ils m’ont attaché à une machine rigolote et fouillé la mémoire à la recherche de secrets militaires, mais ils sont juste tombés sur des trucs sans importance. S’ils te parlent de films français que je regarderais en cachette en me frottant des photos de Francis Huster contre moi sache que c’est un mensonge. Voilà.
– Qu’importe, Vers. Où es-tu ?
– Sur la planète C-53. Mais ils ont une technologie pourrie. Je suis obligé d’utiliser celle de ma combinaison pour t’appeler.
– Parce que les Skrulls t’ont laissé ta combinaison ? La vache, c’est con.
– Oui, et tu veux qu’on parle de ma combinaison pétée d’électronique, et de ma puce dans le cou, que justement,  personne n’a pensé à pister pour me retrouver ?
– Okay, j’ai rien dit. Écoute, nous pouvons être là dans 22 heures, alors ne bouge pas et…
– HO BEN NON ÇA COUPE J’AI PLUS DE PIÈCES ! »

Parce que oui, la technologie terrestres n’oublie pas de demander du pognon à un moment, fut-ce un appel piraté vers la galaxie. Cette cabine téléphonique appartenait probablement à la SACEM.

Mais à peine Vers a-t-elle raccroché que derrière elle arrivent des gens qui ont été avertis par la sécurité du coin qu’une fille en tenue d’astronaute venait de tomber du ciel. Et ces gens… ce sont les hommes du SHIELD, l’unité secrète terrienne chargée de surveiller les activités étranges aux quatre coins du monde, comme les mutants, les extraterrestres, ou encore les joueurs de Fortnite. Et dans le cas présent, elle est menée par un larron encore jeune : un certain Nick Fury, accompagné de sa dernière recrue, Phil Coulson. C’est l’ami Fury qui va faire connaissance avec la nouvelle arrivante.

« Bonjour Mademoiselle, je suis Nick Fury. Et vous êtes ?
– Vers.
– Hmmm mouiiii, mais encore ? Passons sur votre nom tout pourri. Vous pourriez nous expliquer pourquoi des témoins vous ont vus tomber du ciel ?
– Tout à fait. Figurez-vous que je suis une Kree et que j’étais à bord d’un croiseur skrull en orbite autour de votre planète, lorsque je me suis échappée. Dans la bagarre, je crois que j’ai un peu pété leur croiseur, donc peut-être qu’il y a des survivants pas loin qui se sont eux aussi éjectés. Méfiez-vous, parce qu’ils peuvent changer d’apparence.
– Attendez… vous êtes une Kree ?
– Oui. Les Kree sont une race de guerriers nobles et héroïques.
– …
– Quoi, vous n’avez jamais entendu parler du Kree qui tue ?
– Okay, je l’ai pas vue venir. Vous êtes forte. Et vous pourriez trouver un jeu de mots avec les Skrulls, aussi, là, au débotté ?
– Donnez-moi deux minutes, et… »

J’interviens ici pour préciser un point très importante : Nick Fury… est gentil, limite débile (mais nous y reviendrons), et surtout, insiste lourdement sur le fait qu’il ne croit pas un traître mot de ce qu’elle raconte, parce que les trucs venus de l’espace, uhuhu, ça n’existe pas.

« En voiture Coulson ! Il est grand temps d’aller expliquer à quelqu’un que nous ne croyons pas en ce pourquoi notre agence existe ! »

Rappelons que Nick Fury travaille pour une unité ultra-secrète chargée de ne s’intéresser qu’à des choses qui, justement, sortent du domaine du connu. Et là, on nous explique que face à l’inconnu… il n’y croit pas plus que n’importe quel péquin de base.

Voilà voilà. Quelqu’un, en écrivant ce film, a oublié que le boulot de Nick Fury, c’était justement de faire exactement l’inverse de ce qu’il fait là. Je vous le dis : je pense définitivement qu’il s’agit d’une vaste blague entre scénaristes. Les mecs étaient bourrés, ont vomi sur une feuille dans un bar du Dakota, un producteur tout aussi cuit est tombé sur le papier encore humide, et paf, il a décidé de produire le tout.

Heureusement, les scénaristes, bien malins, savent faire oublier ces détails aisément grâce à une ruse fort simple : soudain PAN PAN BOUM ! Depuis les toits voisins, des civils sortent des armes du futur et commencent à tirer sur le petit groupe qui papotait autour de la cabine téléphonique. Ce sont des Skrulls qui ont survécu, effectivement, et qui sont bien décidés à raboter la tronche de Vers au laser s’il le faut pour remettre les compteurs à zéro.

Évidemment, ils tirent tous à côté, et c’est Vers qui se lance finalement à leur poursuite avec sa force, sa vitesse et son agilité de surhomme, voire de surfemme, alors que ses ennemis tentent de changer d’apparence pour lui échapper. Mais ça ne prend pas, et elle les poursuit longuement en faisant moult acrobaties sur des métros, pendant que Nick Fury et Coulson tentent de la suivre en voiture. Du moins un temps, car Nick Fury réalise soudain que son voisin de voiture… est en fait un clone de Coulson. Et parvient à le tuer pour le voir reprendre sa vraie apparence : celle d’un extraterrestre moche aux oreilles pointues. Voilà qui est embêtant, mais qui achève de le convaincre qu’effectivement, il y a des invités sur sa belle planète. Blessé dans l’affaire (Nick a subi un fort gros accident de voiture tant il est déconseillé de se battre avec des aliens au volant ; purger le xenos ou conduire, il faut choisir), notre agent du SHIELD va se faire soigner à l’hôpital du coin, pendant que Vers, elle, n’est pas parvenue à rattraper sa dernière cible, et décide de changer de plan.

Car la machine à fouiller ses souvenirs a réveillé quelques vieilles images dans son petit crâne, et elle a le nom d’un bar en tête, où elle se revoit danser, rire et bien sûr, chanter « Tourner les serviettes » debout sur une table. Ni une, ni deux, elle se renseigne comme elle le peut d’un coup de Altavista sur modem 56K, vole un blouson, une moto, et tel un Terminator, fonce vers l’adresse d’un bar au milieu du désert.

Quel coup de bol qu’elle ait atterri sur le bon continent, et pas trop loin de là où elle a des souvenirs ! Elle serait tombée à Reims, elle aurait été bien embêtée pour retrouver son bled seulement aidée d’un Minitel.

Pendant ce temps, Nick Fury, lui, est revenu de l’hôpital (ce n’est pas un hôpital français, sinon, il y aurait passé le film et les dix-sept suivants en attendant dans un couloir) et se trouve à la morgue du SHIELD pour y découvrir le corps de l’extraterrestre mort qui a été extrait de son véhicule accidenté. Son patron rentre au même moment dans la pièce pour faire le point avec notre ami.

« Ben alors mon petit Nick ? On vous laisse deux minutes et on vous retrouve à trimbaler des cadavres aliens encore chaud, gros coquinou ?
– Non mais il avait pris l’apparence de Coulson ! Ces créatures sont venues nous infiltrer !
– Ouais ouais, c’est ça, c’est elles qui voulaient vous infiltrer… hem, bon, enfin… en ce cas, n’en parlez à personne !
– Quoi ? Mais attendez, au contraire, on ne devrait pas…
– Tututu, c’est qui le patron ? N’en parlez à personne, enquêtez seul, et vous n’aurez aucun moyen supplémentaire malgré cette découverte majeure et prioritaire pour notre service.
– C’EST PAS DU TOUT SUSPECT, DITES VOIR ! »

Et sitôt que Nick Fury a quitté la pièce, le patron du SHIELD fait discrètement un bisou au cadavre alien : c’est un nécrophile !

Attendez, non, ce n’est pas ça la vraie information : c’est un alien déguisé ! Alors ça, si on s’en était douté, dites voir !

J’insiste. Là encore, retirez la scène où le patron du SHIELD dit à Nick Fury qu’il ne doit surtout rien dire des ennemis infiltrés, et qu’il doit travailler seul sur le sujet, et vous avez un truc un peu plus intéressant. Mais non : encore un peu plus de dollars brûlés sur l’autel de la bêtise. Sinon, vous pouvez me les donner, braves gens : nous gagnerons du temps.

Mais au fait, si Nick Fury doit enquêter seul, il doit retrouver Vers pour commencer. Et comment faire ? Ma foi, c’est fort simple : on a signalé un vol de moto réalisé par une blonde en combinaison spatiale, ce qui d’après Nick, ne peut correspondre qu’à Vers ou Lova Moor. Or, Lova Moor étant plus proche des Superbus que des motos normales, Nick en déduit que c’est bien Vers qui a fait le coup. Et bon, pour sauver une intrigue un peu maladroite qui n’explique pas comment il découvre où Vers comptait se rendre, on va dire qu’il a retrouvé le cybercafé où elle a fait ses recherches, l’ordinateur utilisé, la recherche Altavista du bar, et qu’il a fermé les yeux sur le reste de l’histoire pour ne pas perdre deux points de santé mentale, là, tout de suite, tant « Inter racial » devient beaucoup plus rude lorsque l’on parle de films coquins à l’échelle galactique, mais passons.

Ainsi, lorsque Vers et sa moto arrivent enfin au bar tant recherché au fin fond du désert américain, à peine est-elle entrée (Vers, pas la moto) que notre héroïne a des flashbacks. Elle se revoit, dansant ici, rire là, chanter du Patrick Sébastien ici, avec son ami black en costard qui…

« Attendez ! Vous n’êtes pas un flashback ! Vous êtes un monsieur noir en costard qui me fixe lourdement !
– Oui, je suis Nick Fury. Et je vous ai retrouvée.
– Une seconde, Monsieur Furry !
– Fury, avec un seul R. Furry, c’est autre chose, et ni vous ni moi ne voulons en parler, plus encore avec Nick accolé devant.
– Que… bon, écoutez, je dois vérifier que vous n’êtes pas un Skrull déguisé. Or, les Skrulls lorsqu’ils copient quelqu’un, copient jusqu’à son ADN. Et une partie de sa mémoire, mais pas tout. Aussi, je vais vous poser des questions, et nous verrons si vous avez les réponses. Comment s’appelait votre chien ?
– Mais ? C’est complètement con comme question puisque vous ne pouvez pas connaître la réponse ! Donc je peux répondre n’importe quoi !
– Oui mais le scénario a aussi oublié ce détail.
– Et puis comment savez-vous ce qu’est un chien ? Vous ne saviez même pas ce qu’était un téléphone en arrivant !
– Scénario. Détail. Allez, répondez.
– Bon ben… Monsieur Toutou.
– Donnez-moi une information ridicule sur vous.
– Je n’arrive pas à manger les toasts coupés en triangle. »

Je précise que le nom du chien ainsi que cette histoire de toast sont les vraies réponses. Qui n’apportent rien… si ce n’est de faire passer Nick Fury pour un con. Car en effet, ce film souffre du syndrome dit de Thor 3 : tout doit être rigolo, tout le temps. C’est donc à Nick « Jar Jar » Fury qu’il revient d’être ridicule en permanence, de se plaindre sans cesse, de faire des bêtises dignes d’un enfant de 5 ans, et d’avoir des dialogues écrits par le marmot cité ci-avant.

Oubliez Nick Fury, le directeur du SHIELD plein de secrets, et dites bonjour à Nick Fury, l’apprenti Gad Elmaleh. J’espère qu’il va nous parler de sa banque.

Mesdames et Messieurs : Nick Funny.

Mais revenons à nos héros.

« Bon, maintenant, à vous de me prouver que vous n’êtes pas une Skrull, Vers.
– Okay… TIR DE PHOTOOOOOOOOOOOOOOOONS !
– Vous savez que vous n’aviez pas besoin d’exploser la moitié du bar pour me prouver ça ? Surtout que comment pourrais-je savoir que les Skrulls n’envoient pas aussi du photon ?
– Je ne sais pas. Nous sommes tous un peu neuneus, je crois. »

Oui, je crois aussi.

En attendant, Vers explique la situation à Nick. D’après elle, la machine à fouiller la mémoire des Skrulls a réveillé des souvenirs, et elle aurait donc vécu sur cette planète par le passé, avant de perdre la mémoire. Et dans ses souvenirs, il y a toujours cette mystérieuse mamie. Qui portait parfois des blousons d’aviateur avec marqué « Pegasus » dessus. Or, cela rappelle à Nick un vieux projet mené sur une base aérienne voisine… tous deux prennent la voiture du brave Fury et se rendent sur place pour découvrir de quoi il retourne, voire retourner des truffes au besoin. Sur place, et grâce au badge du SHIELD de Fury, ce dernier les emmène au cœur de la base… où personne ne reconnait Vers, qui est pourtant supposée avoir bossé là durant des années.

Quelque chose me dit que quelqu’un n’a pas manqué à ses collègues.

Sauf que non seulement le personnel ne reconnait pas notre spatio-blonde, mais ils ont visiblement aussi un peu de mal avec les terro-blacks. Et décident d’enfermer temporairement les deux compères dans un bureau le temps de comprendre pourquoi ils sont venus fouiner par ici. Nick en profite pour glisser qu’il a été agent secret avant de rejoindre le SHIELD, et avec moult ruses, parvient à tromper les serrures à lecteurs d’empreinte de la base. Ils vont pouvoir évoluer discrètement dans celle-ci pour aller jusqu’à la salle des archives et…

Vers se met soudain à défoncer toutes les portes à grands renforts de tirs de photons. Parce que la subtilité de Nick, c’était chiant.

Voilà voilà. Dites voir ma petite Vers, en plus d’avoir acquis des pouvoirs photoniques dans l’espace, vous n’auriez pas aussi acquis un chromosome de trop, hmmm ? Le titre original du film devait être Captain Corky, mais passons.

Et encore, je vous passe comment Nick tombe sur un chat dans la base, et passe son temps à le câliner en répétant « Chékilebonchachaàsonpépère? » pour rappeler qu’il est ridicule et un peu con-con. Qu’est-ce qu’on se marre. Tenez, Diego a dû me scotcher les côtes pour éviter l’implosion tant je riais, vous l’imaginez bien. Tout cela était si drôle, tenez, j’ai rarement autant pensé à la mort.

En tout cas, mystérieusement (ou parce que le scénario est la seule vraie blague du film), ces explosions dans la base n’inquiètent personne, et nos héros peuvent progresser en paix jusqu’à la salle des archives. Où ils ont tôt fait de trouver la boîte correspondant au projet Pegasus, qui était un projet mené par une certaine Mamie, scientifique qui tentait de créer un moteur supraluminique. Le projet a été arrêté brutalement il y a quelques années lorsque le prototype s’est crashé avec à son bord Mamie et la pilote qui l’accompagnait, les tuant toutes deux tant les mamies, déjà que ça encaisse mal une chute d’escabeau, alors un crash, d’avion, bon. Une photo de la zone du crash montre qu’il y a eu une grosse explosion et qu’il ne restait pas grand chose de l’appareil. Mais une autre photo montre… la fameuse Mamie avec à ses côtés une pilote noire que Vers avait entrevue dans ses souvenirs et… elle-même !

« Nick ! Regardez, j’ai participé au projet Pegasus ! Sur la photo, là, c’est moi !
– Ah ben oui dites voir. Mais le dossier dit que vous êtes un peu morte, quand même.
– Peut-être juste cérébralement ?
– Au vu de vos répliques, c’est crédible.
– Bon, il faut retrouver cette pilote noire. C’est d’après ce dossier la dernière personne à m’avoir vue vivante, elle doit en savoir plus sur mon passé mystérieux !
– Okay heu… fouillez un peu moi je… j’ai super mal au bide, je dois y aller. »

Quel feinteur, ce Nick. Car la réalité est plus sombre encore que le caca qu’il prétexte : Nick a en fait utilisé un bipeur pour signaler au SHIELD qu’il était sur la base avec la cible. Et le SHIELD vient d’arriver en force et en flingues avec à sa tête… son patron, le fameux alien déguisé. Hélas pour Nick, il comprend bien vite que son boss est un Skrull qui a retourné le SHIELD contre lui. Comment ? Car il note des propos incohérents chez lui.

« Patron, j’ai trouvé la fille ! Elle est dans la salle des archives !
– Bien joué Nicolas.
– Que… personne ne m’appelle Nicolas. Tout le monde m’appelle Fury.
– Ahaha oui je… je le savais. Je vous testais. Hem.
– Okay… bon, on va l’attraper alors ? Comme… on a fait à La Havane ?
– Oui, comme à La Havane. Hahaha. C’est cela. Voilà. Je m’en souviens tout à fait.
– On l’attrape comme… la justice a attrapé Jack Chirac et Patrick Balkany ?
– Voilà, pareil. Bien attrapés.
– Et ensuite on la confie à quelqu’un de confiance, quelqu’un d’honnête, de droit et de sympa ? Comme Jean-Vincent Placé ?
– Oui ! Oui, c’est exactement… aaaattendez, même dans l’empire skrull on sait que Jean-Vincent Placé vendrait son slip pour deux voix de plus ! Vous m’avez démasqué, petit rabouin ! »

Et le patron du SHIELD d’ordonner à ses hommes de capturer Nick Fury. Ce dernier se retrouve en bien mauvaise posture, contrairement à Vers, qui elle, a réussi à filer. Mais en entendant que Nick Fury est dans la mouise, et même si elle a bien compris qui a averti le SHIELD, elle a aussi pigé que le patron de l’agence était un Skrull. Aussi vole-t-elle au secours de son nouvel ami avant de s’enfuir avec lui à bord d’un prototype de navette piqué sur la base, non sans avoir bien évidemment d’abord envoyé des photons tout sales sur les honnêtes gens.

Tous deux se rendent alors jusqu’à la dernière adresse connue de la pilote noire, qui ça tombe bien, vit toujours dans une maison isolée, seule avec sa fille.

Quel coup de bol : elle aurait vécu dans un petit pavillon urbain, c’eut été plus compliqué de se poser discrètement dans le jardin sans se prendre une prune pour tapage.

Et parlons-en de la fille de la pilote qu’ils viennent voir, car si vous n’avez pas vu le film, sachez que vous aurez envie de lui déchausser les dents à coups de batte à chaque fois qu’elle ouvrira la bouche, car l’enfant est une enfant de film américain : elle se mêle de tout, surtout de la vie des grands, s’exprime comme une adulte (ou comme un adulte qui ne saurait pas écrire des dialogues d’enfants), et a bien évidemment toujours raison.

C’est bien simple, plus vous entendez cet enfant parler, plus vous vous demandez jusqu’à combien monte le four de votre cuisine.

J’ai choisi une photo de Maria où l’on ne voit pas sa fille. Ce n’est pas pour vous embêter, c’est juste que sinon, je strangule tout ce qui passe.

Aussi, oublions ce petit étron remuant, et revenons-en à Vers et Fury, qui rencontrent ainsi Marie, la pilote précédemment évoquée.

« Vous devez être Marie ? Je m’appelle Vers et je…
– Carol ? C’est toi ? Nom d’une pipe, alors ça !
– Carol, c’est donc mon nom ?
– Non mais c’est pas le sujet ! Il y a six ans, paf, tu meurs ! Et là, hop, tu reviens, pas bonjour, pas s’il-vous-plaît, je sais pas où t’étais, mais c’était visiblement pas chez Nadine de Rothschild !
– Je m’appelle Carol ! C’est formidable !
– Okaaaay… bon, écoute, je vais t’expliquer. Il y a six ans, tu étais comme moi, pilote d’essai. Tu étais avec Mamie dans son prototype volant quand vous vous êtes plantées comme deux grosses buses. Tout ce que l’on a retrouvé de toi, c’est un bout de ta plaque d’identification coupée en deux. On peut encore y lire « Carole Dan… » comme le début de « Carole Danvers » ».
– Oh ! Et Kreestian, lorsqu’il m’a trouvée, a récupéré l’autre bout ! Il y avait seulement « Vers » sur la deuxième partie de la plaque, aussi il a pensé que c’était mon nom ! « Vers » ! »

Eh ben. Je vous rappelle que là-dehors, il existe une actrice appelée Kirsten Prout. J’espère qu’il ne lui arrivera pas la même mésaventure.

Mais alors que tout le monde papote joyeusement voici que rentre dans la pièce… un Skrull ! Et sous son apparence naturelle ! Il est sur le point de se faire photoner la margoulette, quand il fait signe qu’il vient en paix. Bon, certes, il a aussi pris la fille de Maria en otage, mais à ma grande déception, il ne l’exécute pas. Voyons tout de même ce qu’il veut.

« Du calme les enfants, je viens discuter.
– Tu veux pas plutôt nous expliquer comment tu nous as retrouvés ?
– Hmmmm… non. Mais qu’importe, je ne vous veux aucun mal.
– Tu mens, Skrull ! Toi et les tiens n’êtes rien qu’une bande de méchants !
– Holala, ouiiiiiiii vous me tirez dessus alors vous êtes méchants, gnagnagna, mes amis sont morts… ça suffit, allez. Est-ce que moi je vous reproche d’avoir tué presque tous mes amis en faisant des trous dans mon beau croiseur pour vous échapper ? Laissez-moi plutôt vous expliquer la situation. La Mamie avec qui vous travailliez sur le projet Pegasus, c’était une Kree, certes, mais elle avait changé de camp. Elle était venue se cacher sur Terre pour créer un moteur qu’elle voulait donner aux Skrulls. Car nous autres, Skrulls, n’avons pas de planète. Et savez-vous pourquoi ? Parce que nous avons refusé de céder à la dictature de l’empire Kree. Et depuis, celui-ci nous traque. Nous extermine. Mais avec un moteur supraluminique, notre race aurait pu partir loin, hors de la portée des Krees. Mamie ne vous a-t-elle jamais dit qu’elle fabriquait quelque chose non pas pour faire la guerre, mais pour en finir avec ladite guerre ?
– Oui… c’est vrai… cela me revient, elle disait cela… attendez, je me souviens d’autres trucs ! »

Et Carol Danvers (appelons-là par son vrai nom) d’avoir un flashback du jour de l’accident.

Elle était pépère en train de voler avec son super jet expérimental, avec Mamie dans le siège passager, lorsqu’en s’aventurant relativement haut, ils ont été pris en chasse par un mystérieux vaisseau alien. Un vaisseau kree. Et qui les a abattus. Carol a cependant réussi à écraser l’engin sans trop de casse, et à sortir de la carlingue pour en extraire Mamie… qui avait du sang bleu ! Ce qui a l’époque, a beaucoup choqué Carol.

« Mamie ! Vous saignez bleu ! Comme dans les pubs pour les…
– Arrêtons-nous là, veux-tu ? Carol, je suis une Kree.
– Une ?
– Une Kree. C’est une sorte d’extraterrestre et… vous pourriez arrêter de pouffer ?
– Nan mais Kree… pffffrrrr !
– Bon, écoutez espèce de grosse brêle, on n’a pas le temps. Je suis une renégate et mes ennemis sont ceux qui nous ont abattus. Oh ! Je suis désolé de vous avoir mêlé à cela, Carol. Mais vous devez vous assurer que le moteur expérimental ne tombera jamais en leur m… »

PIOUPIOU !

Un laser vient éclater la tronche de Mamie, qui est tout de suite moins bavarde. Et de la poussière alentour surgit… Kreestian, son arme encore fumante au poing. Carol réalise que son cauchemar, celui qu’elle faisait si souvent, c’était cette scène. Sauf que les Krees l’avaient manipulée pour que Kreestian ressemble à un Skrull. Bref, Kreestian a abattu l’avion, et maintenant, vient récupérer le moteur. Et plutôt que de tuer Carol, ici et maintenant, il fait du rien.

« Attention, Terrienne ! Je suis armé, ne sortez pas votre arme !
– JE SOOOORS MON AAAARME !
– Ah, non ! Ne la braquez pas vers le moteur que je viens récupérer !
– JE LA BRAQUE VERS LE MOTEUUUUUR !
– Et surtout, ne tirez pas dessus !
– JE TIIIIRE DESSUUUUUS !
– Oh non, tout cela est si imprévisible ! Si seulement j’avais pensé à la tuer directement comme j’ai tué Mamie alors que c’est elle qui avait le plus de valeur ! »

Le moteur explose, la carlingue aussi, Christian se jette au sol et… Carol absorbe toute l’énergie de l’explosion. D’où son super pouvoir de jets de photons : cette catastrophe lui a donné les pouvoirs du moteur mystérieux ! Rien à voir avec la puce implantée dans son cou !

Carol revient cependant enfin à elle-même, dans le présent.

« Wobordel, ce Skrull dit vrai ! Les Krees sont des rabouins, et ils ne m’ont pas sauvée : ils m’ont kidnappée !
– Oui. Car vous avez absorbé les pouvoirs du moteur qu’ils voulaient récupérer. Nous vous avons aussi retrouvée de la même manière : vous avez la même signature énergétique que… je… vous m’écoutez, Carol ?
– Non, il y a votre pote Skrull derrière vous qui me fait des signes.
– Caporal Roudouskrull ? Qu’est-ce que vous voulez ?
– Je me disais que c’était un peu con : les Krees récupèrent une de leurs ennemis. Ennemie qui a absorbé une énergie qu’ils voulaient exploiter. Et le premier truc qu’ils font, c’est de lui apprendre tout plein de techniques de combats ninjas, de lui apprendre comment les vaincre à mains nues, avant de l’envoyer sans aucune raison en mission super dangereuse histoire de pouvoir la perdre comme ça, hop, quand bien même elle est super précieuse et qu’ils ont des hordes de soldats pouvant la remplacer pour ce boulot ? D’ailleurs, c’est exactement ce qui est arrivé : ils l’ont perdue. Alors pourquoi ne pas l’avoir directement attachée à je ne sais quelle machine pour lui pomper son énergie et s’en servir pour leurs sombres projets ? Comme ça, avant même que le film ne commence, les Krees nous mettaient une racl… »

Le caporal Roudouskrull se mange aussitôt un puissant jet de photons dans la truffe, tant il commençait à poser des questions un peu embêtantes sur la qualité d’écriture d’un film à plusieurs millions qui dépasse à peine celle d’une rédaction de sixième, voire d’un livre de Ségolène Royal.

En attendant, le chef des Skrulls, que nous appellerons Skrully en hommage à Dana (non, pas la tribu, mais maintenant, vous l’avez dans la tête : ne me remerciez pas), explique plus avant ce qu’il sait.

Les Skrulls. Qui lorsqu’ils changent d’apparence… se font aussi pousser des lunettes quand ils copient des personnages qui en portent, et qu’ils peuvent même retirer. C’est assez audacieux.

« Mamie avait un laboratoire secret dans l’espace, elle ne travaillait pas que sur Terre. Nous devons le trouver. Là-bas, il y a peut-être de quoi reprendre ses travaux. Je crois qu’elle s’y rendait avec vous le jour où vous avez été abattues. En fouillant votre mémoire, nous avons retrouvé les coordonnées qu’elle vous avait demandé de suivre, mais il n’y a rien à cet endroit de l’espace.
– Bé oui mais c’est parce que c’était il y a 6 ans. Et selon l’orbite terrestre. Donc il faut calculer à quoi correspondaient ces données… par rapport à la Terre le jour du crash.
– HO BEN ZUT ON EST DES EXTRATERRESTRES QUI VOYAGENT DANS L’ESPACE AVEC DES CROISEURS GALACTIQUES MAIS ON AVAIT OUBLIÉ CES HISTOIRES D’ORBITES ! »

Ceci n’est pas une blague : c’est la vraie excuse. Les techniciens Skrulls avaient oublié de prendre en compte cette donnée. Voilà voilà. Ah non mais c’est profond.

Bon, mais si le laboratoire de Mamie est toujours au même endroit depuis des années, comment y aller ? C’est dans l’espace et nos amis n’ont pas de vaisseau.

« Attendez ! Il y a la navette que j’ai volée pour fuir la base avec Nick Fury un peu plus tôt ! Je l’ai garée à côté ! Elle ne va pas dans l’espace par contre.
– Le technicien qui m’accompagne devrait pouvoir régler ça. »

Et là encore… seigneur.

Uniquement avec les outils de Maria, les matériaux sur place et une nuit de travail, le technicien Skrull qui accompagne Skrully parvient à permettre à une navette d’aller dans l’espace, probablement en soudant deux plaques ici, en rajoutant du bois là, et un petit coup de patafix et pif pouf, c’est bon. C’est le syndrome des scientifiques des films pourris : un scientifique, ça connait toutes les sciences et techniques, et ça construit un réacteur nucléaire à partir d’un micro-ondes plus vite que Mac Gyver. Oh, et quid des moteurs ? Non parce que si vous devez faire des dizaines de milliers de kilomètres pour aller rejoindre le laboratoire, avec des moteurs d’aéronef terrestre, vous allez mettre des semaines, voire des mois.

Mais non : hop ! Les Skrulls ont sûrement mis de l’huile de friture dans le moteur et c’est bon, ça y est, on peut aller dans l’espace.

Cependant, Carol est prudente, et informe ses amis d’un élément essentiel.

« Au fait, j’ai dit à mon copain Kreestian que j’étais ici plus tôt… il risque donc de débarquer. Or, maintenant que je sais que c’est un fourbe, ce qui était totalement imprévisible, ça m’arrange moyennement. On pourrait pas laisser un Skrull ici pour se faire passer pour moi et le tromper si jamais il débarquait ?
– Ça doit être possible.
– Cool ! Pendant ce temps, et avant de partir, je dois faire un truc indispensable…
– Oui ?
– DEMANDER À LA FILLE DE MARIA DE CHOISIR DE NOUVELLES COULEURS POUR MA COMBINAISON SPATIALE ! »

Que ? Mais ? Pourquoi ? Parce que tu estimes que ta combinaison est au couleur des Krees ? Au contraire, un uniforme ennemi, est-ce que ça ne pourrait pas être pratique en cas de contact avec lesdits vilains ? Et surtout, tu sais ce qu’il se passe quand on confie une mission artistique à un enfant ? On finit avec 18 couleurs différentes sur la feuille, deux poneys à cinq pattes, et une chose qui ressemble à l’enfant difforme de Naruto et d’une pomme de terre. Alors pourquoi confier ton nouveau camouflage à un enfant ouvertement débile ? Pourquoi maintenant ? Et surtout, comment faites-vous pour supporter ce marmot qui semble appeler de ses vœux une balle à sanglier à chaque fois qu’il ouvre la bouche ?

Mais bon. Nous avons donc le droit à une scène où l’on découvre que la tenue de Carol dispose d’un gadget pour changer de couleur en faisant des gestes bizarres, et hop, la fille de Maria maîtrise évidemment l’interface en deux-deux et colore notre héroïne en rouge et bleu avec une grosse étoile. Classe et bon goût.

Cet élément indispensable réglé, s’envolent vers l’espace Carol et Maria aux commandes de la navette bricolée, avec à l’arrière Fury et Skrully, eux-même accompagnés… du chat avec qui Fury n’arrête pas de faire gouzi-gouzi.

Suis-je en train de regarder une comédie ? Non parce que là, je vous avoue que le souffle de l’aventure ressemble plutôt à un long et chaud pet au milieu d’une soirée pyjama.

En attendant, la navette s’envole pour l’espace lointain, et grâce à ses deux plaques de placoplatre rajoutées à l’avant, quitter notre atmosphère n’est plus un problème. L’appareil se dirige droit vers les coordonnées du laboratoire secret de Mamie. Sauf qu’arrivés sur place… rien. Mais ? Comment donc ! Heureusement, une idée vient à l’esprit de Carol.

« Peut-être que son laboratoire est camouflé.
– Hmmm moui, mais comment va-t-on le trouver s’il est fait pour échapper aux Krees…
– J’APPUIE SUR LA COMMANDE DE DÉSACTIVATION DU CAMOUFLAGE ! »

La ? Pardon ? Est-ce que quelqu’un pourrait m’expliquer d’où Carol dispose dans sa combinaison d’un simple bouton pour désactiver le camouflage de vaisseaux conçus juuuustement pour échapper aux Krees ? Et qu’elle ne voit pas, ne cible pas ni rien ? Mais non, elle a bien ce bouton sur sa combinaison, et je soupçonne qu’il soit écrit dessus « Raccourci magique dans le script« . Toujours est-il que sitôt pressé, voici que devant eux apparaît un croiseur galactique qui flotte silencieusement dans l’espace. Et qui laisse nos héros s’approcher en paix jusqu’à l’un de ses hangars. Le laboratoire secret de Mamie n’était donc autre qu’un vaisseau camouflé. Pratique.

Accessoirement, dans la série des mecs qui font un film à gros budget avec toutes les erreurs, j’ai oublié de vous montrer ce plan, lorsque Carol tombe du ciel et arrive sur Terre au début du film. Vous notez ? Il fait nuit. Eh bien, dans tous les plans suivants supposés se passer dans les minutes qui suivent, il fera évidemment grand jour. Rappelez-moi le budget ?

Mais à peine arrivés à bord, voici que nos héros entendent du bruit… et découvrent des dizaines de Skrulls ! Des réfugiés Skrulls qui attendaient que Mamie bricole le vaisseau pour les emmener loin d’ici avec son super moteur supraluminique, loin des Krees.

« Bon sang ! C’est incroyable ! Vous avez vu ça Skrully ?
– Oui Carol, il y a même ma famille ici ! Je suis si heureux de les retrouver ! Ils ont attendu six ans le retour de Mamie, avec pour ordre de ne surtout pas communiquer de peur que les Krees ne les retrouvent…
– Non, ce qui est incroyable c’est : qu’est-ce qu’ils mangent depuis six ans ? »

On va dire que ce vaisseau était à l’origine un transport de spatio-chocapics. Et ne me dites pas que je n’essaie pas de sauver ce film, ah mais.

Je vous passe aussi, car je suis comme ça, le fait que les enfants extraterrestres sont eux aussi des têtes à claques, le genre qui prend Carol par la main pour l’emmener voir ses meilleurs scores sur le flipper du vaisseau (véridique, là encore) parce que c’est connu, quand des enfants réfugiés voient des gens armés qui ressemblent à leurs ennemis débarquer sans prévenir, le premier truc auquel ils pensent, c’est qu’ils vont pouvoir leur montrer qu’ils ont fait 808 296 points au flipper du PMU sous le pseudonyme en trois lettres de GPT.

Que l’on ferme les armureries dans un rayon de cinq kilomètres autour de moi, sinon je vais vider mes comptes et remplir mes chargeurs.

Toujours est-il qu’à bord, en tout cas, Carol constate qu’il y a autre choses que des réfugiés : un gros cube plein d’énergie… le Tesseract ! Elle en discute avec les réfugiés.

« Dites-donc, ça a l’air super important votre cube, là.
– Oui, on préférerait éviter que les Krees ne le trouvent. C’est la source d’énergie qui a permis à Mamie de mettre au point le moteur supraluminique.
– Et donc, ça fait six ans que vous attendez à côté de cet objet surpuissant sans rien faire ?
– Voilà. Mais bon, entre le flipper et les chocapics, on a des journées bien remplies. Et puis bon, tout ça, c’était le boulot de Mamie.
– Hmmm. D’ailleurs, j’y pense, Mamie n’était-elle pas un peu débile elle aussi ?
– Ce ne serait pas étonnant vu que le QI moyen dans ce film dépasse péniblement le chiffre unique. Mais pourquoi ?
– Ben je ne sais pas, elle voulait éviter que sa technologie ne tombe entre de mauvaises mains… et elle décide de bosser sur Terre. En se faisant financer ses travaux par l’armée américaine. Ce qui signifie des dizaines de scientifiques et de techniciens au courant de son projet, qui profitent de sa technologie… bref, autant de cibles potentielles pour les Krees qui n’auraient qu’à se pointer pour récupérer tous ses travaux. Parce que non, Mamie n’a pas pu travailler sa théorie et fabriquer des prototypes de vaisseaux spatiaux entiers, seule. Donc son plan consistait à se mettre en danger, et toute la Terre avec, tout en rendant ses projets aisément accessibles aux Krees.
– Vous oubliez un point.
– Lequel ?
– C’est une scientifique de film américain.
– Damnation ! C’est vrai ! »

Certes. Mais si elle pouvait bosser seule, pourquoi ne pas aller sur une planète déserte ?

Allez, hop, passons. Et retournons plutôt sur Terre, voir ce qu’il se passe du côté de la maison de Maria, car… un vaisseau Kree atterrit à proximité, et en descend Kreestian. Qui est ravi de retrouver sur place Vers, ou du moins, un Skrull ayant pris son apparence.

« Salut Vers. Désolé, on a été un peu longs, ça bouchonnait sur le spatiopériph’, mais nous voilà. On va te ramener à la maison. En plus, figure-toi que Ronan, mon chef, voulait bombarder tout un pan de cette planète pour effacer les traces de ton passage et éradiquer d’éventuels Skrulls dans le secteur. Heureusement, je lui ai dit que non, t’inquiète chaussette, j’assure chaussure, j’allais te récupérer sans faire de vagues.
– Ahahah euh… oui… c’est cool.
– Mais avant de partir, je dois vérifier que tu n’es pas un Skrull. Alors je vais te poser une question très simple dont seuls Vers et moi connaissons la réponse.
– Bien sûr.
– Qui fait chier à deux heures du matin pour faire la bagarre ?
– Un.. hmmm… un moustique ? Un chat ? Une fille qui s’enroule discrètement dans la couette ?
– Nom d’une pipe ! Non, la bonne réponse, c’était TOI ! Mange un coup de pistolet laser, sale Skrull ! »

Et le Skrull de manger un coup de pistolet laser. Kreestian comprend alors, aidé par les grosses ficelles du scénario, que Carol a retrouvé la mémoire, s’est alliée aux Skrulls, et grâce à une puce implantée dans la nuque de Carol, il parvient à la localiser dans le vaisseau secret de Mamie, et décolle avec sa propre navette et ses Jean-Jacques pour aller leur rendre une petite visite.

Oui, la puce lui permet de la localiser maintenant, alors qu’au début du film, quand elle était aux mains des Skrulls… il avait oublié qu’il pouvait le faire. C’est ballot. Ou pratique, car sinon, le film s’arrêtait là.

Comprenant tout de même que l’affaire sent un peu comme un vestiaire de lycéens après deux heures de sport, Kreestian contacte Ronan, son supérieur, pour lui dire que si son offre de bombardement de la planète tient toujours, il ne dit pas non, car la zone sent un peu le Skrull et que on ne le dira jamais assez, mais un bombardement orbital, c’est tout de même assez pratique pour mettre tout le monde d’accord. Il paraît que le gouvernement y pense pour gérer de prochaines manifestations, mais c’est un autre sujet.

Dans cette scène coupée au montage, Kreestian et Ronan doivent affronter leur ennemi juré : une rédactrice de MadmoiZelle.

Kreestian arrive promptement à bord du laboratoire de Mamie, et aidé de ses Jean-Jacques, a tôt fait de prendre le contrôle du bâtiment. Et de rendre Nick Fury très triste en lui confisquant son chat, que tous les Skrulls et Krees semblent n’approcher que prudemment, en appelant ça un « Grogromonstre« . Tout le monde est enfermé, Nick Fury pleurniche son chat perdu entre deux blagues pas drôles, alors que Kreestian et ses compères, eux, obligent Carol à rendre compte de ses crimes en l’obligeant à s’agenouiller dans une petite bassine de métal liquide qu’ils ont emmenée, et comme au début du film, qui forme bientôt des câbles et circuits qui la relient à l’Intelligence Suprême qui gouverne les Krees.

À nouveau, Carol se retrouve ainsi dans la matrice, face à l’Intelligence qui a pris l’apparence de Mamie.

« Eh bien ma petite Carol, comment ça va aujourd’hui ?
– Disons que j’ai connu des jours meilleurs et d’ailleurs je… attendez ?
– Oui ?
– Si je peux vous parler d’ici, ça veut dire qu’on peut communiquer avec vous de n’importe où si l’on a le bon matériel ?
– Oui pourquoi ?
– Alors pourquoi on s’est enquiquinés à m’emmener à votre palais au début du film ?
– Je…. hihihi, hohoho, et si on parlait d’autre chose ? Parce que figure-toi que je suis un peu déçue. On t’a recueillie, élevée comme l’une des nôtres, et toi, tu nous trahis. Tu es un peu le Nicolas Sarkozy de cette équipe. Mais passons.
– Non ! Vous m’avez menti ! Enlevée ! Et ça, c’est quand même limite-limite !
– Oui, mais nous t’avons donné tes pouvoirs, grâce à cette puce dans ton cou…
– Non ! Ça c’est ce que vous m’avez fait croire toute ma vie ! Mais maintenant, je connais la vérité… c’est le moteur supraluminique qui m’a donné la faculté d’envoyer du photon, cette puce n’est pas faite pour me donner des pouvoirs… elle est faite pour m’empêcher de les déchaîner ! »

Et Carol de se concentrer très fort, au point que la puce dans son cou grille, et que ses pouvoirs sont en effet pleinement libérés. Ce qui lui permet d’éclater le petit pot de métal liquide qui la maintenait en transe avec l’Intelligence Suprême… et c’est donc parti pour de la bagarre à bord du vaisseau des réfugiés Skrull !

Carol commence à distribuer des photons dans tous les sens, ce qui est quand même assez mal élevé, et plusieurs Jean-Jacques succombent devant ses grands pouvoirs. Seul Kreestian parvient à lui résister un peu. De leur côté, les civils Skrulls et Nick Fury profitent du chaos général pour s’enfuir en emportant le Tesseract avec eux, mais au moment où d’autres Jean-Jacques Krees tentent de les arrêter, voici que le chat kikinou de Nick (qui continue de se balader avec, bien sûr)… sort des tentacules de sa bouche et avale tous les méchants, ainsi que le Tesseract ! Avant de redevenir normal.

Car oui, hohoho, houhouhou, figurez-vous que les extraterrestres avaient raison : ce n’est pas un chat, mais bien un grogromonstre qui en a seulement l’apparence.

Quand un film en est à faire des blagues de chats mignons, je crois que l’on peut définitivement dire que rien ne va plus.

Notez, d’ailleurs, que Nick Fury continue à faire des câlinous et des gouzis-gouzis au chat quand même parce que ouiiii, en fait, c’est un monstre meurtrier, mais hein, bon, si Nick Fury devait rester sérieux plus de deux minutes, ça serait embêtant pour le quotas blagues du film. D’ailleurs, il enquiquine tellement le chat que celui-ci finit par le griffer à l’œil et…

Voilà. Vous savez maintenant comment Nick Fury a perdu son œil, ce n’est pas une blague : à cause d’un chat kromignon hihihihi.

Je crois que ce film respecte à peu près autant son propre univers que l’épisode VIII respecte Star Wars.

En attendant, sachez que les civils skrulls, Nick et le chat parviennent à s’enfuir du vaisseau dans leur navette en pénétrant l’atmosphère de face grâce une nouvelle fois au pouvoir enchanté du placoplatre, et parviennent à se débarrasser du chasseur Kree que Kreestian avait envoyé les poursuivre grâce au pouvoir d’une chance improbable et de manœuvres suffisamment ridicules pour apparaître dans Red Tails (si vous ne savez pas de quoi je parle, j’espère que cela restera le cas pour vous encore longtemps). Ils peuvent donc débarquer en paix.

En paix, dites-vous ? Pas tout à fait.

Car au même moment, voici qu’apparaît en orbite de la Terre… les bombardiers galactiques de Ronan, le supérieur de Kreestian, venu nettoyer tout ce chaos à l’aide de son Monsieur Propre Javel – Parfum napalm. Qui va donc bien pouvoir sauver la situation, surtout quand les appareils tirent une nuée de projectiles vers la Terre ?

Carol, bien sûr !

Car maintenant que ses pouvoirs sont libérés, elle est devenue une réplique de Superman en plus kitsch encore (si, c’est possible), vole dans l’espace, arrête les bombes avec les mains, les relance pour les faire exploser les unes contre les autres, puis explose tous les bombardiers Krees qui passent simplement en passant au travers comme dans du beurre (Carol adorait secrètement traverser des mottes de beurre, vous le saurez).

Mais Carol étant aussi, rappelons-le, quelque part entre le yorkshire et un épisode de Peppa Pig quand on parle intelligence pure, elle pète quantité de vaisseaux… sauf celui de Ronan, qu’elle a pourtant repéré. Et se contente de flotter devant en prenant la pose. À bord, les Krees sont dubitatifs.

« Hmmm… elle a détruit nos bombardiers et nos appareils de chasse… nous devrions nous replier…
– Seigneur Ronan ? Vous êtes sûr ?
– Hmmmm… oui… comme ça on aura tout le temps que l’on souhaite pour se préparer et revenir en force raser cette planète…
– Mais pourquoi elle nous épargne, alors ?
– … parce que sinon… on ne peut pas apparaître dans Les Gardiens de la Galaxie vu que ce film est supposé se passer avant…
– C’était pas plus simple de ne pas nous faire apparaître dans ce film plutôt que de rajouter une incohérence de plus ? »

Tels furent les derniers mots du caporal Kreedoudou, peu avant que Ronan ne l’exécute en le propulsant dans un trou scénaristique, avant d’ordonner à son bombardier de s’éloigner de la Terre.

Carol peut retourner se poser sur le sol désormais sauf de notre bonne vieille planète pour souffler un peu… lorsque voici que Kreestian arrive avec une petite navette pour l’affronter en duel.

« Allez, Vers ! Viens, on se tape !
– Écoute mec, j’ai des pouvoirs tellement surpuissants que ça n’a aucun intérêt.
– Allez, on se tapeuuuh ! »

Mais non. Carol prend la seule décision raisonnable du film : elle lui envoie un jet de photons dans le bidou, et Kreestian est calmé de suite. Heureusement, pour se rattraper, elle enchaîne avec une décision débile. À savoir qu’elle remet Kreestian dans sa navette, le réveille, et lui explique :

« Maintenant, tu vas retourner sur Hala et tu vas tout raconter.
– M… mais pourquoi ? Ronan et son vaisseau vont déjà le faire ! Pourquoi ne pas me garder prisonnier ici au lieu de me donner une chance de revenir me venger ?
– …
– …
– HO DIS VOIR, IL EST TARD ! JE DOIS Y ALLER, OU PLUTÔT, TU DOIS Y ALLER ! ALLEZ, SALUT KREEKREE ! »

« Grâce à mes grands pouvoirs, je vais aider les méchants à s’échapper ! Ne me remerciez pas les amis ! »

Et hop, elle envoie un peu d’énergie dans le moteur de sa navette, et voici Kreestian propulsé dans l’espace, direction la maison. On va dire que sa navette gère tout le voyage spatial jusque là seule, hein.

Les Krees sont vaincus, Kreestian parti ? C’est donc le moment de fêter tout cela !

Carol se rend auprès de Maria, Nick et des survivants skrulls, et annonce qu’elle aidera ces derniers à aller se trouver un nouveau foyer, en partant à bord du vaisseau de Mamie. Mamie dont le véritable nom Kree, vous le saurez, était Mar-Vell. Nick pense que ça ferait un excellent nom pour Carol tant le sien lui… lui…

« Ben oui Nick, j’ai déjà un nom, que je viens à peine de retrouver d’ailleurs. Alors pourquoi voulez-vous me donner le nom d’une vieille dame morte ? »

En France, on aurait donc Capitaine Jeanne Calment pour nous protéger, si l’on suit la même logique.

En tout cas, avant de partir, Carol remet à Nick Fury son bipeur, qu’elle a bricolé pour qu’il puisse l’appeler au besoin où qu’elle soit dans la galaxie, voire dans une galaxie voisine, en faisant le Tam-Tam le plus puissant de l’univers. Si Nick dispose d’un Minitel, à lui les renforts venus de l’espace lointain ! De son côté, Nick retourne au SHIELD, où maintenant que les Skrulls vont les laisser tranquilles, tous les hommes dont ils avaient pris l’apparence en douce peuvent bosser en paix, y compris le chef de Nick ou l’agent Coulson. Nick raconte ainsi à qui veut l’entendre qu’il a perdu son œil lors d’une bataille héroïque, car jusqu’au bout hihihi, hohoho, il est trop rigolo ce Jar-Jar B… je veux dire, Nick Fury !

Pendant ce temps, au-dessus de la Terre, les Skrulls ont regagné le vaisseau de Mamie, et à côté d’eux flotte Carol et ses superpouvoirs. Les moteurs du vaisseau chauffent, et hop ! L’engin spatial et Carol passent en vitesse supraluminique pour aller chercher un nouveau foyer à nos amis extraterrestres polymorphes.

« Attendez… d’où est-ce qu’on passe en vitesse supraluminique sachant qu’on a toujours les mêmes vieux moteurs sur notre vaisseau ? » s’exclame une voix dans l’assemblée.

Heureusement, personne ne remarque ce dernier raté qui est quand même la raison pour laquelle les Skrulls n’avaient pas bougé durant six ans et…

… FIN !

Eh bien. Je crois que je vais garder la théorie du vomi de scénariste.

L’une des affiches officielles. Quand on en est à essayer d’attirer les gens avec des images de chat, on mérite tout au plus de sortir son film sur Youtube.

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Pour les plus curieux, il n’y a pas une, mais deux scènes post-générique, ces choses que je hais de toute mon âme :

Une première scène où les Avengers survivants à la fin du dernier film constatent que le Tam-Tam laissé derrière lui par Nick Fury vient d’arrêter d’émettre, comme si le message avait fini par être reçu. Et se pointe alors derrière eux…

« Captain Marvel !
– Mais vous pouvez m’appeler Corky. »

Fascinant. Aussi, ne nous arrêtons pas en si bon chemin, car voici une ultime scène où l’on aperçoit un certain chat kikinou sur le bureau de Nick Fury… qui vomit le Tesseract. Hihihi, trop rigololol !

Voilà voilà.

Donc, je le rappelle : le film a été bien noté par Télérama. Un magazine entier de professionnels objectifs.

J’imagine que ça n’a rien à voir avec le fait qu’il y avait une fille sur l’affiche.

Qui pour leur faire croire qu’Alerte à Malibu est un film profondément féministe ?

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Un odieux connard

Autre indice quant au fait que Kreestian soit une enflure potentielle : c'est un mâle blanc cis hétérosexuel, soit de nos jours un potentiel sbire de Satan, comme chacun sait.

Personnellement, je trouve ça aussi élégant qu'un type caressant sa voiture, mais chacun ses goûts.

C'est étrange, cette image me donne envie de parler de Royal Cheese.

C'est le dialoguiste, il était dyslexique, il a mal lu, et paf, ça explique le personnage et les dialogues.

Un jour, Hollywood apprendra à écrire un personnage d'enfant. Mais pas tout de suite, ça ne fait que 40 ans qu'ils se plantent.

Notez que cette race a évolué de manière à avoir des petits lits de ruisseaux sur la tronche pour faire s'écouler l'eau, la bière ou la vinaigrette quand ils mangent comme des cochons. Pratique.

Je ne rappellerai jamais assez que fut un temps, les réalisateurs faisant cet erreur recevaient le trophée des plus mauvais réalisateurs, remis par le gratin d'Hollywood. Aujourd'hui, on appelle ça les Oscars.

Je ne sais pas vous, mais personnellement, j'aime beaucoup Ronan qui passe tout le film avec son marteau à la main parce qu'il n'a rien pour le ranger. Au quotidien, ça doit être un peu chiant. Pauvre Ronan.

Les pouvoirs de Carol sont si puissants que ses cheveux flottent, mais ne s'emmêlent pas. Tout le monde l'envie.

Et si vraiment on est méchant, sur Dailymotion.

Le bateau qui s’affronta lui-même

Pendant que votre serviteur est toujours en vadrouille (pour rappel, il sera au salon Livre Paris ce weekend, je mettrai les informations qui vont bien sur les réseaux sociaux puis à Bordeaux, à Brest et autres prochainement mais nous y reviendrons sur ce blog via la rubrique adaptée) et qu’il n’a même pas le temps de voir Captain Marvel, ce qui n’est pas peu dire, il n’en travaille pas moins sur d’autres choses, comme par exemple, à alimenter Le Petit Théâtre des Opérations.

Aussi, et comme toujours dans ces cas-là : laissons de côté les mots pour parler vidéo, avec une sombre histoire de bateau qui s’est affronté lui-même, lui permettant ainsi de gagner et de perdre en même temps. Quel talent.

Bon visionnage. Au boulot, on vous connait.

VignetteBateau

Un odieux connard

Apprendre à être un homme

Parfois, l’homme doute.

Et comme tout doute, celui-ci débute souvent par un petit rien. Ainsi, dès l’aube, l’homme ouvre les yeux. Et comme tous les matins, son radio réveil lui joue des marches militaires pour l’inciter à quitter le lit, ce qu’il fait, abandonnant derrière lui sa conquête dont il a déjà oublié le prénom et dont seules quelques mèches de cheveux roux sous une couette aux couleurs du drapeau national rappellent la présence. Épuisée par leurs ébats, la femelle n’entend pas l’homme se lever. Tout au plus, dans un demi-songe, peut-elle sentir l’odeur puissante qui émane de chacune des parties velues de son corps. Une fragrance quelque part entre celle du puissant bison et du café si noir que même le soleil ne peut le pénétrer. Mais l’homme n’a que faire des rêves flous de celle qu’il mettra dehors dans moins de trente minutes. Car pour l’homme, c’est une nouvelle journée de conquêtes et de succès qui débute. Et pour bien commencer, il se rend aux toilettes, ou d’un geste sûr, il vise l’eau au fond de la cuvette, afin de virilement réveiller la damoiselle d’à côté au son d’un puissant bruit de cascade qui lui rappellera qu’elle a couché avec un véritable sniper des points d’eau.

Mais là, c’est le drame : matin chagrin, matin moins bien, l’homme découvre que son arme mal préparée tire en arrosoir, et en envoie partout sauf sur la cible, tel un B-52 sur porcelaine.

L’homme vit un échec. Il n’était pas préparé. Sous le choc, il tombe à genoux, prostré, et se roule sur le carrelage en pleurant.

Lorsque quelques minutes plus tard, sa rousse conquête ouvre la porte des toilettes pour savoir d’où proviennent ces gémissements, elle est fort étonnée.

« Mais ? Didier, qu’est-ce que tu fous par terre ?

– C’est passque j’aurais dû faire pipi assiiiiiis ! Je suis plus un hoooomme ! Snif snouf !

– D’accord, je vois, bon écoute Didier, je crois que je vais me barrer en fait. Et puis tu vas oublier mon numéro de téléphone si tu veux bien.

– On fait bisou quand même ?

– Didier, tu t’es roulé dans les gouttes de ta propre urine, donc même la poignée de main, c’est non. »

Didier est un homme brisé. Où va-t-il pouvoir retrouver la confiance en lui et réapprendre la fierté d’être un homme qui fait pipi debout, parce que c’est avant tout ça qui définit le mâle ?

Sur internet. Et plus précisément, sur un site de qualité :  l’école Major, pour apprendre à être et rester des hommes.

Apprendre et rester. Parce que des fois, tu avais bien appris, mais le jour de l’interro, tu as un trou.

Découvrons cette perle ensemble.

L’entrée du site. Fonder son clan. Mais à Clash of Clans ou on s’attend vraiment à ce qu’on se promène en slip avec ses copains avant de piller un monastère franc ?

Tout d’abord, qu’est-ce que l’école Major ? Allons dans la rubrique « Qui sommes-nous ? » pour mieux comprendre.

MAJOR (signifie “plus grand” en latin) est un magazine online et une école de formation pour les hommes qui ne supportent plus l’injonction moderne à la féminisation

L’injonction moderne à la féminisation.

Si quelqu’un a une définition exacte, je suis preneur, parce que là, tout de suite, je ne vois pas bien. En effet, il m’arrive fort peu de me promener dans la rue pour tomber sur quelqu’un qui se met à hurler « Toi ! Féminise-toiiiiii ! » avant de me tirer dessus avec son rayon féminisant (Mais si, vous savez : celui qui fait pousser les seins et donne envie d’appeler ses amies « Ma belle » sur Facebook). Peut-être parce que je dégaine le premier et que personnellement, je tire en 7,63x25mm, ou bien peut-être parce que ça n’existe pas ? Tout cela est fort mystérieux. J’imagine que tout comme moi, vous êtes dubitatifs.

Mais je suppose que le site a une réponse ? Après tout, il propose une « Session Alpha » pour devenir un mâle, un vrai, un avec un nombre de couilles supérieur à un, mais tout de même inférieur à trois, et où nous devrions découvrir, du moins je le subodore, la définition de la féminisation du mâle innocent qui n’en demandait pas tant ?

Voyons voir l’introduction…

Marre de la société d’eunuques dans laquelle on vit ? Marre de toutes les tentatives pour faire de vous un individu fade, plat, petit, esclave, sensible et dominé ? Marre de cette vie de flaque qui vous est destinée, celle d’un médiocre sans aventures et sans force ?

Ah. D’accord. Être « féminisé », c’est donc être une « flaque ». Une merde, quoi.

Je ne sais pas qui tient ce site, mais si vous voulez bien me donner quelques minutes que je m’allume un cigare et que j’investisse dans l’industrie du BTP, car à la lecture de ces lignes, je pense que nombre de mes lectrices vont acheter des briques par paires, afin de faire découvrir de manière festive à qui de droit ce qu’est la définition littérale du mot « eunuque ». Diego ? Brandy s’il-te-plaît, je sens que le spectacle promet. À défaut d’être féminisé, quelqu’un va être démasculinisé très fort.

Mais, j’exagère : posez ces parpaings que je ne saurais voir, et lisez plutôt la suite, car nous ne venons que d’effleurer la qualité générale du site. Mettez votre scaphandre, nous descendons.

Marre de cette naïveté sur la société, sur les autres et sur le monde qu’on vous apprend depuis votre plus jeune âge, loin des réalités de l’existence et qui vous empêche de réussir ? Marre de respecter des « valeurs » qui sont comme des boulets à vos pieds et qui font qu’on vous marche dessus tous les jours ?

Les valeurs (avec des guillemets, sinon c’est un peu trop respectueux), sont donc des boulets, sachez-le.

Ce qui est con, parce qu’aux dernières nouvelles, on a bâti plus de civilisation en empilant des valeurs que des couilles. D’abord, parce que la couille est un très mauvais matériau de construction (même si comme dit plus haut, on en retrouve parfois entre deux parpaings, mais concentrez-vous un peu), et ensuite, parce que les valeurs, c’est souvent pratique. Je ne sais pas : par exemple, le sens de l’honneur est une valeur qui ne me paraît pas forcément incompatible avec le fait d’être un homme. Ou le devoir. Ou la courtoisie. Ou la propreté.

C’est ce qui nous différencie, entre autres, du singe.

Mais qui sait, peut-être qu’on apprend plein de choses véritablement masculines dans ce stage ? Comme s’épouiller entre mecs ? L’art de propulser son caca manuellement pour marquer son territoire, même de loin ? Ou bien comment bien éplucher sa banane ? Quoique sur ce dernier point je… attendez. Non, je propose de s’en arrêter là, car en cas de blague trop graveleuse, ils risqueraient de m’appeler comme formateur.

Et j’ai mon honneur, justement.

Marre du politiquement correct qui cherche à faire de vous une femme comme les autres et qui vous empêche de vraiment réussir votre vie sentimentale et sexuelle ?

C’est donc écrit en toutes lettres : on cherche à faire de nous des femmes, et comme le disait un grand penseur : « Les filles, c’est nul !« .

Le grand penseur en question fut par la suite privé de récré pour avoir tiré sur les couettes de Chloé pour lui signifier l’émoi palpitant dans son slip Spiderman, aussi est-il forcément une source de qualité dont la pensée profonde mérite des stages de groupe pour réapprendre comme bien tirer une couette, comment accentuer « Jouer à l’élastique, c’est pourri » ou l’art subtil et délicat de décapsuler une bière avec son rectum.

La femme, cet être mystérieux qui n’y connait rien en sentiments et en sexualité. Le soir venu, comme chacun sait, elle se contente de lire Biba et éteint les lumières à 21h00.

La session ALPHA a été pensée et travaillée pendant plusieurs mois pour offrir toutes les bases culturelles et mentales qu’un homme doit connaître.

Ah ben si ça a été travaillé pendant plusieurs mois (des mois ! Vous imaginez ? C’est plusieurs fois trente jours !), c’est forcément sérieux

Mais alors attendez, aurais-je loupé un épisode ? Où est cette liste des bases mentales et culturelles que l’homme doit connaître ? Pourquoi n’est-elle pas livrée en série avec les kikis ? Comment ai-je fait pour en arriver là où je suis ? Est-ce un cours de rattrapage ? Peut-on parler de SEGPA pour hommes ? Au vu de ces lignes, je commence à me dire que ce dernier terme me paraît fort adapté.

Elle est partie d’un constat simple : tous les hommes que nous connaissons autour de nous qui on vraiment réussi leur vie économique (création d’entreprise, projets, audace, force de travail, bon métier), sentimentale (nombreuses conquêtes, marié, belle famille, enfants bien élevés), intellectuelle (curiosité, érudition, forte spiritualité, sagesse) et amicale (respecté des autres, nombreux amis, création de « clans », réseau important) sont tous des hommes qui partagent peu ou proue la même philosophie de vie, les mêmes valeurs et un même comportement. Ceci n’est évidemment pas un hasard, mais ces hommes se font de moins en moins nombreux…

Gandhi et Dan Bilzerian, même combat ?

Faut-il penser qu’être une femme, c’est être une merde pour réussir dans la vie ? Est-ce que par exemple, si vous aviez le choix, vous préféreriez être Marie Curie ou Patrick Balkany ? Marie Marvingt ou Eric Zemmour ? Albert Roche était-il un sous-homme puisque peu connu pour ses nombreuses maîtresses ? Quant à Freddie Mercury, peut-on dire que c’était un raté puisqu’il ne courrait pas la gueuse dès potron-minet ?

Non. Visiblement, la réussite sociale, ça commence quand tu secoues les draps en t’exclamant « Ouah, celui-là fouette grave ! » pour bien rappeler à ta voisine de lit que tu ne pètes pas des papillons, toi.

Heureusement, la session ALPHA (en majuscule partout dans le texte, parce que c’est pas une session pour les minuscules je suppose) va vous apprendre à vous faire pousser des poils, à rabattre la porte sur la gueule de ces donzelles qui aimeraient qu’on la leur tienne, à réaliser du morse en rots pour pouvoir commenter le cul de Lulu même quand elle est dans la pièce, et bien sûr, à pouvoir savourer une 8-6 sans que vos papilles ne prennent feu.

Et tout cela pour 47€ seulement. Oui, on peut devenir un homme pour 47€ seulement les enfants. Mesdemoiselles, si vous avez envie de vous joindre à nous dans notre grand complot de domination d’hommes blancs cis hétérosexuels (réunion tous les vendredis après 17h pour déterminer ensemble la prochaine oppression si le quorum est réuni), c’est pas cher.

Heureusement que la page « Qui sommes-nous » nous rappelle que :

Major ne se gênera pas non plus pour prendre part aux polémiques qui cherchent à alimenter « la guerre des sexes », guerre que nous refusons tout net.

« Bon, les filles, on vous fait pas la guerre des sexes, mais quand même, vous êtes un peu des merdes. »

Nous voilà rassurés. Les diplomates de la guerre des sexes sont là, et visiblement, ils sont bourrés (nous verrons plus loin que c’est cohérent).

Je laisse quelques instants à mes lectrices qui viennent de prendre feu – et par pour les raisons que ces messieurs aimeraient – d’aller chercher un extincteur, et nous allons tout de suite nous pencher sur quelques exemples d’articles qui nous permettent de mieux comprendre le monde mystérieux des mâles alphas.

Je rappelle que le mâle Alpha est supposé être le mâle suprême partout où il passe, celui qui attire tous les regards et qui fait craquer toutes ces dames, voire urine dans la pièce pour la marquer lorsqu’il entre quelque part. Il devance le mâle Bêta, lui-même vaguement supérieur au mâle Lambda, mais tous ont pour objectif commun de vouloir finir tout Nu (les amateurs de lettres classiques apprécieront).

« Nom de dieu, soldat, c’est une putain de guerre des sexes ici ! Si tu faiblis rien qu’une seule seconde, ces sales femmes vont en profiter ! La dernière chose que tu sentiras, ce seront deux pieds froids comme la mort qui se glisseront contre toi ! »

Un petit article léger pour commencer ? Histoire de bien montrer que la guerre des sexes n’est pas le genre de la maison.

Allez, on y va en douceur.

Et si les féministes n’étaient que de grosses fainéantes ?

Ah non mais quand je dis léger, c’est léger. Et attention, c’est justifié :

Chez Major, on se méfie comme de la peste des incapables, des ratés et des égalitaires qui haïssent la vie, les idéaux et les traditions, parce qu’ils se haïssent eux-mêmes.

Être égalitaire, c’est être un raté. Gens qui croyez en Liberté, Égalité, Fraternité, sachez-le : vous êtes de gros nazes. Le mâle alpha, il est probablement monarchiste, parce que la monarchie, en plus, c’est la tradition, et que les traditions, c’est bien. D’ailleurs, si on pouvait remettre le servage, parce que les conventions de stage, bon. Personnellement, je trouve bien évidemment tout cela ridicule et puéril : pourquoi être monarchiste quand on peut être impérialiste ? Quelle bande de petits joueurs, ces mâles alphas. Je suis un peu déçu.

Notez que chez Major, « on se méfie comme de la peste des ratés« , mais on leur propose quand même des stages à 47€. Faudrait pas qu’ils disparaissent non plus, hein.

Pour le reste, je pense qu’ils ont mis dans le même sac les féministes qui combattent pour l’égalité et les féministes qui vous expliquent doctement sur Twitter que si tu n’intitules pas ta thèse d’histoire « Les e.i.mp.ereur.eratrice.s de Chine« , tu es un nazi. Ce qui revient un peu à ne pas faire la différence entre Robert Capa et Kim Kardashian au motif qu’ils se disent tous les deux passionnés de photographie.

On poursuit un peu ?

Moi aussi je peux décider demain de rejeter l’idéal masculin. Vouloir n’être plus que lâche

On en revient donc à ce principe de base : si tu n’es pas masculin (et donc que tu ne sais pas jouer le premier acte du Barbier de Séville en pétant), tu es lâche.

Je propose à ces gens de taper Chevalier d’Éon dans Google, histoire de.

J’ai conscience que l’idéal masculin et l’idéal féminin sont difficiles à atteindre, et que ceux-ci doivent être actualisés à la lumière de la modernité, mais j’ai aussi conscience que ces idéaux doivent perdurer pour, d’abord, être capable de se retrouver dans ce que l’on appelle l’Amour.

Notez qu’il n’existe qu’une seule forme d’Amour (avec un grand A, comme Aitairosaixuail). Les homosexuels ne s’aiment pas, c’est connu : ils forniquent. Qu’on prépare le bûcher !

Si jamais vous pensiez que j’exagère, je vous rappelle que le dernier article en date au moment où j’écris ces lignes s’intitule sobrement Devenir barbare ? et où l’on propose de réfléchir aux thèses de Jack Donovan sur le fait que c’était cool d’être un barbare.

Selon Donovan, la majorité des hommes européens s’interdisent de penser de la sorte. Soumis à une dictature globaliste, l’occidental est dans une vision inclusive à très grande échelle (galactique s’il le pouvait) et il ne pourra redevenir un outsider, un barbare et finalement un homme libre qu’à partir du moment où il rejettera cette vision globale pour se concentrer sur les intérêts de son clan.

C’est vrai que c’est en se disant que son voisin était un connard et en lui mettant des coups de gourdin sur la truffe que l’on a envoyé des gens dans l’espace.

Et que la culture tribale qui est réapparue ici ou là du « Ma bande d’abord, la loi après, vazy la bande d’à côté est sur mon territoire, on va les marrave ! » a apporté des choses fabuleuses à nos sociétés. Écouter du Jul sur le haut-parleur de son smartphone tout en crachant par terre : c’est ça, la réussite masculine, les enfants.

Heureusement, ce site étant celui des winners et de la winnance, il parle de tous les sujets, comme comment faire face au chomâge ?

Pensez à certains modèles masculins que vous admiriez enfant ou adolescent : est-ce que Jean Gabin ou Clint Eastwood auraient fondu en larmes en recevant leur lettre de licenciement et auraient-ils réclamé un safe space ? Bien sûr que non. Et bien, vous non plus.

« Et gnagnagna tous mes amis sont morts, gnignigni j’entends les obus la nuit », ah, ces chochottes qui pleurent ! Elles pourraient prendre exemple sur les acteurs au cinéma qui n’ont pas peur, eux !

Il est arrivé à Jojo le métallo, ouvrier sur chantier naval, de pleurer lorsqu’il a perdu son boulot après 25 ans de bons et loyaux services. Je propose à l’auteur de l’article d’aller expliquer à Jojo, 1,90m et 110 kilos à force de soulever des poutrelles, que c’est une grosse chochotte, bouhouhou, il m’arrive des choses tristes alors je pleure, ouin ouin.

Retrouvera-t-on l’auteur de l’article avec une poutrelle dans le rectum ? Retrouvera-t-on d’ailleurs la poutrelle ? Ou l’auteur, en fait ? Pleurera-t-il un peu quand même ? Vous avez deux heures.

Mais, allez ! Concluons ce tour d’horizon avec un dernier article, messieurs, qui concerne l’amateur de brandy et autres whisky que je suis : pourquoi les hommes doivent savoir tenir l’alcool ?

Oui parce qu’avant l’invention de l’alcool, les hommes n’existaient pas, il faut le savoir. Les femmes se reproduisaient par mitose. Eh oui.

Nous connaissons tous plus ou moins ces injonctions viriles du genre : « Allez, fais pas ta gonzesse, reprends un dernier verre ! » depuis que nous sommes en âge de boire. Ces comportements, typiquement masculins, ne sont-ils que l’expression d’une stupidité grégaire ou relèvent-ils eux-aussi, et malgré les apparences, d’une sorte de sagesse plus profonde ?

Je… comment dire ? Je ne sais pas vraiment par où commencer. Aussi, essayons d’y aller dans l’ordre.

D’abord, vous le saurez, boire, c’est un truc de mecs. Les femmes, ça ne boit pas. Et si ça essaie, ça prend feu. Qui n’a jamais vécu ce moment douloureux ou dans un bar on entend quelqu’un s’exclamer « Non Geneviève, ne touche pas à ce mojito ! » avant d’apercevoir une torche humaine traverser la pièce ? Un spectacle aussi terrible qu’il est commun.

Ensuite, cet article va nous expliquer, sans rire, que Roger qui dit à Michel de pas partir sans un dernier pastis, c’est de la sagesse. Je ne sais pas si in vino veritas, mais en général, in pastis pastagas, et rarement plus. Cependant, il y a peut-être une vraie explication derrière, ne soyons pas mauvaises langues, et voyons plutôt. Car le style de l’auteur lui-même est fabuleux :

Alors que je sortais d’une conférence internationale de 3 jours, une évidence m’apparut : toutes les conférences, réunions, forums, meetings, qui s’étalent sur plusieurs jours, culminent non pas la journée, à travers le programme officiel, mais le soir, au bar ou au restaurant. C’est véritablement dans ces moments-là que les rencontres se font, que les amitiés se nouent et, disons le, que les affaires s’engagent ou se concluent.

« Oui, vous savez, j’étais à l’ONU l’autre jour, quand je croise Barack qui me dit… »

La conférence internationale de 3 jours, quelque chose me dit que c’était la classe de neige du collège Christian Clavier de Melun.

Entouré essentiellement d’hommes de toutes les nationalités, ayant tous en commun d’être plus tendanciellement des alphas à cause de leur profession (hommes politiques, businessman etc.), les tournées à boire furent, comme de mise, un moment de vérité

Si comme moi, vous avez lu « Nous étions entre gros kikis quand… » c’est normal. Je crois que ce souhait d’insister sur « conférence internationale », « businessman » & co est un concours de zobs sur claviers. Vous ne connaissiez pas cette pratique ? Cela existe sous différentes formes. Celle-ci, ou bien directement poser son trilili sur les touches et voir qui presse le plus de lettres. Si tu peux juste écrire « azer », c’est mal parti. Si tu fais « azertyuio », c’est mieux. Si tu obtiens « aqzsedrftgyhujikolpm », on t’appelle Monsieur.

Mais je m’égare.

Car puisque nous parlons de mâles concours, notons que lorsque l’auteur nous explique que la gloire, c’est de finir entre couilles au Balto, comment dire ? Dans ce cas, n’importe quel club de joueurs de Magic est une ode au succès et à la supériorité masculine liée (pour peu que tu tapes deux manas et que tu t’engages). Mais nul doute qu’une fois ivre, notre héros doit trouver la chose crédible. Contrairement à toute la population sobre du secteur qui, finalement, ressent une forme de pitié pour la plume derrière ce brillant message.

« Le » moment de vérité, peut-être bien. Il y eut ceux qui dédaignèrent prendre un verre après diner, ceux qui le souhaitèrent mais qui ne tinrent pas la cadence et perdirent le contrôle, et ceux qui restèrent jusqu’à tard et se firent beaucoup d’amis.

Ces passages quasi-obligés par la case « tournée à boire » sont révélateurs à biens des égards. Ils en disent long sur l’homme qui est en vous.

Assez de mauvaise foi : cet homme a raison.

Oui, raison. Je suis sérieux. C’est vrai : c’est assez révélateur.

Car si vous avez besoin d’être bourré, et les gens autour de vous aussi, pour vous faire des amis, c’est probablement que vous êtes un peu tout en bas de l’échelle socialement. Le genre de personne qui marmonne « Je dois aller à la soirée d’intégration même si elle est humiliante si je veux m’intégrer ; peut-être que l’on m’aimera si je brade mon honneur ? » durant la première année d’école supérieure. Un être humain normalement constitué peut se faire des amis sans boire, et si vous pensez que personne ne va vous aimer ou vous respecter tant que vous ne suivrez pas les injonctions du groupe, félicitations, à défaut d’être un mâle alpha, vous êtes potentiellement une moule. Il va être temps d’aller vous acheter une colonne vertébrale et d’apprendre à tenir debout tout seul.

Mathias von Abele, un juriste allemand du XVIIe siècle, trouve au moins quarante-cinq excellentes raisons de boire entre hommes. […] Le vocabulaire employé par Abele est absolument masculin : la « virilité », les « affaires », « l’esprit chevaleresque » et la « camaraderie ». Ceci n’est pas étonnant.

Oui, et une fois, j’ai lu un traité de médecine qui disait que la peste se soignait avec une bonne saignée.

C’est pas parce que c’est vieux que ce n’est pas complètement con. Si vous avez un doute, regardez Public Sénat.

Depuis la Genèse et Noé, qui fut le premier des vignerons, où il est écrit « Noé planta la vigne et connut l’ivresse »

Ah ben si c’est dans la Bible, c’est bon. J’espère que l’auteur ne se tripote jamais alors, parce que ça aussi c’est dans la Bible, canaillou.

Dans de vieux livres, j’ai aussi appris que les femmes, ça passait son temps à faire le sabbat pour invoquer des démons cornus avec un visage barbu à la place des fesses qui viennent sauter sur le lit des honnêtes gens. C’est très vieux, donc forcément très pertinent.

en passant par les beuveries des guerriers, qu’ils furent Grecs, Romains, chevaliers du Moyen-Âge, jusqu’aux soldats modernes qui continuent à se « tester » lors d’expériences initiatiques qui comprennent presque toujours des jeux d’alcool, il est dans la tradition, notamment européenne, de savoir boire pour être jugé comme un homme.

Ce qui en fait forcément une bonne chose. Je rappelle qu’à la fin du XIXème siècle, il était de bon ton de payer une prostituée à son fils pour lui apprendre un truc ou deux. Quel dommage que cette jolie tradition se soit perdue ! Car c’était aussi un merveilleux moment pour découvrir les MSTs les plus en vue, et d’échanger celles en double avec ses amis.

Dans les milieux économiques actuels, il en est souvent de même : les traders par exemple, qui vivent une vie stressante car concurrentielle et impitoyable, se retrouvent régulièrement dans des bars le soir venu pour épancher leur soif de sociabilité et de détente après des journées harassantes.

« Je connais des mecs qui picolent, donc il faut picoler« , expliqua l’homme qui vendait des formations sur comment être fier et indépendant.

Bon après, il est vrai que la cirrhose rapproche. Surtout dans les chambres d’hôpital doubles.

Mais l’auteur va plus loin et nous propose cette interrogation profonde :

À quoi sert l’alcool entre hommes ?

Personnellement, je dirais que si tu bois avec un objectif autre que de savourer, tu bois mal, mon petit. Tu comprendras quand tu seras grand.

Ces moments de détente alcoolisés permettent :

De faire baisser la tension inhérente à une vie masculine remplie de responsabilités, de challenges et de luttes acharnées. Ils laissent la place à la joie de vivre, à la légèreté et à l’oubli momentané des exigences.

Ta vie est dure ? Bois pour oublier.

Ce conseil vous était offert par l’association française des gens fiers et pas du tout dépressifs.

De garantir une socialisation toute démocratique : chacun paie sa tournée et celui qui se dérobe à ce devoir passe pour égoïste et misérable. Celui qui a le plus d’argent se sent obligé de « payer » le plus de tournées pour montrer son humanité.

« L’égalité commence par ce qu’il y à boire et à manger. Là par exemple, il n’y a rien. Donc c’est pareil pour tout le monde. C’est ça, le communisme ! » – Kim Jong-Un.

Notez la subtilité du propos : payer sa tournée, c’est être un homme, ne pas le faire, c’est être une crotte. Ainsi, quand Gégé s’exclame « Ôllez Maurice fô pô ton pédé paie tô tournée, lô« , il exprime à la fois sa sagesse, son humanité et son sens profond de la démocratie et de la tolérance. Rappelons que nous regrettons très fort Gégé, mort deux heures après avoir tenu ses propos lorsqu’un platane s’est jeté sous ses pneus. D’après le rapport d’autopsie, le feu qui s’est emparé de son véhicule aurait été causé par son dernier soupir sur l’allume-cigare, et non par un défaut du réservoir.

Je sens que vous aussi, vous avez senti en Gégé le mâle alpha. Et que derrière leur écran, mes lectrices soupirent à l’idée de rencontrer prochainement un Gégé.

De révéler l’homme qui est en chacun, tant il est vrai, comme l’écrivait déjà Pline l’Ancien : « In vino veritas », soit : « Dans le vin, la vérité. ». Un homme ivre révèle souvent sa nature profonde.

« Alcoolo« , par exemple.

De permettre les conditions de la camaraderie : une bonne soirée arrosée pleine de rires soude souvent des amitiés pour la vie. Elle rassemble les hommes qui se retrouvent soudainement à égalité face à leur propre humanité.

Ils se retrouvent plus souvent à égalité au-dessus des toilettes du bar, mais vu l’humanité dans ces lignes, je comprends que la confusion soit aisée.

Savoir tenir l’alcool est une preuve de vertu

A l’instar de la violence, l’alcool est un révélateur d’un « juste milieu » viril qui distingue les vrais hommes des brutes ou des flaques. Un homme qui userait constamment de violences physiques sans réfléchir ressemblerait au soulard qui boirait en permanence. Celui-ci sait tenir l’alcool, mais par alcoolisme. Dès lors, comme la brute, il perd en crédit. Il agit par excès.

De l’autre côté, celui qui ne tient pas l’alcool ou ne veut pas boire par prudence et/ou par peur ressemble à celui qui se dérobe toujours lorsque les circonstances exigent l’utilisation de la violence physique : il est alors jugé comme un lâche, un faible, une flaque.

L’homme se tient à équidistance de la brute et de la flaque. Au sujet de l’alcool, il est capable de boire – et de bien boire ! – quand il le faut, mais il sait se maitriser, il sait s’arrêter et, en particulier, n’est surtout pas un alcoolique. Un homme qui tient l’alcool parce qu’il est un soulard perd instantanément l’amitié et le prestige qu’il aurait gagné en « buvant bien » et jusqu’à tard. Ce qui révèle une âme virile et humaine chez les uns se transforme en objet de honte pour l’alcoolique.

Je résume : quelqu’un sait qu’il ne tient pas l’alcool (il n’a pas forcément choisi, hein) et refuse de boire ? C’est une crotte. Il DOIT savoir boire, nom de dieu ! Et jusqu’à tard !

Je propose de renommer ce site Le Guide du Beauf.

« Si t’es pas bourré, la soirée est ratée », slogan officiel de toutes les mauvaises compagnies et soirées.

Savoir profiter des bons moments !

Au diable, donc, toutes les injonctions modernes à la prudence, à la modération en tout, et à la Santé-dictatrice (pour quoi faire ?).

S’exclama-t-il devant le maréchal des logis Framblet, lors du toucher rectal qui précéda sa nuit en cellule de dégrisement.

Un homme doit être capable de se saouler lors de bonnes occasions, sans toutefois faire n’importe quoi, et se lever tôt le lendemain, montrant ainsi à tous sa maitrise de lui-même, sa capacité à endurer et sa profonde humanité. C’est dans ces moments qu’il trouvera souvent ses meilleurs amis et ses meilleures affaires. C’est aussi dans ces moments qu’il a des chances de se trouver lui-même.

Et c’est aussi dans ces moments-là qu’il se réveillera avec un rein en moins et un contrat signé disant qu’il en faisait don à mon organisation caritative « Des organes pour le Mexique« .

Mais quelque part, tu as raison, mon brave. Bois pour oublier ton métier. Bois pour oublier ta vie. Bois pour te faire des amis. Si le succès, c’est de se dire « Vivement ce soir que je sois saoul« , alors je te le laisse bien volontiers, et personnellement, j’irai faire tout l’inverse de ce que tu recommandes : boire à petites gorgées un excellent whisky accompagné d’un cigare, et à défaut de me faire de fabuleux amis traders couillus, j’irai le boire avec des femmes.

Je te laisse le soin de contempler ton choix et le mien.

Car finalement, au fond, je crois que tu es dans le vrai, école Major.

Ta vision du succès ne vaut pas vraiment plus de 47€.

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Un odieux connard

Notez l'image de fond qui nous rappelle, messieurs, qu'être un homme, c'est grimper sur le toit de sa demeure pour contempler l'horizon.

Hélas pour le sergent instructeur, sa recrue était fétichiste des pieds et il venait de l'exciter très fort.

Rappelons par ailleurs que l'acteur est mieux payé pour faire semblant d'être un soldat que le soldat pour vraiment risquer ses fesses. J'aime ce monde.

Alors que tout le monde sait bien que les femmes ne vénèrent que Slaanesh ou Tzeentch, enfin.

Sur cette image, Jean-Michel vient encore de prouver qu'il est un mâle alpha à sa bouteille de vodka.

Permis de Tweeter

Les réseaux sociaux sont une invention merveilleuse. 

N’écoutez pas les mauvaises langues qui vous diront le contraire : s’il est une constante dans l’histoire de l’humanité, c’est qu’à chaque fois qu’une nouvelle technique de diffusion de l’information est apparue, les sociétés qui en ont bénéficié ont grandement progressé. Voyez l’imprimerie, qui a permis de distribuer ses ouvrages politiques et philosophiques dans nombre de demeures ! Celle-la même qui a permis aux journaux d’apparaître et de se multiplier pour permettre aux masses de tout savoir des événements qui secouaient le vaste monde ! Que dire de la radio, qui permit de s’informer en direct et de diffuser discours et musique ? Qui ignore que la télévision a changé la donne et qu’il est aujourd’hui possible de voir et revoir des scènes achevées depuis bien longtemps ? Et puis, voilà internet. Depuis le confort de votre fauteuil, en quelques clics, vous pouvez observer à quoi ressemblent les rues de Sao Paulo, découvrir des images de la surface de Mars, ou apprendre la langue de votre choix. Et enfin, les réseaux sociaux. Et grâce à eux, la diffusion par le peuple, pour le peuple. 

Car imaginez le sort de la pauvre Nathalie. Autrefois, pour expliquer au monde entier que les vaccins donnaient l’autisme, Linky la diarrhée ou que Benoit Hamon serait en fait le pseudonyme de Hamtaro (ce qui est crédible, notez), elle aurait été bien emmerdée. Du temps des copistes, les moines lui auraient mis deux claques, voire offert un bûcher gratuit, sans compter que cela coûtait tout de même moult deniers qu’elle n’avait pas (en ce temps-là, Nathalie mourait d’ailleurs en couches à 28 ans, mais au moins, elle n’avait pas affaire aux vilains laboratoires pharmaceutiques). Du temps de la presse, un chef de rédaction l’aurait passée dessous. La radio, Nathalie l’aurait soigneusement évitée parce qu’elle a lu que les ondes Wifi donnaient le cancer des oreilles, quant à la télévision, ils nous mentent, ils l’ont dit sur Youtube. 

Mais grâce aux réseaux sociaux, nous pouvons tous bénéficier des lumières de Nathalie, relayées par bien d’autres Corinne, Jean-Jacques et autres Gérard.

Alors, que ferait-on sans eux ? 

Probablement beaucoup de choses. Aussi, pendant que je mets la dernière touche à mon ouvrage Vivre avec des cons, ou pourquoi j’attends avec impatience le feu nucléaire, je vous propose de parler ce jour de l’un des réseaux sociaux qui vous donnerait presque envie de contempler l’anus de Satan plutôt que votre écran : Twitter. 

En effet, Twitter cumule beaucoup de choses : 

  • L’essentiel de ce qui est posté dessus est public, donc même si vous ne connaissez pas Nathalie, vous pouvez la subir
  • Les messages sont limités en taille, rendant toute explication dépassant deux SMS plus ou moins illisibles
  • Malgré le point précédent, les gens semblent continuer à penser que c’est un bon endroit pour parler de politique

Aussi, posons-nous la question : ne faudrait-il pas un permis avant d’ouvrir un compte sur les réseaux sociaux, pour éviter de transformer des pans entiers d’internet en classes SEGPA 2.0 ?

Ce pourquoi aujourd’hui, et avant de vous risquer en ces terres oubliées des dieux comme des bibliothèques à en croire le niveau moyen, je vous propose :

Le permis de tweeter

Alors, on veut tweeter ? Essayer d’être super pertinent en 280 caractères ? Soit. Alors pour ce faire, je vous propose de répondre à ces quelques questions. Vous allez voir, c’est fort simple. Comptez vos bonnes réponses, et on se retrouve en fin de test.

1 – Je suis un homme politique et j’ai quelque chose à dire, dois-je le tweeter ?

Donald nous rappelle chaque jour pourquoi laisser des hommes politiques sur Twitter est une mauvaise idée.

 

Vous répondez ?

A – Oui

B – Non

C – Je klaxonne.

 

Solution : 

Il fallait bien évidemment répondre « B – Non« . En effet, personne ne se souvient d’un seul tweet d’homme politique salué par qui que ce soit, par contre, tout le monde peut citer un paquet de tweets qui ont alimenté quantité de tempêtes fécales, souvent reprises par la suite par d’autres médias. En d’autres termes : si vous êtes un homme politique, vous n’avez rien à gagner sur Twitter, par contre, qu’est-ce que vous avez à perdre. Votre compte Twitter est donc un boulet à votre pied, et vous feriez bien de virer tout conseiller qui ne vous propose pas de n’en faire qu’un simple relais de votre agenda. Si vous avez quelque chose à dire, faites-le à froid et là où vous aurez plus de 280 caractères pour le dire. Tweeter à chaud, c’est exactement comme envoyer un SMS à son ex après une demie-bouteille de vodka : c’est qu’il est temps de rentrer dormir.

Si vous avez un doute, regardez Donald Trump. Oui, c’est un argument en soi.

2 – Je me sens seul, et parfois, d’étranges vagues de chaleur parcourent mon slip, puis-je utiliser Twitter pour trouver un partenaire qui saura apaiser cette tension ?

Henri, un ami qui vous veut du bien.

Vous répondez ?

A – Oui 

B – Non

C – Attendez, Twitter et Tinder, c’est pas la même chose ?

D – Combien coûte ton cul ?

 

Solution :

La bonne réponse était encore une fois « B – Non« . En effet, si vous avez des envies d’accouplement, et que vous pensez pouvoir séduire autrui uniquement avec deux SMS et des hashtags, c’est probablement que vous avez douze ans, et vous ne devriez pas être là. Prenez donc mon pied, combinez-le habilement à votre cul, et retournez donc réviser votre subjonctif, viles petites créatures imberbes, non mais. Si vous avez plus de douze ans et que les gens qui vous attirent aiment les SMS et les hashtags, c’est que vous aimez un peu trop les gens qui eux, ont vraiment douze ans, aussi je vous propose de laisser votre IP en commentaires afin que le GIGN puisse passer vous rendre visite et vous poser quelques questions (certaines impliquant l’emploi de pinces crocodiles, mais je vous laisse la surprise). Si vous avez répondu « C« , il est temps de consulter pour votre dyslexie, et enfin si vous avez répondu « D« , c’est que vous êtes coach en séduction (je vous rappelle que cette phrase est vraiment tirée d’un site de drague), et auquel cas, c’est excusable : un coach de séduction devant un tweet, c’est un peu comme Cyril Hanouna devant une histoire de Oui-Oui : pour lui, c’est déjà beaucoup à lire en une fois.

 

3 – J’ai envie de militer pour ma cause mais il y a plein de gens pas d’accord qui font rien qu’à venir me le dire.

Et comme sur Twitter, Jésus a fait un ragequit avant de revenir trois jours plus tard.

Vous répondez ?

A – C’est un peu normal sur un site public.

B – Je vais tous les bloquer.

Solution :

Étonnamment, bien que la bonne réponse soit « A – C’est un peu normal sur un site public. », la plupart des militants 2.0 préfèrent la réponse B. Notez que dans la vraie vie, si vous vous rendiez sur un site public (comme par exemple, la place de l’hôtel de ville de votre bourgade) pour y crier à voix haute vos opinions et que vous vous rouliez en boule avant de hurler au fascisme sitôt que quelqu’un vous répond, on se demanderait si vous ne seriez pas un peu con, des fois. Aux dernières nouvelles, si vous voulez militer, il faut justement parler avec les gens qui ne sont pas d’accord avec vous, sinon, prêcher des convertis, ça ne sert pas à grand chose. Sauf si, évidemment, vous ne vous souciez pas du tout de savoir si votre cause avance ou recule et que votre vraie priorité, c’est de montrer vos opinions à des gens déjà d’accord avec vous uniquement pour qu’ils vous aiment un peu plus et gratter des abonnements pour vous donner de l’importance. Ce qui serait mal. Très mal. Mais les militants 2.0 ne sont pas comme ça. Nooooon. 

On me répondra que Twitter n’est pas forcément public : on peut rendre ses tweets privés pour ne causer qu’à qui on veut sans être embêté. Mais notez que peu nombreux sont les gens à le faire : c’est qu’il ne faudrait pas rater un retweet ou une citation dans un article de Slate.

 

4 – Je suis journaliste, puis-je utiliser Twitter pour avoir plein de super informations ?

Le journalisme moderne.

Vous répondez ?

A – Oui

B – Non

C – Uniquement hors-agglomération et après 22 heures.

Solution :

Il fallait bien sûr répondre au mieux « A mais B« , et dans le doute, « B – Non« . En effet, si Twitter permet de suivre un certain nombre de sources, on notera que généralement, on ne sélectionne que les pires pour réaliser des articles honteux du type « Affaire Bidule – Les meilleures réactions des Twittos » (rappelons que si l’on me laisse rétablir l’empire en paix, l’emploi du terme Twittos sera puni de lapidation par coques de portables), « Qu’avez-vous pensé de Truc ? » ou encore « Dix Machins qui prouvent que personne n’aime telle nouveauté« . Ce qui n’est jamais ni plus ni moins que le micro-trottoir du futur : on prend du rien, on le remplit avec l’avis de Madame Michu d’une profondeur telle que la fosse des Mariannes en est jalouse, et pif pouf, on a un article. Et quand les gens cliquent dessus, on n’oubliera pas de leur rappeler de désactiver leur bloqueur de publicité « pour soutenir une information de qualité« . Si la qualité de l’information est disponible au café du coin, peut-être que l’on pourrait commencer à entrevoir l’un des motifs de la crise de la presse, mais passons. Twitter, c’est une bien vilaine drogue : si vous voulez rester sérieux, n’y touchez pas, ou alors, avec des gants, et pas directement en intraveineuse dans vos articles.

Existe aussi en saveur « Et si on faisait une émission constituée de trucs piqués sur Youtube ?« 

 

5 – Je veux avoir accès aux informations que les grands médias et le gouvernement nous cachent, puis-je les trouver sur Twitter ?

Extrait de « La Geste de la Mater Magiqve », au chapitre « Les basptesmes dosnnent l’avtisme »

Vous répondez ?

A – Oui.

B – Non.

C – P’têt’ ben.

 

Solution :

C’est bien connu : les gouvernements du monde entier cachent d’immenses complots, travaillent avec des races extra-terrestres, font larguer des produits chimiques par avions entiers pour obliger la population à consommer des médicaments et fait disparaître les milliers de témoins gênants de toutes ces opérations MAIS ces mêmes gouvernements sont mis en échec par Jérémy, 39 ans, coach en bien-être à Saint-Etienne qui a découvert le secret du moteur à eau mais là, bon, il peut pas vous le montrer, il est au garage, et puis on lui a volé et ah ben tiens, son chien a mangé les plans. Bref, rassurez-vous : si les secrets de l’univers filtrent quelque part, ils sont généralement repris dans la foulée par tout ce qui publie pour la simple et bonne raison que personne ne refuserait un bon scoop. Mais si vous pensez que les vaccins donnent l’autisme, que la Terre est plate ou le mouvement perpétuel existe mais que son inventeur a été assassiné, il existe en effet un endroit mystérieux où vous pouvez avoir des réponses à toutes ces questions : cela s’appelle l’école. Bon, après, vous avez peut-être perdu vos accès depuis le temps, mais bon. Il fallait donc répondre « B – Non » et rajouter « Je ne suis pas si con. ». La réponse « C » était elle réservée aux Normands qui nous lisent.

 

6 – Puis-je harceler les gens sur Twitter ?

Quelques secondes plus tard, Marco Ramius lui faisait un #IvanLeFou. La guerre sur Twitter, c’est pas pour les bleubites.

Vous répondez ?

A – Oui.

B – Non.

C – Ça dépend, est-ce que ce sont des fachos ?

 

Solution :

Si vous faites partie de ces gens qui se disent que certaines méthodes sont parfaitement normales quand utilisées par votre camp, mais intolérables quand le camp d’en face y a recours, il va peut-être falloir vous poser quelques questions sur votre sens de l’éthique. Si vous avez répondu « A », nul doute que vous me lisez depuis une pièce obscure où une lampe grésillante jette une lumière orangée sur un mur sale où s’alignent photos, articles de journaux et cartes, le tout relié avec des ficelles rouges (si elles sont d’une autre couleur, tout va bien, vous êtes quelqu’un de très sain). Si vous avez répondu C, il y a fort à parier que vous avez une notion très vague de ce qu’est un facho qui se résume peu ou prou à « ce qui s’oppose à moi« , ce qui est bien pratique car en collant cette étiquette sur vos ennemis, cela justifie à vos yeux tous vos actes. Il fallait donc répondre « B – Non« . Et si jamais quelqu’un vous embête sur les réseaux, n’oubliez pas qu’il existe des lois, et des gens en jolis costumes pour les appliquer. Et eux, il est difficile d’essayer de les bloquer pour ne plus les voir. Ce qui ne veut pas dire que certains n’ont pas essayé. Coucou, Alexandre Benalla. Ah, zut, j’ai mis un nom. Bon, je vais éviter de mettre des photos ou le métier du garçon, comme ça, vous ne saurez pas qui c’est. J’aime être de bonne foi.

 

7 – Bonjour, je suis une foule en colère, est-ce que Twitter est pour moi ?

 

Twitter en une image

Vous répondez ?

A – Mais tout à fait : sur Twitter, on trouve de quoi s’indigner et exiger du sang à peu de frais.

B – Non. Twitter est un endroit sain et raisonnable où la courtoisie et le bon sens font loi.

C – En cas d’émeute, j’évite de circuler en agglomération et je préfère les transports en commun comme le métro, le bus ou le char Tigre.

Solution :

Votre vie est triste et morne ? Vous n’avez rien à dire d’intelligent, mais vous aimez bien pourrir autrui ? Bravo, vous pouvez devenir Gilet J… je veux dire, Twitter est fait pour vous ! Imaginez ! Vous voilà connecté avec des milliers de gens, et s’il y en a un seul qui dit quelque chose de travers, vous pouvez lui tomber dessus telle la météorite taquine sur le dinosaure mignon et vous rouler par terre en jouant votre plus grand numéro d’indigné. Toute la journée, vous pourrez vous plaindre de tout ! Publicité qui ne vous revient pas, slogan qui vous déçoit, tweet que vous prendrez un malin soin de lire dans le pire sens possible, à vous le plaisir simple de ne jamais être content et d’exiger la justice en même temps que des milliers d’autres utilisateurs. De toute façon, qui pourrait vous arrêter ? Ce n’est pas comme si on allait avoir une explication intelligente en 280 caractères. Il fallait donc bien évidemment répondre : « A – Mais tout à fait : sur Twitter, on trouve de quoi s’indigner et exiger du sang à peu de frais.« . Et n’oubliez pas de ne jamais être satisfait même quand votre cible répond à vos demandes : si elle cède, il faut continuer, ça veut dire que ça marche !

Twitter, c’est un peu ça : une foule en colère qui attend toute la journée de savoir sur qui balancer ses torches aujourd’hui. 

 

8 – Puis-je mettre mon enfant devant Twitter ?

Contrairement à une rumeur persistante, durant la Seconde Guerre mondiale, on n’utilisait pas Twitter. Tout le monde sait bien que les Allemands lui préféraient Tik Tok.

Vous répondez ?

A – Oui, bien sûr, il pourra s’instruire.

B – Oh que non, il est bien trop jeune.

C – Il s’en fout, Twitter c’est un truc de trentenaires qui se croient cools

 

Solution :

La bonne réponse était bien sûr « C – Il s’en fout, Twitter c’est un truc de trentenaires qui se croient cools » puisque comme chacun sait, les jeunes s’en cognent, maintenant. Twitter, c’est vieux, c’est pas pratique, les conversations sont illisibles, et le jeune, cette étrange créature, préfère marauder sur Instagram, Snapchat ou Tik Tok, entre deux parties de Fortnite. Oui, fier défenseur de Twitter, il va falloir se l’avouer : tu as pris un coup de vieux. Il y a dix ans, c’était in. Mais à l’époque Nicolas Sarkozy était président, Star Wars n’avait que six épisodes, Dailymotion était le futur et tu récupérais encore comme une fleur après une soirée whisky-coca (larron de peu de goût !). Je sais, ça fait mal. Aussi, inutile de mettre ton enfant devant Twitter : non seulement ça devrait l’aider dans la vie, mais en plus, ce serait cruel. Un peu comme quand vos parents vous forçaient à essayer de vous faire aimer les mêmes choses qu’eux. 

Épargnez votre descendance, elle a déjà bien à faire avec toutes les photos de kikoute qu’on lui envoie sur Snapchat.

 

9 – Si demain Twitter s’arrête, est-ce que le monde va s’en remettre ?

Vous répondez ?

A – Oui.

Solution :

Je vous laisse recompter les réponses disponibles tout seul, d’accord ?

Résultats

Vous avez neuf mauvaises réponses – Vous êtes Donald Trump

Vous avez réussi à louper même la neuvième question. Votre permis de tweeter vous est retiré sur le champ. Sanction à laquelle vient s’ajouter une ordonnance restrictive vous empêchant d’approcher à moins de vingt mètres d’un téléphone, juste pour être sûr. Vous êtes invité à vous retirer de toutes vos affaires en cours pour aller en cure de désintoxication à La Bourboule, où l’on vous fournira un réseau social de substitution où vous ne pourrez faire de mal à personne qu’importe ce que vous écrivez : Google Plus.

Vous avez entre cinq et huit mauvaises réponses – Vous avez échoué à votre épreuve du permis de tweeter

Vous n’êtes pas encore prêt. Si vous étiez lâché sur Twitter comme ça, sans préparation, tout cela pourrait très mal tourner. On pourrait vous retrouver à montrer vos pyjamas pokémons tel un vulgaire Joachim Son-Forget (et vous ne voulez pas finir député, vous vous respectez), à utiliser les hashtags d’émissions de télé-réalité pour les commenter en direct, voire à utiliser votre biographie Twitter pour étaler tout votre dossier médical dans le seul but de faire le malin (et révéler que vous êtes, ça alors, autiste-asperger-surdoué-zèbre !). Si vous disposez déjà d’un compte Twitter, merci de vous ranger sur le bas-côté et de couper le contact d’icelui.

Vous avez entre une et quatre mauvaises réponses – Vous avez obtenu votre permis de tweeter probatoire

Vous avez votre permis de tweeter à titre probatoire. Malgré quelques erreurs, vous avez les bases et devriez rapidement vous endurcir. Pour rappel, votre permis de tweeter probatoire dispose de 12 points, que vous pouvez perdre comme suit :

  • Tweeter sous l’influence d’alcool : – 3 points
  • Tweeter sous l’influence de stupéfiants : – 3 points
  • Tweeter sous l’influence de Jean-Luc Mélenchon : – 3 points (mais vous êtes nommé à la tête du Média dans la foulée)
  • Tweeter une image impliquant un Minion, un chat ou équivalent : – 3 points
  • Tweeter de fausses informations : – 3 points
  • Tweeter des informations tellement fausses que Laurent Wauquiez les retweete : – 6 points
  • Retweeter Alain Soral : – 12 points (et un abonnement à J’aime lire pour reprendre les bases)

Si jamais vous veniez à perdre tous vos points, des stages de récupération sont mis en place, durant lesquels vous apprendrez l’art délicat de ralentir avant de tweeter, en présence d’un ancien adjudant de la légion étrangère équipé d’un petit maillet. Si vous vous demandez à quoi sert le maillet, vos doigts, eux, le sauront bien vite.

Vous avez bien répondu à tout – Vous aviez déjà votre permis de tweeter

Et vous avez probablement quitté ce réseau il y a longtemps, ou savez au moins vous en tenir prudemment à distance pour ne pas sombrer dans la folie.

Je laisse donc le temps de potasser à ceux qui ont échoué, et aux autres… moui, non, je ne suis pas sûr de devoir vous féliciter.

En attendant, nous vivons vraiment une époque formidable.

C’est pourquoi, en toute bonne foi, je m’empresse d’aller annoncer cet article sur Twitter.

C’est qu’il ne faudrait pas rater le bon retweet, dites-voir.

Trumpade

Un odieux connard

En plus, ses fanfictions étaient pas mal, même si elles finissaient toutes pareilles.

Je vous laisse faire seuls toutes les blagues sur l'utilisation de la croix pour quitter Twitter

Excusez-moi Messieurs, y a Peter qui fait du boucan sur Twitter.

Ah et le truc de cette maman pour avoir un enfant en forme, c'est d'en faire huit.

Si vous avez toutes les références, Tom Clancy vous salue bien.

Je vous ai pris une foule inclusive, je suis comme ça.

Ici, Alan Turing créant la première machine permettant de décoder le langage SMS et les fautes d'orthographe.

L’Odieux Connard en tournée – Lille, Suresnes, Bruxelles, Paris

Rude est la vie de l’auteur, qui pour satisfaire son lectorat, est obligé – oui, obligé – de courir les terres pour aller en dédicace signer des livres (mais surtout, les vendre : il aime l’argent), entendre qu’on aime ce qu’il fait, voire recevoir des présents (cigares, alcool, stagiaires… et parfois une intéressante combinaison des trois). Oui, vraiment : rude est la vie de l’auteur.

Aussi, en attendant un prochain article – même si en ce moment, il y a plus de mauvaise foi dans le monde réel que sur ce blog, c’est bluffant – faisons un point sur les prochains endroits où ma personne apparaîtra pour accomplir sa sainte mission auprès de son lectorat.

Tout d’abord, ce sera ce jeudi 07 février 2019 à 17:00, à Lille, au Furet du Nord.

Je devrais y rester environ deux heures histoire de permettre aux plus laborieux d’entre vous de sortir du travail, aussi, pour tuer le temps, et comme bien souvent, j’y raconterai des anecdotes historiques. Ou des âneries. Voire les deux à la fois, nous verrons comment les choses se déroulent. Puis, je me retrancherai pour la nuit dans un hôtel du cru, tant l’on sait qu’il a neigé sur la ville récemment, et qu’à en croire l’état de panique des médias à chaque flocon, la population aurait recours au cannibalisme. Je ne me rendrai pas sans combattre, sachez-le, surtout que Diego recharge mes armes pendant que je tire, aussi le feu est continu, margoulins.

Si vous ignorez où est le Furet du Nord (ce qui est mystérieux si vous êtes du coin), voyez plutôt :

EDIT : Attendez ! L’auteur étant occupé à battre ses stagiaires comme plâtre, il n’a pas glissé à temps dans cet article une information essentielle. En effet, il sera le mercredi 13 février 2019 de 16:00 à 17:30 à la libraire Point de Côté Jeunesse, à Suresnes.

Qui se trouve ici :

L’occasion de se faire passer pour le désormais bien connu en ces lieux Julien Hervieux, et d’y parler d’Au Service de sa Majesté la Mort.

La chose entendue, j’espère qu’enfin, on me laissera un peu de temps pour écrire des articles honteux en paix, avant que je ne sois envoyé en mission à Bruxelles.

Lille étant une sorte de sas de décompression avant l’entrée en Belgique, je serai ainsi prêt à affronter les peuplades locales. Et cela sera passera à la Foire du Livre de Bruxelles, les 15, 16 et 17 février 2019. Oui, trois jours. Oh, mais je suis comme ça. Les weekends chez soi, c’est has-been. Et là, attention, parce qu’il y a des horaires. Le reste du temps, je serai occupé à faire des trucs, comme tenter de civiliser ce pays. Où donc pourrez-vous me trouver pour me rappeler que ce genre de commentaire arrogant, cela commence à bien faire ?

Le vendredi 15 février de 20:30 à 22:00 sur le stand des éditions Bragelonne.

Le samedi 16 février de 10:00 à 12:30 sur le stand Dilibel.

Le samedi 16 février toujours, de 14:30 à 16:00 puis de 18:00 à 19:00 sur le stand des éditions Bragelonne.

Le dimanche 17 février, de 10:30 à 12:00, sur le stand des éditions Bragelonne.

Le genre de chose qui devrait vous donner de petits indices quant à ma scandaleuse lenteur à écrire des articles de blog en ce début d’année. Alors que ce n’est ni l’envie, ni les sujets qui manquent. Mais au fait, où ça se passe donc, cette Foire du Livre ? Eh bien, ici, ma foi :

Et puis, cette mission accomplie, je ferai mes adieux au plat pays avant de retourner à Paris, non pas une, mais deux fois (je suis comme ça) :

Le samedi 2 mars 2019 je serai à Paris à la librairie À Livr’Ouvert dans l’après-midi (les horaires sont à confirmer, mais guettez donc !), où je viendrai m’occuper des gens qui me demandent « Vous passez quand à Paris ? » ce qui me laisse supposer qu’ils vivent dans une dimension parallèle, et pour information, la librairie se trouve au 171 bis Boulevard Voltaire, 75011 Paris. Je mettrai une carte plus tard, mais là, ne me demandez pas pourquoi : Google boude.

Enfin, je serai aussi au salon Livre Paris le weekend du 16 mars, puis peu de temps après, à Suresnes. Mais comme pour tout cela, il y a des horaires et détails à confirmer, on en reparlera. Voilà qui devrait cependant calmer les missives pleines d’impatience envoyées par vos soins.

Sur ce, je retourne regarder les informations : en ce moment, c’est aussi caricatural que ce blog, mais même moi, j’ai l’impression de moins en faire des caisses à côté.

Tu gagnes cette manche, actualité. Mais point d’inquiétude : j’arrive !

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Un odieux connard

Caquaman

L’Atlantide.

Une civilisation légendaire et fort avancée qui aurait existé il y a des milliers d’années. On raconte que dans les rues d’Atlantis, sa capitale, il était impossible pour un citoyen de faire plus de quelques pas sans croiser un philosophe, un scientifique ou un artiste de génie. Les autres peuples de ce bas-monde étaient encore plongés dans l’obscurité des premiers âges que les Atlantes travaillaient déjà sur des machines plus avancées que celles de notre ère. 

Mais au loin, un grondement sourd menaçait cette douce utopie.

Chaque nuit, il se faisait un peu plus fort. Et peu à peu, la joie de vivre quittait les rues de la ville, remplacée par une lourde anxiété. Car chacun sentait bien au plus profond de son âme qu’une terrible catastrophe guettait. Et en effet.

Car ce grondement sourd, ce n’était autre que le gros intestin de Dicicomik, un petit artiste d’Atlantis, qui s’apprêtait à pondre un étron si monstrueux que même lui en serait horrifié.

Et une nuit, cela arriva : Dicicomik accoucha du script d’Aquaman.

On raconte que les Atlantes devinrent fous à sa vue, et qu’une vague de suicides gagna les rues. Mais c’est une autre vague, plus grande encore, qui se préparait au loin : les dieux eux-mêmes, insultés par la simple existence de pareille bouse, décidèrent de couler la ville dans l’espoir que jamais personne n’aurait à subir la chose à nouveau. Toute l’île disparut sous les eaux, et lorsque l’aube se leva sur l’Atlantique, là-bas, loin au large des colonnes d’Hercule, il n’y avait plus la moindre trace de l’orgueilleuse civilisation qui s’était trouvée là quelques heures auparavant. L’océan était devenu sa tombe.

Les siècles passèrent, et voici que l’humanité, toujours aussi audacieuse qu’imprudente, déchira le voile des eaux pour explorer les fonds marins. Et la légende raconte qu’elle y découvrit la seule chose que même l’océan ne pouvait entièrement dissoudre :

Le script étronique d’Aquaman.

Et pire, quelqu’un trouva 200 millions de dollars pour le réaliser.

Alors, les dieux avaient-ils tort ? Ou bien est-ce que la simple vue d’Aquaman donne envie de déguster un tsunami dans les gencives ?

Ni une, ni deux : spoilons, mes bons !


L’affiche. Je ne sais pas vous, mais personnellement, rien que les couleurs me donnent envie de ne pas aller plus loin.

Tout commence lors d’une nuit de tempête il y a bien des années, au phare de Ploumanac’h. 

Un fier gardien de phare est occupé à s’assurer que ses volets restent bien attachés s’il ne veut pas qu’ils finissent à nouveau encastrés dans la façade de la mairie de Trégastel, lorsque soudain, il repère quelque chose échoué sur les rochers en-dessous de lui.

« Que… mais ? Bon dieu, j’ai jamais vu un aussi gros mérou ! »

En s’approchant de plus près, notre héros constate que le mérou est non seulement particulièrement impressionnant, mais qu’en plus, il porte de longs cheveux blonds, dispose de nageoires en forme de bras et de jambes, et ressemble à s’y méprendre à une damoiselle. Mais une damoiselle armée d’un trident, portant une profonde blessure au bidou, et plutôt inconsciente. Le gardien, que nous appellerons Yann, se dit que dans le doute, il va la ramener chez lui.

Seulement voilà : la bougresse reprend brièvement conscience une fois à l’abri, mais se montre fort peu coopérative. Ainsi, elle balance son trident dans la télé alors que Yann voulait simplement regarder Thalassa pénard, menace de lui claquer la truffe, mais heureusement pour notre ami breton, la filoute a perdu tant de sang qu’elle s’effondre comme une grosse bouse sur le tapis.

Lorsqu’elle se réveille le lendemain… elle est toujours chez Yann ? Pas du tout à l’hôpital ? Vite ! Elle constate que le gardien du phare s’est contenté de la coucher dans le canapé du salon… et de la couvrir d’un plaid. 

Justement, le voici qui arrive avec le petit déjeuner.

« Ah ! Vous êtes réveillée ? Et c’est moi où vous venez de gober un de mes poissons rouges ?
– …
– Bon, en tout cas, je suis content de savoir que vous allez mieux. Vous étiez en sale état hier.
– …
– Oooh, ne me regardez pas comme ça. Ouiiii, je sais ce que vous vous dites : « Alors que j’étais gravement blessée et que j’avais sûrement dérivé des heures dans l’eau glaciale, ce que ce couillon a trouvé de mieux pour me soigner, c’est deux sparadrap sur mon trou dans le bidou et un plaid par-dessus. ». Mais vous avez déjà joué à Baldur’s Gate ? Hé bien une nuit à l’auberge, ça guérit tout plus sûrement que n’importe quel hôpital. Ne sous-estimez pas le pouvoir de guérison d’une nuit plaid-canapé. »

Et le script de nous assurer qu’en effet : une nuit sous un plaid et notre amie est comme neuve. Et dire que la recherche contre le cancer piétine alors que la solution était depuis le début sous nos yeux, et qui plus est, en pilou. Mais revenons à la passionnante discussion qui s’ensuit.

« En attendant, j’étais bien surpris de te trouver là hier soir, gros mérou. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? C’est parce que j’ai jeté trop d’appât dans l’eau hier soir, c’est ça ? 
– Écoutez, il y a méprise, je ne suis pas un mérou.
– Apapap, on ne me la fait pas. Les blondes, ça échoue au casino Perros-Guirec, et les mérous, sur mes rochers. Si on commence à inverser, ça va vite être le bordel, tant les mérous sont mauvais au blackjack.
– Non, bon, écoutez, je vois qu’on est partis du mauvais pied. Je viens d’un royaume lointain qui est par bien des points à l’opposé du vôtre, et mon nom est dérivé d’icelui, car je suis…
– Normandou et tu viens de Normandie ?
– … que… non ? Non, écoutez : je m’appelle Atlanna et je viens de l’Atlantide, une civilisation super avancée.
– Sauf sur les prénoms.
– Hé, ho, hein, on va se calmer maintenant ! Je suis la fucking reine de l’Atlantide, espèce de plouc.
– Ploumanac’h.
– … seigneur. »

Heureusement, après quelques verres de chouchen, tout le monde se détend, mais pas de partout, et bientôt, Atlanna et Yann finissent par se rouler de gros patins. Et bien que Yann soit toujours persuadé qu’Atlanna soit un mérou, particulièrement au vu de ses dialogues qui lui donnent plutôt raison, et après le prompt renfort de cidre et de crêpes, Yann et son poisson finissent par s’accoupler. Neuf mois plus tard, un enfant naît de cette union : Arthur. L’apparence d’un humain, la jugeotte d’un poisson : il est à la croisée des deux mondes.

Les années passent, mais alors que l’enfant est tout jeune encore, voici qu’un soir, pendant que ses parents débattent de la situation géographique de Nantes, un mur explose. Voilà qui est peu banal, tant les murs sont plutôt connus pour être des voisins très tranquilles. Pire encore : un commando de types en grosses armures futuristes et avec des armes tout aussi avancées débarque, et pointe son artillerie vers Atlanna.

« Reine Atlanna ! Vous avez fui votre mariage arrangé, abandonné votre époux le roi ! Mais les lois de l’Atlantide sont strictes : vous devez rentrer avec nous.
– Jamais ! »

Et Atlanna de ressortir son trident pour meuler la truffe des margoulins, ce qu’elle fait avec brio. Mais une fois leur compte réglé, elle doit tout de même s’expliquer avec son mari. Bon, elle pourrait aussi régler ça au trident, mais elle a fini par s’y attacher, allez savoir pourquoi.

« Yann… voilà. Tu sais tout. La nuit où tu m’as trouvée sur les rochers, c’est parce que je m’étais enfuie de mon propre royaume, où j’étais… 
– Tu veux dire que c’était pas à cause de l’appât, alors ?
– … Yann, nous avons déjà eu cette conversation. Je ne suis pas un mérou.
– Pourtant, lors de la conception d’Arthur, je me souviens qu’à un moment, tu as gobé le… »

Tatata, je n’écoute plus. Accélérons un peu, voulez-vous.

« … Atlantes bien meilleurs au blackjack. Mais, Yann, ce point éclairci, voilà, je me rends compte que je vous mets, Arthur et toi, en danger. Les Atlantes reviendront me chercher où que je me cache. Alors, mieux vaut que je retourne dans l’Atlantide. Et lorsque tout danger sera écarté, je reviendrai. D’ici là, prends-soin de toi. Et de notre fils. Car il a le sang d’un roi.
– Oui enfin pour l’instant, il est surtout en SEGPA. 
– Ah ben hé, j’ai pas dit roi de quoi. Bon, sur ce, j’y vais ! Bisous et n’oublie pas de réchauffer le poulet pour ce soir ! »

Et Atlanna de s’élancer sur le quai voisin du phare pour plonger et disparaître dans l’océan. Yann est tout triste. Il n’a plus qu’à retourner dans son phare et nettoyer tous ces cadavres d’Atlante qui traînent. Nul doute que personne ne reprochera ces quelques morts à la reine d’Atlantis : tous ces larrons s’appellaient Jean-Jacques. Il n’y a donc rien à craindre.

Les années passent cependant, et nous retrouvons Arthur qui à peine entré au collège, va visiter l’aquarium de Trégastel. 

Mais sur place, deux chenapans se moquent de lui car Arthur cause aux poissons, ce qui le fait, disons-le, un peu passer pour un con.

« Alors Arthur, on cause à ses amis des mers ?
– Laissez-moi !
– Ahaha, quel débile ! Et qu’est-ce que tu imagines qu’ils te racontent, tes potes à nageoires ?
– Eh bien, celui-là dit « Caca, caca », « celui-ci dit « Miam-miam », et celui au fond dit « Les vaccins, c’est un complot de l’industrie pharmaceutique. »

Communiquer avec les poissons, c’est une chose, mais ça reste des poissons : on estime que ceux-ci ont le niveau intellectuel d’un utilisateur de Facebook moyen. 

Toujours est-il que les garnements qui s’en prennent à Arthur en ont pour leur argent, car tous les poissons de l’aquarium, outrés qu’on s’en prenne ainsi à leur nouvel ami un peu con, se mettent à frapper les vitres derrière Arthur ou à se ranger en ordre de bataille, c’est selon. Les témoins sont forts surpris, et un peu effrayés par l’étrange pouvoir tout pourri de ce garçon. Qui fait s’interroger tous les jeunes gens présents d’un bruyant « C’est naze ton pouvoir ! Ça sert à quoi, man ?« . D’où le nom : Aquaman.

Ah, l’étymologie.

Sautons à nouveau quelques années si vous le voulez bien, et nous voici de nos jours.

Bien loin de la Bretagne, nous suivons ainsi un sous-marin russe qui est suivi par une espèce de petit submersible furtif ultra-sophistiqué qui a tôt fait de se percher sur l’appareil russe, et d’envoyer une équipe le prendre d’assaut. Une partie de l’équipage russe se retrouve ainsi à s’enfermer dans un coin du sous-marin pour se mettre à l’abri, pendant que l’autre est massacrée par le mystérieux commando d’assaillants qui distribue allègrement du pruneau à tout ce qui passe.

Les malandrins finissent par ôter leurs masques et se féliciter de cet assaut réussi. Le capitaine des pirates sous-marins reçoit ainsi les félicitations d’un pirate plus âgé.

« Bravo… mon fils ! Tu es le digne commandant de cette équipe ! Tu as encore mené cette opération d’une main de maître ! Laisse-moi te remettre… ce petit couteau.
– Je n’en ai pas besoin, père. J’ai déjà une grosse lame de la mort avec moi.
– Non, mais ce couteau a une histoire… laisse-moi te la raconter. »

Moi aussi, j’aime bien raconter des histoires au milieu de mes opérations commandos. C’est un excellent moment pour faire ça.

« Mon père, ton grand-père, était plongeur durant la Seconde Guerre mondiale. Il était redoutable ! Au point qu’on le surnommait « Manta ». Mais, après la guerre, son pays l’a oublié… alors il a décidé de vivre de son talent en se faisant pirate. Quand j’avais ton âge, il m’a donné ce couteau, son arme de plongeur. Et maintenant, je te le transmets. Et à ton tour, tu es désormais « Black Manta » le pirate.
– Manta ? Ouah, c’est vachement plus cool qu’Aquaman et l’étymologie pourrie de son nom !
– Oui… ton père était un grand buveur. Il adorait le sirop de menthe. Il pouvait s’en enfiler des litres ! Il a d’abord été surnommé « Menthe à l’eau », et a même inspiré une chanson d’Eddy Mitchell. Et puis bon, comme c’était chiant au moment de plonger de crier « Menthe à l’eau, à l’eau ! », on a fini par simplement l’appeler « Manta ».
– Okay, j’ai rien dit. »

Moi aussi je fais cette tête là quand un mec insiste pour me raconter l’histoire de son canif en pleine mission.

Mais soudain, quelque chose percute le sous-marin de plein fouet, et une terrible secousse jette tous les margoulins au sol ! Et ce quelque chose… c’est Arthur, notre Aquaman favori ! Usant de sa super force, de sa capacité à se mouvoir sous l’eau sans encombre, et d’une propulsion largement aidée par un repas qui le ballonne, il pousse le sous-marin jusqu’à la surface, puis cela fait, arrache une écoutille et rentre distribuer des baffes à tous les vilains pour libérer le gentil équipage. Balles et coups de couteau ricochent sur lui car son corps est fort solide pour aller dans des profondeurs inconnues (ce qui a dû rendre très difficile le boulot de son tatoueur, mais hein, bon), et bientôt, il a claqué la truffe de tous les pirates. 

« Aquaman ! » s’exclame joyeusement l’équipage lorsque le grand barbu tatoué et torse nu vient les sauver du recoin où ils s’étaient enfermés. Après avoir évacué tout ce petit monde, Aquaman retourne vérifier qu’il n’a oublié personne dans le sous-marin désert et… tombe sur le capitaine du commando et son papounet ! Qui s’étaient probablement cachés sous un tapis ou dans un tiroir à chaussettes pendant que leur équipe se faisait massacrer. À défaut d’avoir les yeux couleur menthe à l’eau, j’en connais au moins deux qui ont le slip façon cacolac.

La bagarre reprend, et malgré toutes les ruses de papa pirate et de son fils, Aquaman leur claque la truffe, mais non sans que leur combat dans la salle des torpilles ne cause une paire de dégâts, comme une voie d’eau et une torpille qui tombe sur papa pirate et l’écrase à demi.

Fiston pirate se tourne vers Aquaman.

« Il est coincé ! Aidez-moi, ayez pitié ! Il va couler avec le sous-marin si on ne fait rien !
– Ouais enfin vous avez massacré l’équipage et essayé de me tuer, alors démerdez-vous, en fait. Allez, salut les copains ! »

Ce n’est vraiment pas très sympa, Aquaman. Mais ce dernier met les voiles, pendant que fiston pirate voit son papounet préférer se faire sauter avec une grenade que de mourir noyé dans le naufrage du submersible. Le nouvel orphelin et seul survivant de son équipe regagne promptement son petit sous-marin furtif, et s’en va, défait.

Alors que Aquaman, lui, tracte les canots de sauvetage russes jusqu’à la côte la plus proche, tel un dauphin, en plus barbu et moins malin.

Puis, comme notre héros décide qu’il a passé une bonne journée, il va fêter ça au bar en compagnie de son propre papa (propre, parce que lui n’a pas été dispersé par une grenade, par exemple). Et regarde à la télévision les médias raconter le sauvetage par le mystérieux Aquaman d’un équipage russe dont le sous-marin a coulé après une attaque de pirates, pirates ayant déjà volé un prototype de sous-marin furtif à la Navy. C’était donc de là que venait leur matériel fort sophistiqué. 

Mais pendant qu’Aquaman enchaîne les shots de cidre dans un obscur rade de Saint Guirec, allons au fond des océans, car il s’y passe des choses.

Le roi de l’Atlantide, qui a hérité de l’océan le charisme du mollusque, et que nous appellerons par conséquent Jean-Moule, attend un mystérieux rendez-vous avec sa garde personnelle au fin fond de ruines englouties. Est-ce sa promise qu’il souhaite voir ici ? Non ! C’est le tout aussi peu charismatique Nunusse, roi d’un royaume sous-marin voisin, qui vient visiter notre ami.

« Bonjour Jean-Moule, je… »

Stooop. Je me permets de marquer une pause, et j’annonce : Jean-Moule est méchant. Non, il n’a encore rien dit, mais je peux déjà le dire. Comment ?

  • Jean-Moule est blanc et blond, avec une tête d’aryen (donc plus ou moins nazi)
  • Jean-Moule chevauche un monstre marin à grosses dents
  • La garde de Jean-Moule chevauche de gros requins méchants

Alors qu’en face, Nunusse chevauche de gros hippocampes kikinous. Voilà. Vous n’avez plus besoin de l’intrigue, vous la maîtrisez déjà plus ou moins. Mais, dans le doute, reprenons.

« Bonjour Jean-Moule, je suis heureux de te voir. Pourquoi le roi de l’Atlantide veut-il me rencontrer ?
– Mon bon Nunusse, vois-tu, je pense qu’il est temps d’en finir avec les Surfaciens, qui ne font rien qu’à nous jeter des ordures sur la gueule toute la journée et à exterminer la faune de l’océan. Et je ne parle pas du pipi dans l’eau quand personne ne regarde ou des mecs qui font semblant de ne pas voir les poubelles de plage. Encore l’autre jour, j’ai failli m’étouffer en confondant un sac plastique avec une méduse.
– Mais ? Nous ne mangeons pas de méduses ?
– TU ME JUGES PAS ! Bon, bref, j’ai un super plan : et si on ratiboisait la surface ?
– Hmmmm… je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Et puis tu connais la règle : un roi doit avoir l’aval de quatre des sept royaumes sous l’océan pour pouvoir attaquer la surface. 
– Ben justement, avec toi, ça ferait… attends… un…. deux… oui, voilà : deux.
– Écoute mon p’tit Jean-Moule, je te vois venir avec tes gros sabots. Tu commences par moi, parce que sans moi, tu ne peux pas avoir les autres royaumes. Et voilà pourquoi. »

Et s’ensuit une explication où nous comprenons mieux de quoi il retourne et quels sont ces sept royaumes :

  • L’Atlantide, tout d’abord, dirigée par Jean-Moule, et le plus puissant des royaumes sous l’océan.
  • La Nunusserie, le royaume de Nunusse qui est… heu… l’Atlantide bis ?
  • Les Fishermen, un peuple d’hommes poissons plutôt portés poésie que guerre
  • Les Crabichous, un peuple d’hommes crabes, qui ont le goût du crabe, mais parlent comme des hommes
  • La Fosse, un peuple redevenu sauvage et tout pourri
  • Les Déserteurs, un peuple devenu… un désert
  • L’Indonésie, royaume sous l’océan à temps partiel

Nunusse explique qu’il sait que sans son royaume, l’Atlantide ne pourra pas faire plier les Fishermen, et que sans au moins trois royaumes, impossible de maraver les Crabichous pour les forcer à rejoindre l’alliance. Quant aux trois autres peuples, ils ont plus ou moins disparu ou quitté les règles des royaumes des mers avec le temps.

Nunusse reprend son explication.

« En plus, si tu as au moins l’aval de quatre royaumes, non seulement tu peux attaquer la surface mon petit Jean-Moule, mais tu pourras aussi porter le titre… de maître des mers.
– Ooooh, c’est juste un titre, vous savez, ça ne m’intéresse pas.
– Ah oui ? Et cette vidéo porno amateur où l’on t’entend crier « C’est qui le maître des mers ? » alors que tu copules furieusement avec une huître ?
– ÇA N’A RIEN À VOIR ! Et puis je… c’est cette huître, elle m’a forcé. »

Heureusement pour Jean-Moule, les réticences de Nunusse sont vite éteintes lorsqu’apparaît au loin… un sous-marin russe ! Qui se met à balancer de la torpille sur la petite réunion, et oblige nos amis de l’océan à le déboulonner à coups de trident pour qu’il arrête d’ouvrir le feu sur tout ce qui passe. Autant dire que la chose est vite réglée, tant sous les mers, personne n’est aussi agile ni puissant que les Atlantes et leurs alliés.

Une fois le sous-marin coulé, Nunusse est d’accord : la surface, en fait, ils sont un peu relous, et ils viennent d’attaquer les premiers. Il est temps d’agir. Jean-Moule propose, avec l’aval de Nunusse, d’utiliser ses grands pouvoirs de maître de l’Atlantide pour envoyer un message aux habitants de la surface…

Mais avant de voir de quel message il s’agit, retournons voir notre fier Aquaman.

Ce dernier a passé la journée à se murger au cidre avec papa, et c’est donc la vessie lourde mais le cœur léger qu’ils sortent du bar à la nuit venue pour rentrer chez eux. Papa étant un peu cuit, Aquaman l’installe sur le siège passager lorsque soudain… des eaux du port de plaisance voisin sort une splendide jeune femme si rousse qu’à ce stade, ce n’est pas qu’elle n’a pas d’âme : c’est qu’elle en doit une à quelqu’un. 

Le papa d’Aquaman, Yann, expliquant à son fils qu’un vrai gardien de phare ne quitte jamais son bonnet, même quand nous sommes en plein été, qu’il fait beau et qu’on est dans un bar.

Aquaman est perplexe, tant les jolies filles qui sortent des eaux des ports de plaisance à 23h30, c’est pas banal.

« Bonjour, Arthur. Ou dois-je dire Aquaman ? Je suis…
– Nan mais… vous voudriez pas prendre une douche d’abord ? Vous sentez le mazout et l’algue verte. Vous n’auriez pas pu sortir des eaux dans un coin un peu plus sympa ?
– Il suffit, petit malappris ! Car l’heure est grave. Je suis Mera et…
– Pffrrrrt…
– Quoi ? 
– Nan mais… Mera…
– Dis donc, tu veux qu’on parle d’Aquaman comme nom ?
– Ho… c’est pas la… pfrrrrt… Mera boire ! »

Après avoir cordialement pété la gueule d’Aquaman, Mera reprend.

« Je disais ? Oui, je suis Mera, et je viens de l’Atlantide. Je suis venue te prévenir, Arthur. Nous avons besoin de toi. Tu es le fils aîné de notre ancienne reine, et tu as par conséquent droit au trône.
– Alors oui, sauf que ça ne m’intéresse pas, merci.
– Tu ne comprends pas : notre roi Jean-Moule ton demi-frère veut déclarer la guerre à la surface ! Il faut l’arrêter.
– Ben arrête-le toi, alors.
– Je vois. Tu fais ta mauvaise tête. 
– Oui parce que ma petite Mera, figure-toi que si je n’ai jamais mis les pieds en Atlantide, j’ai appris un certain nombre de choses grâce à un ami de ma mère qui en vient et m’a rendu visite plus d’une fois, Vulko. Il m’a appris à maîtriser mes pouvoirs. Et c’est lui qui m’a dit que l’ancien roi, jaloux d’avoir été trompé, avait fait balancer ma mère dans la Fosse, où elle était morte dévorée par des créatures toutes moches. Alors ton royaume pourri, là, tu peux te le garder.
– Certes, mais le sort de la surface est en jeu… nous nous reverrons. »

Et Mera de repartir s’enfoncer dans les eaux, malgré les cris d’Arthur qui lui beugle que « Mais arrête, c’est caca là-dedans ! ». Mais qu’importe. Notre héros grimpe dans son véhicule avec sticker À l’aise Breizh à l’arrière, et suit la route de la côte pour retourner au phare familial.

Lorsque soudain, il aperçoit un énorme tsunami qui s’apprête à lui refuser la priorité !

Aquaman klaxonne, mais le tsunami l’ignore superbement, et sans mettre son clignotant, se rabat rageusement sur toute la côte, entraînant avec lui des tonnes d’ordures, de débris, et même quelques navires de guerre. Aquaman est éjecté de sa voiture dans l’apocalypse, et manque de peu de perdre son papa sous des tonnes d’eau, si Mera, probablement elle aussi rabattue sur la côte telle une baleine échouée, n’avait pas sauvé la situation. Car la belle dispose du fort puissant pouvoir de contrôler l’eau, ce qui dans ce genre de situation, est pratique. 

« Merci Mera. Ce tsunami… que s’est-il passé ?
– C’est le message de Jean-Moule à la surface : les océans vont avoir leur revanche. Ils viennent de rejeter tous les déchets et tous les navires de guerre humains sur leurs côtes. Et à présent, l’Atlantide va venir finir le… que pourquoi faites-vous cette tête, Monsieur Man ?
– Appelez-moi Aqua. Non, je me disais : si l’Atlantide peut rejeter toute la pollution et tous les déchets sur les côtes de son choix, et à volonté…
– Oui ?
– Pourquoi ne pas avoir commencé par ça ? Comme ça, hop, plus de pollution.
– …
– Oui hein ? 
– Vous voulez dire que depuis le début on avait la solution mais qu’on ne s’en servait pas ? »

Finalement, je commence à me dire que le papa d’Aquaman avait de bonnes raisons de confondre Atlantes et mérous. 

Pendant que le monde entier est fort confus suite à la série de tsunamis qui vient de le frapper, Aquaman accepte d’aller régler la question, et se rend en Atlantide avec Mera, à bord d’un petit vaisseau sous-marin futuriste appartenant à cette dernière. Et l’Atlantide, c’est pour votre information tout au fond des mers (logique), accessible par une unique porte dans l’immense récif qui recouvre la cité, et cela ressemble à une version sous-marine de Coruscant (oui, avec les lignes de vaisseaux qui traversent la cité, sauf que le mec des effets spéciaux ne s’est pas emmerdé et n’a mis que les phares, donc on voit des milliers de phares qui flottent un peu partout dans la cité sans véhicule derrière, un détail). Le peuple Atlante vit sous l’eau et sous de fortes pressions sans aucun souci, mais il faut savoir que seuls les membres des plus hautes castes de la cité parviennent aussi à respirer à l’air libre. Raison pour laquelle Mera s’est créé une petite planque dans une épave de vieux galion (qui est sûrement arrivée là en rentrant par la porte principale) à l’intérieur de laquelle elle a créé une poche d’air pour empêcher tous les passants d’y pénétrer.

Ah et j’en profite : oui, les fonds marins de film américain ressemblent toujours à un gros aquarium chargé en décoration : temples engloutis partout, coffres au trésor abandonnés, et épaves vieilles de plusieurs siècles en parfait état dans tous les sens. C’est beau.

Nos amis garent leur vaisseau près de l’épave qui sert de planque à Mera, et rentrent à l’intérieur pour y rencontrer Vulko, le veux maître d’Aquaman, vizir de l’ancien roi et de l’actuel !

« Arthur ! C’est si bon de te voir ! Tu te souviens quand je t’apprenais à nager comme un Atlante ?
– Ouais !
– Et à combattre au trident ?
– Aussi !
– Et cette super botte secrète méga-efficace dont je suis sûr qu’elle ne resservira pas du tout plus tard dans le film ?
– AH BEN OUI ALORS !
– Bien, alors écoute mon petit Arthur, je t’explique. Il faut que tu prennes la place de Jean-Moule, puisque vous avez la même mère. Malgré ton statut de bâtard…
– TOI-MÊME, LÔ !
– … moui, je disais, malgré ton statut, tu dois pouvoir accéder au trône et virer Jean-Moule si tu es légitime aux yeux de ton peuple. Et pour cela, quoi de mieux que de retrouver le trident légendaire du premier roi de l’Atlantide ?
– Ah bon, il existe vraiment ?
– Oui. Mais laisse-moi te rappeler la légende, justement… »

Ainsi, il y a fort longtemps, les Atlantes vivaient à la surface, et avaient trouvé la source de l’énergie infinie (la médiocrité, me dit-on). Mais un jour qu’ils déconnaient à essayer de voir s’ils ne pourraient pas avoir encore plus de puissance, il y a Michel du service entretien qui a laissé tomber son trident à côté du mauvais câble, et paf, ça a fait exploser plus ou moins toute la cité, qui s’est retrouvée engloutie. Quel couillon ce Michel.

Heureusement, le roi des Atlantes et son trident magique sont parvenus à donner aux survivants le pouvoir de vivre sous l’eau. De là, les Atlantes se sont dispersés en 7 royaumes pour les 7 mers, et ont évolué chacun dans leur coin. Certains ont régressé et sont redevenus sauvages (la Fosse), certains ont embrassé leur condition de créatures marines et sont devenus des hommes-poissons (les Fishermen), et les autres, comme l’Atlantide, ont gardé plus ou moins la même apparence parce que ça coûtait moins cher en effets spéciaux. 

Mais le roi des Atlantes s’en voulait un peu car il n’avait pas su prévenir la catastrophe. Lui et son trident magique capable de contrôler les océans décidèrent d’aller faire du boudin dans un coin. Et… on ne les revit jamais. Le roi mourut probablement durant son exil.

« Mais ? C’est Luke Skywalker votre gus ?
– Silence, Arthur ! Ce que je veux te dire, c’est qu’il y a quelques semaines, nos archéologues ont retrouvé un vieux message du défunt roi qui indiquerait comment le retrouver… mais pour cela, il faut partir jusqu’à l’ancien royaume des Déserteurs, seul endroit disposant de l’antique technologie permettant de lire le mess… »

Mais soudain, WOOP WOOP !

« Police des frontières ! On nous dit qu’il y aurait ici un intrus qui n’a même pas ses papiers ! Allez, Monsieur Aquaman, suivez-nous vers le prochain charter ! »

Et en effet, une patrouille de police de l’Atlantide vient de débouler. Et si Mera et Vulko ont le temps de se cacher et de dérober le message antique (qui a la forme d’un gros caillou moche) aux yeux de la maréchaussée sous-marine, Arthur, lui, tente de s’en sortir en distribuant des mandales. Mais il finit par crouler sous le nombre… et est fait prisonnier.

« Ah oui au fait, je suis super influent dans l’Atlantide mais j’ai pas pensé à te fournir des papiers pour rentrer. C’est ballot, hein ? »

Pour être emmené devant le roi Jean-Moule.

C’est par conséquent lourdement enchaîné (mais avec des chaînes tenues par les gardes, et non proprement attachées, parce que bon, hein, faudrait pas faire ça bien) que notre ami se retrouve dans la salle du trône d’Atlantis, face à son demi-frère, qui est aussi demi-charismatique : Jean-Moule.

Et aux côtés de ce dernier, Vulko, puisque vizir royal et… Mera ? Qui est en fait la promise de Jean-Moule !

Un jour, quelqu’un arrivera à faire que le premier personnage féminin croisé par un héros n’est pas la princesse/fille/sœur du chef des méchants d’en face. Mais visiblement, ce jour n’est pas encore arrivé, et c’est donc avec cette ficelle digne de Fast & Furious que nous poursuivons.

Mais voyons plutôt ce que les deux frères ennemis se racontent.

« Arthur ! Mon demi-frère et aîné… tu n’es jamais venu une seule fois voir ton peuple, et à présent, te voici ? Que veux-tu ?
– Te péter la gueule. »

Tant de subtilité. Voulez-vous que je vous reparle des mérous ou bien le message est-il passé ?

« Tu veux dire… que tu me lances un défi royal ?
– Heu… ouais ? Je suppose que oui ? »

Aquaman déconnait, mais son frère étant visiblement aussi idiot que lui, voici que c’est officiel : selon les règles de l’Atlantide, les héritiers au trône peuvent régler les questions de succession, ou autres, au travers d’un bon vieux duel.

« Attendez…
– Oui, Arthur ?
– Un pays super avancé à la technologie supérieure, mais qui refuse de partager ses découvertes avec les autres tout en se plaignant qu’ils usent de technologies primitives… un pays super isolationniste et caché qui ne peut pas piffer les étrangers… un système politique basé sur une bonne vieille monarchie absolue qui là, n’est pas vraiment avancée… et la possibilité de tout régler avec des duels… 
– Oui ?
– VOUS ÊTES LE WAKAND… »

Pour des raisons de copyrights, n’achevons pas cette phrase. Que voulait dire Aquaman ? Le Wakando ? Le Wakandi ? Tout cela est fort mystérieux, et n’a aucun rapport avec les douze avocats de Marvel qui viennent de défoncer ma porte et me braquent en ce moment-même. Diego, ne fait pas de gestes brusques et apporte du thé, veux-tu ?

En attendant, le duel est lancé, et les deux frères invités à se préparer. L’enjeu est simple : si Aquaman gagne, Jean-Moule oublie la guerre avec la surface. Sinon, elle aura lieu et Aquaman sera invité à dégager. Après tout, il a pris parti pour les gros cochons de la surface ! Et ça, c’est moche.

Résumons le duel : c’est long, pas intéressant, et ça se déroule dans une arène géante sans aucune sécurité où à tout moment, les spectateurs pourraient mourir devant le déchaînement de pouvoir des combattants, mais pouf pouf, ça n’arrive pas.

Par contre, ce qui arrive, c’est qu’Aquaman, armé du trident de sa môman, perd lorsque celui-ci est brisé par Jean-Moule, qui combat lui avec celui de son père. Taquin, Jean-Moule décide d’aller jusqu’au bout et de tenter de tuer le pauvre Arthur qui pleure sur les morceaux de son arme, lorsque voici que Mera débarque dans l’arène, embarque à toute vitesse Arthur dans son vaisseau personnel, et s’enfuit avec.

S’ensuit une course-poursuite dans la moitié de la cité, durant laquelle Mera et Aquaman voient leur vaisseau être détruit (et Jean-Moule participer à la poursuite alors qu’il était supposé être encore dans l’arène, mais bon, hein), mais parviennent à se cacher… dans la bouche d’une baleine de passage lorsqu’Aquaman lui demande gentiment de les aider.

« Mais ? Aquaman, comment as-tu fait ça ?
– Eh bien, c’est facile je lui ai dit que si elle n’ouvrait pas la bouche, on devrait se cacher ailleurs. Puis, je lui ai demandé si elle connaissait le sens des mots « toucher rectal ».
– Non, mais je veux dire : parler aux poissons !
– Ah ? Heu… eh bien, c’est un pouvoir que j’ai depuis tout petit. J’ai ainsi eu de grandes conversations avec mes poissons rouges. Mais comme ils ont une mémoire limitée, j’avoue que ça consistait principalement à leur dire comment je m’appelais. Et, le savais-tu ? Les homards sont très malpolis et connaissent un nombre d’insultes sur les mères épatant. 
– Quel grand pouvoir… peut-être es-tu finalement notre vrai roi ? »

AH BEN OUI DIS-VOIR, JE ME LE DEMANDE BIEN, TIENS !

Enfin, si méfiez-vous quand même : si vous prêtez allégeance à toutes les personnes qui parlent à leurs animaux, vous allez vous retrouver sujets de toutes les petites vieilles de passage. Ce qui expliquerait le trône d’Anglete…

Bon, écoutez, non, le SAS, vous ne pouvez pas venir me braquer à votre tour. Vous faites la queue derrière les gens de chez Marvel. Non mais, quel manque de savoir vivre. Diego, il va nous falloir plus de thé. Et plus de polonium. 

Mais revenons à nos moutons.

J’en profite pour vous présenter Jean-Moule, dont la tête de commandant SS n’a pas duuuu tout éveillé vos doutes quant au fait que ce soit une sorte de gros rabouin des mers.

Après avoir voyagé au sein d’une baleine, animal peu connu pour son hygiène buccale, nos deux amis finissent par faire surface au large du Sahara, puisque d’après Mera, c’est là que se trouve l’antique royaume des Déserteurs. Et comme décidément, ils ont du bol, pouf ! Pile sur la côte il y a un aéroport, re-pouf, il accueille toutes sortes de pilotes à louer, et re-re-pouf, ils acceptent de se faire payer en pièces inconnues pour amener nos amis au beau milieu de nulle part. 

J’ai envie de dire : ÇA TOMBE BIEN, ALORS !

L’appareil de nos héros les emmène au-dessus du désert, et Mera, qui sait où se trouve l’entrée du royaume des Déserteurs parce qu’elle… heu… elle… enfin, parce qu’elle a toutes les infos nécessaires, saute de l’avion lorsqu’arrivée au-dessus du point.

Et sans parachute. Tout comme Arthur.

Alors certes, ils sont tous deux super résistants et peuvent se vautrer dans le sable sans gros dégâts. Mais le message super précieux que vous transportiez avec vous, hmmm ?

Lui est sauvé par le script, et c’est sans même un bout de pantalon déchiré que nos héros se retrouvent à marcher dans le désert, jusqu’à arriver à un accès souterrain au sommet d’une dune, qui les emmène… dans le royaume des Déserteurs. Autrefois, un royaume sous-marin, mais qui depuis des milliers d’années, n’est plus qu’un désert. D’où le nom. Vous ai-je fait remarquer que les Atlantes n’étaient pas super inspirés pour nommer les gens et les choses ? Voilà. 

Enfin : l’accès les fait arriver pile-poil, dès la première salle, dans la forge où le trident magique du roi d’Atlantis a été fabriqué.

Aquaman doit savoir sacrément bien parler aux moules pour en avoir autant.

« Ouah, regarde, en plus dans la salle il y a même un appareil de lecture de messages secrets ! »

Okay : je propose de le renommer directement Aquamoule.

Nos héros se rendent vers le lecteur de messages, une espèce de grosse table avec plein de bidules d’une technologie super avancée, mais aussi d’énormes rouages pourris qui tournent quand on la met en route. Ne me demandez pas pourquoi, je ne veux même pas savoir.

Sauf que voilà : il faut alimenter la machine… et elle est un peu sèche, alors que les peuples sous-marins tirent leur énergie de l’eau. Mera utilise ses pouvoirs pour prendre un peu de sueur à notre ami Aquaman, et avec cette goutte odorante, arrose la machine qui se met en marche.

Aquaman, qui est décidément trop rigolo, explique qu’il aurait pu « pisser dessus ».

C’est vrai. Ou utiliser l’urine qui a servi à écrire le script, allons jusqu’au bout, mon petit Man.

La table fait crouic-crouic avec ses gros rouages, et apparaît un énorme hologramme du premier roi d’Atlantis. 

« Bonjour à toi, qui liras ce message ! Bon, je pourrais vous dire tout de suite où je me cache, mais je crois que je vais plutôt vous faire une énigme, parce que c’est plus marrant. »

Je vous passe l’énigme, mais il faut en retenir ceci :

  • Le premier indice est dans un petit village de Sicile
  • Il est au fond d’une bouteille où seul un vrai roi peut voir
  • Et de là, dans une mer secrète

Et sous l’hologramme, une trappe s’ouvre et apparaît… une bouteille en verre. Façon vieille bouteille de rhum. Que ? Mais ? C’est supposé être une relique de l’Atlantide, pas une décoration d’aquarium façon naufrage du XVIIIème siècle ! 

Mais non : pirates = mer, Atlantide = mer, donc pirates = Atlantide. D’où, aussi, les épaves au fond des mers dans tous les plans, qui sont toujours des vaisseaux du XVIIème-XVIIIème siècle.

Hollywood : où l’imagination tient dans un aquarium.

En attendant, la troupe est équipée. Ni une, ni deux, en route pour la Sicile ! Mais… attendez, comment allez-vous sortir du désert, sachant que vous n’avez même pas pris d’eau en sautant de l’avion ? Dites ? 

Allons, lectrices, lecteurs, n’attendez pas que je vous le dise : vous connaissez déjà la solution.

Un fondu au noir pour changer de scène.

Et hop ! Et si on allait prendre des nouvelles pendant ce temps du pirate du début du film qui a perdu son papounet ? Sachez qu’il a pleinement accepté son nom de « Black Manta », ce qui laisse rêveur, et s’est établi sur une île déserte, lorsque voici que sortent des eaux… des Atlantes. Et notre larron n’est pas surpris de les voir. Même pas lorsque les Atlantes lui présentent une hologramme qui le met en communication avec le roi Jean-Moule. Car ils se connaissent ! 

« Bonjour, Black Manta. Je tenais à te remercier d’avoir piraté le sous-marin russe comme nous te l’avions demandé. Mes Atlantes ont pu le récupérer et simuler une attaque contre nous pour convaincre le roi Nunusse de nous rejoindre. Malgré le mauvais état du sous-marin…
– Nan mais je ne comprends toujours pas pourquoi vous m’avez recruté, vu que les Atlantes auraient pu faire ça quinze fois mieux que moi, et sans avoir à craindre Aquaman. Et d’ailleurs, comment avez-vous pu utiliser le sous-marin, sachant qu’on l’avait à moitié pété, que la salle des torpilles était inutilisable et qu’il y avait des bouts de mon papa dispersés un peu partout dedans ?
– Heu… je… oui bon, si on parlait d’autre chose ? Comme par exemple de te venger d’Aquaman ?
– Ah oui, ça m’intéresse bien, dites-m’en plus.
– Bon, c’est très simple. Aquaman et ma promise, Mera, qui est aussi la fille du roi Nunusse mon allié, sont en fuite. J’aimerais les voir morts tous les deux. Bon, le roi Nunusse préférerait avoir sa fille vivante sinon il brise l’alliance avec moi, mais comme je suis un peu con, j’aimerais que tu la butes aussi.
– Pourquoi, si ça n’a aucun intérêt pour vous ?
– …
– Vous avez raison, n’en parlons pas. Vous pourriez encore changer de sujet ?
– Oui ! Tiens, par exemple, sache que j’ai offert un bijou avec un traceur dedans à Mera, tu la retrouveras facilement. Quant à vaincre Aquaman et elle… tu vois les gardes qui viennent de te livrer cet hologramme ? Ce sont tes hommes à présent. Et pour que tu sois de taille, je t’ai fait livrer une armure atlante. Et des épées en acier atlante capables de blesser Aquaman. Et un lance-plasma atlante : tu mets de l’eau dedans, et paf, tu peux tirer un gros laser.
– Excellent ! Dans ce cas…
– … tu vas te mettre en route ?
– NON, JE VAIS PERDRE DES SEMAINES À DÉMONTER VOS ARMES POUR LES ÉTUDIER AVANT DE LES REMONTER AUTREMENT JUSTE POUR LE FUN !
– Pardon ? »

Pour rappel, la situation est urgente, chaque minute compte avant que Mera ne comprenne qu’ils sont pistés, mais Black Manta préfère péter tous ses beaux cadeaux pour les remonter autrement. Moui enfin ça reste une technologie inconnue et ce n’est pas du tout ton métier, hein. Et puis, pourquoi faire ? Eh bien, par exemple, plutôt que d’utiliser le canon laser tel quel, il le transforme en… en casque ? Moche ? Et dangereux ? Pour tirer le même laser, mais avec les yeux. 

Quel intérêt, si ce n’est être complètement débile et de perdre un temps précieux ?

On l’ignore. Heureusement, grâce à la magie d’Hollywood, Black Manta parvient à se faire sa propre armure (et prend même le temps de la peindre) en deux heures au maximum. Même un cosplayer met plus de temps, mais bon. Black Manta est comme ça, et une fois son armure prête, il part traquer ses cibles.

Et allons voir en Sicile comment cela se passe justement pour Aquaman et Mera, qui viennent d’arriver sur place.

« Eh bien, quelle aventure ! Ce changement de scène a été bien pratique pour arriver ici sans explication !
– Je sais, Mera. En attendant, profites-en pour découvrir les charmes de la surface. Vois comme ce petit village perché à flanc de falaise est beau ! Et les gens gentils ! Bon, ils veulent ton fric de touriste, mais tout de même !
– En attendant, il nous faut trouver l’indice suivant. Nous avons la bouteille, mais l’énigme parlait d’un vrai roi… c’est pas toi le vrai roi ?
– On s’en fout, n’essayons même pas. On est les héros, quoiqu’on fasse, on trouvera forcément la solution. Tiens, allons vers ce cercle de statues antiques, là-bas, complètement au hasard. 
– D’accord.
– Bon, ce sont des statues de personnages romains bien postérieurs au naufrage de l’Atlantide. Donc qui ne peuvent pas avoir de rapport avec l’énigme. Mais ?
– Mais ?
– Mais on est les héros, te dis-je ! Alors tiens… celui-là c’était un général… celui-là aussi… aaaah attends ! Celui-là a été roi de Rome ! Allez, vas-y, je lui mets la bouteille dans la main et… tiens regarde ! L’âge a cassé l’arrière du crâne de la statue et on peut voir par ses yeux creux pour regarder directement dans la bouteille !
– AQUAMOULE, ENCORE TOI !
– Mais oui ! Allez hop, tu vas vu ? Au fond de la bouteille, il y avait un plan, et aligné avec le panorama auquel fait face la statue… cela indique un point au large !
– Ho ! Et c’est pile poil la direction de la Fosse, le royaume de nos cousins sauvages ! »

Cette énigme résolue au pifomètre est fascinante. Vite, quelqu’un pour interrompre ce massacre ? Ou en entamer un autre ?

BROUM !

Ah ! Voici qu’un commando Atlante vient de débarquer et commence à raser tout ce qui passe à coups de fusil laser. Et à leur tête… que ? Attendez ? Qu’est-ce que c’est que cette merde ? On dirait l’espèce de costume du robot ridicule qui aidait les Power Rangers ! Non, pas le robot géant : la petite crotte qui vivait dans leur base et leur faisait des blagues.

« Tremble, Aquaman, car je suis… BLACK MANTA !
– Mais ? Tu veux dire que tu as perdu un temps fou à te faire l’armure la plus moche possible ?
– Silence… et mange… MON LASER DANS LES YEUX ! »

L’armure de Black Manta, et sa tête trois fois trop grosse pour le reste de son corps. C’est magnifique. Et ça doit être tellement pratique.

Piou-piou, fait le laser dans la truffe d’Aquaman. Aïe, fait Aquaman qui constate que si, ça le blesse. Patapoum patapaf fait Mera en se fritant avec le reste du commando Atlante. Et bientôt, les deux équipes s’affrontent dans toute la ville, détruisant tout sur leur passage.

Passons les divers rebondissements, les passages où Aquaman tente de sauver tous les innocents qui passent des tirs des méchants, ou celui où Mera utilise ses pouvoirs magiques pour contrôler le vin dans les bouteilles d’un caviste et l’envoyer dans la truffe de ses ennemis : au final, les gentils gagnent, les méchants perdent, et Black Manta, vaincu, finit avec son armure moche toute endommagée, à tomber dans la mer au pied des falaises du village sicilien.

Aquaman est sérieusement blessé à l’issue du combat et… perd connaissance.

Lorsqu’il se réveille, il est à bord d’un bateau de pêche qui fait route vers le large. Et ses blessures ? Allons, elles sont toutes guéries ! Car Mera a glissé sur lui pendant qu’il pionçait… UN PLAID.

Je ne sais pas. Ça doit être une sorte de running gag. 

Aquaman va retrouver son amie qui est plus loin sur le bateau, occupée à jouer de la flûte.

« Tu joues de la flûte ? 
– Ben oui, ça m’arrive parfois depuis le collège. Pas toi ?

– Ah non, moi je ne suis jamais arrivé jusqu’en sixième.
– Je vois. Recentrons-nous sur le sujet. Écoute, j’ai tout géré : j’ai découvert qu’un bijou que Jean-Moule m’avait offert était en fait un traqueur donc je m’en suis débarrassée, j’ai volé ce bateau au port, je t’ai trouvé un plaid-qui-guérit-tout, et j’ai mis le cap sur la Fosse. Et prépare-toi, parce que la Fosse, c’est pas des marrants. C’est là qu’on a balancé ta mère, je te le rappelle. 
– Je sais… ah, si seulement elle avait eu un plaid pour survivre aux blessures de ces monstres !« 

Nos héros continuent à avancer, mais à la nuit tombée, c’est plutôt la Fosse qui vient à eux : des dizaines de bestioles pleines de dents et de griffes se hissent sur le bateau et les attaquent. Ce qui est bien embêtant, mais promptement, nos amis découvrent que les créatures sont sensibles à la lumière. Aussi, ils s’équipent en fumigènes et autres feux de détresse, et puisque le bateau est envahi, il ne leur reste qu’à plonger.

Mera et Aquaman, seulement protégés des milliers de créatures qui tournent autour d’eux par leur petite lumière (mais ils n’en ont emporté que deux, faudrait pas être prudent), plongent vers la Fosse à toute allure, croisent toujours plus de créatures, et au final, ils en ont plusieurs dizaines de milliers aux fesses lorsque leur seconde et ultime lumière s’éteint.

« On aurait peut-être dû en embarquer plus, dis-voir, sachant qu’il y avait une boîte entière à bord. Mais ce n’est pas grave ! Regarde, devant nous ! » s’exclame Mera « Le cœur de la Fosse et… de la lumière ! On dirait une sorte de portail !« 

Décidément, que de chance ! Mais sinon, à part des coïncidences extraordinaires, il y a quelque chose dans ce scénario, ou bien ?

Nos héros parviennent à gagner le portail que les monstres derrière eux n’osent approcher tant il chatoie, et si la traversée d’icelui les secoue, ils n’en arrivent pas moins de l’autre côté. Dans une mer… douce et calme. Avec autour d’eux, des côtes à la végétation luxuriante, et au-dessus de leurs têtes, des cristaux qui brillent tant et si bien qu’on se croirait sous le ciel bleu de la surface.

Cet endroit, c’est la mer secrète. À savoir, le centre de la Terre, là où se trouve le monde perdu, où il y a encore des dinosaures comme on en aperçoit tout autour d’eux et…

Ah non mais c’est n’importe quoi, si jamais vous n’aviez pas encore remarqué. L’Atlantide, le monde perdu, la légende d’Arthur le futur roi et sa copine venue des eaux… ce n’est pas une intrigue, c’est un gloubiboulga.

Et puisqu’on est dans les trucs absurdes et les grosses ficelles, devinez qui vient aider nos larrons à sortir des eaux ? 

Atlanna. La maman d’Aquaman, qui a survécu des années dans ce trou paumé, et n’a pas changé d’un poil, si ce n’est qu’elle a simplement les cheveux gris. D’accord. Les Atlantes ne vieillissent donc que des cheveux. C’est conceptuel. Les chauves sont-ils par conséquent immortels ? Le mystère est entier.

En tout cas, les retrouvailles sont formidables.

« Môman !
– Arthur ! 
– Oh, môman, tu sais, maintenant, les gens m’appellent plutôt Aqua. Surtout mes amis.
– Ah oui ?
– Oui, des fois quand ils m’expliquent un truc, ils haussent les épaules en disant « Aqua Bon », ou quand je leur parle de mes pouvoirs, ils soupirent « Aqua Tusers ». 
– Ooookay. Il va falloir que tu changes d’amis.
– Je sais pas môman. J’ai déjà jamais réussi à changer de classe, alors bon. Mais, dis voir môman, comment as-tu survécu ? Nous, on en a déjà chié comme des ânes et on était deux, pour arriver jusqu’ici. Et toi ?
– Moi je… hem. J’ai profité d’un changement de scènes.
– Comme nous entre le Sahara et la Sicile ! »

L’incohérence, c’est de famille. Mais, en attendant, môman Man, pourrais-tu nous en dire plus sur le trident ? Non parce que les indices pointaient jusqu’à ce secteur, alors tu dois forcément en savoir plus ! Vite, informe nos héros !

« Oui, le trident est bien là. Il y a une grotte sous-marine derrière cette cascade, et le trident magique y repose, toujours entre les mains du corps du premier roi d’Atlantis. Hélas, il est gardé par le Grogropoulpe, un poulpe qu’il est très très gros.
– Zut !
– Et sans le trident, impossible d’utiliser le portail qui vous a menés ici en sens inverse.
– Re-zut !
– Depuis 20 ans, j’ai essayé de vaincre le Grogropoulpe, mais à chaque fois, j’ai échoué. D’où le fait que je sois restée bloquée ici toutes ces années.
– Mais à présent nous sommes trois, nous devrions pouvoir lui bourrer la gueule !
– Hmmm… non. Et si on faisait plutôt trois groupes de un et que tu allais l’affronter en premier, Arthur ? Après tout, si tu es le vrai roi, celui des prophéties qui amènera la paix entre la surface et les océans, alors le Grogropoulpe devrait te laisser passer !
– Ah bon ? Mais le Grogropoulpe, c’était pas une terrible créature qu’on a enfermée, selon nos légendes ? Pourquoi laisserait-elle faire le vrai roi si la bestiole est notre ennemie ?
– VITE, QUELQU’UN POUR CHANGER DE SCÈNE ! »

Allez, zou : Aquaman s’élance vers la cascade qui mène à la grotte sous-marine, et sur place, il trouve en effet le corps du premier roi d’Atlantis qui repose sur son trône, avec son beau trident entre les mains. Mais dès qu’il s’approche… une énorme voix l’interpelle.

« EH OH, ÇA VA, JE TE FAIS PAS CHIER ? TU VEUX LE TRIDENT COMME ÇA, PÉPOUZE ? TU VEUX PAS CENT BALLES ET UN MARS, AUSSI ? »

Aquaman s’arrête : cent balles, c’est une somme. Il doit y réfléchir.

« QUI ES-TU, CRÉATURE DE SANG MÊLÉ ? TU TE PENSES DIGNE DU TRIDENT ? J’AI DÉVORÉ TOUS LES HÉROS VENUS TENTER LEUR CHANCE AVANT TOI ! VOIS LEURS OSSEMENTS DANS CE PETIT COIN ! »

C’est vrai que c’est impressionnant, ces squelettes en parfait état. Mais dans les eaux troubles autour de lui, Aquaman peut voir d’immenses tentacules s’agiter, chacun assez gros pour écraser un sous-marin. Une pensée obsédante lui traverse l’esprit : comment diable un poulpe aussi gros peut-il faire caca des squelettes aussi propres ? Tant de questions, si peu de réponses, Aquaman décide de s’expliquer.

« Bon écoutez Monsieur Grogropoulpe, on a commencé du mauvais pied, mais bon. Je ne suis pas ici pour devenir roi. Je suis ici pour empêcher une guerre. Le reste, je m’en cogne un peu. Alors si vous voulez qu’on se tape, on va se taper, mais je vous préviens : vous êtes peut-être Grogropoulpe, mais moi, j’ai la Grossgrossmoule. »

Les tentacules battent lentement en retraite.

« MAIS ? TU ENTENDS MA VOIX ?
– Ben c’est-à-dire que si vous pensiez le contraire, pourquoi vous me causiez ?
– NAN MAIS C’EST LA SOLITUDE. DES FOIS, JE PARLE AUSSI SEUL SOUS LA DOUCHE.
– Ouais, ça m’arrive aussi. Bon mais sinon, cette histoire de trident ?
– ÉCOUTE, VU QUE TU PARLES AUX CRÉATURES DE LA MER COMME LE ROI MYTHIQUE DE LA PROPHÉTIE…
– Mais d’où vous vous y connaissez en prophéties ? Vous êtes pas juste un gros poulpe dans une grotte ?
– JE LIS BEAUCOUP AUX TOILETTES.
– Avec vos gros tentacules ?
– J’AI UNE LISEUSE. MAINTENANT, TA GUEULE. SI TU ES LE ROI TANT ATTENDU QUI UNIRA LA TERRE ET L’OCÉAN, ALORS TU POURRAS PRENDRE LE TRIDENT DES MAINS DU CADAVRE DU PREMIER ROI. SINON, SA POIGNE DE FER T’EN EMPÊCHERA ET CELA SIGNIFIERA QUE TU NE SERAS PAS DIGNE D’ÊTRE ROI. ET JE TE MANGERAI. AVANT DE FAIRE UN BEAU CACA DE SQUELETTE TOUT PROPRE QUE JE RANGERAI AVEC LES AUTRES.
– Vous savez, c’est pas très inspiré l’histoire du roi potentiel qui s’appelle Arthur qui doit retirer une arme légendaire d’un endroit où nul autre ne pourrait y arriver afin de monter sur le trône, le tout sur les conseils d’une créature marine.
– PARCE QUE TU TROUVES LE RESTE DU FILM PLUS INSPIRÉ ?
– Vous marquez un point, Grogropoulpe. »

Aquaman s’en va vers le trône, se saisit du trident et… hop ! Le cadavre le laisse gentiment lui prendre.

« GROSSGROSSMOULE. » dit une voix derrière Aquaman.

Mais qu’importe : il est le roi de la prophétie, et il a désormais le pouvoir des océans ! Il va pouvoir arrêter la guerre qui s’apprête à éclater ! D’ailleurs, où en est-elle ?

En récupérant le trident, Aquaman a aussi récupéré le costume. C’est pas de bol.

Retournons du côté de Jean-Moule, qui n’a pas chômé pendant ce temps. Après avoir rallié le roi Nunusse, qui était contre la guerre, mais en fait si, mais en fait non, mais en fait pourquoi pas, tous deux sont partis rallier les Fishermen. Et cela a été fort simple, puisqu’avec moult diplomatie, Jean-Moule, Nunusse et leurs gardes sont rentrés dans la salle du trône du roi local, ont tenu des propos un peu rudes sur sa sexualité, puis l’ont abattu. La fille du roi s’est retrouvée aux commandes de son peuple avec pour ordre de rallier Jean-Moule ou d’avoir de petits soucis d’étanchéité. Avec leurs trois armées, ils pouvaient désormais s’attaquer au peuple des Crabichous pour le soumettre. Aussi se sont-ils mis en route.

En chemin, Jean-Moule a eu une brève conversation avec Vulko.

« Au fait Vulko.
– Oui ?
– Tu crois que je ne sais pas que tu es un gros traître qui a soutenu mon demi-frère et lui a même filé les plans pour trouver le trident magique du premier roi ?
– Ben non. Parce que si vous le saviez, vous m’auriez empêché de le faire ou mis hors d’état de nuire d’une quelconque manière, non ?
– … ah ouais, pas con. Bon ben écoute, je vais te faire arrêter, mais maintenant, quand ça ne sert plus à rien. »

Et Vulko est mis aux arrêts.

Bientôt, les flottes de Jean-Moule, de Nunusse et de la princesse des Fishermen arrivent au royaume des Crabichous, et trouvent ces derniers en ordre de bataille : ils ne se rendront pas son combattre. Jean-Moule est d’accord : meulons tout ce petit monde.

La bataille démarre, ça explose dans tous les coins, mais soudain, c’est tout le plancher océanique qui est déchiré par une formidable explosion… car en surgit Grogropoulpe, chevauché par Aquaman et son trident magique ! 

« Mon dieu ! Qu’est-ce que c’est ?
– C’est votre demi-frère, votre altesse. On dirait qu’il a trouvé le légendaire trident de…
– Non mais sa tenue ! Vous avez vu sa tenue ? C’est hideux ! Orange et vert, c’est monstrueux, on dirait du Cristina Cordula !
– C’est vrai, mais apparemment, c’était offert avec le trident magique.
– Moui ben tout compte fait, il peut le garder. »

Je ne vous cache pas qu’avec son Grogropoulpe, Aquaman a tôt fait de calmer tout le monde sur le champ de bataille, et, bon, d’accord, il tue des milliers de gens dans les deux camps, mais hein, bon, on ne va pas s’arrêter à ces petits détails, non ?

Pendant que tout le monde meurt autour de lui, Aquaman, qui a le sens des priorités (contrairement aux tsunamis, par exemple), en profite pour rouler un gros patin à Mera. C’est vrai que c’est le moment. Et puis quelle originalité : sa mère avait fui un mariage arrangé pour faire des bébés avec son père ? Hop, Mera fuit son mariage arrangé avec Jean-Moule pour…

Bon. Accélérons, j’ai l’impression que la subtilité du script est telle qu’il pourrait avoir un poste d’humoriste chez Laurent Ruquier.

En tous les cas, grâce au pouvoir du trident, Aquaman a tôt fait de régler la situation, par exemple en retournant les requins contre les mecs qui les chevauchent, ou en envoyant les baleines qui passaient par là s’écraser sur les vaisseaux Atlantes ce qui… les fait exploser. Hmm. D’accord. 

Nunusse, voyant le trident, dit à ses hommes d’arrêter le combat pour se soumettre à l’autorité d’Aquaman. La reine des Fishermen aussi. Mais Jean-Moule, lui, tient à devenir le maître des océans, aussi refuse-t-il. Et finit-il par se retrouver en duel contre Aquaman, tous deux s’affrontant sur un sous-marin Atlante endommagé qui a fait surface. 

Et cette fois-ci, Aquaman gagne car non seulement il a un trident magique… mais il utilise aussi la super botte secrète de Vulko ! HO BEN DÉCIDÉMENT ALORS ON N’AVAIT RIEN VU VENIR !

Jean-Moule est arrêté, Aquaman reconnu comme le roi de l’Atlantide (malgré qu’il vienne de tuer des milliers de ses compatriotes comme ça, hop), et la guerre arrêtée. Quel talent ! Il n’a plus qu’à célébrer ça avec Mera, et sa splendide tenue de guerre décolletée à mort, car Mesdemoiselles, vous le savez : en cas de conflit, il faut absolument découvrir votre poitrine. J’imagine que c’est pour décontenancer l’adversaire. Ou bien pour imiter les armures de MMORPG. Le doute m’habite.

Quant à Atlanna, la reine-mère de l’Atlantide, elle est heureuse de voir que même si Jean-Moule a mal tourné, au moins, il n’est pas mort, et qu’elle a encore ses deux fils. Elle n’a plus qu’à retourner là où tout a commencé : 

En Bretagne.

C’est donc un Yann tout ému qui voit sortir des eaux sa femme, qui s’est refait une petite teinture blonde avant de venir, quand même.

« Boudiou ! Atlanna ! Ben alors ça !
– Ton fils m’a dit que tu étais venu sur ce quai tous les jours depuis vingt ans, à attendre mon retour. C’est si romantique.
– Hein ? Ah nan, c’est juste que je me demandais si j’allais encore trouver une nouvelle blonde dans les rochers. C’est arrivé une fois, alors maintenant, je me dis que c’est pas mal, comme système. Pis c’est moins cher que Tinder. Puis bon, si tu trouves pas une bonne femme, tu peux trouver un crabe, ou des bigorneaux.  C’est jamais perdu.
– … ah.
– Allez viens, gros mérou. On rentre. »

Et le gardien de phare et son amante de rentrer au phare de Ploumanac’h où tout a commencé. Quant à Aquaman ? Maintenant qu’il est roi, il va pouvoir partager la technologie Atlante avec la Terre entière, et ainsi permettre à tous les peuples de vivre avec une énergie illimitée et propre, et ainsi préserver la planète de…

Non, je blague.

En fait, il ne fait rien. Voilà voilà. Ça valait le coup d’unir « deux mondes », hein. Et sur cet ultime moment navrant…

… FIN !

Résumons : les Atlantes ont un nouveau roi, mais vont continuer à recevoir des vieux plastiques et des épaves sur le coin du museau parce que… ah oui, parce que.

Il y a bien une séquence post-générique, puisque c’est à la mode, où l’on découvre que Black Manta a survécu bien évidemment, et après être resté des heures dans l’eau, a été recueilli et installé dans le discret cabanon d’un scientifique asiatique qui est persuadé que l’Atlantide existe, et que la technologie de l’armure de Black Manta en est la preuve. Peut-il lui en dire plus ?

« Oui, » répond Black Manta « à condition que vous m’aidiez à retrouver ce maudit Aquaman !« 

Vous voulez donc dire qu’on nous annonce discrètement une suite ? 

Je crois que c’est ce moment dont parlait notre héros : lorsque l’on a soudain envie de hausser les épaules et de s’exclamer « Aqua bon ?« 


« Mais patron…
– Oui Diego ? »

Mon fidèle serviteur plisse les yeux alors que sous son crâne, les idées s’entrechoquent. Il réfléchit, et comme je lui ai déjà dit, c’est mauvais pour ce qu’il a. Chacun son métier.

« Concernant les Atlantes… je me disais, s’ils existaient, on aurait déjà retrouvé des traces, n’est-ce pas ? 
– Pas forcément. »

Mon haussement d’épaules semble agiter mon pauvre employé, qui s’attendait semble-t-il à une réponse plus détaillé. Un regard un peu appuyé dans sa direction me permet de lui rappeler sa place, et dans l’immédiat que mon Mauser ne va pas se graisser tout seul. En plus, sinon, les pièces claques quand je tire, et c’est très désagréable quand je m’occupe d’abattre un chat, une stagiaire syndicalisée, ou autres nuisibles.

« Mais patron…
– Tout un peuple peut disparaître sans laisser de traces, mon petit Diego. Surtout s’il vit en mer.
– Comment ça ?
– Tiens, les baleines, par exemple. 
– Non mais ce n’est pas pareil, patron. Elles sont pêchées par les Japonais.
– Oui, justement. »

Je tire un peu sur mon cigare pour faire durer ce bref silence qui vous pose sur homme.

« Imaginons qu’il y a des siècles, un empire se soit senti menacé par les Atlantes, pourtant largement avancés technologiquement. Qu’aurais-tu fait si tu dirigeais cet empire, Diego ?
– Je… hé bien, j’aurais… négocié ?
– Ta naïveté est touchante. 
– Ah ? Et qu’auriez-vous fait, vous, alors ?
– Ma foi, c’est fort simple. J’aurais pris contact avec les Japonais ou les Chinois, voire les deux, puis je leur aurais tout simplement glissé que le pénis d’Atlante donnait force et vigueur au lit une fois dégusté avec la bonne recette. Tu peux être sûr que non seulement les Atlantes se prenaient la moitié de l’Asie sur la truffe dans les deux mois, se retrouvaient pêchés clandestinement et vendus à la criée, et étaient en voie de disparition avant la fin de l’année. Simple. Efficace. Et culinairement intéressant. »

Diego ouvre la bouche pour répondre, mais l’exemple des baleines lui revient en tête. Puis celui des requins. Et d’une bonne quantité d’espèce maritimes. Il me regarde avec effroi, à la simple idée que je puisse avoir recours à pareil subterfuge pour parvenir à mes fins.

Je tapote mon cigare au-dessus du cendrier en lui souriant.

« Dis-voir, Diego, tu n’irais pas nous chercher des sushis ? »

Diego se lève. Probablement pour partir vomir.

Comme si une espèce marine avait la moindre chance face à l’humanité.

Doux ingénu.

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Un odieux connard

Cette photographie est prise au moment exact où le papa de Manta lui explique l'origine du nom et cette histoire de sirop.

Alors que son fils c'est un peu l'inverse : il se balade généralement torse poil en toute saison.

Entre la couleur des cheveux de Mera et la coupe de Vulko, je pense qu'il y a un coiffeur dont la tête est mise à prix.

Alors qu'étant le premier roi Jean-Moule de son peuple, on peut aussi l'appeler Jean-Moule Un. Quel paradoxe.

Bon, donc nous disions qu'il fallait rajouter le costumier du film au coiffeur dans la liste des criminels les plus recherchés.

Finalement, même son père et son éternel bonnet ont plus de goût.

Ça valait le coup d'en faire un film pour en revenir là.

L’Odieux Connard en tournée : Chaumont, Clermont, et résultats du concours Petit Théâtre des Opérations

Vous le savez, j’aime les plaisirs simples.

Tenez, là par exemple : le bruit de la neige qui crisse sous d’épaisses bottes, n’est-ce pas agréable ? Le soleil qui perce un instant les nuages pour venir darder de ses rayons les arbres nus d’un bosquet endormi, n’est-ce pas magnifique ? Et cette campagne silencieuse dont les champs s’étendent jusqu’à l’horizon ? Bien malheureux celui qui n’a jamais connu la joie d’une promenade dans les plaines de France, lorsque…

Ho, bon sang. Là-bas ! Une seconde. Genou à terre…

Pan.

« Hé bien patron, joli coup. Cette stagiaire en fuite était au moins à 200 mètres.
– Ah, mon petit Diego, le truc, c’est de bien régler sa hausse. Et puis, nous avions le vent dans le dos, c’est plus simple. Je pense que c’est comme ça qu’elle nous a sentis. Bon, allez, prends mon fusil et recharge-le, peut-être que l’on tombera sur du petit gibier en rentrant à la maison. Un faon, un chat, voire un TGV si nous sommes chanceux. »

Aux agents de la SNCF qui me lisent, c’est bien sûr une plaisanterie : je ne tire que sur des cibles en mouvement. C’est ça, l’esprit sportif.

En attendant, je ne vous souhaite pas une bonne année : lorsque celle-ci commence avec des manifestations, des tweets hasardeux, des analyses qui le sont tout autant et Aquaman au cinéma, j’ose penser qu’il serait malvenu, même sur ce blog, de faire preuve d’autant de mauvaise foi. Passons donc à des sujets plus concrets, à savoir, la suite de la tournée puisque nous voici en 2019 et que les fêtes sont passées, et les résultats d’un certain jeu concours sur le Petit Théâtre des Opérations.

Et puisque nous parlions de campagne endormie, commençons par parler de la Haute-Marne. Oooh oui, c’est ça, faites genre vous êtes indignés, les locaux. Nous savons vous comme moi la vérité. Un peu comme le type qui a placé à l’entrée des Ardennes un panneau Les Ardennes : le département avec vue sur l’avenir. Lui aussi savait. Ou bien voulait-il secrètement signifier que les Ardennes regardaient le futur en restant dans le passé ? Seigneur, cet homme était un formidable troll qui a su passer inaperçu toutes ces années. Mais, fi ! Vous essayez de me perdre avec vos histoires.

Revenons au sujet.

Le samedi 19 janvier 2019, je serai ainsi à Chaumont. Et plus précisément, dans le cadre de la Nuit de la Lecture, à la médiathèques des Silos, à partir de 15h30. Oui, 15h30. Non, il ne fera pas encore nuit. Je vous trouve bien taquins, dites-voir. Bien, écoutez, réglons ça simplement : vous vous souvenez des Batman de Christopher Nolan ? De comment les méchants attaquent la bourse du coin en plein jour et que paf, dès que Batman arrive pour les arrêter, il fait nuit alors qu’il n’était que 15 heures ? C’est pareil. Vous n’aurez qu’à vous dire que Chaumont, c’est un peu le Gotham City français. Voilà. On peut revenir au sujet ? Alors sachez que tel Bruce Wayne, j’y serai une fois de plus sous le faux nom de Julien Hervieux, pour y présenter mes différents travaux.

Si vous ne savez pas où cela se passe (voire si vous ne savez pas où est Chaumont), c’est ici :

Après avoir assuré la lecture, voire la nuit, je m’en irai retrouver le calme dans mon quartier général.

Mais pas de repos pour les braves, car dès le mercredi 23 janvier 2019, je serai à Clermont-Ferrand, à 17 heures, à la librairie Les Volcans. Là aussi, j’y ferai mon office, à savoir principalement raconter des âneries, dédicacer des livres, et dilapider tout l’argent ainsi gagné en cigares, brandy en prostit… pardon, je veux dire escort-g… ah, palsembleu : je voulais bien sûr dire : chargées de mission. Vous ne savez pas où se trouve la librairie Les Volcans ? Corrigeons cela prestement à l’aide de cette bien belle carte :

Et où irais-je par la suite ?

Nous en reparlerons, mais début février, j’irai visiter la riante cité de Besançon, puis je me rendrai évidemment à Bruxelles, et il y aura à nouveau des choses sur Paris et sa région. Et d’autres villes et régions, mais attendez, attendez, ne remplissons pas tous nos agendas de suite. Et annonces il y aura pour donner les détails dès que tout sera confirmé, les détails arrêtés, et Diego prêt à prendre la route.

Passons maintenant, puisque la saison est aux annonces, aux résultats du jeu concours du Petit Théâtre des Opérations.

Vous fûtes nombreux à participer, et il a fallu choisir. Mais, gagnants il y a, et voici leurs œuvres.

Voici Klug, qui a bien représenté à quoi ressemblerait le Petit Théâtre avant l’invention d’internet. On notera qu’il n’a pas oublié l’essentiel, à savoir, la musique qui rend fou.

Notons que ce serait quand même un poil moins neuneu que Guignol. Et puis enseigner aux enfants comment prendre un nid de mitrailleuses, c’est toujours utile.

Passons à Alban, qui aidé de papa et maman si j’en crois le récit qui accompagnait la photographie, apprend dès son plus jeune âge les péripéties du boucher de Stonne. Il ira loin.

 En 1940, le véganisme était encore mal connu.

Même thématique, mais des jeux de mots pourris en plus (j’ignore qui est l’auteur desdits calembours, mais à sa place, je ne serais pas fier), et c’est donc Sébastien qui remet une bouche de Lego avec talent.

Non vraiment. Ces jeux de mot, c’est mal.

Des cavaliers qui prennent une ville et obligent un train blindé à fuir : c’est donc Alf qui met à l’honneur la dernière vidéo de la chaîne, ce qui mérite donc sa place ici.

 

Et comme le dit l’auteur, un Mauser se glisse dans cette image en hommage à l’arme fétiche de l’auteur de ce blog.

Et enfin, Paul, qui nous rappelle le jour magique où des Irlandais décidèrent que le meilleur endroit pour se lancer dans une partie de football, c’est quand on essaie de vous tacler avec un obus de 77.

Je ne sais pas ce que vous avez avec les jeux de mots, mais je ne vous ai pas éduqués comme ça.

Voilà ! Chacun des gagnants sera contacté par mail sous peu pour que Diego prenne vos coordonnées, afin de vous faire parvenir à chacun un exemplaire dédicacé du Petit Théâtre des Opérations, ainsi qu’un badge à la gloire d’Albert Roche.

Et les autres participants ? Bien, déjà, ils doivent répéter mon pseudonyme très fort en agitant le poing, mais chacun d’entre eux va recevoir une missive de ma personne histoire qu’ils sentent mon doux regard se poser sur leurs frêles épaules.

En attendant, le temps de boucler quelques petites affaires avec la reprise en cette nouvelle année, et on se retrouve ici pour parler de ce monde qui va mal.

Et je l’espère secrètement, d’Aquaman.

dav

Un odieux connard

Et la morale de l'histoire est bien mise en valeur, pédagogie avant tout.

Espérons qu'Alban ne devienne pas un psychopathe à cause d'une sombre histoire de Lego.

Et un chevalier qui sent bon le Deus Vult.

En ce temps-là, on sortait le carton rouge uniquement en cas d'artère touchée.

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