FreshRSS

🔒
❌ About FreshRSS
There are new available articles, click to refresh the page.
☐ ☆ ✇ Bridge> Slate

Un homme recherché pour pédophilie se cachait sous terre depuis trois ans

By: Slate.fr — August 18th 2019 at 13:27

Il avait pris plusieurs mois à creuser un abri pour se cacher.

Temps de lecture: 2 min — Repéré sur Buzzfeed News, WSAW

Cela faisait trois ans que la police du Wisconsin était à la recherche de Jeremiah Button. Accusé d’agression sexuelle sur mineur, d'inceste et de détention de pédo-pornographie, il s’était évanoui dans la nature en février 2016, deux semaines avant son procès.

Deux ans après sa disparition, lors d’une partie de chasse, Thomas Nelson parcourt un sentier proche du petit village forestier de Ringle. Non loin du sentier, sous un épais buisson, il remarque par hasard une porte en bois à flanc de coline, qui donne visiblement sous la terre.

Le chasseur poursuit son chemin mais le souvenir de cette porte perdue dans la forêt le taraude. Plusieurs mois plus tard, il retourne sur ses pas pour en avoir le coeur net. Il entrouvre la porte et aperçoit des conserves. Il passe donc la porte et tombe sur un homme endormi au milieu de piles de bric-à-brac.

Quelques heures plus tard, alors que la police est arrivée sur les lieux, l’homme endormi admet qu’il est Jeremiah Button, le présumé pédophile en cavale depuis trois ans. Libéré sous caution en 2016 en attendant son procès, il explique avoir mis à profit ses 18 mois de liberté pour construire son bunker secret.

Panneaux solaires et décharge publique

D’après Button, son bunker était à cet endroit afin d’éviter les zones trop peuplées mais suffisament proche d’une décharge, où il pouvait aller se ravitailler. D’après Jeff Stefonek, un lieutenant de la police locale, Button avait disposé des panneaux solaires au sommet de son abri, afin d’alimenter des batteries de voitures, elles-même reliées à une télévision et des lampes LED.

«Il ne faisait pas que survivre, il faisait prospérer son refuge grâce à tout ce qu’il trouvait», explique Stefonek à WSAW TV. À l’origine moitié moins grand, Button creusait ses murs au fur et à mesure qu’il ramenait des objets de la décharge: ordinateur, radio, etc.

Ses seules interactions humaines durant toutes ces années se résumaient à se faire passer pour un promeneur lors de ses occasionnelles rencontres sur le chemin de la décharge. Button est désormais enfermé avec une caution de 100.000 dollars et sera jugé pour pédophilie mi-septembre.

☐ ☆ ✇ Bridge> Slate

Pourquoi les pompiers sont encore victimes d'autant d'accidents

By: Sebastien Lahaye — August 18th 2019 at 12:55

On compte ainsi plus de quatre-vingts sapeurs-pompiers piégé·es depuis les années 1980 en France.

Temps de lecture: 4 min

Chaque été, les pompiers se trouvent aux prises avec des feux de forêt dangereux. 2017 ne déroge pas à la règle, avec un nombre impressionnant d'incendies dévastateurs, notamment en Europe du Sud. Les conséquences de ces épisodes sont souvent tragiques pour les combattant·es du feu malgré des équipements de plus en plus performants. Tous les pays où les pompiers luttent contre des feux violents sont concernés. Ce fut notamment le cas aux États-Unis, où deux accidents majeurs –ceux de Mann Gulch et de South Canyon– font référence.

Dans les années 1940, les unités de smoke jumpers sont créées. Ces parachutistes de l'extrême sont considéré·es comme l'élite, mais en 1949 à Mann Gulch (Montana), seul·es trois (sur une vingtaine) survivront à un feu qui embrase subitement tout un vallon. En 1994, un accident similaire voit périr quatorze pompiers dans le South Canyon (Colorado). Dans ces deux cas, les victimes intervenaient à pied, dans un relief escarpé et peu accessible.

En France, les massifs méditerranéens et landais sont parcourus de pistes: ici, les pompiers interviennent généralement à bord de véhicules incendie. Mais les accidents restent aussi fréquents et graves. On compte ainsi plus de quatre-vingts sapeurs-pompiers piégé·es depuis les années 1980. Un tiers sont morts. Les autres ont survécu, mais avec des séquelles graves, brûlures au visage et aux mains le plus souvent.

Pour mieux comprendre ces accidents, nous avons analysé différents épisodes survenus à travers le monde, notamment en Europe et en Australie où les méthodes de lutte contre le feu sont similaires.

L'unité de smoke jumpers de l'Agence américaine du service des forêts, en 1948 à Deming (Nouveau-Mexique). | Wikipédia

Des équipements plus performants

Pour les combattant·es du feu, le danger vient à la fois de la chaleur et des fumées. En condition de sécheresse, les flammes peuvent en effet atteindre plus de 10 mètres de hauteur en forêt. Et certains végétaux, comme les arbustifs des garrigues, libèrent en brûlant des gaz hautement toxiques.

Pour y faire face, les pompiers disposent aujourd'hui d'équipements performants. Leurs véhicules sont protégés par arrosage automatique de la cabine et des pneumatiques. Certains camions disposent également d'une surpressurisation pour empêcher les fumées d'entrer dans l'habitacle. Les tenues ont aussi évolué grâce à des textiles qui assurent une meilleure protection thermique. Enfin, les procédures et transmissions permettent de localiser rapidement un équipage en difficulté.

Mais en dépit de toutes ces innovations, le nombre d'accidents n'a pas diminué. Comment expliquer cette situation? Il convient pour cela de distinguer les configurations particulièrement dangereuses pour les pompiers en fonction de leur position vis-à-vis des flammes (de face, sur les côtés ou à distance).

Face-à-face mortel

Les incendies dévastateurs sont souvent guidés par le vent, qui leur donne une direction principale. Il est alors dangereux de se trouver sur cette trajectoire. C'est ce qui peut notamment arriver aux secouristes qui cherchent à protéger les habitations situées dans l'axe du feu. En Méditerranée, le mitage urbain en bordure de forêt accroît cette vulnérabilité.

En Australie, la météo dépend de la rencontre entre la masse d'air océanique et celle du désert continental. Leur déplacement entraîne des bascules de vent en quelques minutes. Les lisières de feu sont alors réactivées sur des kilomètres. Ces changements de direction soudains sont la cause principale d'accidents. En Europe, les bascules sont moins brutales en raison des massifs montagneux qui canalisent les vents.

La question du relief

Si le relief permet de contenir les vents, il peut également générer des situations dangereuses. On note ainsi une tendance naturelle du feu à accélérer lorsqu'il gravit une pente. Des études de modélisation montrent par exemple qu'au-delà de 25 degrés (c'est, pour référence, la limite de ce que peut franchir un véhicule tout terrain), les flammes se collent au sol. Une véritable éruption peut alors parcourir plusieurs hectares en quelques secondes.

Ce qui ne signifie pas que l'on soit en sécurité sur une pente descendante. Derrière une ligne de crête, des tourbillons d'air, appelés vortex, peuvent par exemple propager le feu latéralement. Le feu s'enroule alors en s'écartant de sa trajectoire initiale. Vingt-et-un cas de véhicules piégés dans ces conditions ont été recensés récemment à travers le monde.

Les feux extrêmes

Enfin, dans certaines conditions, les pompiers peuvent être encerclé·es par les flammes à des centaines de mètres du foyer principal. C'est le cas lors d'une vague de chaleur après une sécheresse prolongée; les incendies deviennent convectifs. Le vent n'est plus nécessaire. La propagation est erratique et produit des sautes de longue distance. Les conditions climatiques de cet été font courir ce risque dans plusieurs pays méditerranéens, y compris en France.

Dans les cas extrêmes, l'énergie développée par le feu est telle qu'elle génère un pyrocumulus. Ce nuage orageux s'élève jusqu'au sommet de la troposphère, autour de 10.000 mètres d'altitude. Il est composé de particules incandescentes et de gaz brûlants. Lorsque ces éléments retombent, à des kilomètres de distance parfois, c'est une véritable tempête de feu qui s'abat.

Ce phénomène est fréquent en Australie. En Europe, le réchauffement climatique augmente le risque et un nuage de ce type a été observé par satellite au-dessus du Portugal en juin dernier.

Quelles parades?

Si les équipements des pompiers sont aujourd'hui proches du niveau de protection optimal, d'autres évolutions sont encore possibles. Elles consistent à mieux comprendre les propagations atypiques des feux; à former les pompiers pour reconnaître et anticiper ces phénomènes; à accepter que les pompiers restent en dehors des garrigues et forêts en situation extrême.

Ce dernier point nécessite cependant une meilleure préparation des habitations vulnérables. Le débroussaillement est une obligation réglementaire qui y contribue en France. D'autres pays vont plus loin et incitent chaque foyer à développer un plan de sauvegarde. Au-delà des pompiers, toutes les personnes habitant des zones à risque ont leur rôle à jouer.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l'article original.

The Conversation

☐ ☆ ✇ Bridge> Slate

La Venise secrète de Jean-Paul Kauffmann

By: Nicolas de Rabaudy — August 18th 2019 at 11:13

Pour connaître les coups de cœur de l'auteur.

Temps de lecture: 10 min

Venise à double tour, le livre-enquête de Jean-Paul Kauffmann aborde la question des églises fermées de la Cité des Doges.

Couverture du livre Venise à double tour de Jean-Paul Kauffmann. | Équateurs Littérature

L'auteur entend les découvrir, les visiter et les faire rouvrir. Cette mission altruiste est liée à sa vie passée de prisonnier au Liban de 1985 à 1988. D'où l'intérêt, le poids humain de l'ouvrage captivant, bien placé dans la liste des meilleures ventes de l'année.

Quand Jean-Paul Kauffmann effectue son premier voyage à Venise dans les années 1960, le futur grand journaliste verse des larmes en franchissant le Pont de la Liberté qui relie la terre ferme à la presqu'île aux cent clochers: cette émotion physique marquera son existence d'homme et d'écrivain.

Dans son dernier livre publié au printemps 2019, il indique que «le seul fait d'écrire ou de prononcer le mot Venise est déjà une source de volupté».

Le Canal de la Giudecca. | All free photos

Une passion de longue date

En 1996, l'écrivain voyageur Kauffmann s'installe avec son épouse Joëlle dans un appartement lumineux de l'Île de la Giudecca, en face de la place Saint-Marc. Il a choisi et aimé ce logement dont la vaste terrasse s'ouvre sur l'église des Gesuati, les clochers jumeaux de l'ange Raphaël, l'hôpital des Incurables et les coupoles de la Salute, la sublime basilique (1687) dont la fabuleuse statuaire fut restaurée par le Comité français pour la sauvegarde de Venise dans les années 1960, présidé par l'ambassadeur Gaston Palewski.

La basilique Santa Maria della Salute. | All free photos

L'écrivain, ex-journaliste à Libération, biographe de Napoléon en exil à Longwood House sur l'Île de Sainte-Hélène (La chambre noire de Longwood), a un livre en tête sur «ville amphibie».

«Comment vais-je m'y prendre avec Venise, la ville sur laquelle on a le plus écrit?, se demande-t-il perplexe. Je n'adhère en rien à l'image mortifère de Venise, la chute, les affres de la décadence, vieille lune romantique qui continue à faire des ravages, pas plus qu'à la vision d'une beauté faisandée et factice comme toute chose ici bas. Venise va vers sa disparition. La phase terminale, on l'annonce depuis le début, elle n'a pas eu lieu, elle a déjoué tous les pronostics.»

Voilà pourquoi la Sérénissime représente pour l'amoureux de Venise «la ville de la jouvence et de l'alacrité». Très précis dans son écriture, Kauffmann a banni de son vocabulaire le mot «sérénissime» qui a trop servi. Son sujet, pour l'ancien enfant de chœur de Corps-Nuds (Ille-et-Vilaine), ce sont les églises qu'il n'a cessé d'explorer, du moins celles ouvertes au public où reposent des trésors cachés, cette beauté innombrable présentée en gloire avec sa «densité insurmontable» (Maurice Merleau-Ponty, philosophe).

L'église Gesuati. | All free photos

Sherlock Holmes des chapelles

À chaque séjour, il enquête sur les églises fermées, des dizaines condamnées. Pourquoi? «On ne déverrouille pas si facilement une église vénitienne avec ses tableaux, ses autels incrustés de gemmes, ses sculptures. Venise a thésaurisé un patrimoine artistique d'exception réglementé et surveillé jalousement.»

L'écrivain croyant et respectueux des rites catholiques va se muer en Sherlock Holmes des chapelles, des églises, des cryptes, des lieux de culte «fermés à jamais faute de prêtres et de fidèles, transformés en musées, bureaux, entrepôts ou salles de spectacles». Tristes destins.

Pour le piéton de la lagune, il y a là une frustration insupportable. «Mon séjour cette année à Venise, je vais le consacrer à forcer les portes de ces sanctuaires et affronter les administrations peu localisables et la burocrazia.»

La basilique San Giorgio Maggiore. | All free photos

Excellent connaisseur de la peinture vénitienne, il est familier des chefs-d'œuvre de Tintoret, Tiepolo et Véronèse, d'artistes moins notoires comme Le Pordenone, Bassano, Piazzetta ou Palma le Jeune qu'il place très haut: «Ces tableaux accrochés au-dessus d'autres déserts sont devenus à jamais invisibles.» Il note que Jacques Lacan, le grand maître de la psychiatrie, allait observer deux fois par jour les fresques de Tiepolo à l'église des Gesuati, un lieu sacré cher à Kauffmann.

«Cette occultation me désespère. Que de fois suis-je resté, l'air stupide, devant ces portes d'églises condamnées? Rien n'est plus beau à Venise que le battant d'une porte d'église.»

L'église Santa Maria Assunta dei Gesuiti. | All free photos

Passion église

Pendant des années, à chaque voyage, il écume tous les lieux de culte qui relèvent du Patriarcat de Venise. Depuis 1451, ils sont aussi la propriété d'autres instances, des ordres religieux comme les Frari, de l'État italien ou de la mairie de la cité chère à Richard Wagner où il est mort en 1883.

Le Patriarcat vénitien est dirigé par le mystérieux Grand Vicaire. En vue d'un rendez-vous décisif pour visiter et inventorier les églises fermées, Kauffmann en dresse la liste au nombre de dix-sept plus celles ouvertes exceptionnellement pour la Biennale, des concerts ou à la demande, soit douze, et celles ouvertes uniquement pour les messes, soit sept. 42 églises ont été détruites sur 140, que deviennent les autres?

Ainsi, pris par son sujet quasi sacré, quadrille-t-il la ville aux 100 ponts grâce à la carte Global Map de Venise (échelle 1: 6.000).

L'église Santa Maria di Nazareth. | All free photos

Il a jeté son dévolu sur l'église San Bonaventura dans le sestier (quartier) du Cannaregio, il est passé dix ou vingt fois devant cette chiesetta, une petite église oratoire fermée. Un jour, il sonne à l'une des portes et une carmélite déchaussée répond que l'église du monastère sans lumière n'ouvre que le matin pour la messe de 6h30. «Après, nous fermons», lance la religieuse. Trop tôt pour le Français.

L'église San Geremia. | All free photos

«Pénétrer dans des églises vénitiennes, n'est-ce pas s'introduire dans la substance même du catholicisme, dans sa part la plus vivante et la plus voluptueuse? Ce sont les églises qui confèrent à la ville sa beauté et non les palais dont s'est emparée la nouvelle caste planétaire pour ne les ouvrir qu'une semaine par an.»

Face au Grand Vicaire qui a tout pouvoir sur le déverrouillage des églises bouclées, Kauffmann l'entend dire: «Mon intention est d'ouvrir un jour toutes les églises.»

«Quand?», réplique le Français, subjugué. Pas de réponse. En revanche, le grand guichetier propose de faire visiter trois églises: San Fantin, Santo Spirito et San Benedetto, mais c'est la mystérieuse église Terese qu'il veut réussir à explorer après de longs conciliabules –il sait qu'il y a ici un chef-d'œuvre oublié.

«Ces églises ont droit au secret. Ne l'avons-nous pas violé?»

«Aussitôt, je perçois tout, la prison, l'odeur de confinement. Ici, la beauté a tout simplement été injuriée. On la voit car son empreinte est encore visible, mais elle est enfouie sous les décombres: une vision de désolation. L'humidité on ne la voit pas, elle est en suspens dans l'air où ont résonné les chants angéliques et le tonnerre de l'orgue.»

«Les sanctuaires vénitiens sont plus exposés que d'autres édifices, c'est par les tombeaux que l'eau remonte lors de l'acqua alta. L'église était dédiée à Thérèse d'Avila, le sanctuaire était splendide. Tout a disparu, tout s'est envolé, voilà le silence vénitien.»

À la fin de son long périple de réouverture, le pèlerin des édifices religieux saccagés, oubliés, à l'agonie, transformés en McDo, l'écrivain qui fut lui-même détenu quatre ans au Liban cite les églises en quelque sorte libérées du néant par son acharnement, sa foi active: il en dénombre dix-huit. «Si je prends en compte les difficultés rencontrées, je devrais être fier de moi, considérer ces captures comme des exploits. Mon objectif pourtant n'a jamais été de nature arithmétique. Il manque toujours quelque chose, mais quoi?»

Et l'auteur ajoute: «Ces églises ont droit au secret. Ne l'avons-nous pas violé?»

Jean-Paul Kauffmann. | Maurice Rougemont

Regards sur la Venise de Jean-Paul Kauffmann

À propos des grandi navi, ces paquebots géants qui continuent à traverser le Grand Canal car les eaux lagunaires ne sont pas assez profondes au-delà de la Cité des Doges, la municipalité s'était engagée après l'échouage spectaculaire au printemps 2019 d'un navire de croisière sur un quai de la ville à apporter des solutions de repli d'ici la fin 2019.

Un paquebot traverse le canal de la Giudecca. | Manuel Silvestri / Reuters

Rien de concret, de positif n'est annoncé par la mairie de Venise qui perçoit des dizaines de milliers d'euros à chaque arrivée des paquebots de six à dix ponts, ancrés sur le port. La Cité des Doges chère à Paul Morand (Venises, Gallimard), enterré à Trieste, court après l'argent, l'aéroport géant Marco Polo aurait été vendu, et la marque «Venise» commercialisée, en vain.

Dans son ouvrage vécu –des mois passés sur l'île de la Giudecca– Jean-Paul Kauffmann donne la parole à une guide française, Alma, très demandée, qui est révoltée par l'excroissance du tourisme de masse (30 millions de visiteurs par an).

«Jusqu'aux années 1980, le tourisme était bon enfant, paisible, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Les Vénitiens sont exaspérés par la noria des grandi navi dont les passagers en courte escale ne dépensent rien: ils ont des forfaits all inclusive.» Venise est une destination magique pour les créateurs de croisières en Europe.

Le Grand Canal. | All free photos

Vers la gentifrication

Faudra-t-il que la basilique San Marco (828), un bâtiment oriental naviguant sous pavillon chrétien (Pierre Gascar), la place Saint-Marc, le Salon de l'Europe pour Stendhal, le Palais des Doges (1340), le Pont des Soupirs (1600), le site le plus visité de Venise, la Douane de Mer devenue un musée d'art contemporain grâce à François Pinault soient blessés, endommagés, détruits pour que la municipalité soucieuse d'abord de Mestre et de Marghera (le port pétrolier) prenne des mesures drastiques d'interdiction de voguer sur les eaux du Grand Canal? L'avenir, la sécurité de la cité lacustre, sa préservation dépendent des décrets, des lois contraignantes –hélas la combinazione englue tous les débats à Venise et à Rome.

Le Palais des Doges. | All free photos

Comme le centre historique se dépeuple pour cause de loyers prohibitifs, à raison de mille personnes par an, il ne reste plus que 54.000 habitants. L'avisé Kauffmann évoque la fermeture du marché du Rialto, poissons, crustacés, légumes et fruits, en raison du dépeuplement. «Les vrais Vénitiens restants en construiront un autre», indique l'écrivain qui recherche en vain la tombe de Marco Polo.

Le Pont du Rialto. | All free photos

Il a choisi de résider sur l'Île de la Giudecca (à dix minutes de Saint-Marc), c'est la Venise populaire telle qu'elle existait dans les années 1970, «elle se gentrifie un peu», ajoute-t-il. Elton John a acquis un palazzo et feu le couturier Jean-Louis Scherrer ainsi que son épouse furent fidèles à cette longue bande de pierres d'Istrie, «aussi résistante que le marbre», souligne l'auteur, devenu le Pic de la Mirandole de la presqu'île vénitienne où il se perd dans le labyrinthe des ruelles, des places et des explorations religieuses, sa motivation première.

Car très vite, il veut jouir du «déchiffrage de la cité» selon le mot de Jacques Lacan, ardent vénitien d'adoption et client du Harry's Bar, le premier restaurant de la cité popularisé par Giuseppe Cipriani, ex-barman, et son ami Ernest Hemingway, client attitré de l'Hôtel Gritti, mythique palace de quatre-vingt-dix chambres.

L'écrivain Kauffmann n'évoque jamais les palaces de légende –le Danieli, le Cipriani, le Bauer, le Centurion, la vie luxueuse– car il est enfermé dans son enquête sur les églises closes, il ne peut en sortir. Voilà le défi qu'il s'est fixé.

«Sartre a parlé de l'eau de Venise comme personne.»

C'est la Venise des œuvres d'art, des tableaux de genre, des sanctuaires oubliés qui va l'occuper tel un scribe de ces monuments de pierres blanches: restaurer, c'est rouvrir. De la basilique Saint-Marc, il dit que «l'or des mosaïques perfore les ténèbres».

Le Français a été l'ami d'Hugo Pratt, l'inventeur de Corto Maltese, rencontré en 1983, deux ans avant sa terrible captivité au Liban. Et s'il rend un hommage fervent à Jean-Paul Sartre, piéton de Venise, c'est que durant sa détention, il est tombé sur Les chemins de la liberté (en trois volumes), les gros romans de Jean-Paul Sartre qu'il a relus des dizaines de fois, des lueurs d'espoir vivifiant durant sa détention de journaliste bienveillant.

Jean-Paul Sartre qui a remplacé Paul Morand dans les préférences de Kauffmann est célébré, couvert de louanges: «Sartre a parlé de l'eau de Venise comme personne.» Ce texte révèle un Sartre inattendu, loin de l'image de l'écrivain engagé. Le livre anti-touristique qu'il voulait écrire, on ne le lira jamais. De ce projet colossal de mille pages, il ne reste que quelques fragments: «L'eau c'est le trop», écrit le philosophe des Mots. «Je soupçonne Sartre d'avoir poursuivi un dessein insensé: mettre Venise à sec», commente Kauffmann, humoriste sérieux à ses heures.

Ainsi Venise à double tour peut se lire comme l'histoire vécue d'une passion vivante, créative pour la cité fragile du génial architecte Palladio (1508-1580), l'artiste sculpteur de la pierre d'Istrie, la base de tout bel édifice vénitien, la pierre blanche et or qui couvre ou non des briques rouges (le Danieli, 1822).

Le Musée Correr. | Wolfgang Moroder

L'arpenteur méticuleux des sestiers vénitiens qui a toujours rêvé de vivre à Venise a des goûts (la peinture) et des dégoûts bien arrêtés: il n'aime pas le carnaval, triste bambochade, ni les Quatre Saisons de Vivaldi partout jouées (dans des églises) ni Napoléon qui a détruit l'église San Germiniano limitrophe du Musée Correr, c'est l'Attila corse, mais il salue Casanova, «un homme selon mon cœur» et déclare son amour pour l'Italie et «la cité meravigliosa», la Venise éternelle, un rêve de pierres et d'eaux, le faste et le dénuement.

À lire:

À double tour de Jean-Paul Kauffmann, 336 pages et la carte des églises ouvertes, fermées ou devenues des monuments, musées ou salles de spectacles. Équateurs Littérature. 22 euros.

Dictionnaire amoureux de Venise par Philippe Sollers, 256 pages. Éditions Plon/Flammarion. 22,50 euros.

En observant Venise de Mary McCarthy, 160 pages, Éditions Payot. 24,30 euros.

À goûter: le délicieux vin blanc de Venise, l'Orto di Venezia (Jardin de Venise), élaboré sur l'île de Sant'Erasmo par l'ancien journaliste Michel Thoulouze, cité plusieurs fois par Jean-Paul Kauffmann (27 euros chez Lavinia).

☐ ☆ ✇ RPG Site - All articles

Sword Art Online: Alicization Lycoris - 'Medina Orthinanos' Character Trailer

— August 18th 2019 at 10:25
Sword Art Online: Alicization Lycoris - 'Medina Orthinanos' Character Trailer

Plus a Dengeki stream with some gameplay.

☐ ☆ ✇ Bridge> Nextinpact

Linux Mint 19.2 en bêta : la conquête du desktop continue

By: Vincent Hermann — August 18th 2019 at 10:30
Accès libre
image dediée
OS

La bêta de Linux Mint 19.2 est disponible depuis peu, avec des améliorations bienvenues pour les tâches courantes. Le constat se vérifie surtout pour l'édition Cinnamon, qui revoit au passage sa consommation de ressources à la baisse.

Linux Mint est une distribution résolument orientée vers le bureau et les utilisateurs « ordinaires ». C’est ce qui explique son succès, car ce qui n’était au début qu’une énième dérivée d’Ubuntu est finalement venue marcher sur les platebandes de sa grande sœur. Pendant qu’Ubuntu enchaine les versions sans rien bousculer – Canonical semble désormais plus intéressé par les serveurs et les objets connectés – la petite Mint continue son bonhomme de chemin.

La distribution se distingue notamment par une ergonomie largement fondée sur GNOME 2.x et un soin appuyé aux détails de l’interface. Elle se reconnaît aisément à son thème gris/vert. La nouvelle bêta de Mint 19.2, nommée Tina, ne dépareille pas. Le fondateur de la distribution, Clément Lefebvre, voulait en avril que la nouvelle mouture soit « tout simplement la meilleure », en référence à Tina Turner (en plus du prénom).

Au vu des améliorations, le pari pourrait être tenu, en dépit des doutes actuels de l’équipe.

On garde Ubuntu 18.04 et on modernise un peu

Spécificité de Linux Mint, elle n’est fondée que sur des moutures LTS d’Ubuntu. Depuis l’année dernière, elles s’appuient toutes sur Ubuntu 18.04 et profitent donc de ses cinq années de support technique.

Dans moins d’un an, la distribution transitera vers son nouveau socle, Ubuntu 20.04. L’équipe précise cependant que pour le reste de l’année, elle reste concentrée sur la branche actuelle. La philosophie générale de Mint se situe quelque part entre Ubuntu et Debian. Le noyau Linux fourni est ainsi en version 4.15 (nous en sommes à la 5.2.1).

Concernant les applications, certaines sont récentes, d’autres moins. On a par exemple bien Firefox 68.0, mais LibreOffice n’est « qu’en » 6.0.7 (contre 6.2.5 pour la dernière), GIMP en 2.8 (contre 2.10), etc. Même situation dans le gestionnaire de logiciels avec VLC 3.0.4 (contre 3.0.7.1), VirtualBox 5.2.18 (contre 6.0.10) ou encore Audacity 2.2.1 (contre 2.3.2).

Mint a une préférence pour les révisions LTS des composants de base et les versions éprouvées dans les applications. Celles proposées ne sont donc jamais anciennes, mais elles ne sont pas pour autant de la dernière fraicheur.

Mint 19.2Mint 19.2Mint 19.2

Des apports techniques pour tous les utilisateurs

Avant de plonger dans les spécificités de chaque variante (Cinnamon, MATE et Xfce), examinons d’abord les nouveautés dont tous les utilisateurs profiteront.

Le gestionnaire de mises à jour se veut nettement plus fiable. Plus aucun risque par exemple de redémarrage pendant que des tâches automatiques sont en cours, les verrous APT ne l’empêchent plus de fonctionner (les opérations sont retentées plus tard) et le mécanisme de rafraichissement se base désormais sur des horodatages plutôt que des périodes.

L’interface évolue également. Rien de renversant, mais toute une série de petites améliorations qui devraient simplifier la vie au quotidien : la liste des mises à jour est rechargée dès qu’un changement intervient dans le cache APT, la boite de dialogue d’informations se met à jour en temps réel, un avertissement apparaît en cas de redémarrage nécessaire, un message spécifique et séparé est affiché pour signaler une nouvelle version du gestionnaire lui-même et diverses animations rendent compte des opérations en cours. Le même gestionnaire avertira également 90 jours avant que la version en cours de Mint ne soit plus supportée.

La gestion des noyaux est également plus fine et pratique. Les versions sont réparties en branches et accompagnées chacune de leur date de fin de support. On peut sélectionner plusieurs versions (via la fonction Préparer) et créer ainsi une chaine d’installation. Il n’y a donc plus besoin de les installer un par un. Une liste noire est également disponible pour noter les versions à ne jamais installer. Enfin, dans les préférences, il est possible de demander au gestionnaire une suppression automatique des versions n’ayant plus d’utilité.

Mint 19.2

Quelques autres améliorations techniques sont présentes. Par exemple, le gestionnaire de mises à jour et l’outil de sauvegarde partagent désormais le même cache, comprenant à la fois les applications installées via le gestionnaire et celles qui l'ont été manuellement (grâce à l’analyse des logs depuis Ubiquity).

En outre, les Rapports système reçoivent une nouvelle interface, plus lisible. Notez que Mint 19.2 revient sur ses polices par défaut, abandonnant Noto pour reprendre celles d’Ubuntu. La famille Noto avait été critiquée par une partie des utilisateurs pour son contraste moindre. Dans certaines applications, les menus et fonctions étaient ainsi moins lisibles.

Enfin, toutes les variantes incluent désormais dans leurs images ISO d’installation un nouvel outil baptisé Boot-Repair. Comme son nom l’indique, il vise à réparer les soucis de démarrage, par exemple quand l’une des entrées du menu ne fonctionne plus. Les deux fonctions principales sont pour l’exécution des scripts réglant les problèmes les plus courants et la génération d’un résumé BootInfo pour le publier sur un forum ou l’envoyer par email.

Des options avancées permettent de plonger davantage les mains dans le cambouis.

Mint 19.2

Cinnamon 4.2.2 réduit sa consommation de mémoire vive

C’est une habitude actuellement, particulièrement pour les distributions basées sur GNOME : depuis plusieurs mois, nombre d’améliorations ont été portées à la consommation des ressources, rendant les distributions qui l’utilisent plus légères, avec des animations plus fluides. Résultat, une sensation de réactivité qui n’a rien de feint.

Cinnamon suit le même chemin avec un travail de l’équipe sur les fondations. En plus d’une réduction de la consommation mémoire d’environ 30 % (tout de même), le gestionnaire de fenêtres (Muffin) a reçu des optimisations et se veut plus réactif. Un résultat visible en pratique ? Oui, sans pour autant que ce soit énorme (le ressenti n’est pas chiffrable).

Sur une machine équipée d’un Core i5-6500 et de 16 Go de mémoire vive, elle est perceptible : on a davantage l’impression que le système obéit au doigt et à l’œil. Dans une machine virtuelle limitée volontairement à un seul cœur et 2 Go de mémoire, l’écart se creuse, puisque ce type d’optimisation se remarque davantage quand la puissance est limitée. Sans que l’utilisation en soit révolutionnée, on apprécie donc l’effort.

Cinnamon sait par ailleurs – enfin ! – activer ou désactiver la synchronisation verticale de l’écran sans avoir besoin de redémarrer l’environnement. L’effet est appliqué dès que l’on coche ou décoche la case dans les paramètres d’affichage. Une liste déroulante permet également de choisir la méthode préférée.

Mint 19.2Mint 19.2

Le menu reconnaît maintenant les doublons

Place aux améliorations de l’interface, avec une première pour le menu général de Mint. Si vous installez plusieurs applications ayant la même fonction, les doublons sont maintenant identifiés clairement. Mint a en effet pour habitude de nommer souvent les logiciels installés par leur fonction.

Par exemple, elle installe par défaut Xed comme éditeur de texte. Si vous ouvrez le menu et tapez « xed » pour affiner la recherche, vous ne trouverez qu’une liste « Éditeur de texte ». Jusqu’à présent, installer un deuxième logiciel du même acabit posait un problème pénible : deux entrées « Éditeur de texte » apparaissaient, sans rien pour les distinguer. Ce problème est désormais résolu, puisque le nom de l’application sera mentionné entre parenthèses à chaque fois. Même chose pour toutes les catégories.

Nemo, le gestionnaire de fichiers, se dote pour sa part d’une fonction d’épinglage. Elle permet d’afficher des dossiers et fichiers en premières positions au sein d’un répertoire. Il suffit de faire un clic droit sur un élément et de sélectionner « Épingler ». Seule différence graphique, les noms apparaissent en gras. Une retouche suffisante puisque l’on cherchera de toute façon ces éléments en tête de liste.

On note çà et là de petites améliorations dans le reste de Cinnamon. Notamment, un applet Imprimantes qui apparaîtra automatiquement au branchement du périphérique. Les documents récents sont activés dès le départ (accessibles notamment depuis un clic sur l’icône d’un logiciel dans la barre des tâches, comme les Jump Lists Windows). On peut par ailleurs choisir son lecteur PDF par défaut et activer le défilement naturel (inversé) pour la souris, en plus des touchpads.

Enfin, Cinnamon 4.2 améliore son support de Samba, simplifiant les partages. Par exemple, les règles idoines sont ajoutées dans le pare-feu après son installation. En outre, quand un partage est déclaré, Mint ne se contente plus de vérifier les permissions pour le dossier, mais sur l’intégralité du chemin d’accès

Un mot sur les éditions MATE et Xfce

L’édition Cinnamon est celle par défaut, poussée par les développeurs de Linux Mint. Cependant, MATE a de nombreux partisans, tandis que Xfce est connu pour être très léger. On le retrouve d’ailleurs en variante d’un grand nombre de distributions (Manjaro ou Xubuntu par exemple). Ces deux éditions embarquent tout le tronc commun des nouveautés, dont les versions des paquets, les améliorations dans les gestionnaires, les polices, etc.

MATE 1.22 est essentiellement une version d’entretien, avec quelques apports au passage : le support des thèmes metacity-3, une meilleure prise en charge de systemd dans le gestionnaire de sessions, des délais personnalisés pour le lancement automatique des applications après le lancement du système ou encore de nouveaux formats de compression, avec possibilité de mettre en pause cette dernière.

Quant à Xfce, ses aficionados savent qu’il n’y a aucune nouveauté à évoquer. Et pour cause, la dernière version stable de l’environnement, la 4.12, date de février 2015. Un projet au point mort ? Non, car l’équipe travaille actuellement sur la mouture 4.14, prévue pour sortir plus tard dans l’été.

Linux Mint 19.2 n’a pour l’instant aucune date de sortie officielle. La bêta est complète et se révèle assez stable pour mener ses tests. On évitera, comme toujours, de l’utiliser comme système principal sur une machine de production.

☐ ☆ ✇ Bridge> Nextinpact

Cédric O imagine un lecteur de carte pour valider sa majorité à l'entrée des sites pornos

By: Marc Rees — August 18th 2019 at 09:47
Accès libre
image dediée
Crédits : Assemblée nationale
Loi

Cédric O veut rassurer : le gouvernement n’imposera pas l’identité numérique pour s’inscrire sur un réseau social comme Facebook. Cependant, le secrétaire d’État au Numérique estime qu’un tel processus pourrait être intéressant pour valider son âge à l’entrée des sites pornos, sans pour autant identifier l'utilisateur.

Le ministère de l’Intérieur a publié l’édition 2019 de « l'état de la menace liée au numérique ».  Ce document dresse « un panorama complet des enjeux, des menaces et des réponses apportées » par la place Beauvau. 

À cette occasion, Christophe Castaner a soulevé la question de l’identité numérique. « La liberté, justement, voilà tout le paradoxe d’internet. L’anonymat protège tous ceux qui répandent des contenus haineux et permet à de faux comptes de se multiplier pour propager toutes sortes de contenus ».

Le ministre a fait cette suggestion : « Nous ne pouvons pas laisser les publications illicites se multiplier. Nous devons donc relever le défi de l’identité numérique pour que chaque Français, dès 2020, puisse prouver son identité et savoir avec qui il correspond vraiment ». Et celui-ci d’envisager à partir de l’année prochaine, « la mise en œuvre d’un parcours d’identification numérique sécurisée pour les personnes physiques ou morales ».

Le défi de l’identité numérique pour lutter contre les publications illicites, les contenus haineux et toutes les autres plaies de l’humanité connectée ? Le 10 juillet dernier, en Commission des affaires économies à l’Assemblée nationale, Cédric O a été interrogé sur le sujet par la députée LREM Christine Hennion. Le secrétaire d’État au numérique a voulu rassurer : « nous n’allons pas demander aux gens de s’identifier quand ils se connecteront à Facebook ! »

L'identification numérique à l'entrée des sites pornographiques

Cependant, celui-ci imagine déjà l’intérêt d’un tel dispositif (00:55:07 de la vidéo). « Vous pouvez avoir des protocoles qui permettent, par exemple si vous passez votre carte sur un lecteur, juste de savoir si vous êtes majeur ou pas, sans dire votre identité. C’est extrêmement intéressant sur Internet ».

Retombée immédiate, voilà « un outil essentiel pour lutter contre l’accès des enfants et des adolescents à la pornographie, parce que si vous [l’]imposez (…), cela permet de faire en sorte, sans vous identifier, de savoir si vous êtes majeur ou pas ».

En somme à l’entrée des sites pornographiques, il pourrait être imposé la lecture électronique d’un titre d’identité enrichi d’une puce pour valider la majorité du porteur. Bien entendu, cela n’empêcherait pas qu’un mineur se saisisse de la carte de ses parents, sans oublier l’usage d’un VPN pour géolocaliser son adresse IP dans des contrées moins sourcilleuses.

Un tel contrôle d’accès, visiblement inspiré de l’exemple anglais, n'est qu'une piste dans les législations en quête de solutions pour répondre à la difficulté de l'accès des plus jeunes au porno. 

Elle pourrait néanmoins poser de lourds problèmes si le site parvient à avaler beaucoup plus d’informations que le simple critère de l’âge. Des conséquences dramatiques pour la vie privée des personnes physiques. Ce n’est pas pour rien qu’à l’article 9, le règlement général pour la protection des données personnelles classe la vie ou l’orientation sexuelle des individus parmi les données sensibles dont les traitements sont, sauf exception, interdits.

Une vérification sans identification

« Il faut les protocoles pour faire en sorte que ce ne soit pas une identification mais juste une vérification de la majorité » insiste en ce sens Cédric O pour qui « l’identité numérique est porteuse de beaucoup de choses en termes de protection ». Ce doit être « un facteur de facilité et de simplicité, non un facteur de surveillance. C’est un élément absolument essentiel pour [sa] réussite »

« La position du gouvernement est qu’il est hors de question qu’on demande aux gens de s’identifier nommément lorsqu’ils se connectent aux réseaux sociaux ou veulent jouer à des jeux vidéo en ligne, poursuit le secrétaire d’État. Ils doivent pouvoir faire cela sous pseudonyme, sachant qu’ils ne sont jamais anonymes puisque derrière il y a une adresse IP et on peut aller les chercher. Elle est levée par la justice quand c’est nécessaire ».

Il a invité députés et sénateurs à se saisir du débat « parce qu’on voit toutes les questions qu’il y a derrière, particulièrement dans ce pays qui a connu des heures plus sombres voilà quelques dizaines d’années ».

Le gouvernement prépare actuellement une charte pour la protection des mineurs contre les contenus pornographiques. Une mission a en outre été lancée à Bercy pour définir « les meilleurs dispositifs techniques » pour assurer cette protection. Enfin, la proposition de loi Avia permettra, en l’état, de sanctionner jusqu’à 1,25 million d’euros par infraction, les plateformes de partage et les moteurs de recherche qui ne suppriment pas en 24 h l’accès vers les images, les vidéos et les textes pornographiques signalés par les internautes.

☐ ☆ ✇ Bridge > Numerama

Switch Lite, Pixel 4, Galaxy Fold : tous les temps forts à venir dans la tech avant la fin de 2019

— August 18th 2019 at 10:01

L'année 2019 est encore loin d'être terminée pour la tech.

Après un été calme, voire ennuyant, du côté de la tech, on s’apprête à vivre une rentrée 2019 tonitruante (comme toutes les rentrées). Au-delà de l’IFA de Berlin, certains grands acteurs du marché ont encore des armes à dévoiler. On pense à Apple et son keynote habituel, ou encore à Google, qui a beaucoup de choses en réserve d’ici Noël.

Il y a donc des temps forts à vivre dans les semaines à venir, matérialisés par des produits qui attisent la curiosité et/ou qui doivent prouver qu’ils méritent d’exister. On fait un petit point sur ce que la tech a encore à nous offrir avant de dire bonjour à l’année 2020.

Nintendo Switch Lite

Nintendo Switch Lite // Source : Nintendo

Pourquoi on l’attend ? Plutôt que de profiter de l’E3 pour une annonce en grande pompe, Nintendo a attendu le calme de l’été pour officialiser la Switch Lite. Il ne s’agit pas d’une remplaçante de la Switch, plutôt d’une version tronquée de certaines fonctionnalités pour être plus abordable. En l’occurence, elle n’est conçue que pour une utilisation 100 % portable, là où la première mouture mise sur la polyvalence. Plus petite, supposément plus solide (les Joy-Con sont fixés) et colorée, la Switch Lite est à la Switch ce que fut la 2DS pour la 3DS. C’est-à-dire une console pensée pour un public plus jeune. Carton assuré à Noël ?

Date de sortie : 20 septembre 

Samsung Galaxy Fold

Galaxy Fold // Source : Samsung

Pourquoi on l’attend ? Pour le moment, le Galaxy Fold de Samsung est un immense rendez-vous manqué. D’abord présenté sous la forme d’un prototype hideux, le premier (et seul ?) téléphone pliable du constructeur coréen a été repoussé de plusieurs mois à la suite des premiers retours presse catastrophiques liés à une fragilité avérée. Samsung a fini par assumer les problèmes et a travaillé d’arrache-pied pour commercialiser un modèle plus abouti à la rentrée. Qu’à cela ne tienne : l’objet de luxe vendu aux alentours des 2 000 euros est attendu au tournant. Et pas seulement pour la curiosité qu’il suscite du coté des usages.

Date de sortie : septembre

Google Pixel 4

Google

Pourquoi on l’attend ? Google prépare une révolution avec le Pixel 4, tout au moins sa révolution. Classiques dans leur approche, les précédentes générations de téléphones Pixel misaient sur leurs performances dans le domaine de la photographie pour remporter les suffrages. Mais, cette année, la firme de Mountain View va intégrer des évolutions notables, à commencer par un équivalent (en mieux, promet-elle) de Face ID. En prime, les ingénieurs vont multiplier les capteurs à l’arrière, ce qui préfigure des clichés encore plus beaux. Bref, le Google Pixel 4 pourrait bel et bien être LE smartphone de 2019.

Date de sortie : inconnue

Google Stadia

Google

Pourquoi on l’attend ? Avec Stadia, Google fait son entrée sur le marché des jeux vidéo. Alors qu’on s’attendait à une sorte de Netflix, la multinationale a surpris tout le monde en présentant un service au modèle de financement très proche de ce que l’on connaît aujourd’hui (comprendre : il faudra payer ses jeux). Malgré tout, on reste curieux sur la composante technologique : Google a choisi le cloud gaming et on s’attend à ce que les premiers propriétaires (comme la moitié de la rédaction de Numerama), renommés Fondateurs, essuient les plâtres avec des problèmes techniques en veux-tu en voilà. Au point que le lancement en novembre ne ressemble qu’à une bêta publique payante…

Date de sortie : novembre 2019

MacBook Pro 16 pouces

MacBook Pro // Source : Apple

Pourquoi on l’attend ? Nous sommes à quelques jours de la présentation de la future gamme d’iPhone et peu de choses ont fuité à son sujet. Est-ce de bon augure ? Pas sûr : on n’espère pas grand-chose des successeurs des modèles XR, XS et XS Max sinon des évolutions mineures (notamment du côté du hardware dédié à la photographie). Après tout, l’iPhone X a semé les graines d’un design inchangé pour plusieurs générations et les derniers chiffres publiés par Apple laissent à penser que l’iPhone n’est plus le produit phare qu’il a été pendant des années. De fait, on attend beaucoup plus le supposé MacBook Pro 16 pouces, qui deviendrait le plus gros ordinateur portable du catalogue. En prime, il abandonnerait le clavier papillon de la discorde.

Date de sortie : inconnue

☐ ☆ ✇ LinuxFr.org : les dépêches

Haiku a 18 ans

By: pulkomandy · BAud · Davy Defaud · ZeroHeure · palm123 · theojouedubanjo · Pierre Jarillon · Cetera · Benoît Sibaud — August 18th 2019 at 08:40

Ça bouge pour Haiku cette année, puisqu’il y a enfin une version bêta !

Cette dépêche annuelle est l’occasion de faire le point sur les progrès accomplis et le travail à venir (il en reste toujours).

Sommaire

Présentation de Haiku

Note : cette section est reprise de la dépêche de l’année dernière, les objectifs du projet n’ont pas changé depuis.

Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de Haiku, il s’agit d’un système d’exploitation pour les ordinateurs personnels (par opposition, d’une part aux serveurs, d’autre part aux smartphones, tablettes, et autres systèmes embarqués). Il est une réécriture de BeOS, un système propriétaire abandonné en 2001.

D’un point de vue technique, ses particularités sont une base de code presque intégralement en C++ (oui, même le noyau) et généralement reconnue pour sa clarté et sa lisibilité (oui, même si c’est du C++), son approche de la programmation très parallélisée (chaque fenêtre ouverte par une application a son propre fil d’exécution, par exemple), et la présence d’une API complète et cohérente pour faciliter le travail des développeurs d’applications.

D’un point de vue utilisateur, l’objectif est d’avoir un système facile à utiliser et à appréhender (pas de surprise ou de comportements inattendus), réactif, tout en restant flexible et capable de faire ce qu’on attend de lui.

Pourquoi un clone de BeOS ?

À l’origine, Haiku est pensé pour fournir une continuité aux utilisateurs de BeOS et aux développeurs d’applications qui ne souhaitaient pas migrer vers un autre système.

Dix‐huit ans plus tard, BeOS est mort et enterré, et Haiku n’a pas réussi à fournir une version stable dans les temps. La plupart des développeurs d’applications sont passés à autre chose depuis.

Cependant, Haiku reste un projet pertinent aujourd’hui, car aucun système libre n’a vraiment pris la place que BeOS a libérée (dit autrement, non, ce n’est toujours pas l’année de GNU/Linux sur le bureau).

Le maintien de la compatibilité avec BeOS garde également un intérêt, pas pour les utilisateurs mais pour l’organisation du projet :

  • elle permet de garder un objectif à peu près raisonnable en vue, c’est‐à‐dire qu’on peut rejeter les propositions de nouvelles fonctionnalités en disant « ce n’était pas dans BeOS » ;
  • elle permet de comparer l’implémentation des API avec celle de BeOS, pour décider si un problème vient d’une application ou d’un problème d’implémentation côté Haiku ;
  • elle permet enfin d’expérimenter les difficultés à maintenir pendant plus de quinze ans la compatibilité de l’ABI, et à réfléchir à la meilleure façon de procéder pour assurer la compatibilité entre les futures versions de Haiku.

Les désavantages de cette approche (utilisation de GCC 2, impossibilité d’implémenter certaines choses ou de résoudre certains problèmes de sécurité qui nécessiteraient de changer l’API) se font toutefois de plus en plus pressants, c’est pourquoi il existe maintenant une version 64 bits de Haiku qui peut s’affranchir de certaines de ces contraintes.

Les avancées de l’année

Des optimisations

L’entrée dans la phase bêta signifie qu’il n’y a plus de grosses fonctionnalités en cours de développement. On entre donc dans une phase où on va s’occuper de nettoyage du code, de correction de bogues, et aussi d’optimisation.

Dans de nombreux cas, c’est un aspect qui a été un peu laissé de côté dans Haiku jusqu’à présent : le but était d’abord d’avoir un code très lisible et simple, permettant déjà d’avoir une plate‐forme fonctionnelle. Maintenant que c’est le cas, il est possible de commencer à optimiser certains aspects (en pouvant faire des « benchmarks » en environnement réel).

L’objectif est à la fois de réduire la consommation mémoire (il n’est actuellement plus possible d’installer Haiku sur une machine avec 256 Mio de mémoire), et d’augmenter les performances (réduire les durées de compilation, par exemple).

Divers aspects sont passés en revue, par exemple l’utilisation de « pools » d’objets évitant de trop recourir à l’allocateur mémoire générique, ou encore une meilleure utilisation des primitives de blocage entre fils d’exécution (verrous en producteur/consommateur, etc.)

L’allocateur mémoire a également été remplacé, Haiku utilise aujourd’hui rpmalloc, qui remplace le vieillissant hoard2 après une analyse des différentes options disponibles.

De la sécurité

Haiku est toujours un système conçu pour un cas d’utilisation spécifique : un seul utilisateur sur son ordinateur de bureau. À l’époque de BeOS, cela avait conduit à la décision d’avoir un seul utilisateur au sens UNIX (l’équivalent du root), avec tous les droits sur le système.

Cependant, les usages ont évolué, et les ordinateurs d’aujourd’hui sont en permanence connectés à Internet. Il est donc plus que temps de se préoccuper un peu de sécuriser certains aspects et de mieux isoler certaines parties du système.

Haiku permet déjà de créer des utilisateurs UNIX et offre la gestion habituelle des permissions. Cependant, cela n’est pas toujours fonctionnel comme il le faudrait car ces fonctions restent relativement peu utilisées. C’est donc un travail sur le long terme de vérifier que le nécessaire a été fait partout pour qu’un utilisateur n’ait pas plus de droits que ce qu’il faudrait.

Les réflexions sont en cours également pour aller plus loin que ce que propose UNIX dans ce domaine, qui ne nous semble pas suffisant. Il est possible par exemple que dans les prochaines versions, Haiku se dote d’un système de permissions par application, un peu similaire à celui d’Android.

Au niveau du noyau, il n’y a désormais plus aucune zone de mémoire à la fois exécutable et accessible en écriture, ce qui devrait compliquer la vie d’un attaquant potentiel car il devient ainsi plus compliqué d’injecter du code dans le noyau.

Les pilotes matériels

Même si le système lui‐même est de plus en plus complet, les pilotes sont un aspect qui demandera toujours du travail.

Cette année, de gros progrès ont été faits sur la stabilisation des pilotes xHCI pour l’USB 3. Le travail continue à ce sujet pour pouvoir enfin utiliser les cartes son USB (un pilote incomplet existe depuis une dizaine d’années). Il y a également eu encore du travail sur les pilotes pour les convertisseurs USB - RS-232 (le travail sur les versions ARM, SPARC et RISC-V de Haiku n’y est pas pour rien).

Un ajout de taille (inclus dans la version bêta 1 mais encore amélioré depuis) est la prise en charge des systèmes UEFI, avec un nouveau chargeur d’amorçage. L’intégration n’est pas tout à fait complète, en particulier il reste quelques étapes à effectuer manuellement lors de l’installation sur une nouvelle machine, mais il existe au moins un moyen d’installer le système sans devoir repasser en mode « legacy » (compatible BIOS).

Un nouveau pilote pour les disques NVMe est également inclus. Il est basé sur la bibliothèque libnvme qui a pu être intégrée facilement, ce qui a grandement réduit le temps de développement et de déverminage.

Haiku continue donc de suivre les évolutions du matériel récent et l’on peut l’utiliser sur la plupart des ordinateurs.

Mais les pilotes pour du matériel plus ancien ne sont pas en reste, avec des corrections dans les appels au BIOS dans le gestionnaire d’amorçage qui faisaient planter certains BIOS en leur fournissant un tampon mémoire un peu trop grand lors de certains appels. La plupart des pilotes ont été corrigés suite à l’ajout de SMAP et SMEP, qui nécessitent de bien faire la différence entre la mémoire du noyau et celle de l’espace utilisateur, en indiquant clairement lorsqu’on souhaite accéder à l’une ou à l’autre.

Mentionnons également la fusion des pilotes pour les lecteurs de disquettes et les autres périphériques de stockage USB (contrairement à Linux, Haiku ne prévoit pas d’abandonner la gestion des lecteurs de disquettes dans l’immédiat).

Enfin, du travail sur le pilote PS/2 (encore utilisé pour de nombreux pavés tactiles, même si les PC portables les plus récents utilisent apparemment un pavé tactile connecté via SMBus à la place) pour considérer les nouveaux « clickpads » comme des pavés tactiles à un seul bouton (en principe, l’interface graphique devrait être utilisable avec, un souvenir des vieilles souris de chez Apple) et pour pouvoir utiliser les boutons du trackpoint de certains Thinkpads qui sont en fait des boutons supplémentaires du pavé tactile.

La gestion des écrans haute résolution

L’interface de BeOS était pensée pour des écrans avec une résolution quelque part entre 640 × 480 et 1024 × 768 pixels.

Pendant assez longtemps, les densités de pixels sont restées sensiblement les mêmes : on trouve aujourd’hui des écrans en 1920 × 1080 pixels, mais ce sont des écrans 22″ et donc chaque pixel n’est pas beaucoup plus petit que sur un écran 15″ en 1024 × 768 pixels.

Mais on trouve aujourd’hui des écrans avec une densité beaucoup plus importante : du « full HD » sur une dalle 12″, voire des écrans 4K de cette taille, sont aujourd’hui de plus en plus courants.

Certains systèmes ont choisi de « tordre » la définition d’un pixel et d’abstraire complètement ces différences. Les applications indiquent donc des tailles dans une unité arbitraire et le système se débrouille pour afficher les choses correctement.

Pour Haiku, une solution un peu différente a été choisie. L’idée est de laisser l’utilisateur choisir une taille de police de caractères pour le texte, puis de laisser les applications (et en grande partie, la bibliothèque graphique et son système de « layout ») faire le travail pour ajuster tous les éléments en conséquence.

Cette approche ne pose pas trop de problèmes puisque la plupart des icônes sont déjà dans un format vectoriel. Et les applications qui le souhaitent peuvent toujours facilement afficher ce qu’elles souhaitent en bénéficiant de la résolution complète de l’écran et sans redimensionnement.

Cependant, certaines vieilles applications et certaines parties du système fonctionnaient encore avec des éléments dont la taille été fixée en dur en nombre de pixels. C’était par exemple le cas des icônes des « replicants » dans la DeskBar, forcés de se contenter d’un carré de seize pixels de côté. Aujourd’hui, cette taille s’ajuste comme le reste de l’interface graphique.

Les finitions

« Le diable est dans les détails », selon l’expression consacrée.

Un travail important est consacré aux petits détails : ajouter une marge de quelques pixels par ci, améliorer un message d’erreur par là, etc. La cohérence de l’apparence et du comportement de Haiku sont à ce prix.

Citons par exemple une nouvelle fenêtre d’erreur spécifique lors du crash d’un programme, un travail sur la remontée d’erreurs du gestionnaire de paquets jusqu’à l’utilisateur, ou encore le message indiquant si un redémarrage est nécessaire après une mise à jour de paquets.

Le code en charge du rendu de l’interface graphique (BControlLook) a été déplacé dans un « add‐on » (un greffon). Ceci permet donc de le remplacer et l’on peut faire ressembler Haiku à CDE ou à Windows 3.11 si on le souhaite. Le travail est en cours pour reproduire au pixel près l’apparence de BeOS R5. Si vous pensiez que l’interface de Haiku a l’air datée, on pourra maintenant vous montrer à quel point ça pourrait être pire.

L’application Mandelbrot qui affiche des fractales a été complètement réécrite. Le code original était un exemple fourni pour BeOS mais il avait besoin d’un gros nettoyage. Les fractales sont plus jolies et le code aussi.

Sous le capot, le travail continue également pour faciliter le débogage de Haiku, avec par exemple du travail sur le pilote mem permettant de lire et écrire dans la mémoire, le nommage des zones mémoire créées par mmap en fonction de la fonction appelante, ou encore des changements sur la pile SCSI et la gestion des « weak symbols » pour se rapprocher du comportement d’autres systèmes et faciliter le portage d’applications.

Des corrections de bogues

Il y en a trop pour toutes les lister. Mentionnons une correction de la gestion du temps dans l’implémentation de DHCP, qui l’empêchait de fonctionner dès que la réponse à une requête n’était pas reçue quasi immédiatement. La connexion à des réseaux Wi‐Fi publics fonctionne maintenant beaucoup mieux.

D’autres exemples sont la correction de raccourcis clavier qui ne fonctionnaient pas dans l’application Magnify (Loupe), un problème qui empêchait la synchronisation NTP de s’effectuer correctement au démarrage du système, ou encore un plantage systématique lors du démarrage de Haiku sur une machine comportant plus de trente deux processeurs.

Du côté du matériel, une amélioration de la couche de compatibilité avec FreeBSD a permis de supprimer une interruption déclenchée toutes les millisecondes, pour laisser le processeur faire autre chose (ou rien, auquel cas la consommation électrique est réduite). Une autre correction concerne la synchronisation des données sur les disques durs, ces derniers peuvent en effet garder des données en cache et il convient de s’assurer que ces données sont vraiment sur le disque avant de couper l’alimentation électrique.

Compatibilité POSIX

Haiku essaie d’être compatible avec les spécifications POSIX, mais un certain nombre d’interfaces sont encore manquantes. Cette année a vu l’ajout de posix_spawn, pthread_attr_getstack, pthread_attr_setstack, (et au passage, pthread_getattr_np, qui n’est pas dans la spécification POSIX mais est implémentée par Linux et la plupart des BSD), des améliorations dans fcntl et la gestion des descripteurs de fichiers dupliqués.

De nombreuses corrections ont été faites également pour bien traiter la fermeture des descripteurs de fichiers (qui peut être plus complexe qu’il ne semblerait, par exemple lorsqu’une application ferme un fichier alors qu’il est également accessible via un mmap), ou encore sur des situations de compétition (race conditions) lors du démarrage d’un nouveau processus.

L’outil locale en ligne de commande traite correctement l’option -a telle qu’elle est spécifiée par POSIX (c’est utilisé par certains systèmes de construction logicielle pour détecter les « locales » disponibles).

Ces diverses corrections permettent aujourd’hui de faire fonctionner de façon fiable la machine virtuelle Java OpenJDK par exemple, ou encore de lancer LibreOffice ou de nombreuses autres applications utilisant Qt.

Portage sur d’autres architectures

Actuellement, Haiku fonctionne sur les architectures x86 (32 et 64 bits).
Différents portages (PowerPC, ARM, Motorola 68000) existent à des niveaux d’avancement divers, mais aucun n’est vraiment utilisable.

Suite à des problèmes sur la version ARM dont on ne parvenait pas à dire s’ils étaient causés par la version de GCC utilisée ou par une particularité de l’architecture ARM, deux nouveaux portages ont été démarrés : pour les machines SPARC 64 bits (suite au don d’une Sun Ultra 60 à l’un des développeurs), ainsi que pour les processeurs RISC-V, également en 64 bits.

Cela a permis de s’assurer que le problème était bien spécifique aux processeurs ARM, et a permis de débloquer la situation par une mise à jour du compilateur (toutes les architectures utilisent désormais GCC 8, sauf pour la compatibilité avec BeOS) et l’utilisation de l’éditeur de liens de LLVM à la place de GNU ld.

Participation à Outreachy

En plus du Google Summer of Code et du Google Code‐In, cette année Haiku participe à Outreachy et accueille une stagiaire qui travaille sur une refonte de l’interface pour la configuration des souris, claviers, pavés tactiles et autres périphériques d’entrée.

Dans le cadre du Google Summer of Code, nous avons eu quelques avancées pour l’écriture sur les systèmes de fichiers Btrfs, ainsi qu’un gros travail sur la mise à jour de notre version de WebKit pour utiliser WebKit 2, qui permet une meilleure isolation des composants du navigateur Web dans différents processus. C’est la façon recommandée d’utiliser WebKit aujourd’hui (on utilisait encore les interfaces « legacy » jusque‐là).

Analyse du code par PVS-studio

PVS-studio est un outil (malheureusement pas libre) d’analyse statique du code source. L’entreprise qui le développe, OOO “Program Verification Systems”, effectue régulièrement des « scans » de projets libres afin de tester son analyseur et de voir s’il ne lève pas trop de faux positifs. Elle publie ses conclusions avec une liste des bogues les plus intéressants selon elle.

Elle avait déjà effectué une analyse de Haiku il y a quelques années, qui avait demandé pas mal de travail puisqu’à l’époque ses outils fonctionnaient uniquement sous Windows. L’analyse effectuée le mois dernier a été beaucoup plus simple à mettre en place et pourrait être déployée dans un conteneur Docker.

Les développeurs de Haiku sont en train d’analyser les bouts de code suspects trouvés par PVS, afin de voir si des corrections sont nécessaires.

En route pour la bêta 2

Le projet Haiku va essayer de publier des versions à peu près tous les ans. L’absence de versions pendant six ans entre la version alpha 4 et la bêta 1 s’explique par un gros chantier pour la mise en place du système de gestion de paquets, qui était le dernier gros changement prévu. Maintenant qu’on est dans la phase « bêta », il ne devrait plus y avoir de tels gros changements.

Si tout se passe bien, la nouvelle version devrait donc arriver cet automne.

Commentaires : voir le flux atom ouvrir dans le navigateur

☐ ☆ ✇ Presse Océan - Nantes

FC Nantes. Face à l'OM (0-0) : la maîtrise est là, la victoire attendra

By: Pab — August 17th 2019 at 22:55

Football. Ligue 1 (2e journée) : FC Nantes - Marseille 0-0. S’ils ont globalement dominé la rencontre, les Canaris ont été trop poussifs pour vaincre des Olympiens pourtant insipides.

Sports
FC Nantes
Nantes
Photos

lire la suite

☐ ☆ ✇ LinuxFr.org : les dépêches

Sortie de Xfce 4.14

By: devnewton · Benoît Sibaud · Davy Defaud · ZeroHeure — August 17th 2019 at 22:32

Xfce est un bureau léger pour UNIX. Son principal avantage est d’être « normal » : un menu pour lancer des applications, une barre de tâches, un gestionnaire de fichiers, un panneau de configuration… Il ne cherche pas à révolutionner le bureau, à en mettre plein la vue ou à supprimer des fonctionnalités à chaque version.

Après plus de quatre années de développement, la version 4.14 remplace la version 4.12.

Captures d’écran

Capture Xfce 4.14

Capture Xfce 4.14

GTK

Le passage de GTK 2 à GTK 3 et de D-Bus GLib à GDBus étaient les objectifs de cette nouvelle version qui ont demandé beaucoup d’efforts.

Nouveautés

Le gestionnaire de fenêtres gère maintenant la synchronisation verticale, les écrans à haute résolution (HiDPI) et a un nouveau thème par défaut.

Le gestionnaire de fichiers, Thunar, propose maintenant des énormes et gigantesques vignettes et une navigation au clavier plus complète. Les gens qui stockent de la musique ou des photos de poneys furieux seront contents de pouvoir changer la vignette d’un dossier en mettant simplement un fichier folder.jpg à la racine pour faire apparaître la pochette d’un album photo ou une image de poney arc-en-ciel.

Le service de notification a maintenant un mode « Ne pas déranger » pour ne plus voir les invitations à discuter avec des Polonaises ou les insultes du chef qui râle, car la production est cassée.

Enfin, le projet s’est doté de son propre économiseur d’écran.

Commentaires : voir le flux atom ouvrir dans le navigateur

☐ ☆ ✇ Bridge> Sexactu

Bridge returned error 404! (18126)

By: RSS-Bridge — August 18th 2019 at 02:05

GQMagazine was unable to receive or process the remote website's content!
Error message: `The requested resource cannot be found!
Please make sure your input parameters are correct!
cUrl error: (0)
PHP error: Trying to get property 'datetime' of non-object`
Query string: `action=display&bridge=GQMagazine&domain=www.gqmagazine.fr&page=dossier%2Fsexactu&format=Atom`
Version: `dev.2019-07-06`

  • Press Return to check your input parameters
  • Press F5 to retry
  • Check if this issue was already reported on GitHub (give it a thumbs-up)
  • Open a GitHub Issue if this error persists

Riduidel

☐ ☆ ✇ RPG Site - All articles

Persona 5 Royal to release in the west in Spring 2020

— August 17th 2019 at 22:27
Persona 5 Royal to release in the west in Spring 2020

The updated edition of 2017's Persona 5 lands in North America and Europe early next year.

☐ ☆ ✇ Gematsu

Persona 5 Royal launches spring 2020 in the west

By: Sal Romano — August 17th 2019 at 22:11

Persona 5 Royal will launch for PlayStation 4 in the Americas and Europe in spring 2020, Atlus announced at the “Atlus Art Exhibit 2019: Persona 5 Royal and Catherine: Full Body Showcase” at Gallery Nucleus in Alhambra, California. In Japan, the game is due out for PlayStation 4 on October 31. Read more about the […]

The post Persona 5 Royal launches spring 2020 in the west appeared first on Gematsu.

☐ ☆ ✇ Gematsu

Dragon Ball Z: Kakarot to feature the Cell Saga, Goku and Piccolo driving episode

By: Sal Romano — August 17th 2019 at 19:55

The Cell Saga will appear in Dragon Ball Z: Kakarot, the latest issue of V-Jump confirms. During the Cell Saga, both Teen Gohan and Trunks will be playable. Android 17 will also appear. And there will also be original episodes for Android 16 and Gohan. The episode of Dragon Ball Z in which Goku and […]

The post Dragon Ball Z: Kakarot to feature the Cell Saga, Goku and Piccolo driving episode appeared first on Gematsu.

☐ ☆ ✇ Gematsu

Jump Force free update to add playable Prometheus this fall

By: Sal Romano — August 17th 2019 at 19:40

Jump Force villain Prometheus, an original character that appears in the game, will be added to the game as a playable character via a free update this fall, the latest issue of V-Jump reveals. Jump Force is available now for PlayStation 4, Xbox One, and PC. Thanks, Ryokutya2089.

The post Jump Force free update to add playable Prometheus this fall appeared first on Gematsu.

☐ ☆ ✇ RPG Site - All articles

Astral Chain Hands-on: Seven Things I’m Loving in the First Seven Hours

— August 17th 2019 at 18:35
Astral Chain Hands-on: Seven Things I’m Loving in the First Seven Hours

PlatinumGames's bizarre adventure has been a thrilling ride so far. Here are seven neat little touches I've been enjoying in the final build of the game.

❌