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Before yesterdayLe blog d'un odieux connard

Louise de Bettignies, la Résistance de 1914

Quand on vous parle de Résistance, vous pensez à la Seconde Guerre mondiale.

Ce qui est déjà une bonne chose, à l’heure où enseigner l’histoire se rapproche du sacerdoce, mais cela ne doit pas faire oublier une Résistance qui a justement été éclipsée par celle de la Seconde Guerre mondiale : celle de la Première Guerre. Parce que là aussi, il y a eu des territoires occupés (on a tendance à l’oublier), de l’espionnage, du sabotage, du trafic de courrier et d’évadés entre zones… bref.

Et si pour beaucoup, l’espionne légendaire de l’époque est Mata Hari (alors qu’en fait, non, les gens qui achètent d’excellents livres savent pourquoi), il se trouve qu’une résistante française a beaucoup fait parler d’elle à l’époque, au point que même à l’étranger, elle était surnommée « La Reine des Espions » : Louise de Bettignies.

Si ça ne vous dit rien, que vous avez envie de savoir pourquoi les Allemands considéraient tout un coin du front comme « maudit », de voir des références honteuses aux Monty Pythons ou de ce qu’il se passe lorsque les Allemands, naïfs, tentent de mettre des Français au travail forcé, alors je vous laisse cliquer ci-dessous

Vous cliquez, et miracle ! La vidéo se lance. On vit vraiment dans le futur.

Comme vous le verrez au début de cette vidéo, celle-ci a été soutenue par les Éditions Hauteville, qui sortant un livre qui tourne autour du réseau clandestin de Louise de Bettignies, Le Réseau Alice, a décidé de me faire signe. Et de me filer des sous, puisque tout le monde sait que je suis incroyablement corruptible.

D’ici là, bon visionnage.

VignetteBettignies

Un odieux connard

Le bon gros raciste

Le racisme, c’est mal.

Vous le savez, et on vous l’a moult fois répété. Cependant, il en va des gros racistes comme des chasseurs : il y en a des bons comme des mauvais. Et si tout le monde connait le mauvais gros raciste, celui qui tient des propos douteux un pastis à la main au Bar des Amis place de la mairie, il est temps de nous pencher sur un cas trop peu souvent abordé alors que fort répandu :

Le bon gros raciste

Primate de la famille des hominidés, le bon gros raciste est un être fascinant. Cousin urbain du gros raciste simplex, il est en effet parvenu à s’adapter à l’environnement hostile des grandes villes en ajoutant habilement le terme bon devant sa dénomination pour tromper d’éventuels prédateurs. On reconnait généralement le bon gros raciste au fait qu’il est, au même titre que le gros con, parfaitement inconscient de sa propre condition. Pourtant, il existe des symptômes qui ne trompent pas. Aussi, apprenons à reconnaître un bon gros raciste ensemble.

Entre autres, pour les gifler. Mais voyons donc.

Le symptôme du voyageur

Les premiers symptômes se déclarent généralement après un retour de voyage. Alors que l’individu pouvait jusqu’alors passer pour un être humain à peu près normal et que rien ne semblait le prédestiner à une carrière de bon gros raciste, il se met soudain à tenir un discours qui doit alerter :

« Vous savez, les gens là-bas, ils ne sont pas comme ici… »

S’ensuit alors une liste de qualités dont la longueur est inversement proportionnelle à la richesse d’un pays. Plus les gens sont pauvres, plus ils sont merveilleux. Parmi les phrases typiques que l’on entend alors, il y a « Là-bas, les gens se contentent de si peu…« , « Malgré la misère, ils sourient à la vie… » ou encore l’incontournable « Ils ont le cœur sur la main… ». Puisque c’est connu, s’ils vivent dans des maisons sans portes, c’est parce qu’ils sont les fils du vent. Et pas parce que s’ils pouvaient choisir, ils échangeraient bien contre ton appartement à deux pas de République.

S’ensuit généralement une quelconque anecdote sur la relation unique que le tout nouveau bon gros raciste a tissé avec son chauffeur, son sherpa ou le type qui lui servait le café dans la plus pure tradition des meilleures pages de Tintin au Congo. Version moderne du mythe du bon sauvage, il présente ces peuplades comme intrinsèquement joyeuses. Car tel est le secret du bon gros raciste : grâce à l’ajout d’une petite touche de paternalisme néo-colonial, il peut être raciste en toute discrétion en expliquant que ce sont des compliments.  Ce n’est pas du racisme : c’est du bon racisme. Moderne et acceptable dans toutes les bonnes soirées.

On ne dit pas… « Ces gens ont le rythme dans la peau. » comme un gros raciste.
On dit… « Là-bas, la danse fait partie de la vie pour tout le monde. » comme un bon gros raciste.

Gisèle aime comparer des peuples entiers à des classes SEGPA tout en étant persuadée que si ça ressemble à un compliment, ça va.

Le symptôme de Twitter

Lorsque le bon gros raciste a dépassé les premiers stades de sa transformation, son besoin de partager ses propos racistes (mais bien racistes, donc ça va) est si grand que tel un vieil homme qui sentant son heure venir, décide de se présenter au sénat, le bon gros raciste a un besoin irrépressible d’ouvrir un compte Twitter. L’équivalent du bistrot du coin pour le gros raciste des champs : on peut y parler très fort pour dire des choses qui ne le méritent pas, et s’embrouiller pour un oui ou pour un non. Sauf qu’un réseau social, c’est moderne et cool, comme le racisme de nos héros. Du racisme jeune, du racisme connecté.

Sitôt son compte ouvert, le bon gros raciste ne peut s’empêcher de faire des analyses politiques. Et là où le gros raciste classique voit les gens de couleur comme responsables de tous les maux du pays, le bon gros raciste voit, à l’inverse, de petits êtres à peu près aussi innocents et responsables qu’un lapin nain. Les deux sont donc finalement plutôt d’accord sur leur vision du monde, avec d’un côté des méchants et de l’autre les gentils : ils ne sont simplement pas accordés sur la couleur du lapin nain.

Ce raisonnement profond est hélas, le noyau de tout l’argumentaire du bon gros raciste, qui n’est pour le reste qu’une utilisation massive du dictionnaire des synonymes pour paraphraser son propos jusqu’à épuisement de son adversaire.

Alors que vous et moi, nous savons la vérité. Le problème des gens, ce n’est pas de savoir de quelle couleur ils sont. Non, le problème, c’est que la plupart des habitants de cette planète sont cons. Sans discriminations.

On ne dit pas…  « Ces gens-là ne sont finalement que de grands enfants ! » comme un gros raciste.
On dit… « J’aime la simplicité de ces gens… avec eux, jamais de prise de tête ! » comme un bon gros raciste.

Gros raciste contre bon gros raciste, lors de la coupe du monde du racisme 2009 organisée par Twitter.

Le symptôme de l’égocentrisme

Plus les symptômes s’aggravent, plus le bon gros raciste commence à ramener l’ensemble des débats, qu’importe le sujet, à sa personne. Il ne s’agit en effet plus d’user de raison, mais tout simplement de rappeler que son point fort est qu’il est bon. Parfois, il est aussi gros, mais l’argument est plus difficile à caser. Aussi, il en reste à cela : montrer qu’il est une bonne personne. À défaut de briller par son raisonnement, autant tenter d’aveugler l’adversaire à grand renfort de karma (un truc qu’il a découvert en voyageant en Inde… « parce que là-bas, les gens ils sont pas comme nous, tu vois »).

Et pour cela, toute occasion fait l’affaire : sur Twitter ou au café, il trouvera bien un moyen de rappeler que puisqu’il fréquente des gens de couleur, il est bon. Dit comme ça, on a l’impression qu’il fait un effort et qu’il en parle comme d’un prêtre allant donner les derniers sacrements aux lépreux, mais bon, il n’est pas raciste pour rien. Et brandira toute personne de couleur de son entourage comme une sorte de brevet ou de trophée qui le met en valeur, lui. Il y a des points bonus à gagner si on peut comparer le nombre de personnes de couleur autour de soi avec son interlocuteur : ton antiracisme, combien de divisions ?

On ne dit pas…  « Je ne suis pas raciste, la preuve, j’ai un ami noir ! » comme un gros raciste.
On dit… « Je ne suis pas raciste, la preuve, j’ai pris un acteur noir dans le rôle principal ! » comme un bon gros raciste.

Le bon gros raciste aime à montrer patte blanche.

Le symptôme de l’antiracisme à géométrie variable

Le bon gros raciste est tellement persuadé qu’il n’a rien à voir avec le gros raciste qu’il finit par lui-même se définir comme profondément antiraciste pour ne pas être confondu avec son cousin des champs. Oui mais voilà : il est justement plutôt urbain, nous l’avons dit. Aussi, on retrouve souvent chez lui un goût prononcé pour la mode. Et, l’antiracisme de façade n’étant basé comme son nom l’indique que sur les apparences, il a lui aussi ses modes.

Par exemple, généralement en ce moment, personne n’en a rien à faire des Asiatiques. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir une longue histoire avec eux, des colonies, une décolonisation qui ne s’est pas faite en douceur ou bien d’avoir eu des tirailleurs venus de l’autre bout du monde durant les dernières guerres. Ne cherchez pas : on s’en cogne. De toute façon, qui sait qu’ils étaient là, hmmm ? L’antiracisme, en ce moment, c’est l’Afrique. Y a-t-il une hiérarchie du racisme et des souffrances ? Il faudra penser à poser la question aux Amérindiens. Ah ben non, c’est vrai, il n’en reste quasiment pas, donc on s’en fout. Ils ne sont pas prêts d’avoir un film, ceux-là.

On ne dit pas…  « Il y a une hiérarchie des races ! » comme un gros raciste.
On dit… rien, mais on a ses chouchous, comme un bon gros raciste.

Michel est embêté. Lui qui s’apprêtait à se vanter d’être plus progressiste que les mecs du service logistique qui ont réussi à recruter un Afghan.

Le symptôme du bon film

Bien sûr, le cinéma n’est pas épargné. Si vous avez connu le XXème siècle – on se fait vieux – vous avez probablement connu tous ces films où grâce aux gros racistes aux manettes, on pouvait déjà prédire la base : s’il y a un noir et que ce n’est pas le personnage principal, il mourra en premier. L’exception à cette règle étant s’il a une moustache, auquel cas, il est capitaine de la police.  Il était donc quelque peu triste de voir qu’en fonction de votre couleur de peau, votre rôle et votre destin étaient tout tracés.

Heureusement, l’ère des gros racistes a touché à sa fin, laissant place à l’ère des bons gros racistes. Et là attention, ça n’a plus rien à voir. Car désormais, si un personnage est de couleur, il a 95% de chances d’être gentil et d’avoir toutes les qualités de l’univers. Et si jamais il est dans les 5% restants, rassurez-vous : il aura une histoire pour justifier de pourquoi il est devenu méchant et qu’en fait, il n’est pas vraiment responsable (cf les points précédents). Grâce à cela, vous pouvez toujours prédire qui va mourir ou non, qui aura raison plus tard dans le film, qui est en fait un gentil sous couverture ou qui va réussir à libérer la moitié du monde du fascisme en deux minutes sur un coin de table. Merci, bon racisme ! Ce serait tellement triste de vivre dans un monde où l’on ne peut pas prévoir le destin des personnages en fonction de leur couleur de peau !

Rappelons qu’avant, le rôle du personnage qui avait toujours raison dans les films américains revenait aux enfants relous. Voilà qui donne une petite idée de comment ces nouveaux personnages sont considérés.

On ne dit pas…  « J’aime pas quand les personnages de couleur sont mis sur un pied d’égalité avec les blancs. » comme un gros raciste.
On dit… « J’aime concevoir des personnages spécifiquement pour des gens de couleur. » comme un bon gros raciste.

« J’adore travailler avec ces gens, ils sont toujours de bonne humeur, c’est si rafraîchissant ! » dit le bon gros raciste.

 

Le symptôme du « vrai » restaurateur

Plus la situation s’aggrave, plus le bon gros raciste voit ses symptômes s’accentuer. Pire : plus il trouve du plaisir dans sa quête permanente d’exotisme et ressent le besoin de la mettre en avant. Généralement, cela commence par l’ajout du terme « Vrai » dans des phrases où il est question de nationalité, tout en ramenant, comme vu précédemment, tout ce qu’il peut à lui. Par exemple :

« Tu appelles ça un restaurant japonais ? Moi je connais un VRAI restaurant japonais, tenu par des VRAIS Japonais, c’est autre chose ! »

Sous-entendu : seul le Japonais peut cuisiner japonais avec talent. Alors que le bon gros raciste ne se comporte pas de la même manière avec la cuisine française. Au contraire : il sera le premier à traiter de raciste celui qui commentera l’apparence peu gauloise des cuisiniers car qui dit qu’ils ne sont pas plus français que celui qui les montre du doigt, hmmm ? Mais si ça concerne des restaurants étrangers, là, ce n’est pas pareil, c’est parti pour la distribution de brevets. Chez eux, le bon gros raciste se permet des commentaires sur ce qui est « vrai » ou non, ce qu’il ne se permettrait pourtant pas dans un restaurant franchouillard. Parfois, lors des soirées parisiennes qui s’éternisent, on peut surprendre plusieurs bon gros racistes faire un concours de qui connait le restaurant le plus « vrai » de tel type de tout Paris, chacun ne démordant pas que grâce à sa science de ces pays lointains et exotiques, lui, on ne la lui fait pas.

On ne dit pas…  « Tu as vu en cuisine ? Ce ne sont pas de vrais Français… je t’emmènerai dans un vrai restaurant français goûter la vraie cuisine française la prochaine fois.  » comme un gros raciste.
On dit… « Tu as vu en cuisine ? Ce ne sont pas de vrais Japonais… je t’emmènerai dans un vrai restaurant japonais goûter la vraie cuisine japonaise la prochaine fois. »comme un bon gros raciste.

« Attendez, je connais bien le Japon, Monsieur : je vais à la Japan Expo chaque année, on ne me la fait pas ! »

Le symptôme de la banlieue

Le bon gros raciste finit un jour où l’autre par développer un amour immodéré de la banlieue. Attention, hein, quand je dis banlieue, nous parlons ici plus des Tarterêts que de Rueil-Malmaison. Ne lui d’ailleurs parlez pas de « cité », parlez lui de « quartiers populaires ».

Il connait bien : il a vu quantité de films français sur le sujet. Aussi, selon le principe des films évoqués plus haut, le bon gros raciste a développé une vision paradisiaque de ces endroits où solidarité et entraides ne sont pas de vains mots. Il n’ira pas s’y installer pour autant – il a toujours une incroyable quantité d’excuses comme « Cela m’éloignerait de mon travail » ou « Mon club de body attack est juste à côté de mon appartement du XIIe, je ne me vois pas lâcher mon coach ! », ce qui lui permet de reproduire, plus près de chez lui, ce qu’il fait en revenant de voyage : décrire une situation de pauvreté comme une espèce de vie magnifique faite de bohème et de grandes amitiés. Ce qui n’aide pas vraiment à sortir les populations sur place de leur situation, mais nous l’avons dit : le bon gros raciste est avant tout là pour se mettre en avant, pas pour aider autrui, et ce même si pour cela, il doit vanter les mérites de barres d’immeubles dont les gens essaient de partir.

C’est le côté paternaliste du bon gros raciste : la misère, c’est sale, mais donne-moi deux minutes et je vais te dire qu’elle est magnifique, tu devrais rester dedans.

On ne dit pas…  « Quand je vais en banlieue, j’ai plus l’impression d’être en France !  » comme un gros raciste.
On dit… « Quand je vais dans les quartiers populaires, j’ai l’impression d’être au carrefour de plusieurs mondes. » comme un bon gros raciste.

Alors qu’en fait, quand on est en banlieue, on est en banlieue. Avec tout ce que cela implique de bon comme de mauvais. Mais ça, c’est déjà trop complexe.

« Non et puis tu sais, je suis contre la gentrification des quartiers. »

 

Lorsque le bon gros raciste présente ce dernier symptôme, il est dès lors considéré comme perdu. Peu de cliniques proposent pour l’instant de faire piquer vos bons gros racistes ce qui est, avouons-le, quelque peu décevant. Mais aussi signe que le bon gros racisme est en forme et devrait l’être encore pendant un bon moment. Et il a encore de beaux jours devant lui, à la télévision, au cinéma et un peu partout.

Alors n’oubliez pas : être un gros raciste, c’est mal. Et ringard. Aussi, en 2020, soyez néo-racistes : soyez un bon gros raciste.

Avec une petite touche de modernité, un racisme urbain, en rajoutant du positif dans vos termes, et en disant que vous traitez les autres différemment, mais attention, pour leur bien, alors au lieu d’un raciste, vous serez un bon gros raciste. Nul doute que des populations entières vous aduleront pour votre incroyable capacité à partager avec elles vos leçons de vie et surtout, à ne jamais les considérer exactement comme vous le feriez pour quelqu’un ayant la même couleur que vous.

Et surtout, ne doutez jamais de votre antiracisme : après tout, si vous faites l’exact opposé d’un raciste, vous êtes forcément antiracistes, pas vrai ?

Ou bien, à faire exactement l’opposé d’un gros raciste, vous êtes devenu son reflet dans le miroir.

Et ça, ça s’appelle un bon gros raciste.

F.A.Q

Que faire si je découvre un bon gros raciste dans mon entourage ?

Généralement, vous n’aurez rien à faire : il s’enfuira et vous bloquera d’abord. Et se persuadera que c’est vous le méchant :  car s’il est contre le méchant, c’est lui le gentil, donc il a raison, hop, pouf pouf, c’est bon. Notez qu’il a encore tout ramené à lui : il est fort !

Je ne suis pas raciste, comment le prouver ?

Si vous pensez qu’il existe des brevets de non-racisme à agiter, vous êtes probablement déjà du mauvais côté de la barrière.

N’empêche que moi, je connais vraiment un pays où les gens, ils sont plus zen que nous.

Laissez-les prendre la ligne 13 durant un an. S’ils survivent, vous verrez vite s’ils ont une source de zen magique en eux ou si ce sont juste des gens comme vous et moi.

Moi je peux pas être raciste, je suis de telle couleur !

La plus grande égalité entre les peuples c’est que tous, sans distinctions, ont leur lot de gros cons. Si vous pensez que vous faites partie d’un peuple qui est l’exception : félicitations, vous venez de trouver votre premier gros con.

Oui, mais systémiquement…

La connerie existe à tous les niveaux. Universelle, je vous dis.

C’est pas du racisme si c’est de la bienveillance !

Et c’est pas de la violence si je fais ça par amour, Monsieur le juge.

Je crois que je commence à présenter des symptômes : que faire ?

Devenir misanthrope : haïssez tout le monde, oui, mais sans distinction.

Raciste 3bis

Un odieux connard

Mais si, vous savez, ce genre de personne qui est tout ce que les gens du pays détestent et dont ils se foutent sitôt qu'ils sont partis.

La finale avec Nadine Morano était particulièrement impressionnante.

Tant pis ; ce soir, il ira manger éthiopien et il racontera demain comment le serveur lui a fait une ristourne tellement c'est un client trop cool.

Ce n'est pas raciste si c'est paternaliste !

Quelques instants avant la prononciation des mots appropriation et culturelle.

Et puis bon, ça manque de magasins vegans bio par là-bas.

Reparlons séduction

Vous le savez, les sites de séduction sont l’une de mes nombreuses passions.

S’y rendre, c’est comme contempler un petit terrarium dans lequel quelqu’un aurait reproduit en miniature le Macumba de Melun. Un spectacle que l’on savoure avec le même sentiment de plaisir coupable et de curiosité perverse que celui ressenti devant un épisode de Strip-tease. Aussi, il est grand temps de retourner faire un tour chez certains de nos champions : les troupes d’Art de Séduire, que mes lecteurs connaissent déjà pour leurs excellents articles comme Draguer comme un Sniper, la technique consistant à demander « Combien coûte ton cul ? » ou l’art secret de la séduction aux toilettes.

Vous comprenez qu’avec une créativité pareille, il est dur de résister à l’envie d’y retourner une fois l’an.

Alors, si en cette nouvelle année, vous avez décidé d’en finir avec le célibat, découvrons quelques nouvelles techniques qui, n’en doutons pas, vous permettrons de provoquer roucoulements et autres bruits de gorge amusants chez l’être désiré (je pense par exemple aux gens ayant une attirance pour les vélociraptors).

La séduction moderne, c’est savoir offrir des fleurs, mais pas que tes bretelles sont une insulte à tout ce qui possède des rétines.

Et commençons avec légèreté en abordant Influence et Manipulation de Cialdini : Ça Marche Pour Séduire ? 

Un article qui promet, tant évoquer la manipulation comme technique de séduction laisse rêveur. J’en profite pour vous rappeler cette règle essentielle sur internet : « Si un titre d’article a des majuscules au début de chaque mot, c’est de la daube« . Essayez chez-vous, cette règle se vérifie à chaque fois. Mais, allez, plongeons ! Car l’auteur nous parle du livre évoqué en titre et de son contenu.

Cialdini y étudie la psychologie du consommateur, et montre comment nous nous faisons parfois manipuler, lorsque certaines personnes utilisent des techniques à mauvais escient.

Cependant, lorsqu’elles sont utilisées par des personnes bienveillantes, celles-ci se révèlent simplement utiles.

Si ton objectif est de vendre de la lessive, la manipulation, c’est donc mal. Par contre, si c’est pour essayer d’introduire des choses dans le slip d’autrui, c’est bienveillant. J’en prends bonne note.

Je décrypterai dans cet article quatre principes d’influence et de manipulation.

Une fois connus, vous ne pourrez plus vous faire manipuler, mais au contraire que vous pourrez utiliser pour augmenter votre succès au travail, avec vos amis et avant tout : avec les filles !

Manipuler sa famille et ses amis, c’est amusant ! Voilà qui rattrapera sûrement cette sombre histoire de filles, qui fera pousser des soupirs de désespoir à mon lectorat qui préfère les garçons. Rassurez-vous, nul doute que ces techniques marchent aussi sur tout ce qui porte chromosome Y, mais nous aurons sans nul doute l’occasion d’y revenir. En attendant, penchons-nous sur la première technique :

#1 : L’effet de contraste – Technique facile d’Influence et Manipulation

Qu’est-ce donc que cela ? C’est facile : on laisse le choix à une personne entre deux options. Une bien et une moins bien. Et en général, bizarrement, ça donne envie à la personne d’aller vers la meilleure des deux. Une technique fort subtile, puisque par exemple, si je vous dis « La bourse ou la vie ? » vous avez rarement tendance à arracher votre cœur encore palpitant en poussant des cris porcins. Mais ça, c’est votre côté timoré, on vous connaît.

Mais voyons un exemple.

Pour vous, l’effet de contraste marchera particulièrement bien, lors d’une proposition de date où vous souhaitez passer à la vitesse supérieure.

Imaginez-vous avoir déjà passé plusieurs dates avec elle.

Rappelons qu’en France, lorsque quelqu’un parle de « date » plutôt que de rendez-vous, cela en dit suffisamment sur la personne pour annuler ledit rendez-vous. La seule réponse à faire à ce crypto-consultant en consulting est donc « Sorry, pas de date tonight, j’ai conf call, je dois leave ASAP. Regards. »

Vous vous êtes embrassés, et vous aimeriez à présent l’inviter chez-vous, mais ne souhaitez pas passer pour un homme qui grille les étapes.

Donc, autant passer pour un homme qui la manipule, c’est plus courtois. Astucieux !

Ah, et dire que nous sommes déjà en 1920 !

Pour cela, vous devez faire une proposition à cette fille, de manière à ce qu’elle ne sente aucune pression de votre part.

Je rappelle que « Pas de pression » se traduit par ici « On va lui laisser le choix entre un rencard avec moi ou un rencard avec moi« . Pas de pression, vous dis-je. En attendant, voyons à quoi va ressembler le message.

Salut Ambre ! Pas trop dur ta semaine de taf ? On pourrait décompresser un moment ensemble jeudi ou samedi soir !

Généralement, quand on écrit « Jeudi » plutôt que « demain », c’est qu’on n’est même pas encore mercredi. Ambre doit donc avoir des semaines particulièrement courtes. Ou bien elle fait partie de ces êtres du démon qui postent tous les lundi « Pfoulala grognougnou c’est lundi holalala vivement vendredi, hihihi ! » sur leurs réseaux sociaux. Auquel cas, le seul rendez-vous à envisager avec Ambre impliquera un bûcher.

Tu te souviens la fois où je t’ai parlé du bout de tour Eiffel qu’on voyait depuis ma terrasse ?

Mais quel James Bond ! Draguer avec un « bout de tour Eiffel », quelle classe ! Et pourquoi pas la séduire en lui disant que si on se penche très fort par la fenêtre de la cuisine, on aperçoit un coude du canal Saint-Martin ? Je laisse le soin à mes lecteurs de province de pouffer en voyant à quoi ressemble la drague dans une ville à 10 000€ du mètre carré.

La prochaine semaine, Art de Séduire vous présentera « Viens chez moi, j’ai un salon« .

Y’a pas mieux que de s’y poser pour un coucher de soleil, avec une bonne bouteille de vin blanc, accompagnée d’un petit plat (tu devras deviner s’il vient de Picard ou s’il est concocté par mes soins).
Sinon, on peut se refaire comme la dernière fois, et retourner au même bar qui n’était pas si mauvais. »

D’un côté vous lui proposez quelque chose de nouveau, en lui faisait imaginer une scène agréable.

De l’autre, vous lui faites une proposition terne, dans le même bar de la dernière fois, qui n’était pas mauvais.

« Tu préfères venir chez moi ou aller au Mac Do ? »

Tant d’élégance, nul doute que l’être désiré vous désirera comme la blogueuse désire la fraise Tagada.

Existe aussi en version « On va chez toi ou chez moi ? » alors que la phrase précédente était « Bonjour ».

Au mieux : elle accepte de venir chez vous.

Au pire : elle choisit la seconde option, mais comprend vos intentions (ce qui est positif et nécessaire), que vous aurez su faire comprendre habilement.

Je crois que nous n’avons pas la même définition « d’habilement« . Et encore, ça, ce n’était que la première technique ! Vite, la suite !

#2 – Influence et Manipulation : Les bénéfices du don

L’être humain déteste le sentiment de redevabilité, et tente à tout prix de l’éviter.

C’est bien simple : lorsqu’une personne offre quelque chose à une autre, l’héritier ressent un sentiment de redevabilité, et est prêt à offrir plus que de raison pour résorber cela.

Hmmm… vous voulez dire « Je vais lui filer un truc et en retour, je vais espérer qu’elle se sente un peu redevable de me donner son cucu ? »

Ici, nous sommes des gentlemen : offrez son verre à la fille que vous voyez en rendez-vous !

Ça fait plaisir, et ça nous fait marquer des points.

Mais il s’agit d’un don. En aucun cas elle ne vous est redevable de quoi que ce soit, qu’on soit bien d’accord.

Notez le principe : « Bon, on va vous donner un truc pour que les gens se sentent redevables… mais hein, attention, hein, ils ne vous sont pas vraiment redevables ! Nous sommes des gentlemen ! »

Des gentilshommes qui espèrent quand même un peu que la demoiselle se dira « Tout de même, il m’a payé un cocktail, je lui dois bien mes fesses ! »

Vous savez, si vous voulez vraiment du sexe en échange d’un don, ça porte un nom. Mais dans ce cas, il va falloir changer de site pour consulter Art-de-la-Facturation. Enfin… technique suivante, s’il-vous-plaît ?

3 : Être apprécié des gens qui nous entourent

D’accord. C’est mieux d’être apprécié. Voici une analyse aussi puissante que profonde. En effet, on remarque que les gens se mettent plus souvent en couple quand ils s’apprécient que lorsqu’ils se vouent un mépris réciproque. C’est fou.

Alors, comment se faire apprécier ?

Être apprécié… grâce à votre image !

Mais encore ?

Nous attribuons plus facilement les qualités de gentillesse, de fiabilité et d’intelligence à une jolie fille, ou à un mec beau gosse.

Donc, prenez soin de vous.

Est-ce que le conseil c’est « soyez beau » ? Non parce qu’un tel stade d’enfonçage de portes ouvertes risque d’endommager le tissu même de la réalité. Je tiens à rappeler que cet article est pondu par des gens qui font payer leurs conseils. Eh bien. Le monde est décidément plein de merveilles pour qui n’en attend plus rien.

Être apprécié… grâce à vos similarités !

Il est naturel de préférer les personnes partageant nos valeurs ou une de nos passions.

Là encore, les gens ayant des points communs ont une fâcheuse tendance à avoir plus de chances en commun. N’en jetez plus, Monsieur de La Palice ! Cependant, je dois malgré tout approuver. Par exemple, à titre personnel, lorsque je rencontre une nouvelle personne, j’aime avoir recours à des galéjades nazies. Si la personne s’offusque, on en déduira que l’humour noir n’est pas sa passion première et que l’on risque donc de s’ennuyer ferme. Si la personne surenchérit, cela commence à être plus intéressant. Si par contre, elle répond « Trop vrai ! » avant de sortir le drapeau de son papy, une fois la première suée passée, préparez votre tondeuse, vous avez du boulot.

On le sait peu, mais Hitler racontait d’excellentes blagues nazies.

Être apprécié… grâce à votre capacité de complimenter !

Une personne sincèrement gentille, sachant correctement exprimer ces impressions, marquera des points si elle sait faire un bon compliment.

Toutes les filles apprécient un compliment sincère : faites-leur remarquer si vous appréciez leurs nouvelles chaussures, leurs nouvelles coupes de cheveux ou encore leur dernier post instagram !

« J’ai vu une photo d’un paysage que tu as posté sur insta… tu l’as prise avec ton Iphone ? Le rendu est vraiment stylé ».

Notez que l’on souligne ici « sincèrement » dans un article dédié à la manipulation. L’ironie est appréciable : tenez, je peux presque la sentir dans mon brandy. Cependant, permettez-moi de vous mettre en garde : si la personne qui vous complimente utilise des termes comme « Insta » et « stylé« , n’allez pas plus loin : elle a douze ans. Il est donc grand temps d’appeler ses parents pour venir la chercher avant que Leonardo Di Caprio ne le fasse.

4 : Comment maîtriser le principe de rareté pour influencer les autres

Dans son livre Influence et Manipulation, Cialdini illustre cela au travers d’une expérience faite par une entreprise bovine.

Pour une même viande, celle-ci propose à de nouveaux clients une offre au même prix, mais avec trois formulations différentes, qui activent justement le principe de rareté.

La première offre propose la viande de manière basique, en fournissant toutes les informations nécessaires.

La seconde offre propose cette même viande, au même prix, mais précise que la viande sera probablement amenée à être en rupture de stock dans un futur proche.

Le client doit donc se décider rapidement, dû à la rareté du produit.

La dernière offre propose cette même viande, au même prix, mais précise que la viande sera probablement amenée à être en rupture de stock dans un futur proche.

Là encore, tant de classe m’éblouit : je suis obligé de lire ce site web avec des lunettes de soudeur pour préserver mes rétines de pareil éclat. Car oui, nous sommes bien ici en train d’utiliser des exemples de viande bovine pour parler séduction et élégance. Nul doute que déjà, derrière votre écran, vous sentez des redirections sanguines s’opérer devant un tel pouvoir d’attraction d’autrui.

La prochaine fois, nous parlerons d’où mettre ses jarrets pendant l’acte sexuel.

Et à votre échelle, comment pouvez-vous devenir rare ?

En restant chez vous au lieu de sortir débiter des conneries, mais m’est avis que ce n’est pas la direction que nous prenons ici.

Premièrement, en répondant plus lentement aux messages et sms que vous recevez provenant de vos targets.

Targets. Ces gens utilisent tellement d’anglicismes que je ne sais jamais s’ils parlent de Mesdames ou de Mig soviétiques. Que faire sur une target te lock, Les best evasive maneuvers en cas de failed date et autres Eject button : quand le push ? sont autant d’articles potentiels que l’on pourrait lire sur ce site sans que personne ne remarque quoi que ce soit. Quand votre vie aurait pu être écrite par la dialoguiste de Top Gun, il est temps de sérieusement vous inquiéter.

En attendant, devenir rare consisterait donc à devenir lent. Ce qui ne demande pas trop d’efforts à certains, je suppose. Mais allons, évidemment plus profond que cela !

Le temps que vous avez à lui accorder devient rare : et ça, c’est séduisant. Vous êtes occupé à ses yeux (et efforcez-vous de l’être pour de bon, grâce à votre lifestyle).

D’autant plus, vous connaissez probablement le mythe du « gars mystérieux »… et oui, il plaît beaucoup aux filles !

Messieurs, si une fille vous trouve mystérieux parce que vous répondez lentement à ses textos, m’est avis que sa notion de mystère est assez limitée.

Mesdames, si un garçon répond lentement à vos textos, n’oubliez pas qu’il y a environ 67 000 000 de fois plus de chances que ce soit parce qu’il joue à Fifa que parce qu’il est occupé à jouer de l’orgue dans le sous-sol d’un opéra. Généralement, le mystère se résout de lui-même lorsqu’au rendez-vous suivant, il tente de vous impressionner en mimant des danses Fortnite.

Un mystère en train de se jouer, allégorie.

Mais justement, puisque nous parlons de lieux mystérieux, voyons d’autres endroits où Art de Séduire nous recommande de chasser. Et parlons de…

Comment Draguer Pendant les Examens ?

Puisqu’il est vrai que c’est un moment idéal : tout le monde adore se faire aborder par son voisin en plein partiel peu avant d’être éjecté de la salle pour tentative de triche. Notez, encore une fois, que l’article a eu recours à la célèbre corne d’abondance des majuscules pour nous signifier de suite que s’il était vil de tirer sur une ambulance, celle-ci tournait quand même devant chez vous en jouant La Cucaracha avec son klaxon. Et commençons.

Cela fait quelques années maintenant que je ne suis plus étudiant mais dernièrement un coaché en première année de fac me demandait comment approcher sa target durant les partiels.

Est-ce que ce site enseigne à quel moment on doit laisser les gens tranquilles, puisqu’on les poursuivait jusqu’aux toilettes dans d’autres articles ? Vivement « Séduire au crématorium« , article qui ravira aussi bien le nécrophile que le néophyte. Voire, un savoureux mélange des deux.

Draguer pendant les examens, c’est réellement très difficile parce que logiquement en période de partiels l’esprit est ailleurs.

Mais ce n’est donc pas pour autant qu’on va laisser autrui en paix, dites voir.

Quand elle sort en soirée, elle a passé 2 heures à choisir sa robe et à se maquiller donc elle sait parfaitement que tous les mecs qui vont lui parler n’ont qu’une idée en tête : faire sa connaissance, et si possible la ramener chez eux pour lui faire l’amour.

Notez qu’il est visiblement impossible pour un mâle d’avoir une conversation avec un membre du sexe opposé sans que ce ne soit dans le but de faire des trucs cochons.

Est-ce que c’est moi ou les coachs de ce site sentent méchamment la misère sexuelle ?

Ses défenses vont donc être à leur paroxysme et son filtre de sélection et ses boucliers de rejet prêts à l’emploi !

Mais quand elle est à la B.U., assise à une table, probablement en train de prendre des notes sur un livre au thème très barbant ouvert devant elle, elle est en jean avec les cheveux attachés.

Et la seule chose qui la préoccupe, c’est le partiel qu’elle est en train de réviser.

« Hé hé, voyez l’avantage : elle ne s’attend pas à ça ! »

Peut-être parce qu’elle est venue bosser en paix ?

Parce qu’elles ne pensent pas qu’au partiel, qu’aux examens, mais à l’avenir, à l’influence qu’aura une note sur leur avenir.

Leur avenir elles le voient aussi dans les yeux de ses parents aimés et aimants. Il faut prendre ça en compte, elles travaillent aussi pour rendre leurs parents fiers d’elle.

Alors que les hommes ne le font jamais. Chacun sait que l’étudiant mâle rentre à la demeure familiale passer le weekend à montrer ses majeurs à ses parents, avant de s’en retourner le lundi à sa résidence du CROUS avec les tupperwares de maman. Alors que les filles, c’est sérieux, c’est doux et ça travaille pour sa famille.

Plus haut, je parlais de 1920 : excusez-moi, je voulais écrire 1820, les lecteurs auront corrigé d’eux-même.

Et là est un nouveau problème, vous pourriez l’énerver à la déconcentrer sur sa route.

Appréciez la constance avec laquelle l’auteur nous rappelle qu’il est conscient que draguer pendant les partiels, c’est particulièrement lourd, mais il poursuit quand même malgré tout.

Si on y réfléchit bien, la bibliothèque offre quand même de nombreux avantages.

Il y a moins de concurrence. Pas de concurrents amoureux d’elle et qui font tout pour vous empêcher d’approcher.

Pas dans les parages immédiats en tout cas.

On en revient donc à cette logique fabuleuse : « Héhé, c’est un moment de merde, mais justement ! Les gens intelligents ne vous y attendront pas ! »

C’est du même acabit que « Et si on essayait de braquer la banque en plein jour, sans masque et sans véhicule ? C’est si con que la banque ne s’y attend sûrement pas. ». En effet, d’ailleurs, l’explication est dans le raisonnement.

Quand vous voulez juste apprendre le Python mais que lui veut vous montrer le sien.

Le vrai souci de notre génération, c’est le FOMO : Fear Of Missing Out.

La peur de passer à côté de quelque chose. La peur de rater un événement Facebook, la peur de rater une soirée, la soirée où vous auriez pu croiser Pénélope…

Ou les anglicismes de merde. Je pense que c’est plutôt ça, le souci de votre génération, mon bon.

D’ailleurs, à force de concepts foireux l’auteur oublie… d’expliquer comment draguer à la bibliothèque. Non parce qu’après avoir lourdement insisté sur le fait que « Si, si, c’est possible ! » il ne vous explique pas comment faire. C’est tout de même un peu culotté ! Alors que bon, si tout bon étudiant sait qu’il ne faut pas draguer durant les partiels (à part si vous êtes à l’UNEF, puisque vous êtes en train de bloquer la fac pour éviter lesdits partiels et il faut bien s’occuper), l’essentiel, en matière de drague estudiante, est de se rappeler qu’il y a des codes. Qui varient en fonction des filières, et qui permettent de s’aborder, en bibliothèque ou non.

Par exemple : vous êtes étudiant en histoire, et alors que vous vous rendez à la médiathèque Christian Clavier de Nevers, vous apercevez, si vous aimez les Mesdames, une charmante damoiselle occupée à étudier un livre de Pierre Miquel. Contrairement au coach d’Art de Séduire, vous connaissez donc forcément la conduite à tenir : ne l’abordez pas et contentez-vous de fredonner du bout des lèvres depuis votre table :

Plus de morgue, plus d’arrogance,
Fuyez barbares et laquais,

Si aussitôt, elle vous répond :

C’est ici la porte de France,
Et vous ne passerez jamais !

Alors le contact est établi. Et si elle vous demande comment vous avez ainsi appris la voie qui mène aux filles, dites-lui que c’est parce que vous connaissez le chemin des dames. Je ne sais pas si vous vous ferez des bisous, mais au moins, vous devriez vous taper dans la main avec une telle puissance que j’espère que la mairie de Nevers a un bon budget vitres.

Bon par contre, si elle ne vous répond pas, méfiez-vous : si ça se trouve, c’est encore une géographe qui s’est égarée, aussi jetez-lui un truc pour la chasser, comme un ouvrage de Bernard Legras.

Si vous préférez les Messieurs, cela marche aussi, mais faites attention quand même : si le viril barbu qui a répondu à votre appel se met à entonner d’une voix grave l’ensemble de la chanson, vous êtes peut-être tombés sur un légionnaire. Cependant, si l’individu vous répond en lieu et place « C’est quoi cette chanson barbare ? » là, c’est probablement un étudiant en sociologie. Ne le châtiez pas : son avenir s’en chargera.

La réponse étant fournie, Art de Séduire, qui n’en a pas fait tant, change habilement de sujet.

Jeune femme révisant les paroles du Boudin pour séduire un caporal de la Légion.

Comment draguer pendant les concours ?

Je vous passe le raisonnement qui s’ensuit, où les seules questions que l’auteur se pose sont : « Qui organise les soirées ? » « Où vont les filles ? » et « Est-ce qu’on sort ce soir ?« .

M’est avis qu’il devait parler du concours de Miss Poitou-Charentes.

Là encore, nous n’en saurons pourtant pas plus, tant les coachs en séduction semblent à court de conseils autres que « Vas-y, fonce, ça va passer ! » avec la subtilité d’un commissaire politique derrière une unité disciplinaire.

Mais, vous imaginez bien que cela ne s’arrête pas là.

Puisque Mesdames, même si vous avez abandonné vos étude et fui vos concours pour échapper aux hordes de dragueurs lourdingues d’Art de Séduire, vous pensiez avoir trouvé refuge dans une profession libérale où vous travaillez seule ? Hélas, Art de Séduire y a pensé aussi. Car où que vous soyez vous DEVREZ être draguée. Même dans un espace de coworking avec…

5 Techniques De Drague Pour Aborder Dans Votre Coworking

Passons sur les majuscules ou sur le fait que par contre, on trouve peu d’articles sur « Comment s’excuser auprès d’une fille qui fait du krav maga ? » et voyons plutôt comment même après avoir payé pour un coin tranquille de coworking, vous aurez le droit à des visites de gros lourds.

Draguer si vous êtes freelance, draguer si vous bossez dans un espace de coworking, c’est un nouveau jeu.

Dont les règles sont simples : si tu penses que c’est un jeu, tu as perdu. Et justement, comme nous allons le voir, l’auteur en est conscient, mais s’en fout. Mais à ce stade, qui s’attendait à une autre option ?

Le premier truc à garder en tête, c’est que ce n’est pas un bon lieu de rencontres.

Les gens y sont présents pour travailler avant toute chose.

C’est fou ces gens qui vont dans des lieux pour autre chose que le sexe. C’est incompréhensible.

J’espère que l’on interdit à nos héros d’approcher des écoles.

Mais il y a les autres règles : les règles tacites, les règles cachées, celles que vous êtes censé connaître.

[…]

La seconde, c’est de rester discret… afin que votre comportement de « chasseur » n’arrive pas aux oreilles des équipes dirigeantes, qui ne veulent pas de scandale de harcèlement #metoo etc…

Voilà voilà.

On sait qu’on fait chier, on sait qu’on se la joue « chasseur » ce qui est plus que moyen, on sait que ça pourrait être touuuuuuut petit peu du harcèlement maiiiiiiiis…. l’important, ce n’est pas ça ! L’important, c’est de ne pas se faire griller ! Hihihi !

Je… mais ? Qui sont ces gens ? Existent-ils seulement ? Ont-ils vécu, je ne sais pas moi, les 20 dernières années ? Au hasard ?

Je vous avoue que je trouve la chose bien plus mystérieuse que quelqu’un répondant lentement à ses SMS. C’est un peu comme une sorte de petit moment de communion avec une pomme de terre douée de conscience : vous savez qu’elle ne va pas raconter grand chose d’intelligent, mais malgré tout, le phénomène reste fascinant.

Toujours est-il que nos experts ne voient pas le souci. Ils ont recours à la technique dite du RPR (Messieurs d’Art de Séduire, si vous me lisez, ce sigle n’est pas un anglicisme) : « L’important, ce n’est pas que ce soit mal : l’important, c’est de ne pas être pris. » comme l’avait ainsi théorisé Patrick B., sympathique coach en séduction politique (et conseiller en patrimoine), actuellement détaché pour une mission de longue durée.

Alors évidemment, je vois les sourcils se froncer et la respiration s’accélérer dans mon lectorat : « Diable, n’en jetez plus ! » me dites-vous « Tant de séduction d’un coup, comme ça,, c’est insoutenable ! Livrez-nous leurs plus belles accroches permettant de faire chavirer le cœur ! » . Pas de problème. Je vais vous donner directement celle que notre coach présente comme la meilleure :

#5 La technique du roi de la drague en coworking

J’ai gardé le meilleur pour la fin, parce que c’est la manière la plus directe de séduire, partout.

Attention… voici donc ce qui, Mesdemoiselles, est supposé vous faire pousser des « Oh ! » et des « Ah ! » d’admiration puisque c’est « le meilleur » s’approcher de sa cible et lui dire à voix haute :

« Salut, je ne sais pas du tout comment t’aborder dans ce coworking. Je suis bien trop stressé par le regard des gens, ils vont se dire « Mais regarde-le, ce beau gosse, qui irradie de confiance, à parler à la plus belle fille du coworking, comment il fait, qui est-il ? Et regarde, il la fait rire tellement il est charismatique ! » Tu t’appelles comment, plus belle fille du coworking ? »

Rappelons que l’ensemble des pensées des gens présents lors de cette scène sont en réalité :

  • Qui c’est ce gros con ?
  • Seigneur, mon presse-papier est à la fois moins lourd, plus drôle et plus charismatique que cet homme !
  • Bordel, c’est fini oui ? J’essaie de faire ma compta ! Je crois qu’il va falloir immobiliser plus que le budget informatique ce mois-ci.
  • Casse-toi, c’est pas l’Île de la Tentation ici, apprenti-Brandon !

Quant à la victime, c’est probablement :

  • Merde, un gros lourd, moi qui pensais pouvoir bosser en paix.
  • Bon sang, je savais que même en abandonnant les concours et mes études, ils me retrouveraient ! Vite, ma bombe de fumée ninja !
  • Voyons voir, où est mon taser ?

Oooh, ne faites pas vos prudes, amies lectrices. Je sens bien que devant pareil numéro, d’une qualité telle qu’un professionnel de la séduction le présente comme étant « le meilleur », vous êtes à deux doigt de vous frotter langoureusement contre votre écran. Mais, ne le faites pas : ça fait des traces, un peu comme quand un manager vient poser ses gros doigts sur votre PC pour vous montrer des choses. Et nous savons tous que c’est mal.

Rappelons que les espaces de coworking restent des lieux maudits des hommes et des dieux où pullulent des gens qui travaillent sur leur Mac, un Starbucks à la main, mais ont encore du mal avec Photoshop quand bien même ils se présentent comme « Graphiste freelance, tu vois ».

Et si jamais cela ne prenait pas – je n’ose y penser ! –  inutile de chercher à fuir : même si vous parveniez à avoir un train pour quitter le pays (ce qui n’est pas si simple de nos jours), ils ont tout prévu avec Comment Prendre le Numéro de Téléphone d’Une Fille Dans le TGV ?

Et je ne vous donne que deux des lieux où nos séducteurs proposent à leurs troupes de tendre des embuscades aux damoiselles qui n’en demandaient pas tant :

Vers les toilettes

sur [l]es tables-poubelles

Finalement, c’est là que nos séducteurs sont les plus pertinents : au moins, ils savent à quels lieux ils appartiennent.

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Un odieux connard

Noter que laisser le choix entre une option pourrie et une option moins pourrie mais foireuse quand même est une technique appliquée au second tour de bien des élections en France.

Ici, il raconte l'histoire du mec qui décide d'aller aider Mussolini. Eva la connaissait mais avec Franco.

Vazy j'réponds plus tard elle m'fait chier, lô ! s'exclama le séducteur mystérieux

Il faut bien sûr lui répondre que vu son engin, c'est pas avec ça que vous allez faire la Java.

Sauf s'il est Belge, la réponse étant dans la chanson.

C'est aussi un endroit magique pour rencontrer d'insupportables start-uppers qui viendront vous demander si vous ne voudriez pas investir dans leur tabouret connecté.

Le toujours traditionnel mot de Noël

Vous voilà partis pour le repas de Noël.

Et cette année, que d’occasions de s’amuser ! Ainsi, pendant que certains fêteront la chose dans une gare sous un panneau SNCF moqueur, d’autres se battront pour savoir, justement, si les individus précédemment cités sont absents à cause du gouvernement ou des syndicats. Moult débats qui promettent des échanges de bûches de bon aloi, surtout si, taquin que vous êtes, vous profitez d’une accalmie pour dire « Et sinon, les Gilets Jaunes, vous en pensez quoi ?« . À côté de votre repas de ce soir, l’affaire Dreyfus sera tout au plus une discussion bon enfant entre gens de bonne compagnie.

À tous qui allez affronter aussi bien l’actualité nationale que familiale autour d’un repas aussi lourd que les échanges : courage. Avec un peu de chance, vous serez peut-être coincés près de l’enfant qui hurle qui, contrairement au vieil oncle qui crie, s’arrête au bout d’un moment pour aller ronfler dans l’attente des cadeaux. Dans le pire des cas, un peu de chloroforme dans un flacon de parfum à offrir à qui vous déplaît fera bien l’affaire.

Ah, l’époque bénie où l’on s’offrait des cigarettes pour faire passer un message.

Alors à toutes et tous, soyez forts.

Et bonne chance. Atteindre la fin du repas n’est jamais chose facile.

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Un odieux connard

Star Wars Épisode IX – La dégringolade de Skywalker

« Sens-tu cette bonne odeur de daube, mon cher Diego ? »

Le nez au vent, mon fidèle majordome hume l’air hivernal par la fenêtre ouverte. Il tourne la tête fiévreusement, mais hélas, sans rien sentir. La sueur commence à perler sur son front à l’idée de se faire gourmander, lorsqu’enfin, je lui explique.

« Je ne parlais pas de cuisine mon bon mais du dernier Star Wars.
– Vous ne l’avez pas encore vu, patron, comment pouvez-vous dire ça ?
– Ta naïveté est proverbiale, Diego. Allons ! N’as-tu pas entendu les critiques ? Les professionnels, d’habitude peu regardants sur le scénario, ont eux-même évoqué en nombre des, je cite, « problèmes d’écriture ». Autant dire que si même eux n’ont pu les ignorer, c’est que nous avons probablement affaire à un sacré étron.
– Peut-être que c’est juste qu’ils ont fait plus attention à cette partie cette fois ? »

Je fais signe à Diego d’épousseter ma collection de pelles au lieu de rester les bras ballants pendant que je tente vainement de l’éduquer.

« Je vois qu’il te faut des arguments plus sérieux, Diego. Allons ! Ne te souviens-tu pas que Star Wars VIII avait déjà soulevé nombre de critiques à cause de défauts dans le scénario ?
– Comme ?
– Eh bien quelqu’un avait oublié d’écrire des personnages, des dialogues et une intrigue. Trois fois rien.
– Alors oui patron, et donc ?
– Eh bien imagine : Disney constate qu’il a des problèmes d’écriture et décide d’appeler, pour les corriger… J.J Abrams.
– Et ?
– Raaah, mais fais un effort ! C’est comme si tu avais des problèmes diplomatiques internationaux et que tu appelais Cyril Hanouna pour les régler.
– Oh. Oooooh !
– Tu comprends ? Maintenant, ose me dire que tu ne subodores pas une grosse daube ? »

Diego est obligé de hocher la tête – sans pour autant cesser d’épousseter ce qui doit l’être. Il sait qu’attendre un bon film de J.J Abrams, c’est comme attendre une déclaration de mandats complète de Jean-Paul Delevoye : tout ce qui est doué de langage sur cette planète fait sérieusement la moue.

Mais avant de nous plonger dans les entrailles de Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker, revenons sur les deux précédents films de la trilogie que la bête est supposée clore.

Star Wars épisode VII – Le Réveil de la Force : Dans une galaxie lointaine, très lointaine, R2D2 BB-8, un droïde perdu sur une planète désertique roule dans le sable avec à son bord, des informations cruciales pour la Rébellion Résistance, une organisation en lutte contre l’Empire le Premier Ordre, des fascistes de l’espace. Mais au milieu des sables, le droïde est capturé ! Heureusement, il finit entre les mains d’un d’une jedi qui s’ignore. Avec l’aide d’Han Solo, la jeune jedi qui répond au nom de Luke Rey va pouvoir fuir la planète désertique, échapper à l’Empire au Premier Ordre et porter les informations à la princesse Leia, une des cheffes rebelles. Ensemble, ils vont détruire la dernière arme de l’ennemi : une base grosse comme une station spatiale capable de détruire des planètes entières. Malgré les efforts de l’empereur du chef du Premier Ordre et de son apprenti, la base explose, et les gentils triomphent. Voilà, c’était le résumé de l’épisode IV VII, dont le spoil est disponible ici.

Rappelons que c’est donc J.J Abrams, derrière ce film, que l’on a rappelé pour Star Wars IX, tant sa créativité est visible, vous en conviendrez. Mais passons à…

Star Wars épisode VIII – Les derniers jedis : La flotte du Premier Ordre course les vaisseaux de la Résistance pour tataner ces petits rabouins. Kilo Ren tente bien d’en finir en les attaquant avec des vaisseaux rapides, mais en fait, il arrête sinon il gagne. La princesse Leia tente bien de mourir après un missile dans la face en dérivant dans l’espace, mais en fait, ça va. Fin et Rose tentent bien de trouver une solution à la situation, mais en fait, ils ne servent à rien. Rey tente bien d’être formée par Luke Skywalker en personne pour devenir une jedi, mais en fait, elle est trop géniale donc elle fait déjà tout mieux que tout le monde. Finalement, le film tente bien de raconter quelque chose en faisant mourir Snorky, le maître de Kilo Ren et Luke, le maître de Rey mais en fait, ça ne change rien parce qu’à la fin, les résistants sont toujours en fuite (mais moins nombreux) et toujours poursuivis par le Premier Ordre (mais moins nombreux). Les spectateurs sont aussi moins nombreux dans la salle, ce qui est en fait le seul aspect cohérent du film. Le spoiler, plus complet sur le vide abyssal de ce film, est là.

Et maintenant, nous voici à l’épisode IX ! Alors ! Les héros vont-ils enfin avoir du charisme ? Est-ce que cette fois-ci, si les gentils gagnent, ça va changer quelque chose ? Et surtout, est-ce J.J Abrams va nous faire un épisode 9 avec du vieux ?

Spoilons, mes bons !


L’affiche : voyons voir… pas de flammes, pas d’explosion, pas de débris qui tombent, et quelqu’un a même pensé à remettre son casque à Kilo Ren, le méchant avec une tête d’adolescent rebelle. Va-t-on avoir le droit à un bon film ?

Notre film débute, comme il se doit, dans l’espace où un peu de texte s’y promène pour informer les passants des derniers événements.

Depuis peu, un mystérieux signal circule dans la galaxie : la voix du défunt empereur Palpatine ! Annonçant qu’il est de retour, et, à vue de nez, pour jouer de mauvais tours. Curieuse de savoir qui fait ces canulars téléphoniques sur les fréquences galactiques, la princesse Leia a demandé à ses agents de mener l’enquête. Mais Kilo Ren lui-même cherche à savoir de quoi il retourne ! Car désormais patron du Premier Ordre, il n’a pas trop envie qu’un petit papy lui vole la vedette.

Ce qui, dès l’introduction, est tout de même un peu problématique, puisque rappelons que Kilo Ren est obsédé par la figure de Darth Vador, son grand-père. Darth Vador qui n’était autre que le plus grand serviteur de l’empereur. C’est donc un peu comme le descendant d’un bonapartiste zélé qui se plaindrait du retour de Napoléon : c’est complètement con. Et je rappelle que pour l’instant, le film n’a même pas commencé, ce qui doit d’ores et déjà vous alerter un peu.

Mais, allons ! Plongeons dans l’action.

Car nous voici à proximité d’une planète peu hospitalière, à la surface de laquelle les troupes du Premier Ordre sont aux prises avec ce qui ressemble plus ou moins à des clochards de l’espace. Et Kilo Ren, visiblement soucieux de commencer son mandat de chef galactique avec la chute du taux de pauvreté est en train de les passer au fil de son sabre laser, appuyé en cela par ses troupes. Tel le joueur de Fortnite que notre adolescent boutonneux est secrètement, il finit seul à se tenir encore debout, et s’approche d’une espèce de coffre en pierre qu’il ouvre pour y attraper une sorte de petite pyramide fluorescente, mais qui tient dans la poche : appelons-ça une pitchramide.

Une fois cet accessoire relié au système de navigation du chasseur monoplace que pilote Kilo, cela lui permet de s’orienter vers un endroit dont les coordonnées étaient cachées dans la pitchramide : la Fisithinière, un monde secret connu des Siths seuls et caché au plus profond de l’espace. Kilo, qui est le chef de toute une armée rappelons-le, décide de s’y rendre seul parce que c’est plus rigolo, et une fois sur place, se pose dans le vaste réseau de cavernes qui parcourt la planète. Mais grâce aux coordonnées de la pitchramide, il arrive promptement dans une espèce de grand laboratoire souterrain où des silhouettes encapuchonnées travaillent sur des cuves où flottent des corps difformes.

« Diable ! J’ai dû quitter Star Wars et me retrouver dans l’univers de Warhammer 40 000 ! Bon, surtout, ne demandons pas « Qui est l’empereur ? » pour vérifier, ça pourrait mal tourner. »

Mais avant que Kilo ne s’approche de l’un de ces êtres encapuchonnés qui travaillent dans des conditions moyennement stériles, un rire étrange résonne dans le crâne de Kilo.

« Qui me parle ?
– C’est moi… PALPATINE ! Car je suis vivant, mouhohohoho ! Viens par ici… »

Et Kilo d’être mystérieusement guidé par la voix du vieux Monsieur jusqu’à un trône près duquel, attaché à une machine, se trouve bel et bien l’empereur Palpatine, son corps décharné maintenu en vie par une antique technologie.

« Vous êtes vraiment sûr que ce n’est pas Warhammer 40 000 ici ?
– Par Slaanesh, ça commence bien ! Non, andouille ! Mais, je t’attendais… mon apprenti, Snorky, t’as mené à moi…
– Alors moyennement parce qu’en fait, je l’ai un peu tué dans le précédent film. Votre apprenti, il était un peu tout naze.
– Nazi. Mais, ahaha ! C’était aussiiiii mon plan ! Snorky était ma créature… je l’ai créé de toutes pièces… vois autour de toi ces cuves où flottent des clones de Snorky ! Car comme on disait sous la République, un de perdu… pfrrr… pffffrrr… dix de clonés ! »

Kilo décide que c’est le signal pour lui bourrer la gueule à coups de sabre laser. Mais Palpatine, voyant que l’humour Sith ne prend pas, décide de temporiser.

« Calmons-nous, je plaisantais.
– Qu’importe. Je suis venu vous tuer, Palpatine !
– Ah oui ? Sauf que pourquoi ai-je voulu te mener jusqu’à moi ? Parce que j’ai quelque chose à t’offrir… un…. EMPIIIIIIIIIIIIIIRE ! »

Et Kilo d’être tout époustouflé parce que ça alors ! L’empereur qui annonce qu’il veut rétablir l’empire, c’est fichtrement inattendu ! Mais pendant que Kilo est encore bouche bée devant ce rebondissement que personne n’aurait su prévoir, voici que l’empereur poursuit.

« Mais ce n’est pas mon seul cadeau. Je veux t’offrir, pour cette ambition de domination galactique… une FLOOOOOTTE ! »

Et à ces mots, voici que toute la planète se met à trembler : la surface se fragmente et laisse jaillir des destroyers stellaires. Des dizaines. Des centaines. Que dis-je, des milliers. Qui stationnent les uns auprès des autres dans la poussière tournoyante qui règne en seule maîtresse à la surface de la planète et bloque jusqu’à la lumière du soleil.

« Alors ? Qui c’est le plus fort ? Tu vois, je t’offre ce que j’ai offert à ton grand-père, Darth Vador. Ne suis-je pas généreuuuux ?
– Certes, mais j’ai une question d’abord.
– Mon souci avec les voyelles ?
– Non.
– Alors je t’écoute, mon jeune ami.

– D’où avez-vous réussi à assembler cette flotte ? Non parce qu’il faut des matières premières et des chantiers navals pour faire des destroyers stellaires, et probablement des millions d’ouvriers. Donc tout cela n’a pas vraiment pu arriver jusqu’ici discrètement, hein ?
– Eeeeeh bien je…. « 

Bon, vous savez quoi ? Nous allons supposer que ces destroyers stellaires sont en papier crépon et que les Siths sont en réalité les maître de l’origamie. Vous voyez que j’essaie d’aider le film, bande de mauvaises langues.

« Alors oui mais j’ai une autre question, mon empereur.
– Greumbleubleu… ouiiii, Darth Briseboules ?
– Même si vos destroyers ont été produits par je ne sais quel miracle, quid des équipages ? Là aussi, où avez-vous recruté des millions de mecs en leur disant « Venez jouer aux cartes dans les vaisseaux, et attendez que je hurle « FLOOOOOOTTE ! » un jour où l’autre pour surgir du sol avant de faire du rien ? » « 

La flotte de Palpatine attendait donc depuis des années que Kilo débarque. Peut-être qu’avec une invitation, tout le monde aurait gagné du temps.

L’empereur consulte sa montre et s’aperçoit que pfoulala, dis voir, 14h12, déjà ! Il répondrait bien à cette excellente question, mais il a des rendez-vous à assurer, c’est trop ballot. Mais avant de se séparer de Kilo, il lui donne une dernière mission : retrouver cette petite enquiquineuse de Rey et la courtauder comme il se doit. Kilo salue donc son nouveau maître et file retrouver son vaisseau pour aller se préparer à accomplir sa mission. Et pour ce faire, il a des priorités.

Comme par exemple, à Casque Allah Maggle, une petite boutique de Barbès où il est possible de se faire réparer son casque de grand méchant pour une poignée d’euros. Kilo peut donc à nouveau porter un casque, et retrouver un peu du charisme qui lui manque terriblement sitôt qu’il l’enlève. Puis, il va réunir sa garde personnelle : les chevaliers de Ren, des combattants qui lui sont entièrement dévoués, et où l’on trouve, pêle-mêle, Ren Margaux, Ren Denoël, Ren Dénej et bien sûr, ce vaurien de Ren Ar-sacripant. Une fois cela fait, Kilo se rend enfin sur son navire amiral pour faire le point avec ses généraux.

« Messieurs, je suis venu nous annoncer que l’empereur Palpatine est bel et bien de retour. Et qu’il nous offre une flotte pour rétablir l’empire, rien que ça. Des milliers et des milliers de vaisseaux. Général Grognon, appelez toutes les agences d’intérim : on va avoir besoin de monde pour occuper ces vaisseaux.
– Mouais… enfin patron, si je puis me permettre… vous trouvez pas ça un peu bizarre cette pluie de cadeaux ? Je sais bien qu’on est en pleine période de Noël, mais quand même. À mon avis, Palpatine ne vous donne pas tout cela gratuitement. Vous devriez vous méf… »

La réponse vient sous la forme d’une strangulation immédiate de la part de Kilo.

« Eh, ho, vous n’allez pas recommencer avec cette histoire ! Oui, j’ai répondu à cet e-mail provenant de cet avocat Malien qui m’offrait 13 millions de crédits, mais comment aurais-je pu croire à une arnaque ? Moi, en tant que seigneur des ténèbres, je crois en la générosité d’autrui !
– Certes patron, mais je note ici qu’en plus, Palpatine vous a demandé à ce que nous changions de nom ?
– Oui, Premier Ordre il n’aime pas. Il a décidé de nous nommer : Dernier Ordre.
– …
– Moi non plus je ne me l’explique pas. Le marketing est un truc de Sith, je suppose. »

C’est vrai que c’est un peu inexplicable. Surtout que bon, personnellement je serais général dans une armée qu’un mec renomme « La Dernière Armée« , je commencerais à suer très fort en posant la question « Dernière avant quoi ? » et à faire des stocks de munitions en prévision de la future Nuit des Longs Couteaux Lasers. La conférence s’achève lorsque Kilo, comme à son habitude, décide de titiller gratuitement le général Hux qui a pourtant la tête sous l’eau niveau emmerdes, puisque et d’une, c’est son sport favori, et de deux, c’est un roux, et que comme le disait un certain Sacha, qu’importe les vents et les marées, le roux coule.

Mais, assez parlé du côté obscur. Allons du côté lumineux de la force.

Vous souvenez-vous de la fin du précédent film ? De la Résistance en tellement sale état qu’il n’en reste qu’une poignée de membres tenant à bord du Faucon Millenium ?

Bon, eh bien oubliez tout de suite : la Résistance a une nouvelle base et de gros vaisseaux camouflés sur une planète forestière, ainsi que des centaines de membres. Une explication ? Je… eh bien… je suppose que d’autres personnes ont fait appel aux agences d’intérim pour leurs recrutements ? Et que la Résistance a volé une paire de vaisseaux mal surveillés sur des parkings de zones industrielles ? Je fais ce que je peux, ce n’est pas ma faute si ce film a oublié le précédent.

Ce qui peut se comprendre, notez : quelque part, j’envie un peu ce pouvoir.

Toujours est-il que nous y retrouvons Rey qui court la forêt en s’entraînant avec son sabre car l’entraînement, c’est important pour un jedi même si elle n’en a jamais eu besoin parce qu’elle est trotroforte. Mais justement, alors qu’elle est occupée à courir les bois et à distribuer des coups de sabre aux fougères, voici qu’elle sent une perturbation dans la Force : c’est ce gros couillon de Kilo qui est en train de tripoter le casque de son papy dans sa chambrée, et par-delà le temps et l’espace, Rey peut sentir sa tristesse, et ça la distrait.

Eh bien, si c’est ce qu’il arrive quand il touche le casque de papy, je préfère ne pas savoir ce qu’il se passe quand il frotte le casque de p…

Ooooh, vous avez bien failli m’avoir. Mais je ne ferais pas ce calembour. Tiens, Diego, veux-tu bien m’amener un petit brandy ? J’ai besoin d’un peu de classe, là, tout de suite, merci.

Toujours est-il que Rey est distraite, ce qui l’empêche de bien s’entraîner : et vas-y que je me prends les pieds dans une racine, et que je tombe dans les orties, et que bordel, je crois que je vais perdre le combat contre les fougères… bref, finalement, elle s’énerve, envoie des coups de sabre dans toutes les directions, puis le regrette aussitôt parce que s’énerver, c’est mal, et que le mal, c’est pas bien.

Elle retourne donc voir Leia, qui est toujours la patronne de la Résistance.

« Maître Leia ! Je me suis énervée à l’entraînement.
– On dit Maître.sse.s s’il-te-plaît.
– Oui pardon. Enfin toujours est-il que je crois que je ne suis pas digne du sabre de votre frère. Je vous le rends.
– Que ? Mais ? Ça fait deux épisodes que tu te le trimballes et t’en sers, mais là, parce que tu as trébuché dans les fougères, tu décides que tu n’en es pas digne ?
– Ui.
– Alors le problème n’est visiblement pas ta colère, mais plutôt ta cohérence, hein. »

Rey a abandonné son sabre pour s’équiper de son… bâton. Ah, contre des blasters et des sabres lasers, ça va être utile !

Mais Rey rend le sabre à Leia quand même. Et parcourt la base à la recherche de nouvelles de ses amis Poe, Fin et Chewbacca, qui sont partis à la pêche aux infos concernant les mystérieux messages signés Palpatine qui circulent dans la galaxie. Une théorie voudrait que ce soit un coup de Laurent Gerra, mais dans le doute… les trois compères sont partis sur une station spatiale installée au sein d’un astéroïde de glace pour récupérer des informations auprès d’une de leurs contacts.

Allons justement voir comment cela leur réussit.

Le Faucon Millenium vient en effet de pénétrer dans le dédale de tunnels de l’astéroïde de glace pour accéder à la station qui s’y cache, et s’amarre à un de ses sas. Celui-ci s’ouvre et révèle un extra-terrestre quelconque qui descend un câble dans le Faucon avant de hurler à Fin en charge de le brancher :

« Vite ! Téléchargez ces informations dans votre droïde ! Elles viennent directement d’un espion au sein du Premier Ordre !
– Ah bon ? Qui donc ?
– Je ne peux rien vous dire ! Téléchargez ces informations, elles sont cruciales, viiiite ! Il y a une escadrille du Premier Ordre qui approche !
– Mais ? Vous ne pourriez pas nous les donner directement vos informations ? Genre verbalement ? 
– Nooooon ! Ce serait trop efficace ! Téléchargez plutôt ce message pourri sur votre droïde ! »

Et nos amis de passer une bonne minute à télécharger un fichier pourri avec un câble géant directement dans R2D2 qui les accompagne. Le tout, pendant qu’une escadrille de chasseurs ennemis approche dangereusement. Et les a verrouillés, dixit les pilotes, mais comme vous l’imaginez… aucun chasseur n’arrive à toucher un vaisseau à l’arrêt dans un couloir de glace. Le Faucon peut donc démarrer sous leur nez, continuer à ne pas être touché, et surtout, faire absolument n’importe quoi pour semer l’ennemi. Car comme l’explique Poe aux commandes :

« On va faire des ricochets supraluminiques ! »

Ce qui consiste… à sauter en vitesse supraluminique, à couper, à resauter aussitôt, et en priant pour que les vaisseaux ennemis se prennent aléatoirement des obstacles en chemin.

Je… bon, Diego, va me chercher de l’alcool plus fort pendant que l’on détaille le ridicule de la situation.

– D’abord, cela sous-entend que les poursuivants savent dans quelle direction le Faucon saute. Dans le dernier film, il fallait un traqueur géant pour cela. Là, pif pouf, c’est plus la peine.
– Ensuite, sauter aléatoirement, en espérant que l’ennemi se prendra des obstacles dans la truffe, cela veut dire… risquer de les prendre, surtout quand on vole devant eux. C’est donc absurde.
– Accessoirement, le dernier film introduisait le passage en vitesse supraluminique qui détruisait tout en chemin. Par conséquent la stratégie doit détruire quantité de choses, puisque nos héros se retrouvent propulsés dans des villes planétaires ou devant des monstres spatiaux
– Enfin, en supposant que tout le reste fonctionne, comment les poursuivants peuvent détecter que tu freines ? Tu as des feux arrière et ils ont le temps de réagir ? Ils respectent les distances de sécurité ? Non parce que toi tu coupes ton moteur de saut, mais si eux ne le font pas à la même milliseconde, c’est queue de poisson supraluminique et un coup à finir à l’hôpital à bredouiller au médecin que ce Tie Fighter que l’on voit sur les radios coincé dans votre rectum, c’est « L’accident bête, je me promenais tout nu chez moi et paf, je me suis assis sur un Tie Fighter qui traînait« . Le personnel hospitalier qui me lit sait de quoi je parle.

Bref, c’est donc une scène absurde que l’on suit où le Faucon se téléporte de lieu en lieu et où chaque fois, le pouvoir de la moule et de la mauvaise écriture jettent des obstacles sur leurs ennemis mais pas sur eux. Grâce à ce tunnel d’incohérences, nos héros retournent à la base secrète de la Résistance, en vie mais avec un vaisseau tout de même un peu abîmé. Et peuvent enfin partager le message contenu dans R2D2, la clé USB à roulettes, avec le reste de la Résistance. Qui dit peu ou prou :

« Palpatine de retour STOP. A filé des milliers de destroyers à Kilo STOP. Se cache sur planète Fisithinière STOP. »

À peine Rey a-t-elle entendu le message qu’elle est toute bouleversée et fonce à son casier pour en sortir une tripotée de vieux livres, qu’elle montre à Leia.

« Regardez Leia ! Ce sont les livres de Luke ! Dedans se trouvent des informations…
– Attends, les livres de Luke ? Tu veux dire, ceux de l’ordre jedi qu’il a brûlés dans le film précédent et donc que tu ne peux pas avoir ?
– … CE NE SONT PAS LES LIVRES QUE VOUS CHERCHEZ.
– Rey, je suis une jedi, ça ne marche pas sur moi. »

Rey prend la pile de livres et tape sur Leia avec jusqu’à ce qu’elle oublie ce petit souci de scénario.

« Je disais donc que Luke parlait souvent de la Fisithinière. Il disait qu’il irait bien là-bas, qu’au moins, on rigolerait plus qu’ici, qu’il pourrait y faire le coup de poing…
– Certes mais est-ce qu’il savait où ça se situait ?
– D’après ce qu’il a écrit, pour aller à la Fisithinière, il fallait trouver une pitchramide, un artefact sith contenant les coordonnées pour s’y rendre.
– Et si Kilo a réussi à y aller, c’est probablement qu’il a cet artefact.
– Attendez… il existe non pas un, mais DEUX exemplaires de cet artefact dans toute la galaxie. »

Diego, je lève la main, et toi, que dois-tu mettre au-dessous ? Voilà… centre un peu… le bouton bien sous ma paume… allez !

OH
BEN
ÇA
ALORS

Mieux encore, Luke était sur la piste de l’un des deux artefacts, et gros coup de bol décidément, ce n’était pas celui que Kilo a déjà récupéré, mais l’autre ! Décidément ! Et d’après Luke, la piste remontait jusqu’à un chasseur de jedis travaillant pour les Siths, qui aurait été aperçu pour la dernière fois sur la planète Partyhard. Ni une, ni deux, Rey décide de partir à sa recherche ! Et ne parvient pas à décliner l’offre de Poe, Fin, Chewbacca, C3P0 et BB-8 de l’accompagner.  Leia lui rend même son sabre et finalement, allez, elle le prend. Mais ? Je croyais qu’elle n’était pas digne ? Bon, ben visiblement, finalement, si, allez hop ! Tout le monde grimpe ainsi dans le Faucon Millenium, et en avant, direction la mystérieuse Partyhard….

Qui est une énième planète désertique, c’est follement original.

Nos héros se posent au milieu du désert de Partyhard, et avancent dans une direction un peu au hasard quand, au détour d’un caillou… ils tombent sur une fête géante ! Qui ne faisait strictement aucun bruit tant qu’ils étaient derrière ledit caillou, mais maintenant qu’ils la voient, on entend des chants, des tambours et tout le tralala. Je crois qu’on se fout un petit peu de notre gueule non seulement du côté du scénario, mais aussi de la réalisation. Ou alors, pour insonoriser votre maison, il suffit de l’entourer de cailloux, allez savoir. Heureusement, C3P0 change de sujet, puisqu’il dispose de tout le savoir nécessaire sur les aliens en train de festoyer.

Fin, habilement caché derrière un caillou d’insonorisation.

« C’est le festival des ancêtres ! Un événement majeur sur Partyhard ! Il ne se tient que tous les 42 ans ! »

Bon, c’est bien parce que c’est vous : ÇA ALORS !

Notez que le fait qu’il ne se déroule que tous les 42 ans ne sert à rien à l’intrigue : c’est juste pour se moquer des spectateurs. Oui oui. On en est là.

Nos amis s’approchent cependant de ce miracle statistique sous tente, et sont accueillis joyeusement, Rey ayant le droit à ce que les locaux lui accrochent des colliers de perles autour du cou. Probablement pour qu’elle montre ses seins, ce festival n’étant si ça se trouve qu’une variante extra-terrestre du Spring Break. Mais C3P0 n’en dit rien, probablement pour savourer la situation comme le petit pervers à pistons qu’il est.

Cependant, voilà que soudainement, Rey sent une perturbation dans la Force. Et que comme dans le film précédent, son esprit entre brutalement en communication avec celui de Kilo. Les deux ont ainsi une vision claire et nette de l’autre.

« Kilo ? Mais qu’est-ce que tu fous là ?
– Je… eh bien j’ai cru sentir… une histoire de colliers de Spring Break et de t-shirts à soulever alors je… je me suis dit…
– Espèce de vieux cochon ! Ah, ça, pour reluquer, il y a du monde !
– Toujours plus que dans ton t-shirt !
– Espèce de… »

Le vrai dialogue est moins intéressant, aussi je vous le passe. Car ce qu’il faut retenir, c’est qu’au beau milieu de la conversation, Kilo interrompt Rey en arrachant le collier qu’elle a au cou !

Oui, je sais : vous pensiez que quand ils étaient en communication, ils pouvaient juste se voir et se parler.

Mais non : en fait, non seulement ils peuvent se toucher, mais ils peuvent aussi réussir des tours de pickpocket… et Kilo se retrouve ainsi avec, dans la main, le collier de Rey !

Je vous laisse réaliser comment ce principe pourrit à peu près tout l’univers et les films. Pourquoi Kilo s’embête-t-il à poursuivre Rey alors qu’il peut lui mettre un coup de sabre depuis l’autre bout de la galaxie ? Pourquoi se traquer quand on a un équivalent de la téléportation qui permet en plus de tomber sur l’autre sans même savoir où il est ? Et personnellement, je serais Rey, je dirais à Kilo « Hep, attrape ! » avant de lui envoyer une grenade et de couper la communication. Mais je ne suis pas Rey : je n’ai pas assez cheveux pour faire autant de chignons.

Je vous laisse savourer cette grosse, trèèèès grosse incohérence qui massacre ce film, mais aussi tous les autres dans la foulée. Voilà. Eh bien, on ne regrette pas d’être venus.

Kilo s’empresse de faire analyser le collier qu’il vient de piquer à Rey, et un de ses techniciens revient promptement avec des informations.

« Il s’agit d’un collier du Spring Break de Partyhard, seigneur Kilo. Les locaux l’appellent « Fête des ancêtres » pour pouvoir y aller sans se faire griller par leurs parents, mais il s’agit principalement de se murger, de montrer ses roploplos, et parfois, les deux en même temps. »

Le vil Kilo Ren ayant montré dans le dernier film que lui-même aimait bien se promener top-less, il ordonne donc à un de ses navires d’aller sur place tenter d’en finir avec Rey et ses camarades, pendant que lui-même y va en renfort avec ses gardes, les chevaliers de Ren, qui ont un vaisseau pas très Greta-compatible : il laisse en effet de la fumée noire derrière lui pour bien montrer qu’il est méchant. Non, ne cherchez pas. Peut-être est-ce juste un vaisseau tabagique, je ne sais pas. J’ai abandonné l’idée de comprendre les choix de ce film à peu près au moment où le texte dans l’espace a arrêté de défiler au début.

Mais pendant ce temps, Rey et ses compagnons, toujours sur Partyhard, y tombent sur un vieil ami : Lando Calrissian !

« Mais ? Que faites-vous là ?
– Je n’ai aucune raison d’être ici. Mais le film tentant de caser le maximum de personnages de la trilogie originale pour faire plaisir aux fans, me voici.
– Bon, écoutez, on n’est plus à ça près : on est à la recherche d’un chasseur de jedis qui aurait eu une pitchramide et qui aurait été vu pour la dernière fois dans le secteur.
– Ma foi, je m’en souviens : nous l’avons brièvement traqué avec Luke, mais il avait disparu. Ne reste que son vaisseau abandonné dans un canyon non loin d’ici. Vous devriez aller voir, même si à l’époque, nous n’avions rien trouvé d’intéressant à bord.
– Merci ! Et sinon, vous ne voulez pas rejoindre la guerre contre le Premier Ordre ? Ou le Dernier ? Je ne sais plus trop, on s’y perd.
– Je suis trop vieux pour ces conneries.
– Mouais. Sachant qu’on vous a vu dans les bande-annonces du film en train de piloter, m’est avis qu’on vous revoit bientôt. »

Ah, les bande-annonces. Ces choses qui spoilent plus que mes propres spoilers.

Toujours est-il que Rey & compagnie ont désormais un endroit à aller inspecter. Mais comme ces couillons ont posé leur vaisseau à des kilomètres, ils décident de s’y rendre en volant un speeder aux fêtards défoncés du cru. Ce qui alerte un peu les patrouilles du Dernier Ordre déjà sur place, tant le vol de speeder, c’est une de ces petites incivilités qui pourrissent le quotidien des honnêtes gens. Les soldat s’élancent à la poursuite de la compagnie de Rey avec des motos, mais aussi des soldats équipés de jetpacks.

Notez que là où tout le monde a des speeders antigravité depuis des années, les méchants ont soudainement des véhicules… à chenilles. Pourquoi ? Mais pour que Fin puisse jeter des trucs qui se prennent dedans pour les faire exploser, allons !

Faisons simple :
– Les méchants tirent toujours comme des quiches, surtout quand ils ont des roquettes qui pètent tout sauf leurs cibles
– Les méchants finissent tous tués
– Une dernière attaque des méchants fait miraculeusement exploser les véhicules de nos héros et…

Ils vont bien. Non, même pas une égratignure ou le petit doigt cassé : se manger une explosion et être projeté hors d’un véhicule à haute vitesse sur un sol plein de gros cailloux anguleux, c’est tout à fait bénin. Finalement, c’en est à se demander pourquoi nos héros cherchent à éviter d’être touchés, puisque quand ça arrive, ça ne leur fait rien. Mais vous allez comprendre pourquoi le scénario a pourtant voulu qu’ils soient touchés : car après avoir ainsi roulé au sol, tous se retrouvent cependant englué dans une zone moins heureuse : des sables mouvants ! Je sais, vous vous dites :

« Rey pouvant léviter et faire léviter autrui, elle va sortir tout le monde de là rapidement. »

Mais non, Rey préfère… ah, préfère ne rien faire. Elle est comme ça. Elle a une solution pour éviter que tout le monde ne finisse vaguement mort, mais elle ne va pas l’utiliser, car le script est avec elle.Tous finissent donc engloutis par les sables mouvants.

Et atterrissent pile poile dans un réseau de cavernes sous les sables mouvants, où se trouve le squelette… du chasseur de jedis qu’ils cherchaient !

ÇA ALORS !

Une moule pareille, c’est un coup à subir une attaque de marins-pêcheurs à ce stade. Quelle aventure palpitante, en sachant que tout va tout le temps dans le sens de nos héros ! Mais qu’en disent nos amis ?

« C’est extraordinaire ! Voilà pourquoi Luke n’a jamais pu aller plus loin sur cette piste : le chasseur de jedis était mort et dans ces cavernes dissimulées par des sables mouvants qui ont le bon goût de rester en surface et de ne pas tomber dans ces cavernes, eux ! Maintenant… oh, regardez ! Il avait sur lui une espèce de… hmmm… on dirait une dague ? Avec des trucs écrits dessus ? C3P0, peux-tu les lire ?
– Certes oui ! Voyons voir… ça dit…
– …
– …
– Oui ?
– Je ne peux pas vous le dire. En effet, c’est du sith, et je peux le lire, mais il m’est interdit de partager mes traductions selon les codes de la République ! Je ne peux donc pas vous dire ce que j’ai lu ! »

Ho. Hoho. Hohoho.

Nous en sommes là niveau intrigue : pour faire durer l’aventure, on explique que C3P0 a été programmé pour lire une langue mais ne surtout rien en faire. Quel était l’intérêt de lui apprendre ladite langue dans ce cas ? Et à l’inverse, vous avez interdit à des droïdes de traduire la langue de vos ennemis parce qu’ils sont méchants ? À aucun moment vous ne vous êtes dits que justement, avoir des gens capables de traduire la langue secrète de l’ennemi, ce serait utile ?

Mais non. Les droïdes savent lire le sith mais s’assoient ensuite sur l’information. D’où l’expression anglo-saxonne To sith on something.

Pendant que tout le monde est consterné par cette nouvelle, voici qu’arrive un énorme serpent, probablement le propriétaire de ces souterrains qui est moyennement content, au prix du bail, de voir arriver des squatteurs. Tout le monde sort son arme, mais finalement, Rey fait signe de se calmer et approche la bête pour découvrir que l’animal a de gros bobos. Et usant de la Force, elle l’apaise et mieux encore, soigne ses blessures, usant du niveau de prêtre gratuit qui va avec la classe jedi. Le serpent repart ainsi en sifflotant.

« Eh bien Rey ! Je ne savais pas que tu pouvais jeter des sorts de soin !
– Je te rappelle que je sais tout faire mieux que tout le monde, Poe. Tu te souviens, au début du film, quand tu me qualifiais durant une conversation sans intérêt de « meilleure pilote de toute la Résistance » alors que toi tu as fait ça toute ta vie et que moi j’ai quitté ma planète pour la première fois il n’y a même pas trois mois ?
– Hmmm… c’est vrai que même les dialogues sont ratés. En tout cas, ton truc de vétérinaire, là, ça reste bluffant !
– Ce n’est trois fois rien. J’ai seulement donné un peu de ma propre force vitale à ce serpent géant. »

Car oui, c’est connu : on aime donner un peu de sa propre vie aux serpents tueurs qu’on vient à peine de rencontrer. Cette Rey alors, quelle générosité. M’est avis que c’est tout le temps elle qui se fait taper en bâtons de la mort quand les bureaux tabacs sont fermés.

En tout cas, je me demaaaaande si ce pouvoir sorti au milieu d’une scène sans trop de raison va resservir. HMMMM. LE SUSPENS.

En attendant, nos amis peuvent ressortir des tunnels sans finir mangés par la faune locale, et se retrouvent juste à côté – c’est décidément vraiment pratique – du vaisseau de feu le chasseur de jedis. La troupe se rue à bord et à défaut de trouver des indices, trouve un vieux droïde un peu neuneu qui a été « maltraité » selon Rey (la Société de Protection des Droïdes et Brigitte Boulon vont gueuler) et ne bredouille que des mots comme « Content » ou « Triste« , mais surtout, il se trouve que tout le vaisseau est encore en état de marche !

« Parfait. Nous n’aurons pas à retourner au Faucon, qui doit sûrement déjà être aux mains du Dernier Ordre. Décidément, que de coups de chance ! Barrons-nous avec cette poubelle de l’espace ! » explique Poe.

Mais au moment de décoller, Rey dit soudain que attends mec, j’ai un truc à faire.

« Je t’avais dit de ne pas boire autant avant de partir !
– Non, Fin. Je dois… je dois faire quelque chose.
– Rey, nous sommes au milieu du désert ! Tu veux faire quoi ? Sniffer du sable ? »

Mais Rey est comme guidée par une force supérieure, et s’avance seule dans le désert. Poe, qui pendant ce temps prépare le vaisseau au décollage, ordonne à Chewbacca de dire à Rey se ramener son postérieur à bord. Mais plutôt que de gueuler « Grouuwaaaar » (ce qui est rude, mais efficace même si le tutoiement est légèrement aride), Chewbacca décide de quitter à son tour le vaisseau pour aller la chercher. C’est tellement plus efficace.

Ce qu’ils ignorent, c’est que cachés derrière un caillou – ces cailloux sont vraiment pratiques – deux vaisseaux de transport du Dernier Ordre les observaient ! Chewbacca se fait donc wookidnapper par les soldats qui l’attendaient en embuscade (mais qui ignoraient royalement Rey, ils sont sympas). Rey ne remarque justement rien dans un premier temps car voici qu’arrive à l’horizon ce qu’elle a senti : Kilo Ren ! Dans son chasseur personnel, qui vole en rase-mottes au-dessus du sable. Et qui fonce sur Rey !

Rey qui sitôt qu’elle aperçoit le chasseur qui lui fonce dessus… lui tourne le dos pour faire une acrobatie plus spectaculaire. D’accord.

Pour tirer dessus ? Hmmmm… non, il ne tire pas. Non, en fait, il fonce juste sur Rey, probablement pour essayer de l’écraser contre son pare-brise.

Ne cherchez pas, c’est absurde : le mec a un vaisseau qui peut vaporiser la jeune fille depuis le ciel, mais il s’en sert comme d’une Twingo. Et cela lui joue des tours, car Rey attend qu’il soit assez proche pour faire un bond de jedi, saute par-dessus l’engin, et d’un coup de sabre, endommage salement le chasseur qui touche le sol, se met à faire des tonneaux et… explose.

Kilo Ren est mort.

« Et maintenant, que vais-je faire ? » se demande Rey.

Justement : elle aperçoit un transporteur du Dernier Ordre en train de décoller, avec Fin qui gueule depuis son vaisseau « Reeeey ! Ils ont Chewbaccaaaaa ! »

Pas de problèmes : Rey tend la main vers le vaisseau qui se barrait tranquillement vers l’orbite, et usant de ses pouvoirs… parvient à arrêter net un vaisseau de transport de plusieurs dizaines de tonnes qui décollait, propulseurs à fond. Elle parvient à le retenir un moment, avant qu’elle ne voit s’approcher d’elle… Kilo Ren !

« Mais ? Tu ne viens pas d’exploser avec ton chasseur, toi ?
– … si.
– Mais alors comment as-tu survécu ?
– Par le pouvoir… DU SCRIPT. »

Non, vous n’aurez aucune explication : J.J Abrams a tenu à faire une scène où le vaisseau de Kilo explose avec le bonhomme à bord (il aurait simplement pu le faire se crasher sans trop de dégâts), mais en fait, c’était pour rire.

C’est nul. C’est affreusement nul. Ces gens n’ont rien à faire de leur propre film. Et oooh, ne croyez pas que frapper des chatons à coups de pelle me calmera : je crois que je vais plutôt envoyer des chatons morts chez Disney à chaque fois qu’ils annonceront un nouveau film de ce calibre. Ça ne vaut pas une tête de cheval dans le lit, c’est vrai, mais ça reste assez expressif, convenons-en.

Kilo, donc, utilise à son tour la force pour libérer le vaisseau de transport de l’étreinte invisible de Rey. Les deux s’affrontent via leurs pouvoirs respectifs quand soudain… Rey s’énerve et fait jaillir des éclairs de ses doigts, qui font purement et simplement exploser la pauvre navette !

« Ah merde, j’ai pas fait exprès ! » dit-elle avant de se carapater vers le vaisseau de Poe et Fin et d’aller y sanglotter qu’elle vient de tuer Chewbacca.

Ses amis tentent de la rassurer en lui disant de faire confiance au script : Kilo Ren vient d’exploser avec son vaisseau, et il n’a même pas une égratignure, alors Chewbacca ? Allons !

D’ailleurs en parlant de Kilo Ren, il les laisse partir ? Il ne réagit pas ? N’appelle pas de chasseurs ou n’envoie pas son sabre défoncer les réacteurs ?

Hmmmmmmmmmnon. Parce que là encore, sinon, le film s’arrête là. Il décide qu’il est plus pertinent d’aller faire du boudin et de disparaître entre deux plans sans explication.

Non, vraiment : tout est nul. C’est extraordinaire.

Après cette palpitante aventure, on n’est ainsi un peu plus avancé, mais pas trop : l’équipe à bord de son nouveau – vieux – vaisseau décide de filer se cacher dans un champ d’astéroïdes, et là, de faire le point :

« Bon, c’est quand même un peu con cette histoire parce que devinez à qui on avait confié la dague Sith avec les coordonnées de la Fisithinière dessus ? Chewbacca !
– Certes, mais tout ce qui était inscrit dessus est traduit et enregistré dans ma mémoire !
– C3P0 ?
– Oui, c’est dommage que ma programmation m’interdise de partager l’info ! LE SEUL MOYEN DE LE FAIRE SERAIT DE PIRATER MES CIRCUITS MAIS JE N’OSE Y PENSER ! »

C’est subtil. Qu’en penses-tu, Poe ?

« Attendez… et siiii on piratait les circuits de C3P0 ?
– Wouah, quelle idée sortie de nulle part !
– Je connais justement un pirate informatique spécialisé en droïdes sur la planète Roxor, je propose d’aller lui rendre visite ! »

C’est fort pratique ! Vite, direction Roxor, une planète qui a quelques petits soucis puisque le Dernier Ordre y fait du porte à porte de manière quelque peu agressive pour recruter les nouveaux équipages dont il a besoin. Oui, moi aussi je pense que monter son armée à partir de gens qui vous détestent devrait formidablement bien se passer. Heureusement que personne n’a jamais entendu parler du mot « rébellion » dans cet univers, ouf.

Au passage, on a pu apercevoir que le vaisseau fumant des chevaliers de Ren était, lui aussi, caché dans le même champ d’astéroïdes que le vaisseau de nos héros. Et les a suivis discrètement. Parce que, ouiiii, bon, d’accoooord, ils sont supposés les tuer, ont un vaisseau plus gros, plus puissant et plus récent et pourraient vaporiser nos amis, là, tout de suite. Mais ils préfèrent les suivre en faisant du rien : c’est plus rigolo. Et là encore, vu la qualité de ce film, vous ne voudriez pas qu’il s’arrête maintenant, hmmm ?

C’est ainsi sans encombre que Rey et son équipage arrivent jusqu’à Roxor, puis se faufilent entre les patrouilles de stormtroopers au travers des rues de la ville dans laquelle ils se sont posés, mais sont arrêtés au coin d’une rue par une espèce de chasseuse de primes qui pose le canon de son pistolet sur la tempe de Poe.

« Poe. Tu te souviens de moi, du temps où tu étais trafiquant d’épices ici ? Je te hais. Je te déteste. Je vais te tuer.
– Hmmm, un personnage féminin qui hait le bellâtre du groupe, je me demande TROP si elle le hait vraiment ! »

Et en effet : environ 17 secondes plus tard, ce personnage tellement fascinant que je n’ai même pas retenu son nom décide que la prime, bof, que sa haine de Poe, on s’en fout, et que finalement, elle va aider nos héros. Eh bien merci, ça valait vraiment la peine. Quelle profondeur dans l’écriture ! Enfin : la nouvelle venue accepte de guider Poe & co jusqu’à la demeure du pirate qu’ils recherchent : Babou Frik. Une sorte de personnage du muppet show dans lequel on aurait glissé une main arthritique vu son animation. La petite créature a tôt fait de pirater C3P0, mais tout a un prix : la mémoire d’icelui est effacée dans l’affaire.

Babou Frik, ici installant Ubuntu dans C3P0.

C3P0 a donc le temps de dire « Pour trouver une pitchramide, vous devez vous rendre aux coordonnées Delta-3-C de la lune 8 d’Endor, et là, depuis la falaise, la dague vous montrera le chemin. »

Puis, il s’éteint. Et se rallume, la mémoire en effet entièrement vide : « Bonjour, je suis C3P0. Voulez-vous que je vous aide à utiliser Word ? Aimez-vous les trombones ? »

Tout le monde s’en fout, puisque la nouvelle a plongé Rey, Poe et Fin dans des abîmes de perplexité. Ils savent désormais qu’un indice se trouve sur une lune d’Endor. Mais visiblement, il leur faut la dague pour parvenir jusqu’à la pitchramide ! Comment faire ?

« ÇA ALORS ! Un destroyer stellaire ennemi vient d’arriver au-dessus de la ville pendant que nous parlions !
– Oui Poe et… ÇA ALORS ! Je peux sentir la présence de Chewbacca à bord !
– ÇA ALORS ! Il n’est pas mort ? Tu veux dire qu’il était dans le second vaisseau de transport qui quittait Partyhard ? Celui que personne n’a remarqué alors que bon, un vaisseau qui décolle à dix mètres de nous en plein désert, on aurait dû un peu le remarquer ? Décidément j’ai envie de dire ÇA ALORS !
– Mais ce qui veut dire que… ÇA ALORS ! La dague est sûrement aussi à bord !
– ÇA ALORS ! Mais… attendez, nous n’avons aucun moyen de grimper à bord sans nous faire remarquer… »

C’est alors que la pote de Poe locale révèle qu’elle avait prévu de quitter ce coin pourri il y a bien longtemps. Et que pour y parvenir et passer les blocus, elle a fait l’acquisition d’un badge de capitaine de vaisseau du Premier Ordre. Avec ça, on peut donc monter à bord de n’importe quel vaisseau ennemi sans se faire repérer !

Allez, tous en chœur : ÇAAAAA ALOOOOOOOOOOORS !

Ce film. Non mais ce film. On dirait qu’on a filé à un enfant de 3 ans un jeu de Lego avec des bouts d’histoire dessus, qu’il a fait n’importe quoi avec la plupart des pièces et avalé le reste, et qu’on nous a servi la combinaison absurde finale comme une intrigue. De toute façon, c’est facile : quand le film n’est pas incohérent, c’est qu’il est télescopé.

Heureusement qu’on parle d’une production qui a coûté des centaines de millions, hein. Ça se voit.

J’aime beaucoup d’ailleurs les commentaires du genre « Ça va, c’est du Star Wars, du divertissement, faut se calmer. » Certes et donc, durant vos divertissements, vous trouvez normal qu’on vous défèque au visage ? M’est avis que vous avez des samedis soirs particulièrement intéressants, bonnes gens.

Bref : Rey, Fin, Poe et C3P0 retournent à bord de leur vaisseau et usant du badge de capitaine, approchent sans se faire remarquer le destroyer au-dessus de Roxor. Ils se posent dans l’un des hangars et…

Sortent en blastant tout ce qui passe.

On est bien d’accord que si vous aviez un badge, c’était pour vous infiltrer ? Vous n’auriez pas pu vous procurer une paire de déguisements ? Ou simplement à l’ancienne, laisser une patrouille monter à bord pour la mettre en slip et lui piquer ses armures ? Non : les mecs ont tout fait pour ne pas donner l’alarme, et la première chose qu’ils font en arrivant, c’est de la donner eux-même. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que chaque scène est ratée ? Enfin. Suivons ce qu’il se passe.

Rey, guidée par la Force, se barre d’un côté pendant que Fin et Poe partent sauver Chewbacca. Ces derniers y parviennent… mais seulement brièvement. Car ils se font surprendre par la patrouille, et finalement, finissent tous trois pris et condamnés à être exécutés d’un laser dans la nuque (si les stormtroopers arrivent à toucher une nuque, ce qui n’est pas fait). Mais plutôt que de le faire là, tout de suite, on les emmène dans une pièce à part, où le général Hux, qui commande le peloton, formule une étrange requête.

« Hem heu… soldat vous… euh… vous pourriez me donner vos armes ?
– Pour ?
– Pour les… euh… tuer moi-même ! »

Ce qui est bien, c’est que même les acteurs n’y mettent pas du leur. On se doute déjà de la suite : Hux prend l’arme et mitraille le peloton de stromtroopers avant de libérer les prisonniers.

« Mais ? Que ? Hux ? C’est vous, l’espion au sein du Premier Ordre ? Ça fait deux films que vous cherchez à nous tuer, pourquoi faites-vous ça ? 
– Parce que j’en ai un peu marre de me faire bolosser en permanence par Kilo Ren ! Alors je m’en fous de savoir qui gagne pourvu que lui tombe ! »

Ah oui c’est profond.

Et sinon, tu réalises que si la Résistance gagne, tu seras jugé pour avoir vaguement aidé à détruire plusieurs planètes et ainsi causé des milliards de morts ? Non ? Tu ne penses pas que ce serait plus simple de faire assassiner Kilo tout en faisant gagner ton propre camp ? Voire en prenant la place de Kilo ?

Mais non : Hux est bêêêêête alors !

« Tirez-moi quand même dans un bras pour que l’on puisse penser que je vous ai laissé vous échapper.
– Tiens, je te tire dans la jambe.
– Mais… mais bordel, je viens de vous sauver la vie, pourquoi est-ce que vous aussi vous m’emmerdez ?
– Parce que personne n’aime ton personnage, Hux. »

Ce qui n’est pas faux. En attendant, ils ont beau avoir récupéré Chewbacca, il faut encore récupérer Rey et filer ! Mais pour cela, il faudrait un vaisseau, et avec tout le bazar qu’ils ont fait en entrant, l’appareil avec lequel ils sont venus est sous bonne garde.

« Alors que celui du hangar d’à côté, lui, est à peine gardé !
– ÇA ALORS ! Ça tombe bien !
– Attendez mais en plus… c’est le Faucon Millénium ! Il était stocké sur le même bâtiment ! »

Si j’avais du temps, je vous posterais ici un gif animé dans lequel une main martèle un bouton « ÇA ALORS ! » environ 1 200 fois à la minute, ce qui résumerait la conception de l’ensemble du scénario.

Les méchants se demandent pourquoi ils s’embêtent encore sachant que de toute manière, rien de ce qu’ils font ne peut arrêter les gentils.

Mais laissons nos amis continuer à célébrer la fête de la moule, et allons plutôt voir ce que Rey a fait pendant ce temps. Car elle est parvenue à se faufiler jusqu’aux quartiers de ce margoulin de Kilo Ren… mais celui-ci était, au même moment, en train de fouiller la planète à leur recherche. C’est cocasse : lui est au sol avec les chevaliers de Ren à la chercher, alors qu’elle est en train de se promener dans sa chambre. Elle s’apprête à lui faire une bonne blague, comme nouer les lacets de ses bottes ensemble, lorsqu’une fois encore, Kilo entre en contact avec Rey via la Force.

« Rey ! Dis-moi où tu es ! 
– Ah oui ? Et pourquoi je ferais ça, espèce de neuneu ?
– Pour que je vienne te dire… la vérité sur tes parents !
– Tu me l’as déjà dite dans le précédent film. Ce n’était personne.
– Personne, c’est vrai mais… par choix ! Ils fuyaient qui ils étaient vraiment… le chasseur de jedis qui est mort sur Partyhard, tu te souviens de lui ? C’est lui qui a emmené tes parents… allez, dis-moi où tu es. Et je te donnerai l’histoire complète : ils n’étaient personne… mais en fait un peu quand même.
– C’est moi où tu es en train d’essayer de faire le lien avec le précédent film, tout en le reniant, avec la subtilité d’un gorille sous ecsta à une soirée ikebana ?
– Bon, hé, si c’est pour être désagréable, je vais te péter la gueule ! »

Et les deux de sortir leur sabre et de se lancer dans un combat l’un contre l’autre alors qu’ils sont l’un au sol, et l’autre dans le destroyer stellaire. J’avais donc bien raison : depuis le début, ils pouvaient s’affronter à distance. C’est vraiment, définitivement ridicule.

Cependant, durant le combat, Kilo aperçoit sur les murs derrière Rey le casque de son papy ainsi que ses posters d’Alerte à Malibu. Comprenant où elle se trouve, il lui dit que attends, tu vas voir, j’arrive, petite fouine ! Rey, comprenant qu’elle est grillée, se carapate au travers des coursives du vaisseau, et parvient dans un hangar… pile lorsque la navette de Kilo revient justement. Celui-ci la fait encercler par ses hommes, et se prépare à lui tataner la face en duel.

Mais pile à ce moment là (… que voulez-vous que je vous dise que vous ne sachiez déjà ?) arrive le Faucon Millénium ! Qui depuis l’extérieur du hangar, pour forcer tous les méchants à s’en aller, positionne ses réacteurs piles face à l’entrée de celui-ci ! Le souffle propulse les stormtroopers dans toutes les directions, et Kilo Ren lui-même doit mettre genou à terre et utiliser ses pouvoirs pour rester sur sa position…

Alors que Rey n’est pas affectée.

Je ne plaisante pas : tout le monde est propulsé partout, sauf Rey, pourtant pile devant le réacteur puisque proche de la sortie du hangar. Et comme décidément, elle n’a aucun souci, elle ignore la physique pour bondir jusqu’au Faucon toujours sans être soufflée, et rentrer à bord retrouver ses amis avant de s’enfuir.

À ce stade, mes doigts s’enfonçaient dans les accoudoirs du cinéma pour me retenir de hurler. J’imaginais bien comment cette scène avait dû être conçue.

* * *

« Et là, Rey est encerclée… mais le Faucon Arrive et souffle toute la salle avec son propulseur !
– Oui mais M’sieur Abrams, même Rey ?
– Ah non. Pas elle, ça ne nous arrange pas.
– Alors pourquoi n’est-elle pas soufflée comme les autres alors qu’elle est dans la même pièce ?
– Je viens de vous le dire : parce que ça ne nous arrange pas. »

* * *

M’entendez-vous soupirer ?

Surtout que rassurez-vous : le vaisseau ne tire même pas sur le Faucon, et ne donne pas non plus la chasse. Non, on laisse nos héros partir en paix, parce que vraiment, le Script est avec eux. C’était bien la peine d’avoir cette histoire de badge de capitaine alors qu’en fait, le vaisseau ennemi est visiblement intégralement désarmé. Enfin, retournons au film.

Les forces de Kilo Ren viennent ainsi d’essuyer un nouvel échec avec cette histoire, mais non sans quelques succès en retour : malgré sa blessure, Hux est démasqué comme traître et exécuté. Quant à Kilo Ren, il sait où se dirigent les gentils. Son équipage a eu la dague sith suffisamment longtemps pour déchiffrer ce qui était inscrit dessus.

C’est ainsi vers une lune d’Endor que nos amis se dirigent, avec un petit souci : le train d’atterrissage ne sort plus. Il faut malgré tout se poser, et comme tout le monde a soudain oublié que leurs appareils pouvaient se poser à la verticale – je ne cherche même plus à comprendre – Poe pose le Faucon en le faisant s’écraser comme une bouse au milieu d’une plaine non loin de la falaise qu’ils sont venus voir, laissant derrière lui une longue traînée boueuse dans la plaine. Puis, Rey et ses amis descendent du vaisseau endommagé et vont jusqu’à la falaise voisine, où le spectacle est impressionnant, car face à eux, ils peuvent voir d’immenses débris de l’Étoile de la Mort, qui se sont écrasés sur cette lune à la fin de la célèbre bataille d’Endor, qui a vu mourir l’empereur Palpatine à l’époque, et qui aurait dû, si les dieux avaient été généreux avec nos rétines, conclure une trilogie qui ne demandait rien de plus.

Sauf que ces morceaux reposent au milieu d’un océan déchaîné, et que le Faucon ne peut pas voler avant d’avoir eu quelques réparations (vous comprenez pourquoi Poe l’a crashé alors qu’il pouvait se poser sans problème autrement ?). Rey profite de ce temps mort pour tenter de déchiffrer la suite du message : ils sont aux bonnes coordonnées, mais maintenant, la dague doit leur montrer le chemin. Rey découvre alors que la dague cache dans son pommeau une petite réglette, et que la forme de la dague va pile poil avec la forme d’un certain morceau de la vieille Étoile, tel qu’on le voit depuis la falaise.

Donc, je résume : quelqu’un s’est emmerdé à venir sur la planète, à prendre les mesures d’un morceau d’épave vu d’une certaine distance, a prié très fort pour que l’océan déchaîné ne fasse pas bouger ledit morceau avec le temps, a forgé une dague avec réglette intégrée, et tout cela, pour que n’importe quelle personne tombant sur ladite dague puisse venir chercher une pitchramide cachée là-dedans.

Une carte ou un message, c’était trop compliqué, vous comprenez.

Heureusement que durant toutes ces années, personne n’a pensé à piller l’épave.

Bon, finalement, je vais quand même mettre un sac de chatons à mes pieds. Voilà. Pour les masser à coups de talons pendant que je regarde la suite. Voilàààà. Ces petits craquements, ça détend.

Alors que Rey vient à peine de finir ses observations, voici qu’arrivent derrière nos héros toute une troupe de galopins montés sur des… mélanges entre des chevaux et des lamas. Des lamaux ? Appelons-les ainsi. Mais qui sont ces gens ? Amis ? Ennemis ? Le malentendu est vite dissipé : ce sont d’anciens stormtroopers, comme Fin, qui ont eux aussi décidé de déserter. Fin trouve ça incroyable : il pensait être le seul déserteur du Premier Ordre !

« Oui, c’est fou comme recruter des gens au hasard et leur demander de tirer sur leurs propres familles a l’air de ne pas bien marcher ! » fait remarquer la cheffe des nouveaux arrivants qui elle aussi, a tellement de charisme que je n’ai pas retenu son nom. C’est vous dire si la galerie de personnages est fascinante. À peu près autant que les stratégies du Dernier Ordre. Ou Premier. Je ne sais plus trop. De toute manière, quelqu’un finit par poser la question :

« Mais au fait, quelqu’un a vu Rey ? »

C’est une bonne question, car la filoute a filé et piqué un frêle esquif dont disposait les déserteurs locaux et se dirige sur les flots droit vers le bout d’épave de l’Étoile de la Mort indiqué par la dague, seule. Elle pilote une espèce de catamaran à réaction, affronte des vagues grosses comme des immeubles, même les déserteurs disent que la mer est trop démontée pour y naviguer, mais une fois encore, Rey, qui vient pourtant d’une planète désertique où elle n’a jamais vu l’océan, s’avère être une incroyable hauturière.

Non mais… quel personnage chiant. Il sait tout faire mieux que tout le monde. Tout le temps. En fait, c’en est même à se demander pourquoi il y a d’autres personnages.

Rey parvient en tout cas jusqu’à l’épave, et là au moins, on peut comprendre qu’elle soit à l’aise : piller des épaves, c’était son boulot. Oh, ça, avec ses rabouins, elle en a démonté, du panneau routier ou de la R12 ! Grâce à cela, c’est avec une célérité notable qu’elle gagne son objectif qui se révèle être l’ancienne salle du trône de l’empereur Palpatine ! Là où Darth Vador affronta Luke devant le vieux tyran ! Et lorsqu’elle entre… un sas près du trône s’ouvre en faisant « Pshiiiit ! ».

« Cette porte automatique encore alimentée est décidément un énorme coup de bol ! Cela dit, ça devait être chiant durant le combat entre Luke et son père ! »

* * *

Des années plus tôt, à bord de l’Étoile de la Mort.

« Ouiiii… ouiiii, battez-vous… et le meilleur sera m….
*PSCHIIIIT*
– … le meilleur ser…
*PSCHIIIIT*
– le meilleur sera mon appr…
*PSCHIIIIT*
– PUTAIN MAIS VOUS POURRIEZ ALLER VOUS BATTRE PLUS LOIN QUE JUSTE DEVANT MA PORTE AUTOMATIQUE, PETITS CONS ? »

* * *

L’empereur est quand même sympa : laisser une porte automatique dans sa salle du trône menant à l’un de ses plus grands secrets, c’est bien urbain. Rey entre par conséquent dans la pièce pour voir ce qu’il s’y trouve, et tombe, comme prévu, sur une pitchramide semblable à celle de Kilo ! Bon, notez qu’elle aurait pu la voler à Kilo simplement en se connectant à lui via la Force au bon moment vu que ça leur permet de se toucher et de se chiper des trucs, mais hein, bon, maintenant on est là alors faisons avec.

Mais lorsque Rey se saisit de la pitchramide, elle voit soudain une ombre s’avancer vers elle… c’est elle, mais en seigneur Sith ! Et avec à la main un double-sabre dépliant parce que c’est plus facile à ranger comme ça !

« Hin hin hin, Rey… viens du côté obscur !
– Jamais ! Ça fait des yeux tout jaunes, et c’est tout laid quand on met le filtre sépia sur Instagram !
– Dans ce cas, tu MOURRAS ! »

Rey évite les coups de son double et finit par tomber en arrière au beau milieu de l’ancienne salle du trône… et si son double disparaît, quelqu’un d’autre est près d’elle, et ramasse la pitchramide qu’elle a laissé tomber au sol.

« KILO ! 
– Oui, Rey, c’est bien moi. Je savais que tu viendrais ici. J’ai eu la dague, moi aussi.
– Ah ouais ? Et sachant que tu ne l’as plus, comment as-tu su exactement dans quelle partie de cette épave géante j’étais ?
– … alors je… heu… bon, écoute ! Je veux que tu domines la galaxie avec moi, alors vois ce que je fais de cette pitchramide ! Gnnn rrrgnnnnn grrmblllll… »

Et simplement en la serrant entre ses doigts, Kilo brise le fragile objet indiquant la position de la Fisithinière.

« Non ! Ordure !
– Oui, laisse la colère monter en toi… à présent, si tu veux aller à la Fisithinière, tu devras y aller avec moi, c’est ta seule option. Pour voir l’empereur. Et à ce sujet… il est temps que tu saches pour tes origines.
– Je t’écoute, je sens bien que tu as envie de raconter ton histoire.
– Ton père avait fui son héritage… il était… le fils de l’empereur Palpatine ! Tu es donc… SA PETITE-FILLE ! HOHOHOHO ! C’est pour cela qu’il avait envoyé ce chasseur de jedis te chercher. »

Et Rey d’avoir des flashbacks. Où elle voit ses parents être traqués. Lui dire « Reste ici, tu es en sécurité » (tellement qu’elle a fini clodo/esclave, pour rappel). Être emmenés par le chasseur de jedis qui a finalement tué ses parents car ils refusaient de se rabibocher avec papa (et beau-papa) Palpatine. Tout cela est terrifiant ! Rey en titube. Et Kilo poursuit.

« Palpatine te veut vivante, Rey.
– Ah oui ? Alors pourquoi veut-il me tuer depuis le début du film ?
– Tiens, merde oui. C’est vrai que c’est pas cohérent.
– Non mais rien ne l’est. Est-ce que tu ne veux pas que l’on fasse le truc habituel pour se sortir d’une situation incohérente ?
– Se taper dessus ? Allez ! »

Et c’est parti pour un combat au sabre laser entre les deux compères, qui s’affrontent un peu partout dans l’épave, y compris sur les zones battues par les intempéries et les vagues géantes. Les amis de Rey tentent bien de la rejoindre pour l’aider, mais elle utilise ses pouvoirs pour les tenir à distance. Ce qui la force à tourner le dos à Kilo, qui a la gentillesse de ne surtout pas en profiter pour attaquer : il est comme ça.

Comme dans tous les mauvais films, les personnages s’envoient des coups mortels, sauf quand l’un desdits coups risque de toucher.

Mais une alliée inattendue vient à la rescousse de Rey malgré tout : Leia.

Depuis sa base secrète à l’autre bout de la galaxie, elle a pu sentir le conflit entre son petit-fils et sa disciple. Elle décide donc d’utiliser un super pouvoir : elle va se coucher. Non, attendez, continuez à lire, ça ne s’arrête pas là. Moi aussi, je le pensais, mais non : elle projette son esprit vers celui de Kilo pour lui dire « Attention, derrière toi, un singe à trois têtes ! » . Kilo est déconcentré, et Rey en profite pour non seulement le désarmer… mais dans l’emballement du moment, lui plante sa propre arme dans le bidou !

« J’ai bobo ! » chouine Kilo en s’effondrant.

Rey va-t-elle achever ce gros geignard ? Nenni ! Car Kilo et elle ont senti l’intervention de Leia, qui était si puissante que cela a coûté la vie à la mamie. Son sacrifice touche donc leur petit cœur, et Rey se dit que allez, bon, c’est bien parce que c’est toi : elle ne compte pas être aussi cruelle que Palpatine, même si elle a son sang en elle, elle donne un peu de sa force vitale à Kilo, et paf ! Ça le soigne ! Kilo n’a donc désormais plus de trou dans le bidou ! Ce qui est plus pratique pour vivre, il est vrai.

Je vous avais dit que ça resservirait.

« Allez, c’est pas tout ça mais maintenant, je me casse. » annonce Rey qui court jusqu’au chasseur avec lequel Kilo était venu sur l’épave et s’enfuit avec dans le ciel triste de cette lune d’Endor.

Laissé seul sur place (les amis de Rey ont eux aussi décidé qu’ils avaient mieux à faire ailleurs, en fait), Kilo se retrouve seul avec ses doutes, et surtout, avec ses fantômes, car derrière lui apparaît le fantôme de son papounet, Han Solo !

« Mais ? Qu’est-ce que tu fous là ? Tu n’étais même pas un jedi !
– Heu… on va dire que je suis un… heu… souvenir qui parle ? Et très vivace ?
– Allez.
– Bon, ben, je voulais dire que ce qu’il vient de se passer est simple : tu n’as pas échoué. Celui qui vient d’être mortellement touché, c’est Kilo Ren. Celui qui vient de se relever, c’est mon fils, Ben Solo.
– Damnation, j’avais oublié que j’avais un nom aussi pourri.
– Ouais ouais, cause « Kilo Ren », va.
– Raaah, c’est bon ! Et maintenant ?
– Maintenant, tu sais ce qu’il te reste à faire, Ben. Et le moment venu, tu trouveras la force de le faire.
– Attends, non, en fait, je sais pas du tout de quoi tu parles ! Mais attends, bordel ! Dis-moi ce que… »

Mais le souvenir-fantôme a disparu. Laissant Ben Solo bien embêté, tout seul comme un couillon sur un bout d’épave au milieu de la mer, et sans vaisseau pour repartir. Et pour bien signifier qu’il a décidé qu’être sith, en fait, c’était nul, il jette son sabre tout rouge à l’eau en gueulant « D’toute façon, j’en veux pu ! » tel l’adolescent rebelle qu’il est.

Puis, il constate que maintenant, il est tout seul comme un con ET sans arme. Flûte.

Ce n’est pourtant pas le seul à être dans la panade : Rey est partie sans donner de nouvelles. Fin, Poe & compagnie ont donc regagné le Faucon, puis la base rebelle pour y annoncer que Rey avait disparu, mais aussi pour découvrir que Leia est morte. C’est par conséquent Poe qui se retrouve nommé commandant en chef, ce qui est en soi une mauvaise nouvelle pour toute la Résistance. Personnellement, j’aurais laissé Leia commandant en chef : même morte, elle dira toujours moins d’âneries que Poe.

Sa prise de commandement commence d’ailleurs avec un bilan de la situation qui n’est pas brillante.

« Bien, je résume : Palpatine est de retour et sa flotte est toujours sur la Fisithinière, la planète cachée. Et nous n’avons pas réussi à récupérer la pitchramide qui aurait pu nous guider jusqu’à elle ! Par ailleurs, on vient de m’annoncer que les nouveaux destroyers produits à la Fisithinière disposent tous d’un rayon de la mort capable de détruire une planète – ce qui devient un peu lourd – ce que nous savons car ils viennent de faire péter la planète Roxor histoire de nous montrer qu’ils vont passer à l’action et nous obliger à sortir de notre cachette.
– Et donc, votre plan ?
– Heu… de dire à haute voix AH, SI SEULEMENT NOUS AVIONS UN AUTRE MOYEN DE TROUVER LA FISITHINIERE ! »

C’est alors que…

Attendez, je vais chercher ma masse pour faire du mal à ma boîte à « Ça alors !« .

Voilà attention… c’est parti : c’est alors que le petit droïde qui était à bord du vaisseau du chasseur de jedi, celui qui ne savait dire que « Content » ou « Triste » dit soudain « Ma foi mes bons amis, il se trouve que par un heureux hasard, mon ancien maître travaillant pour ce triste sire de Palpatine, il disposait des coordonnées de la Fisithinière. Je serais donc ravi de les partager avec vous, même si cela signifie que Luke, qui avait exploré le vaisseau du chasseur de jedi, n’avait jamais pensé à regarder dedans le journal de bord pour y trouver les coordonnées ce qui est, je le dis, ballot, voire carrément complètement con. »

Le plus grand secret des Siths était en fait caché dans un Roomba. Je vous laisse le soin d’applaudir devant votre écran, cette prouesse scénaristique étant fabuleuse.

BB-8 expliquant qu’en fait, grâce au droïde à côté de lui, ils avaient toutes les informations dont ils avaient besoin depuis le début du film.

Mais, nous ne sommes pas au bout de nos peines.

Car au même moment… mais que fait Rey ?

Figurez-vous qu’elle est partie bouder sur la petite île de la lointaine planète où se cachait Luke Skywalker. Et qu’elle a mis le feu au vaisseau avec lequel elle est arrivée, qui n’est plus qu’une grosse épave dans laquelle elle jette tout ce qu’elle possédait. Mais au moment de jeter son sabre laser….

Une main spectrale l’en empêche : c’est Luke.

« Dis donc, tu n’allais pas foutre mon sabre au feu par hasard, espèce de petite black bloc ?
– Et vous, si vous pouvez interagir avec la réalité, vous seriez quand même plus utile à aller aider des gens un peu partout dans la galaxie ! Non parce que si les fantômes peuvent attraper les armes, ils peuvent les manier. Sans risquer d’être tués. Vous pourriez donc arrêter tout le Dernier Ordre en deux minutes.
– Ah oui merde je… non mais c’est…
– Ne vous fatiguez pas : le scénario n’a pas pensé à cela. Qu’est-ce que vous me voulez ?
– Je veux savoir ce que tu fais à cramer des véhicules sur mon île, sale délinquante.
– Eh bien figurez-vous que c’est tout bête : j’ai appris que j’étais la petite-fille de Palpatine. Alors pour éviter de devenir un sith, j’ai décidé de m’isoler ici. 
– Alors que tes amis ont besoin de toi.
– Mais je n’ai pas les moyens de les aider ! J’ai perdu la pitchramide ! Je n’ai pas les coordonnées de la Fisithinière ! Je ne peux rien faire pour eux !
– Oui, sauf que tu es en train de brûler le chasseur de Kilo Ren… or, qui avait trouvé la première pitchramide ? »

Et Luke d’indiquer, au milieu des flammes, la pitchramide de Kilo Ren qui bien que noircie, est impeccable !

« Mais c’est formidable ! Et je… attendez !
– Oui ?
– Comment la pitchramide de Kilo peut-elle être ici ? Sachant qu’elle était dans le chasseur que j’ai explosé plus tôt dans le film, sur Partyhard ! Celui qui a explosé sans tuer Kilo sans aucune explication !
– Ah oui. Merde. 
– Et quand bien même par je ne sais quel miracle, elle serait ici, comment est-ce qu’un objet que Kilo pouvait détruire juste en serrant le poing aurait pu survivre à l’explosion du vaisseau qui est en train de se consumer face à moi ?
– C’est que… je… bon écoute, ta gueule ma petite. Tu vas prendre cette pitchramide et ne pas poser de questions.
– Mais je…
– J’AI DIT TA GUEULE ! Maintenant, tu veux un vaisseau parce que tu as connement brûlé le tiens ? Paf, je fais sortir mon vieux X-Wing de l’eau, et dedans, il y a encore toute ma compil’ de Jean-Louis Aubert dans l’autoradio ! Et puis tiens, prends mon sabre laser ! Et puis, hop, dans une cachette, j’en avais un deuxième : le sabre de Leia, que j’avais formée à devenir une jedi aussi ! Et qui toute jeune, avait eu une vision, comme quoi un jour, elle serait utile à l’intrigue ! Je te dis ça pour que ce soit touchant, mais on s’en fout : prends la pitchramide, le X-Wing, les sabres et casse-toi !
– Mais… pourquoi deux sabres ?
– JE NE SAIS PAS, DES FOIS QUE TU CROISES UN JEDI SANS SABRE ? JE DIS ÇA AU HASARD ! »

Un jedi qui aurait récemment jeté son sabre ? Je ne vois vraiment pas qui ça pourrait être !

C’est… non vraiment, c’est douloureux à regarder, tant de nullité.

Rey, remotivée, grimpe dans le X-Wing et met le cap sur la Fisithinière. Et histoire d’aider ses amis, elle leur communique en direct ses déplacements, pour qu’eux aussi puissent se rendre sur la planète maudite de Palpatine. Autant dire que lorsque Rey, à bord du vieux chasseur de Luke, apparaît sur les écrans de la base de la Résistance, autant de fan service fait éclater la joie de tous ces braves gens. C’est le moment de suivre Rey pour l’assaut final ! Poe réunit ses troupes pour l’inévitable séquence du briefing.

« Bien ! Nous allons nous rendre nous aussi à la Fisithinière. Et attaquer la flotte de Palpatine avant qu’elle ne puisse aller semer un peu plus le chaos dans la galaxie ! Nous avons scanné la planète ennemie avec nos radars, et elle est pleine de tempêtes électro-magnétiques, de trous gravitationnels, de poussière qui vole dans tous les sens, bref ! C’est quasiment impossible de voler là-dedans car on ne peut guère distinguer le haut du bas ! C’est pourquoi l’ennemi, dès qu’il fera décoller ses destroyers, devra sûrement les laisser en stationnement et sans boucliers, le temps de les guider pour le décollage ! Nous avons lu le script et… hem, pardon, nous avons repéré une antenne suspecte au sol : nous pensons que c’est leur dispositif de guidage ! Si nous le faisons exploser en envoyant un commando la prendre d’assaut par voie de terre, nos ennemis ne pourront pas bouger ! Et ils seront à notre merci ! Nous pourrons dès lors en péter genre, plein ! Alors je sais, vous allez me dire que nous ne sommes pas assez nombreux pour en détruire suffisamment… mais là aussi, j’ai un plan ! Nous avons été rejoints par Lando Calrissian, qui ira avec le Faucon Millénium dans les systèmes centraux de la galaxie diffuser le message que nous partons au combat pour qu’ils se joignent à nous et…. oui ? Vous levez la main ?
– Caporal Roudoudou mon général. Je voulais juste vous signaler que le coup du message, nous l’avons déjà fait dans le film précédent, et personne n’a répondu. Donc on sait que les gens ne viendront pas.
– Ahaha… ça c’est parce que l’ennemi essaie de nous isoler, petit défaitiste ! Il nous divise et nous fait croire que nous sommes seuls alors qu’ensemble, nous sommes forts !
– Non mais mon général, les discours sur l’amitié, c’est bien et tout, mais ça ne change pas que s’ils n’ont pas répondu la première fois pour venir se battre contre une flotte en mauvais état du Premier Ordre, je doute qu’ils soient plus motivés pour venir se battre contre une flotte cent fois plus grosse et flambant neuve.
– Bon, écoutez, vous commencez à…
– Et l’antenne de guidage, si elle est si indispensable pour s’orienter dans cette soupe sur la Fisithinière, comment va-t-on faire pour s’orienter, nous ? Surtout que bon, le coup du croiseur qui ne trouve pas le haut du bas, alors qu’il part du sol pour aller en orbite, ça me paraît moyennement crédible. Alors que nous, on va arriver en petits vaisseaux et tournoyer… sans repères, c’est nous qui seront dans la merde, en fait.
– Il suffit ! Vous…
– En plus, pourquoi voulez-vous attaquer cette antenne par voie de terre ? C’est une antenne ! On tire dessus et c’est régl… »

Le caporal Roudoudou est abattu sur le champ d’un tir en plein cœur, permettant ainsi à Poe de reprendre son plan :

« Bon, donc on y va sans guidage, on attaque l’antenne de guidage ennemi de la pire manière possible, et on espère que le message qui a échoué dans de meilleures conditions la dernière fois marche mieux ce coup-ci, et que mieux encore, les mecs se mobilisent tous dans la minute ! »

C’est avec ce plan absolument foireux que la Résistance s’en va vers la Fisithinière. Je… mes neurones. Mes pauvres neurones.

La flotte de la Résistance arrive peu après sur place pour trouver, en effet, des milliers de destroyers ennemis bien alignés à la surface de la planète, qui accueillent les nouveaux arrivants à grands renforts de barrages d’artillerie laser. Cela secoue un peu, mais nos héros n’ont pas l’air spécialement embêtés, et se rendent sans problème jusqu’au sol pour y déposer leurs transports de troupes en vue d’attaquer l’antenne de guidage si vitale à l’ennemi.

Mais lorsqu’ils arrivent, les vilains les ont vu venir, et désactivent l’antenne ! Pour activer, en lieu et place, une seconde antenne installée directement au sommet du vaisseau amiral de la flotte !

« Super, on n’a qu’à tirer dessus et ce sera réglé ! Pas vrai Poe ?
– Allons, Fin ! Et pourquoi pas envoyer un vaisseau en vitesse supra-luminique pour découper toute la flotte sans se fouler ? Soyons sérieux ! Non, on va larguer nos troupes… SUR le navire amiral ! »

Vraiment. C’est leur plan.

Les mecs parviennent à amener leurs barges de transport jusqu’au navire amiral sans souci, merci, et y déversent… Fin, Rose et leurs amis, à dos de lavaux, les fameuses créatures que chevauchaient les déserteurs trouvés sur la lune d’Endor. Pourquoi ? Pourquoi ont-ils besoin de canassons alors qu’ils devaient être déposés directement à côté de leur objectif ? Nul ne le sait, mais voilà qui fera des jouets en plus à vendre.

La charge des lavaux, dont personne ne comprend bien l’intérêt, surtout pour charger du… du rien, en fait.

C’est nul. Vous l’ai-je déjà dit ?

Laissons donc la charge de cavalerie sur vaisseau amiral se poursuivre et allons voir où en est Rey. Qui est elle aussi arrivée sur la planète, mais elle, sans être embêtée, car Palpatine voulait qu’elle arrive jusqu’à lui. Elle s’est posée dans le réseau de grottes sous la surface, et s’est rendue jusqu’à la salle du trône où Palpatine, toujours attaché à sa machine qui maintient son corps faiblard en vie, exulte.

« Mouhohoho… j’ai gagné ! Tu es là, Rey ! Ma petite-fille ! 
– Je vais vous tuer, vieux forban.
– C’est comme ça qu’on dit bonjour à papy ? Non, laisse-moi t’expliquer comment cela va se passer : tu vas me tuer, sous les acclamations de mes techniciens encapuchonnés que j’ai fait installer dans des tribunes souterraines géantes…
– Que ? Mais c’est vrai en plus ! Mais quel est donc ce film de merde ? Vos techniciens n’ont rien de mieux à faire, en pleine bataille, que de jouer les tribunes du Parc des Princes ?
– Silence ! Tu me tueras ! Et comme toutes les générations de Sith vivent en toi, sitôt que tu me tueras, je prendrai possession de ton corps ! Et je deviendrai impératrice !
– Impératrice ?
– Si, si ! Impératrice ! Puisque j’occuperai ton corps !
– Toi, quand viendra ce petit moment du mois que même les impératrices ne peuvent éviter, tu changeras vite de chanson. Mais pour la peine, pour l’instant, je ne vais pas te tuer, parce que mon papy qui rentre en moi, ça me donne surtout envie d’appeler les services sociaux. »

Au-dessus d’eux, le sol se met à trembler, car la bataille fait rage entre la minuscule flotte de la Résistance et la titanesque flotte du Dernier Ordre. Mais voici que dans les couloirs souterrains menant à la salle du trône de Palpatine, un nouvel allié approche : c’est Ben Solo ! Qui armé uniquement d’un blaster, est parvenu jusqu’ici (probablement en Uber) et tente de rejoindre Rey ! Hélas pour lui, il se fait encercler dans un coin sombre par les chevaliers de Ren, qui ont bien envie de passer la bite au cirage de leur ancien maître maintenant qu’il n’est plus obscur du tout.

Et avec un simple blaster, cela va être juste.

Mais Rey et Ben entrent en contact, et usant du pouvoir absolument cheaté de téléportation entre eux, Rey lui envoie… le second sabre laser qu’elle a sur elle ! En deux minutes, Ben peut donc tuer ses vieux amis et rejoindre en courant la salle du trône. Où Rey et Ben menacent l’empereur de leurs sabres.

« Mais ? Qu’est-ce que vous n’avez pas compris dans le fait que je veux que vous me tuiez ? Bon, allez, ça suffit, vous êtes deux neuneus, et comme on dit au Texas : les neuneus, ça s’électrocute bien. »

Palpatine tend ses mains fatiguées et en jaillissent des éclairs qui font bobo à nos deux amis. Et mieux encore, il se met… à absorber leur énergie vitale ! Son corps décharné reprend peu à peu des couleurs, et ses membres déformés guérissent.

« Aha ! Merci les couillons ! Il y a un lien unique entre vous, la Force fait de vous des êtres inséparables… et ça tombe bien, ça en fait deux fois plus pour bibi ! »

L’empereur absorbe donc toute la vie des deux loustics, et laisse les deux corps tout vides s’effondrer à ses pieds. Tant pis pour la réincarnation dans Rey, ce n’est finalement pas si grave. Ah, s’il avait su qu’il avait ce pouvoir, il l’aurait fait plus tôt !

Pendant ce temps, à la surface, cela tourne aussi plutôt mal pour la Résistance. En effet, dépassés en nombre de l’ordre de 1 vaisseau pour 100 en face, tous explosent les uns après les autres. Et Poe lui-même commence à penser que tout est perdu lorsque…

Et là, attention. On se redresse sur sa chaise, le dos bien droit, et on regarde tout de suite dans quelle direction on va lancer son écran. Vous l’avez ?

Alors je reprends : lorsque… sur la radio une voix annonce que rien n’est perdu. Car une flotte GIGANTESQUE de vaisseaux venus des quatre coins de la galaxie arrive ! Et elle est capable de se mesurer à la flotte ennemie ! Ce qui veut dire…

Eh bien ce qui veut dire que depuis le début, en fait, la République avait une flotte capable de ratiboiser le Premier Ordre, car, et là je cite un chiffre donné dans un dialogue très secondaire du film, avant le renfort de la flotte de Palpatine, la puissance de la flotte du Premier Ordre était « 10 000 fois » moins grande. Donc, si la flotte de la République là, tout de suite, est capable de les affronter, je vous laisse deviner ce qu’elle aurait fait face à une flotte 10 000 fois moins puissante.

Ce qui signifie… qu’en fait, cette trilogie n’aurait jamais dû exister. Rien que ça. Parce que depuis le début, la République pouvait tout régler.

Et qui a fait le premier film ouvrant cette trilogie ? J.J Abrams. Qui a fait le dernier film qui tue ainsi le premier avec une énorme erreur ? J.J Abrams.

Que dire de plus ? Que le seul truc que nos héros ont fait a été d’envoyer quelqu’un demander à mobiliser cette armée. Donc… que trois films reposent sur une puissance galactique monstrueuse du côté des gentils qui se contente de dire : « Ah mais, il suffisait de demander !« .  C’est. Monstrueusement. Nul.

LA méga-incohérence du film : en fait, on avait une flotte géante, mais on avait oublié, hihihi !

Je vais verser mon brandy directement dans mes yeux, on va gagner du temps.

Reprenons, pourvu qu’on en finisse.

La bataille tourne à l’avantage de la Résistance, mais attention, nouveau rebondissement ! Palpatine pétant désormais la forme, il fait ouvrir un sas entre lui et la surface, et par là, se met à déchaîner une tempête d’éclairs, son sort préféré, qui font tomber en panne tous les vaisseaux de la Résistance qu’ils touchent (les éclairs savent distinguer les gentils et les méchants). Les pauvres navettes et autres croiseurs déréglés menacent de s’écraser au sol.

Mais re-re-rebondissement ! Rey, au sol, est aux portes de la mort, et entend tous les jedis qui lui parlent.

« Rey, debout ! », « Rey, te bouger tu dois ! », « Rey, you motherfucker ! » (vous aurez reconnu maître Windu) « Oui c’est vrai, Rey, car les jedis aussi vivent en toi ! Alors gogogo, taper Palpatine ! »

Et Rey se relève, parce que Palpatine, tel un enfant qui entend qu’il y a encore du jus au fond de son berlingot mais n’arrive pas à l’attraper avec la paille, lui a laissé un peu de vie. Comme ça. Parce que. Palpatine lui envoie ses éclairs, que Rey bloque avec son sabre. Et pour plus de puissance, elle récupère le sabre de Kilo, et forme une croix avec.

« Noooon ! Pas un crucifix !
– Par Jésus Christ notre seigneur jedi, demeure ! »

Les sabres retournent les éclairs de Palpatine contre lui. Il suffit par conséquent à Palpatine d’arrêter d’en balancer pour…

Ah non. Non, en fait, Palpatine est très con et se suicide en continuant à s’envoyer des éclairs jusqu’à ce qu’il soit mort. C’est… nul ?

Palpatine, vaincu, explose littéralement, ce qui comme dans tous les mauvais films, tue aussi tous les méchants qui l’entouraient. Au même moment, sans ses éclairs, la flotte de la Résistance reprend des forces et se remet à bourrer l’ennemi. Mieux encore : Fin, qui continue de faire le zazou à la surface du vaisseau amiral ennemi, fait non seulement péter l’antenne de guidage, mais détruit carrément tout le vaisseau, et n’est récupéré que de justesse par Lando et le Faucon.

Palpatine est mort, et les restes de son immense flotte continuent à faire du rien et à se laisser exploser. C’est la victoire !

Cette annonce fait rapidement le tour de la galaxie, et partout, les gens se rebellent contre le Premier (ou Dernier) Ordre, dont les derniers vaisseaux s’écrasent lamentablement. Vaisseaux qui étaient dispersés en groupes de un dans différents coins, et donc que la Résistance aurait pu éliminer d’autant plus facilement, mais en fait, non, ils sont juste là pour s’écraser à la fin du film et faire beau dans le ciel de différentes planètes.

Rey, en tout cas, a tout donné pour son dernier combat. Et… s’effondre au sol. Morte.

Ben Solo se relève à cet instant, et constate que Rey est toute morte, ce qui est embêtant. À son tour – et ça devient grotesque – il va lui transmettre son énergie vitale. Rey se réveille donc, voit Ben et l’embrasse.

Puis Ben meurt.

Selon le film, parce qu’il n’a plus d’énergie vitale en lui et a tout donné à Rey. Selon les spectateurs, parce que ça commençait à devenir ridicule ce « Je te donne ma vie » « Non, moi je te donne la mienne ! » « Non, moi ! » et il fallait que ça s’arrête.

Mais selon moi, c’est surtout que Ben est mort pile quand Rey l’a embrassé. Et on parle quand même d’une donzelle qui a passé le plus clair de sa vie à se brosser les dents avec du sable, faisant de sa bouche une sorte de Stalingrad pour dentiste. M’est avis que Ben est mort parce qu’il vient de rouler un patin à l’équivalent buccal du Nécronomicon. Je serais Rey, je l’aurais mal pris.

En attendant, le corps de Ben disparaît, comme un bon jedi. Ailleurs dans la galaxie, celui de Leia en fait autant depuis sa base rebelle. Et les Skywalkers sont désormais tous morts.

Les Rebelles, eux justement, vont faire les fifous sur leur base et célèbrent la victoire en rigolant très fort et en se donnant des tapes dans le dos. C’est un Disney, j’espère que vous ne vous attendiez pas à ce qu’ils se murgent ou copulent dans les cockpits, tas de coquinous. Tout le monde est heureux, et la galaxie libérée (d’une force qui en fait, n’avait pas les moyens de l’occuper depuis le début).

Rey retourne alors sur Tatooine, à la ferme des Lars où a grandi Luke Skywalker.

Pourquoi là ? Pourquoi pas là où Anakin Skywalker est né ? À part pour toujours plus de fanservice ?

Toujours est-il qu’elle y enterre les sabres de Luc et Leia côte à côte. Accessoirement parce que maintenant, c’est bon, elle a le sien, donc elle n’a plus besoin de leurs vieux sabres pourris. Et puis, voilà que débarque une vieille. Car dans le désert, les vieilles sont légion et rôdent partout. Elle était sûrement derrière un caillou, si vous avez suivi. La vénérable ancêtre demande à Rey qui elle est, tant on ne croise pas beaucoup de nouvelles têtes par ici. Elle explique se nommer Rey. Et quand on lui demande son nom de famille, elle regarde dans le lointain et aperçoit, dans un mirage, Luke et Leia qui lui sourient.

« Skywalker. » répond-t-elle fièrement. Tu mens à la vieille, petite gourgandine ! Tu devrais avoir honte, Rey Palpatine !

Elle et BB-8 se tournent alors, non pas seulement pour faire comprendre à la vieille dame qu’ils n’ont plus envie de lui parler, mais aussi pour regarder les deux soleils de Tatooine.

Les ophtalmos de la salle se frottent les mains en pensant à l’impact de regarder non pas un, mais deux soleils en face, et sur cette dernière image l’écran s’assombrit et…

… FIN !

Wobondieu. Mais quel était ce titanesque étron ?

En route vers une nouvelle trilogie qui devra caser encore plus de références à encore plus de films !


Voilà.

Et pour votre information, je vous rappelle qu’une nouvelle trilogie est prévue. Et parce que décidément, l’écriture, c’est important, rappelons que les premières personnes à qui Disney a voulu confier le projet était les larrons derrière la saison 8 de Game of Thrones.

À ce stade, je commence sérieusement à me demander si tout cela n’est pas en fait une sorte de gigantesque pari hollywoodien pour savoir qui produira le plus gros coprolithe.

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Un odieux connard

Mais non, c'était plus drôle de le laisser chercher, de prendre des risques, de débarquer à un moment complètement aléatoire, et là, de lui dire qu'en fait, on voulait qu'il vienne mais on ne lui disait pas, juste pour rigoler.

Par contre, si le Dernier Ordre attaque avec des fougères, il prendra cher.

Et comme diraient vos mamans, si tu sors dans le désert, mets au moins une casquette.

Le conception des véhicules est du côté des gentils, mais ça, c'est un peu l'incohérence de tous les Star Wars.

Oui, parce que le chasseur, c'est le petit point noir que vous voyez à l'horizon derrière elle entre les rochers.

Et pour corrompre définitivement la programmation du pauvre droïde, le monstre lui a installé Open Office.

Je rappelle que même faire exploser leur speeder à pleine vitesse ne les tue pas ; personnellement, j'aurais déjà changé de camp par pur sens pratique.

Espérons que le scénario fasse bien attention à ne pas mentionner l'existence de pilleurs d'épave dans cet univers, pas vrai Rey ?

C'est ce qui rend ces duels inintéressants, puisqu'au final, on sait qu'il ne s'y passera rien.

Là, vous devez m'imaginer en train de donner de violents coups de pelle à mes stagiaires en hurlant des incantations sataniques.

Alors qu'un peu de lave-glace et hop, tu les dégages de ton pare-brise géant.

Notez que la flotte ne se mobilisait pas quand on détruisait des planètes entières, par contre, si on lui demande gentiment, là, ok, elle veut bien.

Pour caser un maximum de références à d'autres films sans se soucier du reste, je propose d'engager directement Quentin Tarantino.

T’as pas les codes

Il y a quelques mois de cela, votre serviteur se fendait d’un article sur PNL, célèbre groupe grâce auquel on peut écouter deux millionnaires nous parler de leurs galères.

Bien sûr, aussitôt, de braves gens montèrent au créneau pour dire que l’auteur de l’article n’avait rien compris, voire, pire encore, qu’il aurait été de mauvaise foi (sur ce blog ? Alors là !). Et pour appuyer leur propos, ils utilisèrent en nombre un argument massue, que l’on retrouve généralement sitôt que quelqu’un fait remarquer que les paroles d’un groupe de rap sont, disons, peu légères :

« T’as pas les codes. »

Mais quels codes ? Pourquoi est-ce que les gens qui utilisent cet argument ne le développent jamais et se contentent de se draper dans leur savoir mystérieux ?

Puisque l’argument est reparu il y a peu devant votre serviteur, reparlons-en en cliquant sur la vignette ci-dessous.

Allez, on clique.

Je me prépare à la tempête d’étrons qui arrive.

Un odieux connard

Et ensuite, on se plaint que c'est chiant à dérouler.

Anna Iegorova, la tankiste volante

Votre enfant aime la Reine des Neiges ?

Il est grand temps de lui parler d’une femme venue du froid ayant véritablement existé, et qui à défaut de lancer ces glaçons, exprimait son désarroi au canon de 20mm. L’histoire ne dit pas si elle dansait en descendant de son avion, mais en tout cas, elle dit que ceux qui ont tenté de la faire chanter ont eu des problèmes.

Voici donc l’histoire d’Anna Iegorova.

Bon visionnage.

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Un odieux connard

Annonce de sortie d’un livre : Game of Trolls

« Vous pourriez spoiler Game of Thrones ? »

Cette question m’a été posée bien des fois. Et la réponse a toujours été la même : nenni. Car il y a une grande différence entre spoiler un film de deux heures et spoiler huit saisons représentant environ soixante-treize heures de visionnage. Je sentais donc le désarroi et la détresse chez mes interlocuteurs, plus encore après la dernière saison, lorsque soudain, la situation a dégénéré. Vous savez ce que c’est : on boit tranquillement son brandy en lisant Caulaincourt, et puis soudain, un choc sur l’arrière du crâne, un sac sur la tête, une camionnette et on se réveille dans une geôle avec face à soi, les éditions Bragelonne. Oui, ils sont taquins. C’est pour cela que l’on s’entend bien. Nous liâmes donc promptement dialogue.

« Monstres ! Jamais vous ne me ferez spoiler Game of Thrones !
– Ooooh, mais ce n’est pas ce que nous attendons. Nous, nous voulons… une parodie.
– Une… parodie ?
– Oui.
– Qu’est-ce à dire ?
– Tu vois tes spoilers ? Ils sont parcourus de petits dialogues ?
– Je vois bien.
– Nous en voulons 250 pages.
– … 
– Avec plein de calembours honteux. Et en plus, nous exigeons que tous les personnages aient des noms idiots.
– … dois… résister…
– Oh, on sait que tu aimes ça. Nous avons lu les spoilers du Hobbit.
– Vous… vous voudriez dire que vous me laisseriez faire de l’humour nain ?
– Non. Nous voulons dire… que nous allons te payer pour faire de l’humour nain. »

Il n’en fallait pas plus à votre serviteur, malgré sa volonté de fer, pour céder. C’est donc officiel, il arrive :

Game of Trolls

Une parodie qui sort ce 27 novembre 2019

Cela a l’air fort subtil, vous en conviendrez.

Et parce qu’on est comme ça, quelques extraits.

—Oh! Une marmotte mourante! Et voyez: elle nous laissé une portée de marmottons. Et il y en a un pour chacun d’entre vous, mes enfants. Un beau symbole, car la marmotte est l’animal de notre blason.
—On pourrait pas plutôt avoir un loup? demanda Riri.
—Rah, qu’est-ce que vous avez tous avec ça ? « Gnagnagna, on vient du froid », « Gnagnagna, un loup »… Hé ho, il y a plein d’autres animaux que le loup qui viennent du froid! C’est très bien la marmotte! Alors, maintenant, vous arrêtez de me péter les rouleaux façon « Gnugnugnu, les autres ils ont des lions », « Gninigni, Machin, il a un dragon »… Soit vous prenez vos marmottons, soit ce sera ma botte au cul!
—Mais papa, maman, elle a dit qu’il fallait que tu arrêtes de ramener tous les bébés animaux abandonnés que tu trouves. Déjà, c’est comme ça que tu as ramené Jean Neige à la maison, et c’est bien assez de travail.

Le visage sévère de Ned se fendit d’un sourire lorsqu’il repensa à ce jour où, bien des années auparavant, il avait trouvé une paysanne dans un fossé avec une portée de bâtards. Il avait décidé d’en garder un et de le ramener chez lui. Ce n’est que deux jours plus tard qu’il s’était dit qu’il aurait peut-être dû plutôt aider la paysanne à se relever au lieu de se barrer avec un de ses marmots. Mais bon, Ned était comme ça. Impulsif, disaient les uns, un peu con, disaient les autres

* * *

—Tu trouves pas ça bizarre? interrogea Victor à voix haute.
—De?
Derrière lui, sa sœur Danny Tapurien sirotait son café Starbucks® en ajustant ses Ray-Ban® pour mieux voir l’écran de son iPhone®. Victor leva un sourcil inquisiteur dans sa direction.
—Quoi? insista Danny. C’est le placement de produits que tu trouves bizarre? T’inquiète, personne va rien remarquer. Tiens, tu veux des M&M’s®?
—Hmmmm… non. Non, Danny, ce que je voulais dire, c’est que c’est quand même bizarre. Le continent à l’ouest se nomme Ouestecoste, et celui à l’est, Estecoste. C’est quand même pas bien inspiré.
—Tu sais très bien que toute la géographie de notre monde a été établie il y a bien longtemps par le célèbre géographe monsieur de La Palice. Et puis, qu’est-ce que tu voudrais? Qu’on vive sur un gros continent en plein milieu de la carte, qu’on aurait bêtement appelé « Terre du Milieu »?
—Non, c’est vrai que ce serait con. T’as raison, Danny.

* * *

Catherine voyait venir la chose gros comme une maison : son jeune fils essayait de l’embabouiner en usant du prétexte de sa paraplégie pour se faire offrir un poney. Mais on ne la lui faisait pas: Braille devrait se contenter de faire ce que font tous les nobles et les banquiers lorsque survient une crise, vivre sur le dos des pauvres.

—Tu pourrais chevaucher Opor, annonça-t-elle.
—Opor? répéta Braille. Le valet complètement neuneu? Oh non!

Opor était en effet l’un des serviteurs les plus fidèles de la famille Stroke. Une montagne de muscles et de gras, d’une bienveillance à toute épreuve, mais au vocabulaire, disons, limité puisque tout ce qu’il savait dire était « Opor », depuis qu’une mystérieuse attaque cérébrale l’avait frappé étant enfant. Tout le monde l’appelait donc ainsi, en lieu et place de son véritable nom, JeanMichel Tienslaputaindeporte. Catherine fit appeler le serviteur, et l’immense valet fit bientôt son apparition dans l’encadrement de la porte, qu’il occupait presque totalement.

—Opor! dit Catherine. Braille est paraplégique. Tu vas aller trouver une petite selle, te l’attacher et tu l’emmèneras où il le veut. Compris?
—Opor, répondit l’intéressé.
—Mais je veux pas, heuuuu! couina Braille. Il est débile!

Catherine Stroke jeta un regard indigné à son fils. D’après la Charte du vivre ensemble des Sept Royaumes, on ne disait pas « débile ». On parlait d’« intellect à fort potentiel de progression ». Elle se tourna vers Braille.

—Non, Opor n’est pas débile! Tiens, regarde! Opor? Quels sont les meilleurs nems?
—Opor.
—D’accord, et si je pars de Grau-du-Roi en bateau pour aller vers l’est, où vais-je arriver?
—Opor.
—Impressionnant! Et maintenant, pourrais-tu me citer un délicieux type de plat cuit braisé au lait de coco typique d’Indonésie?
—Opor.
—Excellent! Tu vois, Braille, Opor connaît des tonnes de trucs!

Braille sentait bien que sa mère venait de méchamment le feinter.

Voilà. Du reste, le livre répondra à quantité de vos questions :

Jean Neige a-t-il raison de penser que ces gens en loques qui tentent de passer le Mur sont mexicains ? Pourquoi est-ce que Cirrhose, la femme du roi, passe son temps à regarder par la fenêtre un sourire en coin et un verre de rouge à la main, qu’importe la situation ? Faut-il craindre ces mystérieuses tribus de cavaliers qui chevauchent de terrifiants poneys Shetland ? Et surtout : est-ce que quelqu’un en a vraiment quelque chose à faire de ce qu’il se passe à Dorne ?

Pour le savoir, il vous faudra donc vous rendre chez Madame la libraire, parce que vous êtes comme ça et que vous aimez son échoppe, pour lui demander le bien évidemment formidable livre de L’Odieux Connard (oui, c’est bien sous ce nom qu’il est enregistré) intitulé Game of Trolls (c’est moins rude à demander). Madame la libraire pourra dès lors vous le donner en échange de quelques deniers, vous le commander si elle a déjà été pillée, mais surtout, vous complimenter quant à votre bon goût.

Bien sûr, vous pouvez aussi l’acheter sur le vaste internet, mais qu’est-ce comparé au sourire de votre libraire ?

Bref. Vous avez l’information, et qui dit livre dit tournée, donc continuez à surveiller la page Facebook du blog et son Twitter, histoire de savoir dans quels coins votre serviteur rôde pour aller apposer sa signature sur tout cela.

On se retrouve donc le 27 novembre 2019 dans toutes les bonnes librairies. Bonne lecture.

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Un odieux connard

Terminator – Dark fade

« Odieux, attends ! »

La voix retentit à l’instant exact où je m’apprête à franchir les portes du cinéma. Je me retourne pour faire face au vil individu qui a besoin d’une bonne leçon de vouvoiement, et découvre avec stupeur un homme roulant des yeux fous, la cravate rouge dénouée, plusieurs boutons manquant à son veston. Il me rappelle fortement quelqu’un, mais en moins bien.

« Ne rentre pas dans ce cinéma ! Je suis toi-même, revenu du futur pour te prévenir !
– De ?
– De ne pas aller voir Terminator : Dark Fate ! C’est une sombre bouse ! Tes nerfs seront mis à rude épreuve. »

J’avoue que je me déçois un peu.

« Ah bravo, c’est malin. Tu viens de créer un paradoxe.
– C’est-à-dire ?
– Eh bien, en m’empêchant de rentrer dans le cinéma et de devenir fou, je n’ai plus de raison de revenir dans le passé pour me prévenir que le film est une daube. Ce que je savais déjà un peu, note. Ce qui veut dire que… »

Je consulte ma montre et inévitablement, une voix se fait entendre tout près de nous.

« Odieux un ! Odieux deux ! Attendez ! »

Nous nous tournons pour faire face à un troisième moi-même.

« Laisse-moi deviner : tu es venu du futur prévenir l’autre moi-même qu’il ne doit pas venir me prévenir de ne pas aller au cinéma, sinon je n’irai pas et il n’y aura plus de futur où j’ai une raison de revenir dans le passé pour m’empêcher d’y aller ? Donc au final, je verrai le film quand même ? 
– C’est ça.
– Alors oui, mais par conséquent, si je voulais voir le film, mais qu’on m’en a empêché, mais que grâce à toi j’y vais quand même, je vais devenir fou et… »

Pouf. Un quatrième larron surgit à nos côtés et s’approche avec la démarche de celui qui a un message important à livrer.

« Toi, tu es venu prévenir Odieux trois que s’il nous prévient qu’il ne faut pas me prévenir de…
– Non, moi je suis juste venu vous dire que les voyages dans le temps, c’était naze et vaguement ingérable, je propose donc que l’on arrête. »

Nous l’applaudissons tous trois pour mon bon sens.  Et puisque j’ai décidé de ne pas construire de machine à voyager dans le temps, je n’ai qu’à attendre quelques secondes pour que mes clones disparaissent dans l’éther. Diego, qui tout ce temps, suait à grosses gouttes à l’idée d’avoir plusieurs patrons, soupire, soulagé, avant d’afficher un air ouvertement confus.

« Alors oui patron, mais c’est impossible. Parce que vous avez décidé de ne pas construire une machine uniquement parce que vous êtes revenu du futur pour vous prévenir, il vous faudra donc… »

Je pose une main ferme sur l’épaule de mon veule serviteur.

« Silence, Diego. Arrêtons-nous là. Sinon, je vais utiliser ma machine à abréger le futur. » dis-je une main posée sur le manche du Mauser qui dépasse de ma veste.

Et tout cela de nous rappeler, chers lecteurs, qu’il existe deux méthodes principales pour gérer le voyage temporel : la première, où l’on estime que les actes dans le passé influencent le futur, et donc le voyageur temporel qui en vient, ce qui est particulièrement complexe, et la méthode plus basique, consistant à dire que le voyageur temporel vient d’une autre ligne temporelle. Et que ce qu’il changera dans le passé n’influencera pas le futur dont il vient. Ce qui a aussi un inconvénient : cela signifie que le voyage temporel ne sert strictement à rien, puisque le futur dont part le voyageur ne sera pas altéré.

Vous voulez un exemple ?

Version 1 : Skynet, sur le point d’être vaincu par John Connor, n’a aucun intérêt à renvoyer des Terminator dans le passé tuer John, car sans lui, il n’a plus de raison de renvoyer un Terminator dans le passé le tuer.

Version 2 : Skynet, sur le point d’être vaincu par John Connor, n’a aucun intérêt à renvoyer des Terminator dans le passé tuer John, car en fait, ça modifiera une autre ligne temporelle. Donc lui, là, tout de suite, sera vaincu quand même, ça ne l’aide en rien.

Bien sûr, vous pourriez écrire une histoire où Skynet est au carrefour de lignes temporelles qu’il peut percevoir, et grâce à son gros processeur, calcule ce qu’il doit faire pour s’en tirer au mieux. Une sorte de joker permettant d’éviter les obstacles un et deux. Oui, on pourrait écrire une histoire comme cela.

Mais à la place, on a écrit Terminator : Dark Fate. Alors, bon divertissement ou jugement dernier ?

Spoilons, mes bons !


L’affiche : Quand tout, absolument tout est couleur flammes, avec une explosion géante, cela s’annonce bien.

Tout commence… avec des vieilles VHS de Sarah Connor à l’hôpital psychiatrique.

Car rappelons que fut un temps, Sarah Connor était internée. Il faut dire qu’à force de raconter à tout le monde que dans le futur, un ordinateur du nom de Skynet allait transformer l’humanité en kebab, et qu’en attendant ce jour, il renvoyait des robots tueurs dans le passé pour tuer toute la famille du futur chef de la résistance, bon. On lui a fait une paire de grosse piqûres, on lui a enfilé une jolie chemise avec les manches qui s’attachent devant, et le seul robot à qui elle avait affaire désormais, c’était le distributeur automatique de Xanax. Non parce que ses histoires, c’était bien gentil, mais à une époque où l’on estimait que le futur, c’était les disques dur de 1Go (rendez-vous compte !), son histoire d’ordinateur pouvant gérer plus de deux tâches sans ramer, ça ressemblait quand même bien à du pipeau.

Puis est arrivé Terminator 2 : Skynet a re-tenté de tuer Sarah ainsi que son fils John Connor, a re-planté l’affaire, et Sarah a pu profiter de l’occasion pour non seulement prendre la poudre d’escampette, mais aussi changer le futur pour contrecarrer les plans de Skynet. Résultat ?

« Ça c’est le futur sans Sarah Connor© », nous explique notre héroïne en voix off, alors que les images d’une terrible bataille côtière entre robots et humains se déroule devant nos yeux.

« Et ça, c’est le futur grâce à Sarah Connor© !« , nous dit Sarah alors que nous découvrons la même plage, mais paisible et baignée de soleil, où des enfants s’amusent.

Avec Sarah Connor©, zéro robot, zéro bobo !

Oh, n’y pensez pas : j’ai déposé ce slogan, vous ne m’aurez pas.

Mais revenons, justement, à ladite paisible plage.

Car nous y retrouvons justement Sarah Connor, encore relativement jeune, avec John, lui encore relativement enfant, peu après les événements de Terminator 2. Ils sont sur le point de se faire un petit cocktail pépouze, quand voici que de nulle part sort, vêtu d’un terrifiant bermuda… un autre Terminator ! On le reconnait tout de suite à ses chaussettes dans ses sandales. Et le vilain robot de dégainer un gros fusil à pompe, et de s’en servir pour faire un gros trou dans le jeune John Connor. Voilà, comme ça, on ne perd pas de temps, et toute la salle est heureuse d’enfin voir un enfant de film américain avec une coupe au bol recevoir son juste châtiment à l’écran.

En tout cas, moi, j’applaudissais en jetant des regards entendus à mes voisins.

Le Terminator, lui, consulte sa montre : il est 14h43 et il a fini sa journée de travail. Bon, eh bien c’est pas tout ça, mais il va s’en aller, hein. Sarah, furieuse, le crible de balles avec un petit pistolet, mais cela ne fait pas grand chose au robot, si ce n’est causer quelques cicatrices à sa peau synthétique, ce dont il se fout un peu tant il n’est pas conçu pour la drague (retenez ceci, vous allez voir). Il poursuit donc sa route en sifflotant, laissant Sarah aller pleurer son fils, puisqu’avec la moitié de son torse en moins, celui-ci fonctionne beaucoup moins bien maintenant. Déjà qu’il était question qu’il n’atteigne pas le CE2 vu son niveau, visiblement, il ne va même pas arriver à finir ses vacances.

« Bon ben voilà, j’avais oublié un détail : c’est que Skynet, fort prévoyant, avait par sécurité envoyé dans le passé plusieurs Terminators pour bourrer mon John. J’ai donc sauvé l’humanité, mais pas mon fils, ma bataille, le fruit de mes entrailles. Ce qui est quand même un peu naze. » nous explique Sarah, toujours en voix certes off, mais surtout bougonne.

Voilà. Terminator 1 & 2 conclus en une minute dès l’intro, ça c’est du travail sérieux. On sent qu’il y a eu un gros boulot scénaristique sur ce film.

Et puisque ce n’était que l’introduction, que diriez-vous de passer au gros du sujet ?

Alors bondissons dans le temps, pour nous rendre, de nos jours, ou plutôt de nos nuits… à Mexico.

Et plus précisément, sur un pont de la ville où se déroule un étrange phénomène : tout se met à geler. Et d’énormes éclairs commencent à jaillir de nulle part. Puis, une boule d’énergie se forme au beau milieu du tablier, désintègre un bon bout de celui-ci… et en tombe une madame toute nue qui se mange la moitié des barres d’acier installées sous le pont dans sa dégringolade, avant de s’écraser au sol comme une bouse.

La scène surprend les deux jeunes Mexicains qui au même moment, essayaient de copuler en paix sous le pont.

« Raaah, mais c’est pas vrai ! On ne peut plus baisouiller tranquille par ici ? Viens Maria, on s’en va !
– Calme-toi José, note qu’empêcher les gens de faire du sexe en leur envoyant des femmes nues, c’est quand même assez original. »

Convenons-en.

Les deux compères s’approchent tout de même du corps nu puisqu’après tout ce qu’elle vient de se manger dans la bouche, ils doutent que la damoiselle soit encore vivante.  Et pourtant : elle bouge. Elle a juste l’air complètement à l’ouest. Encore une qui ne tient pas la tequila.

« Comment a-t-elle pu survivre à ça, Maria ? Elle a caressé avec les dents la moitié des poutrelles du pont avant de faire une chute de vingt mètres !
– Elle n’est peut-être pas humaine ?
– Mais ? Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
– Elle a gelé la moitié du pont en arrivant : c’est peut-être la Reine des Neiges ? »

Pas bête. Hélas, nos deux amis réalisent que la coupe de cheveux fort particulière de la dame nue la rapproche plus de la conductrice de la sableuse départementale que de la reine des neiges. La magie retombe, et plus encore lorsque déboulent à toute allure des voitures de la police mexicaine venues voir de quoi il retournait, et qui tombent donc nez à nez avec deux jeunes gens en train de traîner une gringa nue et visiblement droguée. C’est le moment, je crois, de lâcher le célèbre « Ce n’est pas du tout ce que vous croyez !« , qui ne marche jamais, mais qui est toujours de bon ton dans n’importe quel film aux dialogues limités.

« Non mais vraiment ! Je vous assure M’sieur l’agent ! Moi, je voulais tranquillement couchailler avec Maria ici présente, et voilà que cette madame nous tombe dessus, déjà toute nue ! J’en ai marre, de ces gringas qui viennent faire du tourisme sexuel ! Elles pourraient demander avant de se joindre à nous ! »

La police ne l’entend pourtant pas de cette oreille, et soupçonne les jeunes gens d’être des kidnappeurs. Maria et José vont donc se faire embarquer, lorsque, oh ! La dame nue reprend ses esprits, et avec une vitesse bluffante, éclate le nez de tous les policiers du secteur, les laissant tous sur le carreau. Ses deux amis mexicains n’en croient pas leurs yeux.

« Wouaw ! Heureusement que vous étiez là, sans vous, nous aurions eu de gros ennuis ! » s’exclame José.

Que ? Quoi ? José, tu as suivi le film ? Si elle n’avait pas été là, à l’heure actuelle, tu serais en train de faire l’hélicoptère indien avec Maria en poussant des grognements rigolos. Mais à la place, tu es désormais au milieu de policiers qui ont le groin en sang et qui savent que tu as quelque chose à faire avec cette histoire. Serais-tu un peu con, à tout hasard ?

Toujours est-il que José change vite de ton malgré tout, car la jeune femme qu’ils viennent d’aider l’oblige à lui donner ses vêtements. Puisqu’elle est plus taillée comme un José que comme une Maria. Cela fait, elle prend leur voiture, histoire de bien les remercier comme il se doit de leur aide, et se barrer. Je crois qu’il manque juste le passage où elle leur fait un doigt par la fenêtre en partant.

Laissons donc notre amie disparaître dans la nuit, et attendons que le matin se lève pour nous rendre non loin de là.

Et trouver Daniela « Dani » Ramos, une jeune ouvrière mexicaine qui est évidemment super gentille, comme tous les habitants de son quartier miteux, selon le bon vieux principe des scénaristes paresseux qui veulent éviter les ennuis sur Twitter : « Tous les pauvres sont des gens sympas« . Ainsi, elle achète le petit-déjeuner pour toute sa famille, les médicaments pour son vieux papa, et se rend à l’appartement familial où règne une ambiance chaleureuse. Puis, avec son frère Diego, tous deux se rendent au travail.

Diego : un excellent prénom pour un personnage dont l’on se soucie peu, si vous me permettez.

D’ailleurs, j’ai un peu soif : tu iras me chercher un brandy, mon bon, le carafon du salon est vide.

Que disais-je ? Ah oui, le travail : Dani et Diego se rendent donc à l’usine locale, où ils découvrent, scandalisés, que le poste de Diego a été… remplacé par une machine.

Diego, qui a lui-même l’air d’avoir compris qu’il ne ferait pas long feu vu son rôle.

« Comment ? On nous remplace par des machines ? Alors ça !
– Du calme, Dani. Ce n’est pas très crédible.
– Quoi ? De jouer une ouvrière de 2019 qui a l’air de n’avoir jamais entendu parler d’automatisation de sa vie alors qu’elle bosse dans une usine moderne ?
– Aussi, mais surtout, tu ne trouves pas étonnant que l’on ne soit pas au courant ? Du genre hier, en quittant mon poste, elle n’était pas là, cette machine, et ce matin, pouf, je suis remplacé ? Façon « Oh non, c’est encore un coup de ces maudits ninjas qui viennent monter des machines en douce la nuit venue » ?
– Tu as raison.
– Ah oui ?
– Oui. Je vais aller demander à notre supérieur qui est le con qui a laissé les vasistas ouverts cette nuit, ça permet aux ninjas monteurs de machines de rentrer la nuit venue. »

Hmmm. Vous savez quoi ? Retournons plutôt dans l’immeuble de Dani, car il s’y passe des choses peu banales : éclair, gel, boule d’énergie, et paf, mec à poil qui tombe du ciel, juste devant une des voisine des de Dani.

« Mais ? Bordel, c’est quoi tous ces personnages nus qui apparaissent dix mètres au-dessus du niveau du sol voire juste en-dessous quand il s’agit d’un pont lorsqu’ils se téléportent ?
– Pardon madame. Notre machine a été codée par les mecs de Ghost Recon.
– Tout s’explique. Quoique non, pourquoi êtes-vous tout nu ? »

Et l’homme à poil, qui a l’avantage d’être typé comme un local, de soudain faire apparaître sur lui des vêtements. Car vous l’aurez compris : c’est un Terminator. Et comme dans Terminator 2, il est en partie composé de métal liquide lui permettant d’imiter n’importe quoi, sauf, bien sûr, ce que porte Cristina Cordula parce que bon, faut pas déconner quand même. Le phénomène n’en choque pas moins la dame, qui lui hurle « Mais pourquoi vous n’avez pas juste piqué des fringues sur le fil à linge à côté de vous ? » pendant qu’il se rend à l’appartement de Dani, et n’y trouve que son père. Qui s’étonne de voir un jeune homme prétendant être son ami se pointer à l’heure où elle bosse, et surtout, en l’appelant « Daniela » au lieu de « Dani ».

Autant vous dire que le Terminator étant grillé, il retourne la politesse au vieux monsieur. Et décide, puisque Dani est à l’usine, d’aller y rendre une petite visite sous les traits de son papounet fraîchement décédé. Oui : il est taquin.

Mais sur place, une autre personne vient d’arriver : c’est la jeune femme du futur ! Qui elle, pour s’infiltrer, est obligée de nous rejouer les plus grandes scènes de Hitman, par exemple, en assommant des gardes de l’usine en douce avant de leur piquer leur tenue. Et évidemment, personne ne remarque quoi dans le personnel de l’usine, du genre « Salut Raoul ! Alors, on s’est rasé la moustache et on a changé de sexe et de couleur ? Allez, à tout à l’heure à la cantoche !« . Non, vraiment, les gens ayant déjà joué à Hitman verront de quoi je parle.

C’est donc autour du poste fraîchement automatisé de ce pauvre Diego que tout le monde va se rencontrer.

Ainsi, le jeune homme est très étonné de voir son père débarquer à l’usine avec à la main, une boîte à goûter. Et expliquer que justement, il apporte les tacos que ses enfants avaient oublié à la maison. Diego sourcille : que nenni ! Jamais il n’aurait oublié ses tacos ! Plutôt mourir ! Ne serait-ce pas plutôt le vieux qui aurait oublié ses pilules ?

« Bon, concernant les ninjas, j’ai dit au patron d’installer des tapettes la nuit et… Papa ? Que fais-tu ici ? »

Zut ! C’est Dani qui revient du bureau du patron pile à ce moment-là. Et est fort surprise lorsque son pater commence à faire des trucs bizarres, comme transformer la boîte à goûter en métal liquide, puis en pistolet, et lève l’arme en direction de sa fille. Oui, vous avez bien deviné : c’est le Terminator camouflé, et surtout, il fait tout leeeenteeeement façon « HOLALA JE VAIS TIREEEER ATTENTIOOOOOON ! QUE PERSONNEUH NE M’EN EMPÊCHEUH ! »

Et, vous ne vous y attendiez pas j’en suis sûr, avant qu’il ne puisse tirer, il ramasse des coups de fusil à pompe dans la bouche, et se retrouve projeté au sol sous les impacts.

On découvre alors que, s’il-vous-plaît, ce n’est pas n’importe quel Terminator : c’est un Terminator en métal classique bien solide avec seulement un enrobage en métal liquide. Une sorte Mon chéri robotique, si vous préférez. Sauf que la cerise veut votre mort.

Vous devinez aussi, fort justement, que c’est l’autre voyageuse temporelle déguisée en garde qui a ouvert le feu sur le vilain Terminator. Elle attrape aussitôt la main de Dani qui ne comprend pas bien ce qu’il se passe. Certes, d’accord, son père par terre laisse voir au travers de ses blessures un étrange squelette métallique. Mais bon, c’est p’têt’ sa prothèse de hanche, se dit Dani ?

« Viens avec moi si tu veux vivre ! » lui lance la femme déguisée en garde pour changer de sujet.

Dani cligne des yeux.

« Aaaaattendez. D’où vous me parlez en anglais ? Je suis une pauvre ouvrière mexicaine, vous croyez qu’on parle tous couramment la langue des gringos ?
– Ah merde. Oui, flûte heu… VINO CONMIGO SI TE GUSTA LA VIVIDA MUCHO »

Notons que l’on a beau voyager dans le temps, ça ne permet pas de rattraper ses années à glander en cours d’espagnol.

Mais non, rassurez-vous : par un incroyable hasard, il se trouve que Dani est parfaitement bilingue. Sa nouvelle amie peut donc la tirer par le bras hors de l’usine, en lui disant que le mec qu’elle vient de fusiller à bout portant n’était pas son père (le fait que ce soit un robot blindé aux yeux rouges aidant un peu). Diego les suit, et tous trois grimpent dans une voiture pour filer d’ici à toute allure.

Comme toujours, les autres ouvriers, ainsi que la sécurité de l’usine, se sont tous téléportés entre deux scènes pour ne pas déranger. Ils sont comme ça. Sympas.

Dans la voiture des fuyards, la conductrice s’explique promptement.

« Je m’appelle Grace ! Je viens du futur pour te sauver les miches, Dani. Ton père est mort, tué par cette machine qui a pris son apparence. Et maintenant, il veut te tuer, toi !
– Mais pourquoi moi ?
– PARCE QU’IL EST MÉCHANT ! »

C’est, peu ou prou, la seule explication que Grace donne. Sans compter qu’elle est bien vite interrompue par le Terminator qui a volé… un camion de chantier. Et poursuit nos héros avec jusqu’à l’autoroute, ce qui occasionne quantité de carambolages, de morts, de tirs entre les véhicules, et de cascades que nous passerons parce que par écrit, « Cracaboum vroum« , ça rend moins bien. On retiendra de tout cela que le Terminator a surtout un pouvoir intéressant : il peut détacher sa partie en métal liquide de son squelette en acier. Faisant qu’il peut techniquement se dédoubler : durant la course poursuite, il laisse ainsi son squelette conduire le camion, pendant que le reste de lui-même part à l’attaque du véhicule de nos héros.

Voici le Terminator, avec ici sa chair en métal liquide d’un côté et derrière son squelette blindé de l’autre. Personnellement, j’aurais remplacé le squelette par un autre Terminator en métal liquide plus petit. Lui-même en contenant un autre, plus petit, etc. Des sortes de matriochkitors, si vous voulez.

Bon, ça c’est ce que le film veut que vous reteniez. Parce que personnellement, je retiens autre chose :

TOUT À L’HEURE TU AS TRANSFORMÉ TON CORPS EN FLINGUE, POURQUOI NE RECOMMENCES-TU PAS ?

Ah, le syndrome du méchant qui a un pouvoir super pratique qu’il n’utilisera plus jamais du film juste pour souligner l’incohérence. Vous vous souvenez de X-Men : Apocalypse où le méchant peut transformer ses ennemis en sable par la pensée, mais affronte les héros uniquement avec ses poings pour ne surtout pas gagner ? Là, c’est pareil : notre larron en métal liquide passe son temps à transformer ses bras en… poignards et à tenter de planter Dani.

Je ne sais pas. Peut-être qu’il a un succès Steam s’il l’élimine avec un couteau, allez savoir.

Le résultat, c’est que le méchant fait plus de trous dans le pare-brise de son camion (pour en sortir) et dans celui de ses ennemis (pour essayer de poignarder sa cible) que dans Dani. Jusqu’à ce qu’il finisse évidemment dans un carambolage qui provoque une grosse explosion. Qui ne le tue pourtant pas (on a encore plus d’une heure trente de film devant nous, merci), mais par contre, souffle le véhicule de nos héros, l’accidente, et dans l’affaire, Diego meurt un peu.

C’est ça, d’avoir un nom de second, eh.

Dani et Grace se retrouvent donc au beau milieu de l’autoroute à pied, alors qu’arrive face à elle le Terminator, qui s’est donc dédoublé en laissant son squelette arriver d’un côté et lui de l’autre. Que vont en penser les 500 témoins dans les voitures à l’arrêt tout autour ? Vont-ils disparaître entre deux plans ? Comment avez-vous deviné ? Et surtout, la partie est-elle perdue ?

Je viens de vous dire qu’il restait une heure trente de film, non ?

C’est donc à ce moment précis qu’un autre véhicule arrive en dérapant et qu’en sort une mamie avec un bazooka sur l’épaule (c’est typiques des vieilles dames) : SARAH CONNOR.

Sarah Connor, qui est évidemment devenue une caricature de personnage cool : grosses lunettes de soleil, pas une seule expression au moment d’envoyer des roquettes et des grenades sur ses adversaires, et quand il y a une grosse explosion suite à tout cela, elle y tourne le dos façon « Déjà vu. » On peut donc le dire : Sarah Connor est ridicule. Mais admettons qu’elle est efficace, puisque ses armes de gros calibres envoient vertement paître le Terminator et son squelette, et elle s’en va pour les achever lorsque…

Grace et Dani lui volent sa voiture pour reprendre leur fuite.

Ah, sympa ! D’ailleurs, Sarah est si contrariée de cette attitude pas très reconnaissante qu’elle en oublie d’aller finir ses adversaires, et que lesdits adversaires n’en finissent pas non plus avec Sarah Connor, grâce à un changement de scène qui tombe pile au bon moment. Du grand cinéma, vraiment. C’est tout de même un peu consternant de voir ce genre de ficelles dignes d’un court-métrage de lycéens, surtout dans un film à 185 millions de dollars.

Mais dois-je vraiment être étonné ?

Retournons plutôt voir comment les choses se passent pour Grace et Dani à bord de la voiture volée. Et franchement, ça ne va pas fort, puisque Grace commence à avoir de la fièvre et à ne plus pouvoir tenir le volant. Obligeant Dani, qui n’a jamais conduit une voiture de sa vie (elle a eu des cours intensifs d’anglais, mais pas le permis, donc, les ouvrières mexicaines ont leurs priorités), à prendre sa place. Mais après moult kilomètres, l’état de Grace s’aggrave, et elle est obligée de s’allonger à l’arrière de la voiture à claquer des dents.

« Mais qu’est-ce qu’il t’arrive ? C’est la bouffe locale, c’est ça ? 
– Non Dani… c’est parce que j’ai des augmentations… pour être capable d’affronter un Terminator, dans le futur, j’ai été modifiée. 
– Oh ! Comment donc ?
– Eh bien par exemple, j’ai des réflexes câblés qui me donnent +2D6 sur tous mes jets d’initiative, une interface d’arme dans mes yeux cybernétiques, et bien sûr, une armure dermale +2 qui…
– Non mais je m’en fous de ton cosplay de Shadowrun. Quel rapport entre tes augmentations et ta soudaine gastro ?
– Mes implants sont conçus pour me donner un boost puissant, mais temporaire. Après, j’ai besoin de tout plein de trucs pour me recharger. Des trucs chimiques. »

Dani hésite un peu, quand même. D’un côté, elle peut aller dans une pharmacie voir s’ils n’auraient pas ce dont Grace a besoin. De l’autre, elle pourrait aussi abandonner Dani sur une aire d’autoroute façon petit chien sur la route des vacances, et aller voir la police et lui demander de l’aide.

« Non… pas la police… ils ne peuvent rien contre un Terminator… » dit Grace, poussant Dani à choisir l’option pharmacie histoire de recharger les batteries de son garde du corps.

Alors que personnellement, j’aurais fait plus simple : je me serais simplement arrêté pour dire au premier passant venu qu’un certain Terminator avait dit « El Chapo est une lopette et la Vierge Marie suce des trucs pas clairs en enfer ». Avec ça, l’espérance de vie d’un Terminator au Mexique est réduite à environ treize minutes. On retrouvera juste de la drogue coupée au métal liquide durant quelques mois, mais on n’entendra plus jamais parler du larron.

Dani, moins joueuse, fait donc étape dans une petite bourgade en bord d’autoroute pour se rendre dans une pharmacie où Grace la suit, tenant à peine debout, et n’ayant pas le temps de montrer une ordonnance pour réclamer ses médicaments. Mais bon, c’est lorsqu’on lui propose de recharger ses batteries avec de l’homéopathie qu’elle sent qu’on se fout un peu de sa gueule et sort un pétard, braque comme elle le peut les braves tenanciers, et s’en va se servir en divers médicaments et seringues dans l’arrière boutique. Elle se vautre un peu en sortant, mais tombe peu ou prou dans les bras de… Sarah Connor !

« Alors les petits cons ? On vole la voiture de mamie qui était venue vous sauver les miches ?
– Mais ? Qui êtes vous, vieille madame ? Et comment avez-vous réussi à nous suivre jusqu’ici ?
– On va dire que grâce à mes pouvoirs de mémé hackeuse, j’ai réussi à pister le téléphone de Dani. Que je vais éclater pour que ça ne donne des idées à d’autres. Maintenant, ça suffit les questions, tas d’andouilles. Montez dans la voiture, on doit filer. Suivez-vous si vous voulez v…
– Non mais c’est chiant, en fait, arrêtez de dire ça. Caser des phrases tirées des autres films partout, ça fait fan service casé au forceps, on dirait du Star Wars. »

Dur.

Et la fine équipe de monter dans la voiture que Sarah a elle aussi probablement volée à quelqu’un pour les suivre, mais comme ce quelqu’un s’appelle probablement Jean-Jacques, on s’en fout.

À bord, c’est le moment de la grosse explication, pendant qu’à l’arrière, Grace est toujours en train de se remettre de ses mésaventures.

« Mais qui êtes-vous, mémé ?
– Je m’appelle Sarah Connor. Il y a des années, j’ai été visée, comme toi, par un Terminator. Il voulait me tuer pour empêcher la naissance de mon fils, John Connor. Tout ce petit monde était envoyé par Skynet, une intelligence artificielle qui dans le futur, tente d’éradiquer les humains. Grâce à moi, nous avons repoussé l’apocalypse. Sauvé des milliards de gens. Mais mon fils a fini par être tué. Alors maintenant, si on veut te tuer, tu peux parier que c’est parce que tu es la mère de celui qui mènera la résistance à Skynet à la place de John. Pas vraie madame derrière que c’est ça ?
– Grrggnnn… mrrrrgn…
– Holala, elle va vraiment mal, la fille du futur.
– Grrgnn… bordel, pourquoi ils n’avaient…. ce dont j’avais besoin… qu’en suppositoires ? Rrrbbmml… sacrebleu…
– Oh, on te parle !
– Du calme, Madame Connor. Moi, je m’appelle Grace et je viens du futur. Et votre Skynet, là, désolé de vous décevoir, mais jamais entendu parler.
– Ah ?
– Non, par contre, il y a une super intelligence artificielle nommée Légion qui essaie de tous nous tuer et envoie des Terminator dans le passé pour tuer Dani. Rien à voir, vous voyez.
– Ah oui, grosse différence : l’IA a changé de nom. Eh ben je suis contente d’avoir perdu mon fils pour changer une ligne d’un fichier texte, moi.
– C’est pour cela que j’ai été envoyée dans le passé : pour sauver Dani. Et c’est toujours pour cela que j’ai subi des augmentations : pour être à la hauteur.
– Oui enfin tes augmentations qui te permettent de combattre trois minutes avant d’être hors de combat, c’est quand même un peu naze. Non parce que j’ai vu le début du film : tu es arrivée, a tiré sur le Terminator par surprise, et donc, en fait, même avec l’avantage, tu ne peux pas le tuer. Donc en fait, tes augmentations te permettent juste de faire du rien, avant de devenir complètement inutile pour aider à mettre Dani en sécurité.
– Ça va hein ! Moi, c’est pas ça que j’avais demandé comme augmentations ! Non parce que maintenant, je peux faire des sauts de trois mètres de haut, mais toujours pas remplir un bonnet B ! Mais ce n’est pas le sujet : dites-voir Madame Connor, comment diable avez-vous su que nous serions à cet endroit de l’autoroute aujourd’hui, et plus encore, aux prises avec un Terminator ? »

Et là, accrochez-vous parce que là, nous entrons dans le moment où un scénariste s’est assis sur son clavier et a gardé le résultat.

« Eh bien je le savais parce que voyez-vous, depuis la mort de mon fils, je reçois parfois d’étranges textos. Qui me donnent le lieu et l’heure d’une arrivée de Terminator dans le passé. Et qui s’achèvent par « Pour John ». Ainsi qu’un smiley caca, mais passons. J’ai passé ma vie à me rendre à ces coordonnées, à tuer le Terminator au moment où il arrive, et à repartir. Et donc, j’ai reçu récemment la nouvelle de deux arrivées à Mexico, le même jour. C’est comme cela que je suis venue ici et que je vous ai trouvés.
– Mais… c’est pas logique du tout !
– Quoi, les textos anonymes ?
– Ça, passe encore ! Mais surtout : vous ne nous avez pas du tout trouvés à l’endroit où nous sommes arrivés ! Vous nous avez trouvé sur un coin d’autoroute où nous même n’avions pas prévus d’être, après un passage dans une usine que vous ne pouviez pas connaître !
– Vous voulez dire qu’en fait, ma présence ici est juste une énorme incohérence ? »

Sarah se promène toujours avec des armes pourtant incapables de tuer un Terminator, sinon le film s’arrêterait là.

Voilà. Ça, déjà, c’est relativement énorme en soi, puisque le film n’arriver pas à justifier la présence de l’un des personnages principaux. Mais surtout, il n’y a pas un truc qui vous choque un peu plus ?

Sarah a reçu le signal… de deux arrivées de voyageurs temporels. Donc, le Terminator et Grace. Or, non seulement Grace est gentille, mais dans Terminator 2, le Terminator était justement lui aussi sympa ! Ce qui veut dire que depuis des années… Sarah Connor ventile au lance-roquettes tous les gens qui débarquent du futur sans même leur demander ce qu’ils font là ! L’équivalent de minute men américains, saveur spatio-temporelle : « On aime pas trop les gens du futur, par chez nous ! Tu vas r’tourner d’où qu’tu viens, estranger ! » Ce qui signifie aussi que…

Pendant ce temps, dans le futur.

« Les mecs, je comprends pas : c’est le cinquième candidat qu’on envoie dans le passé prévenir de l’arrivée de Légion et qui se fait exploser par une vieille folle !
– Ouais, je sais. Moi l’autre jour, pareil, je renvoie dans le passé un type avec le remède contre la super-grippe de 2039 et paf, plus de nouvelles, et les gens meurent toujours.
– Je ne sais pas qui est cette vieille, mais à mon avis, elle bosse pour l’ennemi ! »

Voilà : Sarah Connor n’a donc non seulement aucune raison d’être là, mais en plus, son personnage est complètement neuneu, et si ça se trouve, joue contre son propre camp depuis des années. C’est fabuleux. Comment ruiner un personnage en un rien de temps. Dois-je rappeler que James Cameron s’est impliqué très fort dans l’écriture du film ? Je crois qu’il est temps d’aller l’installer dans la même maison de retraite que Ridley Scott. Vous savez, celle où on met le chauffage à fond en espérant qu’ils sèchent.

Mais attendez, nous n’en sommes pas au bout des choix d’écriture foireux. Ooooh, que non, jeunes ingénus.

Car la fine équipe finit par arriver dans une ferme isolée qui sert de planque à Sarah, puisque celle-ci vit désormais loin des Etats-Unis où elle est recherchée. L’occasion pour notre mamie préférée d’aider Grace à se remettre sur pied, même si les deux femmes se détestent ouvertement. Grace pense que Sarah est une vieille reloue qui se mêle de ce qui ne la regarde pas (c’est intelligent, comme position), et Sarah pense probablement que Grace est une lesbienne saveur camion, et gratte nerveusement le t-shirt Manif Pour Tous qu’elle porte sous son gilet pare-balles.

Mais c’est aussi le moment de parler d’une information cruciale : Grace insiste pour demander si Sarah ignore vraiment qui lui envoie ces textos. Et Sarah de dire qu’elle a réussi à vaguement localiser l’origine dans un coin du Texas, mais sans plus. Et Grace de s’exclamer :

« Attendez ! Ça ne peut pas être une coïncidence ! Car mon chef m’a dit qu’en cas de souci, c’est justement dans un endroit situé dans la même zone que je devais aller trouver de l’aide ! 
– Oh ! Tu aurais les coordonnées de cet endroit super secret que le Terminator ne doit surtout pas découvrir ?
– Oui… »

Attention… attention accrochez-vous…

« … mon chef me l’a tatoué sur le bide, regardez ! »

C’est à ce moment précis que j’ai poussé un grognement tel que la fourrière a inspecté deux fois la salle de cinéma à la recherche de l’animal exotique en liberté qui y rôdait. Non parce que vraiment, les gars, vous TATOUEZ les informations super confidentielles que l’ennemi ne doit pas trouver directement sur les soldats que vous lui mettez en face ? Mais bordel ? Et comment est-elle supposée lire sur son propre bide ? Même une collégienne qui écrit sur sa main est plus subtile !

C’est extraordinaire. C’est nul à un point que même moi, je n’attendais pas.

« Bon, eh bien voilà qui est très intelligent. Donc, que diriez-vous que nous allions tous là-bas voir de quoi il retourne ?
– Vous avez raison, Sarah.
– Je suis sûr que tout va bien se passer : moi, je suis une fugitive recherchée dans tous les Etats-Unis, aucune de vous deux n’a de papiers, et nous devons passer l’une des frontières les plus contrôlées au monde, le tout avec des coordonnées secrètes tatouées sur l’une d’entre nous. »

Un excellent plan, en effet. Et sinon, juste partir vous planquer ? Non ? D’accord, soit, faisons comme ça.

Cela tombe bien, puisque Dani, comme tous les Mexicains, c’est connu, a un oncle qui fait le passeur sur la frontière. Il n’y a donc qu’à aller le voir. Et à lui expliquer que Dani et ses amies ont besoin de passer la frontière en vitesse, car elles sont poursuivies par un robot du futur, mais ça va parce qu’elles ont avec elles Grace, qui est augmentée au point de pouvoir faire des trucs inutiles comme, par exemple, couper en deux une mouche en plein vol dans le sens de la longueur. Tu veux bien montrer à tonton, Grace ?

Et Grace de faire une démonstration. Non, vraiment. Je ne blague pas.

« Écoutez, votre histoire me paraissait complètement conne, mais maintenant que je vois que votre amie sait découper les mouches, cela change tout : okay, je vous aide. »

Lui filer du pognon eut été bien moins crédible scénaristiquement, vous l’imaginez bien.

Tout ce petit monde équipe donc son sac à dos, attrape sa gourde Minnie et lace ses chaussures de randonnée pour passer la frontière.

Sauf que ce qu’ils ignorent, c’est que pendant ce temps, le Terminator a utilisé ses grands pouvoir de machine pour se connecter à tout un tas de trucs et de machins, et grâce à notre monde fort connecté, il a retrouvé la trace de nos amis (et a failli perdre la raison en découvrant l’historique internet de Dani). Et compris qu’ils allaient tenter de passer la frontière. Et même, parce qu’il est très fort, il a deviné où. Ne lui reste donc plus qu’à prendre l’apparence d’une opératrice de drones travaillant pour les garde-frontières et à retrouver nos amis pour signaler à la maréchaussée qu’il y a une bande de sans-papiers qui tente d’entrer dans le pays, qu’il s’agit de gens super dangereux, qu’ils vont voler le travail des bons américains, manger des bébés et bien évidemment, cuisiner de la friture en écoutant La Cucaracha très fort. Monstres !

C’est plus qu’il n’en faut pour exciter tout ce qui porte l’uniforme à la frontière, et en un rien de temps, voici que toute la police américaine tombe sur nos amis.

Et faites bien attention, car le Terminator va faire le seul truc intelligent du film pour tenter de tuer son adversaire facilement : sitôt que Dani & co sont menottés, il fait plonger son drone sur eux pour tenter de voir qui gagne entre le front mou de Dani et un drone tombant du ciel lors d’un choc direct. Bon, il aurait pu le faire depuis le début, mais on va dire qu’il a du lag. Car sinon, c’est un plan qui semble relativement efficace.

Hélas pour lui, Grace et ses réflexes câblés réagissent promptement et poussent Dani en sécurité au dernier moment, alors que le drone s’écrase au milieu des policiers un peu étonnés de se recevoir l’équivalent d’un missile dans la truffe. Les histoires d’immigration, ça devient vraiment n’importe quoi. Grace, dans l’affaire, sent tout de même un peu le grillé, et a des bouts de drone plantés un peu partout dans sa personne. Non, ne soyez pas trop enthousiastes : elle vit encore. Eh oui. Moi aussi, j’en suis désolé.

Toujours est-il que toute l’équipe est envoyée dans un centre de rétention où tout y est pour souligner à quel point l’écriture est profonde : tous les migrants sont obligatoirement gentils (puisqu’ils sont pauvres, suivez !), tous les fonctionnaires sur place sont obligatoirement méchants (ils bossent sur une frontière, ils sont donc forcément crypto-nazis), et il ne manque qu’un poster « Vous avez vu ? On critique Trump ! » pour aller avec toute la subtilité de cette scène. Dani, qui est décidément fort rusée, tente d’expliquer sa situation aux garde-frontières, ce qui implique un passage avec un robot tueur du futur qui n’aide pas vraiment à la croire. Elle ne reçoit donc des agents d’état que moqueries et rires cruels. C’est vil.

Je ne sais pas pourquoi, mais je pense déjà savoir que tous ces vilains agents frontaliers vont mourir très vite.

Et ça ne manque pas puisque le Terminator profite du fait que tout le monde soit en cage à l’attendre paisiblement pour venir achever sa mission sur place. C’est donc avec un bel uniforme de la police des frontières qu’il se présente à l’entrée, demande où il peut trouver les nouveaux arrivants, et se prépare à tuer Dani avant qu’elle ne puisse remplir ses papiers de demandeuse d’asile.

Mais évidemment, rien ne va se passer comme prévu. Car Grace, qui de son côté je vous le rappelle avait un peu morflé lors de l’affaire du drone kamikaze, a été emmenée à l’infirmerie du centre de détention. Où les médecins constatent que c’est la plus grosse mule qu’ils ont jamais vu : elle transporte des tonnes d’objets suspects dans son corps ! Pas seulement des bouts de drone : elle a aussi plein d’implants bizarres ! Qu’elle n’est donc pas leur surprise lorsque la grande blessée se redresse d’un coup, tabasse tout ce petit monde, et se rue vers la seule personne encore consciente dans la pièce, une pauvre garde terrorisée :

« Toi ! Vilaine ! Dis-moi où sont les prisonniers ?
– Ici, on ne dit pas prisonniers, on dit des détenus en rétenti… »

C’est le vrai dialogue : la gardienne corrige la nana qui menace de la tuer. Hihihihi, elle est bêêêêête ! Je suis impressionné par ce film qui n’hésite pas à dire que les policiers sont bêtes, que les pauvres sont gentils et solidaires, et que Trump est méchant. Tant de courage et d’audace, on se croirait presque dans une bédé française.

Le Terminator passera d’ailleurs la plupart du film avec la tenue de pilote de drones des services anti-immigration histoire de bien rappeler subtilement qu’il est méchant.

Grace insiste donc :

« Bon, ils sont où ?
– Prenez à droite, au fond du couloir.
– Parfait ! Et maintenant MANGE MA MAIN DANS LA GUEULE ! »

Pour avoir arrêté ses amis ? Pour les avoir mis en danger de mort ? Pour avoir créé une situation qui risque de modifier le futur de manière dangereuse ? Nenni. Car Grace s’exclame :

« Ça, c’est pour avoir regardé mes parties intimes sans mon consentement ! »

Car comme c’est un personnage féminin, forcément, il ne peut s’exprimer que comme cela. D’ailleurs, mesdames, je suis sûr que lorsque vous survivez à une explosion et qu’on vous emmène voir le chirurgien le plus proche, votre principal problème est de savoir que le chirurgien n’a pas demandé votre avis avant de vous voir toute nue pour vous retirer les shrapnels du cuir. Ah, les personnages féminins des mauvais films modernes. Hmmm. Cette petite odeur de militantisme marketing qu’on ne peut s’empêcher de leur coller, c’est savoureux.

Il n’empêche que Grace est libre, et peut donc aller sauver ses amis en créant un certain chaos dans tout le centre de rétention, tout bêtement en libérant les prisonniers. C’est donc une émeute générale qui éclate, et qui permet à notre camarade de libérer ses compagnons, tout en ralentissant sérieusement le Terminator dans la panique. Et… ça alors ! Tous les policiers du centre qui avaient ri au nez de Dani sont tués par le robot dans l’affaire !

OH BEN ÇA ALORS !

À noter que pour d’obscures raisons, les policiers tirent peu sur le mec qui a des lames à la place des mains et qui plante tout ce qui bouge pour se frayer un chemin, y compris en charcutant des fonctionnaires du cru. Par contre, ils lui sautent dessus en grappes, probablement pour le tuer façon abeilles contre frelon asiatique : s’ils sont suffisamment dessus, ça devrait faire surchauffer le bousin et il mourra.

Hélas, la technique de l’abeille marche peu, et le Terminator reprend sa poursuite… pour manquer de peu ses cibles au moment où elles s’enfuient avec un hélicoptère volé.

À bord, cependant, Grace engueule Dani qui a demandé à ne pas décoller tant que Sarah n’était pas à bord, ce qui a failli tuer tout le monde.

« Écoute, Sarah, on s’en cogne, en fait !
– Mais Grace, c’est une vieille dame ! Elle n’a déjà plus beaucoup de temps à vivre, on peut au moins être sympa ! Et puis laisse-lui ta place assise dans l’hélico, steuplé.
– Non, Dani. Grace a raison.
– Sarah ? Que dis-tu ?
– Je dis que j’ai été à ta place, et que Grace a raison : moi, je peux mourir. Mais pas toi. Car tu dois donner naissance à…
– Apapap !
– Grace ? Pourquoi l’interromps-tu, elle te donnait raison ?
– Parce que j’ai gardé cette information jusqu’ici mais… tu ne vas pas donner naissance au futur leader de la résistance à Légion. Tu ES le leader ! »

Sarah est donc perplexe.

« Vous voulez dire… que Dani ne va pas donner naissance au remplaçant de John ? Elle est John ?
– Non, moi je suis mexicaine. Les jaunes, c’est… »

Hop. J’arrête cette blague ici, je la roule, je l’envoie à Radio Courtoisie et on reprend.

« …etits kikis.
– Je crois que quelqu’un a repris le fil de ce dialogue trop vite, Sarah. Mais oui : Dani est la future patronne de la Résistance. Laissez-moi vous illustrer ça avec un flasback du futur…
– Non ! Pas un flashforward ! »

Et nous autres spectateurs de découvrir l’histoire complète de Grace, qui était jusqu’ici apparue par de brefs flashs incomplets que j’ai préféré vous passer tant ils n’apportaient rien.

Grace n’était encore qu’une enfant quand le feu nucléaire a réglé le problème de la surpopulation, de la pollution et le cas de Greta Thunberg d’un seul coup. Elle a donc grandi dans les ruines, et son père a été tué pour une pauvre boîte de conserves tant les humains n’avaient plus rien à se mettre sous la dent. Un jour, elle-même a été braquée par des margoulins, lorsqu’est arrivée pour la sauver… Dani ! Qui avec de grands discours bien foireux sur le pouvoir de l’amitié et de la volonté, avait réussi à monter une milice, bientôt devenue une armée pour résister à Légion. Par la suite, c’est donc sous ses ordres que Grace a servi dans l’armée, jusqu’à une bataille où elle a eu bobo, mais où cela a été la bonne occasion de lui mettre des implants pour devenir super balaise, mais pas plus de trois minutes.

« … jusqu’à aujourd’hui. Alors ? Elle est pas cool mon histoire ?
– Zzzzz…
– Ouais, c’est ça, faites semblant de dormir, bande d’enflures ! Allez, maintenant que l’on a un hélicoptère, je nous emmène aux coordonnées où nous devions aller. Alors, qu’est-ce qui est écrit sur mon bidou, voyons voir… »

Pardon ? Une poursuite ? Des chasseurs de l’armée américaine qui tentent d’abattre cet appareil volé ? Nooooooooon. C’est connu, un aéronef volé, aux Etats-Unis, ça circule pépère. C’en est à se demander pourquoi nos amis mexicains ne s’en servent pas pour passer la frontière, finalement. Une fois de plus, tout cela est drôlement bien écrit.

Enfin… nos trois amies se rendent aux coordonnées, à savoir une maison isolée au fond des bois, avec un gros drapeau américain flottant dessus. Elles se posent non loin, et vont frapper à la porte pour savoir qui est ce gros déconneur qui envoie des textos avec des coordonnées de voyageurs temporels à Sarah. La porte s’ouvre et…

« WOPUTAIN C’EST LUI ! » hurle Sarah.

Lui, c’est le Terminator qui a tué son fils. Il est tout vieux mais a encore les cicatrices que Sarah lui avait laissées. Il pose un regard sur tout ce petit monde et salue poliment.

« Bonjour les petits amis. Vous voulez une bière ? »

Comment ? Le Terminator original va participer au film ? Ça alors, quel rebondissement ! Heureusement que ce n’était pas sur l’affiche.

Et Grace d’essayer d’empêcher Sarah de lui défoncer le crâne métallique à grands coups de petits poings de vieille dame, pendant que le Terminator, qui est décidément vraiment sympa, prépare des binouzes, coupe des petites rondelles de citron, enfin vraiment, un garçon charmant (et probablement relié à un quelconque site de cocktails). Ah, et accessoirement, oubliez la démarche mécanique de Terminator ou les expressions limitées, désormais, il est bien humain et parfaitement impossible à distinguer d’un bûcheron sympa vivant au fond des bois.

Bon, déjà, le Terminator qui n’en est plus vraiment un, c’est un peu naze. Mais attendez ! Il y a mieux ! Car le Terminator a chez lui… des photos de famille ?!

Je sais, ça fait mal. Mais prenez vos médicaments pour le cœur, parce qu’on va s’enfoncer. Vous êtes prêts ? Sarah, c’est à toi.

« Des… des photos de famille ?
– Oui, ça, c’est ma femme. Et là, c’est mon fils, Matthéo. »

Oui, c’est dans le film : le Terminator… a un fils. Et il s’appelle Matthéo.

Qui ?

QUI ?

QUI A EU CETTE IDÉE ?

* * *

Hollywood, un mardi, 15:02.

« Moi je te dis que James Cameron est aux fraises.
– Allons Roger, sois sérieux ! C’est un monstre du cinéma ! Le mec, il a un vrai instinct !
– Okay, ben regarde… je prends le scénario… tiens ? Quelqu’un a déféqué entre les pages ?
– Non, ça c’est la partie sur Sarah Connor qui tue tout ce qui traverse l’espace-temps sans poser de questions.
– Ah oui. Bon, bref… regarde je rajoute… le… Terminator… y… fonde… une… famille…
– Putain Roger, tu déconnes ! C’est gros, ça va se voir !
– Eeeeeet… il… appelle… son… fils… Matthéo…
– Roger, tu es un monstre.
– Dix dollars que ça passe. »

* * *

Et c’est passé.

Vivement le prochain Alien où on découvre que les xénomorphes se sont retirés dans une petite commune du Cantal où ils fabriquent des sabots sous le tendre regard d’Enzo, leur premier enfant.

Bien bien bien. Je sens que vous avez envie d’explications, tout de même, aussi, laissons le Terminator s’enfoncer dans la vase crasseuse du script.

« Je vous explique. En fait, Sarah, après avoir tué ton fils…
– Grobâtar !
– … je disais donc qu’après, eh bien, je n’avais plus rien à faire. Donc j’ai décidé d’étudier les humains pour mieux leur ressembler. Après avoir visionné 200 heures de Les Ch’tis à Miami, j’étais prêt. Et puis un jour, je rencontre une madame qui est embêtée par son mari. Bon, moi, réflexe, je tue son mari. Alors comme elle était très impressionnée, elle a décidé de rester avec moi, et comme elle avait un enfant, on l’a gardé. Et voilà.
– Et elle n’a jamais remarqué que tu ne dormais jamais ou que tu pesais 200 kilos au bas mot ?
– … naaaaan ! »

Sarah pose vraiment la question. Le Terminator dit qu’elle n’a vraiment jamais rien remarqué. Et sinon, le fait qu’il ne mange pas ? Non plus ? Non, vraiment.

Attendez, on s’enfonce encore un peu. Oui, je sais, on est déjà dans des profondeurs abyssales, mais ne sous-estimez pas la bête.

« De toute façon, ma femme et moi, on s’aime pas comme ça. C’est pas forcément physique.
– Attends tu… tu as découvert… l’amour ?
– Ui. »

Voilà. Prenez une grande inspiration : le Terminator découvre l’amour. Que voulez-vous que je vous dise ?

Ah ben oui, que ça continue.

« Et donc, maintenant, je vis de mon travail : je suis vendeur de rideaux. Et tout le monde m’appelle Karl à cause de l’accent rigolo que j’avais il y a des années. »

Je crois que le véritable titre est Terminator – La comédie romantique. Mais si quelqu’un a une autre explication, je suis preneur. Non parce qu’en plus, Sarah, qui n’a pas compris que cette séquence était une sorte de Vietnam pour neurones, continue à poser des questions.

« Mais atteeeends ! Pourquoi tu m’as envoyé des textos toutes ces années ?
– Parce que mes capteurs peuvent détecter les ondes causées par un déplacement temporel. Aussi, je t’envoyais les coordonnées d’arrivée. Car en découvrant l’amour d’une famille, j’ai aussi découvert ce que je t’avais pris. J’ai donc décidé de te donner quelque chose en retour : un but à ta vie. »

Si vous regardez par la fenêtre, là, tout de suite, en plissant les yeux, vous verrez peut-être une légère traînée dans l’azur : c’est mon clavier fraîchement lancé. Faites un voeu. Oui, moi aussi j’ai souhaité « Que ce film s’arrête« , mais ça a moyennement marché. Non parce que le Terminator a dû être programmé avec Open Office pour avoir été aussi facilement corrompu : le gars a accompli sa mission, il décide donc de balancer les coordonnées d’arrivée de tous ses copains venus en renfort pour qu’ils se fassent exploser la truffe.

C’est Skynet qui doit être content. Il a visiblement découvert l’amour, mais pas la fidélité. Sa femme appréciera.

« Tu as compris ? D’où le « Pour John ».
– Et le smiley caca ?
– Ça c’était pour rigoler.
– Il n’empêche que j’ai eu du bol que les voyageurs temporels du futur n’arrivent qu’à partir du moment où j’avais un téléphone portable avec textos.
– Je pouvais sinon t’envoyer des messages sur Tam-Tam.
– Bon, tout ça, c’est complètement con. Mais j’ai une dernière question.
– Bien sûr.
– Pourquoi Skynet n’existe plus dans le futur ? Puisque c’est Skynet qui t’a envoyé et que tu as réussi ta mission qui consistait, justement, à éliminer la menace pour se sauver ? Si Skynet envoie dans le passé des robots qui, quand ils réussissent, le font disparaître, c’est un peu con. Surtout que ça veut dire… que tu viens d’un futur qui n’existe plus et n’a donc pas pu t’envoyer. Alors ça ressemble quand même à une sacrée incohérence. Surtout que c’est pas pour balancer, mais pourquoi le scénario s’est emmerdé à dire que Skynet n’existait pas et qu’à la place, il y avait Légion ? Parce qu’en fait, ça n’apporte strictement rien à l’intrigue à part une incohérence de plus. Alors ?
– … MOI. PAS. COMPRENDRE.
– Petit rascal ! Tu parlais comme un humain il y a deux minutes !
– Bruitderreurwindows.mp3
– Espèce de petit frelampier ! Tu vas voir ! « 

Je vous laisse apprécier comment le scénario ne s’enfonce plus, ni ne creuse : là, il fond joyeusement en rejoignant le noyau terrestre.

En exclusivité, la couverture du script au moment de lancer la production.

Il n’empêche que grâce à ces non-explications absolument foireuses, nous avons donc désormais sur les bras un Terminator gentil et serviable. Et des gens ayant besoin d’aide. La famille du Terminator rentre d’ailleurs à la maison, et celui-ci explique que ahaha, pas d’inquiétude, les mesdames bizarres, c’est des copines. Bon, et si maintenant, on parlait plan de guerre et apocalypse à voix haute à deux mètres d’eux qui ne se doutent de rien ?

Faisons ça.

« Moi je propose de faire une killbox.
– Sarah ? C’est quoi une killbox ?
– C’est une box où tu killes.
– C’est astucieux. Bon, en fait, ton plan, c’est de tendre un piège au méchant Terminator ? Tu pouvais pas juste le dire comme ça ?
– Avec des anglicismes, ça fait plus sérieux. Je l’ai appris auprès des meilleurs consultants en consulting. »

D’ailleurs, on va vite s’y perdre si je vous parle de gentil Terminator et de méchant Terminator. Je propose donc de les appeler Karl pour le gentil, et Terminación pour le méchant, puisque c’est un Terminator qui par défaut, a une apparence qui sent bon la capacité à prononcer Tenochtitlan sans erreur.

« Alors oui mais pour ça, il nous faudrait des armes capables de le tuer.
– Ouais… comme des EMP ! Les ondes qui pourrissent tout ce qui est électronique !
– Astucieux, mais où trouver cela ? Sarah ? Une idée ?
– J’ai un vieux pote à l’armée de l’air pas loin d’ici, je suis sûr qu’il doit pouvoir me prêter une arme expérimentale, ils ont forcément ça dans un placard, l’armée, non ? »

Les vieux amis sont comme ça : vous leur demandez de sortir une arme expérimentale et paf, dans l’heure, ils vous la livrent. J’ai connu des pizzas qui arrivaient moins vite, mais, fi. Car nos amis décident qu’il est temps de reprendre l’initiative et d’aller claquer Terminación en premier. Karl se sépare donc de sa famille, qu’il avait prévenu : un jour, il devrait partir, et que cette fois, il ne reviendrait pas.

C’est si beau, cette histoire d’amour entre un Terminator et un personnage qui apparaît au moins 20 secondes à l’écran. Je pleure.

Toujours pas des larmes normales, ça a une couleur bizarre, mais je pleure.

Nos héros se rendent donc dans un bâtiment désaffecté situé non loin de la base aérienne où travaille le contact de Sarah pour récupérer l’arme à EMP dont ils ont besoin. C’est donc un fier officier qui se pointe sur place, avec à la main, une mallette contenant deux grenades capables de griller n’importe quel truc vaguement électronique. Mieux vaut donc le garder loin des pacemakers, sauf si l’on est d’humeur taquine ou que l’on a un grand besoin d’hériter en vitesse.

Mais alors que tout le monde est occupé de sujets passionnants, comme de savoir si du coup, les anti-ondes aiment qu’on leur lance des grenades EMP à la margoulette ou non, voici que Grace tend l’oreille.

« J’entends floupoufloupoufloupou.
– Un pédalo ? Ici ? 
– Non, Sarah. Ça ressemble plutôt au bruit d’un hélicoptère qui approche. Mes oreilles augmentées me donnent de gros bonus aux jets de perception.
– Tu veux dire que… hem… tu entends des sons que d’autres pensent impossible à percevoir ?
– Oui Sarah. J’ai donc tout entendu dans la voiture : il va falloir penser à consulter un gastro-entérologue. Et à manger moins gras. »

Mais il n’empêche qu’il y a bien un hélicoptère dehors et que… c’est ce petit rabouin de Terminación qui le pilote ! Et que fait-il ? Il éclate le pare-brise pour y passer un fusil d’assaut, et commence à joyeusement mitrailler le bâtiment. Tout le monde grimpe donc en vitesse dans la camionnette de Karl, et fonce jusqu’à la base aérienne voisine malgré les tirs. L’officier qui est avec eux utilise sa radio pour prévenir qu’il arrive avec un véhicule bizarre, mais qu’il faut laisser passer, par contre, que tout le monde serait bien urbain de cartonner l’hélicoptère fou qui les poursuit. Voilà une bonne idée ! Car une base aérienne ne devrait pas avoir de problèmes à abattre un aéronef qui…

Que ? Pardon ? Oh. En fait, c’est une base-aérienne dépourvue de toute défense anti-aérienne. Et qui ne fait décoller aucun chasseur. Ça doit être une base-aérienne post-réduction budgétaires : ils ont des armes expérimentales sans aucun rapport avec l’aérien, mais sinon, ils n’ont que des cerfs-volants. Voilà qui est intéressant. C’est donc à nos héros, en entrant sur la base, de décider de comment se débarrasser de leur ennemi. Et pour commencer, il serait bon de le semer, tant ils n’ont pas encore eu le temps de monter une embuscade bien propre pour lui laminer les servomoteurs comme il se doit.

« On a qu’à voler un avion ! Et de préférence, le plus gros et le plus lent possible ! Sans compter que je suis sûr que Grace qui n’a jamais été pilote de sa vie n’aura aucun souci à le faire décoller ! »

Bien bien bien. Eh bien faites comme vous voulez.

Tout le monde file donc voler un énorme avion de transport que de braves soldats étaient encore occupés à charger (ce n’est pas parce que la base est attaquée qu’il faut arrêter de bosser, non mais !), et Grace utilise les grands pouvoirs des trous scénaristiques pour expliquer qu’elle peut piloter cet avion qu’elle n’a jamais vu sans problème. Et hop ! Tout le monde décolle, avec bien évidemment l’inévitable rampe arrière ouverte, Terminación qui saute de son hélicoptère pour essayer de s’y accrocher, mais qui bascule finalement dans le vide quand on l’oblige à lâcher, sale bête.

« Parfait ! Et maintenant, je suis sûr qu’un avion militaire volé ne sera pas du tout embêté, et qu’on nous laissera nous poser où l’on veut ! » disent nos héros.

C’est vrai : un avion volé par des gens qui ressemblent fort à des terroristes, comment diable cela pourrait-il dégénérer ?

Chers scénaristes, il faut nous le dire si on vous fait chier, hein ?

« C’est rigolo, c’est comme strictement rien n’existait en dehors de nous ! »

Certes, deux chasseurs américains viennent encadrer l’avion, mais plus pour regarder ce qu’il fait que pour l’obliger à quoi que ce soit. C’est donc avec cette escorte improvisée que nos héros volent vers l’horizon dans la nuit tombée, lorsque soudain… un autre gros avion arrive derrière eux ! C’est Terminación ! Et il percute l’un des chasseurs ! Heureusement, l’autre se met en position et tirer pour venger son ailier, abattant ainsi l’appareil du…

Non, je blague : l’autre chasseur disparaît sans explication. Encore une histoire d’entre deux scènes qui aspire tout ce qui embête.

Alors, vous me direz : « Maintenant, pour tuer Dani, c’est facile, Terminación n’a plus qu’à jouer les kamikazes et à faire rentrer son avion dans l’autre ! »

Hohoho. Non, que croyez-vous que Terminación va faire ? Mais, ce qu’il fait depuis le début du film :

  • D’abord, il pète le pare-brise de son appareil (ce mec doit avoir une sorte de haine profonde de Carglass, je ne l’explique pas autrement, il a fait ça avec TOUS ses véhicules)
  • Il saute sur l’appareil des héros en transformant ses bras en lames parce qu’au couteau, c’est plus rigolo (et qu’il a toujours un succès Steam à débloquer).

Quant à son avion, il se contente de le laisser endommager l’autre appareil en se frottant très fort contre, mais sans le percuter. Résultat, malgré les efforts de Grace (qui met… l’auto-pilote, d’accord, en situation d’urgence, ça va aider), leur avion prend feu, et perd de l’altitude de plus en plus vite. Pendant qu’à bord, la bagarre éclate entre Terminación et… et tout le monde, en fait. Passons sur les acrobaties alors que l’équipage se retrouve en gravité zéro alors que l’appareil pique, et concentrons-nous sur leur plan : il y a, à l’arrière de l’avion, un véhicule militaire attaché à un parachute. Le plan est donc pour tout le monde de monter à bord et de se larguer, pendant que Karl retient Terminación à bord autant que possible.

Le véhicule est donc largué dans la nuit, son parachute ne s’ouvre pas sans quelques péripéties palpitantes (« Holala, je dois sortir grimper sur le capot pour tirer sur la ficelle !« ) et finit par atterrir… pile poil sur un barrage, dites voir ! Qui était peuplé de hordes d’ouvriers et d’agents de sécurité mais qui… oui, là encore, disparaissent entre deux scènes ! Comment avez-vous réussi à encore deviner ?

Du grand cinéma on vous dit. Je vous redonne le budget ou ça ira ?

Incroyable coïncidence, figurez-vous que l’avion endommagé s’écrase, alors qu’il volait en ligne droite et à folle allure PILE au même endroit que la voiture blindée parachutée derrière lui ! C’est quand même incroyable, les coïncidences. Sûrement une modification brutale de la gravité. Ou juste un peu plus de caca scénaristique. C’est donc sur un barrage endommagé et en feu qu’a lieu l’affrontement final, puisque comme vous l’imaginez, aussi bien Terminación que Karl ont survécu au crash.

Dans la bagarre, le véhicule parachuté où se trouvent encore Dani et Sarah tombe à l’eau, et malgré les milliers de tonnes d’eau qu’il se prend sur la tête, il va bien. Mieux, une fois au fond de l’eau, on découvre qu’il est parfaitement hermétique, puisqu’il ne prend quasiment pas l’eau, voire pas du tout en fonction des plans. Dani peut même allumer les phares en paix histoire de rigoler un peu et voir s’il n’y aurait pas des poissons. Non, vraiment : elle allume les phares de son véhicule coincé au fond d’un déversoir de barrage. Je sais.

Sauf qu’à défaut de mérou, elle aperçoit dans la lumière des phares Terminación, qui vient essayer d’en finir avec eux en s’attaquant à…. à ?

Mais oui ! Au pare-brise ET avec ses bras en métal liquide transformés en lames ! Après tout, on n’a vu cette scène que, quoi ? Quatre ? Cinq fois dans ce film ?

Je suis las. Et vous aussi, plus que probablement. Finissons-en vite.

Dani et Sarah parviennent malgré tout à s’échapper du véhicule englouti parce que vous savez, la pression de l’eau au-dessous d’un barrage, on la sent à peine et il n’y a quasiment pas de turbulences aquatiques pour vous empêcher de nager pépère. Je pense que les Jeux Olympiques ne sont pas loin pour nos héroïnes. Tout le monde se retrouve donc à la surface, et découvre que les armes EMP ont été détruites dans les combats. Flûte ? Que faire ? On réfléchit peu, et on finit par rentrer à l’intérieur du barrage, où Terminación arrive et fait face à toute l’équipe. Il s’adresse à Karl.

« Toi ! Je t’ai scanné, tu es comme moi ! Pourquoi les aides-tu ?
– Parce que j’ai été comme toi. Envoyé dans le passé. Par une intelligence artificielle qui a échoué. »

Terminación fronce très fort ses sourcils.

« Quel rapport avec la choucroute ?
– Maintenant que j’y pense, c’est vrai que…
– Et puis si tu as réussi ta mission, pourquoi cela a fait échouer l’IA qui t’a envoyée ici ?
– Je… heu… BON ON SE TAPE OUI OU NON ? »

Car jusqu’au bout, rien ne nous sera passé : le film se roule dans ses propres excréments.

Le combat s’engage, et disons-le, c’est tout nul et ressemble comme trop souvent à un téléfilm M6 : Terminación combat avec ses bras épées (non, il ne veut toujours pas les transformer en armes modernes plus efficaces), mais dès qu’il touche un héros, hop ! Il les transforme en poings pour ne pas leur faire de mal. Ahlala, qu’est-ce qu’elles sont gentilles, ces machines tueuses ! Ainsi, Sarah se fait tabasser/jeter au travers des lieux deux-trois fois sans jamais que Terminación ne pense à lui mettre un coup d’épée dans la truffe.

Il en va de même avec Karl, qui parvient à saisir Terminación et… hmmm… sachant qu’il est à un mètre d’une turbine qui tourne à pleine vitesse, ne devrait-il pas le jeter dedans ? Allez, non ! Il le jette… contre une barrière. Non parce qu’on ne sait jamais : peut-être qu’il résiste aux crashs d’avion mais qu’une barrière, ça peut l’arrêter pour de bon !

Ce truc a dû être écrit par les mêmes personnes qui font les plans vigipirates.

Finalement, et après toujours plus de bagarre, tout le monde se dit que eeeeh mais attends ? Et siiii on poussait ce gros naze dans la turbine la plus proche ? Ce qui est fait, et marche plutôt pas mal puisque cela broie en partie le squelette blindé du méchant, et lui râpe sa couche de métal liquide comme du vulgaire fromage à raclette. La chose produit tout de même une sacrée explosion, qui disperse tout le monde aux alentours.

Mais… Terminación n’est pas encore fini, contrairement à ce que son nom indique ! Ce n’est plus qu’un gros squelette d’acier lourdement endommagé et sans métal liquide, mais il bouge encore. Grace peut-elle l’arrêter ? Hmmm… voyons voir… ah, non, dans la bataille, elle a elle-même pris cher, et est mourante. Dani est à son chevet.

« Grace ! Relève-toi ! Tu dois péter la gueule de cette espèce de Nécron, là !
– C’est trop tard… je meurs, Dani… mais c’était prévu…
– Pardon ?
– Oui… tu m’as renvoyée dans le passé pour te protéger, mais surtout… pour ce moment. Tu dois prendre la source d’énergie qui alimente mes implants… et la planter dans ce monstre. Cela le surchargera. Et le tuera »

Dani réfléchit.

« Mais attends, c’est très con ?
– Que… non, attends, c’est héroïque !
– Que dalle ! C’est débile ! Tu veux dire que je t’ai juste renvoyée dans le passé pour servir de mule en transportant dans ton corps la seule arme pouvant tuer le Terminator ?
– C’est… oui, c’est ça ?
– Et la source d’énergie, elle fait quelle taille ?
– Elle tient dans la main.
– Et à aucun moment on s’est dit dans le futur « Tiens, si on lui greffait tout connement une boîte dans laquelle on met des sources d’énergie de rechange comme ça elle pourra les utiliser directement » ? Ou tu n’as pensé à me dire que ce truc était sensible aux surcharges électriques ? Tu te rends compte qu’en fait, on vient de courir TOUT le film pour me dire à la fin que tu avais la solution depuis le début ? »

Sarah et Dani, au moment où Grace leur explique qu’elle pouvait tuer le Terminator depuis le début, mais en fait, c’était plus rigolo de mettre tout le monde en danger.

Voilà. Niveau rebondissement, ça se pose là : Grace savait en fait dès la première scène comment tuer définitivement le Terminator.

Dani se demande si dans le futur, elle a été trépanée pour être devenue aussi bête. Puis, elle farfouille dans le bidou blessé de Grace pour lui arracher sa source d’énergie. Et accessoirement, parce que ce faisant, cela la tue, et vu comme elle avait planqué des informations cruciales depuis le début, c’est mérité. Grosse quiche !

Terminación, lourdement endommagé, a continué à s’approcher pendant que Dani expliquait à Grace que bien que mourante, elle n’en était pas moins neuneu. Notre guerrière latina plante par conséquent le vilain robot avec la source d’énergie de Grace (qui a une aiguille intégrée pour ce genre de situation, c’est bien pensé), et ce, dans l’œil rouge de la machine tueuse. Celle-ci titube, surcharge, et comme elle ne meurt pas assez vite et qu’il faut un autre sacrifice inutile, Karl, qui était lui aussi endommagé, arrive pour emmener avec lui le Terminator en surcharge dans une chute de vingt mètres, sur une plate-forme du barrage un peu plus bas.

Ce qui ne sert strictement à rien, sauf que Karl se retrouve pris dans la surcharge qu’émet le corps de Terminación, et meurt avec lui en se transformant en métal fondu, à défaut d’être liquide.

C’est… soit ? Mais pourquoi ? Parce que vous avez réalisé que la fin du film n’avait aucun sens et que vous avez décidé de cacher ça en balançant des sacrifices pour maquiller les trous ? Et si Karl meurt maintenant, d’ailleurs, qui, dans le futur, dit qu’en cas de voyage temporel, voici à quelles coordonnées se rendre pour trouver de l’aide ? Dani elle-même ? Auquel cas, elle pense à donner les coordonnées du Terminator, mais pas à renvoyer dans le passé Grace avec des sources d’énergie en rab’, voire un poil plus tôt pour qu’elle puisse tendre un piège à Terminación sans prendre de risques ? Et si vous me dites que « Non, elle doit refaire exactement la même chose pour ne pas modifier le passé« , alors quel intérêt puisque cela sous-entend que l’on peut modifier le passé, et donc, tuer Terminación avant qu’il ne cause des centaines de mort à lui seul, dont la famille de Dani, pour avoir justement un meilleur passé ?

Aaaah, les voyages dans le temps. Un ratage constant.

Il n’empêche que c’est gagné pour Sarah et Dani, nos survivantes, alors que faire ? Eh bien pour l’instant, elles se rendent en jeep devant l’école primaire où Grace est là, mais à cette époque, n’est qu’une enfant innocente (relativement à un enfant, s’entend, ça reste probablement un trou de balles à couettes). Les deux dames la regardent et s’en vont, laissant Grace dubitative puisqu’elle a bien vu qu’il y avait deux Mesdames suspectes qui la regardaient bizarrement. Elle demande donc au surveillant dans la cour d’appeler la police pour signaler un duo de pédophiles en maraude, pendant que dans la jeep, Dani prend une décision :

« Je vais tout faire pour que Grace ne doive pas mourir une fois encore. »

Que ?

C’est donc sur cette phrase que je vous laisse retourner pour comprendre à quel point elle poignarde le scénario une dernière fois que…

… FIN !

Voilà. Eh bien, sachant que James Cameron s’est mêlé de ce film, j’ai envie de dire : vivement Avatar 2.

Vous ai-je parlé des moments où Terminación oublie qu’il est en métal liquide et que donc, les coups de poing, ça devrait lui faire du rien ?


Et une fois de plus, en exclusivité, la première version du film.

C’est ce qui arrive quand on tire sur les voyageurs temporels sans poser de questions. Mais je préfère cette version : on sort plus vite de la salle.

 

 

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Un odieux connard

Ou alors c'est qu'il a lu le script, d'où son air moyennement convaincu par tout ça.

Visuellement, ça aurait eu un côté rigolo, et probablement toujours moins ridicule que ce film.

Alors que le Terminator est comme toutes les machines ; à partir du moment où on l'approche d'une imprimante pour sortir un dossier urgent, plus rien ne marche.

Je pense qu'ils ont hésité à lui coller une moumoute orange pour toujours plus de subtilité dans le message.

Et ne parlons pas des trailers modernes où l'on voit tout le film sans rien manquer ou presque.

Pour John !

Si vous tendez l'oreille, vous pouvez entendre la même remarque lors de certaines réunions politiques.

Alors que bon, vous envoyez dans le futur Monsieur de Chambure, vous lui expliquez que des robots ont détruit la recette du boeuf bourguignon, et l'affaire est réglée en vingt minutes.

Et à part au début quand il se déguise en papa de Maria, plus jamais il ne pensera à se déguiser pour approcher des héros en douce, vraiment, il est trop sympa.

Le pire, c'est que je sais que des gens sont déjà en train de se dire qu'ils vont vérifier les coordonnées GPS indiquées.

Terminator 1 – Le spoiler pour se faire des ennemis

« De toute façon, Terminator, après les deux premiers, il n’y a plus rien. »

Pour seule réponse à ce commentaire de mon fidèle Diego, je pousse un long soupir de lassitude suffisamment puissant pour que l’ensemble du quartier puisse entendre mon désarroi.

« Ben quoi, c’est vrai !
– Et tu insistes, margoulin ! Mais, va, je te pardonne. Parce que je suis bon.
– Ce dernier point me paraît discutable, patron. Mais vous n’êtes pas d’accord ?
– Allons, Diego. Ce que tu viens de dire, c’est ce que l’on entend partout dès que quelqu’un parle du moindre épisode récent de la saga Terminator. Mais sais-tu ce qu’est la plus grande qualité des deux premiers volets de la saga ?
– L’intrigue ? »

Diego esquive de peu le carafon que je viens de lui lancer. Pendant qu’il va chercher la balayette, je poursuis.

« Le temps, Diego. 
– Ah ! Les voyages dans le temps étaient réussis ?
– Non, mon bon Diego. Tu connais la règle : s’il y a des voyages dans le temps, ça a toutes les chances de se planter. Non, l’énorme qualité de ces films, c’est que les gens les ont vus il y a longtemps. Et que depuis, la patine du temps a fait son effet. Alors, les souvenirs sont embellis, et puis, le film a un petit côté madeleine de Proust. On le regarde avec le souvenir ému des soirées à rembobiner des VHS après avoir vu le film sur la télé cathodique de 20 kilos du salon. Alors on essaie d’oublier les défauts pour ne pas avouer qu’en fait, on a pu apprécier des trucs pas très bons. Un peu comme les geeks qui relancent le jeu culte de leur jeunesse pour découvrir qu’en fait, c’était un peu pourri, et qui rangent leur vieille console pour oublier, en rester à leurs souvenirs, et retourner dire un peu partout que les jeux, c’était mieux avant. Toute personne ayant relancé Command & Conquer voit de quoi l’on parle. Mais niera probablement en bloc. »

Une règle qui a bien sûr ses exceptions : mieux vaut relancer un ancien Close combat que toucher à un nouveau.

« Certes patron, mais là, de tête, je ne vois pas bien quels défauts a le premier Terminator, par exemple. C’était quand même bien fichu !
– Pour l’époque, visuellement, oui. Mais scénaristiquement…
– C’était quoi le problème ?
– LeS problèmeS. »

Car en cette période de sortie d’un nouvel épisode de la franchise Terminator, retournons donc parler du premier volet de la série, celui par lequel tout a commencé, et qui nous oblige aujourd’hui à supporter d’immondes daubes au cinéma. Alors, Terminator, c’est considéré comme culte, mais était-ce vraiment mieux avant ?

Spoilons, mes bons !


Avant les flammes, on mettait des lasers sur les affiches.

Tout commence… dans le futur.

Et le futur, qui est aux alentours de 2019, laissez-moi vous dire que c’est tout nul. C’est tout obscur, il y a des robots géants qui roulent partout avec leurs grosses chenilles, et le sol est couvert de crânes. Non, pas d’ossements : juste de crânes. Ne me demandez pas où est passé le reste. Cela doit être une sorte d’épisode mystérieux de Léa Passion Catacombes, ou bien l’accessoiriste de ce film était secrètement fan de Warhammer 40,000. C’est un peu flou.

Mais alors, me direz-vous, quand on vit dans un futur comme celui-ci, comment occupe-t-on ses journées quand on est un humain comme vous et moi ? Eh bien, c’est fort simple, puisque l’activité principale consiste à se faire exterminer toute la journée par les fameux robots géants. Un texte apparaît d’ailleurs pour nous l’expliquer : dans le futur, il y a eu l’enfer nucléaire, et que les robots sont sortis des cendres (voyez cela comme une sorte de soirée patates braisées qui a dégénéré) et ont décidé d’en finir. Et pourtant, la bataille finale entre l’homme et la machine ne va pas se jouer ici, dans le futur… mais en 1984.

Pour mieux comprendre, revenons justement en 1984. Une grande année, comme chacun sait, puisqu’elle vit la naissance de véritables légendes. Oui, je parle du Tac-O-Tac. Pourquoi, à qui pensiez-vous ?

Toujours est-il que si nous sommes bien en 1984, nous voici plus exactement à Los Angeles où par une douce nuit, un éboueur est occupé à son dur labeur. Lorsque soudain, deux phénomènes étranges se produisent : d’abord, des éclairs se mettent à claquer tout autour du véhicule de notre fier travailleur. Et ensuite, notre larron a un jeu d’acteur déplorable, marmonnant « What the hell ? » ( en français, « Saperlotte ?« ) encore et encore avec autant de conviction qu’une Laetitia Casta dans La Bicyclette bleue.

Mais c’est alors que ces deux phénomènes laissent place à un troisième, plus épatant encore : un gros Monsieur tout nu apparaît.

Notre éboueur, qui n’est pas là pour juger des pratiques d’autrui, préfère décamper. Pendant que le musculeux nudiste fraîchement arrivé, l’ignore pour aller contempler Los Angeles qui s’étale à ses pieds, son zboub claquant fièrement au vent dans l’air nocturne.

Je ne vous cache pas que niveau classe, on a vu mieux.

Mais justement, car notre homme est visiblement conscient qu’en 1984, on n’est pas encore assez progressiste pour autoriser les gens à se promener la kikoute au vent, et que lui n’aura même pas besoin d’accompagner une sortie scolaire pour que sa tenue fasse réagir. Heureusement, il repère non loin, puisqu’il est sur les hauteurs de Los Angeles, un promontoire où de jeunes gens se chamaillent autour de jumelles publiques, cela dit, s’ils veulent contempler la lune, le Monsieur nu a des suggestions intéressantes à leur faire. Le nudiste s’approche d’eux d’un pas quasi-mécanique, et vous l’aurez compris : le gros monsieur tout nu n’est autre que le Terminator qui a donné son nom au film, un robot venu du futur.

Il scanne donc les jeunes margoulins grâce à ses yeux cybernétiques. Et détecte :

  • Des cheveux bleus
  • Une tenue dégueulasse
  • Une forte odeur de bière

Le Terminator en est sûr : il vient de tomber sur des étudiants des beaux-arts.

Mais ces derniers sont plutôt hilares à la vue du monsieur qui s’approche d’eux la kikounette flapotant dans l’air du soir.

– Rhorhorho ! L’autre, il se promène tout nu ! Ça va, mec ? Tranquille ?
– Hallo.

Car, oui, si dans votre jeunesse vous aviez vu le film en français, sachez qu’en version originale, le Terminator s’exprime avec un fort accent autrichien, ce qui est cocasse. Non parce que d’habitude, les films avec voyages dans le temps consistent plutôt à renvoyer dans le passé quelqu’un pour tuer un petit Autrichien bien connu. Le film est probablement né lors d’une soirée trop arrosée, où quelqu’un s’est exclamé « Et si on faisait l’inverse et que c’était un gros Autrichien qu’on renvoyait dans le passé pour tuer des gens ? »

Habile.

La classe, c’est de contempler le monde tout nu depuis sa terrasse.

Par respect pour mon lectorat et pour l’oeuvre originale, j’essaierai donc de rendre le délicieux accent de notre héros dans ses dialogues.

« Che veux fos fêtements.
– Cheveux quoi ? T’as un problème avec mes cheveux bleus, sale fasciste ?
– Nein. Che veux fos fêtements. Les cheveux, che m’en fous, fous pouvez les garder. Ch’ai pas envie de ressembler à ein étudiant en zoziologie.
– Est-ce que tu viens de me traiter d’étudiant en socio ? Tu vas voir ! »

Et les jeunes gens, qui sont en réalité des punks, tentent de s’en prendre au nouvel arrivant à grands renforts de diabolo, de canettes de 8-6 et d’autres armes typiques de leur fière peuplade. Hélas pour eux, le Terminator utilise ses gros poings et les claque si fort qu’il les tue un peu. Sauf le dernier qui décide que finalement, il veut bien donner ses fringues à ce bel étranger, puisque c’est demandé si gentiment. Coup de bol : c’est la bonne taille pour notre montagne de muscles, alors que c’était porté par un gringalet. Voilà qui tombe bien. Je comprends mieux pourquoi certains jeunes, de nos jours encore, portent des pantalons dix fois trop grand : c’est pour dépanner les voyageurs temporels. Ça se tient.

Mais hélas pour Los Angeles et ses habitants, la nuit ne s’arrête pas là.

Car dans une ruelle obscure de la ville, voici qu’apparaît un autre nudiste. Moins costaud, certes, mais toujours sans le moindre slip. C’est une véritable invasion ! Le futur nous envoie des gens tout nus ! Monstre ! Mais le nouvel arrivant, lui, a la démarche bien plus titubante, puisque ce n’est qu’un simple humain, pas un Terminator. Et son apparence bourrée a tôt fait de lui attirer la sympathie d’un clochard de la ruelle. Sauf que l’ami du futur n’est pas là pour discuter recettes de rat grillé (même s’il en a de très bonnes).

« Toi ! s’exclame-t-il. Donne-moi ton slip ! »

Voler son slip à un sans-abri : dans le futur, le libéralisme a vraiment fait des ravages. Heureusement, en 1984, on ne rigole pas avec ces choses-là, et une voiture de police qui passait au bout de la ruelle à ce moment-là aperçoit le terrible forfait. « Lâchez ce slip ! » ordonne le policier ; mais le margoulin n’en fait rien, et c’est donc parti pour une course-poursuite entre le porteur de slip et celui de badge. Et c’est une course-poursuite digne de 1984 : vous savez, celles où on va de ruelle en ruelle, où il y a toujours une grille qui crache de la vapeur, où l’on se retrouve avec des grillages qui entravent la progression au milieu de nulle part, et où l’on traverse des rues en courant au son des klaxons avant de rouler sur des capots ?

Voilà. Vous visualisez bien. Parce que ce n’est pas bien inspiré, même pour l’époque.

Mais au détour d’une ruelle, notre héros parvient à prendre en embuscade le gardien de la paix à la poursuite, et lui dérobe son arme. Sauf qu’au lieu de l’abattre, à la surprise de l’agent de la maréchaussée, le fuyard le braque en lui demandant :

« Quel jour sommes-nous ?
– Ben, le 12. Le 12 mai.
– Mais de quelle année ?
– 1984.
– Palsembleu ! »

Et il reprend sa course, laissant le policier quelque peu déstabilisé : chaque année, ils ont du mal à vendre leurs calendriers pour les étrennes, et maintenant, voilà qu’on leur demande directement le jour et l’année. C’est à n’y plus rien comprendre.

Heureusement, il y a juste à côté une boutique qui a laissé sa porte arrière ouverte (c’est pratique), en plus il s’agit d’un magasin de vêtements (décidément !) et mieux encore, qui vend aussi des chaussures (ÇA ALORS !). Pendant que la police le cherche, le fugitif peut donc rajouter à son slip un pantalon, un t-shirt, et un grand imperméable de pervers qui lui permet de ne pas trop s’éloigner des tendances nudistes qu’on lui reprochait. Il se faufile au nez et à la barbe des forces de l’ordre, et en sortant, en profite pour fouiller une voiture de police vide à proximité et s’équiper d’un fusil à pompe.

Ah non, mais le mec a une chance du tonnerre. Et nous verrons que c’est la base du film : une succession de coups de bol et de coïncidences grossières qui arrangent bien l’intrigue.

Le film était par ailleurs particulièrement subtil dans ses placements de marques.

Au passage, aujourd’hui, et à l’heure où il devient parfois difficile de trouver des pantalons suffisamment long pour atteindre vos chevilles, notre héros aurait été bien plus emmerdé. Heureusement, grâce son improbable moule, tout va dans son sens, et il n’a donc plus qu’à se diriger vers un endroit bien connu des habitants de 1984, bien moins de ceux nés après 2000 : la cabine téléphonique. Il y attrape un annuaire et se rend à la page des C.

« Connard… Connard… Connard… bon sang, combien y a-t-il de Connards dans cette ville ? Ah, voilà ! Connor ! »

Et il arrête son gros doigt sale sur les Connor Sarah. Et il se trouve qu’il y en a trois en ville. Voici qui le laisse perplexe. Que faire ? Pour commencer, il va laisser le film faire une transition, et il avisera après.

Bondissons donc au lendemain matin.

Et retrouvons Sarah Conn…

Oh, seigneur. Qu’est-ce que c’est que ça ? Cette coupe de cheveux hideuse, ce scooter conçu par Bandai qui donne l’impression qu’elle doit clipser ses mains dessus pour le démarrer, et ce vieux fond de piano façon comédie romantique ? Diego, si tu as le numéro de ce charmant Monsieur Terminator, je vais lui dire de suite où se trouve sa cible. Visuellement c’est… enfin, c’est un dur rappel du fait que si la mode actuelle est aux années 80, elle l’est uniquement pour les gens qui n’ont jamais su à quoi ça ressemblait vraiment.

Toujours est-il que Sarah travaille comme serveuse dans un petit restaurant de Los Angeles, où comme toutes les héroïnes en devenir, elle a un peu une vie de merde, puisqu’en effet, tout le monde est méchant avec elle, elle n’arrête pas de faire tomber des trucs, et voici que même un enfant s’amuse à lui glisser des boules glacées dans l’uniforme de travail pour l’enquiquiner, le tout sous le regard approbateur du reste de la salle. Je pense que la réalisation a coupé les scènes où tout le monde la tabasse sans raison, tant la ficelle commençait à être un peu grosse. J’imagine que ses scènes ont ensuite été rachetées et remontées pour donner le film Joker, mais passons.

Mesdames et Messieurs, Sarah Connor. Dites-moi que vous avez encore envie qu’elle gagne, hmmm ?

Car si Sarah n’a pas la vie facile, pour l’instant, la vie, elle l’a encore, ce qui pourrait ne pas durer tant de son côté, le Terminator est au turbin.

En effet, le cyber-bougre (on parle aussi de « cybougre ») a commencé par s’équiper en se rendant dans une boutique typique du pays du hamburger : une armurerie. Où il n’a aucun mal à se procurer fusils à pompe, d’assaut, pistolets divers, lance-flammes, bazookas et autres armes de défense personnelle avant d’abattre le gérant parce qu’il manquait un peu de monnaie sur lui. Heureusement, personne ne semble réagir au coup de feu dans le voisinage, ni les badauds s’inquiéter de voir une espèce d’immense punk avec un accent crypto-nazi sortir de la baraque avec une douzaine d’armes de guerre sur le dos.

En même temps, ça ressemble peut-être à ça, une journée normale aux Etats-Unis.

Le Terminator a aussi volé une voiture grâce à la dextérité légendaire de ses grosses mains, et s’est procuré un annuaire où il a, lui aussi, repéré qu’il y avait trois Sarah Connor en ville. Ce qui, mes bons amis, souligne l’importance d’arrêter d’orthographier n’importe comment les prénoms ou d’en inventer de nouveaux. Car en cas de robot tueur venu du futur, si votre enfant s’appelle Roger Dupont, le robot n’a aucune chance de le retrouver. Alors que par contre, s’il s’appelle Galadriel-Matthiméo Dupont, vous pouvez dire adieu à la Résistance dans le futur. Alors pensez-y, bande de petits irresponsables !

Notre robot ayant justement trois cibles potentielles, il décide de suivre le célèbre proverbe autrichien « dans le doute, choucroute« , et d’abattre les trois Sarah. En commençant par la première, une brave dame qui est fort surprise lorsqu’un colosse frappe à sa porte avec un fort accent du Tyrol, et plus encore lorsqu’il décide de lui coller du gros calibre dans le bidou. Un meurtre qui a tôt fait d’attirer l’attention des médias locaux, qui diffusent par conséquent à la télévision la nouvelle : une certaine Sarah Connor a été violemment assassinée jusqu’à ce qu’elle soit morte.

Les collègues de notre Sarah Connor au restaurant invitent leur amie à regarder les nouvelles tout en rigolant comme des baleines :

« Ahaha, Sarah, tu as vu ? La dame qui a été tuée s’appelait comme toi, c’est rigolo ! »

C’est vrai que c’est rigolo, d’avoir des homonymes qui se font tuer. J’imagine qu’elles pourront remercier le Terminator quand elles le croiseront pour ce bon moment de rire.

« M’sieur Terminator, elle était trop bien votre blague de tuer des gens qui portent le même nom !
– Ach ! Che sais, che la tiens de mon papy, il la connaissait avec un juif. »

Que ? Mais ?

Trop de calembours de mauvais goût sont en train de s’accumuler en trop peu de lignes, je vous propose donc d’en sauter quelques unes.

Et allons plutôt retrouver l’autre personne du futur, notre héros sans nom, qui est lui aussi en train de voler une voiture, et d’avoir des flashbacks lorsqu’il aperçoit de gros engins de chantier à chenille qui lui rappellent les machines de guerre du futur. Il a donc des flashbacks du futur, je propose donc d’appeler cela des flashforwards. Où il se revoit avec ses amis, à courir la campagne riante couverte de crânes, à se faire vaporiser par des lasers pour un oui ou pour un non, et à tirer au fusil tout pourri sur des tanks géants, ce qui marche moyennement bien. Il se souvient ainsi de comment un jour, il a réussi à s’en faire un en larguant un explosif dans le bestiau, avant de s’enfuir avec ses copains au travers du champ de bataille qu’est le futur avec une voiture digne de Mad Max.

Ce qui est un peu con, tant les voitures, dignes de Mad Max ou non, c’est moyennement pratique en terrain super accidenté et plein d’épaves (et de crânes, décidément). Le dernier souvenir de notre héros est donc comment son véhicule a fini par se prendre des tirs, faire une embardée, finir sur le toit, et se retrouver coincé à bord alors que les flammes commençaient à…

Notre héros revient dans le présent. Non pas parce que son souvenir s’arrête là, mais parce que comme ça, il n’a pas à justifier de comment il a réussi à s’échapper d’une voiture en flammes sans même la moindre brûlure apparente. C’est pratique, les changements de scène pour ne rien expliquer. N’est-ce pas Game of Thrones ?

Kyle Reese en train de brûler coincé dans une voiture, mais en fait, hihi, non, ça va merci, pourquoi ?

Bref.

Revenons à Sarah, qui de son côté, a déjà oublié les événements de la journée, et est occupée à se coiffer avec sa colocataire, Ginger. Évidemment, certains attendront de ma part un commentaire putassier sur le volume improbable des coupes de cheveux de nos deux amies, mais je n’en ferai rien. Non, n’insistez pas, je ne mange pas de ce pain-là. Cette scène de coiffure est très respectable. D’ailleurs, aujourd’hui encore, elle sert de modèle dans les écoles de paysagistes.

Toujours est-il que ce soir, Ginger a prévu de passer la soirée à domicile à copuler avec son petit ami, Jean-Bob. Pendant que Sarah est priée d’aller pratiquer la brouette javanaise à l’extérieur avec son propre petit ami, Jean-Jacques. Seulement voilà : cette petite ordure de Jean-Jacques appelle Sarah pour lui dire que ce soir, il ne peut pas sortir, il a poney. Décidément, rien ne va pour Sarah aujourd’hui. Aussi décide-t-elle de descendre dans le parking de l’immeuble, d’enfourcher son hideux scooter, et de partir dans la nuit, sans casque, parce que quand tu as passé trois heures à te coiffer, la première chose que tu as envie de faire, c’est de la motocyclette.

Mais n’ayant un angle de vue que de soixante degrés devant elle, le reste étant bloqué par sa masse capillaire, elle ne remarque pas dans ses rétroviseurs qu’une voiture garée dans le parking la suit. C’est notre héros et sa voiture volée ! Mais que diable veut-il à notre douce héroïne ?

Sûrement pas la protéger, sinon j’ose penser qu’il serait allé la trouver dans son appartement plutôt que d’attendre comme un con pour la suivre comme un pervers en rut dans son grand imperméable. Hein ? N’est-ce pas ? Non ? Bon. Sarah, en tout cas, finit par se trouver un restaurant où aller manger seule en soupirant sur son triste sort, alors que la télévision annonce soudain qu’une deuxième Sarah Connor vient d’être assassinée en ville. Sarah réalise que c’est suspect, fonce attraper un annuaire, et découvre que les victimes sont mortes dans l’ordre où elles étaient présentes dans l’annuaire.

La morale de cette histoire est qu’il faut toujours donner un second prénom en Z à vos enfants. Ainsi, Roger Alban Dupont se fera toujours tuer avant Roger Zébulon Dupont en cas d’attaque par annuaire. Oui, de nos jours, les robots font des attaques par dictionnaire. Mais en 1984, on attaquait par annuaire. Il faut vivre avec son temps, dites-voir !

Sarah décide donc de quitter le restaurant en urgence pour… eh bien… pour… heu… enfin voilà. Mais à peine est-elle dehors qu’elle aperçoit notre amie le pervers en imperméable sur ses traces.

« Oh non, j’ai déjà une journée de merde, je ne vais pas en plus devoir me taper un inconnu qui me montre son zguègue ! » pense-t-elle avec le riche vocabulaire qui est le sien.

Pour plus de sécurité, elle s’engouffre dans le premier club qu’elle trouve : le TechNoir, un endroit où l’on écoute de la mauvaise musique tout en dansant comme dans un clip des Inconnus. Et après avoir jeté 4,50$ au visage de madame la guichetière, Sarah s’empresse d’aller trouver un téléphone pour appeler la police.

Je sens bien que ça vous turlupine, alors tenez : voici Sarah avec sa colocataire, Ginger.

Notez qu’elle aurait pu faire ça pépère depuis le restaurant où elle était, mais non : c’est plus rigolo de raquer pour aller dans un lieu inconnu passer des coups de fil avec de la grosse musique en fond pour ne rien entendre. Hélas pour elle, c’est décidément re-re-re-re-re-re-re-re-re-pas de bol (ce film est très inspiré, je vous l’avais dit) : toutes les lignes sont occupées chez nos amis de la maréchaussée. Si on est en train de se faire poignarder, par exemple, on est invité à patienter comme un vulgaire appel au SAV de sa box internet, sur fond de musique d’ascenseur.

Cependant, et justement, voici qu’au même moment, ailleurs en ville, dans l’un des commissariats de Los Angeles, deux inspecteurs commencent à suer à grosses gouttes.

« Roger, tu as vu le dossier de la Sarah Connor qui a été tuée aujourd’hui ?
– Oui pourquoi ?
– Parce que figure-toi que c’est pas banal, on vient d’apprendre qu’une deuxième Sarah Connor vient d’être tuée !
– Hmmm… sûrement un fétichiste des Sarah Connor. Vite, je sais ce qu’il nous reste à faire ! Appelons la dernière Sarah Connor de la ville et proposons-lui de changer de nom pour Germaine Roubieux !
– J’y ai déjà pensé, Roger. Mais je n’arrête pas d’appeler chez elle et ça ne répond pas ! On a même envoyé une unité sur place, mais elle ne répond pas non plus. »

Mais ? N’y avait-il pourtant pas Ginger et Jean-Bob à l’appartement ? Si, mais hélas, ils copulent tout en portant… UN WALKMAN.

Ne me demandez pas pourquoi (à part pour arranger l’intrigue avec des ficelles grosses comme celles utilisées dans la défense de François Fillon), moi non plus, je ne me l’explique pas. Et encore moins comment les célèbres écouteurs en mousse pourrie pouvaient isoler qui que ce soit du moindre bruit. Mais bon, d’un autre côté, cela me va puisque le répondeur de nos héroïnes qui répond à la police commence par « Allô ? Allô ? Ahaha, c’est une blaaaaaague, vous parlez à un répondeur !« , ce qui comme chacun sait, est un motif suffisant pour mériter une mort abominable.

Et justement, on frappe à la porte, puis dedans, et entre donc… le Terminator.

« Z’est izi, l’appardement de la dame qui a ein scherz toute pourrie zur zon répondeur ? »

Mais aucune réponse ne vient. Non seulement les occupants des lieux ont donc un humour contestable, mais en plus, ils sont malpolis. Le Terminator se fraie un chemin dans l’appartement, et tombe sur… Jean-Bob, en petit slip, qui se détendait sur le lit conjugal, pendant que Madame était partie se faire un sandwich. Le Terminator le scanne de la tête au slip.

Quand le sexe, c’est tellement palpitant que tu demandes à ton partenaire si ça le dérange pas si tu écoutes un podcast pendant ce temps.

« Was ? Mais ? Tu n’es pas une fraülein ! 
– Et sur quoi tu me juges ? Le genre n’est pas binaire, c’est un spectre qui… »

Bon, dans le doute, le Terminator lui pète la gueule.

Ginger, elle, n’entend rien puisqu’elle a toujours son baladeur magique qui isole mieux que les casques modernes à 400€. Mais lorsque traversant une paroi, son petit ami vertement tabassé atterrit entre les deux tranches de mie de pain qu’elle empilait, elle est fort surprise.

« Mais enfin Jean-Bob ! Quand je parlais d’être prise en sandwich, ce n’est pas à ça que je… »

Elle réalise cependant que Jean-Bob ne répondra pas : il est vaguement mort. Et arrive du trou dans le mur qu’il vient de traverser le Terminator.

« Z’est toi qui fait les blakounettes zur le répondeur ? Tu trouves doujours ça rigolo, de parler à une machine ? »

Le Terminator, plein de bon sens, lui plombe la truffe comme il se doit, et estime qu’il a accompli sa tâche : il s’est rendu à la dernière adresse d’une Sarah Connor et a tué la femme trouvée sur place. Lorsque soudain… re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-pas de bol (ce film est un enchaînement fabuleux de coïncidences capables de briser ma boîte à « ÇA ALORS ! » en moins de deux, je l’ai donc mise à la cave par sécurité), c’est pile durant ces trois fatales secondes que le téléphone de l’appartement sonne et que la voix de Sarah retentit.

« Ginger ? C’est Sarah. Écoute, il faut vraiment qu’on change le message de notre répondeur, ça finira mal cette histoire si tu veux mon avis. Bon, là je t’appelle depuis un endroit appelé le TechNoir. Mais si, tu sais, c’est au douze de l’avenue Christian Clavier. Je dis ça pour que tu viennes me chercher, et vite ! Car je crois qu’il y a un pervers qui me suit. « 

Un peu étonné, le Terminator se demande par quel miracle il a entendu le bon coup de fil, pile au bon moment, le tout avec l’adresse dont il a besoin, alors que lui pensait sa mission achevée. Il se voyait déjà partir loin de la folie des hommes, racheter un ranch au fin fond du Kansas, et prendre un chat qu’il appellerait Zelda, Pixel ou Kernel, comme tout ami des machines qui se respecte. Il élèverait du bétail bio en regardant le temps qui passe, et le soir, il irait écouter le bruit de la rivière coulant derrière son pré. Puis, il achèterait une mitrailleuse lourde tuerait tout le monde, et recommencerait dans l’Ohio.

Mais là, non. Elle est enquiquinante, cette Sarah Connor !

Et encore, il ne sait pas tout, car dans le même temps, Sarah a réussi à joindre la police.

« *musique d’attente* Every step you take, I’ll be watching y… *clic* Oui allô, police de Los Angeles j’écoute ?
– Ah ben c’est pas trop tôt ! Écoutez, je m’appelle Sarah Connor, et là j’ai entendu que d’autres Sarah Connor ont été tuées aujourd’hui alors je…
– Vous tombez bien Madame Connor, je vous passe l’inspecteur sur le dossier, il voulait vous parler.
– Faites.
– Madame Connor ? Je suis l’inspecteur Roger Dupont.
– C’est d’un commun…
– Eh, oh, vous saurez que mon second prénom est Zébulon. Mes parents étaient des gens prudents, eux ! Bon, écoutez Madame Connor, où êtes-vous ?
– Au TechNoir.
– Oui je connais.
– Ah bon ? Mais ils n’y passent que de la musique de merde, comment pouvez-vous connaître ?
– C’est pas le sujet ! Restez là et ne bougez pas, j’envoie une voiture de patrouille vous chercher. Ils ne vous arrivera rien dans un lieu public. »

Sarah se commande donc un coca et attend.

Mais à la surprise générale, et alors qu’il y a des unités de police un peu partout, le premier à arriver sur les lieux est… le Terminator ! Qui lui, ne donne pas 4,50$ à madame la guichetière, refait la truffe du videur, puis inspecte la salle du TechNoir. Ou malgré d’autres coïncidences d’une qualité dignes d’une rédaction de sixième (« Oh non, j’ai fait tomber un truc au moment où le Terminator que je n’ai pas vu regardait dans ma direction, alors je me baisse pile au bon moment !« ), le Terminator finit par repérer Sarah, dont il a vu une photographie à l’appartement, et braque son arme sur elle lorsque…

Le Terminator, qui ici, sort leeeentement son arme, puis la charge leeeeentement, puis la lève douuuuucement puis… c’est rigolo comme il tuera tout le monde en un éclair, sauf sa cible, quand même.

Un gros coup de fusil à pompe l’envoie voler.

C’est l’autre voyageur temporel, qui s’était faufilé dans le bar, mais toujours sans essayer de parler à Sarah, qui vient d’intervenir. Et il envoie suffisamment de gros pruneaux dans le Terminator pour le coucher. Mais pas bien longtemps, car celui-ci se relève, sort son pistolet-mitrailleur, et commence à arroser aussi bien son assaillant que toutes les femelles humaines qui s’enfuient parce que les humains, hein, bon, ils se ressemblent tous un peu.

Ce racisme !

Sarah a la présence d’esprit de faire du rien, et d’attendre gentiment de se re-faire braquer par le Terminator, qui est re-collé au sol par un coup de fusil à pompe. Hmmm, j’ai déjà vu cette scène, et ce n’était déjà pas bien inspiré la première fois.

« Viens avec moi si tu veux vivre ! » lance le voyageur temporel à Sarah avant de filer avec elle.

Et les deux de s’enfuir par la porte arrière, poursuivis par le Terminator qui a relativement bien pris tout le gros plomb qu’on lui a envoyé. Et qui résiste à d’autres choses : comme l’explosion d’une voiture dont le réservoir est la cible des tirs de notre héros lorsque le vilain robot du futur passe à côté. Et même lorsqu’enfin, Sarah et son sauveur gagnent sa voiture, le Terminator se jette sur le capot pour donner des coups de poing dans le pare-brise qui vont coûter super cher chez Carglass. Quel petit vandale !

Heureusement, grâce à une technique habile intitulée « Et là, tu t’accroches toujours quand je percute une autre voiture ?« , c’est avec un « Scheiße ! » tonitruant que le Terminator se trouve obligé de s’en retourner se frotter langoureusement contre la chaussée plutôt que contre le premier capot venu. Un policier, qui a aperçu la scène, pense que ce jeune Autrichien qui vient de se faire renverser est une pauvre victime d’un chauffard, et informe aussitôt sur sa radio ses amis des forces de l’ordre afin qu’ils se lancent à la poursuite de la voiture en fuite qui est partie sans même demander son PV.

Pas de bol pour le brave policier, celui-ci prend une grosse claque de Terminator qui vient de se relever sur le coin du nez, et qui préfère s’emparer de son véhicule à gyrophares pour reprendre la poursuite. Ce qu’il fait sans problème, tant Sarah et son pilote roulent comme des cons en grillant les feux et en allant sur les trottoirs quand bien même ils avaient réussi à le semer. Résultat, leur comportement de neuneus est signalé à la police, et le Terminator peut entendre où ils sont sur la radio de la voiture du LAPD qu’il conduit désormais. Et pour ne pas éveiller les soupçons, usant de ses grands pouvoirs de machine, il imite la voix du flic qu’il a claqué sur la radio pour dire « Oui, oui, c’est bon, je me charge de poursuivre ces contrevenants au code de la route ! » ce qui…

Attendez ? Aaaaattendez ?

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi ce robot peut imiter n’importe quelle voix MAIS n’arrive pas au naturel à avoir un accent américain ? C’est un de ses programmateurs qui a voulu faire une blague ? « Regarde Michel, je mets en langue par défaut la voix artificielle « Hans », ça va être rigolo ! Bon, ce sera moyennement pratique pour l’infiltration, mais qu’est-ce que l’on va se marrer ! »

Remarquez, quand on a vu les James Bond avec Sean Connery, et que l’on sait que le super-espion chochotte en version originale avec un monstrueux accent écossais, on va dire que l’on pourrait presque pardonner au Terminator.

Le Terminator, ici en train de faire ses meilleures imitations de Michel Leeb.

Laissons ces interrogations linguistiques de côté et allons voir si Sarah passe un bon moment dans son Blablacar improvisé.

« Han ! Attention… je grille le feu ! Accroche-toi, Sarah ! Yaaa ! C’est bon… grillé… pfou, maintenant, regarde, je vais renverser des poubelles, hahaha !
– Mais vous êtes con ou bien ? Plus personne ne nous poursuit !
– Silence ! Tu crois que j’ai appris le code de la route dans le futur, peut-être ?
– Ah oui, j’avais pas pensé à ça.
– Le film non plus, rassure-toi. C’est pour ça que depuis le début du film, je conduisais prudemment et sans faire d’erreurs alors même que j’ai jamais appris ce qu’était un feu rouge. Alors j’ai bien le droit de déconner un peu maintenant ! Ahahaaaa ! Regarde, comment je roule sur les trottoirs ! Poussez-vous les gens !
– Bon, en attendant, ça ne me dit toujours pas qui vous êtes.
– Je suis le sergent Kyle Reese, de l’armée. Vous avez été ciblée par un robot du futur qui veut vous terminer la gueule. C’est un modèle 101 de chez Cyberdine, un squelette d’acier entouré de tissus humains, à l’origine conçu pour participer à des caméras cachées ou aller dans les zones sinistrées, comme Tchernobyl ou Rouen !
– Rouen, je vois bien, mais Tchernobyl, il y a un problème ?
– Ah c’est vrai, nous ne sommes qu’en 1984. Bon, passons, sache que comme ce robot du futur est venu te terminer, nous l’avons intelligemment appelé : un Terminator.
– Thermidor ? Vous voudriez dire que c’est une sorte de super républicain ? Ça fait très peur !
– Mais non ! Il vient terminer, c’est un Terminator ! 
– C’est nul comme nom, ça n’a aucun sens.
– Ah oui ? Et comment appelez-vous un mec pas très fin et obtu qui veut absolument vous buter ?
– Un butor. Ah, merde, oui, vous avez raison. Mais ça n’explique pas pourquoi il veut me tuer ! Je suis serveuse dans un restaurant tout pourri où même les enfants se moquent de moi ! Pourquoi des robots du futur voudraient me tuer ? 
– Parce que dans le futur, vois-tu Sarah, nous avons commis l’erreur de créer une intelligence artificielle qui devait nous protéger : Skynet. Elle était connectée à tout. Contrôlait tout. Et a décidé que la plus grande menace… c’était nous. Elle a donc déchaîné l’enfer nucléaire. Dans le futur, tout ce qu’il y a autour de toi n’existe plus.
– Même les magasins de locations de VHS ?
– Eux, ils ont pris cher. Deux fois.
– C’est monstrueux ! Il faut empêcher cela ! Mais je ne comprends toujours pas le lien avec moi ?
– Eh bien, vois-tu, moi aussi je viens du futur. Là-bas, Skynet m’avait capturé avec d’autres survivants. Nous étions dans des camps… affamés… réduits en esclavage… condamnés à travailler jusqu’à mourir d’épuisement…
– Hmmm, je commence à comprendre l’origine de l’accent autrichien de ce robot. Dis-voir, le premier nom de Skynet, c’était pas Skynazi, plutôt ?
– Non, au début c’était un site web intitulé zyklon.biz. pourquoi ? Mais bref : un homme est venu. Il nous a aidé à nous évader. À nous cacher. Et nous a appris à les combattre. Son nom… c’est John Connor.
– Han, c’est marrant, il a le même nom de famille que moi !
– Mais ? Mais c’est parce que c’est ton fils, bougre d’andouille !
– Je peux pas l’appeler Mathéo alors ?
– Non, sinon tu vas niquer l’espace temps, petite souillon ! »

Un argument que je suggère fortement aux officiers d’état-civil qui me lisent.

Reese en plein dérapage à toute vitesse, de nuit et feux éteints, alors que son objectif est de se fondre dans la circulation.

Sarah accepte plutôt bien tout cela, tant voir un larron résister à des coups de fusil à pompe et à des explosions de véhicules l’a un peu aidée à se laisser convaincre. Mais tout de même, la question se pose : Reese peut-il arrêter un Terminator ? Peut-être, dit-il d’un ton moyennement rassurant. En tout cas, il va essayer.

Mais sur ces entrefaites, le Terminator, sa voiture de police et d’autres patrouilleurs sont à leur trousse. Aussi, après diverses acrobaties, Reese parvient à cacher leur véhicule dans un parking, et à changer de voiture. Ils restent cachés là le temps que la police abandonne mais évidemment, au moment où ils mettent le contact… qui passait piiiiile à ce moment là juste à côté ?

Le Terminator !

« HO BEN ÇA ALORS ! C’est fou les télescopages dans ce film !
– Raaah, Sarah, c’est ta faute ! Avec ta coupe de cheveux, même allongés dans la bagnole à l’arrêt, on nous repère super facilement ! »

C’est donc reparti pour une course-poursuite ainsi qu’une fusillade parce que hein, bon, il ne faudrait pas se priver. Évidemment, la zone qui était emplie de policiers deux minutes avant est désormais entièrement vide de tout ce qui porte le badge et la casquette, et tout le monde peut donc ravager gentiment la moitié de la ville, avant que Reese n’use d’une technique de fourbe : foncer dans un mur avec le Terminator au moment où il se mettait à leur niveau pour les arroser, avant de jouer à « qui freine le dernier« .

Reese pourrit la partie en freinant le premier, quant au Terminator, ayant quelques problèmes de ping, il effectue un ragequit malgré lui en rentrant très vite et très fort dans le mur.

La police apparaît alors enfin inexplicablement, avec environ 12 000 véhicules qui arrivent à la queue-leu-leu pour arrêter nos héros… et inspecter le véhicule accidenté. Où ils ne trouvent pas trace du conducteur. Car, oui, les 12 000 policiers (voire 24 000 s’ils sont deux par voiture) ont tous loupé le bodybuilder Autrichien qui s’extrayait du véhicule renversé. Ah, ben oui, mais c’est si petit ces choses-là, hein, il faut les comprendre.

La police locale n’arrive que pas grappes de véhicules ou pas du tout, selon les besoins de l’intrigue.

Le Terminator regagne ainsi sans encombre, et surtout sans explication quant à sa soudaine furtivité, sa chambre d’hôtel à l’Ibis du coin puisque oui, là aussi, sachez qu’il a sa petite chambrounette. Il est comme ça, il fera passer ça en note de frais à Skynet dans 35 ans, en espérant que le petit-déjeuner inclus passera le firewall. La chambre d’hôtel est d’ailleurs elle-même fort bien équipée, puisqu’il a déjà sur place tout le matériel pour faire des maquettes, à savoir de la colle et un scalpel. Mais au lieu de construire avec ça une réplique du Yamato comme le ferait toute personne normalement constituée, il préfère s’extraire le plomb qu’il a encore dans le bidou, se retirer le faux œil humain endommagé qui couvre son vrai œil cybernétique, et remet un coup de tournevis là, un de clé de douze ici, et c’est reparti. Et pour cacher son œil endommagé qui lui donne des airs de Gilet Jaune, il sort de sa poche une autre trouvaille inattendue : une énorme paire de lunettes de soleil qui le font ressembler à l’instagrameuse moyenne.

Ce Terminator n’a aucun amour propre.

Sa pause finie, il retourne au boulot, parce que le temps passe et, Sarah Connor, elle ne va pas se tuer toute seule, dites voir.

Et il y a effectivement peu de chances, puisque Sarah et Reese sont au commissariat du coin. Sarah, considérée comme une victime, à qui on explique que son agresseur autrichien qui survit aux balles, c’est sûrement juste un gilet pare-balles et un peu de drogue qui lui permettent ce genre d’aventures, quant à Reese, lui est cuisiné car on cherche à comprendre en quoi ce garnement est lié à l’affaire.

Et le fait qu’il explique venir du futur n’arrange rien.

« Pfffrttt… ‘tendez, ‘tendez les gars… Monsieur Kyle Reese, redites-nous des trucs sur le futur… allez, soyez sympa !
– Bon, d’accord. Dans le futur, l’un des présidents des Etats-Unis sera noir.
– AHAHAHA ! Naaaan, allez, des trucs crédibles quoi !
– Mais ? C’est vrai ! Même que Donald Trump aussi !
– Le mec de l’immobilier ? AHAHAHAHAHA !
– Arrêtez de rire ! C’est important ! Tenez, saviez-vous que l’acteur du mec qui essaie de nous tuer deviendra gouverneur de Californie ?
– Bougez pas les gars, faut que j’appelle mon frère, c’est un mec ultra-rationnel, ce genre d’histoires, ça le fait marrer. Lui, faut pas lui raconter de salades.
– Il fait quoi dans la vie ?
– Du solide : il bosse chez Lehman Brothers, pourquoi ?
– Alors à ce sujet… »

Nouvelle tournée générale de rigolade, et une fois les larmes de rire des policiers séchées, on se remet au travail.

« Bon, reprenons, Monsieur Kyle Reese. Donc d’après vous, ce… Terminator a été envoyé dans le passé par un ordinateur du futur, Skynet, pour tuer Sarah Connor, mère du futur héros de la résistance, John Connor ?
– Voilà.
– Mais pourquoi fait-il ça ? Envoyer ce robot ? Si Skynet a gagné la guerre ?
– Non mais là, en fait, hop, on venait de regagner la guerre dans l’autre sens. Donc c’était un geste désespéré. Une tentative de réécrire l’histoire de Skynet pour effacer son ennemi.
– Hmmm… c’est quand même un gros coup de moule que Skynet ait attendu que vous ayez complètement gagné pour utiliser son arme surpuissante pouvant vous éradiquer, non ?
– Vous aussi vous avez noté comme ce film n’est qu’une énorme suite de coïncidences, de télescopages et de décisions malheureuses ?
– Oui, je doute que ce film devienne culte un jour. Mais passons… donc vous êtes parti dans le temps à la poursuite du Terminator. Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça, le temps. Si le Terminator est parti dans le passé avant vous, ça aurait dû instantanément changer le futur. Ce n’est pas du « Oh, il est parti dans le passé il y a cinq minutes, donc il n’a influencé que cinq minutes du passé ». Vous comprenez ? Donc en fait, c’est impossible, votre histoire.
– Non mais je… le temps… c’est… une sorte de grosse boule de…
– Okay, je vois, il n’y a donc aucune explication. Bon, on va dire que ça passe. Mais sinon, pourquoi est-ce que le Terminator a tué les autres Sarah Connor ? Il ne savait pas laquelle était la bonne ?
– Non. La plupart des archives ont disparu dans le feu nucléaire.
– Alors oui mais plus tôt, vous disiez que Skynet était relié à tout. Seriez-vous en train de me dire que ce super-ordinateur était relié à tout… sauf à l’annuaire ? Et encore moins à l’état-civil ? »

Skynet qui serait moins puissant qu’Alexa : je ne sais si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle.

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire de remonter le temps PLUS LOIN pour que j’arrive plus tôt et dispose de tout le temps nécessaire pour mettre Sarah en sécurité ? Si je fais ça, je gagne facile, vous êtes con ou bien ? »

« Nan mais heu… voilà, en fait, c’est un ordinateur très mal informé. Tout ce qu’il savait, c’était que la mère de John Connor s’appelait Sarah Connor et vivait à Los Angeles.
– C’est un peu pourri, comme plan. Comme le vôtre, d’ailleurs.
– Comment ça ?
– Ben pour arrêter le Terminator, vous retournez dans le passé à sa poursuite, à une époque où vous arrivez littéralement à poil et sans armes adaptées. 
– Non mais ça, c’est parce l’on ne peut pas envoyer dans le passé des objets inertes.
– Heeeem… comme un robot tueur ?
– Oui mais il est enrobé de viande donc ça passe !
Et rouler votre arme dans du jambon ? Vous n’y avez pas pensé ?
– Ah oui, merde.
– Même une grenade dans le rectum aurait fait l’affaire. Enfin ce n’est pas le sujet : pourquoi n’êtes vous pas remonté… juste avant que le Terminator ne parte dans le temps ? Comme ça vous l’en empêchiez, avec tout un tas d’armes futuristes non loin, voire vous pouviez même revenir avertir vos potes pour lancer une action commando et pouf, c’était bouclé. Mais non, vous avez choisi d’affronter l’ennemi en slip et à une époque où personne ne pourra vous aider. Ou bien encore, vous auriez pu remonter avant l’arrivée du Terminator, mettre Sarah en sécurité pépère en prenant votre temps et…
– On pourrait arrêter de parler du fait qu’on a fait la pire utilisation possible d’une machine à remonter dans le temps, à savoir m’envoyer au moment où l’ennemi avait le plus gros avantage sur moi ? »

Le Terminator, qui est quand même un peu embêté parce que le film porte son nom et que l’intrigue est sérieusement en train de se vautrer, décide d’arrêter tout ce cirque en se pointant directement au commissariat.

« Hallo ! Che voudrais foir Sarah Connor, bitte !
– Patientez là s’il-vous-plaît Monsieur.
– Attendre ? CHE REFIENDRAI ! »

Et le Terminator d’aller chercher une automobile pour s’en servir de bélier, et s’inviter ainsi dans le commissariat, pour une séquence intitulée « Les policiers courent partout mais tirent peu« . Vous vous souvenez du début du film, quand le Terminator était mis au sol par un simple coup de fusil à pompe ? Eh bien là, non seulement personne ne lui tirera dessus avec ce genre de calibre pourtant courant dans la police, mais même quand la maréchaussée se rappelle qu’elle a une armurerie et va chercher ses fusils d’assaut, c’est principalement pour les agiter sans trop tirer sur le robot tueur. Faudrait pas le blesser. C’est bien plus rigolo de courir partout en hurlant « Houloulou ! »

Savourant cette ambiance bon enfant où on ne lui tire pas trop dessus, le Terminator décide de couper le jus pour éteindre les lumières du bâtiment et ainsi profiter d’une atmosphère plus intime pour faire connaissance avec les fonctionnaires du bâtiment. Reese, qui sent une douce odeur de pâté émaner de cette situation, en profite pour s’évader, récupérer Sarah, piquer une voiture et filer. Bien évidemment, le Terminator les repère, mais alors que jusqu’ici, il ne manquait aucun tir (il a même tué des policiers en tirant au travers des murs), sitôt qu’il tire sur les héros, zut alors ! Il vise tout à côté ! Son logiciel paslesgentils.exe fonctionne à la perfection.

Reese et Sarah, eux, roulent jusqu’à ne plus avoir d’essence. Ce qui au vu de la consommation d’une voiture américaine moyenne de 1984, représente peu ou prou 11 kilomètres. C’est donc un peu à l’écart de Los Angeles que nos larrons abandonnent le véhicule, et finissent par aller se planquer sous un pont pour une soirée à thème « Paris quartier Gare du Nord 2019 » des plus réaliste. Et comme il fait un peu froid, on se serre gentiment l’un contre l’autre. Et on papote.

« Reese…
– Oui ?
– Comment est mon fiston ? John ?
– Il a à peu près ma taille… il a tes yeux… il est fort, courageux… et puis il est trobô. J’ai un poster de lui dans ma chambre.
– Je ne sais pas Reese mais… l’espèce d’obsession malsaine que tu as pour mon fils… il y a un truc qui me dérange.
– Non mais attends, il est sympa. Il m’a même laissé un message pour toi : « Merci pour tout, t’assures chaussure ». C’est complexe, mais bon. Je n’ai jamais bien compris ses rapports avec toi. Quand j’étais plus jeune, il m’a filé une photo de toi. Sans explication.
– Okay, lui aussi il est bizarre à distribuer des photos de sa mère au tout venant.
– Oui enfin je m’en suis bien servi pendant les longues soirées de solit… »

Je suggère que nous passions.

Et parlions plutôt du flashforward que Reese a alors qu’il s’endort. Et revoit la guerre dans le futur, avec les derniers modèles de Terminator, déguisés en humain, qui infiltrent les planques de la résistance pour sulfater tout le monde. Et une fois de plus, on aperçoit Reese qui se retrouve dans une planque prise d’assaut par l’ennemi, avec des incendies qui se déclarent alors que le Terminator infiltré tue tous ses amis et que lui-même gît au sol à sa merci et…

Pouf, il se réveille.

Décidément, tous ces souvenirs où il était sur le point de mourir et où il se réveille pile au moment où il aurait fallu justifier de comment il s’en est miraculeusement sorti, c’est bien pratique.

Reese, encore en train de crever, attendant gentiment le changement de scène pour s’en sortir.

En effet, le matin est là, et nos héros reprennent la route pour aller pieuter à l’hôtel du coin car… aaattendez, il y avait un hôtel à côté mais vous avez préféré passer la nuit sous un pont ? Qu’est-ce donc que cette histoire ? On va supposer que c’était un plan foireux de Reese pour forcer Sarah à se coller contre lui. Les deux compères prennent ainsi une chambre dans un motel pourri, et Reese s’en va à Monoprix pour mieux en revenir chargé de tout un tas de produits chimiques.

« Reese ? Mais ? Bordel, je t’envoie chercher des pâtes et toi tu me ramènes de la soude !
– Non mais c’est parce que je me suis dit qu’on pourrait se faire une petite activité sympa, tous les deux. Tu aimes le do-it-yourself ?
– Ah oui, des fois je me fais des bagues avec de vieux couvercles de yaourt pour rigoler.
– Bon, eh bien toi et moi, on va fabriquer des explosifs. »

Aaaaah, c’est sûr que vous, à côté, avec vos soirées Netflix à glander sous le plaid en pilou, c’est quand même moins sympa que les activités de couple de Reese et Sarah !

D’ailleurs, le plan de Reese marche tellement bien qu’effectivement, Sarah et lui décident de se faire des bisous, puis d’emboîter des trucs dans des machins. Cependant, ne reproduisez pas cela chez vous les enfants : si vous proposez une soirée fabrique d’explosifs à votre prochain plan Tinder, il y a de bonnes chances que vous soyez réveillé demain matin par toute une brigade du GIPN qui vous proposera elle aussi de découvrir l’amour, mais plutôt à Fleury-Mérogis.

Une scène cruelle, car pendant que nos héros s’adonnent aux joies des échanges de fluide, le Terminator, lui, est seul avec son huile de vidange dans sa chambre d’hôtel. Personne ne l’aime ni ne comprend son petit cœur plein de pistons. Pour combler ce vide affectif, il prend le taureau par les cornes, et grâce à des affaires récupérées ici ou là au fil de ses raids, il trouve l’adresse de Maman Connor. Peut-être qu’elle, au moins, voudra bien l’enduire d’huile de coude ?

Mais il faut croire que non, car à peine le fripon s’est-il rendu sur place que non seulement, on découvre qu’il a tué la maman (sûrement durant les ébats), mais en plus, plus puéril que jamais, voilà qu’il refait des imitations au téléphone pour faire des blagues, surtout quand Sarah appelle et qu’il prend la voix de sa mère pour répondre.

« Maman ! Maman, je sais que tu dois être morte d’inquiétude !
– D’inquiétude, pas forcément mais je t’écoute ma chérie.
– Je voulais te dire que je vais bien. Je suis en sécurité.
– Formidable ma petite Sarah. Pourrais-tu juste me dire où tu te trouves ? Ou me donner un numéro où te rappeler ?
– Bien sûr moment. Tu peux me rappeler à ce numéro : le 8.
– ACH !
– Pardon ?
– Je voulais dire « Ah ! » fort bien, c’est noté.
– Et maman, une dernière chose…
– Oui ?
– N’ouvre pas aux robots que tu ne connais pas. »

Un sage conseil mais qui arrive un peu tard, puisque Maman Connor a déjà pris tellement de coups qu’elle ressemble au département communication d’Ubisoft en ce moment. Sarah n’a pas réalisé qu’elle avait affaire au Terminator qui une fois de plus, utilisait son module Laurent Gerra, et qui s’empresse de remonter le numéro de téléphone pour trouver l’adresse du motel et venir y distribuer quelques pruneaux.

C’est donc quelques heures plus tard que le chien du patron du motel se met à aboyer, mettant nos héros en alerte. Ils ont à peine le temps de voler une voiture et de s’enfuir que déjà, le Terminator est à leurs trousses.

« Ça fait quoi maintenant ? Trois ? Quatre fois qu’on a des scènes de vols de voitures et de poursuites ?
– Silence Sarah, je conduis ! 
– Je vois bien mais bon, c’est répétitif tout ça. J’espère qu’on n’en fera pas une série. »

Reese préfère ne pas lui parler des films suivants. Elle n’est pas prête.

C’est donc parti pour une nouvelle série de cascades, durant lesquelles Sarah conduit pendant que Reese tente de jeter ses explosifs improvisés sur leur poursuivant à moto. On notera que ses explosifs doivent être un peu pourris, car ils n’arrivent même pas à vaguement déstabiliser la moto, et semblent à peine capables de souffler une trottinette. C’est un peu décevant, Monsieur Reese ! Surtout que plus tôt dans le film, dans un de vos flashforward, les mêmes explosifs faisaient péter des tanks géants ! J’ai l’impression que l’on a conçu plus de bébés que d’explosifs, hier soir, petit rabouin !

Finalement, et devant la pitoyable stratégie de Reese qui se ramasse même un pruneau dans l’affaire, Sarah propose une technique moins originale, mais plus reconnue, consistant à percuter la moto avec leur voiture. Ce qui envoie en effet le Terminator voler, et il finit sa course sous les roues d’un camion citerne. Dont le chauffeur est un peu paniqué : merde, il vient de rouler sur un gros musculeux, il espère que ça ne lui a pas ruiné les suspensions, sinon ça va encore être retenu sur sa paie !

Mais à sa grande surprise, il trouve sous ses roues un accidenté pour le moins bougon, qui a tôt fait de lui claquer la truffe, avant de s’emparer du camion. Et de foncer… sur la voiture de Sarah et Reese qui suite à tout ce carambolage, ont eux-même fini quelque peu accidentés. Heureusement, on notera que là encore, c’est la pluie de trucs qui tombent bien, puisque :

  • Sarah parvient à extraire Reese blessé du véhicule accidenté piiiiile à la dernière seconde
  • Ils s’enfuient en courant… poursuivis par le camion qui n’arrive pas à les rattraper. Et ce, durant de longues minutes.

Ah, on le sait peu, mais la Sarah Connor peut courir à environ 80km/h lorsqu’elle est poursuivie par un prédateur, fut-il venu du futur. Quel animal majestueux.

Vous vous souvenez quand vous rigoliez de Jurassic World et de sa donzelle en talons qui bat un T-Rex à la course ? Je vous présente cette scène d’un film culte.

Et puis finalement, Reese, malgré ses bobos, utilise l’une de ses bombes sur le camion-citerne, provoquant une explosion absolument gigantesque suivie d’un incendie qui semblent avoir raison du Terminator. Il peut donc se jeter dans les bras de Sarah.

« Oh, Reese ! C’est fini, maintenant !
– Sarah… j’ai bobo…
– Tu ne crains plus rien ! Ce camion en explosant a fait une explosion largement plus grande que celle avec laquelle on te voyait détruire un tank géant plus tôt dans le film ! Alors si un tank géant ne résistait pas à ça, un simple bidasse mécanique doit être transformé en jeu de Mécano !
– Sauf si… sauf si…
– Sauf si quoi ?
– Sauf si le film veut en plus finir sur le cliché du « les héros finissent dans un lieu désert à s’affronter en roulant par terre. »

Seigneur, non ! Pas ce cliché tout pourri !

Et si. Car en effet, le Terminator a survécu à l’explosion, et décide de reprendre la poursuite à pied. Heureusement, et malgré tout cela, aucune voiture de police ne vient l’embêter, et d’ailleurs, toute la rue est subitement déserte. C’est ça, la magie de la réalisation les enfants. Mieux encore : il y a juste à côté une usine déserte (ÇA TOMBE BIEN ALORS !x12) où Reese et Sarah vont trouver refuge. Et à peine à l’intérieur, Reese se met à allumer toutes les machines, activer toutes les presses…

« Mais ? Reese ? Où diable as-tu appris à mettre en marche des machines que tu n’as jamais vues ? Et comment sais-tu exactement dans quel ordre activer ces boutons ?
– J’ai un BTS en électromécanique. »

Certes, mais cela ne protège pas pour autant du Terminator qui sur ces entrefaites, est rentré dans l’usine. Reese tente bien de l’arrêter en faisant de l’escrime de barre en métal, mais cela finit mal pour lui, puisque le Terminator le tue. Mais pas avant que Reese… ne dépose son dernier explosif dans le cyber-rectum du larron ! Car oui, c’est bien à ce niveau que ce farceur de Reese glisse son bâton de dynamite, et c’est donc une explosion semblable à l’équivalent de 200 soirées Tacos qui, enfin, a raison du bas du corps du Terminator.

Grâce à son niveau 2 de roublard, Kyle Reese fait double dégâts lorsqu’il glisse des explosifs dans le cyberslip de l’ennemi.

La poursuite continue donc, mais en rampant, avec d’un côté, un Terminator unijambiste, et de l’autre, une Sarah qui est tombée dans les escaliers de l’usine et s’est faite une fracture ouverte. C’est donc une sorte de combat de paraplégiques qui a lieu sous nos yeux ce qui, disons, n’est pas vraiment épique. Heureusement, Sarah finit par feinter le Terminator en rampant dans une presse pour qu’il la suive, et sitôt qu’elle est passée, elle aussi utilise ses compétences de quatrième techno pour activer ladite presse et transformer, enfin, le Terminator en Patacrépator, le célèbre robot normand.

L’ennemi est vaincu ! Joie !

C’est donc ce moment que la réalisation, qui a décidé que ça manquait de coïncidences grossières depuis deux bonnes minutes, lance en fond le bruit des sirènes de police, qui arrivent enfin. Juste à temps pour emmener Sarah à l’hôpital. Pour Kyle Reese, par contre, ce garçon a pour la première fois de sa vie de l’avance, puisqu’il saute cette étape pour aller directement dans un sac à macchabées.

Sarah est donc soignée… mais à présent, elle connait son sombre futur.

Aussi quelques temps plus tard, nous la retrouvons qui roule à fond les ballons dans le désert, avec une grosse jeep qui pollue, parce que quitte à avoir un futur pourri, autant le pourrir soi-même. Et comme si ça ne suffisait pas, Sarah emmerde aussi le code de la route, puisqu’elle conduit en enregistrant des cassettes pour son futur enfant, car oui, elle est enceinte.

« Futur bébé, John, sache que ton papa, c’est Kyle Reese. Je sais que ce sera chaud de le renvoyer dans le temps, mais si tu ne le fais pas, tu n’existeras pas. Et sache que lui et moi nous sommes peu connus… mais nous nous sommes aimé pour toute une vie. »

C’est-à-dire qu’entre les courses-poursuites, la fabrication d’explosifs et les passages au commissariat, ton « toute une vie« , il est quand même un peu pourri, hein. Et puis quitte à faire des enregistrements pour ton fils, tu n’aurais pas pu glisser dedans ton adresse ? Histoire que Kyle Reese n’ait pas à te chercher. Et qu’il puisse, je ne sais pas, moi, ainsi te sauver plus vite, vivre plus longtemps voire sauver tes colocs ? Quitte à laisser des messages, autant te rendre utile. Mais non, car Sarah, vous l’avez compris, n’est pas bien rusée.

Mais voici qu’il faut faire le plein de sa jeep qui consomme 120 litres au cent, et elle s’arrête dans une station essence où un vieux mexicain lui dit que pas de problème, il va lui faire le plein. Et débarque soudain un petit enfant lui aussi hispanophone, qui prend une photo de Sarah, et lui dit :

« Madame, madame ! Vous êtes très belle, alors je fais une photo de vous ! Par contre, il faut me l’acheter 5 dollars, sinon, mon père va me battre ! »

Je ne blague pas : c’est ce qu’il dit. Sarah est donc face à un enfant qui se fait battre par son père, et répond…

« Je t’en donne 4. »

Sarah Connasse, donc.

« Quatre dollars, juste pour le plaisir de savoir que tu vas te faire défoncer la gueule. »

C’est donc un enfant qui va se faire retourner la gueule pour un dollar que Sarah abandonne derrière elle, avant de reprendre la route. Car à l’horizon, une tempête se prépare. Et…

… FIN !

Voilà. Et donc, ça, quand vous en parlez, les gens vous disent « Ah, qu’est-ce que c’était bien !« . Finalement, le film est bien une fable sur les dommages du temps.


Je conclus sur ce document exclusif tiré des poubelles du tournage :

Sur ce, je vais chercher mon casque Adrian : quelque chose me dit que sous peu, une horde d’individus outrés parce que l’on vient de toucher à leur jeunesse va venir hurler à la mauvaise foi.

Ici ? Allons.

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Un odieux connard

Ainsi parlait Jacques Chirac.

Je n'ai pas zoomé, soit dit en passant : ceci est un plan complet juste sur les chaussures. Subtil.

Oh, et le petit polo bleu avec veste rose, voilà qui donne envie de se crever les yeux là, tout de suite.

Le changement de scène, cet outil ultime pour tous les scénarios à trous.

Ginger, ici en train de faire un cosplay capillaire de Kilo Ren dans Star Wars, comme l'auront noté les connaisseurs.

Personnellement, je suis sûr qu'elle écoute Axolot pour au moins s'instruire pendant ce temps.

Ça s'appelle une méthode pourrie parce que le film ne tient pas.

Le Terminator a gagné en talents d'imitateur, mais a perdu ses sourcils d'ans l'affaire.

Ah, éventuellement, ça marcherait sur le périph parisien un vendredi soir.

Sûrement un hommage aux Big Wings de la bataille d'Angleterre.

Les voyages dans le temps, c'est trop puissant, merci de ne plus en mettre dans vos films.

Sinon, vous pouviez éviter de mettre des séquences où Reese se trouve dans la pire panade possible, c'était moins cher et moins con-con.

Le camion, en bon prédateur, se camoufle ici habilement derrière des arbustes pour garder l'effet de surprise.

Ne faites pas ça chez vous les enfants.

Et puis fais-moi le pare-brise, petit con !

Harry Potter & le Brexit enchanté

Le Brexit est très décevant.

J’entends par là que depuis des siècles que nous tentons de bouter l’Anglais loin de chez nous, à grands renforts de châteaux et de forts, de navires et de canons, voici que la perfide Albion décide de se chasser toute seule. Voilà qui rend grognon, et qui, laissez-moi le dire, est tout de même un peu mauvais joueur. À défaut de tirer les premiers, les Anglais se tirent d’abord, et si cela a donné lieu à un palpitant feuilleton intitulé « Attention je pars ! 3… 2… 1… on revient à 2… 1 et demi… » il n’en reste pas moins que les conséquences vont être grandes pour le pays du pudding.

Pourtant, s’il est un sujet que l’on n’évoque que peu dans les accords, et pourtant central pour les geeks du monde entier, c’est celui-ci : quid du ministère de la magie ?

Car si vos enfants sont à Poudlard, vous devez suer à grosses gouttes. Aussi, rassurez-vous, et lisez la suite.

Je vous laisse cliquer sur la vignette ci-dessous, pendant que votre serviteur retourne courir par monts et par vaux.

Comme toujours, cliquez donc.

Le 31 octobre, les sorciers frapperont aux portes, vous verrez.

 

 

Vignette

Un odieux connard

Et comme toujours, vous préférez rester là à regarder ce que j'ai écrit ici, vous êtes impossibles.

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